Publié par : Memento Mouloud | juillet 1, 2015

Tunisie : comment survivre au daechisme ?

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Au lendemain de l’attaque revendiquée par l’Etat islamique qui a fait 38 morts en Tunisie, dont au moins quinze Britanniques, des milliers de touristes étrangers quittaient le pays, samedi 27 juin. Près de 20 000 Britanniques se trouvaient en voyage organisé au moment du crime, en plus des personnes voyageant à titre individuel, selon l’Association des agences de voyages britanniques ABTA. Samedi soir, les voyagistes Thomson, First Choice, et Jet2 avaient rapatrié environ 1 200 personnes. D’ici dimanche, ce sont au moins 2 500 de leurs clients qui devraient avoir quitté le territoire tunisien, ont-elles ajouté.

Le Monde

L’attentat qui a provoqué la mort de 38 touristes sur une plage de Sousse en Tunisie, a créé un vent de panique chez les vacanciers qui avaient déjà réservé leur séjour dans le pays pour cet été. Samedi, une vague d’annulations et de demandes de reports vers d’autres destinations a embouteillé les centres d’appel des voyagistes français. Le Syndicat national des agents de voyages (Snav), qui représente 3000 professionnels en France, parle de 80 % de reports vers d’autres destinations pour des voyages dont le départ était prévu en juillet. Ces reports se font principalement vers des destinations du bassin méditerranéen: Grèce, Crète, Chypre, Baléares, Canaries, Bulgarie

Le Figaro

« Le plus dramatiquec’est qu’il n’y a désormais plus aucune réservation nouvelle pour la Tunisie. Tout le marché de la dernière minute est fichu. » Déjà, avant l’attentat de Port-El-Kantaoui, ces mêmes réservations pour la Tunisie depuis la France affichaient un fort retard (– 37,7 %, comparé à mai 2014), toujours selon le Seto. Les données des agences de voyages françaises n’étaient pas plus réjouissantes : la Tunisie avait enregistré, entre janvier et mai, une baisse cumulée de 40 % des réservations en nombre de passagers, et de 42 % en volume d’affaires.

La Croix

Le Snav et le Seto français ont recommandé vendredi soir aux professionnels du tourisme de permettre les reports sans frais pour les clients en partance pour la Tunisie qui ne souhaiteraient plus y aller, ou y aller plus tard, à condition qu’ils se manifestent avant le 10 juillet. Ces reports sont valables « pour les 12 prochains mois », vers la Tunisie ou toute autre destination.

Les Echos

Une page Facebook intitulée «I will come to Tunisia this summer» («J’irai en Tunisie cet été») rassemble des messages de soutiens de touristes étrangers et de Tunisiens, une autre campagne compare l’attaque de Sousse aux attentats de New York en 2001, de Londres en 2005 ou de Paris le 11 janvier 2015 à travers plusieurs photos en posant cette question: «Cesseriez-vous de visiter New York, Londres ou Paris?».

Slate

Sur son égoportrait, Amran Hussain, 29 ans, candidat travailliste malheureux aux législatives britanniques de mai dernier dans le North East Hampshire, tient à bout de bras son téléphone photo avec une perche à selfie. Entouré de ses amis, il prend la pose devant de nombreuses chaises longues vides, et un tas de fleurs déposées en hommage aux victimes de l’attentat. Il séjournait dans un hôtel voisin du Marhaba Beach Hotel.

Le Figaro

«La vie des gens n’est pas un slogan. La vie des gens n’est pas une campagne publicitaire et des affiches placardées dans vos stations de métro (…) Notre pays est aujourd’hui malade. Il doit commencer par l’admettre, se regarder en face et reconnaître que le mal est en lui. Il doit cesser de chercher ailleurs et commencer enfin à se soigner (…) Fini les slogans, fini les devises et formules publicitaires. Nous devons d’abord prouver que nous sommes capables d’assurer la sécurité des gens, de notre propre peuple avant de scander des maximes patriotiques pour sauver la saison touristique, pour sauver le pays»

Une tunisienne

Publié par : Memento Mouloud | juin 30, 2015

Charles Pasqua, un mort d’Etat

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« En 1967, je distinguais deux formes, successives et rivales, du pouvoir spectaculaire, la concentrée et la diffuse. L’une et l’autre planaient au-dessus de la société réelle, comme son but et son mensonge. La première, mettant en avant l’idéologie résumée autour d’une personnalité dictatoriale, avait accompagné la contre-révolution totalitaire, la nazie aussi bien que la stalinienne. L’autre, incitant les salariés à opérer librement leur choix entre une grande variété de marchandises nouvelles qui s’affrontaient, avait représenté cette américanisation du monde, qui effrayait par quelques aspects, mais aussi bien séduisait les pays où avaient pu se maintenir plus longtemps les conditions des démocraties bourgeoises de type traditionnel. Une troisième forme s’est constituée depuis, par la combinaison raisonnée des deux précédentes, et sur la base générale d’une victoire de celle qui s’était montrée la plus forte, la forme diffuse. Il s’agit du spectaculaire intégré, qui désormais tend à s’imposer mondialement. »

Guy Debord

Les nécros me fatiguent, elles sont écrites à l’avance, elles puent l’embaumement. Pasqua c’était celui que la gauche aimait détester peut-être parce qu’il ressemblait à Fernandel en plus empâté. Derrière Pasqua on imaginait un univers de crimes et de magouilles diverses, l’Afrique et les putes, la Corse et les gangs, Ricard et les services, Foccart et les fascistes. On ne devrait jamais négliger le fait que Thierry Meyssan a commencé sa carrière de délirant public en tapant sur Pasqua. Durant cette période personne ne disait qu’il était fou, on se refilait les fiches du Réseau Voltaire avec un air entendu et de fait on n’y avait rien entendu. Pasqua était un spécialiste du spectaculaire intégré, en bon opérateur, il en avait occupé tous les postes sauf celui d’écrivain. Il en avait aussi connu les mutations puisque petite main de l’ordre marchand il avait fini en agenceur de dispositifs politico-administratifs, comme on dit ambianceur.

Pasqua était né de l’ombre, de cette armée qu’a peinte Melville. Comme tous les gaullistes, il était persuadé d’appartenir à cette élite qui avait sauvé le nom français, il en avait déduit que tout lui était permis parce que le sort leur avait souri. Il avait commencé sa guerre contre les allemands, il l’avait poursuivie contre les partisans insurgés de l’Algérie française, contre les communistes et in fine contre les gauchistes. Il pouvait donc se dire qu’il n’avait jamais été vaincu. Il était un avatar lointain et plébéien de Metternich, un contre-révolutionnaire aguerri.

En 1986, il prétendait terroriser les terroristes, il s’était juste embourbé dans le sang de Malik Oussekine que des voltigeurs avait matraqué en remontant la rue Monsieur le Prince désormais acquise aux restaurants dits japonais. Ce jour-là, un adolescent avait eu la main arrachée par une grenade lacrymogène lancée à tir tendu après que la place où les manifestants convergeaient s’était transformée en souricière. Julien Dray jouait alors les mouches du coche d’une coordination de trotskystes fantômes. Il était parrainé par l’Elysée, il avait la silhouette mince, Isabelle Thomas posait en robe de soirée pour les magazines et Globe se demandait si Godard était nul et antisémite. Qui s’en souvient ?  Emir des Hauts de Seine, grand vizir du RPR, il menait une diplomatie parallèle jusque dans ce Soudan qui servait de refuge aux placements d’Oussama Ben Laden. Il avait aussi tenté de déboulonner le prince Chirac en tandem avec Philippe Séguin puis dans la lost team d’Edouard Balladur. Le sort s’était alors retourné et son alliance avec Philippe de Villiers avait fait pchuit laissant le champ libre pour la réélection poussive du président Chirac face à un Jean-Marie Le Pen qui se prenait pour le Caudillo de Montretout.

Depuis, il se survivait, son style n’était plus prisé, il était comme une espèce d’homo politicus en déshérence, un Roland Dumas de droite à ceci près qu’il était devenu une sorte de coqueluche des tribunaux français après avoir figuré sur les listes américaines des heureux bénéficiaires de la manne irakienne pétrole contre nourriture. Silhouette de la politique comme on dit au cinéma il n’en finissait pas d’agoniser dans cet espace de l’atermoiement permanent où le mis en examen sortait blanchi de tous les parquets qui l’avaient convoqué au nom du peuple français.  

Charles Pasqua, disparition d’un tribun

Charles Pasqua, un habitué des tribunaux

Mort de Charles Pasqua, un homme qui faisait « peur et rire tout à la fois »

Charles Pasqua l’Africain

Charles Pasqua, « l’image d’une droite historique inséparable de l’histoire politique de notre pays »

Le Monde

Charles Pasqua, «une voix, un regard et une colère tendre pour la nation qu’il aimait»

Charles Pasqua, près de 50 ans de politique

Charles Pasqua : avec Chirac, de l’amitié à la rupture

L’ancien ministre de l’Intérieur Charles Pasqua est mort

Le Figaro

Le gaulliste Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

La Croix

Charles Pasqua est décédé des suites d’un accident cardiaque

Le Point

Au moment de l’hommage, à chacun son Pasqua

Charles Pasqua, homme de réseau et d’appareil

Mort de Charles Pasqua, ancien ministre et «parrain» des Hauts-de-Seine

L’ancien ministre Charles Pasqua est mort à l’âge de 88 ans

Libération

Charles Pasqua est mort

Mediapart

Charles Pasqua : la mort du dernier grognard du gaullisme tourne définitivement la page de l’après-guerre

Atlantico

Les derniers conseils de Pasqua à Sarkozy

L’Obs

Pasqua, de Greef : affairo-gaullisme et esprit Canal

Daniel Schneidermann

Mort de Pasqua : la droite récite le « Notre Père »

Marianne

 

Publié par : Memento Mouloud | juin 29, 2015

L’Eurogroupe ou le gouvernement des choses

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Depuis la décision de l’Eurogroupe de débarquer la Grèce car celle-ci organise un référendum sur les propositions de la mise en examen dans l’affaire Tapie, Madame Lagarde, de l’ancien employé de Goldman Sachs et représentant en emprunts toxiques et en paris sur les faillites de tous les tiers possibles, Mario Draghi, de l’ancien gardien de paradis fiscal mais adepte du mariage pour tous, Jean-Claude Juncker, sans compter le docteur Folamour du gouvernement allemand, Monsieur Schaüble ou notre agentE à Berlin Madame Merkel, donc depuis que le gouvernement grec tente d’éviter un coup d’Etat en faisant appel au peuple, nous savons ce qu’est un populiste, un fasciste ou un communiste dans la langue des bienséants : tous ceux qui disent non aux propositions raisonnables de l’oligarchie ou de la caste, cette assemblée de porte-paroles attitrés des « choses » et des « machins » dont ils tirent des normes implacables, cette assemblée d’experts qui savent que l’individu, les cultures singulières, les peuples ou les nations sont une erreur à rectifier. Nous savions déjà que la France était un roman périmé, qu’Israël fut une erreur de calendrier et d’azimuts, nous savons désormais que la Grèce est de trop dans l’Euroland.

Publié par : Memento Mouloud | juin 27, 2015

A quoi servent la NSA, BHL et Sarkozy ?

 « Beaucoup estiment que le problème est que nous collectons trop d’information et que la solution (…) serait de réduire ou de filtrer les données, (…) nous pensons le contraire (…), la solution est de continuer à collecter le plus d’information possible tout en révolutionnant nos façons de l’indexer, de la connecter, de l’analyser, de la stocker. »

Keith Alexander

La NSA emploie 40 mille personnes et son budget se monte, selon les uns, à 10 milliards de dollars (d’autres l’estiment à 20 milliards), soit 14 % du budget total des opérations de renseignement aux États-Unis, compte non-tenu des agences privées de sécurité. Dès 2005, L’exécutif avait permis à la NSA de contourner la loi et le New York Times révélait que George W. Bush avait autorisé la Baleine blanche à espionner, à l’intérieur des États-Unis, et sans mandat judiciaire – l’encourageant, d’autre part, à se déployer massivement à l’étranger, au nom de la « guerre contre la terreur ».

Or le think tank New America Foundation a passé en revue les cas de 225 individus appréhendés depuis 2001 pour suspicion d’activités terroristes et traduits devant la justice américaine : la collecte des métadonnées par la NSA sur le sol national a joué un rôle dans 1,8 % des cas, et les écoutes de personnes étrangères dans 4,4 % des cas. Autrement dit, selon ce rapport : « la surveillance téléphonique ou la collecte de métadonnées n’a eu aucun impact tangible pour prévenir des actes de terrorisme et uniquement un impact marginal pour prévenir les activités connexes comme le financement du terrorisme. »

L’objectif n’est donc pas la traque des djihadistes et autres radicaux mais la surveillance de millions de citoyens honnêtes donc leur culpabilisation généralisée. L’objectif n’est pas de gagner la guerre mais de démontrer la capacité de l’agence à monter des opérations d’intimidation auprès des alliés.

En se fondant sur les documents de Snowden, le Guardian donnait la liste de 35 dirigeants mondiaux directement espionnés, dont les Allemands Gerhard Schröder et Angela Merkel, la Brésilienne Dilma Roussef, les Mexicains Felipe Caderon et Enrique Peña Nieto et trois présidents français : Chirac, Sarkozy et Hollande. De plus, selon le mémo de la NSA cité par le Guardian, l’agence « encourage les hauts responsables américains qui sont ses clients à la Maison-Blanche, au département d’État et au Pentagone à partager leurs carnets d’adresses afin qu’elle puisse ajouter les numéros de téléphone des personnalités politiques étrangères à son système de surveillance ». C’est l’Humint, tout un chacun est enrôlé.

Or les Etats-Unis ne sont pas seuls, dans ce dispositif.

Les documents d’Edward Snowden ont démontré que les services secrets allemands, véritable plaque tournante du renseignement mondial depuis le 11 septembre 2001, collaboraient avec la NSA : en effet, l’agence américaine disposait sur le sol allemand de plusieurs bases d’interceptions secrètes, dont l’une située sur l’ancienne station d’écoute américaine de Bad Aibling (Bavière). Devant la commission d’enquête, plusieurs témoins ont assuré ces derniers mois que des cibles françaises de haut rang, mais aussi belges et autrichiennes, avaient été écoutées. L’affaire est très embarrassante pour Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, car les services secrets sont placés sous sa responsabilité directe.

On peut aussi retourner ce dispositif et observer que devenir dirigeant allemand ce n’est seulement être mandaté par son parti, donc appartenir à une oligarchie mais recevoir l’imprimatur de l’Empire. En effet, le scandale des services allemands n’est pas moins gênant pour les sociaux-démocrates du SPD, qui gouvernaient lorsque la collaboration active avec la NSA a été mise en place. Depuis des semaines, les députés d’opposition de la commission d’enquête, les élus écologistes et de « Die Linke », demandent que la liste des cibles visées par la NSA, et les 40 000 données récoltées soit mise à la disposition de la commission d’enquête. Pour l’instant, en vain.

Voici le genre de rapport d’écoutes :

« Le président français Nicolas Sarkozy considère qu’il est de sa responsabilité envers l’Europe et le monde de monter au créneau pour résoudre la crise financière mondiale. Il déclare en outre qu’il est le seul, compte tenu de la présidence française de l’UE, à pouvoir aujourd’hui se jeter dans la mêlée. Le président accuse le gouvernement américain d’avoir causé, par ses erreurs, beaucoup des problèmes économiques actuels, mais il croit que Washington tient désormais compte de certains de ses conseils. Selon lui, c’est la première fois que les États-Unis n’ont pas agi en leaders dans la gestion d’une crise mondiale et la France va maintenant prendre la main. Sarkozy était bien décidé à ce que le sommet du G20 de mi-novembre, qu’il a proposé, apporte un changement majeur au système financier international. Enfin, le président français était satisfait des quelques progrès au sein de l’Union européenne pour résoudre la crise et par son excellente relation de travail avec les premiers ministres britannique et espagnol. »

Que révèle-t-il ? La mégalomanie impuissante de Sarkozy ? Mais qui n’était pas au courant ?

« Levitte n’avait pas prévu de mettre à l’agenda le conflit autour de l’étiquetage de Pernod Ricard (le deuxième plus grand groupe de spiritueux au monde), mais Sarkozy venait juste de discuter avec le PDG du groupe qui a demandé au président d’intervenir en sa faveur. (COMMENTAIRE : on dit que Patrick Ricard, le président du directoire de Pernod Ricard, est l’un des riches bienfaiteurs de Sarkozy.) »

Sarkozy renvoie les ascenseurs, oups quelle révélation !

Ils manquent donc à Mediapart et aux autres à expliquer les différences de méthodes entre chinois, russes, indiens, japonais, iraniens et tutti quanti face aux méchants américains, ça mettrait les choses dans une perspective honnête faute d’une bonne perspective, celle qui ne se place jamais à hauteur de gouvernement.

Plus intéressants sont les mails de Sidney Blumenthal, à propos des affaires libyennes, rendus publics par Hillary Clinton. En effet, il envoie à Hillary Clinton des mails qui sont en grande partie des “copier/coller” de messages qu’il a reçus de Tyler Drumheller, un vétéran de la CIA qui a quitté l’agence en 2005 parce qu’il s’opposait à la manipulation des renseignements par l’administration Bush sur l’Irak. Drumheller, qui a passé 25 ans à la CIA jusqu’à devenir le responsable des opérations en Europe, travaille depuis comme consultant privé, mais il est resté très connecté avec le monde du renseignement. Il informe donc Blumenthal, qui répercute à Hillary Clinton, qui elle-même fait circuler ces informations dans le département d’État. Au milieu de cette cinquantaine de mémos, qui comprennent parfois des contresens et des erreurs factuelles, car ils sont rédigés « en temps réel », alors que la situation évolue chaque jour en Libye depuis le déclenchement de la rébellion à Benghazi le 17 février 2011, on trouve une lecture alternative du rôle de la France dans ce conflit.

« Depuis fin février 2011, des officiers de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) ont entamé une série de rencontres secrètes avec l’actuel dirigeant du Conseil national de transition, Moustapha Jalil et le général Abdelafattah Younès, qui sera bientôt le commandant des troupes rebelles autour de Benghazi. […] Les officiers de la DGSE ont fourni de l’argent et des conseils pour appuyer la formation du CNT. Ces officiers ont expliqué à Jalil et à Younès qu’ils parlaient sous les ordres du président français Nicolas Sarkozy, et ils ont promis que dès que le CNT serait organisé, la France reconnaîtrait le Conseil comme le nouveau gouvernement de la Libye. […] En retour pour cet appui, les officiers de la DGSE ont indiqué qu’ils attendaient du nouveau gouvernement libyen de favoriser les entreprises françaises et les intérêts nationaux, en particulier dans le domaine pétrolier. Jalil et Younès ont approuvé. »

Le 27 mars, il écrit « Sarkozy est aussi inquiet à propos des rapports indiquant que des groupes radicaux/terroristes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) infiltrent le CNT et son commandement militaire. Par conséquent, il a demandé au sociologue [sic] Bernard-Henri Lévy, qui a de vieux liens avec Israël, la Syrie et d’autres pays du Moyen-Orient, d’utiliser ses contacts pour déterminer le niveau d’influence d’AQMI et des autres groupes terroristes au sein du CNT. ». Il fait aussi fait l’état des lieux des armes dont disposent les rebelles : « des stocks apparemment inépuisables d’AK47 et de leurs munitions. Les forces spéciales françaises, britanniques et égyptiennes entraînent les rebelles en Égypte occidentale et, dans une moindre mesure, dans la banlieue ouest de Benghazi. »

Dans un mémo du 5 mai 2011 qui comprend l’intitulé « accaparement économique français », Blumenthal détaille une opération humanitaire du ministère des affaires étrangères français initiée le 13 avril, qui aurait amené à Benghazi des officiers de la DGSE ainsi que des représentants de grandes entreprises françaises, « afin d’établir des relations de travail avec les dirigeants rebelles libyens alors qu’ils construisent le futur gouvernement de Libye ».

Il raconte : « Le vol initial comprenait des dirigeants de la compagnie pétrolière Total, de la grande entreprise de construction Vinci, et d’EADS. L’avion et l’opération étaient arrangés par Airbus (filiale d’EADS). Les vols suivants ont amené des représentants du conglomérat Thalys et d’autres entreprises françaises, toutes avec des liens étroits avec le gouvernement de Sarkozy. Après avoir rencontré le CNT, ces cadres français quittent discrètement le pays par la route, en Égypte via Tobrouk. Ces convois sont organisés et protégés par les officiers paramilitaires du groupe Action de la DGSE, qui utilisent également ses visites pour établir des contacts avec les unités de renseignements de l’armée rebelle. »

Toujours dans le mémo du 5 mai 2011, Blumenthal rapporte le rôle de Bernard-Henri Lévy « Lévy est de nouveau arrivé à Benghazi le 22 avril et il a obtenu la signature des dirigeants du CNT sur un Memorandum établissant le fait que les entreprises françaises recevront un traitement favorable dans les affaires futures. Selon des personnes en mesure de savoir, Lévy, parlant en termes polis, a clairement dit aux dirigeants du CNT qu’ils avaient une dette à l’égard de la France en raison de son soutien initial et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible en retour à montrer aux dirigeants économiques et politiques français. […] Lévy a conclu en disant à un petit groupe de dirigeants rebelles que Sarkozy était critiqué en privé par des leaders de la communauté juive française pour son soutien aux rebelles avant de connaître leur position vis-à-vis d’Israël, et que ce Memorandum l’aiderait à écarter ces plaintes. »

Blumenthal termine par un commentaire de sa source : « Des sources ayant un excellent accès à la DGSE indiquent que Lévy utilise son statut de journaliste comme couverture pour ses activités. En fait, il travaille directement sous les ordres de Sarkozy. La DGSE et les militaires français impliqués dans la rébellion libyenne se plaignent du statut d’“amateur talentueux” de Lévy, mais admettent qu’il est très efficace pour négocier avec les rebelles, tout en ayant la confiance complète de Sarkozy. »

Le 30 août, il écrit « … une majorité du CNT a décidé que Mouammar Kadhafi serait détenu et jugé en Libye, s’il est capturé par des forces sous le commandement central de l’armée nationale libyenne (ANL). Cela dit, ils ont précisé que si Kadhafi était capturé par des milices régionales qui forment le gros de l’ANL, il serait sommairement exécuté. Le représentant de la CPI a protesté mais il s’est fait envoyé balader. »

Dans un mail du 8 mars 2012, il évoque la potentielle partition de la Libye, dans laquelle il voit la main de la France : « Le gouvernement et les dirigeants économiques français entendent recevoir 35 % des nouveaux développements économiques libyens depuis la chute de Kadhafi. Comme de nombreux businessmen occidentaux, les officiels français ont passé des accords informels avec le premier ministre Mahmoud Djibril et ses conseillers avant de voir ces accords ignorés ou retardés quand le gouvernement a changé en octobre 2011. […] Une source extrêmement sensible indique que la DGSE et le SIS (les services secrets britanniques) entendent organiser le mouvement vers un État semi-autonome dans un système fédéral. »

Mediapart / BAM

Le manifeste est rédigé par deux intellectuels, Michel Agier et François Gemenne

« Le fait migratoire est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister »

Imaginons l’assertion suivante « les inégalités abyssales sont un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde résister » ou « la traite des êtres humains est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister » voire « l’endettement généralisé et la précarité des conditions d’existence est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister ». Inutile d’aller plus loin, la première assertion est nulle et non avenue.

« Ouvrir les frontières, légaliser les mobilités de tous, c’est tuer dans l’œuf le business de ceux qui ont fait profession du trafic des cargaisons humaines »

Le fonctionnement de l’UE et notamment de son marché du travail, prouve absolument le contraire. Le « business » en question devient moins primitif et sauvage et s’articule autour des règles contractuelles et tortueuses d’un marché du travail dérégulé.

« Aucune enquête n’a prouvé la véracité des ‘’appels d’air’’ ou des ‘’invasions’’ tant annoncés et fantasmés »

L’exode des jeunes polonais, hongrois ou roumains, celui des roms ainsi que des kosovars, ne relève pas du fantasme. Le tissu humain de nombre de pays européens, à commencer par la Grèce, s’est recomposé or la sédimentation d’une culture singulière n’a pas la même historicité que le régime de l’évènement. A moins d’être aveugle, il est nécessaire de reconnaître que l’afflux des réfugiés et migrants, dans l’espace méditerranéen et européen, dû aux crises balkaniques, caucasiennes, ouest et est-africaines, maghrébines, syrienne et, in fine, intra-musulmane n’a pas d’équivalent depuis la fin et les suites immédiates de la seconde guerre mondiale.

« ouvrir la frontière, c’est certes laisser entrer le migrant, mais c’est aussi lui permettre de repartir sans inquiétude »

Remplacer migrant par capital, le résultat est saisissant. Les nations seraient donc des registres d’opportunités, de simples flunch causant l’anglobal dont l’horizon serait confiné au présent.

« toutes les études montrent que la contribution économique des migrants à leur pays de destination est d’autant plus positive que leur situation y est sûre et légale »

Toutes les études montrent que cette « contribution », soit ce recours au capital humain formé à l’étranger n’est positif qu’à la condition que les migrants soient jeunes et « employables ». Encore une fois le registre utilitariste (et dans ce cadre conséquentialiste) est devenu un lieu commun de gauche.

« L’embauche des travailleurs étrangers en situation irrégulière dans les pays riches est un ‘’dumping social’’

L’embauche en situation régulière l’est tout autant comme le prouvent l’absence de salaire minimum en Allemagne ou le contrat 0 heure au Royaume-Uni. L’ouverture illimitée des frontières a pour conséquence première de saper les fondements mêmes du contrat à durée indéterminée et des droits sociaux qui lui sont attachés.

« Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme…C’est la fermeture des frontières qui crée le privilège du lieu de naissance »

Cette assertion inclut deux postulats : la mobilité est première, c’est même un impératif moral, l’homme est une page blanche qui pérégrine. Le devenir bourgeois-consumériste est le nec plus ultra de la condition humaine.

« Il faut le répéter : ouvrir les frontières, ce n’est pas supprimer les frontières »

C’est le paradigme illogique comme fondement du raisonnement de gauche. Cette proposition vérifie à la fois p et non-p : « Il faut le répéter : supprimer les frontières, ce n’est pas les ouvrir ». Corollaire : les mots ne désignent plus qu’une réalité mouvante sans signifié ni référence. La langue est un corps sans syntaxe.

« Des voisins solidaires et mobilisés, un tissu associatif dense capable d’organiser l’accueil des étrangers et aider leur insertion, des villes qui créent de meilleures conditions de logement en centres d’accueil pour les errants »

Les errants, comme on cause des chiens mais dans une version substantivée. Le mot en remplace plusieurs : réfugié, immigré, émigré, apatride, vagabond, nomade car le paradigme de la mobilité établit des degrés dans la dromosphère en cours.

« Dans les années 1930, les juifs ou les exilés espagnols étaient devenus des ‘’indésirables’’ »

Toute cette assertion relève de la pensée massive. La  mention des indésirables renvoie au gouvernement Daladier toujours condamné a posteriori. Cependant on ne peut pas juger de la politique française de 1938 en pensant que celle-ci avait anticipé la destruction des juifs d’Europe. De plus, quelle autre démocratie européenne ou nord voire sud-américaine a accueilli les juifs sur son territoire ? Quant aux exilés espagnols, la République française les a accueillis dans l’urgence en 1939, tout indésirables qu’ils étaient, comme la Turquie accueille les syriens en faisant les yeux doux aux criminels de Daech.

« dans ce pays, il vaut quand même mieux être attaqué par des djihadistes que par des ultra-sionistes… »

Pierre Haski

Entre 9h28 et 9h35, Yassin Salhi a le temps de mettre en scène un tableau des plus macabres. Sur une des grilles de l’entreprise, une tête humaine tranchée a été déposée, entourée, au niveau de ce qu’il reste de cou, d’une épaisse chaîne en métal. Aucun sang ne semble s’écouler. De chaque côté du visage, des drapeaux plantés sur des mâts ont été accrochés à la grille. «Du noir avec des inscriptions blanches», selon deux témoins. Des couleurs typiques des drapeaux de l’Etat islamique. Vendredi en fin de journée, les enquêteurs identifieront l’inscription : il s’agit de la profession de foi musulmane, la Chahada. Le corps décapité, lui, est retrouvé au pied de la camionnette endommagée, un couteau près de lui. Le cadavre n’est autre que celui du patron de Yassin Salhi, Hervé C., 54 ans, gérant d’une entreprise de transports pour lequel Yassin Salhi travaillait depuis mars. A 9 h 35, ce dernier remonte dans son véhicule et fonce dans le hangar de remplissage de gaz, provoquant une vaste explosion. Puis Yassin Salhi descend de sa camionnette et se rend vers un autre hangar où il est finalement intercepté par les pompiers, en train de manipuler les bombonnes de gaz.

10 H 07 : Une forte explosion suivie d’un incendie retentit vers 9 heures 40 dans les locaux de la société Air Products, employant sur place 80 salariés, située avenue des Arrivaux à Saint-Quentin-Fallavier, commune de six mille habitants, non loin de l’aéroport de Lyon. «On a vraiment eu de la chance : l’équipe qui travaille dans cet atelier était en pause à ce moment-là. Par ailleurs, le gaz de ces bouteilles est pressurisé, il n’explose pas. Au pire, il fuit violemment, mais c’est tout.» Un important dispositif de sapeurs-pompiers de gendarmerie se rend sur place. On dénombrera un mort et deux blessés. L’entreprise fut fondée en 1940, il s’agit d’une société internationale présente dans plus de cinquante pays, qui compte 21 200 employés. Son métier : la fourniture de gaz industriels (atmosphériques, procédés et gaz spéciaux), de produits chimiques, d’équipements et de services. Elle se targue d’être «le plus grand fournisseur d’hydrogène et d’hélium au monde» et le «leader mondial de l’approvisionnement pour les marchés à forte croissance comme les matériaux pour semi-conducteurs, l’hydrogène de raffinerie, la gazéification du charbon, la liquéfaction du gaz naturel ainsi que les revêtements et les adhésifs les plus perfectionnés». Ses clients sont l’industrie agroalimentaire et la santé et des soins personnels à celles de l’énergie, des transports et des semi-conducteurs.

10 H 29 : La piste de l’attentat est évoquée. On signale qu’une personne a été décapitée non loin de l’entrée de la société. Un homme aurait pénétré dans l’entreprise et ouvert plusieurs bombonnes de gaz. Drapeaux noirs déployés, il se disait membre de Daesh.

10 H 35 : le procureur de Vienne se rend sur les lieux. L’antiterrorisme de Paris est saisi.

10 H 57 : selon une source proche de l’enquête, une voiture aurait fait irruption dans les locaux se lançant dans un rodéo afin de percuter des bombonnes de gaz présentes sur le site. L’homme décapité à l’intérieur de la cour, ne serait pas un employé de la société. Sa tête aurait été retrouvée à plusieurs dizaines de mètres de son corps. Par ailleurs un homme aurait été blessé.

11 H 11 : le préfet de l’Isère est sur les lieux. Selon une source proche de l’enquête, d’autres attentats ne seraient pas exclus. Par conséquent, un très important dispositif de gendarmerie est déployé sur le site. Les employés de la société Air Products sont accueillis dans une salle polyvalente de la commune voisine de la Verpillière.

11 H 19 : la tête de la victime aurait été retrouvée accrochée au grillage de l’enceinte de la société le long de la RD311. Des techniciens en identifications criminelles de la gendarmerie de Grenoble débarquent.

11 H 23 : un individu d’une trentaine d’années connu des services de la DGSI est interpellé.

 11 h 27 Selon une source gorge profonde au ministère de l’Intérieur, «aucun élément ne corrobore pour l’instant l’implication de Daech.»

 11 H 36 : La sécurité est renforcée dans les salles d’accueils des commissariats de Valence, Romans-sur-Isère et Montélimar et dans les commissariats de l’Isère. Visiblement la confiance dans le vivre-ensemble s’effrite.

 11 H 44 : La tête de l’homme, retrouvé décapité était recouverte d’inscriptions en arabe. Il s’agit donc d’un rite. On apprendra que l’assassin travaillait pour une entreprise de transport prestataire d’AirProducts, basée à Chassieu. Aussi l’homme qu’il avait décapité était le gérant de l’entreprise. Justice de classe islamique ? Justice islamique de classe ? Lutte des classes tissée de guerre religieuse ?

«Une fois devant l’usine, nous avons vu une tête plantée sur le grillage, et dont le cou semblait entouré d’une chaîne. Il semblait s’agir d’une homme d’âge mur, aux cheveux bruns. Un drapeau noir et un autre blanc étaient également accrochés à la grille. Nous avons cru qu’il s’agissait d’une fausse tête, d’une plaisanterie de grévistes, tout en trouvant que cela allait un peu loin. Puis nous nous sommes aperçus que le toit du bâtiment était gondolé, on voyait que quelque chose avait pété. Et nous avons entendu un bruit évoquant une fuite de gaz. Nous sommes partis car les lieux nous semblaient dangereux. La mise en scène de la tête était manifestement bien étudiée, car le visage était tourné côté route, du côté passant, et les drapeaux solidement fixés sur de petits mâts.»

11 H 51  Le conducteur d’un véhicule qui aurait fait des allées et venues devant la société, est recherché.

12 H 09 : L’individu interpellé, entendu par la brigade de recherche de Bourgoin-Jallieu refuse de s’exprimer. Il porterait une épaisse barbe.

12 h 10 Selon un journaliste du Monde sur place, Bernard Cazeneuve vient d’arriver. Il lui fait un calin ?

12 h 11 Itélé-canal DGSI dément l’information selon laquelle la personne interpellée serait connue des services de la DGSI qui confirmera plus tard qu’elle était fichée. Le quatrième pouvoir est intrépide.

12 H24 Une fausse image du suspect de l’attentat circule, il s’agit du cliché d’un djihadiste albanais tué en août 2014.

12 h 29 L’usine d’Air Products est composée de deux sites, séparés par la route : un site de production et un site de remplissage. C’est ce dernier qui aurait été attaqué. «S’ils avaient attaqué le site d’en face, les dégâts auraient été beaucoup plus importants, parce qu’il y a notamment un gros réservoir d’oxygène», confie une source interne. De nouveau, l’hypothèse du djihadiste bas du front se confirme.

12 H 39 : Selon Michel Bacconnier, le maire de Saint-Quentin-Fallavier, joint par téléphone : « le site industriel visé, classé Seveso, ne présente pas de risque majeur d’explosion. Les gaz entreposés sont l’azote, l’oxygène et l’argon. La préfecture a pris la main sur la gestion de la crise. Ma première adjointe, Andrée Ligonnet, est sur le site ».  Rappelons que le classement Seveso permet d’identifier les sites comportant des risques d’accidents industriels majeurs (pour Bacconier l’idiot du village, tant que ça n’explose pas, y’a pas mort d’homme). Quant à l’usine Air Product elle produit aussi de l’hydrogène, de l’acétylène, de l’hélium, du CO2 et des « mélanges ».

12 H 50 : La personne interpellée et par ailleurs blessée est évacuée de Saint-Quentin-Fallavier dans une ambulance des sapeurs-pompiers escortée par une dizaine de véhicules de gendarmerie pour être placée en garde à vue.

13 h 03 : L’homme interpellé, demeurant sur l’agglomération lyonnaise, est bien connu des services antiterroristes.

13 H 05 : la PJ de Lyon prend en charge la direction de l’enquête.

13 H 17 : « La personne interpellée a été neutralisée par un employé du SDIS » détaille Bernard Cazeneuve, sans doute un pompier ou selon l’Express une équipe entière. Il « remercie les forces de sécurité de la rapidité de leur intervention ». « Le suspect se prénomme Yassine Salhi » selon Cazeneuve et est « connu des services antiterroristes ».

13 H 20 : Yassine Salhi, père de trois enfants selon le Parisien, faisait « l’objet d’une fiche S éditée en 2006 non renouvelée » en 2008 auprès des services secrets ». Cette fiche «S», pour «sûreté de l’Etat», est l’une des 21 sous-catégories du plus ancien fichier de police : le Fichier des personnes recherchées (FPR) créé en 1969. Il comporterait actuellement 400 000 noms, allant du grand banditisme aux évadés de prison. Y figurent bien entendu les aspirants terroristes, mais aussi tout une flopée de militants antinucléaires, d’activistes politiques (anti-G20, zadistes), de hooligans et de membres de groupuscules d’extrême droite. Selon le journal Sud Ouest , qui a accédé à un chiffre convoité, 5 000 personnes étaient répertoriées dans le fichier «S» en 2012. «C’est une donnée intéressante car, en matière d’antiterrorisme, rien ne circule au nom du secret défense», explique l’universitaire Pierre Piazza. La fiche «S» comporte seize échelons de dangerosité. Sid Ahmed Ghlam, suspecté d’avoir voulu commettre un attentat dans des églises à Villejuif (Val-de-Marne) en avril, était au niveau 13. Mohammed Merah, le tueur de Toulouse, était, lui, au niveau 5, car jugé encore plus dangereux. Un échelon qui implique de signaler les passages à la frontière de l’individu, mais pas de fouiller ses bagages, ni de le surveiller sur le territoire français. «Il ne faut pas perdre de vue que la fiche « S » est un dispositif de signalement. Il n’oblige ni écoute administrative, ni arrestation automatique». Il « n’était pas fiché comme ayant voyagé en Syrie ou en Iraq », ni pour avoir arboré un tee-shirt, I’m Charlie Coulibaly. Il « résiderait  à Saint-Priest et n’a pas de casier judiciaire » selon le ministre de l’Intérieur et est « en relation avec la mouvance salafiste ».

13 H 27 : Une deuxième personne est interpellée à son domicile de Saint-Quentin-Fallavier dans un quartier pavillonnaire. Il s’agit du conducteur aperçu le matin en train de faire les allers retours devant la société à bord d’une Ford Fusion peu avant l’attentat.

13 h 29 Depuis les attentats du 11 janvier, le dispositif «Sentinelle» mobilise 10 mille hommes pour assurer la protection de sites sensibles, notamment liés à la communauté juive : synagogues, écoles communautaires etc. En revanche, les sites classés «Seveso» n’ont pas fait l’objet d’une protection particulière dans le cadre de ce dispositif. Les normes de sécurité y seraient déjà particulièrement rigoureuses (comme le prouve le présent attentat) en raison des produits dangereux qui s’y trouvent.

13 H 50 : Selon le préfet de l’Isère, Jean-Paul Bonnetain, « le véhicule n’a pas pu pénétrer par surprise sur le site, il y a été autorisé pour l’exercice de sa mission ». 

14h08 : Sur le site de la société Air Products on apprend que la compagnie s’est vue accorder récemment par Saudi Aramco, une compagnie pétrolière et chimique saoudienne, la construction et la gestion du plus gros complexe de gaz au monde pour une durée de 20 ans à Jazan en Arabie Saoudite. Ce complexe permettrait de produire 75 000 m3 par jour d’oxygène et d’azote.

14 H 13 : La victime décapitée a été identifiée comme un gérant d’une société de transport demeurant à Chassieu dans le Rhône. Il venait pour une livraison.

14h15: Selon une source proche de l’enquête, au moins une interpellation supplémentaire a été effectuée, un pontissalien, chauffeur de bus et père de famille. C’est l’alliance des recalés du collège pour tous. Les cancres tentent le coup d’éclat dont ils sont capables et dont le patronyme de l’assassin résume le programme, sali.

14h29 : Des tirs ont éclaté sur une plage devant l’hôtel Imperial Marhaba de Sousse, dans le centre-est de la Tunisie, faisant un nombre indéterminé de morts, a annoncé la télévision d’Etat. Un autre hôtel serait visé.

14h34 : Le bilan se porte à 37 morts. Un assassin aurait été abattu. Au Koweit, on relève 25 morts et plus de 200 blessés dans une moquée chiite. A Kobané, les intrépides djihadistes daechites font le carton sur des femmes, des vieillards, des enfants. Plus de 120 tués. C’est Ramadan, les gars fêtent à leur façon la descente du livre, ils récitent à la mitraillette et à la machette la shahada.

14h37 La famille de l’assassin de Saint-Priest est interpellée. Yves Blein, le député PS de la 14e circonscription du Rhône – qui comprend la ville de Saint-Priest – se dit «surpris» d’apprendre que Yassin S. en est originaire. «C’est une circonscription populaire, il y a des activités liées à l’islam mais comme dans beaucoup d’autres villes en France. Il n’y a pas de mouvement ou d’organisations radicales». La Grande mosquée de cette ville sans organisations radicales est l’une des plus importantes de la région avec ses 9 000 mètres carrés. Elle est ouverte depuis une petite dizaine d’années. Sous contrôle algérien, elle est affiliée au réseau de la Grande Mosquée de Paris. Ces deniers mois, elle n’avait plus d’imam attitré et rémunéré par la Mosquée de Paris, c’est à dire le gouvernement algérien. «C’est une mosquée qui suscite de l’inquiétude, dirigée par des personnes âgées, affirme un leader musulman régional qui n’a pas l’oreille de Monsieur Blein. Il y avait là beaucoup de passages.» Selon des sources locales, des groupes salafistes tournaient autour, essayant de profiter du vide pour prendre la direction du lieu de culte. Monsieur Blein n’était pas au courant, comme d’autres ne le sont jamais dans « d’autres villes populaires de France avec des activités liées à l’islam ».

14 H 44 : La pornographe Europe 1 joint la compagne de l’homme interpellé vendredi après l’attentat contre l’usine Air Products à Saint-Quentin-Fallavier.

14h45 : Personne n’indique que la nouvelle loi de surveillance généralisée n’aurait servi à rien sinon à remplir le fichier S et puis les autres et éventuellement pour d’autres usages, façon Phone Game.

14 H 51  : La BRI investit le domicile du suspect, à Saint-Priest. Il y vit depuis six mois avec sa femme et ses trois enfants.

16h10 : À Saint-Priest, l’entourage de la famille Salhi a décrit Yassin comme « un homme sans histoires » bien qu’un peu salafiste. A la Planoise (à Besançon), en revanche, il est plus connu. Une voisine signale, en 2014, des discussions de palier avec plusieurs autres hommes musulmans, dont certains en treillis. Sans doute des chasseurs. Dans les conversations, le jihad, la Syrie et le Mali sont évoqués. Sur la foi de ce témoignage, les services de renseignements de la gendarmerie effectuent des vérifications et pondent une note, mais toujours pas de fiche. Recontactée par la police, la voisine, elle, n’a jamais voulu être auditionnée. RAS. Originaire de Pontarlier (Doubs) et homosexuel refoulé, il se serait radicalisé au contact (physique ?) d’un prêcheur illettré de la mosquée de Pontarlier, un certain Ali, de son vrai nom Frédéric Jean Salvi, ancien pensionnaire de la la maison d’arrêt de Besançon. L’assassin, alors plutôt chien errant, avait rejoint son Tartuffe à Besançon. Selon l’Est Républicain,  « il serait parti de Pontarlier il y a une dizaine d’années et n’aurait que très peu fréquenté la mosquée de Pontarlier. Il aurait peut-être été en lien avec un Pontissalien qui se serait radicalisé avant de partir en Indonésie. A la mosquée pontissalienne, on assure qu’on l’avait perdu de vue. Après le décès de son père d’origine algérienne, sa maman d’origine marocaine serait repartie au pays, les frères et sœurs s’étant dispersés. Il ne reste que quelques membres de sa famille à Pontarlier. « Yassin a fréquenté la mosquée mais il était encore jeune, et puis il est parti très vite à Besançon après le décès de son père », assure-t-on à la mosquée de Pontarlier. « Nous ne savions même pas qu’il était marié et père de famille ». 

16 h 21 « Le CFCM condamne avec la plus grande vigueur l’attentat terroriste qui a visé l’usine Air Products de Saint-Quentin-Flavier en Isère », a écrit le président de l’institution pas d’amalgame de l’islam de France, Dalil Boubakeur. « Le CFCM tient à exprimer sa plus profonde indignation devant ces actes inqualifiables qui ne peuvent se réclamer d’une quelconque religion ou d’une quelconque cause ».

16 H 42 : « Il n’y a pas de lien à établir si ce n’est que le terrorisme est notre adversaire, qu’il frappe partout, au Koweit aussi » (François Hollande, président-pour-rire de la néo-France).

Le Dauphiné / L’Express/ Le Figaro/ Le Parisien / L’Obs / Libération / L’Est Républicain / Marianne / BAM

 

Publié par : Memento Mouloud | juin 19, 2015

Lycéens néo-français de Terminales S 2015 (extraits)

L’orthographe et la syntaxe sont respectés

 

 

Les Ming et Mao s’occupe de la cohesion interne de leur pays

Mon ressenti est qu’il faut acter

Ce qui peut permettre la venu au pouvoir de grouppe extremiste et la naissance du terrorisme ou de la piraterie, ce qui n’est jamais bon pour l’’économie d’un pays

Cet élève a un bon relationnel, il est toujours dans l’échange 

Certains pays du sud sont intégrés et en on assez de l’oppresion des pays du Nord et veulent sans sortir comme les Lions Africains (Algérie, Maroc, Egypte, Afrique du sude, Nigeria, Angola)

Elle initie beaucoup de projets, elle s’investit et surtout elle finalise, pour ce qui est du cul elle se positionne pas mal, que du bonheur!

Les BRICS se composent du…et du South Africa (l’Afrique du sud)

C’est beaucoup d’émotion, d’impacter sa paire de siens mais je gère, ça va le faire, allez ciao-ciao

Le Brésil qui a réssament voulue se défaire de la monais de référence pour toute echange international qui est le Dollard (monais des Etats-Unis)

On est sur du lourd, sur de l’improbable, mais bon pas de sourcil

Malgrés cela les pays du Sud s’entraide pour aidé les plus faible (Chine Afrique)

Il est en mode che guévaro

Xeng Diaoping arrivant en 1979 pour succèder a Mao…En 1979, Xeng Diaoping prend le pouvoir et instaure un tout autre régime, inspiré par les Etats-Unis

C’est un marqueur d’islamité votre pagne ? Allez soyez une actrice de votre émancipation par vous-même, ça marche, ma puce ?

Jusqu’au XIVè siècle, le Sahara était un espace délaissé ; il n’avait pas d’attraits particuliers aux yeux des grandes puissance. Il sera donc laissé au Français

Le proviseur, ça doit être un décideur, le professeur, un projecteur

Mise à part l’Algérie, les pays du Sahara sont des pay faibles

Carpe diem, il reste une bière au frigo

Le globe présente donc des inégalités flagrande entre différents pays

Bisou-Bisou Mathilde, ce gode-ceinture, c’est une tuerie

Nous avons l’usine Toyota dont le siège est à Tokyo…mais ses produits sont fabriqués dans d’autre pays comme l’Afrique

ok ça marche! L’Afrique est repartie

Les pays des Nords sont les pays penseurs

  tant pis pour le politiquement correct mais je vais le dire, les grosses bites et le Qi c’est inversement proportionnel

La Chine…à pris ses distances pour s’alliancer aux Etats-Unis

 tant pis pour le politiquement correct mais je vais le dire, c’est rare pour un chinois

Le fret aérien est utilisé…pour les marchandises nécessitants d’êtres consommées rapidement comme les fruits et légumes

tant pis pour le politiquement correct mais je vais le dire, se faire sucer dans l’avion, c’est contre-indiqué

BRICS (pays au développement très fort)

Tant pis pour le politiquement correct mais vous savez Arlette que cette tarte est à chier ?

La vue de territoires bien insérés dans cette mondialisation montre qu’il y a une insertion dans celle-ci

Quand des millions de gens sortent des gogues, mon devoir c’est de tirer la chasse

La Chine ne cesse de succéder les alliances

Et là le mec me dit, ça va quoi, mon marqueur à moi c’est ma cravate 

Après la mort de Mao, ces successeurs et ceux de « Ming » assurent comme Deng Zaoping une cohèsion interne de la RPC

En fait, c’est une tuerie d’être un décideur

Les conflits sont dû au mauvais tracés des routes. Certains migrants rencontrent alors des passeurs peu honnêtes ou des trafiquants d’armes appartenants à des groupes extrêmes

Si les migrants étaient guidés par la voix de Marie Richeux, ils se perdraient en route, cette nana c’est le chant des sirènes

FTN (fime trans-national)

ça marche, Macron fait son outing

Des tensions environnementales surgissent tel que la pollution ou encore les mariés noires

La prochaine, la mode blaireau

La Chine fait des alliances avec l’URSS et les USA et que ces dernières détendent leurs relations

Bronzage, broutage, quel est ton ressenti ?

La Chine n’est plus la première dans les mouvements révolutionnaires et ne revendique plus le camp des communistes…Cette attitude n’est pas incompatible, ce serait même le contraire

Improbable, pour deux crétins diplômés, un troisième sodomisé

Il va faire une dèmaotisation

Quels vilains clitos à impacter

La Chine va posséder le Hard et le Soft Power.comme les Américains

Il écrit en agitant ses oreilles, ça prouve bien l’état de son relationnel

Hard Power ou sa capacité de faire, faire faire, refuser de faire et empecher de faire

Même décapité le canard est toujours dans l’échange

Une fois que la Chine est amorcée, plus rien ne l’arrête

Il est mal positionné, il a trop de projets

L’uranium est un produit recherché dans certains pays pour les bombes

Tu comptes finaliser ta GPA ou impacter négativement un utérus népalais ? 

Les nouveaux groupuscules islamistes…ne cessent de s’expandre

Quand je vois les vieux d’aujourd’hui, je me dis que ceux de demain ça va pas le faire

Le Grand Bon politique instauré par « Mao Zedong » qui regnait sur l’Etat entre 1959 et 1961

Il s’investit dans la séquestration, c’est un secteur d’avenir

Le revolution culturelle…mené par les armés rouges de Mao

OK, ça marche, je laisse tomber les merguez

Inplanter des FTN pourait provoquer en fait deficit à ces entreprises

Ciao Cioa sympa ton mini-short

Les principaux bénéficiants de la valorisation par la mondialisation

« Le premier mai 1933, le Parti nazi enregistre deux nouvelles adhésions de taille : le philosophe Martin Heidegger, recteur de l’Université de Fribourg, et l’ingénieur des Mines Kurt Gerstein. L’un se veut le berger de l’Être, l’autre l’espion de Dieu. Kurt Gerstein qui a obtenu le prix  » du bel homme allemand  » trompe son monde : c’est un virtuose de l’illicite, un resquilleur de la légalité. Ce protestant a pris Kierkegaard pour maître. Croire, c’est être prêt à se faire brise les os, dira-t-il, avant de descendre les marches qui le conduiront en enfer. Il s’engage dans la Waffen S.S.avec la volonté de voir  » jusqu’au fond des fours  » et au péril de sa vie. Il tente d’alerter des diplomates étrangers, des ecclésiastiques, des notables. En pure perte. Cet espion de Dieu traque le mal tout en collaborant avec lui. Il a beau avoir écrit dans un français maladroit des rapports sur l’apocalypse, personne ne le croit. Soupçonné de chercher à tromper son monde, il sera enfermé à la prison du Cherche-Midi, à Paris, où il se pendra au vasistas de sa cellule le vingt-six juillet 1945. Le commandant de la prison se souviendra d’un mort trop grand : on dut pencher sa tête sur l’épaule pour fermer le cercueil. Il n’oubliera jamais cet officier S.S. de quarante ans accusé de  » crimes de guerre, assassinat et complicité  » , et qui vient de mettre un point final à son rapport dénonçant l’extermination des juifs. »

Roland Jaccard

Les terroristes ne sont pas les seuls à vouloir contrôler cette région, la France le veut également. Pour se faire elle implante ces usines au Sahara pour pouvoir contrôler la région. Il y a alors conflit entre les puissances étrangères et les terroristes

Ses pôles son les Etats-Unis, l’Union Européenne et le Japon. Ceux-ci correspondent aux pays vainceurs de la seconde guerre mondiale. En effet cela leur à permis durant la guerre froide de s’enrichir, grâce aux paiement de l’Allemagne notamment pour les rembourcement des villes détruites à causes de la guerre. Les Etat-Unis, ayant l’arme nucléaire, permis également encore de pesé sur le monde politiquement

Mao rompt son aliance avec les URSS pour faire sa propre démocratie qu’il nomme la république démocratique chinoise

Il y a une doctrine Maoïste jusquen France. Les élève universitaire brandisse même son visage sur leur faculté

Publié par : Memento Mouloud | juin 19, 2015

Ulcan ou gam zou letova

«Je fais ça depuis que j’ai 17 ans, j’ai tout appris tout seul. Je peux vous appeler en faisant en sorte que ce soit votre propre numéro qui s’affiche. Ça, c’est pas facile à faire […] Un jour, je publierai mon exploit. Je suis capable de hacker 500 sites en même temps.»

 «Moi, je ne suis pas un mec d’extrême droite, je ne suis pas contre l’islam. Je ne veux exterminer personne […] Mais ce qui me rend dingue, c’est quand j’entends Dieudonné et Soral. L’un, au motif qu’il est noir, est dédouané de toutes accusations de racisme alors que l’autre se fait passer pour un humaniste. Je ne supporte pas…Israël ne représente que 0,3% du territoire du Proche-Orient, on y a droit à cette terre. Je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait.»

 «J’y [en Roumanie] ai monté un gros site pour adultes pour tenter de me faire du fric. Après, j’ai pris des vacances dans une île grecque.»

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Grégory Chelli, plus connu sous son pseudo Ulcan, avait revendiqué, le jeudi 9 octobre 2015, sur sa page Facebook le piratage des sites Internet de France Info et de France Inter, qu’il accusait de « ne respecter ni la présomption d’innocence, ni les droits de réponse », de « mentir » ou de « diffamer » quand « il s’agit des juifs, d’Israël ou de moi ». Le hacker franco-israélien avait également menacé la maire de Lille, Martine Aubry. « J’ai également trouvé l’adresse de Martine Aubry et son numéro, mais j’ai pas encore décidé quelle sanction serait appropriée pour elle ». Une attaque qui intervient deux jours après le vote par les élus lillois de la mise en sommeil du jumelage de la capitale du Nord-Pas-de-Calais avec la ville de Safed, rapportait Metronews Lille. Le site de la ville de Calais avait également été piraté. Le négationniste Robert Faurisson, les chroniqueurs Sihem Souid et Aymeric Caron ou le blogueur Al-Kanz furent aussi dans la ligne de mire.

En juillet 2014, le site du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de Maine-et-Loire affichait une drôle de une. Le portrait de Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, présentant dans un texte des excuses au peuple palestinien : « Nous avons envoyé 2 000 missiles en Israël pour faire un maximum de morts civils, mais leur Dieu détourne à chaque fois nos missiles. ». Le site du député du Cher Yann Galut, l’un des rares parlementaires socialistes à avoir appelé à manifester en soutien à Gaza, avait également été torpillé. Dans sa bio Twitter, Grégory Chelli revendique le piratage du site de Dieudonné et la diffusion des noms, prénoms, e-mails et adresses des abonnés au site.

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Dans un enregistrement publié sur son compte Twitter l’activiste, qui dit résider en Israël, se vante d’avoir piégé le commissariat du 16e arrondissement de Marseille. Un utilisateur de son site Internet (ou lui-même), se faisant passer pour un policier en piratant la ligne du commissariat du 15e arrondissement de Marseille, aurait ainsi réussi à obtenir le dossier de l’humoriste. Son interlocutrice, une fonctionnaire de police semble-t-il, lui dresse la liste des infractions supposées de Jamel Debbouze, avant de livrer des commentaires sur le comédien. « Moi ce que je trouve hallucinant, c’est celle qui s’est mariée avec aussi (Melissa Theuriau), cette collabo… », déplore-t-elle par exemple.

Selon une source policière, le dossier d’Ulcan est pourtant très chargé : « L’ensemble de faits imputables à Grégory Chelli dépasse la centaine en deux ans. » car dans un pays où la base de masse de l’antisémitisme est à large spectre, Ulcan s’est lancé dans un travail de Sisyphe.

Depuis Israël, Grégory Chelli utilise différentes techniques pour mener sa guerre d’usure : le déni de service : le site attaqué s’écroule parce qu’il reçoit beaucoup plus de requêtes qu’il n’en a l’habitude ; le défacement : il modifie la page d’accueil de sites, notamment ceux élaborés via une plateforme SPIP et y appose un message proisraélien ; le « doxing » : il dévoile des informations privées sur Internet ; le « swating » : il dénonce un crime imaginaire pour faire intervenir la police chez quelqu’un ; il pratique également des canulars téléphoniques, où il fait par exemple croire à la mort de proches. Il enregistre ces canulars et les diffuse sur son site Internet ; l’appel à un commissariat en se faisant passer pour un policier afin d’obtenir les antécédents judiciaires et l’adresse d’une personne. Une pratique contre laquelle les commissariats ont été particulièrement mis en garde depuis cet été.

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Deux informations judiciaires ont été ouvertes contre lui par le parquet de Paris. Une enquête pour les chefs de « violences volontaires avec préméditation »« dénonciation de crimes et délits imaginaires »« usage de données d’identification d’autrui en vue de porter atteinte à sa tranquillité ou son honneur » ou encore « détention et diffusion de documents portant atteinte à l’intimité de la vie privée », pour les actes commis contre les journalistes de Rue89. Il reviendra aux juges d’enquêter sur le lien éventuel entre les faits de harcèlement et le décès du père de Benoît Le Corre car il est nécessaire qu’Ulcan soit un criminel aux yeux de la gauche française pro-palestinienne. Ainsi la balance est égale entre les antisémites meurtriers et celui qui, avec ses moyens mène une bataille de corsaire esseulé contre une flotte en ordre de marche pour une Méditerranée euro-musulmane. Le rapport de deux cardiologues, les docteurs J.-P. D. et B. L. vient à propos. Il prétend que si Thierry Le Corre était bien suivi pour hypertension artérielle, « le stress a été un facteur déclenchant direct et certain, révélant son état antérieur ». Le document souligne que le délai de cinq à six jours entre la descente de police à son domicile et son infarctus « n’infirme en rien le lien de causalité » entre les deux événements. Visiblement, il ne l’appuie pas, non plus. Les deux experts ajoutent : « Au contraire, la pérennisation pendant quelques heures voire jours d’un stress psychologique a des répercussions en termes d’accélération du rythme cardiaque par sécrétion d’hormones de stress (catécholamines). La survenue de cet accident à cinq jours du dernier stress n’est donc pas pour les experts, fortuite. »

En conclusion, le stress tue. La même conclusion appliquée aux dépressions et suicides provoqués par les conditions de travail aurait des conséquences judiciaires intéressantes, notamment pour les thuriféraires de la flexibilité et du nouveau management. Des meurtriers de masse ?

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« Ce qui est assez rare, c’est qu’il révèle son identité. D’habitude, les hacktivistes sont dans l’anonymat. Il a un sentiment d’impunité », expliquait en août à l’AFP un expert (encore un) en sécurité informatique, qui tenait à garder l’anonymat. A ceci s’ajoute, l’absence de convention d’extradition entre la France et Israël. Dans les faits, Grégory Chelli agit en soldat, pourquoi se cacherait-il. Le temps où les juifs se cachaient est révolu.

Dans la nuit de mercredi 17 au jeudi 18 juin, le directeur de la publication de Politis, Denis Sieffert, a reçu à son domicile la visite de la police, alertée par téléphone qu’il s’y déroulait un cambriolage avec séquestration, raconte au Monde la direction du magazine. Trente minutes plus tard, policiers et pompiers sont arrivés au siège du journal où, soi-disant, le directeur retenait sa femme avec l’intention de la tuer. Ils ont brisé une vitre pour y pénétrer, avant de réaliser que les lieux étaient vides.

Au cours de la même nuit, Pierre Haski, pour qui « dans ce pays, il vaut quand même mieux être attaqué par des djihadistes que par des ultra-sionistes… » voit arriver à son domicile le SAMU, les pompiers et des policiers de différentes unités : quelqu’un avait appelé pour dire que « j’avais poignardé ma femme, et – variante fantaisiste par rapport à la précédente fois – que j’avais ouvert le gaz dans l’immeuble ».

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La veille, Daniel Schneidermann, l’homme pour qui l’histoire commence un 7 janvier, a connu pareille mésaventure : « Le commissariat de mon arrondissement reçoit en pleine nuit l’appel d’un correspondant qui se fait passer pour moi. Ce correspondant affirme qu’il vient de tuer sa femme, et qu’il est retranché chez lui, prêt à tirer sur la police. » Résultat ? « Trente policiers de la BAC déployés dans l’escalier et dans la cour de mon immeuble, deux commissaires, une procureure adjointe, mes voisins réveillés au cœur de la nuit ». Terrifiant, Daniel devrait essayer les nuits passées à attendre un tir de roquettes du Hamas.

Arrêt sur images le cas Pierre Stambul, membre du bureau national de l’Union juive française pour la paix (UJFP) et des idiots utiles de la cause arabe. Le 9 juin, ce leader d’une organisation favorable à la disparition d’un Etat des juifs raconte avoir « été plaqué au sol, tutoyé, insulté, menotté avec des menottes qui vous blessent les poignets et se resserrent dès que l’on bouge ». D’autres militants ont également reçu des visites policières nocturnes ces derniers jours : Jean-Claude Lefort, ex-président de l’association France-Palestine Solidarité et deux autres membres de l’UJFP.

Dans le cas de M. Stambul, les policiers « ont effectué un “contre-appel” », a expliqué le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Laurent Nuñez, à l’AFP. Ils ont donc rappelé le numéro – qui correspondait bien à celui de M. Stambul – « et sont retombés sur le même individu, qui leur a cette fois-ci dit que sa femme était morte » et qu’il attendait la police « avec un fusil »« C’est ce contre-appel qui a déclenché l’opération du Raid » a expliqué le représentant de l’Etat, selon lequel « de mémoire, c’est la première fois » qu’un pirate « répond à un contre-appel ».

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De nombreuses plaintes ont été déposées, dont récemment celle de Stéphane Richard, le PDG d’Orange qui avait annoncé le départ de la firme d’Israël, au Caire, le 3 juin, avant de se raviser. Le dirigeant a porté plainte contre X pour « menaces de mort » et appels à la haine contre lui et certains de ses proches. Il avait reçu des centaines d’appels d’insultes mais aussi de menaces précises, après que ses coordonnées ont été diffusées sur Internet.

Interrogé jeudi par i24news, Grégory Chelli a démenti être l’auteur de ces dernières attaques : « Je sais d’où ça vient mais je ne suis pas responsable. Ce sont des gens qui agissent sans mon aval. Je les connais par internet, ils ont copié mes méthodes », affirme-t-il. Avant d’ajouter : « Je les soutiens, mais ce n’est pas moi. » Un peu plus tôt dans l’après-midi de ce jeudi, ainsi que l’a repréré Arrêt sur images, Ulcan expliquait à ses internautes, sur son site « Viol vocal » : « Au pire, je vais prendre cinq ans, je ferai deux ans et demi et j’aurais quand même tout niqué ! ». Avant d’ajouter : « Hey, j’ai envie d’aller au tribunal, de lui dire “Madame le juge, je regrette” et que à la fin elle me laisse sortir parce que Goldnadel (son avocat, ndlr) il a fait une carambouille. Et puis après je lui dis “Je regrette pas, c’est jugé, nique ta mère” ».

Le Monde / Rue 89 / Mediapart/ Metronews / Libération/ BAM

Je suis Charlie a commencé comme un phénomène religieux. Des cierges qu’on allume en groupe compact, des fleurs qu’on dépose, une formule qui trouve sa converse, des blasphémateurs qui signent je suis Charlie Martel ou je suis Charlie Coulibaly comme on aurait dit je suis Brian. Un phénomène épidémique, un rite de consolation. Lorsque ma fille était plus petite, je me souviens de deux de ses livres, la tétine de Nina et les poupées-tracas de Billy se bile. Deux objets transactionnels, les zélotes de l’Eglise charlienne avaient le leur : un stylo. Les prêtres vinrent. D’abord les fondateurs de la secte, « tout est pardonné », Mahomet devient Jésus. Puis le grand pontife à la tête de la procession, c’était l’esprit du 11 janvier, on applaudissait les forces de l’ordre, des CRS pleuraient. Religion lacrymale du « tous ensemble, peuple souffrant ». Le siècle sera spirituel donc faux derche, donc menteur, donc fat et meurtrier. L’esprit se sera transformé en sursaut républicain, Emmanuel Todd savait bien qu’en dénonçant la supercherie, il allait détourner sur sa personne et dans le domaine de l’opinion une certaine haine propre à la nouvelle religion prônée par Daniel Schneidermann sur les ondes de France-Culture. Il y aurait un avant et un après Charlie. D’ailleurs il ne cause plus à ceux qui ne croient pas que l’histoire soit cassée en deux. Il ne parle plus au vetus Israël. La religion charlienne emprunte la forme chrétienne, mais primitive, celle d’une assemblée en expansion qui trouve sur son chemin des frictions qu’elle prend pour autant de spectres ennemis. Emmanuel Todd frappe où la blessure est ouverte, la religion de compassion cache une haine sourde et tue, Nietzsche aurait dit un ressentiment fondé sur la peur. Il pense que les catholiques zombies en sont les porteurs. Il désigne donc un ensemble, il oublie l’essentiel. Il y a bien ressentiment et peur car sans cela il n’y aurait pas de consentement à la surveillance de masse selon l’esprit du 11 janvier. Les individus d’un peuple libre ne vont pas porter leur courrier à la police pour savoir s’il est conforme au sursaut républicain.

Publié par : Memento Mouloud | juin 16, 2015

Waterloo : l’autre 18 juin

Le 18 juin, sera fêté le bicentenaire de Waterloo dont les britanniques ont fait une station. Pourtant Napoléon aura mené 60 batailles et en aura perdu trois. Or ce dont on se souvient, c’est de la défaite, si bien que le fil hasardeux de l’Histoire est vu comme une nécessité.  Entre 1801 et 1815, le royaume britannique aura dépensé pour sa victoire 14 milliards de francs-or pour maintenir la coalition à flot dont six pour la seule Navy chargée d’imposer l’imperium sur la mer, première déterritorialisation de la puissance. La France napoléonienne aura versé un lourd tribut, 10 milliards auxquels s’ajoutent 900 mille conscrits tués dont tous n’étaient pas français. En 1816, l’endettement par tête était, en Angleterre, 26 fois supérieur à celui des français mais ces derniers avaient adopté le malthusianisme tandis que les premiers avaient ouvert les vannes de l’émigration et de la destruction de la vieille Angleterre. Dans les faits, les usuriers avaient gagné, ils pouvaient devenir lords. Les luddites auront mené ce dernier combat contre le Moloch de la prolétarisation, mais les choses étaient engagées de manière inexorable et Ricardo n’avait rien vu. Le machinisme était l’avenir et le mort comme allait l’écrire Karl Marx allait saisir le vif et l’éponger.

Le duc de Wellington qui pensait que Napoléon valait 40 mille soldats et lui-même 80 mille, de son vrai nom Arthur Wellesley, était la grande figure du temps. Il avait combattu les généraux français dans la péninsule ibérique, c’était son titre de gloire posthume car s’il fut premier ministre, entre 1828 et 1830 puis ministre, sa vie est toute entière concentrée dans la défaite de l’usurpateur. Wellington, tel un Pétain des guerres révolutionnaires, avait choisi la défense à tout prix. Il ne lançait une offensive qu’à raison d’une écrasante supériorité numérique et fuyait au moindre danger laissant les guérilleros ibériques cloués aux branches. On aurait pu le surnommer le lapin de Torres Vedras ou le feu follet madrilène mais l’honneur est de peu de prix pour qui emporte la mise de la Guerre. D’ailleurs, il fut élu au Parlement après ses campagnes en Inde où il consolida les concussionnaires de l’East India Company. Sorte de Burke en uniforme, il s’occupa à détruire le mouvement chartiste comme s’il s’agissait d’un spectre jacobin importé.

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