Publié par : Ivan Kruger | décembre 1, 2020

De Gaulle 1964

La France est un pays qui vient de loin, elle a été à certaines époques, elle aussi, un mastodonte, elle ne l’est plus pour le moment, elle a beaucoup souffert et perdu, dans l’espace d’un siècle. Elle se trouve aujourd’hui avec deux colosses, vous-mêmes, l’URSS pour le moment, et des pays dont la situation est elle aussi diminuée comme l’Angleterre ou l’Allemagne, enfin des pays qui apparaissent, dont la figure n’est pas encore dessinée comme la Chine. Dans cette situation, la France doit être elle-même. Si elle cesse d’être elle-même, c’est à dire précisément d’avoir sa politique, elle disparaîtra. Il restera des cuisiniers, des journalistes, des politiciens français, mais pas la France.

Échanges avec Robert Anderson, 30 mai 1964.

Publié par : Ivan Kruger | novembre 28, 2020

La police en noir et blanc

La police a ses bonzes, ses tireurs de ficelles et ses affidés. La police est en France devenue un parti. En langue française, une milice. C’est même le seul parti qui tienne depuis que la gauche s’est suicidée en abandonnant sur la rive le cadavre de la Révolution, la pensée que le monde ne soit pas cette sorte de dystopie en acte qu’il est devenu.

Le seul parti qui soit autre que celui de la police, encore qu’il y touche c’est le fascisme français, ce conglomérat de rage conservatrice et de haines masochistes. La propriété et les sept couleurs, c’est son kaléidoscope. Bien sûr les fascistes français préfèrent se nommer eux-mêmes réactionnaires, c’est plus chic mais dans les faits ils sont fascistes pour la simple raison qu’ils acquiescent à la mise à mort de tout ce qui n’est pas eux, ni ne sert leurs intérêts immédiats et leurs petites perversions subventionnées et quelque peu secrètes, parfois honteuses mais bon on a les perversions qu’on peut. Il suffit d’en demander la liste à de Villiers ou de scruter les minables fantasmes de négresses enchaînées des rédacteurs de Valeurs actuelles qui rejoignent les paroles nazies sympas sur les putes à nègres qui n’apprécient pas le bon vieux temps des colonies comme le chantait le très engagé Michel Sardou. C’est comme ça que causent les réacs quand ils se lâchent. Aussi la moindre parole de travers d’un négrillon, d’un bicot, d’un islamo-gauchiste, d’un libéral de gauche, d’un révolutionnaire, d’un anarchiste, d’un zadiste, les offusque. Ils voudraient transformer l’offense en affront.

En France la police se charge d’appliquer les sentences, celles du parti gouvernemental mais aussi, parfois, celles du parti fasciste informe qui prétend s’y opposer pour prendre les places mais aussi toute la place sur le modèle orbanesque ou polonais ou poutinien, Erdogan étant par trop exotique. Aussi Macron s’en indigne. Cacher ce visage amoché que je ne saurai voir. Lui, ce grand défenseur de la liberté d’expression qui a érigé le secret des affaires en impératif catégorique et transformer le droit de manifester en montre de la soumission. Comme l’a dit la procurEure aux ordres à Romain, le gilet jaune, à ce Romain aux neuf mois fermes, le droit de manifester doit être sans tâche, il doit être indolore, si possible insignifiant, la police en marque les frontières.

D’un côté la série Rémi Fraisse, Cédric Chouviat, Romain. Deux morts, un condamné politique. Tous blancs. Il y a bien quelques murmures mais la geste ne suit pas. Les morts blancs assassinés par la police ou la gendarmerie, les fantômes blancs de la répression menée par le parquet et ses juges mains propres comptent assez peu. Les fascistes les conchient, le gouvernement les enterre, les gauches intersectionnelles ne savent même pas qu’ils existent.

De l’autre, Théo, Adama, le producteur. Tous noirs et c’est la levée des boucliers, les cris, le tintamarre. Non seulement on se lève, comme pour une pub Danone mais on s’indigne. Du côté des fascistes c’est évidemment la curée, les nègres en prison, de surcroît des voyous, aux muselières les gars. En effet, Théo comme Adama ne sont pas des innocents, ils auraient donc mérité, l’un sa matraque télescopique dans le cul, l’autre de mourir suite à un étouffement collectif. Dans un pays où on traite des êtres humains comme des cageots de légumes en leur faisant de petits croche-pattes pour s’amuser, dans un pays qui compte pour rien et par centaines chaque jour la mort de personnes le plus souvent âgées et qu’on aurait pu sauver, il est d’ailleurs normal de tabasser un type dehors qui la ramène, un petit dealer ou un gamin qui parlent de travers.

L’ordre est à ce prix. Sans doute, mais il faut se demander, quel ordre ?

Publié par : Ivan Kruger | novembre 26, 2020

L’État d’exception permanent

La loi de sécurité globale prolonge ad nauseam l’état d’exception pour la raison assez simple que celui-ci est le réel et le seul réel. Ce que le covid a permis de voir ou plutôt a grossi c’est l’absence de toute politique autre que bouffonne avec ses travers, ses mesures vexatoires et loufoques, ses forts en gueule et ses clowns, tristes ou non. Et je ne parle pas de la seule France mais du monde entier. Ce n’est pas une passade c’est une nécessité. Dans un monde où toutes les conditions d’existence sont aux mains de ce qui s’appelait le Capital, c’est la politique qui a disparu puisque plus rien ne s’oppose à sa domination. Il faut bien agiter ici ou là un mafieux mexicain ou un Etat islamique fantôche mais c’est un règlement de comptes interne à la conférie qui se manifeste, sûrement pas un combat entre ennemis. Ce sont les aléas du blanchiment et de la lutte des places. Il y en aura d’autres et à toutes les échelles. Il suffit d’observer les révolutions depuis 1989. Aucune n’a mise en cause le droit de propriété et ce sur les cinq continents voire les sept si on compte les glacés et les immergés. En attendant la Lune ou Mars, bien entendu.

Tout le monde veut participer et les banques centrales arrosent. Bien entendu en fonction de l’altitude du ruissellement les parts ne sont pas les mêmes et pour certains, nulles, mais c’est bien ce qui se passe. On montre la magnificence d’un système qui relance à n’en plus finir à des taux négatifs. Même en proclamant que les billets sont du papier-cul et rien de plus, les peuples attendent la manne. Ils sont fiduciaires en diable. Les commis jouent leur rôle éthique : la relance sera verte, le capital sera propre. Tout va bien. Mais attention les gars, on va s’endetter. La carotte et le bâton. Le double bind en boomerang. Toute une planète schizo qui s’affole parce qu’elle ne rêve plus puisqu’elle applaudit ou maugrée ou déprime/

Les peuples vocifèrent qu’ils veulent bosser ou qu’ils sont contraints, entre servitudes et esclavages, qu’ils s’en tapent du virus et des masques, qu’ils s’en branlent vraiment qu’on meurre ici ou là. Ils disent « on n’a pas le choix ! ». Ils jouent les résignés. Et toutes les voix entérinent. Ils n’ont pas le choix, c’est la vie.

Il me semble qu’un tel dégré d’asservissement n’a jamais été atteint dans l’Histoire mais la fête continue en attendant la réouverture des bars, des coiffeurs et des pistes de ski. Le bonheur est à portée de cravache.

Donc le projet dit de sécurité globale poursuit sur la lancée. Quand la politique est morte, la police prend le relais car le Capital comme tout pouvoir s’appuie sur la force et non le marketing. Les pauvres policiers harcelés par des méchants voyous pourront enfin faire leur travail et les gilets jaunes énucléés compter leurs mois de prison avec des bâtonnets Carrefour et de l’hydrogel Intermarché. Google vendra ses boites noires et ses prédictions affinées mais aussi ses études de Big Data à la nouvelle police des mœurs qui n’a pas besoin de visages, ni de mains, encore moins de floutages. On organisera à une échelle sans précédent une vaste expérimentation scientifique à base de vaccins produits et mis au point dans la précipitation et les effets d’annonce en attendant les secondaires voire la suite infinie des variations des effets qui comme ceux du glyphosate ne pourront être documentés comme il se dit dans la novlangue centrale. Laurent Alexandre ou Gérald Bronner pourront parader à propos des complotistes, des biais cognitifs et des mille-feuilles argumentatifs c’est leur job de domestiques assermentés.

Le Dharma a avalé l’Histoire et toutes ses narrations, on se révolte pour une taxe carbone de trop et lancés par BFM puis on baisse le rideau par peur de la fessée. Au final, on va voter avec des gants et des masques contre la peste brune d’un côté, les islamo-gauchistes de l’autre et sortent de la boite transparente, Sarkozy, Hollande, Macron, les frasques de DSK, les mafieux corses de Julie, la culotte de Pénélope et le slip de Benalla, la série est un mauvais soap, elle s’appelle House of Cards mais le décor reste en place, il pourra toujours servir.

Hold-up est une sorte de collecteur de rancoeurs avec autant de visages que de facettes du ressentiment. Un manifeste lourdingue sans humour aucun. Juste fiel et fiente comme assaisonnements. Un montage du dernier homme dans ses avatars qui vont du physicien sur la touche à Mamadou, un chauffeur de taxi, sans doute parisien. Pas besoin d’aller bien loin pour savoir à quoi s’en tenir. La première image restitue parfaitement cette esthétique de chaîne de désinformation continue, elle restitue la pensée de notre temps pour laquelle ce qui n’est pas filmé n’existe pas. La figure donnée au SARS-cov2 n’est pas une simple animation, elle est le personnage nécessaire aux idolâtres de tous bords. Il faut qu’ils voient parce qu’ils ne veulent pas penser parce que penser est trop difficile pour ne pas dire déprimant puisqu’on s’y retrouve en bonne compagnie. C’est à dire sans nos contemporains. Comme le disait Nietzsche et déjà Machiavel, que les vivants me pardonnent… Comme le disait Pascal, Dieu s’est voulu caché. Cela donne une direction. Hold-up en prend une autre. Elle est familière à la France et aux français. C’est celle du bistrot et de la chambrée. D’ailleurs, on reconnaît parfaitement la voix de l’adjudant, celui qui crie, « tous des Jean-Foutre ! », je ne me rappelle ni son nom, ni son titre ma me ne frego.

J’ai tenu une demi-heure devant le samizdat cher à Slobodan Despot qui confond la science et le diamat, les instituts psychiatriques de feu le KGB et un hébergement chez Odyssée. Le samizdat en question se donne comme la voix de la majorité, c’est l’équivalent de l’opération gilets jaunes : mélange de vantardises, de fanfares chimériques et d’odyssée du néant avec quelques visages de pixels qui voudraient bien la place des califes. Trump leur a ouvert la voie, ils jappent donc.

Passons aux personnages de l’intrigue.

Il y a le physicien qui a déjà choisi. Entre les vieux et les jeunes, il est normal de sacrifier les premiers, c’est le cycle, c’est le dharma, mec. Comme personne ne demande de sacrifier qui que ce soit, la véritable pensée du bonhomme est simple : un vieux sans qualité, soit sans argent, est un vieux sans utilité, un vieux qui mérite de mourir puisqu’il ne mérite pas qu’on le sauve. Le physicien devrait être rassuré, la Belgique, l’Espagne, le Québec, les Etats-Unis, la France, la Suède, le Royaume-Uni, pour ce que j’en sais ont largement appliqué le programme. Visiblement, il est soutenu par une majorité. C’est ça la démocratie.

Il y a Mamadou et sa parabole. « Je perds le contrôle du véhicule, devant moi un groupe de 25 personnes, sur le bas-côté une seule » et ben Mamadou lui choisit de foncer sur le « une seule » alors que le gouvernement, lui, fonce sur les 25, ça s’appelle le confinement. Résumons ce petit traité d’albophobie ordinaire mis en musique par les monteurs de Hold-up. Le « une seule » ce sont les vieux ; tous blancs ; tous à jeter à la benne. Le 25 c’est les français de maintenant, les français en rayures, black-blanc-beur comme disait Pasqua. Evidemment si les vieux en question avaient été noirs comme au bled, il n’est pas sûr que Mamadou aurait utilisé la même parabole. Mais l’albophobie ordinaire, dans ce pays, est invisible mais très audible.

Il y a Rachid, autre taxi. Rachid n’est pas albophobe ou en tout cas comme il s’adresse à un toubab, il lui vante les technologies françaises et leur oppose les blouses et les Charlottes en sacs poubelle. Son jeu de mains appuie son interjection, « on est où, là ? au Sri Lanka ? ». Zemmour avait choisi le Togo mais Rachid est un afro-maghrébin, le continent est sacré. Alors comme on lui a dit que les chinois étaient puissants, que les pakistanais ont des hâchoirs, il se rabat sur les indo-européens qui restent, le Sri Lanka, Ceylan qu’il serait bien incapable de situer sur une carte et encore moins d’apprécier pour ce qu’elle est, l’extrême d’une même civilisation qui gît dans ce que Dumézil appelait l’idéologie des trois fonctions.

Il y a aussi cette autre scientifique qui mesure les communiqués de l’OMS à leur volume. De 2 à 16 pages, « de qui se moque t-on ? » qu’elle dit, la bouche tordue. Peut-être ne connaît-elle pas cette loi de toutes les bureaucraties selon laquelle la vacuité administrative se traduit en une civilisation du rapport illimité, empilé, débité et classé. Plutôt elle la connaît trop bien, chacun de ces gestes et chacune de ces mimiques le laisse entrevoir.

Je passe sur la montre de graphiques où le pic de mortalité, dû sans doute à une épidémie de rhinopharyngites, est attribué au premier confinement, où le nombre total de morts des cancers en France dépasse celui de l’ensemble des décès enregistrés, où le virus est présenté, comme Ebola ou le sida on imagine, comme l’ami de l’homme, au prétexte qu’une partie de notre génome comme celui de quantités de mammifères en est issu, où des clichés évoquent une brusque frénésie de dermatoses faciales, où un anthropologue regrette ce bon vieux temps de la politique véridique, Mitterrand ou Giscard sans doute, où un ancien directeur de Pfizer se dit honnête et crédule, ce qui ne va pas bien ensemble, où les jeux de mots subtils pleuvent « l’OMS c’est pas l’organisation mondiale de la maladie, hein ! », où les témoins de rue côtoient les diafoirus, tous euro-américains, tous au diapason de ce récit selon lequel une maladie qui n’en est pas une serait le support d’un asservissement sans précédent que seul un groupe héroïque de réfractaires, parfois gaulois mais pas toujours, aurait eu la clairvoyance de découvrir.

Si on est charitable, on y verra une sorte de gnose en kit. Ça me rappelle juste la série V.

Il est bien évident que ce genre de samizdat pour reprendre les bonnes nouvelles de Slobodan Despot empêche de se poser les questions réelles à propos de cette épidémie. On peut en lister quelques unes :

– Si presque dix mois d’études n’ont pu établir la généalogie animale du virus (chauve-souris, pangolin), il est bien évident qu’une origine laborantine de celui-ci ne sera jamais prouvée pour la simple raison que les outils de manipulation génétique en cours ne laissent aucune trace. Ce que semble donc réfuter ces études c’est l’hypothèse d’une zoonose dite « naturelle ».

– Si comme l’affirme une étude italienne, le Sars-cov 2 circulait dès l’été 2019 dans la péninsule et non pas en 2018, d’où vient réellement le virus ? Cela n’infirme en aucun cas, l’origine chinoise de celui-ci puisque la Chine populaire a systématiquement détruit tous les indices présents à Wuhan qui permettaient de progresser vers l’origine du covid 19. Néanmoins, la seule piste chinoise me paraît limitée parce que les laboratoires chinois, P4 ou non, ne travaillent jamais seuls et que la frontière entre recherche scientifique et applications militaires n’existe pas.

Pourquoi le nom de ce virus ou son genre grammatical n’a cessé de varier en dix mois : Corona, le covid 19, la covid 19, le Sars cov 2. L’administration Trump ayant tenté une autre étiquette : le virus chinois qui voulait dire deux choses : le virus qui vient de Chine et le virus fabriqué en Chine. Les autres noms indiquent l’existence d’une famille de virus déjà présents parmi les hommes voire l’année d’apparition de celui-ci ou le classement. Cette indétermination nominale est donc le signe du caractère inédit de la pandémie en cours.

– Pourquoi et comment ce virus, contrairement à la grippe convient parfaitement non pas à la destruction des pauvres, sinon l’Afrique sub-saharienne serait ravagée, mais à celle, presque exclusive, des personnes âgées ? Et consécution inévitable, pourquoi et comment, contrairement aux gouvernements du Japon, de la Corée du Sud, de Taïwan voire du Vietnam (je laisse volontairement de côté la Chine dite populaire), les gouvernements euro-américains ont-ils choisi de laisser mourir ces mêmes vieux. Je ne crois pas avoir jamais rencontré dans mes lectures historiques ce mélange, en temps de paix, de cynisme au petit pied, d’inhumanité admise, de sadisme tranquille qui consiste à confronter « nos anciens » comme dit le mari de Brigitte, à la mort, à la peur, au désespoir, à la folie hallucinée.

– Nous découvrons des éléments du virus qui ne semblent pas négligeables mais sont forcément mis de côté par les concepteurs des vaccins à ARN : une nouvelle portée d’entrée du virus, la neuropiline qui s’ajoute au récepteur ACE2 ; la découverte d’un gène chevauchant dont on ne sait pas quand il est activé ni quelle protéine il code (seul ou en collaboration). J’en reste aux hypothèses de base qui ne sont pas celles d’un chercheur comme Kupiec pour lequel le gène est un concept inutile voire inexistant.

– Sur la base des hypothèses admises, Pfizer, Moderna ou Astrazeneca ont choisi de tester un type de médicament inédit basé sur un ARN messager dont on ne connaît aucun des effets sur le mécanisme gène-codage-protéine dans les cellules humaines. Il est impossible de ne pas observer la corrélation entre cette expérience massive mais qui n’est pas annoncée comme telle et la baisse radicale d’efficacité des anti-biotiques, baisse qui prouve non pas le cupidité des big-pharma mais l’épuisement du projet moderne. En outre, une nouvelle fois, l’impératif humanitaire ou plutôt la morale conséquentialiste, ce que les médecins de masse nomment le rapport coût-bénéfice, transforme les patients covid en cobayes volontaires ou contraints (ce sera le deuxième temps).

– La modernité voulait éradiquer la maladie, la pauvreté, la souffrance. Les trois sont toujours aux avant-postes et attendent le quatrième larron : la guerre. Les quatre cavaliers n’ont plus qu’à rassembler les centaures.

– La modernité prétendait triompher de l’ignorance et elle aboutit, après plus d’un siècle de scolarisation, à la période la plus massivement idolâtre jamais enregistrée. Il s’en suit que les savoirs, leurs créations, leur diffusion, leur réception ne sont pas l’affaire de tous mais juste de ceux qui font l’effort de s’y consacrer. Ce sont nos brahmanes par opposition aux gardiens, aux gens de métier et aux serviteurs.

La modernité prétendait se fonder et fonder une démocratie rénovée et de masse guidée par des élites éclairées. Les élites ne sont pas plus éclairées que la noblesse française du XVIIIème siècle et les masses se choisissent des idoles dont la vulgarité, la bêtise, l’indécence et la cruauté sont le verre grossissant du mariage de la connerie et du crétinisme dont Internet et les réseaux sociaux ne sont que la caisse de résonance et aucun cas, la cause. Il devrait s’en suivre que la démocratie est un mirage mais un mirage dangereux toujours cousin de la tyrannie. Platon le savait déjà, nous continuons à l’ignorer.

Comme disait l’autre, on avance.

La droite française est politiquement, intellectuellement, moralement viciée. En un mot, pervertie. Elle peut toujours se trouver des excuses du côté de la gauche mais sans revenir au jeu de la poutre et de la paille, trouver que son voisin est un con n’induit pas qu’on soit intelligent.

Depuis que Zemmour a réhabilité le bon maréchal, le seul général français avec Mac Mahon et Bazaine qui n’ait jamais cherché à vaincre mais dont toute la carrière sénéscente est parcourue par une sorte de moralité aztèque qui consiste à sacrifier le maximum de français à sa gloriole étoilée, la droite a abandonné le seul chemin qui vaille, celui de Bernanos. Le problème de Pétain n’était pas son antisémitisme mais son acquiescement à toutes les lâchetés, son imbécillité stratégique, ses billevisées qui ont coûté à la France la plus grave défaite de son histoire. Cette défaite, le bon maréchal a préféré l’imputer aux français dédouanant l’occupant de toutes les saloperies et de tous les pillages qu’il pouvait commettre. Il n’a jamais pensé à un Iena 1940. Comme Roosevelt, il avait anticipé une sujétion de la France et de cette sujétion, il tirait jouissance. Ce type ne fut pas seulement ignoble mais à vomir. Que Zemmour le défende ne m’étonne pas, c’est de son niveau.

Je me demande jusqu’où et jusqu’à quand on tiendra pour séparable et non comme un rapport de cause à conséquence l’usage systématisé de la torture et des exécutions sommaires et l’abandon des pieds-noirs et des harkis comme on tire la chasse sur une guerre perdue de bout en bout parce qu’engagée sans honneur et poursuivie dans le mensonge et la mauvaise foi à coups de jets de tomates, de gégène et de corvées de bois et de chiotte. L’OAS était le frère jumeau du FLN, or l’OAS bénéficia de complicités et de sympathies, pas seulement parmi les pieds-noirs. La grande Zohra a bon dos mais ce qui s’observe c’est un passage, celui du tortionnaire au terroriste de masse, sans solution de continuité.

Désormais la droite est derrière l’historienne coloniale Julie d’Andurain qui soutient les pauvres plaidoyers d’Hubert Védrine et les « travaux » de Pierre Péan à propos de l’action française au Rwanda. Cette membre de la « commission de recherches sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsis (1990-1994) », chargée de rendre un rapport d’ici à avril 2021 est soutenue dans son ignorance, sa malhonnêteté, sa servilité par toute la droite historienne universitaire. Or il devrait être clair pour toute personne honnête que cette politique fut de nouveau honteuse et catastrophique car les deux vont de pair. Non seulement la France a appuyé un pouvoir au sein duquel un parti génocidaire s’est mis en place afin d’établir un dispositif et un protocole d’action planifié mais il a encadré une armée incapable de faire face au FPR de Kagamé et dont le seul objectif devint de liquider en masse et un à un tous les tutsis du pays avant de revenir à partir du kivu congolais. L’un ne va pas sans l’autre. La probable défaite des forces armées rwandaises face au FPR a entraîné les responsables autour du président Habyarimana à concevoir ce plan sordide : liquider démographiquement les tutsis afin que le FPR n’ait plus ni poissons ni eau où se mouvoir. Je doute que les espions et militaires français ne l’aient pas su, entrevu ou compris puisque ce plan a mis 4 ans à se consolider. Aussi, l’opération Turquoise confirme cette parfaite connaissance de la situation par les autorités françaises : elle a servi à cela, exfiltrer ce qui restait de l’appareil d’État et des forces armées rwandaises dans l’indifférence complète envers le génocide en cours. Non seulement seulement n’a servi de rien mais le processus a abouti à la disparition des intérêts français dans cette région du monde. Triple désastre mené sans doute par le Président néo-pétainiste de gauche Mitterrand mais aussi par les membres du gouvernement Balladur.

Comme d’habitude les français se sont divisés et n’ont rien abordé de ce qu’il fallait aborder. L’épée et le bouclier, Pétain, le brave vieux ou le vainqueur de Verdun, Laval salaud, le peuple aura ta peau, l’Algérie, ce crève-coeur et les coups de sirocco, le bled et le tigre se parfume au djihadisme, là rien de rien juste des combats de noirs dans un tunnel et à la machette encore, ah les sauvages, ah les pygmées. Mais le problème ne vient ni des youpins, ni des crouilles, ni des négros, le problème se résume en deux termes : la défaite et la perte de l’honneur, c’est à dire la transformation de la France en une nation bourgeoise, louis-philipparde, la France Guizot de Rosanvallon, la France du centre, un long et épais bâton merdeux, une Belgique du XXIème siècle.

Et les français belgifiés, américanisés, bourgeois en diable, ont la droite qu’ils méritent. Le pitre Goldnadel, le blédard Zemmour, la shampouineuse Le Pen, les affidés de la pochtronne Lévy, l’atrabilaire gâteux Finkie, le zombie Houellebecq tous à genoux devant l’imperator des latrines et des tweets cancéreux, Trump. Que cette France-là entérine la mort évitable de 100 mille français intubés d’ici avril 2021 au nom de l’avenir de la jeunesse, du saint Medef des peignes-culs entrepreneuriaux et de la jouissance sans entraves mais de droite néo-conservatrice, je n’en doute pas, c’est dans l’ordre des choses, c’est même comme disait Baudelaire un salut de fin du monde inertiel, logique comme le mal.

Publié par : Ivan Kruger | novembre 11, 2020

Le blasphème vu du Frankistan

Pour tous les frankistanais, le blasphème c’est dessiner des caricatures de Mahomet, le prophète. Je ne dis pas que le frankistanais est déjà un idolâtre mahométan mais il en prend le chemin lexical. Déjà, il utilise un article défini pour désigner Momo, le seul gars de sa catégorie, les autres étant éclipsés, ensuite le frankistanais déculturé jusqu’au trognon ne sait pas que blasphémer concerne l’atteinte à l’honneur de Dieu comme l’énonce un édit royal de 1651. Le blasphème est donc corrélatif du don de parole. Il peut concerner les graffiti mais c’est secondaire, ce qui importe c’est le performatif. En insultant le nom de Dieu, le blasphémateur se sépare, d’un coup, de l’union de l’Église (ordonnance royale de 1549). Cependant, les juges royaux ne sont pas des fanatiques, ils savent bien que le mot n’est pas univoque et ne désigne pas à tout coup l’hérétique. L’ignorance disent-ils, l’erreur, l’infirmité, la fragilité humaine, la légèreté et la lubricité de langue provoquent cette profération intermittente de serments per membra dei ou per dei posteriora. Par le sang ou la merde le nom de Dieu est souillé mais celui qui le souille ne mérite pas toujours le bûcher. Pour les adeptes de la fatwa c’est le contraire. L’entité Mahomet ou le Coran sont des sortes de reliques intouchables, le premier en tant que Père de la Horde, le second en tant que livre sans auteur humain.

Pour tout chrétien, pour tout français qui se respecte il n’y a de blasphème qu’en ce qui concerne Dieu ou son incarnation, Jésus, voire quand on est lyonnais et franc-maçon, la Vierge. Il n’y a pas de blasphème possible à propos d’un bédouin tourmenté qui affirme n’être que le transit de la parole de Dieu (à la fois transmise par l’ange Gabriel et qui peut émettre des versets réfutatoires d’autres versets en fonction des circonstances car, selon le Coran, Dieu est capricieux ; il ne sait pas trop où il y va, tantôt ici, tantôt ailleurs). Il n’y a pas de blasphème pour un homme qui affirme la nullité de l’Écriture comme c’est le cas de Momo pour lesquels juifs et chrétiens sont des trafiquants de la parole de Dieu. Des gens du livre peut-être mais des gens d’un livre truqué.

Il faut donc en revenir à saint Augustin pour lequel le blasphème consiste à affirmer des choses fausses au sujet de Dieu. En toute logique, un chrétien ne cherchera pas l’oecuménisme, il indiquera que le véritable blasphème se trouve dans le Coran puisque Jésus y est réduit au rang de prophète parmi d’autres. Je n’évoque même pas le ridicule d’une religion pour lequel Dieu prostitue des jeunes femmes fardées pour complaire à ses martyres masculins. Un chrétien véritable, pas un évêque frankistanais évidemment, sait parfaitement tout cela.

Quant à un athée ou un agnostique, comment peut-il, sans rire, évoquer l’existence d’un blasphème quelconque ?

Publié par : Ivan Kruger | novembre 6, 2020

Qui se souvient du génocide arménien ?

Cette phrase attribuée à Hitler, les loups gris s’en souviennent ils s’en souviennent si bien qu’ils s’en vont compisser le Mémorial de l’extermination en France quand ils n’organisent pas des pogroms qu’ils ne peuvent pas mettre à exécution. C’est ballot comme on dit. Darmanin dont le mentor, l’idole et le modèle est Sarkozy joue les kadors. Il va les dissoudre les loups gris, il va leur montrer. Et on attend toujours qu’il en arrête quelques uns, qu’il en défère quelques autres, qu’il en expulse en nombre. Et on attendra longtemps car la France, ce beau pays des droits de l’Homme et de la liberté d’expression est neutre dans la guerre déclenchée contre l’Arménie. Elle est neutre quand Erdogan épaule, planifie et prépare l’humiliation arménienne en attendant le tour des grecs. D’ailleurs la France est toujours neutre. Quand on assassinait des juifs français rue des Rosiers, le gouvernement français négociait la fin des poursuites contre les terroristes antisémites palestiniens contre la fin des attentats car la France est pour l’équité. En attendant, le gouvernement attribua l’attentat aux néo-nazis franchouillards puis débusquait des activistes irlandais à Vincennes. La France est comme ça, on ne peut jamais compter sur elle, les chrétiens libanais en savent quelque chose. Je n’évoque même pas les pieds-noirs ou les harkis car la France déteste les minorités, les vraies qu’elles soient chez elle ou à l’étranger.

Donc Stepanakert est assiégée, dans quelques jours, elle sera asphyxiée. Sur les deux routes qui mènent à l’Arménie, l’une est coupée, bientôt prise. L’autre tombera aussi, c’est une question de temps puisque les azéris sont mieux armés et maîtrisent le ciel. La Russie toute aux grands calculs de l’Ivan en papier cul se tourne les pouces. Elle attend que les moustachus plantent le drapeau vert au croissant sur les ruines fumantes des églises car cette fois-ci il n’y aura pas de viols, les femmes comme les enfants, comme les vieillards ont été évacués. On dirait l’anabase des serbes de 1914 mais qui se souvient des serbes autrement que sous le visage de Milosevic ? Des hommes jeunes, des femmes jeunes se battent et meurent tandis que la France mène sa guerre contre l’islam « radical » c’est à dire des manieurs de hachoirs ou de couteaux de bouchers égorgeant des cibles désarmées. Ça occupe l’opinion, ça lui donne du baume au coeur car elle est courageuse l’opinion, tellement courageuse qu’ils n’auront pas nos haines comme l’Arménie n’aura pas notre soutien mais notre neutralité.

La France en est revenue à la position Déat, mourir pour Dantzig ? Les Molvaques ? Les Valdaches ? T’es pas un peu louf. De Gaulle et sa figure s’effacent sur le sable un peu comme le visage de l’Homme pour Foucault, Macron n’ira ni à Stepanakert, ni à Erevan, il préfère le téléphone comme les français snapchat et le duel des croulants.

Publié par : Ivan Kruger | novembre 6, 2020

A droite de la honte

Je ne vois pas comment il est possible de soutenir un type qui pisse des glaçons, conchie la vérité à longueur de tweets, joue sur toute la chromatique des menues bassesses, encourage ses concitoyens à s’abêtir, se vante d’attrapper les femmes par leurs chattes parce qu’elles aiment ça et délègue au bon dieu le soin d’échapper au covid ou de trouver un avorteur au Canada. Ou plutôt je le vois bien : suprématisme racial discret, psychologie d’adulescent fan du Joker, fascination pour le mal en kit pour onaniste, haine discrète des gens à diplômes donc des classes parlantes, masculinisme à la Weininger mais sans le talent ni le tragique.

Le gouvernement français porte sans doute la responsabilité de sa nullité, de son incohérence, de son recours systématique aux mensonges et finalement de son dilettantisme énarchique meurtrier mais la droite est clairement d’une hypocrisie sans mélange en ce qui concerne les mesures à prendre face au Covid. Cela se lit dans Causeur, soutien officiel de tous les mafieux de plateau, de tous les spéculateurs avariés poursuivis par le fisc, de tous les rancuniers anciennement de gauche qui n’en peuvent plus de se flageller pour tant de radicalité révolutionnaire que les seuls noms de Marchais ou de Cohn-Bendit résument, de tous les racistes discrets mais distingués car le racisme vulgaire c’est voyant. Donc toute cette droite affirme mais en le masquant d’euphémismes divers que la mort de dizaines voire de centaines de milliers de français lors de la pandémie relève de la nature des choses, qu’il n’y a rien à faire et même qu’il serait dangereux de le faire, car la vie, entendez les affaires doit prévaloir sur la mort ou plutôt qu’une mort qu’on peut éviter ne mérite pas vraiment qu’on sauve un quelconque individu malade surtout quand il est vieux car c’est un point de détail dans la vie des citoyens et puis ma bonne dame il est bon que les vieux lèguent leur héritage devant Monsieur le Notaire.

Evidemment les mêmes rêveraient de renvoyer 6 à 8 millions de musulmans dans l’Oumma parce qu’une poignée de soldats improvisés guidés par la pulsion de mort et par on ne sait trop quelle coalition d’États et d’intérêts poursuivent leur guerre contre la France. Ils ne ne vont pas jusqu’au bout, ils pratiquent la litote. Ils voudraient juste que la tracasserie administrative se détourne des restaurateurs pour atteindre tous les sectateurs de Mahomet et leur rendre la vie difficile, non seulement difficile mais vraiment à vomir. Ils ne sont pas venimeux mais fielleux. Leurs méthodes viennent directement de Fox News ou des recherches en psychologie reptilienne : Matraquer le message, afficher en boucle tous les faits divers qui impliquent des arabes et des noirs, appliquer les règles du concours de la plus grande bite à la lutte contre l’Islam. On aura reconnu les libelles d’Obertone et la politique rédactionnelle de Valeurs Actuelles.

Je terminerai par l’islamo-gauchisme comme il y eut les anarcho-autonomes. Le premier terme sert à condamner le journalisme d’investigation mais aussi toute tentation de réfléchir aux rapports que nous devons instaurer entre les musulmans de France et ceux du Dar-al-Islam. Un islam de France c’est à dire un islam qui consent à l’apostasie, qui se livre à la critique de ses fondement théologiques et langagiers qui s’intéresse à ses pratiques, qui ne considère pas l’égalité entre hommes et femmes comme un blasphème, un tel Islam est-il possible ? S’il l’est, il sera en rupture avec les autres islams, s’il ne l’est pas l’alternative est claire : la France doit renoncer à sa laïcité ou combattre par tous les moyens l’expansion de l’Islam en France. La droite a déjà répondu, elle a sauté l’étape des questions car la droite n’aime pas les questions, elle préfère les mots d’ordre. Le deuxième mot-valise avait servi au procès des gens de Tarnac ou à celui des blacks blocs qui sont tantôt des dangereux anarchistes et d’autres fois des agents infiltrés de la police d’État. Il s’agissait d’agiter le drapeau cramoisi des années de plomb, quand il est ressorti en gilet jaune, l’État s’est empressé de porter secours aux résidents de l’ouest parisien qui ne pouvaient plus sortir dans la rue faire leurs courses car il est temps que des insurgés qui se réclament de la Révolution ouvrent des corridors humanitaires Monoprix pour consuméristes contrariés quand ils sont bombardés de grenades de désencerclement, de gaz lacrymogènes et de LBD. La paix civile de l’avenue Foch fut à ce prix. On continue donc à condamner des gilets jaunes surtout quand ils obligent Griveaux à escalader sans slip une fenêtre ministérielle son portable à la main.

Publié par : Ivan Kruger | novembre 1, 2020

La France, la droite et le Covid 19

Il y a eu l’épisode autour de l’hydroxychloroquine et du gros Raoult, aujourd’hui ce serait un Etat dictatorial hygiéniste qui pointerait le bout de son nez derrière le confinement car sauver des vies « nues » c’est bien entendu rejoindre tous les totalitarismes.

Dans le premier cas, les choses sont claires, le débat était nul et non avenu, la chloroquine ne pouvait rien sauver, il suffisait de lire et de se renseigner pour s’en rendre compte. Mais comme l’ignorance, la partialité et le cynisme sont dans ce pays mes meilleurs ingrédients pour occuper le terrain, le débat a fait rage avant d’éclater devant le mur de l’évidence.

La différence entre les Etats-Unis et la France tient donc en ceci. Gilead, à partir de mensonges, de données orientées sur ses essais cliniques et de donations généreuses à qui de froit affiche des profits solides et des résultats boursiers prometteurs, elle fabrique de la richesse à partir du rien ou du vent si on veut, ce qui s’appelle en langue du marché : l’espoir. la France, en présentant un médicament périmé contre le paludisme ou un suppositoire pour la toux (version l’Institut Pasteur), n’engendre aucune richesse, juste des pets de l’esprit et des prébendes semi-publiques pour ceux qui les énoncent en toute impunité car la bêtise et le ridicule, dans l’hexagone, ont toujours non pas le dernier mot, sinon la France n’existerait plus, mais tous les pénultièmes.

Dans le second, il faudrait regarder ce qui fonctionne. Quels pays sont efficaces face à l’épidémie de Covid ? je parle évidemment des pays qui ne falsifient pas trop leurs données statistiques. Trois ensembles se distinguent : Les pays d’Asie de l’Est (Taïwan, la Corée du Sud, Singapour, Hong-Kong, le Vietnam et désormais la Chine), dans une moindre mesure, les pays de l’Europe médiane et scandinave sauf la Suisse pour les premiers et la Suède pour les seconds enfin les pays de l’Océanie, Australie et Nouvelle-Zélande en tête. Qu’ont-ils fait pour réussir ? Cela se résume, approximativement en 9 mesures :

Etablir une structure de commandement administratif unique et non une sorte d’Odradek polycéphale écartelé entre la présidence, le ministère de l’Intérieur, Bercy et le Ministère de la santé.

Considérer le réseau de soins hospitaliers comme un dernier recours et non comme un premier sas, donc un mouroir sous perfusion dans les salles de réanimation.

Confiner et assurer l’enseignement à distance quand cela s’avérait nécessaire et non pas prétendre que le virus évite l’école et les écoliers.

Tester de manière ciblée et rapide quand un foyer se présentait et non pas tester en désordre mais gratuitement, prendre une semaine pour donner des résultats ou mettre un mois entier pour ne curer le nez que de la moitié des habitants d’une ville aussi grande que Laval.

Contraindre les patients infectés à rester en quarantaine et non pas réduire celle-ci à une semaine sans jamais se donner la possibilité de contrôler le caractère effectif de cette même quarantaine.

Avertir ceux qui étaient susceptibles d’être contaminés et non pas organiser la gabegie autour de l’application Stop Covid pour ensuite abandonner toute véritable recherche des cas dits contacts contraints à se déclarer tout seul et à se voir répondre qu’il n’y a pas de test avant lundi quand on se présente le mercredi.

Créer un climat où le port du masque chirurgical ne relève pas d’un discours pseudo-métaphysique sur la disparition des visages de l’espace public.

Mettre en place un réseau de capteurs (de température) et de sas électroniques d’entrée (QR Code) dans les espaces où circule la foule afin d’éviter de concevoir les gestes dits barrières comme une ligne Maginot mobile. Bien sûr, ceux qui n’ont pas lu Orwell et ceux qui ont lu ce pauvre Damasio diront que le totalitarisme ou la société de contrôle sont la vraie menace et le vrai projet et non le covid qui mérite comme le dit Delsol d’accueiller avec indifférence la mort évitable de plus de 30 mille personnes.

Disposer de réseaux de communication qui permettent la mise en place efficace du télé-travail.

La droite française, c’est son style impérissable, ajoute à la palette des mensonges et du désastre en cours deux options qui lui sont propres : le cynisme du Medef pour lequel toute vie décente doit être sacrifiée au fuhrung entrepreneurial ; ensuite une idéologie crypto-maoïste du sacrifice (des autres évidemment) qui prétend que la vie « nue » ne mérite pas d’être protégée car elle ne serait pas héroïque comme si cette même vie « nue » n’était pas le support inconditionnel de toute transmission et de toute survie donc de toute culture ; enfin un imaginaire du complot « remplaciste » selon lequel le confinement serait une forme de désarmement unilatéral des français blancs face à la cinquième colonne islamiste assimilée d’un bloc à l’ensemble des musulmans bronzés pris un par un mais aussi en masse.

Alors que la France, le président Macron et les français sont menacés de mort et de décapitation par un nombre invraisemblable de musulmans pour lesquels la charia s’étend au monde entier, le lâche, fat, hypocrite et corrompu Justin Trudeau, Tartuffe en chef de la maison Canada, a dénoncé vendredi la liberté d’expression qui n’est « pas sans limites » et ne doit pas « blesser de façon arbitraire et inutile » certaines communautés, ce qui revient à nier l’existence de cette même liberté mais aussi à exposer à la mort de nombreux quebécois car il est certain que les assassins ne feront aucun tri entre les accents francophones si leur couteau à égorger le mécréant est dans les parages.

« Nous nous devons d’agir avec respect pour les autres et de chercher à ne pas blesser de façon arbitraire ou inutile ceux avec qui nous sommes en train de partager une société et une planète ». Preuve que le galimatias écologiste faisandé dans le néo-libéralisme réellement existant est parfaitement compatible avec tous les compromis. Puis Justin a émis une parabole dont il a la secret. « On n’a pas le droit par exemple de crier au feu dans un cinéma bondé de monde, il y a toujours des limites ». On aurait pu lui dire que l’incendie déclénché il est bon de jouer les lanceurs d’alerte.

Prenant ses distances avec la position du président français Emmanuel Macron, Justin a plaidé pour l’abandon des individus aux diktats de leurs soi-disant communautés d’origine ce qui revient à transformer un poncif de la pensée contre-révolutionnaire en un dogme de la société libérale avancée. « Dans une société pluraliste, diverse et respectueuse comme la nôtre, nous nous devons d’être conscients de l’impact de nos mots, de nos gestes sur d’autres, particulièrement ces communautés et ces populations qui vivent encore énormément de discriminations ». Une nouvelle fois alors que l’ancien premier ministre malaisien appelle à tuer l’ancien colonisateur, Justin donne des gages de soumission.

Justin a tenu, tout de même, à condamner les récents attentats terroristes « affreux et épouvantables » en France car il les trouve injustifiables mais les légitime tout de même puisque un musulman discriminé et insulté par un dessinateur colonialiste ou un professeur d’Histoire-Géographie blanc et phallo-centré a le droit de réagir.

Justin est le portrait du nouveau Chamberlain, pour lui les musulmans d’aujourd’hui sont comme les allemands d’hier des victimes du diktat et tous ceux qui arment de mots d’ordre les égorgeurs, des gentlemen mais il ajoute à l’ancien Chamberlain une dimension que le premier n’avait pas : il désarme sciemment son peuple et fournit à l’armée turque de quoi appuyer l’entreprise de nettoyage ethnique déclenchée par leurs amis azéris. Il est comme les capitalistes de Lénine, prêt à vendre la corde où se pendre.

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