Publié par : Memento Mouloud | août 17, 2015

Envoi n°2

Le monde des hommes se divise en deux : ceux qui bandent et ceux qui souffrent de leur prostate

Une restauratrice française de Tianjin explique que les chinois sont solidaires et qu’ils font confiance aux autorités. Le résumé de deux siècles républicains : veulerie, cupidité, bêtise

Elle dit « où sont passés les nuages d’antan ? » Il répond « dans ton cul », bienvenue dans le Sud

Publié par : Memento Mouloud | août 16, 2015

Envoi n°1

Pourquoi les gros enlèvent-ils leurs chemises en été ?

La somme des angles d’un triangle est de 180 degrés, celle d’un gouvernement socialiste est toujours négative

Avant Sarkozy retouchait ses bourrelets sur photoshop maintenant, il utilise la liposuccion

Publié par : Memento Mouloud | juillet 7, 2015

Les bacs des présidents selon Najat Vallaud-Belkacem

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Charles de Gaulle, élève des jésuites pédophiles, sombre dans le nationalisme à partir de la classe de première qui se termine alors par la première partie très inutile du baccalauréat. Il la réussit avec un peu plus de 11 de moyenne. A l’écrit comme à l’oral, ses notes sont inégales : 14 en composition française mais 8 en version grecque ce qui prouve bien que les langues anciennes sont impérialistes ; à l’oral, 15 en géographie et 14 en explication française, mais 4 en sciences physiques. L’année suivante, il obtient son baccalauréat en mathématiques élémentaires avec 11,5 de moyenne. A l’écrit, il a 15 en sciences mais seulement 8,5 en dissertation philosophique. A l’oral, il obtient plus que la moyenne en philosophie (11,5), mais sa note en sciences naturelles est médiocre (8). En revanche, ses résultats en sciences physiques ou en histoire-géographie sont brillants (14 et 15). Il répond donc à tous les items du socle bourgeois. C’est un héritier. Après une année de préparation au collège Stanislas à Paris, il est reçu en 1909 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, au 119ème rang sur 221 (promotion Fès, une horrible promotion colonialiste). Il a comme condisciple le futur maréchal Juin avec qui il forme, selon Flameta Vénère, un couple gay, mais le pied-noir lui préfère le général Giraud. Il en sort au 13ème rang. En 1907, 1% de cette classe d’âge a obtenu un baccalauréat général. Le taux de réussite des candidats est de l’ordre de 55%. La France est alors maurrassienne.

En première, Georges Pompidou a obtenu le premier prix de version grecque au concours général car il est prétentieux et il joue volontiers aux cartes en classe et doit se contenter de la mention « assez bien  » à la première partie du baccalauréat car, comme tous les enfants d’enseignants, c’est un narkoua qui se moque des immigrés méritants. Parmi les lycéennes se trouve une parisienne venue se résiliencer en province de son échec au baccalauréat de l’année précédente. Le machiste gascon a comme on dit vulgairement la trique et c’est très mal « Georges Pompidou est violemment ému […]. Vient l’épreuve de philosophie. De son banc, à vingt mètres de lui, la Parisienne lance vers le brillant philosophe des regards désespérés. Sur une feuille de brouillon rose, il jette, d’une écriture serrée, des notions sur l’un des sujets, la roule en boule. Tout dépend maintenant d’un exercice balistique […]. La Parisienne obtient une note inattendue en philosophie. Georges, qui avait rédigé deux dissertations, l’une à son propre usage, l’autre pour elle, est reçu sans mention : » j’ai eu juste deux heures pour traiter un autre sujet pour mon compte : pas de temps pour fignoler » ». Il intègre l’ENS et sera reçu premier à l’agrégation de lettres classiques car il est vraiment très arrogant. Il est aussi diplômé de l’école libre de sciences politiques. En 1928 1,8% de cette classe d’âge d’héritiers a obtenu un baccalauréat général, pendant ce temps les mineurs meurent du scorbut.

François Mitterrand, que j’aime, rate l’oral de la première session de la première partie du baccalauréat en classe de première car il est trop timide et c’est très touchant les timides. « L’oral de mon premier bac hante encore parfois mes rêves. Je me vois face à l’examinateur, dans cette salle de la faculté des lettres de Poitiers, aux bonnes odeurs de poussière d’été. Les mots dansaient dans ma tête et restaient au niveau du larynx. Et le peu qui en sortait échappait aux normes grammaticales. Sale affaire. Cet examen, faute d’avoir émis un son clairement articulé, je ne cesse pas de le passer ». En 1934 2,6% de cette classe d’âge a obtenu un baccalauréat général. La démocratie progresse.

VGE, ce père de l’Europe mise à mal par les populistes gaucho-lepénistes, obtient la première partie du baccalauréat avec la mention « bien » ratant de peu la mention « très bien » en raison d’une note moyenne inattendue en mathématiques et d’une mauvaise interrogation en physique. En revanche il a eu une merveilleuse opportunité en version latine, déjà donnée dans l’année par son professeur de lettres classiques. L’année suivante, VGE fait mieux encore puisqu’il obtient le baccalauréat de philosophie et celui de mathématiques élémentaires avec « mention » bien à l’un et à l’autre. En 1942, année très sombre, 3,2% de cette classe d’âge a obtenu un baccalauréat général.

Jacques Chirac est élève au prestigieux lycée Louis le Grand, à Paris, il n’est pas encore atteint par la calvitie et se révèle un excellent progressiste qui signe l’appel de Stock Ölm. Il obtient un baccalauréat de mathématiques élémentaires avec mention « assez bien ». En 1950 5,4% de cette classe d’âge a obtenu un baccalauréat général. Bientôt le collège unique viendra balayer cette véritable préhistoire. Le taux de réussite des candidats est de l’ordre de 60%.

Nicolas Sarkozy, ce quasi-fasciste méchant, est scolarisé au Cours Saint-Louis de Monceau après avoir été renvoyé du lycée Chaptal par, je cite Christian Estrosi et Patrick Balkany, des profs socialo-communistes. Cédric Klapisch prétend qu’il lui servit de modèle pour le péril jeune. Il obtient 142 points sur 300 dans les épreuves initiales. Il a eu trois notes négatives (7 sur 20 à l’écrit de français, 8 sur 20 en mathématiques et 9 sur 20 en philosophie) et trois notes positives (10 sur 20 en anglais, 11 sur 20 en économie et 12 sur 20 à l’oral de français). Il a finalement obtenu son baccalauréat en sciences économiques et sociales à l’issue de l’oral gaulliste de rattrapage. En 1973 19% de cette classe d’âge a obtenu un baccalauréat général. Le taux de réussite des candidats est de 67%.

Elève au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine de 1969 à 1972, François Hollande aura pour camarades de classe Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Michel Blanc et Gérard Jugnot. Selon Gérard Jugnot, il aurait dépucelé Thierry Lhermitte mais la chose n’est pas certaine. Il aurait obtenu un baccalauréat avec mention assez bien. Mais dans quelle série ? (B ou D, c’est un secret d’Etat), de fait, au lycée Pasteur, le personnel administratif affirme ne « plus avoir aucune trace » de son passage car je les ai chapitrés.

TF1/nuddz/Claude Lelièvre/ BAM

 

Publié par : Memento Mouloud | juillet 6, 2015

Goodbye Yanis (Varoufakis)

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Yanis Varoufakis ne ressemblait pas à un politocard quelconque aussi on lui reprochait de ne pas se plier aux règles de Bruxelles, à la manière d’un Charlus égaré dans le salon de la Verdurin. Ses faux airs de John Cassavetes n’ont pas trouvé en Tsipras un Ben Gazzara, aussi on ne jouait pas Husbands face à la troïka et sa démission est moins une surprise qu’une conséquence logique des effets de l’ordre européen.

Il écrivait « Le problème avec la théorie des jeux est qu’elle présume que les motivations des joueurs vont de soi. Au poker ou au black-jack cette supposition ne pose aucun problème. Mais dans les délibérations actuelles entre nos partenaires européens et le nouveau gouvernement de la Grèce, ce dont il s’agit est de changer les motivations des uns et des autres. De faire naître un nouvel état d’esprit qui soit capable de transcender les divisions nationales, d’abattre la distinction entre créancier et débiteur au profit d’une vision pan-européenne, de placer le bien commun européen au-dessus des considérations dogmatiques de la politique politicienne, toxiques si on ne leur tient pas la bride »

Or l’Union Européenne, ses thuriféraires le répètent à satiété, joue sa crédibilité sur le cas grec, de la même manière que les Etats-Unis jouaient celle de la théorie des dominos sur le Vietnam, avec les résultats que l’on sait. Varoufakis ne voulait pas croire que la crédibilité européenne s’accommode de 20 à 40 % de chômeurs et d’une paupérisation radicale des petites-bourgeoisies diplômées et des classes populaires. Il n’avait pas su que les eurocrates sont à la fois obsessionnels et pervers. Quand la promesse s’effondre, ils sont comme le grand Inquisiteur, ils défendent la machinerie avec la cruauté qui sied à son maintien.

« Nous sommes déterminés à entrer en conflit avec les puissants intérêts particuliers afin de permettre à la Grèce de redémarrer et de gagner la confiance de nos partenaires. Nous sommes également déterminés à ne pas nous laisser traiter comme une colonie fiscale à laquelle certains peuvent imposer comme bon leur semble toutes les souffrances qu’ils jugent nécessaires. Le principe qui demande l’imposition de l’austérité la plus sévère à l’économie la plus déprimée serait ridicule s’il n’était la cause d’autant de souffrance inutile. »

Cette phrase est contradictoire parce qu’elle emprunte ses ressorts à la théorie de l’agir communicationnel d’Habermas selon lequel il est toujours possible d’aboutir à un consensus entre gens raisonnables, disons un optimum localisé. Or si la Grèce lutte contre des intérêts puissants, ces mêmes intérêts ont opté depuis plusieurs décennies pour l’austérité, du moins pour l’austérité réservée à certaines classes comme on disait chez les marxistes et les wébériens. Aussi il existe des gens austérisables et d’autres qui ne le sont pas. NKM veut bien partager un clope avec des clochards devant les caméras et pour un temps très limité, il n’en reste pas moins qu’elle ne voit aucun inconvénient à réduire les pensions déhiscentes de la plupart des retraités grecs s’il faut sauver les excédents budgétaires. Elle veut bien paraître dépouillée de ses attributs statutaires le temps d’un cliché mais pas de ses droits absolus de créancière. La sainteté en mode cordicole est comme le reste de la litanie, un amas de paradoxes illimités et bouffons.

Varoufakis voulait couper le robinet des prêts « tant que nous n’aurons pas un plan crédible pour faire repartir l’économie afin de rembourser ces prêts, aider la classe moyenne à se relever et régler cette effroyable crise humanitaire. Finis les programmes de « réformes » qui visent les retraités pauvres et les pharmacies familiales tout en laissant intacte la corruption à grande échelle. »

La question était crédible pour qui puisque les intérêts dominants, ceux qui comptent sont formés de coalitions qui réunissent parmi d’autres rhizomes mondiaux les riches retraités, les pharmacies en réseaux et les adeptes de l’optimisation fiscale ou autre. Quand les règles sont devenues telles que la décision pour mettre en route un projet est passée de 2 à 7 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE (dixit les Echos), la corruption n’est même plus une option, c’est une nécessité car le temps c’est de l’incertitude.

Il affirmait que sa « principale influence est Emmanuel Kant, le philosophe allemand qui nous a enseigné que les hommes rationnels et libres échappent à l’emprise de l’opportunisme en faisant ce qui est juste. »

Varoufakis voulait opposer une morale déontologique à une morale conséquentialiste, les deux ayant pour angles morts les circonstances et les coutumes, langues et questions héritées, mais le problème essentiel est que la morale kantienne est dépourvue d’une définition substantielle du Bien, elle promet un avenir radieux sous le soleil quelque peu paranoïaque de l’impératif catégorique mais ne produit que des règles. Schäuble aussi pourrait citer Kant puisque toute règle est impersonnelle et que l’équilibre budgétaire peut bien y figurer.

La stratégie de Varoufakis était erronée. Il entendait aboutir à une stratégie coopérative alors même que les eurocrates demandaient à la Grèce d’obéir aux saintes règles de l’Empire du Bien. Dans ce cadre soit la Grèce avait la possibilité de changer les règles de l’intérieur et il lui fallait des alliés soit elle devait quitter le cénacle et claquer la porte. Elle n’a toujours pas résolu le dilemme.

Publié par : Memento Mouloud | juillet 5, 2015

L’Allemagne impératrice, une maladie européenne

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L’Allemagne est engagée depuis vingt ans dans une politique de déflation salariale volontariste. Amorcée durant la décennie des années 1990, cette pression à la baisse sur les salaires des classes moyennes et défavorisées s’est poursuivie tout au long de la décennie suivante. C’est notamment le gouvernement Schröder qui, en 2003, a sciemment conclu un accord avec le patronat allemand au terme duquel, en gros, les salariés étaient tenus de consentir aux baisses de salaires réels en échange de quoi le pays ne connaîtrait pas d’inflation significative et s’efforcerait de réduire son taux de chômage. Ce dumping salarial est l’ingrédient essentiel qui, couplé au savoir-faire des PME allemandes dans le domaine des machine-outils et à l’ouverture du marché « captif » de l’Europe de l’Est (laquelle, après la chute du Mur, avait d’énormes besoins en machines-outils), expliquerait les excellents résultats allemands en matière d’exportations. L’OIT y voit « la cause structurelle » de la crise de la zone euro. « Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques…Plus grave, les pays en crise n’ont pas pu utiliser la voie des exportations pour compenser la faiblesse de la demande domestique car leur industrie ne pouvait pas profiter d’une demande intérieure plus forte en Allemagne ». Les réformes Schröder ont eu pour effet de « réduire les revenus du bas de l’échelle (…), notamment dans les services où de nouveaux emplois, essentiellement à bas salaires, sont apparus…peu de choses ont été faites pour améliorer a compétitivité par le biais d’une progression de la productivité… Au niveau européen, cela a créé les conditions d’un marasme économique prolongé, car les autres pays membres voient de plus en plus une politique de déflation des salaires encore plus dure comme solution à leur manque de compétitivité…Les récents succès à l’exportation doivent peu à cette politique salariale et s’expliquent d’avantage par l’orientation géographique des exportateurs allemands vers les marchés émergents dynamiques. »

En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois (935 en France, 500 en Grèce) sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.  Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW). Cette année là, la pauvreté a bondi à 15,5 %.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport. Le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder : les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklembourg-Poméranie antérieure, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

En garantissant une sécurité aux producteurs, la transition énergétique à l’allemande a permis une croissance exceptionnelle de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Elles représentent, désormais, 23 % de l’ensemble de l’électricité produite dans le pays. Comme le coût en capital est le principal coût pour ces types d’énergie, l’explosion du photovoltaïque et de l’éolien a considérablement augmenté la facture dédiée aux énergies renouvelables. En 2013, elle s’élève à 5,27 centimes par kilowattheure, soit une surcharge pour un foyer de trois personnes de 185 euros par an. En 2014, ce surcoût devrait monter à 250 euros, jugent les experts.

Le consommateur paye son courant d’autant plus cher que le prix de gros de l’électricité sur les marchés financiers est bas. La raison tient aux tarifs garantis aux producteurs, qui alourdissent l’enveloppe du renouvelable lorsque les prix baissent. Or, en matière d’énergie renouvelable, les foyers pauvres payent autant que les riches. A ceci s’ajoute que l’Allemagne, pionnière dans le secteur, n’est pas plus propre pour autant. Malgré des capacités de production dans l’éolien et le photovoltaïque considérables, le pays a augmenté en 2012 ses émissions de CO2 de 2 %. En cause : le retour du charbon, énergie peu chère mais très polluante, vers laquelle se tournent les grandes compagnies électriques du pays (RWE, E.ON, Vattenfall, EnBW) en panne de profits.

Autrefois titres vedettes sur la place de Francfort, E.ON et RWE ont vu leur capitalisation boursière s’effondrer ces deux dernières années. EnBW lutte contre la faillite, le suédois Vattenfall n’exclut pas de se retirer du pays. Tous ont entrepris de profondes restructurations. E.ON a annoncé, en 2012, 6 000 suppressions de postes. Pour limiter les dégâts, RWE a misé avec succès sur l’exportation massive de son électricité produite dans ses centrales à charbon. En 2012, l’Allemagne a ainsi exporté 23 milliards de kilowattheures vers l’Europe, un record absolu. Les grandes perdantes sont les centrales à gaz.  A peine lancé, le réacteur à gaz flambant neuf d’Ingolstadt en Bavière, le plus moderne et efficient du pays, ne fonctionne qu’à 20 % de ses capacités, au désespoir de son propriétaire E.ON. L’affaiblissement des « Big Four » de l’énergie allemande a des conséquences sur les grands projets d’infrastructures renouvelables ambitionnés par le gouvernement. Ces acteurs peinent à financer les parcs éoliens offshore en mer du Nord et en mer Baltique, véritables défis technologiques, qui doivent assurer une production d’électricité renouvelable plus forte et constante que les équipements actuels.

Sa stratégie unilatérale qui est une stratégie de souveraineté dans le cadre d’une Mitteleuropa façon objectifs de guerre de 1914, est accompagnée d’un recours systématique à la corruption et à la fraude fiscale, moyennant en quoi le pays dont la morale a été arasée par le nazisme puis par le mea culpa permanent à propos de la Shoah qui permet de minimiser voire de relativiser les autres crimes allemands en Europe, est aussi celui qui dispense des cours d’éthique en toc quand il veut imposer ses vues.

Avant d’amorcer le tour non-exhaustif des affaires de corruption, de fraude fiscale et de blanchiment qui ont touché les principaux acteurs de la vie économique et politique allemande rappelons que la crise chypriote trouva son origine dans la restructuration imposée aux créanciers privés de la Grèce au printemps 2012. Cette restructuration se traduisit par une brutale dévalorisation des titres de dettes détenus par les banques, et en particulier par les banques de Chypre. Or, les banques ont des actifs égaux à 7,5 fois le PIB de Chypre. C’est certes beaucoup, la moyenne dans l’Union Européenne étant de 3,5 fois, mais c’est un chiffre équivalent à ce que l’on trouve à Malte et en Irlande, et largement inférieur à celui du Luxembourg, ou le ratio des actifs bancaires rapportés au PIB et de 22 pour 1. Chypre a certes un secteur bancaire surdimensionné, mais reste cependant plus près de la normale que des paradis fiscaux comme le Luxembourg, les Bahamas ou les îles Cayman. Toutefois, dans l’opinion la place actuelle d’un Jean-Claude Juncker est jugée comme tout à fait légitime.

En 2011, La corruption devait coûter 250 milliards d’euros à l’économie allemande. Les calculs de l’économiste Friedrich Schneider, de l’université de Linz, s’appuient sur l’indice de perception de la corruption publié depuis 1995 par l’organisation non gouvernementale Transparency International, comparé à la somme de tous les marchandises et services produits en Allemagne. Selon le dernier indice de Transparency International, publié en décembre 2011, l’Allemagne se situe au 14e rang des pays perçus comme les moins corrompus au monde, la Nouvelle-Zélande occupant la première place.

Toutefois, la part de l’économie souterraine était tombée pour la première fois depuis 1995 sous le seuil de 14 % du produit intérieur brut en 2010, selon les calculs de l’économiste. Pour 2011, il s’attendait à ce qu’elle représente 13,54 % du PIB à 344,3 milliards d’euros et pour 2012 13,34 % à 342,4 milliards d’euros. Le travail au noir diminuait aussi, selon l’étude, passant de 7,9 millions de personnes concernées en 2010 à 7,8 millions en 2011.

Cependant ces estimations sont à nuancer.

En effet, l’OCDE a analysé 427 cas de corruption internationale. Dans la plupart de ces affaires, les corrupteurs, principalement des grandes entreprises, cherchent à obtenir un marché public en corrompant un agent de l’Etat. Dans 41 % des cas, un membre de la direction de l’entreprise était à la manoeuvre.

Ces affaires montrent que deux tiers des cas sont concentrés dans quatre secteurs : les industries extractives (19 %), la construction (15 %), le transport et l’entreposage (15 %) et le secteur de l’information et de la communication (10%). Sur les 427 affaires de corruption passées au crible, les Etats-Unis avec 128 cas arrivent en tête du classement suivi de l’Allemagne (26 cas) et de la Corée du sud (11 cas). La France, avec seulement 5 affaires est au niveau de la Norvège et légèrement en deçà du Royaume Uni et de la Suisse (6 cas).

Ces pots de vin ont avant tout été destinés à des salariés d’entreprises publiques (27 % des cas) ou des agents des douanes (11 %). Des chefs d’État et des ministres n’en ont touché que dans 5 % des cas, même s’ils ont perçu 11 % du total des pots de vin versés, souligne l’OCDE. « Dans une affaire, le salarié de l’entreprise publique était le fils d’un ancien chef d’Etat et le président d’une filiale de la compagnie pétrolière nationale », indique pudiquement l’OCDE qui souligne par ailleurs que dans la majorité des affaires, les membres de la direction de l’entreprise (41 %), voire le PDG lui-même (12 %) étaient informés de la corruption et l’ont approuvée.

Dans 75 % des affaires de corruption transnationale, des agents tels que des agents commerciaux, des distributeurs et des courtiers locaux (41 %) étaient impliqués. Une grande part (35 %) mettait en jeu des véhicules juridiques tels que des filiales, des cabinets de conseils locaux, des entreprises situées dans des centres financiers ou des paradis fiscaux ou encore des entreprises dont la propriété effective appartenait à l’agent public destinataires des pots de vin. Or le rapport ne prend pas en compte certains aspects de la corruption comme la falsification des comptes, le blanchiment de capitaux ou encore le trafic d’influence. « Ces chiffres ne constituent assurément que le sommet de l’iceberg », selon l’Organisation.

Il ne prend surtout pas en compte ceci : en régime capitaliste, la corruption n’est pas à l’extérieur du dispositif, elle en est le combustible et le moteur. Mandeville l’exprime clairement, « le vice est aussi nécessaire dans un État florissant que la faim est nécessaire pour nous obliger à manger. Il est impossible que la vertu seule rende jamais une Nation célèbre et glorieuse ». L’Allemagne est donc le centre névralgique de la corruption en Europe car elle est le moteur de l’économie capitaliste sur ce continent et cette relation est aussi solide que celle entre la pression et le débit d’eau chaude dans un ballon. La purge est donc un élément de l’agencement. Un élément qui n’en reste pas à la sphère éthérée de l’honneur blessé mais s’engage dans le domaine bien concret et beaucoup plus conséquent des conditions matérielles réelles de l’existence en Europe et pour certains de la simple survie.

Armement

Selon une étude du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), 25,3% du total du matériel militaire de la Grèce en 2011 a été acheté à des sociétés allemandes, loin devant les grands groupes français (12,8%). Ainsi, la Grèce est le 1er client de l’Allemagne dans ce domaine depuis 2007 et le 1er pays européen importateur d’armement en proportion de son PIB en 2011.

Trente-deux personnes seront envoyés en procès sur des accusations de crime se référant à des pots de vin et à du blanchiment d’argent dans le cadre de l’achat de quatre sous-marins à la société allemande Ferrostaal. L’affaire concerne l’achat de quatre sous-marins de type 214 pour la marine grecque pour un montant de 2,4 milliards d’euros. Le contrat entre le ministère grec de la défense et l’entreprise allemande HDW-Ferrostaal a été signé en 2000, mais la livraison est toujours en attente. Selon la justice allemande qui a déjà condamné des officiels de Ferrostaal, les commissions occultes du contrat de sous-marins pourraient dépasser les 80 millions d’euros.

Antonis Kantas, directeur général adjoint aux armements du ministère de la Défense de 1997 à 2002 figure en bonne place dans le dossier. Étant passé aux aveux après son arrestation intervenue le 13 décembre 2013, l’ancien haut responsable grec a notamment mis en cause Dimitris Papachristos. Âgé de 78 ans, cet ancien représentant en Grèce de l’entreprise allemande d’armement Wegmann, devenue ensuite Krauss-Maffei Wegmann (KMW), a participé à ces opérations de versement d’argent à destination de responsables grecs en armement.

En août 2013, une coentreprise d’EADS et ThyssenKrupp et des bureaux de Rheinmetall ont été perquisitionnés en Allemagne dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de corruption liés à la commande par la Grèce d’équipements pour sous-marin, selon une information d’un porte-parole du procureur fédéral de Brême. Ce dernier avait alors précisé que la filiale commune à EADS et Thyssen, Atlas Elektronik, et Rheinmetall Defence Electronics avaient été perquisitionnés, étant soupçonnés d’avoir versé 18 millions d’euros de pots-de-vin et d’avoir fraudé le fisc. Il avait ainsi confirmé des informations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Die Zeit affirme que l’Allemagne aurait « acheté » le vote de l’Arabie Saoudite lors de l’attribution de la coupe du monde 2006 contre la livraison de roquettes antichar en 2000, alors que Gerhard Schröder était chancelier. Ce dernier aurait même fait lever temporairement un embargo sur les armes pour permettre cette livraison.

Le Parquet de Munich examine actuellement des transferts d’argent douteux. Les soupçons de corruption portent sur des contrats de quelque 3 milliards d’euros conclus avec l’Arabie saoudite et la Roumanie pour des équipements assurant la sécurité de leurs frontières. En 2009, le groupe allemand concerné avait décroché un contrat de quelque 2 milliards d’euros avec l’Arabie saoudite pour la fourniture de grilles de protection et de techniques de surveillance pour ses 9.000 km de frontière, rappelle le journal. Visiblement les milices chiites ne lisent ni les journaux allemands ni la Tribune.

Blanchiment

Le Basel Institute on Governance, publie un classement des pays du Monde, notés sur 10. Plus le score sur 10 est proche de zéro, plus cela signifie que le pays en question a pris de mesures pour lutter contre le blanchiment; et plus le risque de blanchiment est considéré comme faible. Chypre, avec un score de 4,93 est mieux classée que l’Allemagne dont le score est de 5,8. La France est mieux classée que Chypre, avec un score de 4,14.

Comment dit-on Eléphants blancs en allemand

L’Allemagne devait doter Berlin, sa nouvelle capitale, d’un aéroport tout neuf qui devait être mis en service en 2010. L’affaire a été tellement mal gérée que, cinq ans plus tard, cet aéroport ne fonctionne toujours pas et que le projet, évalué initialement à 2 milliards d’euros, en a déjà coûté 5,7 milliards.

En octobre 2014, le patron du secteur énergie éolienne de Shanghai, Liu Qi, associé à Siemens, procède au constat : « après les mirages du développement à court terme, la qualité n’est pas au rendez-vous et beaucoup d’acteurs de la profession disparaissent ». Les alliances fondées avec des sociétés européennes fondent comme neige au soleil. Elles disparaissent une à une, à peine formées depuis deux ou trois ans dans des perspectives d’illusoire croissance qui n’est jamais arrivée. La presse chinoise, comme le South China Morning Post, par exemple, n’en finit plus de compter les désastres en cette fin 2014. Ce n’est pas fini : Depuis plusieurs années, des soupçons de connexions mafieuses dans les éoliennes ont été émis par des journalistes et suivis par Interpol. L’arrestation de Liu Tienan, patron de l’énergie chinoise, cette semaine, pour cause de corruption à vaste échelle confirme une fois de plus l’omerta sur ce secteur et ses gigantesques trafics. Elle montre que les Chinois ont enfin compris l’ampleur des malversations. Liu Tienan a continué à superviser personnellement plus de 50 projets par trimestre à vaste échelle y compris des projets en Europe et des prises de participation dans des sociétés dont certaines sont bien connues en France ou au Portugal. EDP, qui se prétend l’un des leaders mondiaux, a été sauvé de justesse de deux désastres successifs , avec le scandale financier du groupe Espirito Santo, impliqué dans de multiples affaires de fraude, d’abus de confiance, de falsification de documents, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale, puis avec l’entrée de la Compagnie chinoise des Trois gorges, dont Liu Tienan, emprisonné pour corruption, avait la haute main.

Depuis 18 mois, la presse taiwanaise avait sorti le scandale sans grand résultat. Les quotidiens de Canton ont même osé publier ces informations malgré certaines menaces de mort émises par ce réseau mafieux englué dans les malversations, les voitures de luxe, les maitresses et les compromissions à l’étranger. Des bouleversements sont à attendre avec cette opération vérité. Les pots de vins se chiffrent en millions d’euros pour ce qui est connu. On sait que nombre d’éoliennes supposées construites en Allemagne et importées en France sont largement pourvues de pièces chinoises : à quel prix ?

Six milliards d’euros de subventions au titre des fonds de « pré-adhésion » ont été donnés (et non pas prêtés) à la Turquie ces dernières années, pays non membre de l’Union européenne (la Turquie, qui en lançant ses troupes sur Chypre en 1974, et en la privant de sa souveraineté sur la partie nord, a littéralement détruit l’économie chypriote une première fois).

Fraude fiscale et fraude à la TVA

L’évasion fiscale se situerait entre 150 milliards et 165 milliards (Tax Justice Network). La fraude à la TVA atteindrait près de 27 milliards d’euros par an, soit 1% du PIB (Eurostat, 2011). Selon la Commission européenne, la fraude fiscale, en mai 2013, représenterait 1000 milliards d’euros sur l’ensemble de l’Euroland. En septembre, le chiffre grimpe à 2000 milliards. Pas très loin des estimations de Tax Justice Network, association loufoque qui pense que l’Etat doit être juste.

L’Etat grec l’a emporté dans l’affaire qui l’opposait à la société allemande Hochtief qui avait entrepris l’exploitation de l’aéroport international d’Athènes « Eleftherios Venizélos » pour 20 ans et qui, à présent, suite à l’arrêt rendu par la Cour d’appel administrative d’Athènes, est appelée à verser 600 millions d’euros au titre de TVA qu’elle ne versait pas au Trésor. Avec l’arrêt de la Cour d’appel, le géant allemand devient, dorénavant, le plus grand débiteur de la Grèce : si l’on tient également compte des autres dettes de la société envers les caisses de sécurité sociale, les collectivités locales, etc., le total des dettes pourrait atteindre 1 milliard d’euros.

Milieux bancaires

En 2013, éclate un énorme scandale autour de la Bayern LB, la banque publique du Land de Bavière. Celui-ci est dirigé d’une main de fer par les chrétiens-sociaux de la CSU, un parti très conservateur, allié à la CDU d’Angela Merkel, qui siège en Allemagne parmi les principaux contempteurs de l’aide aux pays européens en crise et à la Grèce en particulier. Ce scandale met en lumière une gabegie usuelle dans la gestion opaque de cette banque publique. Il a déjà coûté au moins 8,6 milliards d’euros aux contribuables allemands.

« Nous avons suspendu un petit nombre de courtiers à Moscou jusqu’à ce qu’une enquête interne soit menée à son terme », a fait savoir une porte-parole de Deutsche Bank dans un courriel transmis à l’AFP, réagissant à des informations publiées par l’hebdomadaire allemand Manager Magazin. Selon le journal, qui cite des sources financières, plusieurs salariés de la banque en Russie sont suspectés d’avoir participé au blanchiment d’importantes sommes d’argent d’origine douteuse pour le compte de clients russes via des transactions financières complexes sur le marché des dérivés. Contacté par l’AFP, la Bafin, le gendarme allemand des marchés financiers, a déclaré avoir connaissance de ces informations mais n’a pas souhaité les commenter. Deutsche Bank, qui emploie plus de 98.000 personnes dans le monde pour 32 milliards d’euros de chiffre d’affaires, est engagé dans quelque 6.000 litiges juridiques, qui grèvent lourdement ses résultats et fragilisent son assise financière. Fin avril, la banque a écopé d’une amende de 2,5 milliards de dollars (2,25 milliards d’euros) dans une affaire de manipulation de taux.

Milieux industriels

En 2007-2008, c’est toute la direction du géant industriel allemand Siemens, présidé à l’époque par Heinrich von Pierer, qui a été décapitée et traînée en justice. En cause, un énorme scandale de corruption qui concernait le montant colossal de 1,3 milliard d’euros (dont notamment des affaires de corruption importantes en Grèce).

En 2014, c’est le grand patron allemand Thomas Middelhof qui est condamné à trois ans de prison pour prise illégale d’intérêt. Il est l’ancien dirigeant du grand groupe d’édition et de media Bertelsmann (qui est aussi accessoirement un grand pourvoyeur d’idéologie austéritaire ultralibérale en Allemagne via sa fondation). Il a mené ensuite à la ruine le groupe de distribution Arcandor (magasins Karstadt, Quelle), tout en se servant généreusement dans la caisse pour son compte personnel.

Debeka, le numéro un allemand de l’assurance maladie privée, est soupçonné d’avoir acheté des données sur des clients potentiels auprès d’un réseau d’indicateurs rémunérés. Une enquête du quotidien économique allemand Handelsblatt a mis à jour un système de gratifications de 10 000 policiers, enseignants, agents du fisc… qui lui permettait d’obtenir des informations sur des prospects (nom, adresse, données personnelles). « Debeka payait 50 € à un enseignant pour une information sur un nouveau venu dans une école. Pour un contrat maladie, il obtenait 150 € et 600 € pour une assurance vie », révèle le journal. Debeka aurait ainsi déboursé plus de 100 M€ de gratifications. Le cas a été jugé suffisamment grave pour que le parquet de Coblence ouvre une enquête pour soupçon de corruption et violation du secret professionnel. La Bafin, l’organisme de tutelle du secteur financier en Allemagne, a également ouvert une enquête.

En 2000, le géant britannique Vodafone avale son concurrent allemand Mannesmann. La fusion entre ces deux opérateurs a généré de très importantes luttes de pouvoir entre Mannesmann, Vodafone mais aussi Vivendi. Finalement, le 4 février 2000, l’OPA du britannique sur l’allemand est acceptée. C’est à ce moment que se met en route « une pompe » à financement occulte. Une commission du conseil de surveillance attribue deux versements dans des conditions jugées troubles par le parquet. Ce dernier fait état de protocoles antidatés, voire falsifiés. 32 millions de marks ont été versés à Klaus Esser (ex-président du directoire de Mannesmann), 6 millions à Joachim Funk (président du conseil de surveillance) et une vingtaine de millions pour 14 autres dirigeants de l’entreprise. Klaus Esser recevra par ailleurs une indemnité de licenciement de 29,8 millions de marks plus un forfait de 4 millions pour racheter son droit à une secrétaire et une voiture avec chauffeur à vie… Le parquet allemand estime que Klaus Esser et Joachim Funk se sont indûment enrichis. Quatre autres personnes dont Klaus Zwickel, membre de l’autorité de surveillance, sont accusés de complicité pour avoir avaliser ces sommes. Les six accusés risquent en théorie jusqu’à dix ans de prison. Ils contestent les poursuites du parquet en expliquant que les montants distribués correspondent à des « pratiques courantes ».

L’administration grecque chargée de la répression des fraudes fiscales (SDOE) a délivré aux services des impôts compétents des éléments faisant acte d’une évasion fiscale de 200 millions d’euros de la part de BMW et MERCEDES. Une fois cumulés les amendes et d’autres ajouts, le total s’élèverait à 600 millions d’euros.Le Spiegel révèle également concernant le probable trafic clandestin de voitures par BMW, qu’un nouveau cas de véhicule présentant des numéros d’immatriculation différents sur la carte grise et sur les plaques a été rapporté. Dans le même temps, une autre affaire reste ouverte : celle de la « disparition » de plus de 200 véhicules d’un ensemble de 1200 véhicules déchargés à Volos, dont environ 950 ont été dédouanés.

Le Spiegel précise également que concernant les faits de corruption, un document du tribunal de Columbia (États-Unis) indique que la maison mère de Mercedes a corrompu des hauts fonctionnaires dans 22 pays, dont la Grèce – pays où la question, jusqu’à présent, n’a pas suscité l’intérêt des instances gouvernementales. Il est mentionné que, durant la période 1998-2008, des officiels grecs et de 21 autres pays ont été corrompus, de manière à « assurer à Daimler des contrats avec des clients gouvernementaux, à hauteur de centaines de millions d’euros ».

Une série de perquisitions ont été menées en Allemagne liées au blanchiment d’argent présumé de la mafia italienne, notamment via un parc éolien, a annoncé mardi le Parquet d’Osnabrück (nord-ouest). Les personnes mises en cause sont soupçonnées d’avoir blanchi de l’argent de l’organisation mafieuse calabraise, la ‘Ndrangheta, par le biais de leurs sociétés en Allemagne, en Italie, à San Marin et en Suisse, selon un communiqué du Parquet. Ils auraient en outre pris des participations dans une société d’exploitation d’un parc éolien afin là aussi de blanchir de l’argent sale, selon la même source. Le parc éolien en question est celui de Capo Rizzuto situé en Calabre, selon l’hebdomadaire Der Spiegel, un parc saisi l’an dernier par la police italienne. Les perquisitions ont été menées dans plusieurs régions d’Allemagne, notamment en Bavière (sud), en Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest) et à Hambourg (nord), ainsi qu’en Autriche.

Les opérations visaient vingt cibles, dont une banque régionale et un fabricant d’éoliennes, et quelque 200 policiers ont été mobilisés pour cette opération. L’enquête pour blanchiment d’argent présumé et soutien à une organisation criminelle étrangère a débuté en février 2013, a encore précisé le Parquet. En juillet 2012, la police italienne avait saisi en Calabre des biens appartenant à la ‘Ndrangheta, d’une valeur de 350 millions d’euros, dont un parc éolien considéré comme l’un des plus grands d’Europe.

Ce parc, composé de 48 aérogénérateurs, avait été construit par le biais de prête-noms et d’une dizaine de sociétés écrans, dont plusieurs basées hors d’Italie, à Saint-Marin, en Allemagne et en Suisse, avaient expliqué les enquêteurs. Selon un rapport d’Europol publié en juillet, les mafias italiennes ont considérablement diversifié leurs activités criminelles et investissent dans le secteur des énergies renouvelables pour blanchir leurs revenus illégaux et bénéficier des aides européennes. En 2007, dans un fait divers spectaculaire, six personnes avaient été tuées à Duisbourg (ouest de l’Allemagne) dans le cadre d’une vendetta au sein de la mafia calabraise.

Milieux politiques

Wolfgang Schaüble a dû démissionner en 2000 de la présidence de la CDU et de celle de son groupe parlementaire parce qu’il était en première ligne dans le scandale dit des « caisses noires » de ce parti. La CDU était en effet financé à grande échelle de manière illégale par de grands industriels allemands depuis des lustres.

Peter Hartz, l’homme des lois du même nom qui ont libéralisé le marché du travail allemand – et notamment de la fameuse loi Hartz IV qui a fortement réduit les indemnités des chômeurs – est l’ancien chef du personnel de Volkswagen. Il a été condamné en 2007 à deux ans de prison avec sursis pour avoir abondamment corrompu les délégués du personnel de cette société, afin de les amener à devenir plus coopératifs à l’égard de la direction. Il est aussi un conseiller discret de Monsieur François Hollande.

En 2012, le président chrétien-démocrate Christian Wulff, quitte ses fonctions parce qu’il s’est avéré qu’il s’est fait payer à maintes reprises voyages, vacances, logements par des patrons allemands, à l’époque où il dirigeait le Land de Basse-Saxe.

Milieux universitaires

Les professeurs, en poste dans une douzaine d’universités à travers toute l’Allemagne, sont soupçonnés d’avoir empoché de 4 000 à 20 000 euros pour «aider» certains étudiants à accéder plus rapidement au titre universitaire convoité, selon le journal régional Neue Westfälische et l’hebdomadaire Focus qui citent le parquet de Cologne (ouest). «La supervision d’une thèse (de doctorat) est une tâche qui relève d’une mission de service public. Il n’est pas autorisé d’accepter une rémunération pour cela»,  a expliqué le procureur G-nther Feld au Neue Westfälische.

L’enquête est partie d’une perquisition menée en mars dernier dans les locaux de l’Institut pour le conseil scientifique, une société privée basée à Bergisch-Gladbach, près de Cologne (ouest), et qui servait d’intermédiaire entre les étudiants et les professeurs corrompus. Le dirigeant de cet institut a déjà été condamné début 2008 à trois ans et demi de prison pour son rôle d’intermédiaire dans l’affaire concernant un professeur de droit de Hanovre, qui avait aidé ses étudiants, contre une forte rémunération ou des faveurs sexuelles, à obtenir leur doctorat. Le professeur, accusé d’avoir empoché plus de 184 000 euros en supervisant, de manière indulgente, les thèses de doctorat de 69 étudiants, s’est vu infliger une peine trois ans de prison.

(No)Sport

Lundi 24 octobre 2011, a débuté le procès d’un ancien banquier allemand accusé d’avoir touché des dizaines de millions en pots-de-vin de la part de Bernie Ecclestone, le grand argentier de la Formule 1. Ce même 24 octobre, le parquet de Ravensburg a annoncé avoir ouvert une enquête visant un membre du directoire de l’équipementier allemand Tognum soupçonné de corruption et d’abus de confiance dans des contrats d’armement en Corée du Sud. Tognum a reconnu des « actes contraires » aux règles anti-corruption de sa filiale asiatique.

En 2014, Uli Hoeness, le patron du célèbre club de football, le Bayern de Münich, et grand pourvoyeur d’argent frais pour la CDU-CSU, est condamné à 3,5 ans de prison pour avoir fraudé le fisc allemand à grande échelle pendant des années.

Constant Omari, le président de la Fédération congolaise et membre du comité exécutif de la FIFA, a pointé du doigt les conditions d’attribution de la Coupe du monde 2006 à l’Allemagne sur RTL. «L’Allemagne avait racheté la voix de l’Océanie, illégalement, pour obtenir l’organisation de la Coupe du monde, ça on n’en parle pas. Quand il s’agit de l’Allemagne, il ne faut pas en parler», accuse le dirigeant congolais. De grandes entreprises allemandes comme Bayer, Daimler et Volkswagen auraient investi des millions d’euros dans des firmes en Asie, comme la Corée du Sud et la Thaïlande, afin de gagner le soutien des responsables locaux de la Fifa. Libération prend l’exemple de Daimler qui aurait injecté de l’argent dans Hyundai, dont le fondateur a justement un fils qui siège au conseil d’administration de la Fifa.

D’un côté, Fedor Radmann, ancien directeur marketing de l’équipementier d’Adidas, numéro deux de la candidature allemande. De l’autre, l’ancien footballeur Günter Netzer, responsable de l’agence suisse CWL, une filiale du groupe Kirch, chargée de vendre les droits télévisuels de matchs. Selon Manager Magazin, à un mois du vote pour l’attribution du Mondial 2006, les deux hommes auraient approché trois membres du comité exécutif de la FIFA: Jack Warner, donc, mais aussi le président de la fédération maltaise, Joseph Mifsud, et celui de la fédération thaïlandaise, Worawi Makudi. Dans son édition du 2 décembre 2010, Le Monde dévoile un courrier en date du 2 mars 2002 où Jack Warner remerciait justement le groupe Kirch pour la «donation de 20 000 dollars dans le cadre du projet de restauration de l’orgue de la Hanover Methodist Church», sise dans cet Etat des Caraïbes…

Un cadeau auquel s’ajoute la généreuse rétrocession de Kirch à M. Warner des droits de retransmission du Mondial 2002 et 2006. A l’époque, Warner n’avait pas répondu aux questions du Monde. Pas plus que Worawi Makudi et Joseph Mifsud. Quant à Fedor Radmann, lui non plus n’avait «pas le temps» de répondre. Seul Günter Netzer s’était alors exprimé, évoquant des «allégations […] qui sont totalement infondées» et qui «concernent des activités datant de plus de dix ans». Des «activités» qui, à la lumière de ces documents, résonnent aujourd’hui d’un curieux écho.

Felix Zwayer, élu arbitre de l’année 2014 en Allemagne, serait impliqué dans un scandale qui avait envoyé un de ses confrères en prison en 2005 pour manipulation de matches, rapporte mardi le quotidien Die Zeit sur son site internet. En 2005, l’arbitre Robert Hoyzer avait été condamné à deux ans et cinq mois de prison pour escroquerie en bande organisée. Il avait avoué avoir touché de l’argent pour influencer les résultats de plusieurs rencontres principalement de 2e et 3e divisions allemandes. Libéré en juillet 2008, après 14 mois derrière les barreaux, il avait accepté de collaborer à une enquête impliquant 25 personnes, dont 14 joueurs et trois autres arbitres, pour la seule année 2004. Selon Die Zeit, qui s’est visiblement procuré le rapport du Tribunal sportif de la Fédération allemande de football (DFB), Zwayer, alors juge de ligne, aurait touché 300 euros de Hoyzer « pour éviter toute situation critique pour Wuppertal » lors d’un match contre l’équipe réserve du Werder Brême.

Gaël Giraud / OIT / Les Echos /Europegrece/ Le Monde/ Le Point/ Okeanews/ Atlantico / L’équipe / Ludovic Grangeon/ Le Temps/ La press.ca/ Le blogfinance/ Altereco/ Huffington Post/ Silicon / Jacques Sapir/ Sortir du nucléaire / La Tribune / RFI / L’argus de l’assurance / Basta / BAM

Publié par : Memento Mouloud | juillet 2, 2015

Les Guignols supprimés, et alors ?

Pour ma part,

je les ai supprimés

depuis que Chirac

y mangeait

des pommes

Publié par : Memento Mouloud | juillet 2, 2015

Mare Nostrum (1) : 12 figures et mouvements

Tunisie : une police en panne

Soudain Fès un bloc de haine

TuNur ou comment transformer le soleil en parts de marché

Daech c’est aussi l’Italie

La mer des naufragés

Daech contre les sorcières

Le marché Halal et la France

Erdogan, mailleur en chef

Femmes de ménage au Liban

Le Sinaï en charpie

Engie, filiale de GDF-Suez, un crime « environnemental » ?

Privatisation de l’aéroport de Toulouse, l’actionnaire chinois est en cavale

Ghanem ben Saad al-Saad, un homme de l’ombre

Tunisie : une police en panne

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Le premier attentat à Sousse date de 1987, et l’avant-dernier du 22 octobre 2013. Il semble qu’assoupies les forces de l’ordre aient mis plus de trente minutes pour arriver sur les lieux du massacre et tuer Seifeddine Rezgui. De quoi laisser le temps aux smartphones de filmer la séquence. Comment expliquer un tel dysfonctionnement ? La brigade spéciale qui aurait dû intervenir, c’est la BNIR (pour Brigade nationale d’intervention rapide), à laquelle se substitue la BAT (Brigade antiterroriste, l’équivalent du RAID en France) en cas de prise d’otages. Une fois sur place, en cas de complications, la BNIR peut faire appel à la BAT, en poste à Tunis dans la garnison de Bouchoucha.

Sousse, est une place forte de l’économie et du tourisme en Tunisie, il était donc plus qu’improbable que les hommes de la BNIR ne parviennent pas sur les lieux de la tuerie après le premier appel. Mais cette improbabilité, comme d’autres a volé en éclats devant la réalité. Or, selon le porte-parole du ministère de l’intérieur, Mohamed Ali Aroui, la direction de l’hôtel Riu Impérial Marhaba et les agents de sécurité avaient bel et bien alerté les forces de l’ordre dès le début du carnage. Rien n’y a fait, il a donc fallu que la directrice de l’Impérial Marhaba appelle elle-même le ministre de l’intérieur, pour que celui-ci engage l’opération.

Quant aux deux gendarmes de la garde nationale maritime présents sur la plage dès les premières secondes de l’attentat, ils étaient dépourvus de munitions. A croire que le daechite en tenue de touriste avait les coudées franches pour jouer les Breivik basanés.

Plusieurs cadres du ministère sollicités ont une explication : le limogeage en mars 2015 de Imed Ghodhbani, jusque-là directeur général de la sûreté nationale, accusé d’être trop proche du parti Ennahda. Selon ces mêmes sources, ce limogeage s’est accompagné de la suppression pure et simple de ce poste à la direction générale de la sûreté nationale, la direction de la police étant assurée par le secrétaire d’État aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly, nommé en février 2015. Aussi, l’autorité de Rafik Chelly s’impose déjà au directeur général de la garde nationale, ainsi qu’au directeur de l’office de la protection civile. Son inefficacité de même.

L’enseignement principal de l’attaque du Bardo puis de celle de Sousse est le suivant : le ministère de l’intérieur tunisien a, une nouvelle fois, fait preuve d’une grande déficience. En proie depuis la révolution à quantité de luttes internes et de dysfonctionnements, ce ministère est devenu l’un des maillons faibles de l’État tunisien, à moins que l’évidence du chaos ne soit un appel à un maître à venir.

Mediapart/ BAM

Soudain Fès un bloc de haine

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Un homme habillé en blanc tente de se réfugier dans un taxi. Mais la victime, présentée comme homosexuelle est rattrapée par une dizaine d’hommes avant d’être poussée au sol et rouée de coups. La scène filmée se déroule la nuit dans la ville de Fès au centre du Maroc. Elle a été diffusée par le site Goud mardi. «La façon dont il est habillé (il porte ce qui ressemble à une robe blanche) et sa façon de marcher ont déplu à de jeunes passants», explique ce média. Après une quarantaine de secondes, l’homme se relève, vêtements déchirés, s’enfuit et cherche à trouver refuge dans un commerce. Un policier apparaît alors et se voit «contraint de brandir son arme pour repousser la foule», rapporte encore Goud. Le site explique aussi que certaines personnes qui regardaient l’agression appelaient «au meurtre du « juif » (et de) « l’homosexuel »».

Paris-Match

TuNur ou comment transformer le soleil en parts de marché

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TuNur, un des projets actuels de centrales solaires envisage de produire dans le désert tunisien autant d’énergie renouvelable que deux centrales nucléaires et de l’acheminer, grâce à des lignes haute-tension de 1000 km, vers les réseaux européens, alimentant ainsi plus de 2 millions de foyers. Il prévoit d’utiliser l’énergie solaire concentrée (ESC) au lieu des panneaux solaires photovoltaïques (PV). « L’ESC est produite avec des matériaux comme l’acier et verre. Les coûts diminuent rapidement en fonction de la quantité. Il n’est donc pas surprenant que la baisse du prix de cette énergie soit plus rapide que celle des panneaux solaires photovoltaïques, pourtant de plus grande hauteur. Même si leur prix a baissé de moitié au cours des cinq années, les panneaux sont plus complexes à fabriquer et ont besoin d’alliages de métaux rares. »

D’ici à 2018, le projet devrait pouvoir produire 2,5 GW d’électricité en utilisant une surface de 100 kmde désert située au sud-ouest de la Tunisie. Il est prévu une perte en ligne d’environ 3% liée au transport de l’électricité vers l’Italie via le câble sous-marin.

Rappelons que la production française d’électricité dépasse les 500 TW.h (1 TW.h = 1 milliard de kW.h).

« Concrètement, des milliers de miroirs réfléchiront les rayons du soleil vers un récepteur central placé au sommet d’une tour. Cela dans le but de chauffer des sels fondus (sels en phase liquide) et produire une vapeur qui actionnera des turbines. Une autre innovation importante du projet consiste en la capacité de stockage. En chauffant les sels pendant le jour et en libérant la chaleur emmagasinée pendant la nuit, ce qui permettra de produire une énergie fiable et renouvelable. »

Bien entendu, le stockage de l’électricité, la durée de vie des panneaux, la gestion du parc et celle des déchets ne sont pas abordés.

« D’un coût total de 10 milliards d’euros, le projet Tunur est un partenariat entre le développeur d’énergie solaire britannique Nur Energie et des investisseurs tunisiens, maltais et britanniques, notamment Low Carbon, une société basée à Londres. Il serait épaulé par de nouveaux facteurs majeurs : l’amélioration du rapport coût-efficacité des câbles sous-marins de transport d’électricité, la baisse du coût des technologies de production d’électricité solaire, le plan climat de l’Union européenne (ou paquet climat-énergie), et enfin le changement de politique énergétique tunisienne qui tend vers la libéralisation du marché. »

Le précédent marocain patronné par la banque mondiale est visiblement passé sous silence.

Le projet espère obtenir, de la part du gouvernement britannique, la garantie d’un prix minimum 20% moins cher que celui de l’éolien offshore, ce qui implique un marché administré. Un récent communiqué de la Commission européenne informe : « Dans le cadre d’une revitalisation de sa diplomatie en matière énergétique et climatique, l’Union européenne utilisera tous les instruments de sa politique extérieure pour établir des partenariats énergétiques stratégiques avec des pays producteurs et des pays ou régions de transit qui gagnent en importance. » De plus le plan d’action UE/Tunisie engage l’Union européenne à ouvrir progressivement son marché aux acteurs de la production d’énergie tunisiens. De plus, le Parlement européen appelle à investir une partie des 80 milliards d’euros dédiés à la recherche et le développement (dont 60% sont affectés au développement durable) chez ses voisins des régions méridionales et orientales.

Riccardo Fabiani, conseiller principal pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Eurasia Group, est optimiste : « Il existe des risques, mais ils sont nettement plus faibles que dans le reste de la région. Pour la première fois depuis longtemps, nous voyons un pays arabe qui peut introduire des reformes propres à améliorer la transparence et transformer positivement son climat d’investissement. »

Rue 89 / BAM

Daech c’est aussi l’Italie

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Dix personnes de plusieurs nationalités soupçonnées d’apporter un soutien à l’Etat islamique ont été arrêtées mercredi 1er juillet dans le cadre d’une opération menée en Italie et en Albanie, a annoncé la police italienne. Les dix personnes, quatre Italiens, cinq Albanais et un Canadien, ont été interpellées dans trois villes italiennes Milan, Bergame et Grosseto en Toscane, et dans un lieu non précisé en Albanie. Certaines des personnes arrêtées sont soupçonnées d’avoir aidé des islamistes italiens à se rendre en Syrie pour y combattre aux côtés de l’Etat islamique. L’enquête a démarré quand la police a découvert qu’une Italienne convertie à l’islam était partie pour la Syrie en compagnie de son mari pour rejoindre l’Etat islamique. Par ailleurs, la police a annoncé l’arrestation à Rome de deux Nord-Africains soupçonnés de gérer un site internet islamiste incitant à la préparation d’attentats en Italie et dans les pays du Maghreb.

Reuters

La mer des naufragés

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Cent trente-sept mille réfugiés et migrants ont atteint l’Europe par la mer au cours du premier semestre, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2014, selon un nouveau rapport publié mercredi par les services du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Un tiers des 137.000 hommes femmes et enfants arrivés par mer en Italie ou en Grèce, soit près de 44.000 personnes, venaient de Syrie. Les deuxième et troisième pays fournissant les contingents les plus importants de migrants ont été l’Érythrée (12%) et l’Afghanistan (11%). La ventilation des 44 % restant n’est pas précisée. Le nombre de morts au cours de la traversée est également en hausse : 479 réfugiés et migrants se sont noyés ou sont portés disparus sur la période janvier-mars, contre 15 sur les trois premiers mois de 2014. Après une nouvelle forte hausse en avril, le nombre de morts ou disparus a eu tendance à baisser en mai et juin.

Le trajet emprunté par les réfugiés s’est modifié en 2015. Alors qu’en 2014, c’était l’Italie qui accueillait l’essentiel des réfugiés et migrants – plus de trois quarts d’entre eux en 2014 -, la Grèce est désormais le premier pays concerné par ces arrivées. Sur les six premiers mois de 2015, 67.500 personnes sont arrivées en Italie, contre 68.000 sur les îles grecques, plus de la moitié venant de Syrie. Une fois arrivés en Grèce, réfugiés et migrants poursuivent leur voyage vers la Hongrie en passant par les ex-républiques yougoslaves de Macédoine et de Serbie.

Depuis le début du mois de juin, un millier de personnes entrent chaque jour dans l’ouest des Balkans, contre 200 il y a simplement quelques semaines, souligne le rapport.

Pays de transit, la Macédoine est incapable de faire face à l’afflux de réfugiés. Au poste de douane établi sur l’autoroute, un responsable de la police confirme qu’il n’existe pas d’accord officiel entre la Macédoine et la Serbie sur le sort de ces migrants. Depuis dimanche, les policiers des deux pays ont passé une entente informelle de laissez-passer pour peu que les migrants contournent le bâtiment des douanes. Tous les dangers ne sont pas écartés pour autant : des bandes de brigands continuent d’attaquer les migrants dans les villages macédoniens proches de la frontière. « Nous marchons en groupes et nous sommes armés », lâche un homme, en montrant quelques couteaux. Toute la journée, des groupes avancent sur les chemins qui conduisent à Presevo, la première ville serbe, située à une dizaine de kilomètres de la frontière. S’ils demandent l’asile sur le territoire serbe, ils obtiendront un laissez-passer de 72 heures, leur permettant théoriquement de rejoindre les centres d’accueil du pays. En réalité, avec ce certificat, ils pourront emprunter le train qui remonte vers Belgrade. Ensuite, la frontière hongroise n’est plus qu’à 200 kilomètres, autant dire à portée de la main quand on vient de Homs ou de Raqqah.

Sami tient un café dans lequel sont attablés une dizaine de migrants. « C’est incompréhensible, des femmes, des enfants dans les rues. Que fait l’État, que fait l’Europe ?..L’autre soir, une forte pluie s’est abattue sur la ville, j’ai fait dormir des dizaines de gens dans mon café. Nous tentons de les aider, mais ils sont des milliers, nous sommes dépassés. » Les passeurs rôdent à deux pas de la police. Mardi soir, des taxis de Belgrade proposaient de conduire les migrants jusqu’à la capitale serbe, pour 300 euros par personne.

A Budapest, le gouvernement du premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé la construction d’un grillage haut de quatre mètres et long de 175 kilomètres. Des unités mixtes serbo-hongroises ont déjà commencé à patrouiller le long de la frontière. Mardi, le ministre de l’intérieur serbe a déclaré que le problème n’était pas du côté de la Hongrie, mais de celui de la Macédoine, « incapable de contrôler sa frontière ». Si le blocage de la route devient effectif, la Serbie pourrait rapatrier vers le sud les migrants qui attendent de passer en Hongrie. Des dizaines de milliers de personnes pourraient rapidement être confinées autour de la frontière macédo-serbe.

Alors que l’Italie appelle depuis des mois les États membres à soutenir son pays en première ligne dans l’accueil des migrants, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a fustigé le manque d’ambition de l’accord trouvé. « Si vous pensez que l’Europe n’est qu’une affaire de budgets, ce n’est pas l’Europe que nous avions imaginée en 1957 à Rome… Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps. (…) Si vous voulez une base volontaire, si c’est ça votre idée de l’Europe, alors gardez-la pour vous. Nous nous débrouillerons seuls ».

Reuters/ Mediapart

Daech contre les sorcières

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Le groupe État islamique (EI) a franchi un nouveau cap dans la régression mentale en décapitant en Syrie deux femmes accusées de sorcellerie. Lors d’une perquisition dans la maison des suppliciées, les jihadistes auraient trouvé des amulettes et un papier écrit cousu dans un tissu.

Depuis la proclamation de son « califat » sur les territoires syrien et irakien sous son contrôle, l’EI a ainsi exécuté plus de 3.000 personnes en Syrie, dont 1.800 civils parmi lesquels 74 enfants. Dans un autre secteur de Deir Ezzor, à Mayadeen, l’EI a suspendu cinq personnes, les bras en croix, à un grillage à l’extérieur du poste de la police religieuse, avec à côté l’inscription « non-respect du jeûne (du ramadan) sans justification religieuse »

Reuters/BAM

Le marché Halal et la France

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La croissance du marché halal est l’un des phénomènes économiques marquants de ce début de siècle, au point qu’un des plus gros cabinets de conseil mondiaux, A.T. Kearney, a déclaré qu’aucun investisseur ou banquier ne devrait se permettre de l’ignorer. Le «  business  » du halal ne concerne plus uniquement les aliments, mais inclut désormais les produits cosmétiques, ménagers, médicaux, les services, le tourisme ou le secteur financier, dans un marché estimé à 2 300 milliards de dollars en 2013 et qui intéresse des multinationales comme Nestlé, Tesco ou Carrefour. L’estimation marchande des multinationales suppose donc qu’il n’y aura aucune laïcisation des sociétés musulmanes. A croire que la société multiculturelle c’est bon pour le seul Occident.

Au moins cinq initiatives de régulation internationale existent pour faire émerger un standard, sinon à l’échelon mondial, du moins à celui des grandes zones d’échanges économiques. Et parmi elles, celle du Comité européen de normalisation (CEN) qui se réunissait à Cordoue des 28 et 29 avril 2015 pour sa troisième session plénière.

Quelques jours avant cette réunion, des membres de la commission V06A «  Denrées alimentaires halal  » de l’Association française de normalisation (Afnor) représentant la France au CEN, annonçaient par un communiqué leur intention de geler leur participation. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), les mosquées de Lyon et d’Évry, des certificateurs (Halal Service, AVS), deux associations de consommateurs musulmans (l’Association de sensibilisation, d’information et de défense du consommateur musulman Asidcom et l’Union française des consommateurs musulmans UFCM), et un commerçant (Sirat), estimaient que ce projet allait «  à l’encontre des règles et des prescriptions de la religion musulmane  », que les représentants religieux n’avaient qu’un rôle secondaire. Ce qui dénotait une «  volonté de ces organismes de normalisation de spolier les musulmans d’une question qui est essentiellement religieuse  ». Ils exigeaient que la commission Afnor «  Denrées alimentaires halal  » soit placée sous l’autorité des institutions religieuses musulmanes.

L’Orient XXI/BAM

Erdogan, mailleur en chef

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L’AKP a mis la ville d’Istanbul en coupe réglée. En effet, Erdogan souhaite en faire une ville au cœur de la mondialisation. Un rêve en toc de nouveau riche à la sauce néo-ottomane. En mai 2013 a été lancée la construction d’un troisième pont, le plus haut du monde. Situé au nord du détroit du Bosphore, au débouché de la mer Noire et reliant les rives européenne et asiatique, il s’accompagnera d’une nouvelle autoroute de plus de 260 kilomètres. Un troisième aéroport, avec une capacité de 150 millions de passagers est également en cours de réalisation. Ces deux projets néo-staliniens engendreront la destruction d’une grande partie de la forêt du nord d’Istanbul. En février 2015, le gouvernement a également annoncé la construction d’un troisième tunnel routier et ferroviaire sous le détroit du Bosphore. Un premier tunnel ferroviaire, le Marmaray, a été inauguré en 2013 et un autre, autoroutier, en cours de percement, devrait être opérationnel en 2016. Enfin Erdogan souhaite percer un canal parallèle au détroit du Bosphore. D’une cinquantaine de kilomètres de long et reliant la mer Noire à la mer de Marmara, il devrait désengorger le trafic sur le Bosphore, l’un des plus denses au monde, il ne fera qu’ajouter à la densité actuelle. Tous ces projets sont à l’image du palais présidentiel de plus d’un millier de pièces inauguré en octobre dernier. Ils sont le mausolée de la merdonité en marche (forcée).

Pendant près d’une décennie, la croissance n’a cessé d’augmenter, atteignant jusqu’à 9,2 % en 2010. Elle est fondée en partie sur l’essor du secteur de la construction et les grands projets urbains, devenus la marque de fabrique de l’AKP. En dix ans, le nombre de personnes travaillant dans ce secteur a plus que doublé, passant d’un million en 2004 à plus de deux millions en 2014. Depuis 2010 et la fin de la période spéculative, la croissance est en baisse, elle est passée de 4 % en 2013 à 2,9 % en 2014. Le chômage est en hausse (11 % en février) et l’inflation élevée (8 % en 2014).

Les grands projets urbains s’accompagnent de projets immobiliers (complexes résidentiels, gated communities, tours de bureaux, hôtels, centres commerciaux…) qui prennent souvent la forme de partenariats public-privé, une véritable aubaine pour les entrepreneurs proches de l’AKP.

Avec la construction du troisième pont, de la nouvelle autoroute et du troisième aéroport, les terrains situés au nord d’Istanbul ont pris de la valeur, attirant de grands groupes bien souvent «  dirigés par des proches du parti au pouvoir, voire directement reliés aux membres du gouvernement  ». On peut citer le groupe Çalık impliqué dans différents projets de rénovation urbaine à Istanbul et dirigé de 2007 à 2014 par Berat Albayrak, le gendre du président Erdogan.

On peut aussi mentionner le groupe Cengiz İnşaat, membre du consortium (Cengiz-Kolin-Limak-Mapa-Kalyon) qui a remporté l’appel d’offre pour la construction du troisième aéroport. En près de dix ans, le groupe a gagné 28 appels d’offres publics d’une valeur totale de près de 100 milliards de lires turques (environ 34 milliards d’euros). Mehmet Cengiz, le président de Cengiz İnşaat est réputé proche de l’AKP et du président turc. Il serait, avec le fils d’Erdogan, Necmettin Bilal Erdogan, l’un des dirigeants d’une fondation de charité à l’université Recep Tayyip Erdogan de la ville de Rize, au bord de la mer Noire.

Corrompu et faux derche moralineux, le portrait est complet.

L’Orient XXI/BAM

Femmes de ménage au Liban

WDR Fernsehen DIE STORY,

Des femmes privées de protection sociale se réveillent dans les maisons libanaises, sans qu’on sache comment elles vont. Silencieuses et travailleuses, à longueur de journée elles lavent, sèchent, repassent, cuisinent, pressent, cisèlent, hachent, épongent, gardent les enfants et répondent «  ça va  » parce qu’elles n’ont pas d’autre réponse à donner, qu’on ignore tout de leur passé et de leur histoire, de leurs enfants qu’elles ont abandonnés au pays pour venir travailler au Liban. Elles sont un peu plus de deux cent mille, d’origine diverse : Philippines, Sri Lanka, Cameroun, Éthiopie, Népal.

Les suicides se multiplient. Les ambassades des pays fournisseurs de main d’œuvre ne soutiennent pas leurs ressortissantes. Certaines femmes sont privées de nourriture, battues, agressées sexuellement pendant des mois par leur patron. Une jeune femme sauvée par l’association Kafa a ainsi été exploitée sexuellement par sa patronne qui l’a vendue à plusieurs hommes. Certaines se font traiter injustement de voleuses pour éviter à la fin du contrat de payer à l’employée le billet d’avion de son retour. Et quand elles souffrent de problèmes de santé graves, elles ne peuvent bénéficier d’aucun soin.

De toutes les histoires recensées et subies, c’est la xénophobie qui fait le plus souffrir. Certaines femmes subissent des humiliations totalement gratuites, une surcharge de travail parfois inutile et épuisante. Privées d’intimité, il arrive qu’elles n’aient pas de chambre à elles  ; elles couchent alors dans la cuisine, le séjour, sur des lits pliants ou dans des balcons minuscules transformés en «  chambres de bonne  ». Les toilettes sont le seul lieu où il existe une porte qu’elles peuvent fermer.

«  Vous savez pourquoi j’évite d’aller dans des cafés  ?  », me dit-elle à la fin de l’entretien. «  Quand j’entends “hiye chou badda”, c’est-à-dire “qu’est-ce qu’elle veut commander  ?”, ça m’énerve  ! Le reste je m’en fous, on peut me cracher dessus dans la rue. Je lave à l’eau et ça part. Mais quand on parle de moi à la troisième personne, ça m’énerve  ! Je ne peux plus entendre ce mot de “hiye”.

L’argument qui revient souvent quand on interroge les familles qui défendent à leur employée de sortir seule est la peur «  qu’elle se lie à des hommes et qu’elle ramène des maladies  ». Autre interdit : l’accès aux piscines et aux plages privées, de peur qu’elles ne «  salissent l’eau  ».

L’Orient XXI

Le Sinaï en charpie

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« Pour avoir mal évalué la portée de l’événement révolutionnaire et simplement pris en considération le manque d’unité des courants de l’opposition, les Frères optent pour une alliance avec les forces contre-révolutionnaires : les militaires, les services de police, la nébuleuse salafiste, et les réseaux de l’ancien PND. » (Égypte, révolution et contre-révolution, p.113) En ce printemps 2012, le candidat des Frères musulmans a gagné la présidentielle mais il donne très vite l’impression de renier ses engagements et de s’appliquer surtout à détenir les diverses clefs du pouvoir. La présidence de Morsi sera, selon l’expression de Hamit Bozarslan, auteur de l’avant-propos de l’ouvrage : « tentée par un despotisme sans en avoir les moyens. » Si bien que la population lui devient rapidement hostile et les deux appareils d’ordre, jadis en concurrence, la police et l’armée, sentant le vent de l’opinion lâcheront à leur tour le gouvernement en place. Un an après son élection et suite à une irrépressible mobilisation populaire qui atteint une importance sans précédent, Morsi est renversé par les militaires. Des millions d’Égyptiens, parmi lesquelles on compte également les salafistes, issus d’un autre courant islamique très puissant (et qui avaient soutenu les Frères notamment lors de la rédaction d’une nouvelle constitution), ont réclamé la chute du régime de Morsi.

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a lancé mercredi une série d’attaques sans précédent contre l’armée dans le Sinaï en Egypte, faisant des dizaines de morts, un nouveau coup dur pour le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi. Après cette vague d’attentats coordonnés, des affrontements ont éclaté entre soldats et assaillants, tandis que des chasseurs F-16 de l’armée ont bombardé les positions de l’EI. Les jihadistes se sont finalement retirés, après près de huit heures de combat.

Au moins 70 soldats et civils ont été tués dans les combats, selon des responsables de la santé et de la sécurité. L’une des attaques, menée avec une voiture piégée contre un check-point au sud de Cheikh Zouweid, près d’Al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, a coûté la vie à 15 soldats. Avant de se retirer, les jihadistes ont miné les abords d’un commissariat de Cheikh Zouweid pour empêcher l’arrivée de renforts, prenant position sur les toits des immeubles alentours pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes, selon un colonel de police.

Après une précédente attaque spectaculaire en octobre 2014, l’armée a réagi en détruisant des centaines d’habitations près de la frontière avec Gaza, afin de créer une zone tampon. Des milliers d’habitants ont été chassés ; un couvre-feu instauré, le téléphone coupé. Et la zone est interdite aux médias. Une répression intensive sans aucun effet sur le groupe armé, qui a fait allégeance au groupe Etat islamique en novembre 2014. Il a alors pris le nom de « Province du Sinaï », et importé les méthodes de Daech: démonstrations de force pour intimider la population, exécutions filmées des « traîtres ». « Il y a le 101 et le 102. Et nous, nous sommes coincés entre les deux », raconte au journal égyptien Mada Masr, un habitant d’Al-Arish. Le 101, c’est la brigade 101 de l’armée, installée dans la ville depuis les années 1980. Quant au 102, c’est le surnom donné par les habitants au groupe djihadiste. »

Les précédentes attaques du groupe armé, en février 2015 semblaient « indiquer qu’il dispose d’informateurs capables de communiquer les moindres mouvements de l’armée », avançait alors Le Monde. Leur précision semblait confirmer la présence d’anciens officiers de l’armée ayant fait défection, déjà avérée dans l’attaque de Karm Al-Kawadis, le 24 octobre. »

Ces pertes sont parmi les plus lourdes subies par l’armée dans le Sinaï, bastion du groupe Ansar Beït al-Maqdess, la branche de l’EI dans cette région, où elle a multiplié les attentats contre les forces de l’ordre depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Au Caire, un haut responsable des Frères musulmans, Nasser al-Houfi, et huit membres de la confrérie islamiste dont est issu M. Morsi ont été tués mercredi dans un raid policier, selon des responsables de la police et un avocat de l’organisation.

« Cette période de violences qui traverse le pays depuis 2011 est loin d’être terminée. Aucune des demandes révolutionnaires n’a été concrétisée. Au contraire, en face, l’État se montre chaque jour plus féroce à l’égard des opposants et un peu plus injuste à l’égard des citoyens. Les Égyptiens vont redescendre dans la rue. Mais, cette fois, ce sont les classes les plus populaires de la société qui seront là. Ce soulèvement sera bien plus violent que tout ce que nous avons déjà vu en Égypte. Et il risque de durer. »

AFP/ L’Express/ Jean-Claude Leroy

Engie, filiale de GDF-Suez, un crime « environnemental » ?

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C’est une première judiciaire en Europe et, sans doute, dans le monde : la justice italienne suspecte 86 personnes d’avoir causé un « désastre environnemental »en participant au fonctionnement de la centrale à charbon de Vado Ligure, au nord de l’Italie, non loin de Gênes, opérée par Tirreno Power, filiale à 50 % d’Engie (ex-GDF-Suez). Parmi elles, quatre dirigeants du groupe français sont directement mis en cause : le vice-président senior en charge de la production du gaz pour la France et l’Europe du Sud, son directeur des ventes d’énergie pour l’Italie, ainsi que le président et le directeur général de GDF-Suez Energia Italia, filiale à 100 % d’Engie.

Le parquet de Savone les suspecte d’avoir, comme les autres administrateurs et dirigeants de Tirreno Power, contribué à la mort de 427 à 657 personnes entre 2000 et 2007 par maladies cardiovasculaires et respiratoires, en raison des émissions de la centrale. Entre 2005 et 2010, de 298 à 433 enfants ont déclenché des maladies respiratoires imputables à la centrale, et entre 2 161 et 2 223 adultes ont développé des pathologies cardiovasculaires et respiratoires, selon la note du procureur, rendue publique mi-juin.

Une carte des expositions à la pollution a d’abord été réalisée, selon une double méthodologie : un modèle mathématique de la dispersion des émissions de dioxyde de soufre (SO2), dues exclusivement à la centrale ; des relevés de bioaccumulation sur les lichens (très sensibles à la pollution atmosphérique) de marqueurs spécifiques au charbon lorsqu’ils sont présents simultanément (arsenic, plomb, sélénium, cadmium et antimoine). Une étude épidémiologique a ensuite été conduite sur plus de 156 000 personnes vivant dans 23 communes alentour. Elle démontre un lien de cause à effet statistique et proportionnel à l’exposition à la pollution.

Le charbon représente environ 15% du parc de production d’électricité d’Engie dans le monde. Début juin, dix jours après sa mise en cause par un rapport des Amis de la terre et d’Oxfam pour la quantité astronomique de CO2qu’émettent ses centrales à charbon dans le monde, le groupe a renoncé  à la centrale de Thabametsi en Afrique du Sud, l’un des plus gros projets en cours dans ce pays très dépendant du charbon. « Nous développons les renouvelables en priorité mais je ne peux pas vous dire aujourd’hui que nous avons décidé de ne plus faire de charbon », ajoute aujourd’hui la direction de sa communication.

Mediapart

Privatisation de l’aéroport de Toulouse, l’actionnaire chinois est en cavale

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Le principal dirigeant chinois, Poon Ho Man, auquel a été cédé par l’État français la gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac a disparu depuis plus d’un mois, et son nom aurait été cité dans une enquête pour corruption. C’est une dépêche Reuters, passée totalement inaperçue en France, qui a levé le lièvre. Diffusée par le bureau de Hong Kong de l’agence de presse, lundi 22 juin à 11 h 14.

Publiée au Journal officiel le 17 avril dernier, la cession pour 308 millions d’euros des 49,9 % du capital de l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) s’est en effet effectuée au profit de cette société Casil Europe, dont Poon Ho Man est le directeur général. Immatriculée en France, cette société Casil Europe détenue par Shandong High Speed Group et le fonds d’investissement Friedman Pacific Asset Management.

Or cette dernière société s’imbriquait dans un groupe très opaque, détenu par cet oligarque chinois dénommé Poon Ho Man et son épouse Christina, et dont la holding de tête se dénomme Capella Capital Limited, une holding immatriculée aux îles Vierges britanniques. Cette holding de tête a pour filiale à 100 % une société dénommée Friedmann Pacific Investiment Holdings Limited, dont le pays d’immatriculation est inconnu : cette dernière société aurait elle-même une filiale dénommée Friedmann Pacific Asset Management Limited, immatriculée également aux îles Vierges britanniques.

Pour cette acquisition, le groupe chinois s’était allié à un groupe canadien, SNC-Lavalin Inc, dont on a tôt fait de savoir ce qu’il faut en penser. Il suffit d’aller sur le site internet de la Banque mondiale pour y apprendre que la banque lui a imposé la plus grave sanction jamais prononcée dans l’histoire de l’institution pour des faits graves de corruption.

Lors de l’officialisation du projet de cession, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron avait assuré à de nombreuses reprises qu’il ne s’agissait « pas d’une privatisation », faisant valoir que l’État gardait 10 % du capital de l’aéroport et que, en alliance avec les collectivités publiques (Région, département et ville de Toulouse), les actionnaires publics garderaient le contrôle de 51 % du capital. Or, le ministre de l’économie avait, en secret, donné son accord pour que l’État signe avec l’investisseur chinois un pacte d’actionnaires offrant à ce dernier tous pouvoirs au sein de l’entreprise et lui assurant un contrôle majoritaire.

Mediapart

Ghanem ben Saad al-Saad, un homme de l’ombre

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Inconnu du grand public, Ghanem ben Saad al-Saad proche de l’ancien émir Hamad al-Thani est le patron et fondateur de Ghanin Bin Saad Al Saad & Sons Group (GSSG), un conglomérat présent notamment dans le BTP, l’aéronautique, le pétrole et la finance. Il a été le propriétaire du mythique hôtel Carlton de Cannes entre 2012 et 2014. Al-Saad a surtout été, entre 2005 et 2012, le premier directeur général de Qatari Diar, la filiale du fonds souverain de l’émirat spécialisée dans l’immobilier, chargée d’investir la bagatelle de 60 milliards de dollars. Sous son règne, Qatari Diar a racheté de prestigieuses propriétés (hôtel Royal Monceau, centre de conférences Kléber à Paris, etc.) et des participations minoritaires dans des fleurons du CAC40, comme Vinci et Veolia.

C’était avant que les policiers de l’Office central anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre ne découvrent sa conception très particulière du bénévolat. Lors de l’achat par Qatari Diar de 5 % de Veolia en 2010, le fonds souverain dirigé par al-Saad a versé, via un tortueux montage financier, 182 millions d’euros de commissions occultes à trois sociétés offshore. Si les deux premiers bénéficiaires restent pour l’heure inconnus, le troisième, qui a touché 45 millions d’euros via une coquille singapourienne, est un employé d’al-Saad.

Ghanem ben Saad al-Saad a été discrètement débarqué en 2012 de la direction du fonds souverain, apparemment pour des raisons politiques. Comme d’autres proches de l’ancien premier ministre Hamad ben Jassem, dit « HBJ », il semble avoir été victime d’une purge visant à préparer l’arrivée au pouvoir du prince Tamim al-Thani, grand ennemi de HBJ, qui a accédé au trône en 2013 à la suite de l’abdication de son père, Hamad ben Khalifa al-Thani.

Peu après le départ d’al-Saad, la nouvelle direction de Qatari Diar a lancé une série d’audits, comme l’a révélé Intelligence Online. Une source proche des fonds souverains du Qatar a indiqué à Mediapart que ces enquêtes internes ont permis d’identifier plusieurs dossiers très problématiques, dont celui de l’entrée de Qatari Diar au capital de Veolia. Les auditeurs semblent avoir découvert l’ampleur des commissions versées par le fonds et des rétrocommissions touchées par Ghanem ben Saad al-Saad. Toujours selon cette source au fait du dossier, Qatari Diar aurait proposé à l’ancien patron de régler l’affaire à l’amiable et de ne rien ébruiter, à condition qu’il rembourse une partie des sommes litigieuses. « Il a rendu beaucoup d’argent », affirme notre interlocuteur. D’où le fait qu’aucune enquête n’a été ouverte dans l’Émirat.

Le 5 juin dernier, le parquet fédéral suisse a annoncé avoir saisi des documents portant sur l’organisation à Doha du match amical entre le Brésil et l’Argentine, le 17 novembre 2010, deux semaines avant le vote qui a attribué la compétition à l’Émirat. Or, l’entreprise qui a financé et sponsorisé ce match n’est autre que GSSG, le conglomérat de Ghanem ben Saad al-Saad. C’est ce qu’a révélé fin avril The Ugly Game(Simon & Schuster, avril 2015), un livre enquête sur l’attribution de la Coupe du monde 2022 écrit par Heidi Blake et Jonathan Calvert, journalistes du Sunday Times, qui se sont procuré des centaines de documents confidentiels internes à la Fifa. Selon le Guardian, le groupe d’al-Saad a payé 8,6 millions de dollars pour le match, dont 2 millions ont atterri sur les comptes d’une société singapourienne, et 3,5 millions dans les caisses d’agents et d’intermédiaires des fédérations argentine et brésilienne. Histoire de cimenter encore un peu plus l’amitié, al-Saad a également injecté 10 millions de dollars dans un fonds d’investissement chargé d’organiser les matchs de gala de la sélection brésilienne.

L’affaire a rebondi à la mi-juin, dans le cadre de l’enquête pour blanchiment et fraude fiscale menée au Brésil au sujet de Ricardo Teixeira, ancien président de la fédération brésilienne de foot et ancien membre du comité exécutif de la Fifa, qui a voté pour le Qatar juste après le match amical de 2010 à Doha. Il a dû démissionner en 2012 après avoir été éclaboussé par plusieurs affaires de corruption. Ricardo Teixeira avait un compte à la sulfureuse banque Pasche de Monaco, une ancienne filiale du Crédit mutuel visée par une enquête judiciaire pour « blanchiment » sur le Rocher. Dans un enregistrement de mars 2013, le patron de la banque Pasche évoquait le dignitaire du foot brésilien en ces termes : « Évidemment, il est connu, mondialement connu. Alors on a un risque de réputation. On sait qu’il a reçu de l’argent pour faire des faveurs, mais ce n’est pas politique. […] On a décidé ensemble, on le prend parce qu’il nous a rapporté 30 millions d’euros. Ce n’est pas rien. »

En outre les juges brésiliens viennent d’obtenir des documents montrant que Teixeira disposait de 22 millions de dollars sur un compte secret ouvert dans une banque monégasque. Selon les quotidiens Estadao de Sao Paulo et The Sunday Times, ce compte a été alimenté par « des sociétés qataries qui ont bénéficié de chantiers d’infrastructures liées à l’organisation de la coupe du monde ». On ignore à ce stade si le groupe de Ghanem ben Saad al-Saad en fait partie.

Mediapart

Publié par : Memento Mouloud | juillet 1, 2015

Tunisie : comment survivre au daechisme ?

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Au lendemain de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique qui a fait 38 morts en Tunisie, dont au moins quinze Britanniques, des milliers de touristes étrangers quittaient le pays, samedi 27 juin. Près de 20 000 Britanniques se trouvaient en voyage organisé au moment du crime, en plus des personnes voyageant à titre individuel, selon l’Association des agences de voyages britanniques ABTA. Samedi soir, les voyagistes Thomson, First Choice, et Jet2 avaient rapatrié environ 1 200 personnes. D’ici dimanche, ce sont au moins 2 500 de leurs clients qui devraient avoir quitté le territoire tunisien, ont-elles ajouté.

Le Monde

L’attentat qui a provoqué la mort de 38 touristes sur une plage de Sousse en Tunisie, a créé un vent de panique chez les vacanciers qui avaient déjà réservé leur séjour dans le pays pour cet été. Samedi, une vague d’annulations et de demandes de reports vers d’autres destinations a embouteillé les centres d’appel des voyagistes français. Le Syndicat national des agents de voyages (Snav), qui représente 3000 professionnels en France, parle de 80 % de reports vers d’autres destinations pour des voyages dont le départ était prévu en juillet. Ces reports se font principalement vers des destinations du bassin méditerranéen: Grèce, Crète, Chypre, Baléares, Canaries, Bulgarie

Le Figaro

« Le plus dramatiquec’est qu’il n’y a désormais plus aucune réservation nouvelle pour la Tunisie. Tout le marché de la dernière minute est fichu. » Déjà, avant l’attentat de Port-El-Kantaoui, ces mêmes réservations pour la Tunisie depuis la France affichaient un fort retard (– 37,7 %, comparé à mai 2014), toujours selon le Seto. Les données des agences de voyages françaises n’étaient pas plus réjouissantes : la Tunisie avait enregistré, entre janvier et mai, une baisse cumulée de 40 % des réservations en nombre de passagers, et de 42 % en volume d’affaires.

La Croix

Le Snav et le Seto français ont recommandé vendredi soir aux professionnels du tourisme de permettre les reports sans frais pour les clients en partance pour la Tunisie qui ne souhaiteraient plus y aller, ou y aller plus tard, à condition qu’ils se manifestent avant le 10 juillet. Ces reports sont valables « pour les 12 prochains mois », vers la Tunisie ou toute autre destination.

Les Echos

Une page Facebook intitulée «I will come to Tunisia this summer» («J’irai en Tunisie cet été») rassemble des messages de soutiens de touristes étrangers et de Tunisiens, une autre campagne compare l’attaque de Sousse aux attentats de New York en 2001, de Londres en 2005 ou de Paris le 11 janvier 2015 à travers plusieurs photos en posant cette question: «Cesseriez-vous de visiter New York, Londres ou Paris?».

Slate

Sur son égoportrait, Amran Hussain, 29 ans, candidat travailliste malheureux aux législatives britanniques de mai dernier dans le North East Hampshire, tient à bout de bras son téléphone photo avec une perche à selfie. Entouré de ses amis, il prend la pose devant de nombreuses chaises longues vides, et un tas de fleurs déposées en hommage aux victimes de l’attentat. Il séjournait dans un hôtel voisin du Marhaba Beach Hotel.

Le Figaro

«La vie des gens n’est pas un slogan. La vie des gens n’est pas une campagne publicitaire et des affiches placardées dans vos stations de métro (…) Notre pays est aujourd’hui malade. Il doit commencer par l’admettre, se regarder en face et reconnaître que le mal est en lui. Il doit cesser de chercher ailleurs et commencer enfin à se soigner (…) Fini les slogans, fini les devises et formules publicitaires. Nous devons d’abord prouver que nous sommes capables d’assurer la sécurité des gens, de notre propre peuple avant de scander des maximes patriotiques pour sauver la saison touristique, pour sauver le pays»

Une tunisienne

Publié par : Memento Mouloud | juin 30, 2015

Charles Pasqua, un mort d’Etat

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« En 1967, je distinguais deux formes, successives et rivales, du pouvoir spectaculaire, la concentrée et la diffuse. L’une et l’autre planaient au-dessus de la société réelle, comme son but et son mensonge. La première, mettant en avant l’idéologie résumée autour d’une personnalité dictatoriale, avait accompagné la contre-révolution totalitaire, la nazie aussi bien que la stalinienne. L’autre, incitant les salariés à opérer librement leur choix entre une grande variété de marchandises nouvelles qui s’affrontaient, avait représenté cette américanisation du monde, qui effrayait par quelques aspects, mais aussi bien séduisait les pays où avaient pu se maintenir plus longtemps les conditions des démocraties bourgeoises de type traditionnel. Une troisième forme s’est constituée depuis, par la combinaison raisonnée des deux précédentes, et sur la base générale d’une victoire de celle qui s’était montrée la plus forte, la forme diffuse. Il s’agit du spectaculaire intégré, qui désormais tend à s’imposer mondialement. »

Guy Debord

Les nécros me fatiguent, elles sont écrites à l’avance, elles puent l’embaumement. Pasqua c’était celui que la gauche aimait détester peut-être parce qu’il ressemblait à Fernandel en plus empâté. Derrière Pasqua on imaginait un univers de crimes et de magouilles diverses, l’Afrique et les putes, la Corse et les gangs, Ricard et les services, Foccart et les fascistes. On ne devrait jamais négliger le fait que Thierry Meyssan a commencé sa carrière de délirant public en tapant sur Pasqua. Durant cette période personne ne disait qu’il était fou, on se refilait les fiches du Réseau Voltaire avec un air entendu et de fait on n’y avait rien entendu. Pasqua était un spécialiste du spectaculaire intégré, en bon opérateur, il en avait occupé tous les postes sauf celui d’écrivain. Il en avait aussi connu les mutations puisque petite main de l’ordre marchand il avait fini en agenceur de dispositifs politico-administratifs, comme on dit ambianceur.

Pasqua était né de l’ombre, de cette armée qu’a peinte Melville. Comme tous les gaullistes, il était persuadé d’appartenir à cette élite qui avait sauvé le nom français, il en avait déduit que tout lui était permis parce que le sort leur avait souri. Il avait commencé sa guerre contre les allemands, il l’avait poursuivie contre les partisans insurgés de l’Algérie française, contre les communistes et in fine contre les gauchistes. Il pouvait donc se dire qu’il n’avait jamais été vaincu. Il était un avatar lointain et plébéien de Metternich, un contre-révolutionnaire aguerri.

En 1986, il prétendait terroriser les terroristes, il s’était juste embourbé dans le sang de Malik Oussekine que des voltigeurs avait matraqué en remontant la rue Monsieur le Prince désormais acquise aux restaurants dits japonais. Ce jour-là, un adolescent avait eu la main arrachée par une grenade lacrymogène lancée à tir tendu après que la place où les manifestants convergeaient s’était transformée en souricière. Julien Dray jouait alors les mouches du coche d’une coordination de trotskystes fantômes. Il était parrainé par l’Elysée, il avait la silhouette mince, Isabelle Thomas posait en robe de soirée pour les magazines et Globe se demandait si Godard était nul et antisémite. Qui s’en souvient ?  Emir des Hauts de Seine, grand vizir du RPR, il menait une diplomatie parallèle jusque dans ce Soudan qui servait de refuge aux placements d’Oussama Ben Laden. Il avait aussi tenté de déboulonner le prince Chirac en tandem avec Philippe Séguin puis dans la lost team d’Edouard Balladur. Le sort s’était alors retourné et son alliance avec Philippe de Villiers avait fait pchuit laissant le champ libre pour la réélection poussive du président Chirac face à un Jean-Marie Le Pen qui se prenait pour le Caudillo de Montretout.

Depuis, il se survivait, son style n’était plus prisé, il était comme une espèce d’homo politicus en déshérence, un Roland Dumas de droite à ceci près qu’il était devenu une sorte de coqueluche des tribunaux français après avoir figuré sur les listes américaines des heureux bénéficiaires de la manne irakienne pétrole contre nourriture. Silhouette de la politique comme on dit au cinéma il n’en finissait pas d’agoniser dans cet espace de l’atermoiement permanent où le mis en examen sortait blanchi de tous les parquets qui l’avaient convoqué au nom du peuple français.  

Charles Pasqua, disparition d’un tribun

Charles Pasqua, un habitué des tribunaux

Mort de Charles Pasqua, un homme qui faisait « peur et rire tout à la fois »

Charles Pasqua l’Africain

Charles Pasqua, « l’image d’une droite historique inséparable de l’histoire politique de notre pays »

Le Monde

Charles Pasqua, «une voix, un regard et une colère tendre pour la nation qu’il aimait»

Charles Pasqua, près de 50 ans de politique

Charles Pasqua : avec Chirac, de l’amitié à la rupture

L’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua est mort

Le Figaro

Le gaulliste Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

La Croix

Charles Pasqua est décédé des suites d’un accident cardiaque

Le Point

Au moment de l’hommage, à chacun son Pasqua

Charles Pasqua, homme de réseau et d’appareil

Mort de Charles Pasqua, ancien ministre et «parrain» des Hauts-de-Seine

L’ancien ministre Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

Libération

Charles Pasqua est mort

Mediapart

Charles Pasqua : la mort du dernier grognard du gaullisme tourne définitivement la page de l’après-guerre

Atlantico

Les derniers conseils de Pasqua à Sarkozy

L’Obs

Pasqua, de Greef : affairo-gaullisme et esprit Canal

Daniel Schneidermann

Mort de Pasqua : la droite récite le « Notre Père »

Marianne

 

Publié par : Memento Mouloud | juin 29, 2015

L’Eurogroupe ou le gouvernement des choses

alphaville01

Depuis la décision de l’Eurogroupe de débarquer la Grèce car celle-ci organise un référendum sur les propositions de la mise en examen dans l’affaire Tapie, Madame Lagarde, de l’ancien employé de Goldman Sachs et représentant en emprunts toxiques et en paris sur les faillites de tous les tiers possibles, Mario Draghi, de l’ancien gardien de paradis fiscal mais adepte du mariage pour tous, Jean-Claude Juncker, sans compter le docteur Folamour du gouvernement allemand, Monsieur Schaüble ou notre agentE à Berlin Madame Merkel, donc depuis que le gouvernement grec tente d’éviter un coup d’Etat en faisant appel au peuple, nous savons ce qu’est un populiste, un fasciste ou un communiste dans la langue des bienséants : tous ceux qui disent non aux propositions raisonnables de l’oligarchie ou de la caste, cette assemblée de porte-paroles attitrés des « choses » et des « machins » dont ils tirent des normes implacables, cette assemblée d’experts qui savent que l’individu, les cultures singulières, les peuples ou les nations sont une erreur à rectifier. Nous savions déjà que la France était un roman périmé, qu’Israël fut une erreur de calendrier et d’azimuts, nous savons désormais que la Grèce est de trop dans l’Euroland.

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