Publié par : Monsieur Ali. | mai 4, 2010

Destins parallèles

Deux copines à moi vivant ici, l’une d’origine française, l’autre d’origine africaine connaissent un destin dissymétrique pour des raisons maintes fois évoquées dans la presse de gauche scandalisée ou la réinfosphère objective, je vous laisse apprécier, tout est strictement réel excepté les prénoms.

Patricia est française, née en banlieue d’une famille divorcée, père gardien pénitencier, mère infirmière. Elle réussit grâce à sa pugnacité et son abnégation à accepter des jobs alimentaires, par intégrer sur concours une école d’arts appliqués  pour travailler en tant que styliste indépendante. Cinq ans de stages gratos au sein de grandes publications de déco, d’humiliations quotidiennes imposées par des rédactrices en chef bourgeoises un peu connes, pour arriver à la consécration : une reconnaissance dans le milieu et un statut de free-lance lui permettant de fuir une position d’esclave de pigiste dans un magazine féminin.
Salaire confortable au bout de sept ans malgré la dîme à l’entreprenariat exigée par les services fiscaux, puis la déchéance survenue à la suite d’une case mal cochée sur la feuille d’activité professionnelle. 9.000 Euros d’impôts à payer auxquels s’ajoutent les 12.000 de cette année, l’URSSAF s’en mêle, courriers d’injonction, pénalités, frais de rappel, l’escalade du montant malgré sept lettres recommandées implorant un délai, le temps de trouver un crédit revolving susceptible de couvrir la demande fiscale (pendant ce temps, elle touche 500 euros par mois). Retard, saisie par huissiers, expulsion, impossibilité de couvrir ses propres frais de santé, puis départ de Paris pour le Sud afin de recommencer sa vie à zéro.

Aline est africaine, née en Côte d’Ivoire, elle travaille dans un cybercafé d’Abidjan et décide de tenter l’aventure en Europe. Elle se connecte sur le chat de Voilà et finit par se lier d’amitié avec un couple d’espagnols prêt à la rencontrer. Le couple de Malaga débarque à Abidjan, lui paye le restaurant et l’hôtel puis décide de l’aider à obtenir un visa Shengen pour visiter la costa del Sol. Aline devient boniche à tout faire dans une laverie de club pour échangistes, et décide de s’enfuir en France, le pays des Droits de l’Homme.
A son arrivée, elle est embauchée au noir dans une société informatique tenue par un gérant africain, entre temps, elle bénéficie de la Couverture universelle lui permettant de pourvoir gratuitement aux soins de santé. Une association lui trouve un logement dans un foyer de Paris pour migrants. En passe d’être expulsée après un contrôle, elle est protégée par un avocat commis d’office qui arrive à faire jouer un vice de forme dans la procédure. Elle est immédiatement relâchée après que des spécialistes de l’aide aux clandestins lui aient prodigué des astuces sur le comportement à adopter en zone de rétention. Les services sociaux français lui conseillent de se faire engrosser afin de bénéficier d’une carte de séjour. Quand l’enfant nait en France, les mères ne sont plus expulsables contrairement à une idée répandue. Un gars de passage accepte le rôle de géniteur, naissance, fiche d’état civil, puis attribution d’un logement de 80 mètres carrés dans le Maine-et-Loire, agrémenté d’un poste contractuel dans une fac du coin pour l’aider à payer le loyer. Elle décidera donc de s’installer définitivement au Nord, malgré toutes les difficultés que les étrangers rencontrent pour vivre en France.


Responses

  1. Splendide.

  2. J’ai un ami qui, longtemps exilé au Japon, a fini par rentrer en France il y a quelques années. À son retour, aux guichets des prestations sociales, il s’est vu refuser la "solidarité nationale" alors que derrière lui, les Maliens touchaient de concrètes et substantielles aides de la Princesse. Cet ami, citoyen français, s’est vu traiter comme une merde par son propre pays. Je vous assure qu’il en garde une tenace amertume.

  3. Merci Fromageplus.

    J’ai connu la même chose en rentrant en France il y a de cela deux ans, mais sur le terrain de l’emploi.
    Ma femme qui est africaine s’est vu proposer une multitude de postes "Diversité" en moins de temps qu’il n’en faut pour écrire cette phrase. Nous avons tous les deux un niveau bac +5, mais le siens avait aux yeux des DRH, une qualité dont je semblais définitivement dépourvu, une incontestable densité de mélanine.

  4. Votre femme sait que vous êtes un sale facho qui sent la France moisie ? Qu’en pense-t-elle ? (ces questions étant outrageusement indiscrètes, je comprendrais fort bien que vous m’envoyiez bouler)

  5. Oui Serviet’, elle trouve ça plus authentique qu’un gauchiste qui se fait péter ses lunettes par des crs dans une manif, et qui compare son aventure à celle du ghetto de Varsovie.

    Mais elle est musulmane, alors le sort des juifs, vous pensez…

  6. Plus indélicat encore que M. Petites Fibres, tant qu’on y est : ça n’ennuie pas Madame, mais vous-même, pas de petite dissonance cognitive ?

    Vous faites bien ce que vous voulez au plumard, hein, c’est pas la question. Mais documenter ainsi la substitution ethnique assistée par l’Etat tout en affirmant participer au brassage des peuples, c’est trop compliqué pour un malfaisant bourrin de mon acabit.

    Tenez : moi qui vous cause, avec tout le pinard que je m’enfile, je ne traiterais pas d’alcoolique un ennemi qui boirait trop, voyez l’idée ? Relèverait-ce d’un pur sectarisme normatif de ma part ?

  7. Laissons-lui que s’il n’y avait que des africaines à Bac + 5 comme immigrés en France, tout ceci serait bien plus vivable, en quantité comme en qualité …

  8. Salut Stag,

    La dissonance cognitive frappe plutôt les petits gauchistes pour qui cette alchimie est trop subtile. "Un facho de la France moisie" normalement caractérisé par un repli identitaire qui se déplie avec le tiers-monde, c’est beaucoup trop pour leur ligne de pensée fragile. Si le facho fréquente des noir et des arabes, c’est qu’il est pas facho alors ? Mais alors pourquoi il est facho ?

    La tautologie est en place, et me permet de m’exprimer en société en connaissance de cause, en jouant de tous les paradoxes ; je vous assure il est très jouissif de voir la tronche décomposée de vos interlocuteurs au moment de la révélation.

    Ritchie,

    J’échange Anne Lauvergeon d’Areva contre n’importe quel africain bac+5.

  9. Les anti-racistes ignorent volontairement l’influence des masses et des proportions dans la culture dominante d’une population. Les exemples individuels ne sont pas représentatifs de ces mouvements de fond.
    Prenez Obama, les anti-racistes voient un noir à présidence des EU (hallelujah), un facho moisi comme moi verra l’archétype de l’homme occidental, bien éduqué, élégant, cultivé et empathique élu à la tête d’un pays occidental. Qui est raciste finalement?
    Ali, l’authenticité est tout ce qui reste de respectable en ce monde, certains le reconnaissent, les autres se mentent.

  10. Oh, vous savez, au fond, entre le petit gaucho et le petit facho, ya pas un yota de diffé-rance dans l’obtuserie !

  11. Bravo Titus, l’aventure individuelle ne saurait être réduite à un projet idéologique comme se plaisent à le fantasmer les anti-racistes.
    Les progreSSistes qui voient la modernité ou l’amour dans un couple du fait de sa mixité sont de dangereux malades à enfermer. Il n’y a rien de pire que cette chienlit programmée aux sentiments et à la dictature d’opinion.

  12. Toute biopolitique pue, en fait, qu’elle soit antiraciste ou raciste. Je déplore l’invasion de l’Europe, mais je ne voudrais en rien, non plus, vivre dans un "Reich" obsédé par la pureté et aux frontières hermétique. Mais peut-être l’Histoire retombe-t-elle toujours dans des situations pourries comme ces deux-là, avec de temps à autres, des périodes vivables, modérées, au sens noble du terme.

  13. Enfin ceci étant, avant de bannir Anne Lauvergeon, je propose qu’on la prête à Stag pour qu’il lui fasse de solides helvètes, sur du Type O Negative.

  14. Ritchie,

    J’aime bien votre série de photos dans Champ du feu, particulièrement la première qui me fait penser à l’épicentre de tous les drames ruraux peint par Pieter Brugel.

  15. Celle-ci n’est pas de moi mais d’un vieux stalinien qui faisait quarante bornes à vélo tous les matins, après quelques kros comme petit déj’. Très belle photo, c’est vrai. Et très bel endroit ; le genre de trucs qui hante à vie quand on l’a connu dans la petite enfance, et auquel on revient en pensée sans arrêt qu’on le veuille ou non. Refuge ou prison. C’est ça "l’enracinement" ; et pas une "Weltanschaaung" offensive pour Zidentitaires désireux d’arriver aux affaires.

  16. Votre Anne Lauvergeon, on dirait une version Drag Queen de Bernard Thibault.

  17. http://imworld.aufeminin.com/dossiers/D20081118/Anne-Lauvergeon-dimension-1-101628_L.jpg

    Là c’est vrai que …

  18. Wouach !

  19. T’aurais pu appeler ça amicalement vôtre

  20. Un fauteuil pour deux aussi, mais c’est plus trash.


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