Publié par : Memento Mouloud | mai 26, 2014

micro-fictions micro-fascistes (5) : Territoire libéré

C’était le grand départ, il abandonnait la décivilisation, il repartait de zéro. Il disait merde au système avec sa femme et ses cinq enfants, il formerait une cellule autonome en attendant la fin du monde, de ce monde. Dehors, le chaos grondait et il n’y aurait pas de dictateur pour le mettre au pas. Cyrus ne reviendra pas et il fallait bien renaître dans quelque chose de familier, dans quelque chose où s’épanouir, en tout cas dans autre chose qu’une gangue factice de projets débiles où il était question d’opportunités et de libertés quand le moindre coup de fil était listé, le moindre clic mis en boite.

Ils avaient choisi un coin bien à l’écart, un coin dans les Cévennes perdu au bout d’un chemin forestier avec une rivière qui coulait en torrent, l’hiver. Tout avait été abandonné, défait, il ne restait même plus un hameau, juste des ruines. Même les terrasses, on ne pouvait plus les voir, pas même un châtaigner, juste des sapins et encore de deux ou trois sortes. Sur la route, des cages à poules abandonnées, une ferme isolée avec des carcasses de voitures, un dernier troupeau de moutons, quelques chiens et parfois des ânes parce que les ânes, ça pouvait un peu rapporter, comme les poneys, comme les chevaux. Lui, il voulait pas mendier, il avait passé l’âge de téter les mamelles putassières du Capital avec ses juives à gros nichons, ses calvinistes à principes, ses catholiques à remords, ses athées enculés et ses musulmans prédateurs. En attendant les chinois, c’était la prière du Capital qui y ajoutait tout le compte des bridés et des basanés, Europa Kaputt. Mon cul. Das Kapital Tod. C’était une question de mois, d’années, le futur ne prédisait que ça la grande catastrophe.

En attendant, on était revenu au code de l’Indigénat. Et il savait de quoi il parlait. Il était auditeur social. Dans les faits, maître-chanteur au service des donneurs d’ordre. Il débarquait dans l’usine constituait une sorte d’Evidence-Based Management à base de documents disparates puis faisait son tour. Quand ça ne trimait plus assez, quand les retours sur investissement étaient insuffisants, quand les commandes flemmardaient, il collait une infraction au code de déontologie : entrave à la liberté syndicale, règlement resté lettre morte, travail forcé, salaires oubliés, la liste était longue, suffisait de se pencher pour exécuter. C’était ça le social par gros temps, l’exact synonyme de la formule, mettre à genoux.

Il avait creusé des latrines à plus de vingt mètres de la maison et des potagers, sur une terrasse en contre-bas, à l’opposé du lit de la rivière. Des barrières n’empêcheraient pas les sangliers d’y rentrer mais un courant électrique alternatif, oui. Il avait vérifié le drainage, creusé un puits de 5 mètres, fixé un tuyau d’évacuation. Il n’avait pas prévu que des voisins, sortis de leurs habitats de fortune, viendraient y chier en continu mais certains sortaient de l’aventure, tuméfiés, accrochés aux fils barbelés ou électriques qu’ils n’avaient pas vus parce que trop imbibés ou presque aveugles. Parfois, il les accueillait avec ses deux chiens en leur disant, « la prochaine, ils visent vos couilles ». C’était de drôles de chiens qui n’écoutaient que sa femme, il ne les lâchait que rarement parce que, même lui, il ne savait pas, s’il en sortirait indemne, dès lors qu’il les entraînait.

Il avait commencé à s’armer avec toutes sortes d’arbalètes, de frondes, de haches, mais le toit des latrines et les planches avaient commencé de céder. Les enfants n’osaient plus s’y rendre. Il fallait les escorter, la nuit et le jour, peu importe, la peur serait vaincue et bientôt il n’y aurait plus de contrevenants. Des copeaux, de la sciure de bois, des cendres servaient à tamiser les excréments, le PQ était en rupture de stock, le papier-journal aussi, restaient des feuilles séchées et puis un sceau d’eau.

Il avait appris aux enfants à se laver systématiquement les mains au savon de Marseille et avait commencé à creuser deux autres latrines, agrandissant le territoire libéré, alimentant en nouveaux katas, les cours bi-hebdomadaires de karaté où le plus jeune disciple avait 4 ans. Il avait aussi enseigné les vertus des latrines : le respect du cycle de l’eau, son économie, le moindre risque d’épidémies. Parfois, il pouvait pister un voisin malveillant à ces excréments laissés sur son territoire. Il en suivait les traces et organisait une sorte d’expédition punitive. Les gendarmes étaient venus le lui reprocher. Il leur avait répondu, « rien ne restera impuni » puis il leur avait offert ce qu’ils appréciaient le plus, un peu « d’épices ». « Un jour, vous me rejoindrez, vous verrez »

Publié par : Memento Mouloud | mai 26, 2014

Noir nightmare (2)

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Freddie Mercury s’était fait appeler Larry Lurex, ça sonnait déjà comme un tube de préservatifs. Son producteur, Roy Thomas Baker calibra le rock des Queens pour un public le plus large possible mais il fallut attendre Bohemian Rhapsody pour que les charts s’illuminent. Avec ses futs en élasthanne et son torse d’iranien poilu surmonté d’une paire d’incisives à la Bunny Bugs, le stentor de Radio Ga Ga avait touché le point où la beauté n’est ni convulsive, ni amère, ni d’occasion mais simplement marchande. Enculer ou se faire enculer par Freddy (même variante pour sucer) ne dépendait pas de son physique exceptionnel, de son charisme ou de son charme, ni même de la manière dont il portait ses bretelles. Larry Lurex avait dû en chier pour renouveler le cheptel des partenaires mais Freddie Mercury, non, c’était cela le fétichisme de la marchandise, un truc pas très compliqué à aimer ni à comprendre, un truc libidinal et pas spécialement affrété pour les pédaleux éructant We are the champions au milieu de Wembley. Presque au même moment un gars qui prenait en sens contraire l’autoroute de l’enfer de Robert Mutt Lange avait refourgué sur son nom et son cadavre 18 millions d’albums. Le pape n’était capable que de rassembler 400 mille fidèles au grand maximum et son Ita Missa Est, même en version reggae n’aurait jamais pu rivaliser. La grande putain romaine ne causait plus la langue du sexe divin mais celle de saint Sulpice. Angus Young avait repris d’Hendrix l’usage de jouer de la gratte électrique avec la langue, il devait sans doute penser qu’elle était avant tout clitoridienne. C’était une bonne intuition.

Les racailles ont les traits grossiers des enfants de familles nombreuses, des manières de glandeurs ou de sportifs, un certain négligé dans le port des vêtements mais cette absence absolue de distinction les rend aussi beaux qu’une cheminée de béton cellulaire. Un peine à jouir est sans doute un branleur ignorant le point g mais eux tous forment la plus intense compagnie de branleurs qu’on puisse rassembler. C’est leur nullité qui les rend opaques. Le dernier keumé avec sa Mercedes classe E, ses bottines en cuir et son vison, les attire comme des grappes de mouches enculantes autour de Freddy Mercury. Même si Angus Young leur remuait l’anus avec sa langue, ils n’auraient pas le temps de prononcer ce pour quoi ils sont réunis dans un récit sans intrigue, la soif, le culte de l’Instant. Wesh, Wesh et c’est parti. De même qu’un paquet de tabac dans un tableau de Braque devient du Braque, chez les racailleux, une capuche ou un Wesh signent l’œuvre commune du désoeuvrement.

Les racailleux sentent la mort parce que jetés dans le monde, ils en sont l’écume la plus légère. Quand un racailleux entre seul dans une soirée, il se reconnaît à ceci qu’il est gauche, n’exécutera jamais un pas de danse et attendra qu’une fille en silence vienne l’aborder et lui caresse les roustons si bien qu’il pourrait crier toutes des salopes comme il dirait les femmes au poteau. Le mouvement qui le traverse n’est pas celui de la conscience ni du pré-réflexif mais la croyance en la réalité comme elle est, dans une absence de forme pour laquelle la décomposition est impossible. Dans le monde factice la racaille est un moment toujours égaré du factice, sa puissance au carré.

L’énergie ne peut être créée ou détruite, elle change de forme, le rap fut l’un de ces changements dont Fluxus annonce la venue avant que la bien nommée variété ne s’installe aux commandes. On dit le blanchiment d’argent à grande échelle avait lieu en Catalogne et beaucoup beaucoup de membres de la mafia russe étaient actifs dans la région. Ils portaient des écharpes et des maillots de bains et n’enlevaient jamais leurs lunettes noires qu’ils n’avaient pas achetées chez Alain Afflelou. Preuve même que l’adage de Staline n’a pas été perdu pour tous, à la fin, la mort, toujours triomphe, même en costume chamarré, même les paupières fardées perdues entre deux briquets, même si vous baissez le feu, ajoutez le jus de citron, le bouillon et laissez cuire 30 à 40 min à couvert, même si vous savourez un Brownie à la mode à 6 dollars 50 pièce. Le Mythe Errant aussi fut un grand porteur d’écharpe enroulée, rite qu’il avait pris à  Blum, sans doute parce qu’il ne savait pas trop quoi prendre aux socialistes qu’ils soient juifs ou non, il leur avait donc collé un petit village et la rose de Spinoza, ça devait lui rappeler le nom de cette fleur, le gratte-cul.

Publié par : Memento Mouloud | mai 26, 2014

Petite histoire des droitards depuis 1945 (2) : Continuer

Pour les hommes de la droite nationale, il s’agit après la déroute de calomnier la victoire comme telle et d’appeler à soi la pitié des catholiques envers les vaincus, tous les vaincus dès lors qu’ils ont survécu et ne sont pas communistes. Entre le milicien et le déporté, le waffen SS et le soldat Vlassov, le malgré lui et le prisonnier de guerre, il n’y a, aux yeux des prêtres, aucune distinction à faire, le pardon est requis, l’oubli aussi. On attend que Staline mette en coupe réglée l’outre rideau de fer pour détourner le mal vers sa source. Le totalitarisme est un concept né dans les milieux catholiques de l’émigration. Ce n’est pas tout à fait un hasard puisque ce concept est indifférent au sort du peuple juif. Il importe que le mal soit cerné et que l’alliance du Vatican avec l’Axe disparaisse à jamais dans le pacte scellé avec la puissance américaine. A ce titre la destruction des juifs d’Europe est un épiphénomène puisque la bonne nouvelle continue, cette fois-ci avec la Bible démocratique dans l’autre main. Dès lors, l’homme de droite va s’employer à nier la défaite stratégique des fascistes et autres collaborateurs vichyssois. L’épuration donc la guerre, la guerre juive comme disaient Hitler et Céline ne peut être que vengeance aveugle, usurpation et subversion. La première vient des juifs, la deuxième des forces maçonniques ou troubles, la dernière des séparatistes comme les nommera de Gaulle qui n’aimait pas la Révolution.

On se rend donc à Lourdes, réclamer sur fonds de cantiques l’amnistie pour les souffrants. Ces hommes qui n’eurent pas l’once d’un semblant de compassion envers les épurés de novembre 1938, ceux de l’automne 1940 puis les internés, torturés, fusillés et massacrés qui suivirent veulent rétablir l’ordre, c’est-à-dire le Monde, leur Monde, celui où François Brigneau est l’égal de Balzac et de Proust réunis.

La légende du glaive et du bouclier ou celle de la mission Rougier à Londres ont toutes pour objectif d’unir les gaullistes et les néo-vichystes dans un front commun destiné à renverser la quatrième république. Pour de Gaulle, c’est un régime impuissant qui ne peut que précipiter l’abaissement de la France, pour les post-fascistes c’est la matrice de la Résistance, leur lutte a bien le même ennemi mais n’appartient pas au même univers. De Gaulle n’entend pas refaire la France, encore moins la précipiter dans une sorte de revival vichyste, sans les allemands. Ce qu’il cherche, c’est la voie de son retour, garant de la fin du règne des partis et de leurs discussions interminables et magouilles de couloirs. A l’instar de Napoléon, il sait que la politique est la tragédie des temps modernes mais lui ne fait pas partie du peuple des loges, il veut être le metteur en scène, quitte à échouer.

C’est le temps où la CIA lance ces covert action et finance Paix et Liberté, où Albertini, amnistié par son ancien camarade de parti, Vincent Auriol, alors président, recycle à tout va des collaborateurs anciennement militants ouvriers dans l’Institut d’Histoire sociale qui sert de massue idéologique à la CGT-FO naissante, sorte de pendant prolétarien et petit-bourgeois de l’UIMM. On reprend le port de Marseille avec l’aide du mitan et on remet en selle le brave Boris Souvarine qui n’a plus à cacher ses piges du côté de la presse de droite.  Les communistes ne sont pas écrasés mais cantonnés après les grandes manœuvres des années 1947-1948. On leur retire les potes stratégiques tandis que des délégués de l’oncle Sam veillent, au sein du Ministère des Finances, sur la politique économique de ce convalescent auquel on va faire avaler le redressement à toute vapeur de l’Allemagne. On laisse donc aux communistes de quoi les corrompre et les assagir : la CGT, les comités d’entreprises de certaines entreprises nationales et les colifichets de la démocratie représentative.

Si le parti a bien redonné les couleurs de la France à certains de ses militants, ceux-ci ont dû battre en retraite lors des grèves de novembre-décembre 1947. Il n’y aura pas de Révolution, le progressisme est à l’ordre du jour et Sartre comprend assez vite qu’il n’y a plus aucun espace entre eux et les autres.

Les élections bricolées de 1951, avec leurs apparentements, redonnent une certaine vigueur à la SFIO. Le corps électoral a basculé à droite, Mollet peut de nouveau jouer les hommes de gauche sans fausse pudeur, d’autant plus que le RPF est dilué et comme embaumé, prématurément, dans le marécage parlementaire. Un an plus tard, Antoine Pinay, l’ancien du conseil national de Vichy, propulsé comme une savonnette, devient le sauveur de l’épargne française, faute de l’être de l’empire en décomposition. Il lance un emprunt calamiteux, réussit à freiner l’expansion, jusque-là vigoureuse et finit sa course en idole de la bourgeoisie française qui reprend espoir puisque les divisions d’hier semblent s’estomper.

Le 23 juillet 1951, le maréchal Pétain meurt. Le plus vieux prisonnier du monde avant que Rudolf Hess ne le remplace dans ce rôle sera fêté par ses laudateurs, les 21 février, 24 avril, 3 mai, 23 juillet et 10 novembre. Verdun, Cauchy-la-Tour et l’île d’Yeu sont les étapes obligés du culte rendu à celui qui savait si bien faire mourir les français pour rien car de tous les généraux français, Pétain fut bien le seul à ne jamais chercher la victoire. Un temps, Hubert Massol enleva la dépouille du maréchal pour l’installer dans son garage ne sachant trop que faire de la relique, depuis le cercueil est scellé.

Même mort Pétain œuvre dans ce qu’il a toujours fait de mieux, le ridicule et le grandiloquent, ce dont témoigne ces phrases impérissables du brave Maurras, « quand la poésie vient d’atteindre tous les points de sa perfection consommée, quand elle a touché même le sublime, quelque chose lui manque encore si elle n’a pas produit ce qu’on peut appeler : la divine surprise, celle, précisément qui submerge tous les espoirs de l’admiration la mieux disposée. Et bien ! La partie divine de l’art politique est touchée par les extraordinaires surprises que nous a faites le Maréchal. On attendait tant de lui, on pouvait et on devait tout en attendre. A cette attente naturelle, il a su ajouter quelque chose, il y a répondu de façon plus qu’humaine. Il n’y manque plus rien désormais ».

Le bain de sang n’a duré que 35 secondes. Le tueur possédait deux armes, dont une kalachnikov à crosse pliable. L’affaire était minutieusement préparée, le chargeur de l’arme bien garni. Son objectif : faire un maximum de victimes. Les vidéos montrent un homme calme qui quitte les lieux sans même jeter un regard vers le couple qu’il venait d’abattre. L’homme avait repéré les lieux. En effet, il n’hésite pas une seconde quand, après avoir abattu le couple à l’entrée du bâtiment, il marche vers la réception au fond à droite, pousse la porte, se baisse pour saisir sa kalachnikov, dans un sac puis la porte à bout de bras en "arrosant" vers le bas, ajoutant deux autres morts à sa liste.

Il était coiffé d’une casquette sombre avec logo sur la face avant du côté gauche, vêtu d’un vêtement bleu clair avec un logo clair à hauteur de la poitrine du côté gauche, d’un pantalon sombre et de chaussures sombres avec semelles claires. Cet homme savait qu’à la différence de la synagogue de la rue Royale, un peu plus haut dans le quartier, le Musée juif ne serait pas protégé par des policiers. Il est assez téméraire ou assez convaincu de l’inefficacité de la police et/ou de quelques complicités, pour agir alors que celle-ci est déployée au Sablon pour le Jazz Marathon. Il connaît l’indifférence ou la lâcheté de ses contemporains puisque cinq véhicules vont passer rue des Minimes, durant la tuerie.

Enfin, il sort du Musée, marche d’un pas décidé, croise l’antiquaire qu’il défie du regard et descend les deux volées d’escaliers de la rue des Chandeliers vers la rue Haute, où un témoin le perd de vue. Si l’antiquaire avait été le bijoutier de Nice, peut-être le tueur serait-il mort, mais ce n’était pas le cas.

Trois pistes principales sont privilégiées par les enquêteurs : la piste djihadiste, celle du déséquilibré, enfin la piste euro-antisémite.

Le philosophe-dandy Daniel Salvatore Schiffer prétend que nous sommes tous juifs et écrit dans la Libre Belgique : « c’est l’abomination absolue plus encore que l’impardonnable faute, à l’instar d’un autre criminel de tout aussi funeste mémoire : Mohammed Merah, ce terroriste, fou d’Allah à ses heures perdues, qui se rendit lui aussi coupable, le 19 mars 2012, de l’une des pires tueries, dans une école juive de Toulouse, que la France puisse malheureusement dénombrer en ce catastrophique début de XXIe siècle ! »

Mais il faut être clair, nous ne sommes pas tous juifs et l’antisémitisme, comme l’avait prévu Jean-Claude Milner est de retour en Europe et pas seulement chez les néo-nazis ou les djihadistes. Tuer des juifs est de nouveau conçu comme une libération, en tout cas, le premier pas vers le renversement de l’ordre du monde.

Or certains appuient sur la gâchette, d’autres approuvent en silence. Quant aux autorités européennes, elles installent un climat. Hier ce climat était électoral. Il faisait silence sur la tuerie de Bruxelles. Dans l’atmosphère de défection des peuples européens, l’abstention touche 4 électeurs sur 6, en moyenne, voire 4 sur 5 en Pologne et 9 sur 10 en Slovaquie et il devrait être reconnu que le peuple est devenu plèbe. Il ne veut rien toucher du pouvoir et de ses dispositifs, il s’en tient pour quitte et veut bien obéir pour quelques jouissances et extases faciles. Comme au football, il change d’équipe quand l’ennui guette. Comme dans l’industrie pornographique, il poursuit le registre gonzo ou la nouveauté. Il faut que la marchandise circule, point final. Donnons-lui une tête. Depuis que les néo-fascistes de la Ligue du Nord ont gouverné, on sait bien qu’ils ne toucheront pas aux meubles, ils péteront juste dans la soie, alors laissons-les péter semblent dire les maîtres du ballet.

Dès lors, l’antisémitisme est un combustible qui pourrait bien lester un tel vide.

Peut-être le tueur a-t-il voulu fêter à sa manière la percée électorale des rexistes le 24 mai 1936 ? Toujours est-il que l’antisémitisme n’est pas l’apanage des tueurs-fous. Monsieur Toutblanc donne l’accolade à Mahmoud Abbas, les chefs de mission diplomatique de l’UE à Jérusalem accusent le gouvernement israélien, et lui seul, de multiplier « les obstacles à la paix et à une solution négociée à deux Etats » et de saper « systématiquement la présence palestinienne à Jérusalem, le caractère universel de la ville et son potentiel comme future capitale de deux Etats », John Kerry cause d’apartheid avant de se rétracter. On commence à poser l’existence d’Israël non comme un fait garanti par le droit international et le concert des nations mais comme un problème exactement comme on défend le droit des jeunes français à mener le djihad en Syrie puis de revenir à la maison pour la poursuite des études.

Une même aberration est à l’œuvre et cette aberration empêche toute décision dès lors que les proclamations enflammées et répétées d’antiracisme peuvent si bien se retourner en ordres de mises à mort exécutés par quelques « déséquilibrés » qui trouvent de quoi justifier métaphysiquement leurs actes.

Rue 89/ La libre Belgique / La dernière heure/BAM

Au début de l’année, l’ex-ministre Dominique Bertinotti, chargée de la famille dans le gouvernement Ayrault, entendait encore dessiner « une politique familiale de gauche ». Les sujets jugés les plus clivants, à commencer par ceux qui peuvent concerner les familles homoparentales (1% des familles), ont été mis de côté. Des questions sociétales aussi diverses que l’usage massif mais libéré des drogues, le délit d’’islamophobie ou le droit de vote des seuls étrangers restent hors des radars. Lors de sa conférence de presse du 14 janvier 2014, François Hollande n’a cité qu’une seule réforme de société : une révision, modeste, de la loi Léonetti sur le recours à l’euthanasie. Elle ne sera adoptée qu’en cas de « consensus » sur la mise à mort techno-familiale des résidus humains.

Le contenu de la nouvelle loi sur la néo-famille : scission en chaîne de l’autorité parentale conjointe, encouragement à recourir à la médiation para-étatique en cas de conflit, double déterritorialisation des enfants chez les deux parents après une séparation, création d’un« mandat d’éducation quotidienne » pour sécuriser en partie le statut du beau-parent, etc. Elle provoque de franches oppositions. De la part d’associations masculinistes, qui jugent les droits des pères insuffisamment reconnus. De féministes ou du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, inquiets de ce qu’une nouvelle obligation de demander l’autorisation de l’ancien conjoint en cas de déménagement ne fasse l’impasse sur les violences faites aux femmes car le rapport entre le déménagement et les violences est établi scientifiquement par le Haut Comité pour l’abolition de toutes les violences masculines.

Fin 2013, l’ancienne ministre de la famille Dominique Bertinotti avait commandé quatre rapports. Celui de la sociologue Irène Théry, longtemps resté au placard, proposait d’étendre la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de femmes, de permettre aux milliers enfants nés grâce à l’insémination artificielle ou sous X d’avoir accès à leurs origines gaméto-humaines, de donner un vrai statut aux compagnes lesbiennes des mères d’enfants nés de PMA ou encore un état civil aux enfants nés de la location d’utérus de mères porteuses à l’étranger et si possible en Inde où le low cost sécurisé est important. Mais La nouvelle secrétaire d’État à la famille, Laurence Rossignol, a estimé que « le droit des familles est colonisé par la PMA » et éventuellement par les associations petites et grandes bourgeoises homosexuelles. Elle a rejeté un amendement écolo-progressiste qui proposait d’éviter un refus d’adoption d’enfant né à l’étranger d’une PMA pour « fraude »comme vient de le juger en première instance un tribunal de Versailles. En clair, mardi 29 avril, le tribunal de grande instance (TGI) de Versailles a refusé l’adoption d’un enfant par la femme de sa mère biologique parce qu’il avait été conçu en Belgique par le biais d’une PMA (procréation médicalement assistée). Mécontentes de cet acte qui les classe parmi les sujets astreints à la loi commune, des militantes féministes radicales ont récemment “zappé” la nouvelle secrétaire d’État en l’aspergeant de faux sperme. Elles menacent de passer à des jets en continu de vrai sperme si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Des militants radicaux homosexuels ont d’ores et déjà commencé à fournir la matière première.

Depuis la débâcle aux municipales, le duo Hollande-Valls estime que la seule priorité doit être la destruction de ce qui reste de classe ouvrière et de petite-bourgeoisie dans ce pays, le reste étant inaudible tant qu’il n’y aura pas de résultats tangibles sur le front de l’asservissement de masse au marché mondial. Ils plaident pour une politique-vaseline-de droite progressiste mieux expliquée, mieux mise en scène, ce qui exclut les débats pouvant “brouiller” le message essentiel : sacrifiez-vous à la loi d’airain. Des préoccupations qui font écho à celles d’une partie des édiles socialistes, persuadés qu’arriver aux municipales avec pour seul bilan de deux ans de gauche au pouvoir le mariage pour les couples de même sexe les a desservis. « Le mariage pour tous nous a coûté des prébendes »avait lâché Patrick Mennucci, défait avec fracas à Marseille, au lendemain de son échec.

L’ancienne ministre, qui se verrait bien au poste de Défenseur des droits, vacant depuis la mort de l’ancien partouzeur toulousain Dominique Baudis, se garde de toute critique vis-à-vis de l’exécutif. Mais elle affirme aussi « n’avoir pas à rougir de (s)on bilan », dit « ne pas tolérer la non-reconnaissance du travail de destruction accompli, et sa cohérence ».

« Il y a une vraie crainte du pouvoir, pas illégitime, de voir la France se fracturer encore davantage avec des questions de société, admet le député PS Bernard Roman. Mais en même temps, un certain nombre de ces sujets sont identitaires à gauche. Nous ne pouvons pas laisser les thèses du renfermement l’emporter. » « Il y a des étrangers dans les comités d’entreprises, dans les conseils de résidents, et personne ne trouve rien à y redire… Le droit de vote permettra enfin à des millions de gens de trouver leur place dans la société française, parce que leurs parents auront enfin leur place », défend Bernard Roman alors que plus personne n’a de place assurée nulle part car être sans patrie est notre destin à tous.

Erwann Binet, socialiste illettré, a « lancé une réflexion sur l’islamophobie. Il va falloir s’occuper du racisme quotidien pour appartenance à une religion… Et neuf fois sur dix, cela concerne la religion musulmane. Il est peut-être temps de retirer le voile pudique jeté sur ces violences incroyables, en pénalisant davantage les discriminations clairement motivées par l’appartenance à une religion », plaide Binet l’éclairé, qui cite l’exemple d’une femme voilée interdite d’entrer dans un bowling de sa circonscription. Le groupe socialiste a par ailleurs lancé, en toute discrétion, un groupe de travail sur le changement d’état civil des personnes transgenres, qui reste un véritable casse-tête juridique. « La France a un retard énorme sur ce sujet et sur celui des femmes voilées au bowling et en danse contemporaine», estime Erwann Binet. Au Sénat, l’écologiste juive anti-sioniste Esther Benbassa planche elle aussi sur un texte qui pourrait aussi concerner les palestiniens car tout se tient et Tout est dans Tout. Au Sénat, Michèle Meunier, de son côté, prépare un rapport sur « la protection de l’enfance » qui pourrait préfigurer une réforme de l’adoption, hypothétique deuxième étage d’une loi swiftienne de lutte contre le chômage.

Mediapart/BAM

Publié par : Memento Mouloud | mai 20, 2014

La décapitation (à travers le temps) en 25 clichés

 

Je levai la tête. Le large était barré par un banc de nuages noirs, et le tranquille chemin d’eau qui mène aux derniers confins de la terre coulait sombre sous un ciel couvert-semblait mener au cœur d’immenses ténèbres

 

 

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Une voix, il n’était guère autre chose qu’une Voix

 

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Société internationale pour la suppression des coutumes sauvages

 

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Qu’on extermine toutes ces brutes

 

 

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Ténèbres arides de son cœur

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Le murmure de la sauvagerie avait eu en lui un écho bruyant parce qu’il était creux au centre

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La Chose, thing ou Ding

 

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Et ceci aussi a été un des lieux ténébreux de la Terre

 

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Des indications finissant en profonds soupirs

 

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L’Absolu depuis toujours veut être auprès de nous

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La vérité du commencement est dans la séparation

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L’origine est une décision

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Dieu est la plus haute séparation, il exclut toute union

 

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Le lieu où les hommes se tiennent en rapport avec ce qui exclut tout rapport

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Il y a dans l’esprit un abîme insurmontable

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La puissance de la Nature et le tréfonds de l’Homme deviennent Un dans la fureur

 

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Dieu est présent dans la figure de la mort

 

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Le Père a détourné des hommes son visage

 

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Les douleurs sont indicibles

 

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La mort aussi est une vie

 

 

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Au fond tous les noms de l’Histoire c’est Lui

 

 

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Seul un Dieu peut nous sauver

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Chante déesse la colère des hommes

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La vie porte la mort et se maintient dans la mort même qui est la vie de l’esprit

 

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Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2014

Socialisme franco-tropical et corruption : le cas antillais

C’est  un système vieux de quinze ans qui est en train de vaciller. Son effondrement menace d’emporter des universitaires, des responsables politiques locaux et n’épargnera pas l’État qui a choisi de fermer pudiquement les yeux durant toutes ces années. À l’université des Antilles et de la Guyane s’est développé un impressionnant système de détournement de fonds sans que, jusqu’à ces derniers mois, personne trouve rien à redire. À tous les niveaux ou presque, les autorités concernées ont failli. Aujourd’hui, après plus d’une décennie où les alertes n’ont pourtant pas manqué, le système semble se lézarder.

Depuis quelques années, un laboratoire de l’université, le Ceregmia (centre d’études et de recherche en économie, gestion et informatique appliquée), créé en 1986 et rattaché à l’UFR de sciences juridique et économique de la Martinique, s’est mis à solliciter avec succès des financements européens.

À partir de 2009, neuf conventions sont passées par ce laboratoire avec le fonds européen de développement régional (FEDER). Cinq dépassent les 1,5 million d’euros. Les effectifs du Ceregmia, dirigé depuis l’origine par l’économiste Fred Célimène, ont triplé depuis cette date et ses recettes ont explosé passant de 182 684 euros en 2007 à 3,2 millions d’euros en 2010. Un dynamisme remarquable pour un labo dont le budget dépend aujourd’hui à 85 % de fonds européens.

Pour un programme dévolu à la mutualisation administrative et pédagogique dans la Caraïbe, le laboratoire présente de faramineuses dépenses d’électricité (plusieurs milliers d’euros), de climatisation (plusieurs fois plus de 4 000 euros rien que pour l’année 2011), une facture de 19 026 euros « d’accessoires et pièces automobiles » en date du 31 octobre 2011, une autre d’« implémentation éolienne », de 4 068 euros en novembre 2011, d’« abattage d’arbres », etc. Ernst & Young, dans son rapport, avait aussi relevé une facture de plus de 30 000 euros d’« équipement audiovisuel » jugée par le cabinet à 98 % inéligible. Et que dire de la facture de 651 euros pour « achats divers » au magasin « Nice looking » ?

Dans le même ordre d’idées, existe un contrat de 82 000 euros, conclu par le laboratoire en octobre 2009, toujours sans appel d’offres et avec une société de conseil, Pro service, dont la gérante et unique salariée est une doctorante de Fred Célimène. Le montant du contrat, dont l’objet est d’assurer « les relations internationales de l’Euro institut caribéen », s’accompagne de factures s’élevant au total à 165 000 euros.

Le plus sidérant dans ce dossier est sans doute que ce système aurait pu perdurer si la nouvelle présidente, alors doyenne de la faculté des lettres, Corinne Mencé Caster, élue en janvier 2013 sur le fil et presque par surprise, n’avait décidé de se mêler, contrairement à ses prédécesseurs, des finances de l’université. Après s’être étonnée de l’étrange fonctionnement du Ceregmia – qui la court-circuitait systématiquement auprès des pouvoirs publics – et des nombreuses irrégularités comptables autour de ce laboratoire, elle décide de ne pas renouveler dans leurs fonctions le directeur général des services (DGS) et l’agent comptable. « Je me suis aperçue qu’ils transgressaient systématiquement mes consignes », raconte-t-elle.

Dans un mail en date du 22 octobre 2013, adressé à un agent comptable et envoyé en copie à la présidente, Fred Célimène, qui s’irrite qu’on lui demande des précisions sur certaines de ses opérations,  assène : « Je sais bien que votre chef a des consignes. Sauf qu’elle doit savoir que j’en suis à mon 12e agent comptable et qu’ils sont tous partis en mauvais état… Bien cordialement ! » Un courrier pour le moins inquiétant alors qu’au sein de l’université personne n’a oublié le suicide d’un agent comptable en 2001, au moment où un premier rapport de la Cour des comptes avait déjà commencé à pointer du doigt les dérives du laboratoire.

Quel rôle a joué dans ce dossier le député du Parti progressiste martiniquais (il siège au groupe socialiste à l’Assemblée) et président de la région Martinique, Serge Letchimy ? Quand la région Guadeloupe, autorité de gestion pour les projets du programme « Interreg IV », décide de déprogrammer trois conventions passées avec le FEDER, en mars 2011, constatant d’importantes irrégularités, Serge Letchimy mène un intense lobbying auprès de Victorin Lurel, alors président socialiste du conseil régional de Guadeloupe pour que les projets soient reprogrammés. Ce qui sera fait.

Au niveau de l’État, comment ne pas s’interroger également sur les raisons pour lesquelles les multiples signaux d’alarmes, de la Cour des comptes, de l’inspection générale, sont restés si longtemps sans réponse. Le rapport de la Cour des comptes de 2006, qui pointait « des situations appelant des sanctions, sinon de sévères correctifs », est resté lettre morte. Après le rapport au vitriol de janvier 2013, le préfet de la région Martinique, qui représente l’État, va mettre un an avant de déclencher une procédure de contrôle sur trois conventions FEDER. Le ministère missionne l’IGAENR, là encore un an après… Un empressement tout relatif qui a sans doute laissé le temps à certaines pièces de disparaître.

En 1998, la présidente de l’UAG de l’époque, Jacqueline Abaul, s’alarme des dysfonctionnements dans la gestion de son établissement et lance un processus interne de clarification des comptes. Elle remet également un rapport « en mains propres » à Christian Forestier qui vient d’être nommé directeur de cabinet de Jack Lang pour lui signaler ses doutes autour du fonctionnement du Ceregmia. La seule suite concrète donnée à ce rapport par Christian Forestier, qui n’en a « aucun souvenir », est qu’il nomme Mme Abaul rectrice à Caen en 2001. « Le départ précipité de la présidente Abaul a eu pour conséquence d’interrompre le processus qui était engagé (…) Dès lors la situation du Ceregmia a évolué dans des conditions qui sont loin d’être satisfaisantes », note sèchement la Cour des comptes dans son rapport de 2006.

Mediapart

Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2014

Noir nightmare (1) : un faux-récit à quatre sous

1

Tout le monde a voulu atteindre l’exactitude des lieux communs qui sont aussi des lieux d’aisance. Quand on lit sur un mur La TVA peut aller se faire cuire un œuf, on est dans le registre passé des maximes de pompes funèbres, pas celle de Genet où les SS ont toujours le chibre en érection pendant que les miliciens se font enculer avec plaisir mais la marque déposée de la maison Roblot, synonyme de respect et de tradition. Le Temps ne s’écrit pas mais l’oubli a ses cénotaphes, tous les livres sont adeptes de ce rendez-vous superflu avec le presque-rien.

9 (2)

« Les Londoniens jouent le corner à deux sur le côté gauche. Le centre qui suit est dévié par Yaya Sanogo. Jake Livermore écarte avec les mains dans sa surface. Monsieur Lee Probert et ses assistants laissent jouer »

L’Equipe.fr

« J’ignore jusqu’à présent je l’avoue, en quoi les esprits expriment mieux la nature de Dieu que les autres créatures »

Baruch Spinoza

« Au costume social s’oppose terme à terme le costume de l’homme sauvage, de la même manière qu’au costume théâtral s’oppose terme à terme le masque du démon »

Quelqu’un

« Du point de vue de l’humain c’est quelqu’un de bien, d’ailleurs il aime les gens »

Un autre

Il était une fois aujourd’hui…

Les experts

barrès

On ne peut pas reconnaître un expert. D’ailleurs un expert ne porte pas des vêtements spéciaux, il s’habille chez Zara voire Celio où les pulls en cachemire ne sont pas chers bien que mal coupés. A l’exception des experts en chef comme Aquilino Morelle et ses chaussures en cuir à lacets sur mesure ainsi que son cireur attitré, il est impossible de décrire le ou les détails qui indiquent la présence d’un expert. L’expertise est cette forme de pouvoir à la fois modeste et invisible, le pouvoir suprême puisque tout le monde, soit n’importe qui, peut être l’expert d’un autre. Clap your hands dit la formule spectaculaire mais il est toujours interdit de nourrir les pigeons sous peine de poursuite. Quand j’étais jeune, j’avais des semelles orthopédiques. C’était une sorte d’expert qui avait convaincu mes parents de les acheter. Quand je faisais du sport, il fallait que je les enlève de mes chaussures pour les enfiler dans mes baskets. C’était une opération compliquée et discrète. Elle a duré des années, c’était une fracture du cuboïde qui l’avait déclenchée. Le cuboïde est un os de forme relativement cubique comme son nom l’indique, situé à peu près au milieu du pied sur son bord externe et coincé entre le calcanéus en arrière, les 4e et 5e métatarsiens en avant et le cunéiforme latéral et l’os naviculaire en dedans. Le cuboïde est un élément un peu à part, clé de voute latérale du pied, il est à la jonction entre avant et arrière pied et sert d’ancrage et de poulie de réflexion aux fibulaires, muscles latéraux de la jambe qui assurent la stabilité latérale dynamique du pied. Le rôle de ces muscles notamment dans le contrôle de la supination et le maintien de la voute plantaire est primordial. Sa fracture est rare et résulte le plus souvent d’un enfoncement lors d’une éversion forcée du pied (c’est-à-dire le bout du pied vers l’extérieur, pied fléchi sur la jambe). Néanmoins cela n’empêche pas de dénicher des célibataires africaines à Paris et même de les payer d’après Afrointroductions un site de rencontres spécialisé dans la femme africaine mais pas dans l’homme africain ni le transgenre ou le transsexuel africains. Pour en revenir aux semelles orthopédiques, on peut désormais en trouver d’occasion sur Amazon au prix de 12,13 euros, aussi tu dois l’acheter car tu le peux avec ou sans CMU. Orthoworld ne connaît pas de limites à  la fabrication et à la livraison de semelles orthopédiques dans le monde entier. Il suffit d’un container EVP pour alimenter à partir de Rotterdam toute l’Europe, n’est-ce pas magnifique ?

Regarder l’avenir avec confiance, c’est ainsi que les semelles orthopédiques et l’expert se fondent dans une même prothèse et le vigile les accompagne, c’est le troisième personnage le vigile car le vigile est aussi l’avenir du genre humain, une de ses figures. Discret dans les allées d’un Monoprix parisien, toujours bronzé ou noir en banlieue, fagoté dans un costard impersonnel ou assis à l’entrée-sortie d’un parking, le vigile est le terminal d’un écran ou le sas d’un réseau de vidéo-surveillance, c’est sans aucun doute le type humain le plus filmé du monde. On le distingue facilement du policier qui ne se distingue plus du quidam puisqu’il n’y a plus de séparation entre police sans ou avec uniformes. Le policier est un citoyen comme les autres avec un grade. Fini les inspecteurs, le policier est devenu quelque chose comme un lieutenant de l’expert sur terre et le vigile forme la piétaille d’une troupe dont le nombre est immense, une véritable armée débordant du lit du fleuve d’où les cigarettes sont bannies. C’est pas l’euro qui fait augmenter le prix de ta baguette mais la pression démographique mondiale disait le policier à un autre policier et puis il lui montrait sur son smartphone le cours du blé à la Bourse de Chicago.

Il existe un point d’indistinction où se rejoignent les analphabètes monétaires, une zone grise dans laquelle policiers et citoyens, pervers et délinquants, experts et vigiles échangent leur rôle, peut-être parce que ces rôles sont exténués, qu’ils s’usent. Le grand Autre n’existe pas, seule la décharge s’impose. Comme dans les coulisses d’un théâtre quand la benne passe, on vient ramasser les vieux habits fripés, les techniciens intermittents volent des amplis, des spots, des tableaux électroniques, des portables déclarés volés ou perdus et les acteurs sont obsédés par leurs 43 cachets, rien ne compte, sinon le prochain spectacle dit vivant qui n’est que la trace vidéofilmée d’un astre qui s’éteint. Quand le CRS frappe de sa matraque, quand le flic en civil alpague un casseur qui vient de défoncer une vitrine, quand les sonneries d’alarme ponctuent le fracas des tirs de grenades lacrymogène lancées en tirs tendus pour arracher les mains et éborgner, quand dans un commissariat égyptien deux dizaines de lycéens et lycéennes ont droit à une fouille rectale en 5 minutes top chrono, le spectacle n’a plus de témoins. Je me souviens qu’il m’avait dit, j’ai vu ce clodo entrer dans le fourgon intact, je l’ai vu sortir, ensanglanté. Le clodo gueulait, devant le journaleux goguenard qu’on l’avait tabassé et puis on passait à l’image suivante, le chef du gouvernement, déjà oublié, à la parole insignifiante. Rien que du toc, spectacle mort-né. Qui a vu les encapuchonnés sait d’avance qu’ils sont indiscernables, c’est pour exister qu’ils crient Allah Akhbar, c’est pour se sentir dans le compte pour Un, inclus dans le Très-Haut qui, s’il existait, laisserait perler une golden shower dorée et crémeuse.

C’est le jour, n’importe quel jour. Le policier est assis en face de Marcel, un vieux pépé. Il y a deux ans, le policier a du découper une moquette au cutter parce que le corps du type décédé avait adhéré à la surface. On ne pouvait plus les séparer lui et sa moquette Leroy-Merlin, vieux modèle. C’était un petit pavillon comme il y en a en banlieue. Etroit, mal foutu avec un escalier en colimaçon. Le type, un vieux portugais, n’avait plus de famille, encore un pédaleux secret. Sur la télévision, des post-it frappés d’un même sigle, Fuck la police. Sur les étagères Mein Kampf en castillan, des vieux numéros de Minute et des trucs pornos mais lusitanos avec des travelos brésiliens et des shemales aux grosses lèvres siliconées ; dans les tiroirs, des shorts de footballeurs et plein de shorts satinés de boxeurs comme on en trouve des tonnes en Thaïlande. Faudrait demander à Fredo le Momo, le très regretté ministre de l’Inculture. On avait dû le flinguer le vieux portugais parce qu’il y avait tout de même quelques indices de lutte. Et puis tout fut classé, on a regardé le portable du type qui adhérait à sa moquette, on a repéré quelques noms, on a appelé. Les héritiers étaient deux. Des nièces de Coimbra. Le vieux avait un petit magot en banque, quelques biens, il avait fini par crever seul sur sa moquette, aidé ou pas. Un autre l’avait tué mais continuerait sa vie, tout se classe, tout passe. Le policier avait rejoint les mœurs et là, il y avait un pépé, le pépé Marcel.

-          Pourquoi vous l’avez obligé à vous sucer ?

-          Pas vraiment

-          Ah, bon, vous voulez que je lise votre première déposition

-          Non, c’est pas la peine mais je lui ai pas demandé d’avaler tout de même

-          Tout de même

-          Et puis vaut tout de même mieux qu’il apprenne en famille

-          Qu’est-ce que vous voulez dire ?

-          Ben, avec moi il craignait pas grand-chose

Le pépé parlait de son petit-fils de 5 ans, le petit-fils qu’il gardait chaque samedi-soir dans son HLM perdu en lisière d’échangeur. Marcel ne sentait pas bon. Sa femme, Roselyne puait plus encore. A eux deux leur QI devait atteindre les 50. Des morons selon le langage eugéniste du docteur Goddard. Le policier avait atteint une limite quand le vieux Marcel lui avait dit en souriant et comme pour l’inclure dans son  univers, Io mi voglio divertir.

Interior…Cabin sitting room

This is the sitting room of MARK, in evening dress, his tie loose, is fixing himself a drink. He talks, adressing his remarks through the partially open bedroom door

MARK

We’re really a couple of mother-fuckers, old girl…first night out dress up like a sucker and…

(there is no answer from the bedroom)

Shall, you suck my dick, before or after the drink ?

(still no answer. He goes to the door, and although it is half-open)

Booze ?

(looks in. MARNIE is not there. He moves in and tapscon bathroom door)

I said would you like to suck my dick and have a drink

MARNIE (her voice scarcely audible behind the door)

No, thank you

Combien de récits reçus, combien de récits tus et de coups de fils anonymes, combien de voix perchées et d’autres cassantes, combien de voix faut-il pour que la ville soit la cacophonie intime d’un collecteur ne trouvant pas la mer. Ils ont beau multiplié les selfies, ils ne savent même plus écouter. On demande aux flics ce qui ne se demande même plus aux psychiatres, écouter la souffrance et ne pas la tenir pour négligeable, même si la souffrance mort avec une mâchoire de zèbre celui qui vient la secourir l’espace d’un appel et d’une patrouille. Comment s’appelait-il déjà, celui qui avait jeté ses deux petites filles du 18ème étage ?  Supprimer en sa chair la haine qui peut le faire. La ville ne dort jamais et le tireur n’est plus en position. C’est Nada chaque nuit mais aucun ambassadeur ne sera levé dans un bordel. Quand des terroristes se mettent en train, ils tuent des enfants, des militaires désarmés ou des épiciers juifs, ils veulent bien mourir mais pas avant d’avoir vidé leurs premières balles sur un corps quelconque. Le christianisme est un exil permanent dans le monde, il ne sera pas possible ni même souhaitable de supprimer en sa chair, la haine puisqu’elle n’en finit jamais avec son œuvre.

Allo…Je suis seul…Ils sont partis…Non, c’est trop tard…Non c’est trop tard

Pourquoi ils ne nous ont pas laissés seuls, avant…Pourquoi ils ne nous ont pas laissé nous battre seuls pour nous en sortir…Je sais que nous aurions perdu, mais cela m’aurait été égal…Même si ça m’avait conduit en…Tu vois, nous aurions encore notre amour…C’est tout ce que nous avons jamais eu.

Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2014

Micro-fictions micro-fascistes (4) : une guerre

Il ne cessait de compter, une litanie, comme une manière de conjurer. Il traçait un pentagramme d’énergie, un mantra de formules équivoques. 318 mille personnes sont, chaque année, victimes de violences sexuelles en France. Douze pour cent des françaises ont été violées. Et seulement 2 % des violeurs sont condamnés. Et encore les plaintes, c’est à peine 10  % des faits, aussi chaque année ont lieu près de 2 millions de tentatives de viols, 2 mille par jour, concernant 750 mille femmes, touchant 160 % des donzelles hexagonales durant leur existence tandis que 0,2 % des violeurs basanés sont écroués. Toutes les femmes y passent, toutes sont souillées, toutes ont l’utérus dérangé par la biroute afro-maghrébine, c’est une évidence.

Par le viol, la guerre est déclarée.

Il faudrait castrer socialement et chimiquement le violeur, il faudrait lui couper les couilles du moins les neutraliser, oui neutraliser sa fabrique et ses hormones, le réduire au silence et à l’enculage généralisé où enfin les singes se mettront dans le fion entre eux et cesseront de se reproduire comme des lapins. Il faut les châtrer, tous les châtrer puisqu’on ne peut pas couler le bateau de retour ou affréter le supertanker de la mort avec bombardement autorisé.

Guerre contre les femmes et guerre contre les biens, c’est à la propriété que les afro-maghrébins s’attaquent parce qu’ils veulent déproprier les franchouilles, les réduire à la misère symbolique d’un peuple d’étranger sur ses propres terres. Chaque jour en France, l’Etat recense près de 18 mille atteintes aux biens, 3900 atteintes à l’intégrité physique, 3000 escroqueries économiques et infractions financières, 1410 véhicules détruits ou dégradés, 990 violences physiques crapuleuses, 300 incendies volontaires de biens privés.C’est l’iceberg sur lequel la France-Titanic vient couler avec constance et acharnement parce que l’équipage n’a plus ni mains, ni couilles mais des principes humanitaires ; ça fait mal au cul mais c’est comme ça, la France est un pays de cocus conduits avec un mors fiscal dans les dents par des crapules angéliques.

Ces deux factions ont décidé de ruiner les français, littéralement de les saigner. Diafoirus et la cour des miracles tiers-mondistes se donnent la main, c’est le camp de Mandrin mais épaulé par l’Intendant. Chaque année, la délinquance et la criminalité coûtent aux franchouilles 115 milliards d’euros, hors délits routiers. Dont 29 milliards d’infractions diverses, 22 milliards de fraude fiscale, 14 milliards de fraude informatique, 6,6 milliards pour les blessures volontaires, 5,3 milliards pour la drogue, 800 millions de fraudes aux prestations sociales. Les voitures incendiées coûtent à elles seules 1,5 milliards, combien les déchets et la merde épandus comme sur une terre gaste ? Qui a vécu au milieu des afro-maghrébins d’importation sait bien que le bruit et l’odeur ne sont rien parce que ces gens n’ont strictement aucune limite instituée ni monde commun avec ceux qu’ils envahissent et qu’ils traient. Les français sont les pucerons d’une colonie de fourmis agressives dont les reines pondeuses ont pour demeure les mosquées.

Le risque qu’une femme française soit violée par un afro-maghrébin en guerre et en rut est dix fois plus important que celui de mourir sur une route secondaire ou sur le périph à 70 km/h mais c’est le premier qui sera largement impuni donc toléré et le second qui sera sanctionné chaque week-end et chaque jour où la pluie ne tombe pas car le gendarme craint l’Humidité tout autant que les quartiers, les violeurs et les dealers.

La mission de protection s’est transformée en acte d’abandon, les français devraient finir comme les pieds-noirs d’Algérie sauf qu’il n’y aura pas de métropole. C’est le terminus ad quem du processus, les plus lucides ont déjà préparé les valises et n’attendront pas le cercueil.

Le quotidien est une série qui compose un tableau de guerre aux civils désarmés par une armée d’écorcheurs, atteinte à l’intégrité physique d’un vieux français par un jeune afro-maghrébin ; rixe entre bandes mais sans final au kalashnikov ; viol avec violences sur une jeune française par un maghrébin récidiviste  ; actes de torture et de barbarie avec bouteille, merde et bougie ; actes de torture et barbarie d’afro-maghrébins sur une handicapée blanche ; un incident avec des afro-maghrébins qui prend des proportions dramatiques soit sept blessés dont un grave ; un différend familial qui s’achève sur un adolescent traité au 4×4 pour lui apprendre à vivre  ; une fugue qui tourne mal pour Julie, recueillie par 3 kurdes qui la violeront quatre jours durant  ; une famille de violeurs-tourneurs pédophiles connue pour ses comportements limites  ; proxénétisme aggravé par des punitions qui consistent à clouer les mains des filles récalcitrantes dès lors qu’il s’agit de tapiner 15 heures par jour dans les sous-bois ; un violeur africain qui connaît bien le fonctionnement de la justice ; un enfant au sexe tranché par ses parents africains ; un maghrébin qui décapite son voisin français, etc.

340 bandes sur le territoire, 340 compagnies qui trouvent des correspondants en cols blancs pour écouler leurs larcins et fournir les lessiveuses et les gouvernements successifs promettent d’en finir avec la délinquance, on en rigole encore parmi les auteurs d’actes de torture et de barbarie pourvus d’amis, de sympathies et d’avocats.

Il faut donc apprendre le geste qui sauve. Non pas mettre sa ceinture mais apprendre à frapper et tuer. L’autodéfense n’est plus une option c’est une nécessité.

Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2014

Petite histoire des droitards depuis 1945 (1)

Si on définit la droite dite nationale (que je nommerai droite nationale pour simplifier mais assignation que je tiens pour un écran de fumée) par son amour exclusif de la patrie épuratrice, la quête d’un pouvoir illimité dans son domaine géographique d’exercice et le désir d’une hiérarchie ethno-sociale, on voit bien ce qui la différencie du bonapartisme depuis que le général de Gaulle puis Pompidou en ont proposé une nouvelle synthèse. En effet, le bonapartisme propose une patrie inclusive, un pouvoir administratif et entrepreneurial au service de la puissance continuée du pays, enfin le maintien des libertés formelles dans les limites de la raison d’Etat.

Si on définit la droite nationale par le fascisme, on voit tout de suite que le fascisme hexagonal fut atone, groupusculaire mais qu’il finit par réaliser, avec l’aide du régime de Vichy et des occupants nazis, ce qu’il visait : la destruction du régime tertio-républicain. Cependant, les fascistes n’avaient pas prévu qu’ils n’auraient plus de voix et que leur idiome ne servait plus de rien dès lors qu’ils avaient été vaincus et que les élites sociales s’étaient mis d’accord sur un programme commun de gouvernement : la modernisation capitaliste de la France et son entrée dans l’Europe. La phalange progressiste leur servit, non pas d’idiot utile mais de contrefort idéologique. C’est ainsi que fascistes et vichyssois passèrent inaperçus.

Car il n’est pas de définition satisfaisante de la droite nationale. Celle-ci n’est ni un extrême, ni une substance, c’est une force contre-révolutionnaire, un bastion de guerre civile qui sert à d’autres de réservoir et d’allié. Son ennemie de naissance, la modernité, la tient dans une hostilité rageuse face à la théorie formaliste et aux savoirs, à la politique minimale des droits de l’homme et à celle, maximale, de la Révolution. Chez les partisans de la droite nationale tout est déjà su et la modernité est un complot ou une trahison éternelle dont il s’agit de démasquer les coupables et les agents afin de restituer l’intégrité du monde et de la Nature dont les qualités chatoyantes sont tout le plaisir de l’Univers illimité et silencieux qui effrayait tant Pascal. Le droitard exsangue ne croit pas à la politique mais à l’épuration et à la mise à mort car toujours un corps obscur l’empêche de jouir du monde, un corps qu’il faut retrancher. Il se met en scène comme dernier homme, il est à la fois le peu de l’élite et le nombreux de la Race, la tête bien faite et le sperme autrefois fécond car même femme, le droitard est un mâle épuisé plus qu’un homme fringuant, il transmet et soutient l’héritage de ses pulsions stériles. Dans son délire ultime, il n’en finit jamais de se faire sauter le caisson, passant rarement à l’acte. Thanatos est son emblème.

De là que la droite nationale réunit l’orgueilleux un peu con, l’hystérique épuisant, le forcené et le mélancolique parfois fiotard.

La droite nationale n’était pas morte en 1945, mais son idiome ne passait plus. Coincé entre le marteau du progressisme et l’enclume de la Théorie, l’Institution littéraire gidéo-maurrassienne, même rejointe par le cabaret Céline avait pris un coup de vieux. L’Internationale des vaincus éparpillée entre le cône sud-américain, la péninsule ibérique et les alentours du lac Léman attendait sa vengeance comme Morand attendrait son chapeau d’académicien et Abellio sa fonction de gourou. Ces gens n’avaient pas renoncé à refaire la substance-homme et le monde en carton-pâte qui lui sert de décor. Les Documents nationaux, les écrits de Paris, Paroles Françaises, la Table Ronde ou Rivarol, bientôt les hussards avaient franchi le limes de la pseudo-dictature résistancialiste. On avait épuré mais de moins en moins sévèrement. On avait fulminé des dizaines de milliers d’indignes républicains mais en 1951 et 1953, on allait amnistier et les putschistes du lot avaient un petit plan Bleu de derrière les fagots à placer sous le derrière d’Edouard Depreux, alors ministre socialiste de l’Intérieur. C’était une sorte de métaphore du coussin péteur : droite nationale not dead.

Depuis 1984, on cause de résurgence de la droite nationale mais personne n’observe que Jean-Marie le Pen n’est ni un général, à la façon de Boulanger ou de Castelnau voire de Pétain, ni un intellectuel, tels que Barrès ou Maurras, encore moins un ancien progressiste ou démo-chrétien passé sur l’autre rive, à la manière de Doriot, Georges Bidault ou Jules Monnerot. Pour la première fois la droite dite nationale s’invente une légitimité dynastique et l’ancre dans la durée, preuve que certains français n’ont pas renoncé au joujou, non pas patriotique, mais royal. Aussi bouffon soient-ils, les Le Pen sont la dynastie que se sont choisis ceux qui votent pour eux et ceux qui les exècrent.

Ils sont le centre de la vie parlementaire parce que la France est un trou d’air et qu’elle est livrée aux exercices du rassemblement à tout prix, autour du sang, de la race ou des valeurs, d’un côté, des notables, de l’autre. Les premiers ne savent pas bien ce qu’ils sont et ce qu’ils désirent, les seconds hésitent entre le grand large atlantique et le statu-quo pseudo-gaullien, ce que Mitterrand avait appelé le ni-ni. C’est autour de cette opposition spectrale que prospère le Front National.

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