Publié par : Memento Mouloud | décembre 21, 2013

Pièces détachées

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Mandela et le FLN

La révolution algérienne, a représenté une inspiration particulière pour Nelson Mandela, car, a-t-il expliqué dans ses mémoires intitulés sobrement “Le long chemin vers la liberté”, elle était le “modèle le plus proche du nôtre, parce que (les moudjahidine algériens) affrontaient une importante communauté de colons blancs qui régnait sur la majorité indigène”. Il a d’ailleurs appelé l’Algérie, sa seconde patrie.

Lors de sa visite au Maroc en 1961, Nelson Mandela passa “plusieurs jours” avec le représentant du Gouvernement provisoire de la Révolution Algérienne, GPRA, le docteur Chawki Mostefai, qui l’a initié aux différentes étapes de la Révolution algérienne. Le militant, alors âgé de 43 ans, dirige la nouvelle branche militaire de l’ANC, Umkhonto weSizwe (MK, la Lance de la nation). Il reçoit sa première formation militaire au côté de l’Armée de libération nationale (ALN), branche armée du FLN, et du général Mohammed Lamari, une armée qui n’a jamais réussi à prendre pied en Algérie même, contrôlée par l’armée française.

Mandela a été ensuite convié à Oujda ou il a rendu visite à une unité combattante de l’Armée de libération nationale (ALN) sur le front. “A un moment, se souvenait-il, j’ai pris une paire de jumelles et j’ai vu des soldats français de l’autre coté de la frontière. J’avoue que j’ai pensé voir des uniformes des forces de défense sud-africaines”. Deux jours plus tard, Mandela a été invité à assister à un défilé militaire en l’honneur de l’ancien président Ahmed Benbella, à sa libération de prison. En tête du cortège défilaient “des vétérans fiers et aguerris” portant “des armes qu’ils avaient utilisées au début de l’insurrection : des sabres, de vieux fusils à pierre, des haches et des lances”.

Ils étaient suivis de “soldats plus jeunes et tout aussi fiers” dotés d’armes modernes. “C’était une armée de guérilla composée de combattants qui ont gagné leur galons dans le feu des batailles et qui s’intéressaient plus à la guerre et à la tactique qu’aux uniformes et aux défilés”, notait-il. “Je savais que nos propres forces ressembleraient plus aux soldats de Oujda et j’espérais seulement qu’ils combattraient aussi vaillamment.

A l’arrière, il y avait une fanfare militaire assez désordonnée, dirigée par un Homme qui s’appelait Sudani (Souidani Boudjemaa, ndr). Il était grand, bien bâti et sûr de lui, il était aussi noir que la nuit. Il lançait une canne de tambour-major et quand nous l’avons vu (la délégation sud-africaine, NDR) tout notre groupe s’est levé et a applaudi”, se remémorait-il. “J’ai vu que les autres autour de moi nous regardaient et je me suis rendu compte que nous ne l’applaudissions que parce qu’il était noir…. A nouveau, le pouvoir du nationalisme et de l’ethnicité m’a frappé. Nous avions réagi immédiatement, car nous avions l’impression de voir un frère africain.

Plus tard, nos hôtes algériens nous ont expliqué que Souidani était un soldat légendaire et on disait même qu’il avait capturé seul toute une unité de l’armée française. Mais nous l’avons applaudi à cause de sa couleur et non de ses exploits”. Des témoins de ses premiers contacts directs avec les révolutionnaires algériens, l’ont particulièrement impressionné et déterminé dans sa démarche ultérieure. Il se souvient, écrit- il dans ses mémoires, que le Dr Mostefai “nous a conseillé de ne pas négliger le coté politique de la guerre tout en organisant les forces militaires.

L’opinion internationale valant parfois plus qu’une escadrille d’avions de combat à réaction”. Le soutien de l’armée de libération nationale (ALN) s’était, entre autres, traduit par l’intégration de nombreux combattants de l’ANC dans les camps d’entrainement aux côtés des moudjahidine de l’ALN. Par la suite, des rencontres secrètes ont lieu entre les militants de l’ANC et l’État-major de l’ALN, pour les préparer au déclenchement de la lutte armée, raconte au micro de FRANCE 24 Nourredine Djoudi, ancien officier de l’ALN. Nelson Mandela est alors initié à la formation des premiers combattants, au stockage des armes et munitions, au déploiement de l’ennemi, etc. Mais il prend conscience aussi de l’intérêt d’intensifier les opérations diplomatiques afin de sensibiliser le monde entier à la cause du peuple d’Afrique du Sud et gagner ainsi leur soutien. Car il sait que défait militairement, le FLN, de terroriste qu’il était s’est acquis une réputation de mouvement révolutionnaire et de représentant unique d’une nation en formation par la grâce de l’URSS, des Etats islamiques, des pays dits progressistes et par la défection américaine. Ce qui donne dans la novlangue tiers-mondiste de Madiba, l’Algérie avait démontré "sa capacité à mener avec succès une guerre de libération en Afrique contre une armée coloniale puissante, membre de l’OTAN et alliée objectif du régime d’apartheid".

À son retour au pays en aôut 1962, Mandela est accusé de sabotage et de complot contre l’État et arrêté. Il est condamné à la prison à vie lors du procès de Rivonia en 1964.

Algérie 1 com / France 24 / BAM

Mandela et Cuba

Les relations entre Nelson Mandela et Fidel Castro remontent au début des années 70, alors que le leader sud-africain est emprisonné et que Cuba soutient son parti, le Congrès national africain (ANC). Mais le grand tournant date de 1975, lorsque Cuba commence en Angola une épopée militaire qui durera 15 ans. A 15.000 km de ses côtes, les forces cubaines affrontent directement la puissante armée sud-africaine. Et début 1988, après plusieurs mois de sévères combats, l’armée cubaine se défend bien contre les soldats sud-africains et ceux de l’UNITA à Cuito Cuanavale. Selon la légende anti-impérialiste, Cuito Canavale est une défaite qui sonne le glas du régime d’apartheid. "L’écrasante défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l’Afrique", avait affirmé Nelson Mandela en juillet 1991 lors d’une grande manifestation publique à Matanzas, à l’est de La Havane. "Cuito Cuanavale marque une étape dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique australe. Un virage dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du joug de l’apartheid", avait-il rappelé. Dans les faits, l’URSS de Gorbatchev oblige Cuba à retirer ses troupes en échange d’investissements massifs dans l’île et de l’indépendance offerte à la Namibie. Cuba est mise à l’écart lors de la négociation quadripartite qui aboutit aux accords de New-York de décembre 1988 qui entérine le rapatriement des troupes cubaines et l’indépendance de la Namibie mais aussi déclenche le processus qui aboutira à la fin négociée de l’Apartheid. C’est à ce moment que les Etats-Unis retirent Nelson Mandela de la liste des terroristes et ce n’est pas l’effet d’un hasard puisque l’homme qui tient les rênes à Washington est l’ancien directeur de la CIA, George Bush senior et celui qui joue les saints innocents à Moscou fut le protégé du directeur du KGB, Iouri Andropov.

La Croix / BAM

orixa congolais

orixa mandela

orixa européen

Publié par : Memento Mouloud | décembre 4, 2013

Un auteur en quête d’éditeurs

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Je cherche un éditeur. Je sais que c’est difficile car je ne suis pas noir, jeune, arabe, vieux-mais-en forme-indigné, femme, juif, métis, immigré, transsexuel, de souche, homosexuel, journaliste, anglophone. Je ne suis pas de droite, de gauche, ou du centre. Je n’appartiens pas à un clan marxiste, néo-libéral, réactionnaire, fasciste, antisémite, universitaire, éditorial, fêtard, déconstructeur, post-structuraliste, néo-classique, post-droitier, anté-gauchiste, philosémite, crypto-beauf, antifrançais, pro-franchouille, vaticaneux ou LGBT voire païen. Je n’écris pas un guide touristique. Je ne vais sauver ni dénoncer personne. Je n’ai pas de régimes ou de recettes miracles. Je ne lance pas des pronostics astrologiques et je ne tire pas le Tarot, même lacanien. Je ne suis pas le bras de la Justice ni le valet facétieux du Capital. Je n’ai ni protections, ni protecteurs. Je n’ai pas de témoignage à livrer. Je ne roule pour personne. Je ne promets pas de faire le buzz. Je n’écrirai pas « moi je » à chaque page et je ne cause pas de ma famille, même muette, ni de mes conquêtes, même vicelardes. Je ne promets pas de dire toute la vérité mais je jure de porter la plus haute puissance du faux jusqu’à son éclatement. En revanche, je suis inconnu ou presque. Je me fous de signer de mon vrai nom ou d’apparaître pour l’éternité humaine sous le sobriquet ridicule de Memento Mouloud. Si vous êtes intéressé, vous pouvez me contacter à l’adresse suivante, estraniene@yahoo.fr. Si vous ne l’êtes pas, comme disait Belmondo dans A bout de souffle, allez vous faire foutre.    

 

Pièces détachées

Publié par : Memento Mouloud | décembre 3, 2013

Qu’est-ce qu’évaluent les tests Pisa ?

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Le programme Pisa, soutenu par l’OCDE, a été lancé en 1997. Il est étroitement lié au concept néo-libéral de capital cognitif où il n’est plus question d’acquis, donc de savoirs, ou de bildung mais de compétences indexées sur des performances. L’ensemble des questions-réponses d’une évaluation PISA représente 7 heures de QCM et d’outputs construits qu’on hésite à appeler des réponses. Aussi chaque élève de l’échantillon dit représentatif y passe 2 heures, planchant sur 50 questions-réponses. Le temps est limité ce qui exclut toute réflexion. Ce processus est basé sur la « théorie de la réponse à l’item » qui « postule qu’il est possible de spécifier une fonction mathématique reliant la probabilité d’une réponse à un item au niveau d’habileté du répondant ». Dans la plupart des tests utilisés actuellement, le type de réponses aux questions est dichotomique (bonne ou mauvaise réponse) et l’unidimensionnalité de l’habileté sur une échelle continue est supposée. Dans le cas des tests Pisa, on y ajoute des items polytomiques (les réponses peuvent faire l’objet d’un codage ordonné selon des niveaux de réussite). Ce format d’item est facile à traiter par le modèle de Rasch dont Pisa dérive (on sépare le paramètre de difficulté en une partie représentant la difficulté générale de l’item et une autre partie représentant le passage d’un niveau de difficulté à un autre).

En fonction de ces caractéristiques, trois modèles ont été privilégiés. Ils ne diffèrent que par le nombre de paramètres impliqués dans la fonction modélisant la probabilité d’obtenir une bonne réponse. Dans le modèle à un paramètre (1960), celui de PISA, seul le niveau de difficulté de l’item, bg, est considéré. Selon le modèle, la probabilité d’obtenir une bonne réponse est nulle lorsque le niveau d’habileté est très faible. Elle est certaine lorsque le niveau d’habileté est élevé. Le  modèle à deux paramètres, celui de l’Educational Testing Service, ajoute un paramètre de discrimination, ag, qui correspond à la  pente maximale de la fonction et dont les valeurs sont comprises entre les deux infinis. Aussi l’intervalle raisonnable du paramètre de discrimination varie entre 0,50 et 2,00. Le modèle à trois paramètres intègre de plus un paramètre  de pseudo-chance, cg. Dans ce modèle, il est postulé que la probabilité d’une bonne  réponse à un item n’est pas nécessairement nulle lorsque le niveau d’habileté est très  faible. De façon similaire, le modèle à quatre paramètres incorpore un paramètre, g γ, qui correspond à la valeur asymptotique supérieure de la probabilité d’une bonne réponse à  l’item. Il y est postulé que, même si le niveau d’habileté est très élevé, la probabilité d’une  bonne réponse à l’item n’est pas nécessairement égale à 1, donc certaine. Ce dernier  modèle ne semble cependant pas utilisé dans la pratique. Dans tous les cas qui dit tests comparatifs dit calibrage des paramètres d’items et recherche des items dont le fonctionnement est différentiel.

Outre les procédures du test d’évaluation, les élèves rédigent, durant 30 minutes, un questionnaire sur leur milieu familial et eux-mêmes, tandis que les directeurs d’établissent évoquent la vie à l’école. Et ce questionnaire n’a rien d’optionnel.

Avec les tests Pisa, la compétence du sujet est définie comme sa probabilité de résoudre des items d’une difficulté donnée. La compétence se définit donc par rapport à des tâches et non par rapport à d’autres sujets. Exit le QI. Comme la définition d’un seuil de compétence est floue, il est donc certain qu’un sujet ne réussit pas uniquement tous les items correspondant à son niveau et a – au moins pour les sujets proches de la borne supérieure – une probabilité non négligeable de réussir ceux du niveau supérieur. Le test Pisa possède donc une structure en chiasme. De plus, la compétence n’est connue que conditionnellement aux réponses du sujet à un nombre réduit de questions : celles qui sont incluses dans le test qu’il a passé y compris dans le cas où il a répondu à toutes les questions du test. Cette formulation a conduit à repenser l’algorithme d’estimation des paramètres en utilisant l’algorithme EM, procédure implantée dans les logiciels BILOG dédiés à l’estimation des paramètres, en introduisant dans l’algorithme d’estimation les données descriptives du contexte du sujet (background variables). Il s’agit d’estimer la compétence des sujets conditionnellement aux réponses qu’ils ont données aux items auxquels ils ont répondu et conditionnellement aux variables décrivant le contexte socio-économique des sujets. C’est donc un choix purement idéologique qui satisfait les deux faces de Janus du libéralisme, celles de Friedman et de Rawls, et lisse dans le sens du poil les égos collectifs des nations. En effet, conditionnellement aux réponses et aux caractéristiques de ce sujet, on infère la distribution du paramètre de compétence d’un sujet ayant ces caractéristiques et ce patron de réponses aux items. On ne connaît pas la valeur vraie du paramètre de compétence mais sa distribution. Cette procédure d’estimation aboutit à un ensemble (cinq dans PISA) de valeurs plausibles pour chaque sujet. En conséquence, la dispersion de ces valeurs plausibles est aussi importante que leur moyenne. Toutes les analyses statistiques devraient donc être élaborées à partir des différentes valeurs plausibles et non d’une seule ou d’une agrégation de celles-ci.

Les critiques de ce modèle sont nombreuses et argumentées. M. Reuchlin (1996) conteste le caractère continu du modèle qui présuppose qu’un sujet peut toujours réussir un item. La réponse à un item a un caractère discret. La réussite à un item difficile n’est pas peu probable pour un sujet peu compétent, elle est tout simplement impossible. Les différences de niveau reflètent des différences de nature.

On présuppose que les différences interindividuelles ne sont que des différences de puissance, que les différences de difficulté entre items ne sont que des différences quantitatives. On accrédite ainsi l’idée absurde que quel que soit le niveau de compétence des sujets, ceux-ci mettent en œuvre des processus et des stratégies similaires pour répondre aux items. Il s’agit, encore une fois, d’évacuer toutes les historicités, celles des traditions culturelles nationales, celles des lignées familiales, celles singulières, du cerveau individuel.

L’unidimensionnalité est à la fois la structure recherchée et la condition de validité du test Pisa. En effet, les tests nécessitent la condition d’unidimensionnalité : on doit rendre compte des relations entre items (estimés par leurs paramètres) et entre les sujets ainsi qu’entre items et sujets par une seule variable latente. L’expert mesure son expertise, c’est le serpent qui se mord la queue.

Les trois échelles de « littéracie » contenues dans Pisa sont les suivantes : 1) retrouver de l’information ; 2) développer une interprétation ; 3) réfléchir sur le contenu du texte. Dans les faits, ces trois échelles sont si étroitement corrélées qu’elles se résument à une seule où la littérature comme la langue sont ramenées à des petits calculs de traitement de l’information.

Dans le cas français et pour les Mathématiques, les contenus des questions de PISA couvrent environ 15% des contenus des programmes du collège, c’est à dire du programme étudié par plus de 85% des jeunes gens concernés. Un quart des questions de PISA ne correspondent pas à ce que les élèves étudient au collège. C’est en particulier le cas pour les questions du domaine “incertitude” et pour des questions de combinatoire.

Pierre Vrignaud / Uqam / Antoine Bodin / BAM

Bilan Pisa pour la France

Questions Pisa

Publié par : Memento Mouloud | novembre 26, 2013

Le vrai-faux complot du 11 septembre

11 sept

6-7 septembre 2001 : 4744 options à la vente d’actions d’United Airlines sont achetées. L’action est alors à 30,82 $. Elle sera à 17,5 $, le 17 septembre. Les ordres ont transité par la Deutsche Bank, via la vénérable banque Alex Brown, la Deutsche où Mohamed Atta, des officiels saoudiens, la famille Ben Laden et un ancien des services pakistanais avaient ouvert des comptes. Le même Atta était surveillé, en Floride par une équipe du Mossad dirigée par Hanan Serfati. Le traiteur d’Atta est un certain Omar Cheikh, membre de l’ISI pakistanais et d’Al Qaida mais aussi honorable correspondant du MI6.

10 septembre 2001 : 4516 options à la vente d’American Airlines sont acquises. L’action est alors à 29,7 $, elle sera à 18 $, le 17. Parallèlement une vague d’achats de bons du Trésor américain à 5 ans est noté par les agences de renseignements.

11 septembre 2001

6 h du matin : Le Norad est en état d’alerte afin de procéder à une manœuvre.

6 h 46 : La société Odigo, basée à Herzlyya reçoit un message selon lequel les Twin Towers allaient être attaquées. L’information est transmise au FBI. C’est une énième alerte.

8 h 15 Le Boeing 767 du vol AA11 d’American Airlines est détourné alors que 4 mille avions sillonnent l’espace aérien étatsunien. Le transpondeur est coupé.

8 h 20 Le vol AA 77 décolle de Washington.

8 h 40 Le Norad est informé du détournement du vol AA 11 sans savoir s’il s’agit d’un exercice

8 h 42 Le vol UA 93 décolle de Newark

8 h 46 Le vol AA 11, piloté par Mohamed Atta, s’écrase entre les 93 et 98èmes étages de la tour Nord du WTC, à une vitesse comprise entre 710 et 800 km/h. Quinze étages supérieurs s’écroulent. Les températures atteignent jusqu’à 1000 degrés dans le périmètre du choc et de l’incendie. Dès le seuil de 600 degrés atteint, l’acier perd la moitié de sa résistance. Les planchers s’affaissent, les poteaux externes se courbent. Le mur de façade ne supporte plus la charge. Toute la structure va céder. Si 30 % du kérosène est consumé, le reste coule dans les tours alimentant incendies et explosions en chaîne. Toutes les cages d’ascenseur sont traversées par des boules de feu. A 34 km de distance, la station PAL enregistre des ondes sismiques engendrées par les vibrations de la tour. Personne n’évoquera l’équipement radio défaillant des pompiers du à la préférence de Giuliani pour Motorola, les coupes dans le budget des casernes, ni les mesures tronquées de la sécurité incendie prises par la Port Authority, encore moins l’absence complète d’un commandement unifié en cas d’urgence qui auraient évité que des morts s’ajoutent à d’autres morts.  Parallèlement, le vol AA77 atteint son altitude de croisière à 35 mille pieds (10 600 mètres) tandis que deux F 15 décollent de la base d’Otis, à Cape Code, à 188 miles de New York.

8 h 49 CNN filme en direct la tour où des virgules semblent se dessiner. Ce sont des hommes qui sautent.

8 h 52 Le Boeing 767 du vol United Airlines 175 est détourné

8 h 55 Le vol AA 77 est détourné

8 h 56 Son transpondeur est coupé, mode opératoire des quatre détournements

9 h 03 Le vol UA 175 percute la tour sud du WTC entre les 78 et 84èmes étages à une vitesse comprise entre 870 et 940 km/h. Trente étages supérieurs s’écroulent. Les bureaux de la Morgan Stanley sont volatilisés. Dans les trois jours précédant l’attentat, 2157 options à la vente avaient été acquises. L’action chutera de 48,9$ à 42,5. Comme le siège de Merrill Lynch se situait dans le parage des Twin Towers, une même opération portant sur 12 215 options à la vente avait été menée. L’action glissant de 46,88 $ à 41,5, ce fut un large succès.

9 h 26 Le vol AA 77 est à 56 km de Washington

9 h 28 Les pirates prennent le contrôle du vol UA 93. Les contrôleurs aériens entendent distinctement des cris dans le cockpit.  Des passagers téléphonent à des proches. On dénombrera une trentaine d’appels.

9 h 30 Deux chasseurs F 16 décollent de la base de Langley

9 h 34 Le vol AA 77 est à moins de 6 km du Pentagone. Le QG de la FAA est prévenu du détournement du vol UA 93.

9 h 36 Le vol UA 93 à destination de San Francisco est détourné vers Washington

9 h 37 Un Boeing 757, le vol AA 77, piloté par Hani Hanjour, réalise un demi-tour complet et chute de 5 mille pieds, à 1 km de la cible, il est encore 80 mètres au-dessus du Pentagone. Enfin, il sectionne plusieurs lampadaires d’autoroutes puis s’écrase sur l’aile ouest du Pentagone, à la vitesse de 240 mètres à la seconde, entre le rez-de-chaussée et le premier étage. Une brèche de près de 30 mètres de large est observée malgré une façade en béton armé. Les dégâts s’étendent sur 70 mètres de profondeur. Au moins 150 témoignages ont été recueillis.

9 h 41 Le transpondeur du vol UA 93 est coupé

9 h 42 Les autorités de l’aviation civile américaine, la FAA, suspendent tous les vols commerciaux aux E-U

9 h 57 Révolte des passagers au sein du vol UA 93

9 h 59 La tour sud s’effondre. Un épais nuage de poussière recouvre Manhattan. On observe des écoulements de métaux en fusion.

10 h 02 Les pirates du vol UA 93 la jouent kamikazes

10 h 03 Le vol UA 93 s’écrase, à une vitesse de 200 mètres/seconde dans un champ de Pennsylvanie, près de Shanksville, avec 37 passagers à bord.

10 h 07 La FAA demande une intervention militaire sur le vol UA 93

10 h 28 La tour nord s’effondre

Vers 16 heures : Cinq hommes sont arrêtés par la police près d’un stadium du New Jersey après qu’une voisine les a dénoncés. Ils travaillent pour Urban Moving, une couverture du Mossad, ils sont israéliens. Selon le FBI, ils espionnaient des « arabes locaux ».

17 h 20 La tour 7 du WTC, à 120 mètres au  nord de la tour 1, en proie aux flammes s’effondre à son tour. Elle abritait des antennes de la CIA et du département de la Défense. La tour 6 est détruite ainsi que les étages supérieurs de la tour 5. La tour 3 est partiellement écrasée par les débris des tours 1 et 2.

20 h 30 George W Bush lance un message à la nation. 2602 personnes ont péri dans les tours, 125 au Pentagone, 266 à bord des avions.

Publié par : Memento Mouloud | novembre 16, 2013

Le Dieudonné par les signes

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L’ananas est décliné sous de multiples formes (ananas frais au buffet, fresque géante devant la salle, tee-shirts souvenir, déguisements, etc.), il est omniprésent pour rappeler la cause de la condamnation de l’intéressé pour provocation à la haine: la chanson Shoananas qu’il reprend en cœur avec son public lors de chaque spectacle, sur l’air de la chanson Chaud Cacao d’Annie Cordy.

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La quenelle : on pointe le bras vers le bas et on en simule l’introduction dans l’anus, façon de dire « et ouais je fais un salut nazi mais pas complètement donc je te le mets profond » (« Glisser une quenelle » peut aussi signifier avoir réussi à faire passer un sous-entendu dans un média sans être trop explicite et donc inattaquable ou plus généralement faire un sale coup à quelqu’un).

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Le troisième signe de ralliement important est l’expression «au-dessus, c’est le soleil». Traduction: on s’attaque à la chose la plus haute, la plus sacrée possible. Cette phrase peut-être prononcée, imprimée sur tee-shirt, ou encore simplement mimée (il suffit pour cela de tenir son doigt en l’air comme pointé vers le soleil, en mimant avec la bouche une sorte de bisou pour en faire une caricature de rabbin).

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La productrice de Dieudonné est Chrystel Camus. Ell n’est pas une obscure intermittente du spectacle : sa boite de production s’occupe ainsi des spectacles de Philippe Candeloro, et sur sa page Facebook, on la croise en compagnie de Danielle Evenou ou Jean-Pierre Castaldi. Chrystel est la fille de Jean-Claude Camus, un des plus gros producteurs français, qui géra la carrière de Johnny, Sardou, et autres stars de la variété française. Elle est la sœur d’Isabelle Camus, la compagne de Yannick Noah.

Slate / Opération Poulpe

Publié par : Memento Mouloud | novembre 16, 2013

L’entreprise Alain (Bonnet de) Soral

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Itinéraire d’un enfant du demi-siècle

Alain Soral, de son vrai nom Alain Bonnet de Soral, est un fils de notaire, scolarisé au collège Stanislas à Paris. Il s’agit d’un établissement privé catholique sous contrat du 6ème arrondissement de Paris, prisé de la haute bourgeoisie parisienne. S’il vécut un temps à Meudon, il habita de nombreuses années rue de Vaugirard à Paris, l’une des rues les plus chères de la capitale. Il devient étudiant aux Beaux-arts et dans les années 1980, embrasse alors la carrière de journaliste et d’écrivain en pigeant dans divers magazines. Il bascule vers le PCF au moment de la chute de l’URSS car le monde est sans pitié.

Personne, au PCF, ne se souvient du passage d’Alain Soral. Ce dernier donne bien le nom de la cellule à laquelle il appartenait, « cellule Paul Langevin », mais cette appellation est tellement courante qu’il est impossible à ce jour de retrouver des militants affirmant avoir rencontré Soral. Il prétend avoir mené la campagne contre le traité de Maastricht en 1992 ce qui est cohérent avec sa fréquentation de la rédaction de l’Idiot International où il noue des relations avec Alain de Benoist alors en quête d’alliés et d’espaces. A la même époque, il participe, aux cotés de Jean-Paul Cruse, ancien militant de la Gauche Prolétarienne et délégué CGT au journal Libération, à la création du « Collectif des travailleurs communistes dans les médias », alias la « Section Ramon Mercader » dont le logo était deux piolets croisés. Ils publient un bulletin : La lettre écarlate.

L’entreprise relève du Carnaval puisque le PCF n’aurait jamais toléré qu’une cellule porte un tel nom tandis que la CGT n’aurait pas permis qu’une telle structure puisse exister sans l’approbation du tout puissant Syndicat du Livre. L’importance donnée aujourd’hui à cet épisode est due en grande partie à la publicité qu’en a faite le flic trotskyste Didier Daeninckx lorsque ce dernier présenta le dossier à charges des « rouges-bruns » à Georges Marchais, à l’époque premier secrétaire du PCF. A la même époque, Soral appartient à la rédaction de l’Idiot International, le journal de Jean-Edern Hallier. Autour de Marc Cohen, rédacteur en chef du journal et membre du PCF désormais chez Causeur, ancien responsable de l’UNEF-renouveau, on trouve pêle-mêle l’équipe de Jalons, Alain De Besnoit du GRECE et de la revue Eléments, le journaliste Frédéric Tadéï, Jean-Paul Cruse. Comme le dira, en guise de conclusion, Philippe Muray, l’Idiot avait la grâce. Aussi, Le PS fait pression sur Edern-Hallier pour virer l’équipe de l’Idiot, et Marchais fait le ménage dans son parti. Soral quitte alors le PCF et décide de retourner à son métier d’écrivain, pour lequel il connaît un certain succès, dès 1996, avec Sociologie du dragueur.

Pour son retour dans l’arène politique, Soral commence par répondre aux questions d’Eléments en 2004. Le 24 juin 2006, il dédicace son livre dans la librairie Facta d’Emmanuel Ratier, à Paris. La même année, il est signataire aux côtés de Fabrice Robert, Philippe Vardon et Gilles Soulas d’une pétition demandant la libération de Michel Lajoye, condamné pour des attentats à l’explosif contre des bars et résidences de travailleurs maghrébins. Il préface l’ouvrage d’Anne Kling, La France LICRAtisée. Enfin, en août 2006, aux côtés de Marc Robert (FN), Thierry Meyssan (Président du Réseau Voltaire passé aux délires paranoïaques et complotistes), Dieudonné, Ahmed Moualek (La Banlieue s’exprime, pseudo association de banlieue à la gloire du FN) et Frédéric Châtillon (ancien chef du GUD et proche de Marine Le Pen), Alain Soral participe à un voyage au Liban.

En parallèle, il rejoint les rangs du FN, de façon officieuse, dès 2005 après un dîner pris en commun avec Jean-Marie Le Pen. Il rédige alors au moins l’un des discours du président frontiste, « le discours de Valmy », prononcé le 20 septembre 2006. Ce n’est qu’une fois son engagement au FN rendu public en novembre 2006, qu’il intègre officiellement le bureau politique du FN. Dans le même temps, il fonde son club  Egalité et Réconciliation, qui aura l’heur de recevoir lors de sa deuxième université d’été, la visite de Jean-Marie Le Pen. Soral se sent alors pousser des ailes et accompagne Marine Le Pen dans tous ses déplacements.

Des cadres gérontocratiques du FN dopés aux entretiens de Radio-Courtoisie, "messieurs l’heure est grave…", supportent mal l’attitude de Soral, surtout quand ce dernier revendique la tête de liste en Ile-de-France pour les européennes au mois de juin 2008. L’écrivain va rapidement déchanter à la fin de l’année quand il apprend que le clan Le Pen lui refuse la tête de liste pour les régionales. Il refuse alors la seconde place ou une place éligible et insulte ses anciens compagnons. Jean-Marie Le Pen, quelques temps plus tard, se fera un plaisir de souligner certains traits de caractère du personnage : « Alain, ce n’est pas un politique, c’est un romancier. Et puis, il a un fichu caractère. Moi, il ne m’a jamais manqué de respect, mais dès que quelqu’un n’était pas d’accord avec lui, il l’insultait : « juif ! pédé !». Ce n’était plus possible. »

Fondé officiellement en 2007 avec Marc Georges, Frédéric Chatillon et Gildas Mahé O’China (ancien du GUD également), Egalité et Réconciliation avait alors pour vocation de devenir la boîte à idées du Front national nouvelle manière. Cette petite structure tente de créer un espace politique pour ceux qui, en rupture avec leur milieu idéologique respectif, seraient attirés par une « union antisystème » au-delà des clivages gauche-droite. Ce n’est ni plus ni moins qu’une énième version d’un vieux projet des tercéristes et autres nationaux-révolutionnaires français. On voit donc des gens comme Christian Bouchet ou la rédaction de Rébellion se rapprocher d’E&R. Au vu de le forte composante NR ou Nationaliste-Bolchevique lors des premiers mois de vie de E&R,  Soral présente son association comme l’héritière du Cercle Proudhon de Georges Valois. Il évite prudemment, un autre nom, celui de Duprat.

Aussi, la réussite d’E&R, c’est d’avoir, contrairement aux autres tentatives d’« union antisystème », réussit à attirer à elle des individus et des structures étrangères à la galaxie nationaliste (quelques militants de l’ancien Parti des Travailleurs et de la secte politique de Cheminade, Solidarité et Progrès). Serge « Batskin » Ayoub, associé un temps au projet, s’éloigne définitivement de Soral après l’ouverture du « Local » bar associatif, projet à l’origine lié à E&R, mais totalement géré aujourd’hui par l’ancien JNR. Privé de tête de liste pour les Européennes, Soral se tourne alors vers son « ami  Dieudonné » qu’il avait largement brocardé quelques années auparavant et délaissé depuis l’officialisation de son appartenance au FN. Ils se retrouvent alors autour du Parti Anti Sioniste de Yahia Gouasmi pour monter la Liste Anti Sioniste en Ile-de-France, sur laquelle Soral, bien que porte-parole de la liste, se retrouve à la 5ème place, en position inéligible. Cette liste, totalement financée par l’Iran et encadrée par le PAS, ne dépassera pas les 0,5%.

Tirant les leçons du naufrage, Soral transforme alors Egalité et Réconciliation en entreprise à but lucratif

L’entreprise Soral

Depuis deux ans, les vidéos de Soral connaissent un succès certain sur le net, « quinze millions de vues pour trois cent quatre-vint-deux vidéos ». « Moi, E&R, c’est trois à quatre heures de travail par jour. Produire ce que je suis en train de produire là, y compris les risques, c’est des milliers d’heures de lecture, c’est un cerveau qui représente en terme de valeur ajoutée beaucoup, beaucoup d’argent, c’est des années et des années de lecture, d’analyse, de combat, de prises de risques, etc… Tout ça, ça vaut cher. Mais évidemment, nous ne sommes pas dans le monde du commerce, donc nous n’avons pas l’obscénité de vous dire combien ça vaut, combien ça vaut normalement de consommer une vidéo de Soral comme la mienne [...] en terme de valeur pédagogique. »

L’objet social d’Egalité et Réconciliation, c’est « la promotion des idées de l’essayiste Alain Soral sur la gauche des valeurs et la droite du travail ». Un temps, le site d’E&R a hébergé sa propre boutique en ligne : l’association y vendait quelques ouvrages et produits dérivés. Et puis, la boutique a fermé. À la place, désormais, cette mention : « La boutique d’E&R n’est plus active pour une durée encore indéterminée. Nous vous invitons à effectuer vos achats dans les boutiques suivantes. » Suivent deux liens, le premier vers un site nommé Au Bon Sens, le second vers un autre s’appelant Kontre Kulture. Au Bon Sens et Kontre Kulture sont également mis en avant sur la page d’accueil, sous l’intitulé « Sites partenaires » et en compagnie de deux autres échoppes numériques : Sanguisterrae et Instinct de Survie. Chaque article mis en ligne sur le site de l’association est suivi de conseils de lecture, renvoyant à des livres vendus par le site Kontre Kulture. C’est la tactique de la scientologie, om l’on perçoit Soral en L Ron Hubbard de la droite de gauche des valeurs monétaires.

E&R draine un trafic conséquent. Il figure ainsi au 276e rang du classement Alexa des sites français les plus visités, derrière le Monde et le Figaro, 16 et 17ème , Youporn, 72ème, pornhub, 83ème, Libération, 95ème, Rue 89, 99ème, Skyrock, 100ème, marmiton 111ème, meetic, 133ème, Atlantico, 240ème, Slate, 246ème, mais devant Arte, 278ème, Mediapart, 291ème ou netechangisme, 317ème. Soral évoque donc une valorisation de « plus de deux millions d’euros ».

Sanguisterrae, s’adresse aux amateurs (plutôt aisés) de vins – la caisse de six bouteilles de Gevrey Chambertin 2007 s’y monnaye 180 €. Mais les petites bourses peuvent aussi se reporter sur la promotion du moment : pour 80 €, douze bouteilles de Beaujolais arborant une étiquette revendiquant la « quenelle viticole ». La cuvée, promet le site d’E&R, « ravira tous les aficionados des désormais fameuses ’’quenelles’’, signe de ralliement des derniers hommes libres ». Il existe un autre Sanguis Terrae (en deux mots, cette fois), SARL créée en septembre 2006 et dont la majeure partie des parts sont détenues, selon les actes disponibles au greffe du tribunal de commerce, par Charles-Alban Schepens, un ancien cadre du FN désormais très proche d’E&R. Ce Sanguis Terrae-ci, dont le siège social est basé à Beaunes, fait dans la commerce de vin, en détail et en gros (Charles-Alban Schepens possède aussi un restaurant dans le Ve arrondissement de Paris, Au Doux Raisin, très fréquenté par les militants d’E&R). Il est évident que ce sont les bouteilles de Sanguis Terrae qui alimentent le site de vente en ligne Sanguisterrae. Pour autant, ce dernier renvoie pour maison-mère à une autre structure, Culture pour Tous.

Instinct de survie vend pour sa part des produits survivalistes, sorte de lebensreform discount. Ambition affichée : « Renouer avec des connaissances basiques que des décennies de consommation effrénée et de modernité nous ont fait oublier : dormir en pleine nature, allumer un feu, s’adapter à la fatigue, résister aux intempéries… le tout grâce à des gestes et à un équipement appropriés. » S’il n’en coûte que 2,50 € pour un « kit de couture », le « sac d’évacuation » est facturé 467 €. Le site propose aussi des formations, par exemple un stage de deux jours « pour découvrir l’autonomie sur un écodomaine » (240 €) ou une journée d’initiation à la mécanique intitulée « Familiarisation avec l’environnement sous le capot » (100 €).

Pour mieux écouler sa marchandise, le site s’est assuré le concours d’un « spécialiste », Piero San Giorgio (de son vrai nom, Piero Falotti). Ce millionnaire suisse est l’auteur d’un ouvrage très lu dans les milieux survivalistes et d’extrême-droite, Survivre à l’effondrement économique : paru en 2011, le livre atteignait déjà les 20 000 ventes un an plus tard et la revue Éléments en faisait la promo.

Vient ensuite Au Bon Sens, qui revendique la vente de « produits sains et enracinés » – compléments alimentaires, repas complets, serviettes hygiéniques en coton biologique, graines à germer, dentifrice bio ou encore ustensiles de cuisine. Le QG est un corps de ferme située à Anduze, dans les Cévennes gardoises. « Les jeunes gens qui ont monté la structure d’Au Bon Sens sont des cadres locaux de longue date d’E&R, qui ont décidé de vivre un retour à la campagne, familial, et effectivement de ne pas seulement faire des commentaires internet, […] comme souvent les internautes de la résistance au mondialisme », s’enflamme Alain Soral. Et l’un des jeunes en question, John, d’insister sur les vertus du made in France : « On fait travailler des couturières bretonnes, un agriculteur de chez nous pour la spiruline, les savonniers marseillais… Pour tous les produits où c’est possible, […] ce sont les Français qui les fabriquent. […] Nous, on est totalement indépendant. On se tient loin du système boursier, de la spéculation, des intermédiaires et tout ça. ».

Pour finir ce tour d’horizon, Kontre Kulture. Ce dernier site est le navire amiral de la flotte commerciale soralienne. L’homme y fait commerce de livres. Ceux qu’il a écrits. Et ceux qu’il publie – en partie, des rééditions d’ouvrages dont les droits sont tombés dans le domaine public (c’est le cas d’au moins 15 des 47 ouvrages figurant au catalogue). Pour fond de commerce : la haine des Juifs. Mais pas seulement. « La stratégie marketing est claire : il s’agit de publier plein de livres pour que ça fasse effet de masseMais les tirages de la plupart de ces bouquins doivent être limités : je ne le vois pas faire un stock de 2 000 exemplaires de Si le coup de force est possible, de Maurras… Pour la majorité des titres, il doit s’agir de fabrication numérique en petite série, avec des bénéfices assez limités à cause des importants coûts d’impression. »

Toutefois, tous les ouvrages d’Alain Soral sont publiés aux éditions Blanche, anciennement portées sur l’érotisme et menant aujourd’hui une politique éditoriale où se côtoient Le Guide du couple gay et les envolées soraliennes contre les sodomites. Comprendre l’Empire, livre publié en 2011 s’est depuis vendu, Selon GFK, 45 700 exemplaires. Un beau succès.

Quatre sites, donc. Mais une seule maison-mère : la société à responsabilité limitée (SARL) Culture pour Tous. Sanguisterrae, Kontre Kulture, Instinct de Survie et Au Bon Sens affichent ainsi un numéro de Siret identique. Ils demandent aussi d’inscrire cette SARL comme bénéficiaire des paiements par chèques. Et ils donnent comme lieu d’expédition des commandes une même adresse, dans le 93. Il s’agit de la zone d’activités de La Conche, en périphérie de Saint-Denis. Dans ces anciens hangars, un promoteur privé a aménagé des dizaines d’espaces de 150 et 75 mètres carrés, qu’il propose à la location. Sans se montrer inutilement regardant : « Du moment que tu payes, tu peux faire du trafic de drogue, j’en ai rien à foutre », rigole le gardien. L’association E&R, qui y a aussi installé son siège social.

Le gérant de Culture pour tous est un certain Julien Limes, militant à E&R. L’objet social de la SARL est « la vente à distance, notamment par l’Internet, de tous types de produits, ainsi que l’édition ou la réédition de contenus culturels sur supports variés. ». Les statuts de Culture pour Tous ont été déposés en mars 2011 au greffe du tribunal de commerce de Bobigny. Un deuxième nom apparaît. Celui d’ « Alain Bonnet, écrivain, demeurant à Bayonne ». Alain Bonnet de Soral est justement le vrai nom d’Alain Soral, qui habite effectivement les Pyrénées Atlantiques. En vertu des statuts, il possède 80 % des parts de Culture pour Tous. Soit autant de droits sur le résultat net : « Chaque part sociale confère à son propriétaire […] un droit égal dans les bénéfices réalisés », précisent les statuts.

En 2012, Culture pour Tous a déclaré un chiffre d’affaires de 640 400 €, pour un résultat net de 64 300 € - les parts d’Alain Soral lui auraient ainsi rapporté 51 440 €.

« Capitaliser sur une expérience militante est très classique dans ce milieu, explique Michel Briganti. L’exemple parfait en est Frédéric Chatillon, ancien activiste d’ultra-droite désormais proche de Marine Le Pen : il est devenu l’un des principaux prestataires de service du FN. » Châtillon fut aussi un proche d’Alain Soral et d’E&R – sa trajectoire et son sens des affaires ont pu inspirer l’actionnaire principal de Culture pour Tous. « Mais cela vaut aussi pour Serge Ayoub, alias Batskin, ou Dieudonné, poursuit Michel Briganti. En fait, tous les petits groupes d’extrême-droite animés par de fortes personnalités font du business, d’une manière ou d’une autre. » Et Jean-Yves Camus de compléter : « Tous ces gens ont un rapport totalement décomplexé à l’argent. Et ils n’aiment rien tant que se lover dans les interstices de ce système qu’ils dénoncent pour faire des affaires. ».

Il est vrai que les autres militants ne capitalisent jamais sur leur expérience politique et ont un  rapport absolument complexé à l’argent. Aussi on peut comprendre l’homélie vengeresse d’Alain Soral contre les niaiseux adeptes de l’intégrité sans talents.

« Et donc, les petits cons qui font des commentaires en disant, ’’vous faites du commerce et de la pub’’, […] ne se sont jamais posés la question qu’ils consomment de la dissidence en mettant leurs petits commentaires de merdeux sans jamais se poser la question de savoir comment vivent ces vingt personnes qui font vivre ce site jour et nuit, qui sont tous des bénévoles, et que j’ai donc demandé moi, Alain Bonnet de Soral  j’ai fait la liste des commentaires les plus mesquins et les plus stupides et je les ai fait bannir d’E&R, c’est-à-dire qu’ils n’auront plus accès à E&R. Parce que finalement c’était gratuit et comme ils nous traitent de commerçants, ils vont être punis par où ils ont pêché. »

Soral s’y définit, façon recette culinaire, un consommé ; pour ce qui est de la dissidence, on se permettra de hausser les épaules puisque le rôle de composition d’Attila des canapés n’est jamais qu’un masque de plus.

Article 11 / La Horde / BAM

dsk

On pourrait continuer longtemps la liste des formations pour lesquelles la vigilante observation de leur doctrine a été plus exigeante qu’on ne l’est aujourd’hui envers le FN. Et au-delà du parti qui embarrasse toute la vie politique, on devrait être plus attentif aux paroles, autrefois imprononçables, aujourd’hui se diffusant comme un cancer dans la société française.

"Guenon" est infect. "Gauche juive" l’est tout autant. Je veux pour terminer, dire un mot de ce livre publié depuis quelques jours, d’Eric Naulleau et Alain Soral, livre dédié à Dieudonné. Un livre à vomir, où Alain Soral, marginal d’une extrême droite ouvertement antisémite, se livre à son habituel délire qui, heureusement, ne touchait plus grand monde. Jusqu’à ce qu’Eric Naulleau, qu’on voit partout, chez Ardisson, au Grand Journal, chroniqueur hier aux côtés de Laurent Ruquier sur France 2, aujourd’hui sur Paris Première ou RTL, se livre à une méchante entreprise de légitimation d’un écrivain connu jusque-là pour sa pathologie obsessionnelle. Par sa seule acceptation de dialoguer avec Soral, Naulleau cautionne, tout en ayant l’air hypocritement de se démarquer, des phrases que je n’avais jamais lues depuis les années 30 et qui provoquent généralement le dégoût.

On sait depuis longtemps que les mots tuent aussi. Et que ceux qui les diffusent sont responsables de l’usage qui en est fait. Pierre Desproges disait qu’ "on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui". On peut détourner cette phrase et soutenir qu’on peut parler de tout, mais pas avec n’importe qui.

Anne Sinclair

BAM : Seul Alain Soral dédicace son livre à Mister M’Bala M’Bala, Éric Naulleau, à Paul Gadenne qu’Anne Sinclair semble ignorer. Ensuite, il est clair qu’Alain Soral poursuit une certaine tradition antisémite française à laquelle il ajoute un négationnisme qu’il baptise du nom de révisionnisme. Éric Naulleau lui oppose Imre Kertesz, peu connu pour son antisémitisme, même hypocrite. Il aurait pu lui poser la question suivante : Auschwitz est-il un mythe ou un fait historique ? Il ne l’a pas fait et c’était une erreur, peu importe. Éric Naulleau est ramené à sa condition de penseur bobo commentateur de foot et un peu niais mais préoccupé par sa prébende tout au long de cet entretien par Alain Soral. Il poursuit, néanmoins, le dialogue, ça ne fait pas de Naulleau un compagnon de route de Drumont. Quant aux phrases qui  provoquent le dégoût, ne se ramèneraient-elles pas à celle-ci énoncée par Éric Naulleau mais reprise de l’ouvrage de Marcela Iacub, Belle et Bête, qui l’attribue à Madame Sinclair « il n’y a aucun mal à se faire sucer par une femme de ménage », phrase ainsi commentée par l’homme des plateaux « la fellation n’entre pas dans les attributions du personnel d’un hôtel, à moins d’entendre dans un sens extensif ce rappel adressé par Pionceux à une employée d’auberge dans le Prix Martin de Labiche ‘’Vous êtes là pour distraire le voyageur’’. Bref de quoi conforter les analyses (celles de Michéa ou certaines des tiennes) qui estiment que le social-libéralisme est devenu l’irréductible ennemi du peuple », phrase à laquelle Soral réplique en appelant Anne Sinclair, Madame Rosenberg, un nom pas très catholique ajoute t-il, avant d’affirmer « cette phrase…exprime parfaitement la vision du monde d’une grande bourgeoise juive, déclarant sans vergogne dans une interview (déclaration épinglée à l’époque par Pierre Desproges qui ne semblait pas particulièrement judéophile) qu’il ne lui viendrait pas à l’idée d’épouser un non-juif ! Ce qui pose problème…c’est la prétention de la dame et de sa tribu à représenter la gauche ! En quoi une rentière qui se prétend du peuple élu – donc d’une sorte d’aristocratie, puisqu’héréditaire et de droit divin, même si c’est une aristocratie sans noblesse- peut-elle se sentir de gauche ? » puis Soral finit par agréger la tribu en question aux « marchands du Temple » et aux « sodomites ».

On le voit Soral recourt à la rhétorique antisémite ( à la fois racialiste et hostile au judaïsme, hostilité qu’il partage avec une partie de la gauche) tandis que Naulleau fait dans le moralisme populiste selon lequel les grands de ce monde, surtout quand ils sont à la fois de gauche et libéraux, sont des méchants obsédés sexuels prêts à tout pour assouvir leurs désirs pervers sur le dos des gens modestes qu’ils courtisent afin d’être élus, avant de les trahir, immanquablement. 

Publié par : Memento Mouloud | novembre 12, 2013

Christiane Taubira : portrait façon puzzle

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La Garde des sceaux, Christiane Taubira, appartient à la Grande Loge féminine de France (GLFF) qui compterait 10 mille sœurs dans l’hexagone et quatre autres milliers de membres en Europe et en Afrique, le tout réparti en 450 Loges.

Selon certaines sources, elle est élevée au milieu d’une fratrie de 11 enfants, par une mère femme de ménage. Son père est absent, un scélérat écrit-elle dans ses mémoires. Selon d’autres sources, sa mère est aide-soignante et elle élève, seule, ses cinq enfants.

A Cayenne, Christiane Taubira acquiert, par adjudication, en 1987, un terrain pour 205 mille francs. Elle est alors directrice de l’Assistance technique à la pêche artisanale en Guyane. Du 24 de la rue Schoelcher, où il est situé, il faut deux minutes pour gagner, à pied, le port de plaisance, et à peine plus pour rejoindre les rives de l’océan Atlantique, il vaut donc 150 mille euros aujourd’hui. Elle détient ce terrain en SCI (Amazonite) avec ses quatre enfants, Lamine, né en 1979; Nolywé, née en 1981; Diawara, né en 1986 et Djamila, née en 1988. On le voit aux prénoms qu’elle distribue à sa progéniture, cette femme est à la fois très attachée à l’Europe en général et à la France, en particulier. A Christiane Taubira, la totalité des 1500 parts sociales de l’usufruit. A ses quatre enfants, 375 parts chacun de la nue propriété. Et à elle la gérance. Lors de la déclaration du patrimoine des ministres, elle affichera 3 vélos. Elle avait déclaré au JDD, « Il y a en outre deux sujets spécifiques, qui concernent les territoires d’outre-mer et l’Afrique. En outre-mer, il y a eu une confiscation des terres ce qui fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier. Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres. En Guyane, l’État avait accaparé le foncier, donc là, c’est plus facile. Aux Antilles, c’est surtout les descendants des "maîtres" qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en œuvre. ».

Son fils a été condamné par la justice pour complicité de vol. Elle avait alors tenté d’utiliser ses contacts afin de faire annuler la condamnation (avec dispense de peine). Le document daté du 5 février 2001, est adressé à celle qui était alors la ministre de la justice, Marylise Lebranchu (désormais  ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Christiane Taubira y demande une « annulation » de la condamnation en expliquant qu’à « chaque fois qu’il subit un contrôle d’identité, la consultation du fichier provoque sa conduite au commissariat. » 

 Walwari (éventail en créole) est un parti politique fondé en 1992 par Christiane Taubira et Roland Delannon, qui était alors son mari. Son objectif revendiqué était de « remporter une victoire contre le Parti Socialiste Guyanais, alors omnipotent sur la scène politique locale ». Christiane Taubira en est toujours membre, tout en appartenant au bureau national du Parti radical de gauche (PRG) au nom duquel – ou sur le quota duquel – elle siège officiellement au gouvernement. Comme « secrétaire générale adjointe pour la diaspora à l’étranger » au sein du parti Walwari, on trouve une certaine Nolywé Delannon, la fille aînée de Christiane Taubira. « Les membres fondateurs de cette section Ile De France (de Walwari) sont : Mario BELNY, Diawara DELANNON, Téva DELAR, Aude DESIRE, Aurélie GUELLIL, Lyvia HARMENIL, Patrick HO-COUI-YOUN, Eric LAFONTAINE, Laurent LAPIQUIONNE, Adhams MAGDELEINE, Raymond SARBADY. »

Extrait du programme de Walwari : « Concertation pour l’élaboration d’une ‘Charte de la citoyenneté sociale’ visant à encourager le recrutement de Guyanais dans tous les secteurs d’activité, et notamment dans ceux où ils sont systématiquement écartés… Elaboration de la liste des conditions d’éligibilité aux marchés publics et aux subventions, en y insérant un critère de respect de la ‘Charte de la citoyenneté sociale’… Réhabilitation du statut des langues natives : Créole guyanais, Bushinengue, Langue Kalin’a »

Christiane Taubira n’a jamais réussi à remporter la moindre élection locale. Elle a même échoué deux fois à conquérir la mairie de Cayenne. "Lors de sa première campagne, pour les élections cantonales de 1994, elle a dit qu’en cas de succès il ne faudrait pas compter sur elle pour jouer les assistantes sociales »

En 1993, au nom du parti Walwari, elle vote la confiance au gouvernement Balladur et sera quatrième sur la liste européenne Energie radicale menée par Bernard Tapie en 1994, dont elle apprécie le «magnétisme mêlé de brigandage». En 1997, elle est réélue députée et rallie contre toute attente le groupe socialiste pour finalement le quitter en novembre 2001 rejoignant le groupe Radical-citoyen-vert (RCV).  En 2002, lors des élections présidentielles, elle recueille 2,32% des voix au premier tour, sous la bannière des radicaux de gauche. "Quelques semaines avant le scrutin, il y a eu une rencontre en ma présence avec Claude Bartolone, raconte Bernard Tapie, intime et grand admirateur de la dame. Christiane lui a promis que si Lionel Jospin, en personne, lui demandait de retirer sa candidature, elle s’effacerait sans hésiter. Hélas, Jospin n’a jamais condescendu à lui parler…" Et Taubira est allée jusqu’au bout. Réfléchir aux moyens de faire des Accords de partenariats économiques (APE) "un atout du partenariat" entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) fut la nouvelle mission que le président de la République Nicolas Sarkozy, une fois élu, avait confiée au députée PS guyanaise Christine Taubira.

Taubira a étudié les sciences économiques à Paris-Assas mais aussi la sociologie et l’ethnologie afro-américaine enfin le secteur de l’agro-alimentaire. Alors coiffée comme Angela Davis, elle dévore Fanon, «pleure de rage» sur la mort d’Allende. Elle se rapproche des milieux indépendantistes lorsque des militants guyanais sont accusés à tort d’avoir voulu assassiner des enfants de hauts fonctionnaires pour Noël. Elle milite au parti indépendantiste Moguyde et entre dans la clandestinité après avoir participé aux émeutes de Cayenne. « Tous les deux jours je devais changer de lieu, tout en trimbalant un bébé de deux mois ». Avec la victoire de la gauche en 1981, le Moguyde périclite. Christiane Taubira poursuit sa vie politique, entreprend de longs voyages en métropole, en Afrique du Sud, à Haïti.

Lors d’un déplacement à Sangatte, elle a pété un câble et m’a traitée d’esclavagiste quand je la poussais à poser à côté des élus locaux pour la presse, rapporte Elisabeth Boyer. Christiane est incapable de gérer un groupe : écouter les uns et les autres pour conforter chacun à sa place, faire en sorte que le bateau de chacun aille dans le même sens ». «Elle est capable d’arriver trois heures en retard à un colloque où l’attendent 600 personnes et de lâcher : "En plus, il n’y a plus rien à manger !"» raconte Blanchard. Elle est condamnée le 27 septembre 2004 par le tribunal des Prud’hommes pour licenciement abusif et rupture abusive de contrat, à verser 5300 euros à son ancienne assistante parlementaire Sylvia Edom.

Lors d’un déplacement de Christiane Taubira à la cour d’appel d’Angers, devant le palais de justice, un groupe d’enfants lui crient "Taubira casse-toi, Taubira dégage, Taubira tu sens mauvais, tes jours sont comptés", raconte AngersMag.info. Sous le "regard amusé de parents fiers de leurs progénitures". Une fillette de 12 ans la traite de "guenon" mangeant une banane. Elle alors est ovationnée par l’Assemblée nationale. A gauche et au centre, tout du moins, pour un hommage auquel l’UMP n’a pas souhaité se joindre. Alors que la ministre de la Justice a regretté dans Libération que les réactions aux injures racistes dont elle est l’objet n’étaient "pas à la mesure" du danger pour "la cohésion sociale" qu’elles représentaient, que Malek Boutih a estimé qu’elle n’avait pas été assez protégée, les gestes de soutien politiques se sont soudain multipliés. "Ce n’est pas seulement elle qui est insultée, mais toutes les personnes noires qui sont animalisées", a dit Leonora Miano, romancière camerounaise de langue française, lors de la remise du prix Femina. "Ce n’est pas seulement le roman en lui-même qui est symbolique, mais mon visage qui ressemble au sien".  La saison de l’ombre décrit le basculement d’un monde pour une communauté africaine confrontée à la traite négrière et à la disparition d’êtres aimés. "Avec ce prix, je suis très contente pour toutes les personnes qui se sentent un peu vengées, aujourd’hui, après avoir été traitées de macaques récemment". En revanche, Christiane Taubira était l’invitée de l’émission Des paroles et des actes jeudi soir sur France 2. Lors de cette interview, la Garde des sceaux a été confrontée au témoignage de la mère d’une jeune fille victime d’une agression par un récidiviste en liberté. Face à ce témoignage, la ministre n’a pas souhaité réagir.

Christiane Taubira donne son nom à la loi française n° 2001-434, votée le 10 mai 2001, qui reconnaît comme crimes contre l’humanité la traite négrière transatlantique et l’esclavage qui en a résulté mais elle a passé sous silence la traite négrière africaine et arabo-musulmane, contre l’avis d’historiens compétents, y compris africains. Elle s’en est justifiée ainsi: «Christiane Taubira soutient sa position en déclarant qu’il faut éviter d’évoquer la traite négrière arabo-musulmane pour que les «jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes.»

En octobre 2013, alors que François Hollande se rend en Afrique du sud, Taubira, présente, rend visite à deux couples locaux de lesbiennes, en compagnie de la compagne du président.

Nommé en juin dernier « conseiller spécial » de la garde des Sceaux Christiane Taubira, Jean-François Boutet continue d’exercer sa profession d’avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation. Depuis sa nomination au cabinet du ministre, la SCP Boutet, dont il est l’actionnaire unique, a défendu des clients aussi divers que le groupe Axa, le département de Saône-et-Loire, l’Union nationale des associations familiales, l’Urssaf des Alpes-Maritimes ou une société de gaz. A chaque fois, c’est Jean-François Boutet en personne qui porte ces affaires devant la Cour de cassation et le Conseil d’Etat. Récemment, il s’est ainsi retrouvé opposé au musée du Quai Branly, un établissement public – pour le compte d’Axa –, ou bien à la préfecture de police au sujet de la fermeture d’un bar de nuit parisien. Il est aussi intervenu pour Radio Nostalgie dans un dossier d’attribution de fréquence par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, ou dans une procédure opposant des associations au ministère de la Culture. Agé de 57 ans, fils d’un ancien président de TF1, Jean-François Boutet est un intime de Christiane Taubira, qu’il a connue au Parti radical de gauche, dont il a été ­secrétaire national et tête de liste à Paris.

Publié par : Memento Mouloud | novembre 1, 2013

343 salauds, 343 connards et Morgane Merteuil, une pute de référence

muette

De quoi s’agit-il ? D’une sinistre et triste parodie du manifeste publié en 1971, "Je me suis fait avorter", et signé par 343 femmes réclamant alors la légalisation de l’IVG, s’exposant ainsi, volontairement, à d’éventuelles poursuites pénales…Qui sont ces "343 salauds", ardents militants du droit d’aller aux putes ? Les survivants des provocateurs et noceurs des années 1980, et leurs héritiers, directs ou indirects : Frédéric Beigbeder, Philippe Caubere, Marc Cohen, Jean-Michel Delacomptée, David Di Nota, Claude Durand, Jacques de Guillebon, Basile de Koch, Daniel Leconte, Jérôme Leroy, Richard Malka, Gil Mihaely, Ivan Rioufol, Luc Rosenzweig, François Taillandier… Soi un pot-pourri représentatif de la décrépitude morale de la "branchitude" intello-dérision des années 1980 ayant viré au réac, du Caca’s club à la Manif pour tous en passant par Jalons, le néo-catholicisme intégral, l’islamophobie, le post-thorézisme… Quelque chose nous dit, mais ça n’est qu’une supposition, une hypothèse, le fruit d’une imagination débridée, que gerber sur le capot d’une Bentley après avoir été éjecté de chez Castel ou du Baron tout en citant des passages entiers d’"Homo festivus" de Philippe Muray (la bible des adeptes de la secte "Causeur") en mode "nuit d’ivresse, nuit de détresse", ce doit être le nirvana qu’atteignent parfois certains signataires de "Touche pas à ma pute !"

Bruno Roger-Petit

Parmi les signataires, qui semblent, à ce jour, n’être qu’une vingtaine et non 343, une majorité d’écrivains et de journalistes, certains contributeurs de Causeur mais aussi des hommes qui se sont déjà prononcés en faveur de la prostitution comme Philippe Caubère, auteur de la tribune "Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et "client de prostituées" publiée dans Libération en 2011. Certains sont marqués à droite et familiers des polémiques, comme Eric Zemmour, d’autres ont combattu le mariage pour tous à l’instar de Basile de Koch, l’époux de Frigide Barjot et de l’écrivain Jacques de Guillebon. Richard Malka, l’avocat de Dominique Strauss-Kahn, le chanteur Antoine et le metteur en scène Nicolas Bedos font également partie des premiers pétitionnaires. Dans une tribune publiée dans Le Monde, Anne Zelensky, présidente de la Ligue subventionnée du droit des femmes, et signataire jadis, du "manifeste des 343 salopes" dénonce un appel qui "humilie les femmes". Morgane Merteuil, secrétaire générale du syndicat du travail sexuel de France et de Navarre (Strass), dénonce, elle, sur le site de L’Express, le "paternalisme" des signataires "nous ne sommes les putes de personne, et encore moins les vôtres"

Big Browser

La tribune est notamment désavouée par le syndicat des travailleurs sexuels de France, le Strass. Jointe par téléphone, sa secrétaire générale, Morgane Merteuil, s’emporte : “Ils feraient mieux de fermer leur gueule“. Elle explique n’avoir que faire du fait que “343 mecs s’inquiètent parce qu’ils vont avoir plus de mal à trouver une pute” et souligne le fait que le manifeste ne parle pas des travailleurs et travailleuses du sexe mais uniquement des clients. “Ça participe à l’invisibilisation de notre parole. C’est ma bite et moi”. Elle déplore au passage la référence “abjecte” au Manifeste des 343 salopes, dont “les signataires avaient, elles, risqué leur vie“. “Ce manifeste reflète bien la médiocrité des débats sur le sujet où n’importe qui donne son avis, estime-t-elle, les enjeux politiques ne sont jamais abordés“.

Même dégoût chez Françoise Picq, dinosaure du MLF (Mouvement de libération de la femme) et sociologue du féminisme qui se positionne contre la prostitution. Pour elle, le manifeste célèbre une “liberté du chacun pour soi“, qu’elle juge “détestable“. Au passage, elle souligne la présence, parmi les signataires, “d’infâmes personnages“, et cite Eric Zemmour, le plus célèbre dybbuk de la chrétienté latine.

Les Inrocks

Quel est le lien entre Frédéric Beigbeder, Eric Zemmour, Nicolas Bedos et Ivan Rioufol ? Ils vont «aux putes», comme ils disent. Ou ils y sont allés. Ou peut-être pas, mais en tout cas, ils ne dénonceront pas leurs copains qui ont recours au sexe tarifé. On notera un mélange à forte dominante droite néoréac, mais pas seulement. Ainsi, au côté des très féministes Ivan Rioufol et Eric Zemmour, on retrouve l’avocat Richard Malka (avocat de DSK), l’écrivain Philippe Caubère (auteur d’un texte publié en 2011 dans Libération où il racontait être client de prostituées), l’écrivain et journaliste Benoît Duteurtre ou le mari de Frigide Barjot, Basile de Koch.

Outre le fait qu’ils sont de sexe masculin, on ajoutera une autre différence notable entre ces 343 salauds de 2013 et les 343 salopes de 1971. Dans le texte écrit par Simone de Beauvoir et publié dans le Nouvel Observateur pour défendre le droit à l’avortement, les signataires écrivaient : «Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté.» A l’époque, pour mémoire, l’avortement était un crime. Aujourd’hui, le recours à une prostituée n’est pas interdit et la proposition de loi socialiste prévoit d’en faire une infractionsanctionnée d’une contravention.

Libération

Qui a dit qu’on s’intéressait à leurs fesses ? Ce dont il est question, là, c’est plutôt celles des prostituées. Elles seules sont en droit de dire qu’elles refusent qu’on parle pour elles. Il y a dans cet appel quelque chose d’assez répugnant. Cette façon de se regrouper entre hommes, de parler de ses droits sur ces femmes (ou ces hommes d’ailleurs), d’utiliser du possessif. « Touche pas à MA pute. »  Cette façon de dire moi, moi, moi. Nous, nous, nous.

Morgane Merteuil se définit comme « pute militante, féministe, syndicaliste. Secrétaire Genérale du STRASS (Syndicat du travail sexuel) » sur son compte Twitter. Comme elle le disait très bien dans une note de blog, il y a quelque chose d’absurde à entendre les clients oser parler de « leur droit ». « Les clients qui disent nous soutenir. Je crois, franchement, que vous n’avez RIEN compris à notre lutte. Si on se bat pour nos droits, c’est en grande partie pour avoir PLUS de pouvoir face à vous. Pour que vous ne puissiez PLUS vous faire sucer sans capote, pour qu’on puisse vous facturer les rendez-vous que vous annulez au dernier moment, pour qu’on puisse vous raccrocher au nez si vous nous demandez “ tu suces ?” avant de nous avoir dit bonjour, en un mot pour que ce soit NOUS qui posions NOS conditions, et non plus la “ loi du marché et de la concurrence ”, à laquelle on doit céder en VOTRE faveur. »

Renée Greusard

The manifeste des # salauds

Le mur des 343

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