Publié par : Memento Mouloud | février 11, 2016

Casting (gouvernemental) avant la déroute

 

 

 

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Benjamin Girette / IP3 : Pascale BOISTARD and Alain VIDALIES present the National Plan against gender harassment and sexual violence in public transport, in Paris Gare du Nord, France on July 9th, 2015. (MaxPPP TagID: maxnewsworldthree791713.jpg) [Photo via MaxPPP]

 

 

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Segolene-Neuville

Fabius quitte le Quai d’Orsay sur la même absence de résultats qu’il a connue dans tous les ministères qu’il a occupés. Ou plutôt la même absence de résultats pour la position de la France dans le monde ou l’ensemble des français. Dans le premier cas, Fabius a toujours choisi la voie moyenne de feu le giscardisme. La France applique une politique qui oscille entre le pseudo-réalisme et l’histrionisme de l’idéal. Dans le second, il y a longtemps que Fabius a choisi l’oligarchie, offrant Boussac à Bernard Arnault pour le franc symbolique ou des dérogations fiscales à ceux qu’il aimait bien. Pour les autres, on connaît la chanson, elle est la même depuis Pompidou : renforcer le patrimoine, édifier la rente sous sa forme immobilière en voie sacrée à défendre et soutenir la finance coûte que coûte car c’est la modernité. Rosanvallon avait appelé cet instant, le moment Guizot, nous y végétons depuis.

Parmi ses intimes, Louis Schweitzer, PDG de Renault, Serge Weinberg, président du directoire de Pinault-Printemps-La Redoute, Charles-Henri Filippi, directeur général du CCF, et Patrick Careil, président de la Banque Hervet ou Patrick Ponsolle, ex-président d’Eurotunnel, Marc-Antoine Jamet, LVMH, Jean-Pascal Beaufret, directeur financier adjoint d’Alcatel, Lionel Zinsou, associé gérant chez Rothschild et cie, Philippe Calavia, directeur général délégué d’Air France, Jean-Dominique Comolli, PDG de la Seita. On le voit une brochette de subversifs.

Mais le cursus de Laurent Fabius sera essentiellement marqué par: l’affaire du sang contaminé qu’on peut résumer ainsi : à la fin de l’année 1984, quand des recherches montrent qu’il est possible d’inactiver le virus en chauffant des extraits du plasma, la France refuse d’importer du sang de l’étranger et des produits non chauffés sont distribués aux hémophiles porteurs du LAV, la première appellation du HIV. Or l’échange de produits sanguins entre hémophiles est une pratique courante, et des personnes atteintes du virus partagent leurs traitements avec des personnes non contaminées qui contractent le virus de cette manière.

Néanmoins, la perception du VIH doit être mise en perspective. Depuis Louis Pasteur, la médecine considère que la présence d’anticorps est la preuve que l’organisme a développé un système de défense contre la maladie : leur présence signifie donc protection. Beaucoup espéraient encore, début 1985, que les séropositifs étaient protégés de la maladie ou au moins n’étaient pas contagieux. Dans les années suivantes, il fallut se rendre à l’évidence : les séropositifs sont porteurs chroniques du virus et le transmettent.

Le professeur Montagnier lui- même s’interroge dans Le Nouvel Observateur, le 8 septembre 1985 : « Quelle est la signification exacte de cette « positivité » ? Le virus est-il encore présent malgré les anticorps ? A quoi servent ces prétendus anticorps – destinés en principe à protéger – si la maladie n’apparaît justement que quand ils sont là ? Le sujet positif est-il contagieux, transmetteur du virus ? ».

N’empêche, Dès 1984 le Centre de contrôle des maladies d’Atlanta reconnait l’efficacité du chauffage des produits sanguins contre la propagation du virus. En octobre, le professeur Montagnier recommande la mesure. Il faut attendre janvier 1985 pour que le centre de la transfusion sanguine de Lille commence à chauffer les produits sanguins.

Aux Etats-Unis, le National Institute of Health organisait un appel d’offres pour la mise au point d’un test avec à la clé un engagement de pré-licence rapide du produit : ainsi, cinq sociétés américaines seulement eurent le droit de vendre des tests aux Etats- Unis. Parmi elles, Abbott, géant de l’industrie des tests de diagnostic, qui devenait le « poulain » officiel du gouvernement américain dans la course mondiale au test. Désormais, tous les coups seront permis pour l’aider à s’approprier l’essentiel du marché national et international. La tentative de Pasteur de pénétrer aux Etats-Unis en s’alliant à une des cinq sociétés retenues, Genetic Systems, sera un échec.

Une course de vitesse s’engage dès le mois de février 1985, date à laquelle deux industriels, Abbott et Diagnostics Pasteur – société industrielle de développement des découvertes de Pasteur -, déposent, à quelques jours d’intervalle, une demande d’homologation de leur test de dépistage du virus VIH auprès du Laboratoire national de la santé, qui effectue les tests préalables à la mise sur le marché de médicaments (il a été remplacé depuis par l’Agence du médicament). Deux questions se posaient pour le test Abbott. Etait-il fiable ? Existait-il en quantité suffisante pour fournir le marché français dans le cadre de la politique de dépistage systématique décidée par le gouvernement le 19 juin 1985 ?

Or la firme américaine a constamment présenté de manière fallacieuse les caractéristiques réelles de son test : elle cherchait avant tout à obtenir le contrôle total du marché. Ainsi, pour obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA) et signer un accord d’exclusivité avec la Croix-Rouge américaine, qui lui assurait l’hégémonie commerciale sur le marché américain, Abbott a présenté en janvier 1985 des résultats « parfaits », qui sont tronqués et bien peu reproductibles. Personne ne s’inquiète du fait que seuls 93,4 % des malades sidéens avérés, et donc probablement porteurs de grandes quantités d’anticorps, sont détectés par le test, alors que la sensibilité annoncée dans la notice d’utilisation était de 97,5 % à 100 %.

De nombreux documents et articles scientifiques démontrent  que le test Abbott était de mauvaise qualité. Ses faiblesses portent non seulement sur sa mauvaise spécificité (nombre élevé de faux positifs), qui était connue en France dès février 1985, mais aussi sur sa faible sensibilité, c’est-à-dire son incapacité à détecter tous les porteurs de VIH (faux négatifs). Plusieurs personnes ont d’ailleurs été contaminées aux Etats-Unis par des échantillons sanguins pourtant testés négativement par le test Abbott. De plus, la reproductibilité des performances du test Abbott d’un lot à l’autre est faible.

Le 9 mai 1985, une réunion interministérielle présidée par François Gros (ex-président de Pasteur), conseiller de L. Fabius retarde l’enregistrement du test Abott. L. Fabius dira qu’il n’a pas été informé de la gravité et de l’urgence de la situation. Louis Schweitzer était alors son directeur de cabinet. On peut se demander si la séquence est réellement celle-ci.

En effet, le test Diagnostics-Pasteur est de bien meilleure qualité, comme le confirment les tests pratiqués aux Etats-Unis fin 1985 et en 1986, notamment par la Croix-Rouge américaine. Sa sensibilité est ainsi bien meilleure puisque le test Pasteur détecte plus de sujets porteurs du virus que celui d’Abbott. Pasteur utilise une technique moderne automatisable. La Croix-Rouge américaine confirmera le 7 octobre 1986 que, même après les modifications demandées, les performances du test Abbott restent mauvaises par rapport à celles de son concurrent.

Le test de Diagnostics-Pasteur avait de plus l’avantage, fin février 1985, d’avoir été déjà évalué avec succès en France. Il pouvait donc être enregistré immédiatement. Mais le lobbying agressif de la firme américaine entraînera la mise en place d’un essai comparatif à grande échelle de l’ensemble des tests industriels. Or Diagnostics- Pasteur pouvait commencer à livrer des tests en grande quantité dès le 15 avril 1985. Le directeur de Diagnostics-Pasteur, M. Jean Weber, préconisa alors vainement un scénario à l’américaine : autorisation immédiate de son seul test avant même que sa société soit capable de fournir 50 % du marché français. Le dépistage serait recommandé (comme en Allemagne et aux Etats-Unis) mais non rendu obligatoire : la précocité de la mesure avait pour corollaire une montée en puissance progressive.

C’est un tel scénario qu’aurait choisi le gouvernement français s’il avait eu pour objectif principal de favoriser les intérêts de la société Diagnostics-Pasteur. Mais, à partir de la réunion interministérielle du 14 mai 1985, la décision est prise de s’orienter vers un dépistage systématique de tous les dons de sang, et donc de ne pas autoriser les réactifs avant début juillet, pour que tous les produits sanguins puissent être testés simultanément.

Le test Diagnostics-Pasteur sera certes agréé fin juin 1985, soit un mois avant le test Abbott, mais tous les tests industriels concurrents seront sur le marché et également remboursés le 31 juillet 1985, date du début du dépistage obligatoire. Et Abbott prendra environ 50 % du marché français.

Laurent Fabius considère cette affaire comme sa « plus grande épreuve ». « C’est un malheur épouvantable pour les personnes touchées et même si ma mise en accusation était totalement injuste, la justice l’a reconnue, il était hors de question compte tenu de la douleur que je me prévale de quoi que ce soit », a-t-il lancé. « La justice a dit que monsieur Fabius était innocent et qu’il avait pris les bonnes décisions (…) Pendant dix années, cela a été très pesant et j’en parle encore avec beaucoup de réserve », a-t-il ajouté.

Dans les faits, il ne s’agissait pas d’un malheur mais d’ une accumulation d’irresponsabilités professionnelles et politiques car sous le prétexte de choisir le plus efficient des diagnostics voire de soutenir l’industrie française du vaccin, on a laissé s’écouler des lots non-chauffés en pensant, sans doute, que les dégâts seraient minimes. C’est la théorie du dommage collatéral appliquée à l’ingénierie d’Etat.

Mais cette accumulation d’irresponsabilités est aussi un aveuglement devant la technoscience, aveuglement que poursuit Laurent Fabius en se plaçant à la tête de la COP 21 pour un monde meilleur, car n’en doutons pas, Fabius suppose que le monde sera meilleur et, corollaire, affirme qu’il en connaît le chemin. Evidemment, il en néglige les détails comme pour l’affaire du sang contaminé. Le monde meilleur ne connaît pas les ornières et les travers, il n’agit qu’à la grosse truelle des maçonneries à prise rapide comme une coulée de béton en continu. Pour un père incapable de raisonner son fils, un peu plus d’humilité serait de rigueur mais Fabius fut le plus jeune premier ministre de France et l’impossible revenant. Il était la promesse du mythe errant, il en est le déchet.

Aveuglement devant la technoscience et accointance permanente avec les entrepreneurs. Selon Marie-Ange Poyet, Mérieux, continua tranquillement à destocker tous ses lots de produits sanguins sans les chauffer. Le firme ne pouvait pas ne pas savoir, et a envoyé malgré tout des milliers de lots dans des pays lointains ou proches, en tout cas des pays périphériques, Tunisie, Grèce, Irak. Elle en a identifié 11. Elle dit que des enfants sont morts, pas grave Fabius répondra aux questions prioritaires de constitutionnalité, c’est désormais un sage.

RTL / RTS / Philippe Froguel/ Le Monde/ BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 11, 2016

Folklores français du pet de déshibernation à l’académie

 

 

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Académie Française : Entreprise de taxidermie littéraire impulsée par Richelieu. S’y préparer.

Action Française : débris de ce qu’elle fut. A noter qu’une branche canadienne du mouvement maurrassien fut fauchée en plein vol par la condamnation pontificale de 1926.

Adaptation : Si la vie était une question d’adaptation, nous serions encore des bactéries.

Agrariens : Nobliaux enrichis par la vente des biens nationaux, un réseau d’hommes de paille ou le milliard des émigrés de 1825. A la suite de la crise de 1846, ils préconisent le retour à la Terre. Ils seront les fers de lance du premier syndicalisme agricole, à cheval sur le second Empire et la Troisième République. Bien entendu, ils formeront la colonne vertébrale du projet vichyste de Corporation paysanne.

Allemagne : Les fourmis allemandes ont coulé la zone euro. En 2010, l’association des exportateurs allemands fanfaronnait, « nos principaux arguments de vente ce sont la qualité et l’innovation ». Dans les faits, la tricherie, la corruption et le cynisme apportent aussi leurs contributions respectives.

Amérique (Etats-Unis d’) : Les américains se demandent, parfois, « pourquoi la France ? » Les réactionnaires se demandent toujours par quel mauvais tour de l’Histoire, les uns sont hégémoniques et les autres décadents. Orgueil et mépris accueillent le nom d’Amérique comme le manteau d’Arlequin d’un examen de conscience. Finalement, le réactionnaire se pose la même question que certains américains, mais en plus nombriliste. Pour des raisons inexpliquées, Alain Finkielkraut prétend que l’Amérique est indemne face à la naissance, au développements et aux effets post-mortem du nazisme

Anti-Lumières : Les sources de la pensée contre-révolutionnaire sont nombreuses. Pour de Maistre, l’esprit de la Révolution serait un amour malheureux de la noblesse ; l’Histoire, de la politique expérimentale ; la métapolitique, ce qui échappe à la politique expérimentale, la chose « en soi » qui réintroduit l’ectoplasme de Dieu dans le cours du temps. A ces thèses contre-révolutionnaires s’oppose le jeu des analogies de l’empirisme organisateur de Maurras qui consiste, entre deux constats, à faire émerger une vérité générale. Il trouve le modèle de ce dogme de la ressemblance chez Sainte-Beuve.

De Rousseau à Pascal, le chemin va à reculons mais ne cesse de dire la même chose puisque « l’art de bouleverser les Etats…c’est un jeu sûr pour tout perdre ». A contrario de cet immobilisme, Burke, demandera de tirer le meilleur parti des matériaux existants. Aussi il attribue à l’intellectualité des Constituants, l’idée de table rase et l’abstraction des échafaudages révolutionnaires. En effet, les droits de l’Homme se présentent comme un frein au pouvoir politique. Seulement, ils ne permettent pas de distinguer entre un gouvernement despotique et un autre qui respecte les libertés aussi les droits ainsi conçus entretiennent l’illusion de la mise à feu et le prurit de l’incendie. Plus tard, mais dans le même esprit, Tocqueville opposera le mode d’action de l’écrivain et de l’homme d’Etat. La vertu de l’un étant le vice de l’autre.

Mais le contre-révolutionnaire est aussi un antiquaire, un érudit, il n’est pas systématique. Sa cible, c’est le culte du progrès qui désarme toute morale de l’action. Le grand cauchemar c’est l’enfant qui court après le wagon de tête, en implorant qu’on lui laisse enfin une place de peur de camper parmi ces congénères, ringards et autres moisis.

Arabe : Ne jamais dire crouille, bicot, raton, petit gris mais le penser très fort. Souhaiter son éradication, la prêcher parfois. L’arabe est racailleux de nature, il est le parfait antonyme de l’honnête homme, la figure sur laquelle cracher, le type à exécrer. Si c’est une femme, sa sensualité orientale échappée d’une danse du ventre peut parfois attirer. Il est donc symptôme et matrice de tout le mal dans le pidgin réactionnaire standard, ce qui maintient, en retour, la fascination pour cet être fantasmatique

Arabes chrétiens : Leur abandon serait le symptôme d’une démission identitaire

Argoud (colonel) : « le renseignement est obtenu à n’importe quel prix. Les suspects sont torturés comme les coupables, puis éliminés si nécessaire »

Baby-krach : cri doloriste des lapinistes

Banalité du mal : Cette notion introduite par Hannah Arendt à propos du cas Eichmann ne tient pas debout. Il n’y a aucune banalité du mal mais une inclination différentielle à en jouir de manière consciente ou non selon les individus et à la faveur de situations d’exception ou de guerre.

Barreau J-C : Ancien président du conseil d’administration de l’INED, selon ses dires il y avait au milieu des années 1990, 8 millions de musulmans en France.

Christianisme (vu par les néo-païens) : Contempteurs de toutes les raisons de dire oui à la vie. Il choisit le pauvre contre le riche, le corrompu repenti contre le juste, l’homme de rien contre le maître du monde, l’affligé contre le joyeux, le simple d’esprit contre le docte, le sophiste crucifié contre Dionysos.

Chômage : En 1970, 300 mille personnes étaient inscrites à l’ANPE, en 1976, la barre des 1 million est atteinte pour atteindre 2 millions dès 1983. Ce phénomène s’accompagne d’une dévalorisation des formations dites techniques des jeunes et d’une obsolescence des qualifications acquises. Ainsi, dès 1993, 44 % des plus de 55 ans étaient sans emploi

CIDAS : Organisation de la nouvelle droite italienne, elle allait réunir des évolistes mais aussi des néo-libéraux tels que Sergio Ricossa, admirateur de Louis Rougier. En 1974, le colloque se réunit autour de Jacques Médecin, alors maire de Nice. On y croise le conservateur allemand Armin Mohler mais aussi Alain-Gérard Slama sans oublier Louis Pauwels avant sa conversion.

Connaissance : Dispersée, fragmentaire et sans horizon de totalisation, elle n’a aucune consistance propre c’est pourtant sur cet édifice bancal qu’Hayek va bâtir son apologie du libre marché. Il suffit d’imaginer une langue qui se formerait selon le récit épistémologique du sieur Hayek, elle ne prendrait jamais.

Contestationnaire (univers) : Dans cet ouvrage mai 68 se réduit à une révolte contre le Père-Juif, à partir d’une analogie entre judaïsme et christianisme et discours bourgeois et discours révolutionnaire.  L’étudiant contestataire achèverait son parcours par une identification à la mère sadique-anale  au cours d’une sorte de transe antisémite autour de l’objet de sa haine. En finir avec mai 68 reviendrait donc à en finir avec l’antisémitisme et l’impureté (anale) de l’argent, ce qui revient à confondre le juif, le bourgeois et l’argent (l’Amérique ?).

Contrat à durée indéterminée : Il ne devient la norme qu’entre 1950 et 1970 à la faveur du quasi-plein emploi. On pourrait le définir comme un contrat qui dure tant que le patron ne l’interrompt pas.

Crime of obedience : notion dépourvue d’intérêt. Le crime ne réside pas dans l’obéissance mais dans l’assentiment à l’acte criminel

Démocratie (haine de la) : Sous prétexte que l’égalité naturelle des hommes se traduit par l’attribution des mêmes droits et compétences à chacun d’entre eux, cette même égalité conduirait au collectivisme sous les deux formes du socialisme d’Etat et de la dictature.

Démocratiques (passions) : Entraînements borgnes de majorités passagères qui par un bricolage électoral sont la fiction de la continuité d’une nation ou d’un collectif.

Dénaturalisation : La procédure était recommandée, dans un rapport de 1986 destiné au ministère des Armées, par Dupâquier, Bourcier de Carbon et Evelyne Sullerot.

Dépopulation (Alliance française contre la) : Agence lapiniste. On y retrouve Jean-Yves Le Gallou, Michel de Rostolan et le dénommé Bourcier de Carbon

Disparition : quand vous passiez chez nous, vous franchissiez un mur duquel vous pouviez très bien ne pas revenir et personne n’aurait pu dire où vous étiez.

Dupâquier Jacques : Démographe délirant pour lequel le vieux ethnique issu du paléolithique dominait dans la France des années 1980

Egalitarisme : tentative, vouée à l’échec selon Louis Rougier, d’égaliser les conditions à l’arrivée.

Elite : Pour tout homme de droite, ce problème passe avant celui du peuple.

Estoup (capitaine) : Monsieur le président, en langage militaire on dit faire du renseignement, en langage du monde, on dit presser de questions, en français, on dit torturer

Exactions : elles « restent accidentelles lorsqu’elles sont sous la menace de sanctions graves mais elles se multiplient avec une effrayante rapidité lorsqu’elles sont tolérées sinon approuvées par le commandement »

Exception (état d’) : petite enclave du temps de guerre dans le temps de paix devenu out of joint

Endettement : En 1973, 38 % des ouvriers accèdent à la propriété mais les 2/3 d’entre eux ont un endettement qui atteint la moitié de la valeur de leur logement.

Euro : Cette monnaie permet une certaine stabilité monétaire qui se paie de la disparition de toute souplesse en cas de choc. Comme l’a énoncé Otmar Issing, en 2010, « les règlers sont qu’un pays doit recourir à des politiques nationales pour réduire son déficit ». Phrase à laquelle Irwin Stelzer répliqua « vendre les bijoux de famille pour financer les dépenses courantes n’est pas la route d’un avenir réaliste ».

Etat social : Principe social-démocrate de gouvernement de la société, il suppose que l’Etat doit piloter le progrès de tous. Ce principe fut abandonné par tous les partis socialistes entre 1980 et 2010. Dans les faits, ce type d’Etat produit un individualisme paradoxal (coupé virtuellement de tout lien avec le voisinage, le lieu, la famille mais inclus de fait dans des artefacts juridico-administratifs.)

Eurabia : Complot présumé, né dans les années 1970 autour d’une revue. Bat Ye’or mais aussi bien Jean-Claude Milner, selon un autre mode (néo-structuraliste), en sont des sectateurs. Il aurait pour objectif (chez Bat Ye-or) ou pour corollaire (chez Milner), sous les atours d’un dialogue euro-arabe, une démission identitaire voire un projet impérial franco-allemand qui s’achèverait par la disparition d’Israël.

Extrême-droite (configuration ) : Elle regroupe tous ceux dont les analyses, les opinions et les recommandations convergent, se repère via les renvois d’ascenseur et les contacts publics. Pour ceux qui oeuvrent dans la sémiosphère et les différents marchés, les collaborations en sont aussi une trace documentaire.

Fallaci Oriana : « Du détroit de Gibraltar aux fjords de Soroy, des falaises de Douvres aux plages de Lampedusa, des steppes de Volvograd aux vallées de la Loire et aux collines de Toscane, l’incendie flambe ». C’est le retour du ton apocalyptique en politique. La conférence du contre-djihad tenue à Bruxelles, en 2007, décerna un prix à son nom. Filip Dewinter néo-fasciste flamand en donna la traduction électorale « nous sommes obligés de partager notre prospérité avec des dizaines de millions d’immigrés du tiers-monde dont la majorité contribue à peine à notre économie et ne cotise pas à la sécurité sociale. Ce sont des parasites…L’immigration de masse est devenue le cheval de Troie d’une religion et d’une idéologie sociale, celle de l’islam ennemi premier de l‘Europe…L’islam radical nous a en effet déclaré la guerre ». Si le dernier constat est vrai, tout le reste est une série de glissements et de métonymies monstrueuses greffées sur le corps sain de la nation (ici flamande) victime et menacée de mort.

Famille : D’un côté, elle est devenue une structure relationnelle en perpétuelle négociation, de l’autre, la plupart des familles dites monoparentales sont sous tutelle étatique.

Famille (analyse de la) : Les trois piliers du mythe du côté de la nouvelle droite en sont : le männerbund, association de guerriers à l’origine (évoliste) de l’Etat, la sociobiologie, enfin le « lignage » indo-européen.

Faulques Roger (capitaine) : Bob Ménard ne lui a pas encore consacré une rue de Béziers. Hélie de Saint-Marc disait de lui, « on le disait brutal. Il était au-delà des étiquettes ». Il avait pris l’habitude de mener la première séance puis d’en présider d’autres. Metteur en scène, Claudine témoigne de son art « j’assistais à tout cela dans un coin de la salle, nue et les menottes aux mains. De temps en temps ils me faisaient appeler pour que je la regarde » pourvue d’électrode ou à moitié asphyxiée. Il aimait aussi doser, à la louche, l’intensité de la gégène et se réservait l’interrogatoire d’après-séance. Il lui arrivait, au cours d’une partie de gégène d’appeler sa femme pour lui expliquer qu’il allait rentrer tard car il avait beaucoup de boulot. De l’autre côté de la cloison, un homme, une femme hurlaient. Alors, il raccrochait puis s’en retournait près du suppôt, cagoulé et nu, c’était la nuit.

Figaro Magazine : En octobre 1985, le magazine lance une enquête intitulée, « serons-nous encore français dans 30 ans ? ». La fécondité des femmes désignées comme étrangères avait été fixée à 4,69, le solde migratoire des non-européens entre 59 et 100 mille personnes. La projection aboutissait à un nombre compris entre plus de 10 et 12 millions d’étrangers en France en 2015. Selon le Figaro, la France était duale et ce dualisme quasi-ontologique se reflétait dans une fécondité différentielle qui prescrivait une réforme du code de la nationalité mais aussi ce que les frontistes allaient nommer la préférence nationale en matière d’allocations.

Français de souche : Pour le fabriquer, prendre une date butoir, par exemple, le français 1900 et considérer tous les autres comme étrangers.

France : Elle serait nécessaire à la stabilité émotionnelle et politique, donc ce nom de femme serait celui d’un Père ou la France comme travelo. C’est aussi une substance et selon le théorème de Zemmour, il faut y inclure Pétain.

Horloge (Club de l’) : Créateur, depuis 1990, du prix Lyssenko.

Illégalité : la rapidité de la sanction est essentielle : toute dilatation du temps met en péril la rigueur des interdits.

Islamo-progressiste : Figure jumelle du chrétien progressiste d’antan.

Immigration : Nom de la race dans les sociétés post-impériales

Imputabilité : Cette notion remplace celle de preuve en cas d’état d’exception ou de guerre

Instructions : Il n’y aura pas d’instructions écrites données par le gouvernement

Juif (Esprit) : Il se serait universalisé avec la Réforme et inscrit dans la constitution des Etats-Unis. Il paraît que le 20ème est son siècle comme 2016 est l’année du Singe.

Juifs : Ils auraient une fonction sacrale, celle du Père. Visiblement chinois, indiens, athées, néo-païens et japonais en doutent fort.

Libéral (Dogme) : Quelle que soit sa teneur, le libéralisme suppose qu’il existe un équilibre (donc un optimum) que traduit une certaine distribution des richesses à toutes les échelles.

Libérale (pensée) : Nombre de penseurs libéraux déconnectent la science économique des nécessités politiques ou sociologiques car comme le disait Adam Smith, la sécurité vaut mieux que la liberté.

Libéralisme : Il a pour principes axiologiques, l’initiative et l’indépendance spirituelle de l’individu.

Licenciement économique : Procédure qui maintient l’arbitraire patronal dans les collectifs de travail. De fait, la loi (de 1973) reconnaît que le patron est seul juge de l’intérêt de l’entreprise.

Machinisme (Anti-) : Les machines sont un Moloch charnel et spirituel.

Malin : Selon Jean-Paul II, sa tactique consiste « à ne pas se révéler afin que le Mal qu’il inculque depuis le commencement reçoive son développement de l’homme même »

Meute : forme de socialisation, l’alignement sur la meute renforce l’identité de l’aligné, plus il s’aligne puis il est Lui comme les autres, soumis à la volonté et à la présence charnelle et parlante du chef.

Mondialisation : La mise en concurrence de tous les territoires suppose un arasement permanent du salariat et, partant, une redéfinition patrimoniale des bourgeoisies nationales.

Mort violente (formes de) : On y compte l’homicide, le suicide, les accidents de la route. Le total cumulé des trois types de décès atteint les 8 % au Japon et en France (3 % au Royaume-Uni, 6 % aux Etats-Unis), soit le double de celui de l’Allemagne et de la Suède mais moitié moins qu’en Russie (18 %) et le 1/3 de la Colombie (24 %).

Mystique : Doctrine soutenue par la seule conviction. Elle refuse toute discussion et voudrait échapper au contrôle de l’expérience et plus encore de la raison. A droite, c’est toujours une esthétique.

Population et Avenir : Revue et terreau de la droite versée dans la démographie. On y trouve Jacques Dupâquier, Michèle Tribalat et J-C Chesnais.

Rapport : si parmi ces victimes quelques-unes, prises dans la bagarre, sont innocentes, la plupart devaient être sinon coupables, du moins complices ; et toutes, sauf peut-être deux qui avaient des pièces d’identité, étaient sans contredit suspectes.

Rationalisme (Anti-) : Il n’existerait pas de vérités a priori inconditionnellement nécessaires et indépendantes de notre esprit et de notre expérience

Renaissance (cercle) : Fondé par Michel de Rostolan. Il fait le lien avec les associations opposées à l’avortement. Il fondera en 1986, le groupe parlementaire Démographie et accueil de la vie où s’illustrera Christine Boutin.

Revenu / Patrimoine (rapport) : La part des 10 % recevant les revenus du travail les plus élevés est comprise entre le ¼ et le 1/3 du total, la part des 10 % de ceux dont le patrimoine est le plus élevé est comprise entre la ½ et les 9/10ème du total

Serial Killer : Il opère dans une phase de décrue des homicides.

Sévices : Les textes les interdisant abondent, leur réalité surabonde.

Social (problème) : Pour un homme de droite, le problème social n’est pas un problème moral donc de justice mais un problème culturel. La société comme forme de vie doit privilégier une organisation qui favorise la création d’une élite de la science, de l’art donc de l’Humanité.

Socialisme : Selon les libéraux, dès lors qu’il adopte pour méthode la planification de l’économie, il ne peut que déboucher sur la dictature.

Solidarité nationale (système de) : Dans ce système, les actifs paient pour l’ensemble des inactifs. Le chômage de masse, les emplois précaires, aidés ou subventionnés transforment le système des protections sociales en un dispositif de pénuries administrées où la définition des ayant-droits est instable.

SOS Jeunesse : Appel lancé par M.Godet et J-C Chesnais ainsi que le directeur de Futuribles H de Jouvenel.

SOS tout-petits : Surgeon de laissez-les vivre du défenseur intransigeant des fœtus, J.Lejeune

Subversion : Mettre sens dessus-dessous, ce seraient des entreprises d’ahurissement, un carnaval visant à abattre l’Occident.

Subversive (guerre) : on ne se bat pas pour prendre des maisons ou des quartiers mais des hommes, on se bat pour détecter un climat, une niche, un terreau.

Surnuméraires : Catégorie de la population considérée comme inemployable

Tribalat Michèle : Infatigable paladin d’une démographie « qualitative », son obsession consiste à remplacer une démographie élaborée à partir des cohortes par une démographie des groupes (étrangers, musulmans, etc.). Dès lors on peut multiplier à l’infini le nombre de générations d’immigrés.

X-DEP : n’est pas un collectif gay issu de polytechnique mais la version comique de feu X-crise. En janvier 1996, le groupe tenta de réhabiliter la mémoire de feu Jean Bichelonne. En mars 1996, dans un récit (allégorique ?), le capitaine Alfred Dreyfus offrait aux allemands les plans du canon de 75. On y retrouve Bourcier de Carbon

Publié par : Memento Mouloud | février 8, 2016

Uchronie (1) : Chroniques du désastre en cours (8 février 2016)

Bobigny

COP 21 , quelle sera l’ampleur du gâteau vert

Daallo ou l’explosion fantôme

Darfour

Deir ez zor (être gay à)

Delta 3

Raqqa

Trudeau Justin, bouffon en parade

Yuan mon amour

Bobigny

Depuis janvier, seize audiences civiles et autant d’audiences correctionnelles collégiales sont supprimées chaque mois. C’est 20 % des audiences du plus important tribunal de France après Paris. « C’est sans précédent, s’étrangle un haut magistrat du tribunal, de plus, dans le département le plus délinquant de France ».

COP 21 , quelle sera l’ampleur du gâteau vert

La présence du secteur privé était bien plus marquée à la COP21 que lors des éditions précédentes. Par ailleurs, les institutions financières mondiales se sont engagées à investir des centaines de milliards de dollars sur les quinze prochaines années dans les énergies dites propres et l’efficacité énergétique.

Du côté du volet catastrophe, une étude menée par CitiGroup souligne qu’un réchauffement planétaire excessif pourrait amputer de près de 72 000 milliards de dollars le PIB mondial. Un autre rapport, publié dans la revue scientifique Nature, conclut que le réchauffement climatique pourrait réduire de presque un quart le revenu mondial moyen. Un rapport de l’Université de Cambridge suggère que les portefeuilles d’actions pourraient perdre jusqu’à 45 % de leur valeur.

Du côté des réalités, une étude récente menée sur un échantillon de 1 700 grandes entreprises internationales a conclu que leurs investissements pour réduire les gaz à effet de serre affichaient un taux interne de rentabilité de 27 %. D’autres études, notamment un rapport publié par l’université de Harvard, ont établi que les entreprises socialement et environnementalement responsables surpassent celles qui négligent ces problématiques.

En septembre 2014, plus d’un millier d’entreprises se sont mobilisées en faveur d’une tarification des émissions de carbone. Elles ont rejoint la coalition pour la fixation du prix du carbone, la Carbon Pricing Leadership Coalition, créée à l’occasion de la COP21.  Au Panama, un consortium construit le plus grand parc éolien d’Amérique Centrale. L’installation, basée à Penonomé, aurait une capacité de 215 mégawatts. Pendant ce temps, le secteur privé joue un rôle clé dans la construction d’une importante centrale solaire de 510 mégawatts dans le désert marocain (coût, près de 3 milliards de dollars). Au Népal, le premier projet de centrale hydroélectrique du pays, qui génèrerait environ 200 gigawatts d’électricité, permettrait de mettre un terme au problème récurrent des pannes et coupures électriques, qui sont une des causes du retard industriel du pays.

Daallo ou l’explosion fantôme

L’explosion qui a eu lieu mardi 2 février 2016 à bord de l’avion de ligne de la compagnie Daallo était due à une bombe. « Des recherches supplémentaires conduites par des experts somaliens et internationaux ont confirmé que l’explosion (…) n’était pas due à un problème technique mais à une bombe destinée à détruire l’appareil et tuer tous les passagers », a déclaré Ali Ahmed Jama, le ministre de l’aviation somalien, lors d’une conférence de presse à Mogadiscio. « Les forces de sécurité ont arrêté des personnes suspectées d’avoir été impliquées » dans cet attentat, a-t-il ajouté.

Les services de renseignement somaliens dévoilaient, dans le même temps, des images de vidéo-surveillance montrant un individu soupçonné d’avoir placé la bombe qui a provoqué l’explosion à bord de l’avion. L’homme porte sur l’épaule un ordinateur portable, dans lequel aurait été placée la bombe, et qui lui aurait été remis juste avant par deux autres hommes – dont l’un est vêtu d’un gilet de sécurité – et qui apparaissent également sur la vidéo, selon l’Agence somalienne de renseignement et de sécurité (NISA). Cela fait beaucoup de conditionnel

« Environ 15 personnes ont été arrêtées jusqu’ici en connexion avec cet incident. L’enquête préliminaire indique que la bombe a été cachée dans un ordinateur portable porté par l’un des passagers », a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, un responsable somalien des services de sécurité. « Des images de surveillance ont enregistré certaines des activités et l’attaque aurait été coordonnée par un réseau d’individus, dont beaucoup ont été arrêtés ou font l’objet d’une enquête ».

Darfour

Béchir, président du Soudan, est recherché depuis 2009 par la CPI pour des accusations de crimes de guerres, crimes contre l’humanité et génocide dans le Darfour. Le conflit, depuis 2003, a provoqué la mort de plus de 300 000 personnes et l’exode de 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. La guerre continue son cours. C’est le moment qu’a choisi le gouvernement français pour reprendre ses renvois de migrants du Darfour vers le Soudan.

Deir ez zor (être gay à)

Ali*, 28 ans, vivait paisiblement dans sa ville natale de Deir ez-Zor en Syrie. Lorsque la révolution syrienne éclate en mars 2011, il gérait un café de quartier. Très vite, il prend fait et cause pour la révolution et devient journaliste-citoyen. Un an plus tard, l’armée de Bachar el-Assad bombarde sa ville et la famille perd son logement. Après des semaines de combats acharnés, le Front al-Nosra (la branche syrienne d’el-Qaëda) chasse l’armée régulière. Mais, en juin 2014, c’est l’État islamique (EI) qui s’empare de Deir ez-Zor. Dès lors, s’ensuit une période d’obscurantisme qui plonge Ali et sa famille dans le désarroi le plus total.

« Les Syriens ont toujours pensé que Deir ez-Zor, c’était le Moyen Âge. C’était tout le contraire. Il y avait un flot de touristes attirés par les ruines de Mari. La ville était un pôle dynamique pour toutes les communautés. Chaque année, les Arméniens faisaient le pèlerinage à l’église des martyrs arméniens », se souvient-il avec une pointe de nostalgie. En septembre 2014, l’État islamique dans sa frénésie destructrice a réduit cette église en un tas de ruines.

En Syrie, la sexualité a toujours été taboue. Néanmoins, sous le régime de Bachar el-Assad, la communauté gay coulait des jours heureux. Elle avait ses codes secrets. Ali nous confie que les hommes se « repéraient » grâce à leur démarche. « Quand je croisais un homme à l’allure féminine, je m’approchais et lui demandais s’il était « jaw » – du milieu », affirme-t-il. À Damas, plusieurs quartiers de « drague » s’étaient développés comme le jabal Kassioun (mont Kassioun) qui surplombe la capitale syrienne et où les hommes flirtaient au nez et à la barbe des soldats du régime. Pour ce dernier, la seule ligne rouge était la politique.

Les sites de rencontres et autres applications mobiles étaient légion. « Manjam », « Grindr » ou « Gaydar » offraient des possibilités multiples de rencontres. Certains de ses amis étaient, comme il le dit, « over » et se promenaient fardés dans la rue. Plus étonnant encore, c’était les fêtes dans des salles de mariage louées par des couples gays pour célébrer leur « union ». Ali se souvient de la dernière cérémonie, juste avant la révolution, où « un couple d’amis hommes avait mis les petits plats dans les grands pour sceller leur engagement. Évidemment, le mariage gay n’est pas légal, mais rien ne nous empêchait d’exposer, au sein de la communauté, notre amour au grand jour ».

« Vous n’allez pas me croire, mais j’ai passé mes plus belles années au service militaire. » Le jeune homme garde un excellent souvenir de ses années sous le drapeau. Durant son service, il a partagé son quotidien avec des hommes qu’il a aimés. C’est avec le sourire qu’il se remémore ces années magiques : « Un de mes amoureux m’avait avoué une très belle chose. À chaque fois qu’il me voyait à la cafétéria, il était tellement ému qu’il n’arrivait plus à manger. À l’armée, j’ai eu beaucoup d’amants. Bien sûr, nous étions vigilants. J’ai vécu les deux plus belles années de ma vie. »

Le jeune homme témoigne des atrocités qu’il a vues : « Mon premier traumatisme a été une convocation publique des jihadistes. Le rituel consistait à sommer les habitants à venir assister à des condamnations de présumés « fautifs ». Nous n’avions pas d’autre choix que d’obéir, car on ne peut pas dire non à Daech (acronyme arabe de l’EI). Sur la place publique, ils traînaient des gens qu’ils exécutaient froidement tout en récitant des actes d’accusation truqués. »

L’État islamique s’infiltre dans toutes les communautés pour mieux les contrôler et les détruire. Pour les homosexuels, la punition, c’est d’être jeté du haut d’un immeuble. Ali a au moins deux amis qui ont subi ce sort. Mais rien ne laissait présager le pire. Pour infiltrer le milieu, un jihadiste s’était inscrit sur un site gay en créant un profil. Après avoir contacté un jeune homme, Bassam*, il lui tend un piège et l’emmène dans un lieu inconnu. Avant de rendre l’âme, sous la torture, Bassam a dévoilé l’intégralité de son carnet d’adresses, livrant ainsi l’identité de ses partenaires.

Alertée par la disparition de Bassam, la communauté change ses habitudes vestimentaires. « On s’est tous laissé pousser la barbe et on a adopté une démarche macho. On s’est rendu compte que Daech notait les moindres détails de notre physique. Mes amis me disaient que je me déhanchais et qu’il fallait rester vigilant car je pouvais être facilement repéré. J’ai caché mes pantalons roses et jaunes, et je me suis entraîné à marcher d’une façon masculine. Je ne me reconnaissais plus. Je me regardais dans le miroir et je voyais un autre homme barbu et viril. C’était comme de la schizophrénie »

La route qui mène à Damas est ponctuée de barrages de l’État islamique et de factions diverses. Les trois premiers sont passés sans encombre. Au quatrième, des hommes montent dans le bus et en sortent trois garçons. Les jihadistes leur reprochent d’avoir tatoué leurs sourcils. Pour cette faute « grave », les trois garçons sont roués de 80 coups. Ensuite, les cartes d’identité sont vérifiées. Deux garçons sont retenus, le troisième relâché. Les deux malheureux sont froidement exécutés d’une balle à la tête.

« Dans le bus, tout le monde était effaré. Les femmes sanglotaient tandis que les hommes, pétrifiés, regardaient par terre. Le garçon qui avait échappé à cette condamnation était terrorisé. Un silence de mort a ensuite régné durant ce long périple d’une douzaine d’heures avant de rejoindre Damas », raconte Ali. Arrivé au Liban, Ali prend un taxi et se retrouve dans un immeuble habité par des ouvriers syriens. Une fois sur place, il s’aperçoit que huit hommes partagent une grande chambre. Pour la modique somme de 50 dollars, il pourra y loger. À la nuit tombée, épuisé, Ali est victime d’attouchements sexuels. Il s’enfuit in extremis. Une semaine plus tard, il est agressé par des Libanais qui lui reprochent sa démarche efféminée. Quand ils découvrent qu’il est syrien, ils le frappent au visage. Ali est effondré et songe au suicide. Il décide de s’inscrire auprès du HCR pour demander l’asile. « J’ai vécu l’enfer à Deir ez-Zor, et à Beyrouth le cauchemar continue », dit-il à bout de nerfs.

Delta 3

Sur la zone de Delta 3, un site bâti sur les décombres industriels du bassin minier, la famille Mulliez et ses petits camarades s’échangent de la main d’œuvre précaire pour satisfaire les exigences du « e-business ».

On y arrive par l’A1, et on a vite fait de se perdre dans le dédale des vastes entrepôts qui constituent le cœur de la zone. Delta 3, l’immense plate-forme logistique située en bordure de Dourges, au nord de Douai, est laide et sans âme. Ce conglomérat d’entreprises emploie autour de 1500 salariés. Au salon du Commerce connecté, à Lille Grand Palais, le Directeur Général d’Euralogistic vante les coulisses d’un secteur qui emploie plus de 40 000 personnes sur la région. Le type, qui pilote une partie des activités du site, se sent une vocation : « Ma mission est de faire du Nord-Pas-de-Calais la première zone logistique de France ».

Le site, lancé en 2003 avec l’aval de tous les élus du coin, cumule pour le moment plus de 300 000 m² d’entrepôts, et prévoit bientôt de doubler de surface. Sur place, des grosses boîtes appartenant souvent à la famille Mulliez et connectées aux marchés européens : DHL, Leroy Merlin, Oxybul, Décathlon, etc. Le site se gargarise de ses avantages comparatifs : un coût du foncier tassé par les élu.es pour attirer les investisseurs et faire la nique aux agglos voisines, et une plate-forme « tri-modale » qui permet d’optimiser les flux marchands. Camions, bateaux, chemin de fer : tout passe par Delta 3.

« Afin de prévenir tout risque pour la santé des travailleurs et pour les futurs utilisateurs de la plate-forme, (…) une méthode de dépollution [a permis] à Charbonnages de France de procéder à toutes les dépollutions nécessaires, mais seulement à celles-là ». Desprez venait d’admettre qu’ « arrêter les camions », l’un des objectifs vaguement affichés de la plate-forme, s’était vite « avéré illusoire ». Et de préciser : « Changer de modes de transport entraîne des coûts trop importants, c’est pas intéressant. Quoiqu’on en pense, le camion sera toujours le transport dominant ».

« Régulièrement on reçoit des colis de Chine. Et puis ben… on les réexpédie en Chine. Ou bien des trucs qui viennent de République Tchèque, et qu’on rebalance en Pologne ». C’est ce que nous raconte, sourire en coin, Thomas*, magasinier chez Décathlon. Les entrepôts de Décat’ ou Leroy Merlin réceptionnent les colis bouclés par des fournisseurs éparpillés à des dizaines de milliers de kilomètres, et les renvoient dans les magasins des deux groupes… à des dizaines de milliers de kilomètres.

Actuellement, Leroy Merlin compte plus d’une centaine d’intérimaires pour 185 salariés. Une équipe « cross web » prépare entre 180 et 400 commandes personnalisées par jour. « Les gens, ils achètent des trucs de dingue sur internet, des portes, des trucs super volumineux », rapporte Michel, un cariste qui bosse pour la firme. La boîte fait essentiellement transiter du matériau lourd : un préparateur transporte une moyenne de sept tonnes de carrelage par jour. Alors l’injonction à la e-productivité se paye physiquement. « Le classique ici, c’est les lumbagos et les sciatiques », précise Michel. « Et quand t’as été touché une fois au dos, t’es plus vulnérable pour la suite ».

Le site est quadrillé par des compagnies de sécurité privée ; il est bardé de caméras, de portiques et de pointeuses à badger. Les employés « reçoivent les ordres dans l’oreillette ou sur une tablette fixée sur l’avant-bras », poursuit le DG. Qui embraye, d’un ton exalté : « Quand la voix donne la commande, il faut répondre au micro  »OK ». Quand un voyant s’allume, on doit aller dans tel rayon chercher tel colis, et l’emmener à tel endroit en suivant les consignes de la voix. »

Raqqa

«Rasez la moustache. Laissez pousser la barbe… C’est un ordre du prophète.»», enjoint Abu Fatima. «Par Dieu le glorieux, pas un seul fumeur n’aura mon examen ni n’aura le bon qui lui permettra de toucher l’argent des moudjahidines, s’est-il mis à crier. Ni le cocu qui laisse sa femme sortir sans voile!» Les cours de charia ne sont que les sanctions les plus récemment mises au point par l’État islamique. Avant l’été, il punissait les délinquants en les obligeant à creuser les tranchées qui encerclent partiellement la ville.

La prise de Raqqa par l’État islamique en janvier 2014 a déclenché une transformation démographique sans précédent dans la ville. Des combattants étrangers ont déferlé, apportant leurs familles avec eux. Dans la forme de colonisation la plus immonde qui soit, les membres de l’EI se sont mis à vadrouiller partout à la recherche de maisons à investir. Ils ont commencé par les maisons des officiers du régime syrien, les logements qui avaient appartenu à des rebelles syriens et les logements sociaux.

Mais avec le temps, l’État islamique a réussi à recruter un grand nombre d’habitants. Ces nouvelles recrues sont principalement de jeunes hommes célibataires, voire des adolescents, qui vivaient chez leurs parents et sont incités à se marier dès leur formation militaire terminée. En conséquence, la demande de nouveaux logements n’a fait que croître. En juin dernier, la perte par l’EI de la ville frontalière syrienne de Tal Abyad a également suscité un grand nombre de nouvelles arrivées tandis que membres et supporters de l’EI s’enfuyaient vers Raqqa.

Les Kurdes vivaient autrefois aux côtés de leurs voisins arabes à Raqqa. Mais aujourd’hui, alors que les combats entre l’État islamique et la milice kurde, les Unités de protection du peuple (YPG), s’intensifient, ils ont été chassés de chez eux.

L’EI s’était engagé à protéger les propriétés des Kurdes, promesse qui ne fut tenue que trois jours. Les propriétés kurdes à Raqqa ne tardèrent pas à être pillées et les maisons accaparées par l’État islamique qui les redistribua à ses combattants. Les locataires arabes qui occupaient des appartements ou des maisons kurdes n’eurent d’autre choix que d’en remettre les clés. Pendant que l’État islamique chassait les Kurdes de Raqqa, il essayait d’attirer d’autres habitants dans la ville. Exploitant la crise des réfugiés syriens soudain propulsée au rang de problème urgent dans les médias internationaux, l’État islamique a produit plusieurs vidéos appelant les sunnites –désignés simplement par le terme «musulmans» dans son vocabulaire –à venir vivre dans ses territoires.

Dans ces vidéos, l’État islamique montre des réfugiés noyés dans la Méditerranée ou emprisonnés par la police hongroise. Les séquences illustrant la vie dans son califat, en revanche, affichent des marchés bondés et des jardins luxuriants. Plusieurs habitants et combattants apparaissent dans la vidéo, pressant les «musulmans» de rentrer chez eux.

Il y a quelques mois, Le Califat  a privé les habitants de wifi en faisant enlever les amplificateurs de signal des toits des maisons. Le 18 novembre, les connexions internet par satellite ont été interdites, et les cybercafés ont été obligés de fermer. Le café qui désire rouvrir doit se procurer deux recommandations des forces de sécurité de l’État islamique comportant les signatures des émirs. Et il faut également un permis du bureau des renseignements de l’EI.

Les frappes aériennes ont endommagé le principal pont sur l’Euphrate utilisé par les habitants pour entrer dans la ville et ont détruit les plus petits. Il faut une heure de route pour atteindre la rive opposée. Sur la radio califale, un présentateur fait l’éloge d’Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attaques de Paris. «Par Dieu, l’État islamique va venger ces frappes aériennes. Nous allons les attaquer chez eux, vocifère-t-il. En Belgique et en Australie, au Canada, en Allemagne et à Rome…»

Trudeau Justin, bouffon en parade

Sourire de jeune premier, toujours disponible pour un selfie, le Premier ministre canadien Justin Trudeau incarne une nouvelle manière de gouverner sans but. Totalement en phase avec son époque, il a constitué un gouvernement respectant la parité ainsi que la diversité ethnique du Canada « parce qu’on est en 2015 ! » variante du si les chinois étaient à Paris, il se ferait mandarin.

Yuan mon amour

D’après les chiffres plus ou moins mensongers publiés dimanche 7 février par la Banque centrale de Chine (PBoC), les réserves de change du pays ont fondu de 99,5 milliards de dollars (89,2 milliards d’euros) en janvier, pour tomber à 3 230 milliards de dollars. Le bas de laine monétaire chinois est au plus bas depuis 2012. Pour soutenir le cours de la devise, la banque centrale achète des yuans en puisant dans ses réserves de change, qui ont fondu de 770 milliards de dollars depuis leur pic de juin 2014, à 4 000 milliards de dollars. Mais pour que cela fonctionne, le pays devra aussi stopper les sorties de capitaux (plus de 700 millions de dollars en 2015, officiellement) et convaincre les investisseurs (autre nom pour les rentiers) de rester en Chine. Ce qui exige des réformes structurelles (licenciements, précarisation toujours plus précaire des salariés, ouverture à la prédation internationale) délicates. L’indice composite de Shanghai a perdu 50 % depuis juin. Il reste néanmoins 30 % supérieur à son niveau de mi-2014, avant la formation de la bulle boursière (autre nom pour spéculation) chinoise.

Le Monde / AFP / Slate / L’Orient le Jour/ La brique / La Tribune/ BAM

Publié par : Memento Mouloud | février 6, 2016

La Grâce de Jacqueline Sauvage ou le pitre et l’assassin

Sous la pression des organisations féministes, le président Hollande, le pitre Hollande a partiellement gracié une meurtrière Jacqueline Sauvage, au nom de toutes les femmes battues, ce qui constitue à la fois une négation de toute justice (on juge un cas pas une classe da faits) et un mépris évident des jurys populaires.

Je n’en suis pas étonné. Sous ses dehors de clown, François Hollande est selon la définition de Pascal, un tyran c’est-à-dire un être qui voudrait organiser hors de son ordre, la politique exécutive, une domination sans partage. Le même homme qui a permis de lever le secret de la vie privée, qui introduit l’état de guerre dans la Constitution qui rend raison au capitalisme réellement existant vient de gracier une meurtrière, avec l’accord de Madame Taubira qu’on a connue nettement plus silencieuse à propos des syndicalistes emprisonnés.

Il suffit de plonger dans le compte-rendu d’audience pour comprendre ce qu’est ce couple et cette famille. Norbert Marot ressemble très fortement au Jean Yanne de Que la Bête meure. Chef de famille, chef d’entreprise, chasseur, il est brutal, insultant, comminatoire, le beauf épiphane de Cabu en personne. Comme sa femme il doit voter Front National, comme sa femme il déteste les chômeurs et les fainéants. Comme sa femme il appartient à cette petite-bourgeoisie inculte de province qui s’estime la seule à trimer sur la planète France.

Jacqueline Sauvage fut une petite fille choyée par son père qui n’a pas hésité à exhéréder ses autres enfants en sa faveur. Violente elle insulte publiquement ceux qu’elle n’aime pas, gifle, poursuit de son ire une des maîtresses de son mari, s’avère autoritaire et rétive à l’autorité au sein de la prison. De plus, elle manie le fusil mieux que son mari. Le jour de l’assassinat comme l’a certifié l’expert les trois balles firent mouche, chacune était homicide. Norbert Marot n’avait aucune chance d’en réchapper.

La belle et la bête ont édifié leur couple autour de l’entreprise familiale qui a fini par péricliter avant le meurtre de l’Ogre, du père incestueux. Comme pour les coups répétés qu’aurait subi Jacqueline Sauvage, rien ne prouve les actes incestueux de Norbert Marot sinon les témoignages des enfants, hors celui du fils, Pascal, qui s’était suicidé la veille du meurtre. Le scénario bascule, nous ne sommes plus dans la Belle et la Bête mais dans celui de Sitcom de François Ozon, le père est un gros rat qu’il s’agit d’éliminer et c’est exactement ce que réclament les associations féministes, la reconnaissance d’une justice immanente, une justice de dératiseurs.

Un simple raisonnement et quelques faits auraient dû écarter toute grâce. Si Norbert Marot est un être violent et incestueux, pourquoi lui a-t-on confié les petits-enfants pour un voyage en camping-car dans la Somme, en 2011 ?  Si cet homme est un Ogre, pourquoi les enfants se sont-ils agrégés à l’entreprise familiale. Si Madame Sauvage a menti, par calcul, sur les circonstances du meurtre, pourquoi n’aurait-elle pas menti sur d’autres points ? Enfin si les incestes ont eu lieu, pourquoi cette femme n’a-t-elle pas protégé ses enfants ? Et mieux, pourquoi n’a-t-elle pas flanqué deux balles dans la tête de la Bête pour qu’elle meure enfin ?

Pour le compte-rendu des audienceshttp://www.larep.fr/loiret/actualite/pays/gatinais/2015/12/03/assises-jacqueline-sauvage-condamnee-a-10-ans-de-reclusion-en-appel-pour-le-meurtre-de-son-mari_11685571.html

Publié par : Memento Mouloud | février 5, 2016

Une France nihiliste de droite

La France possède quatre partis de droite : le FN, les républicains, l’UDI, le parti socialiste, ce qui fait beaucoup pour un seul pays. La gauche n’est même plus laminée, elle est en voie de disparition parlementaire, ce qui ne veut pas dire qu’elle a disparu intellectuellement, encore moins qu’elle n’a aucun avenir parce que l’avenir ne se détermine, et encore, que sur un horizon n+1.

Donc la France est de droite si bien que le FN ne pourra jamais s’emparer seul du pouvoir, il lui faudra composer. Et si le FN entend composer, il lui faudra se rallier au libéralisme réellement existant. C’est-à-dire choisir la voie Marion plutôt que la voie Marine. Le FN sera donc un parti libéral-racialiste ce qui ne le distinguera guère, sinon en terme de notabilités, d’une partie des républicains.

Le PS prépare un régime dont la constante sera l’exception. C’est un phénomène politique assez singulier d’observer des parlementaires achevant la forme démocratique de gouvernement en justifiant leur attentat par d’autres attentats. C’est donc comme porte-parole et tuteur des victimes que les parlementaires s’apprêtent à enterrer les garanties constitutionnelles d’un régime hideux mais à tout prendre moins hideux que tous les autres. Comme l’avait vu Debord, ces gens sont tellement à court qu’ils entendent qu’on les juge sur leurs ennemis, pas sur leurs actes.

Les socialistes comme les démo-chrétiens de l’UDI se sont ralliés à une sorte de spéculation par le bas. Le capitalisme est sans doute un dispositif obscène qui flatte ce que saint Augustin appelait les concupiscences mais c’est le plus efficace des dispositifs qui se sont succédé dans le flux de l’Histoire. Le problème c’est qu’il engendre une sorte de guerre économique qui se complète de guerres ou d’opérations de police qui n’ont qu’un vernis économique. Des tas de types au rebus continueront de lever des étendards et de tirer dans le tas parce qu’ils ne verront pas d’autres solutions à ce mélange de dégoût et de pessimisme qui plane sur la réalité de notre temps. Des tas d’autres types continueront à s’enrôler au nom d’un impératif néo-kantien pour défendre les patrimoines acquis. Dans les faits ces tas d’autres types joueront les éboueurs tandis que la fête continuera au loin.

Depuis 40 ans, les équipes gouvernantes ont échoué dans leur mission de donner une direction à une société qui en a besoin. Ils ont donc testé le fanal obscur du progressisme puis du libéralisme. Les équipes se rallient désormais au triptyque sécurité-patrimoine-évaluation annonçant une ère d’inefficacité accrue.

Incapables de juguler le chômage, d’inverser le processus de précarisation des conditions réelles d’existence ou de rupture rationnelle avec les traditions en miettes et littéralement terrassées, les équipes continuent à marcher à l’aveugle conduisant les sociétés dont elles ont la charge non pas vers la catastrophe mais vers la perpétuation de l’hystérie et du dégoût.

Le problème n’est donc pas la droite puisque de Gaulle ou Pompidou ont démontré qu’ils étaient capables de fixer une direction et de s’y tenir alors que la gauche française (et j’insiste bien sur le prédicat de française) a toujours été incapable de ne pas se renier en cours de route mais bien celui d’une ingénierie défaillante et hors de ses gonds dont la nullité et la corruption affligeantes ne sont même pas la marque de la Bête mais celle de la bêtise devenue reine de l’hexagone.

Publié par : Memento Mouloud | février 4, 2016

Alain (Finkielkraut) à l’Académie

Je n’ai rien lu d’Alain Finkielkraut, je veux dire aucun ouvrage, depuis la défaite de la pensée parce que je n’y trouvais qu’une défaite bien connue, pas celle de la pensée mais d’une pensée pour laquelle toute la science se réduisait à la raison calculante et tout le reste à du relativisme. Alain était déjà, à ses propres yeux, le dernier d’une lignée, ce qu’il allait appeler le mécontemporain.

Je ne dis pas qu’Alain Finkielkraut est nul, encore moins nauséabond, je constate simplement qu’il a mieux géré sa petite affaire qu’il n’a traité la pensée ou la littérature dont il s’est fait le paladin. Or défendre un château fantasque c’est rejouer Amadis de Gaule sans bien saisir l’agudezza de Cervantes. Le voici donc défendant la mémoire de Monsieur Marceau, Félicien de son prénom.

Dans un monde où les gens célèbres se nomment Benzema, Booba ou Tapie, taper sur Finkielkraut revient à s’agiter sur un tambour crevé. La messe est dite et elle est largement planétaire.

Alain a découvert qu’il aimait la France, j’avoue que je ne comprends pas bien ce qu’il entend par ce mot. La France est un séjour, c’est aussi quelque chose de proche, mais il faut vraiment avoir l’estomac accroché pour l’appeler sa patrie. Je ne crois donc pas qu’Alain a découvert qu’il aimait la France. Je ne dis pas non plus qu’il fait semblant de l’aimer. Il prétend redorer son identité comme on lustre un meuble en y ajoutant une patine qui lui donnera du prix car ce sont les cordes de l’imagination, même fêlée, qui donnent du prix aux choses.

Le paysage que voudrait se donner Alain serait une langue mais la langue française est parlée bien au-delà des Pyrénées. Non la France n’est pas une langue, même réformée, c’est un ensemble de paysages qui sent plus ou moins bon et s’enivre de tôles et de lotissements alignés.

Dans un pays devenu stupide et hébété, un pays en formol avec des chromos sépias et des parcs à thèmes, l’habit vert d’Alain est un autre décor qui passe comme les robes de Cyrano et le chroniqueur reprendra son micro et les auditeurs seront de plus en plus nombreux parce que le poisson ne pourrît pas que par la tête mais s’agite aussi au niveau des boyaux.

La France corrompue rêve d’une autre France, une Arcadie où s’épanchent des spectres au milieu de gaz d’échappement d’où surgissent des figures hirsutes, menaçantes, des gueules cramoisies, où s’insultent en mille dialectes, en mille idioties des mondes parallèles dont le seul trait d’union est un flux constant d’euros, comme un Moloch de foire perdu dans quelques pages déchirées de Salammbô.

Publié par : Memento Mouloud | février 4, 2016

L’étrange préférence française pour les garçons

Parmi tous les enseignements tirés de la dernière enquête démographique sur l’état de la France, certains ont été rendus public : l’espérance de vie recule parce que la mortalité augmente, le nombre de naissances régresse, le nombre de couples mariés ou non est égal à celui des années 1970, les divorces se poursuivent, le nombre d’unions homosexuelles (mariage ou non) est réduit, le nombre de français à l’étranger augmente et celui des français installés à l’étranger voulant rentrer dans l’hexagone diminue, en revanche le nombre d’entrées d’étrangers sur le territoire reste constant.

En revanche, une tendance de moyenne durée est restée inaperçue : depuis 1992 le nombre de naissances masculines est toujours supérieur à celui des naissances féminines.

Un tel déséquilibre n’a rien de naturel et suppose une agrégation de volontés dont on ne peut déterminer les facteurs faute d’enquête. En revanche, il est évident que le dispositif échographie-avortement doit être mis à contribution. Sans évoquer le déséquilibre indien ou chinois, il faut bien admettre que les français pratiquent, sur un mode modéré, la préférence pour les garçons. Comme ce genre de différentiel n’est pas homogène, faute d’enquête, on ne sait pas comment il se répartit sur le territoire.

 

Pour ceux que ce différentiel intéresse : http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=bilan-demo

 

Publié par : Memento Mouloud | février 4, 2016

Osez le féminisme ou la déconstruction de l’honnête homme

Un sujet passe sur les ondes de France Info, la traque policière des « frotteurs » dans le métro parisien. La porte-parole d’Osez le féminisme est invitée à répondre à la question sans alternative, « ces mesures vous paraissent-elles aller dans le bon sens ? ». Evidemment ça va dans le bon sens puisqu’une équipe policière est désormais dédiée à la répression de ce genre de délits mais ça ne va pas assez dans le sens voulu, reste à déterminer ce qu’est ce sens.

Qu’est-ce qu’on met dans la catégorie ? Selon les Inrocks, « il y a les regards soutenus, pesants, déstabilisants. Des regards parfois lubriques, et d’autres fois, menaçants. Certains hommes “se lèchent les lèvres en te fixant intensément, comme si tu étais de la viande ou du bétail”, témoigne Émeline. D’autres sifflent au passage d’une femme », « il y a ces hommes qui, quel que soit leur niveau d’éducation, pétris de leur vision des femmes et des rapports de “séduction”, gentils ou non, polis ou non, interpellent une femme, demandent son prénom, son numéro de téléphone et continuent à insister sans considérer le refus de celle qu’ils harcèlent… Il n’est pas rare que, face au refus d’une femme, l’homme se mette à l’insulter. Les “salope”, “pute” ou “connasse” fusent de la bouche de celui qui, quelques secondes plus tôt, se voulait charmeur.», « Boulomsouk raconte comment un jour, elle se fait aborder par un homme sur le quai du RER. En dépit de son insistance, elle lui rétorque qu’elle n’est pas intéressée. Le RER arrive à quai. Elle le prend. Quelques instants plus tard, à bord, Boulomsouk se met à recevoir sur la tête une pluie de… coques de cacahuètes! Elle se retourne, c’est le même homme, monté dans la même rame, qui désormais la fixe intensément en mangeant des cacahuètes qu’il décortique et dont il lui balance les restes à la tête », « Émeline aussi a subi plusieurs fois harcèlements et agressions. La dernière fois, c’était à la gare du Nord. Elle attend sur le quai de la ligne 5 pour prendre sa correspondance à République. Arrivent trois grands et jeunes garçons, qui l’entourent, lui demandent son nom, sa destination et son numéro de téléphone. “Je leur réponds poliment que je ne suis pas intéressée, que j’ai un copain. Ça ne les arrête pas”, raconte-t-elle. Quand le métro arrive, ils la suivent à l’intérieur et poursuivent leur harcèlement. À sa correspondance, ils continuent de la suivre. Émeline décide de leur donner un faux numéro “pour qu’ils me lâchent”. L’un d’entre eux s’en rend compte et hurle: “Tu me prends pour un con!” Les insultes pleuvent. Au moment où la jeune femme emprunte un escalier, le plus véhément saisit son sac. Elle résiste, il la soulève alors par son col de manteau, avant de la lâcher lourdement. Elle tombe brutalement dans les escaliers. Tous les trois s’enfuient… “Que ce soit quand les trois jeunes m’encerclaient dans le métro, lorsqu’ils m’ont agressée ou quand j’étais étendue dans les escaliers, personne ne m’a aidée, personne n’est intervenu.” », « la main aux fesses, “la traditionnelle”, comme l’appelle Nathalie, est un acte répandu dans les transports. Tellement répandu qu’Assia en a fait l’amère expérience en à peine quelques jours à deux stations différentes. Une fois en passant les tourniquets, l’autre en sortant du RER, deux hommes lui ont saisi les fesses. Assia a giflé chacun de ses agresseurs: “J’ai affiché le premier devant tout le monde en lui hurlant ‘Tu ne me touches plus les fesses!’. Le second s’est enfui en rentrant dans le RER, sans demander son reste. Chaque fois, les gens autour étaient stupéfaits, mais nul n’a réagi.” « À 16 ans, Emel et une amie sont debout dans un train de banlieue qui va à Argenteuil, quand elles se rendent compte que l’homme assis près d’elles se masturbe tout en les regardant fixement. C’est Caroline qui, au même âge, dans un “métro blindé sur la ligne 8”, ressent quelque chose au niveau de ses fesses, se retourne et voit un homme le sexe en pleine érection contre elle. Elle doit crier “Tu ranges ça, tout de suite!” pour que l’homme se reboutonne et sorte finalement du métro à la station suivante. C’est Sarah qui, à la gare de Fontenay-Sous-Bois, se fait agresser par un homme qui finit par la faire tomber en lui faisant un croche-pied et qui doit se défendre seule en plein milieu d’une foule. » C’est aussi Nathalie qui se fait agresser dans le RER A. Il est environ 13h, elle se rend à un examen, lorsque rentre un homme grand, “environ deux mètres, balèze, un vrai golgoth”. Alors que plusieurs places sont vides, il vient s’assoir en face d’elle “avec ses jambes de Magic Johnson”. Il lui demande son nom, sa destination, la complimente, et tout en continuant à la “draguer”, sort une lame de couteau qu’il pose lentement à l’intérieur de la cuisse de la jeune femme. “La peur est immédiatement montée en moi car, tout de suite, à son attitude j’avais senti quelque chose. Il m’avait choisie, comme un prédateur choisit sa proie, se rappelle Nathalie. Je ne savais pas si j’allais m’en sortir vivante. Je lui ai répondu en prenant la voix la plus infantile possible. Je me suis mise à parler comme une gamine et à tousser fort, comme si j’étais malade. Tout ça dans l’espoir de me désexualiser à ses yeux, de le dégoûter.” Au bout d’un temps, qui a paru une éternité à cette passagère, l’homme s’en va comme il est venu. Son stratagème a fonctionné. “Je me retrouve avec, en plus de la peur, un sentiment d’humiliation, de vulnérabilité, avec des larmes qui sont là mais qui ne coulent pas et avec le dégoût de n’avoir vu personne réagir autour de moi. Je me suis retrouvée entourée de gens, mais abandonnée seule face à mon agresseur.”

Le « frottage » est qualifié de harcèlement sexuel. Le code pénal le définit comme suit « Le harcèlement sexuel est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d’user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l’auteur des faits ou au profit d’un tiers ». Il est passible de trois ans d’emprisonnement et 45 mille euros d’amende. Il s’en suit que le frottage quand il n’est pas accompagné de formes physiques d’intimidation, est assimilé à une « forme de pression grave dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte de nature sexuelle ». Or la difficulté tient à la situation : il s’agit d’un acte de nature sexuelle et il est parfaitement performatif. Qui le commet ? La porte-parole n’en dit rien puisque ce serait tout le monde, disons n’importe quel homme. Si on suit la logique pénale c’est une forme atténuée d’harcèlement qui tient à l’absence de consentement de la victime. De là, la porte-parole d’Osez le féminisme passe, sans transition et par métonymie, au viol, qui est un crime. Ainsi le sens est balisé. Ce qui est visé c’est le sexisme, la domination masculine dont les frotteurs seraient un symptôme.

On a là l’application du principe qui vole un œuf vole un bœuf.

Seulement si on suit les témoignages produits par les Inrocks sur l’absence de compassion ou de réaction des personnes présentes, les victimes attendent aussi un exercice viril de la masculinité pour mettre un terme aux actes des « frotteurs ». Par conséquent, il est reconnu, un, que tous les hommes ne sont pas des frotteurs, deux, que la plupart n’exercent pas leur rôle d’homme qui est de s’opposer à la force par la parole ou la force, trois que c’est le défaut de communauté qui transforme une femme en proie. En conclusion ce que les femmes attendent des hommes c’est une forme de civilité qui rejoint par la bande la notion d’honnête homme, une très vieille notion réactionnaire.

Aussi, les membres d’Osez le féminisme visent moins les frotteurs ou la protection des femmes que la déconstruction de l’honnête homme et c’est le deuxième volet de l’argumentation.

La porte-parole d’Osez le féminisme lance donc le nombre magique de 75 mille femmes violées par an (selon les enquêtes de victimation ou victimisation or moins de 20 mille viols sont déclarés annuellement dont le 1/3 sur des mineurs) soit, dit-elle, une toutes les dix minutes. Je prends ma calculatrice et j’obtiens 52560 femmes violées. J’ai dû mal entendre, je passe donc à 1 femme violée toutes les 6 minutes et j’obtiens 87600 femmes violées. De cette simple arithmétique je conclus que les membres d’Osez le féminisme sont fâchées avec les probabilités. Or, non seulement, les nombres leur échappent mais le simple raisonnement puisqu’elles appliquent une statistique pénale, 80 % des violeurs sont des proches des victimes à un ensemble qui n’est pas approprié (l’ensemble des victimes de viol selon les enquêtes de victimation-victimisation pour lesquelles il n’y aurait pas 75 mille viols par an France mais 200 mille).

D’où il ressort qu’inconnu ou connu, l’Homme est un violeur qui s’ignore car il exerce son droit à la masculinité qui serait une tyrannie en puissance puisque cette masculinité se définirait par la libre jouissance du corps de la femme transformée en éternelle proie privée de toute dignité.

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