Publié par : Memento Mouloud | mai 25, 2017

De l’intégration chez les franchouilles

Je suis franchouille, il faut donc commencer par là. Quand on est franchouille, il est nécessaire de partir d’un constat simple : la France est un pays de pleutres, du moins il l’est depuis 1918. En 1918, la France n’a pas cherché une paix équitable dans un monde où 1,5 millions de ses enfants avait péri, elle a cherché à dominer l’Europe. A ce jeu, elle a perdu. Aussi, en mai-juin 1940, la majorité des français ont préféré se rendre plutôt que de combattre le boche, pour les plus cons, les nazis pour les plus conscients. Bilan, à peine 1 % de résistants en 1944 dont René Char et Jean Gabin. Peu de monde en vérité.

Il y eut bien un sursaut patriotique en 1944-1954, une volonté de se retrousser les manches et de bâtir de nouveau mais ponctué d’une soumission aux Etats-Unis et de guerres coloniales ubuesques où les cadres de l’armée française ré-apprirent, tradition coloniale oblige, la torture de masse et la destruction des villages au jugé. Quand vint le tour de l’Algérie, Guy Mollet renonça à une paix de compromis après quelques jets de tomates et devant cette guerre sans issue, le nombre de déserteurs, 500, est à comparer avec les plus de cent mille conscrits américains qui refusèrent de s’engager pour laminer les vietcongs et conserver intacte l’image impériale de la République de Johnson et Nixon. Les pieds-noirs avaient édifié l’alternative : « ou les arabes ou nous », ce furent les arabes et ils prirent leur valise et s’en allèrent laissant l’OAS pratiquer la tactique de la terre brûlée. Quelques desperados fascistes mirent le feu à la bibliothèque universitaire d’Alger, plastiquèrent à la va comme je te pousse puis expliquèrent que tout ça c’était la faute des barbares du FLN. Bilan la France donna, clé en main, l’Algérie aux types de l’ALN planqués en Tunisie et laissèrent les sbires du FLN massacrer à Oran et un seul jour les pieds-noirs, ailleurs et en continu, les harkis.

Heureusement les crédits à la consommation et les crédits immobiliers allaient transformer les français en un peuple moderne et majoritairement propriétaire. Chalandon est le héros méconnu de cette France néo-orléaniste mais césarienne qui porta au pouvoir Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande et, in fine, Macron. Les français avaient abandonné la révolution en 1968, ils votèrent donc à gauche en 1981 sous le slogan bouffon du changer la vie (avec des bouquets de roses) qui se résumait à l’échec d’une relance keynésienne prétexte à une marche forcée vers l’intégration européenne, la version continentale du néo-libéralisme impulsé par des dirigeants aussi à gauche que Thatcher et Reagan. Puis la gauche, après le mythe errant, prit le visage pluriel de Jospin, bécassine de Royal, normal de Hollande. Personne ne remarqua que cette gauche en perdition avait porté sur les latrines de l’Elysée un couple avant de couronner un grand garçon qui a quelque difficulté à franchir son stade oedipien.

C’est à cette France qu’on demande aux afro-musulmans de s’intégrer. Or que veut-on dire par s’intégrer ? On prétend souvent qu’il n’y eut aucune difficulté à intégrer les polonais, les italiens, les espagnols, les portugais, les juifs etc. Je constate que les franchouilles qui énoncent cela ne veulent rien savoir de la manière dont cette intégration au tissu français se fit. Les franchouilles ne firent aucun cadeau, certains, nettement plus rares furent accueillants, mais la ligne de basse est dissonante, elle ressemble à une symphonie de Stockhausen et non à une musique de chambre. Qu’aujourd’hui des descendants d’italiens, d’espagnols, de portugais, de juifs votent Front National et pointent les lascars afro-musulmans, rien de plus normal, quand tout un chacun pense en terme d’eux et de nous, mais qu’est-ce que le nous ?

Ce nous franchouille est parfaitement inconsistant soit il fera une place à toutes ces composantes en créant et en organisant les procès et les exécutions des traîtres, musulmans ou non, soit il se déchirera en une multiplicité de chapelles mues par la haine et les passions industrielles mises en paroles et musiques par le Spectacle permanent de la France à crédit et de la France qui réussit, la France Hanouna.

Publié par : Memento Mouloud | mai 23, 2017

De quoi le terrorisme islamique se veut-il le nom ?

Les terroristes musulmans ne cessent de frapper des cibles civiles. Un club à Manchester, une salle de concert à Paris, un club gay à Orlando, une fête nationale à Nice, une église copte en Egypte, une plage de touristes en Tunisie, une mosquée chiite en Irak, un match de volley en Afghanistan, les cibles sont longues, les lieux sont disparates, ce qui les unit c’est tenir pour néant la vie humaine, c’est confondre la guerre et la boucherie.

Cette pratique du massacre de masse allie les méthodes en usage contre le pseudo-tyran collectif, les foules ou masses, méthodes développées par les terroristes d’extrême-droite et d’extrême-gauche en Europe et la théorie islamique mais non-scripturaire du takfir qui permet l’assassinat de quiconque a renié sa foi en Dieu. Cette doctrine est réactivée, dans la modernité, dans le wahhabisme et dans les secteurs égyptiens des frères musulmans gouvernés par la pensée radicale de Sayid Qutb, ancien critique littéraire, détenu, torturé puis exécuté sous Nasser.

Il s’en suit que le seul soutien d’État au takfirisme, terme préférable à celui d’islamisme ou de salafisme qui sont à la fois trop larges et trop vagues, vient de l’Arabie Saoudite et des autres Etats de la péninsule gagnés au rigorisme hanbalite pour lequel épouser une fille de 7 ans, couper la main d’un voleur, lapider une femme adultère ou balancer un homosexuel de 30 étages sont des actes de justice islamique. Si Mahomet a pu dire, « nulle contrainte dans la religion », il semble que certains de ses disciples aient mieux compris le message divin que le sceau des prophètes ou dit en langue littéraire, les pays musulmans attendent l’équivalent de la parabole du grand Inquisiteur.

Que l’Arabie Saoudite soit impliquée dans les attentats du 11 septembre, la guerre civile en Syrie, la naissance de l’État islamique ou les massacres légaux du Yémen ne fait aucun doute. L’Occident semble néanmoins accepter la donne tant que l’Arabie Saoudite offre sa manne pétrolière au marché mondial et les équipements de son armée aux industries d’armement des Etats-Unis et d’Europe. L’Occident, Etats-Unis en tête, a bien compris que l’Arabie Saoudite est persuadée d’avoir triomphé de ses ennemis, empire britannique, nationalismes arabes et mécréants communistes mais il fait sien la perspective de Montaigne selon laquelle mettre fin à un mal quelconque ce n’est pas forcément avancer vers le bien mais ajouter du mal au mal car l’Occident a la philosophie de ses dividendes.

En effet, détiennent ine le Middle East et ses 300 millions d’habitants, les monarchies pétrolières avec moins de 10 % des habitants de la région détiennent 70 % des richesses comptables or écraser les monarchies pétrolières c’est entretenir le feu révolutionnaire, le vrai pas celui du printemps arabe tunisien où la révolution consiste à ne jamais toucher à la structure des patrimoines et revenus ni à celle des préjugés.

L’Occident a choisi, non pas son camp, mais son optimum. Maintenir la fabrique de plus-value en entérinant la victoire provisoire et locale du fanatisme et de l’ignorance de masse pilotée par une aristocratie de rapaces et d’interprètes de la loi divine, accepter une série d’attentats quasi-stochastiques en terre euro-atlantique et conforter les états d’urgence en vigueur sous prétexte de défendre la liberté menacée ou la laïcité ou la tolérance selon le goût des provinces de l’Empire.

Publié par : Memento Mouloud | mai 23, 2017

Pour une fusion franco-allemande

« There is no alternative » disait Margaret Thatcher, afin d’expliquer à l’Europe, qu’il n’y aurait pas d’autre issue que celle de composer une sorte de Dominion inféodée à l’axe Washington-Londres, un axe qui double celui, plus actif et moins voyant entre Wall-Street et la City et dont les paradis fiscaux sont un appendice, et l’hyperclasse mondialisée, la figure émergée. De ce point de vue l’usage de la Shoah est parfaitement instrumental. Le rite mémoriel qui est une répétition masochiste autour de la culpabilité européenne renoue avec cette vision sommaire et américaniste qui voudrait que l’Europe soit terre de barbarie, lorsqu’elle est livrée à elle-même, si bien que les juifs n’existent qu’à la condition d’incarner à jamais cet objet de douleur et de honte qui devrait contraindre les européens en général et les allemands et les français, en particulier, à en rabattre sur leurs prétentions. Aussi la grande culture allemande est réduite aux quelques lettres du nom d’Auschwitz et l’universalité de la civilisation française au gouvernement croupion du maréchal Pétain et à la gégène du général Massu. Ce sont des raccourcis qui sont faits pour interdire tout pas de côté, mais ce sont des raccourcis qui bouchent les issues.

Dans l’histoire franco-allemande, l’idylle est interdite. Pas moins de quatre guerres entre 1815 et 1940 dont les deux dernières ont précipité une sorte de suicide de la civilisation européenne. La pax americana étant intervenue entretemps, la coopération franco-allemande au sein de l’Union Européenne a abouti à la création de l’euro, si bien que partageant une monnaie commune, nous, français et allemands communions sous les espèces du code-barre et des flux financiers et marchands. La langue du temple de Francfort est celle des milieux boursicoteurs, l’anglais international qui est moins une langue qu’un patois pour technocrates et traders.

Reste la fascination française pour la vision, l’efficacité et la profondeur allemande et en retour, la fascination allemande pour la clarté française, cette légèreté qui n’est pas seulement celle des femmes faciles et poudrées, cette vivacité qui échappe aux conversations et répliques. C’est cette fascination en miroir qui doit relever le continent européen, coincé entre le marteau de l’hégémonie défaillante des Etats-Unis et ces pays émergeants qui piaillent pour obtenir ce qu’ils estiment être leur place au sein du concert devenu universel. Ce monde est très largement post-européen et la mondialisation fantasmée est un saut dans l’abîme parce qu’elle passe par pertes et profits l’existence même d’une Europe restaurée. Quand les grecs sont traités avec moins d’égard que les malaisiens, parce qu’ils sont désignés comme des tricheurs et des enfants gâtés, il est temps de sortir du piège et des atermoiements.

La France est sans doute un pays écrasé par sa trop longue histoire faite de rêves, de batailles, de saints et de fastes mais aussi d’effondrements soudains, de guerres civiles acharnées et de décadences récurrentes. La France est une grandeur fatiguée dont l’éclat s’est éteint. Aussi, elle aspire, secrètement, mais cela se perçoit, à l’invasion, à la destruction, à la résiliation parce que les français s’emmerdent. L’Allemagne, se demande perpétuellement qui elle est. Son parcours se perd entre la sous-existence politique et les mythologies d’une innocence retrouvée ou d’une origine à refaire. Le destin des deux pays est si épuisé qu’il doit parcourir un sentier inédit, un sentier qui bifurque s’il ne veut pas rencontrer le panneau The End.

En fusionnant, la France et l’Allemagne ne seraient plus deux espaces juxtaposés dont le faux-raccord est assuré par les eurocrates bruxellois mais une figure inédite au même titre que les nations qui prirent la relève de l’Empire romain défunt, en tout cas quelque chose plutôt que rien.

Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2017

La vie sexuelle de Julian Assange

La femme A

« Julian Assange a atterri à Stockholm le mercredi 11 août pour prendre la parole à un séminaire organisé par le Parti social-démocrate, parti de gauche suédois. Une des organisatrices, une femme de 31 ans (la “femme A”) qui travaille pour la branche chrétienne du Parti, a offert de l’accueillir dans une chambre de son appartement à Södermalm, Stockholm. « Ils ont eu une discussion et décidé que ce serait OK de partager l’appartement, puis ils sont sortis pour dîner. Quand ils sont rentrés, ils ont eu des relations sexuelles, mais il y a eu un problème avec le préservatif -il a craqué. La plaignante a dit qu’elle pensait que Julian Assange a fait cela délibérément. Lui a insisté disant que c’était un accident. La femme a dit qu’il n’a pas voulu stopper le rapport lorsqu’elle lui a demandé après l’éclatement du préservatif. »

La femme B

« C’est une blonde d’un peu plus de 20 ans. Dans sa déclaration à la police, la femme B décrit comment, à la suite des fuites sur l’Afghanistan, elle a vu Assange être interviewé à la télévision et être instantanément fascinée : “ Je le trouvais intéressant, courageux et admirable.” Au cours des semaines suivantes, elle a lu tout ce qu’elle pouvait trouver à son sujet sur Internet. Elle a ainsi découvert que Julian Assange devait se rendre en Suède pour un séminaire. Alors elle a envoyé un mail aux organisateurs pour proposer son aide.
Le jour du séminaire, la jeune femme s’est présentée avec une tenue qui attire le regard, dit le document qui précise qu’elle portait un pull en cachemire rose fuchsia. Elle raconte que la

salle était pleine de personnes habillées en gris et qu’elle se sentait mal à l’aise, pas à sa place. Elle s’est tout de même assise au premier rang. Les organisateurs lui ont demandé d’aller acheter un câble d’ordinateur pour Assange et “ personne ne m’a dit merci ”, dit-elle. A 18 heures, ils ont été au cinéma. La jeune femme raconte qu’ils se sont installés au fond de la salle et qu’ils “ sont allés bien au-delà des baisers et des caresses ”. Après le cinéma, ce fut le parc où, selon la jeune femme, Assange lui a dit : “ Vous êtes très jolie … pour moi. ”

Ensuite, Julian Assange a fait une courte sieste de vingt minutes avant de prendre congé pour aller à une fête de l’écrevisse (tradition suédoise). La soirée était organisée par la première femme, celle avec qui il avait couché deux nuits auparavant. « […] la dernière fois, elle a payé son billet de train parce qu’il n’avait pas d’argent. Il expliquait qu’il ne voulait pas utiliser sa carte de crédit pour ne pas laisser de trace au cas où il était suivi.

La jeune femme raconte le début de la soirée avec une certaine amertume : “Il faisait plus attention à son ordinateur qu’à moi. Il a passé la plupart du temps à surfer sur Internet, à lire des histoires sur lui. Il écrivait des tweets ou envoyait des SMS depuis son téléphone. […] La magie avait disparu […] C’était ennuyeux, comme la routine. ” Une source proche de l’enquête explique que le lendemain matin le couple a fait l’amour. Julian Assange n’a pas mis de préservatif alors que la jeune femme dit avoir insisté pour qu’il en utilise un.

Section 7 du code pénal suédois

« L’agression sexuelle est également retenue lorsqu’une personne s’expose elle-même d’une manière offensante ou indécente, par des mots ou par un acte qui attentent à la pudeur […] Cela peut concerner une pratique sexuelle non désirée -une fellation, la sodomie- alors que le ou la partenaire n’était d’accord que pour un rapport sexuel “classique” ; des injures pendant l’acte sexuel ; des propositions “dégradantes” ; des pressions pour des “positions humiliantes”, etc. »

Christian Diesen, professeur de droit à l’Université de Stockholm

« Aujourd’hui, les femmes en Suède considèrent qu’elles ont le droit de dire “non” à n’importe quel moment d’un rapport et qu’une relation forcée, même sans menace ou violence, est un viol qui doit faire l’objet de poursuites. »

Miss Rocio’s

« Si une personne donne son consentement pour faire l’amour avec un préservatif, elle ne le donne pas pour faire l’amour sans préservatif. Vous devez très spécifiquement obtenir le consentement de faire l’amour sans capote. Et si en plein milieu de l’action, elle change d’avis, vous devez tout arrêter, ou alors c’est du viol. Ce qui me gène le plus dans nombre de papiers sur cette affaire est de lire que Assange est “seulement” poursuivi pour n’avoir pas utilisé de préservatif. Ce n’est pas le cas : les poursuites concernent le fait de savoir si ces relations sexuelles étaient consenties, et des relations sexuelles sans consentement, c’est du viol. »

Rue 89

Publié par : Memento Mouloud | mai 19, 2017

Macron ou le complot permanent : une rhétorique

Il n’y a aucun doute sur la matrice anti-macronienne d’une grande partie de la droite française qui va de l’UDI à la dextre du frontisme. Cette matrice est contre-révolutionnaire et elle tient sa rhétorique d’Edmund Burke. En fonction de ses cibles, elle épouse la forme et/ou le contenu de l’antisémitisme, la morphologie idéologique d’un néo-nationalisme organiciste enfin les éléments d’un libéralisme élitaire pour lequel une fausse élite a pris la place de la « bonne » élite française façonnée par l’Histoire, bonne élite qu’on pourrait réduire à quatre noms : Henry de Lesquen, Jean-Yves le Gallou, Laurent Wauquiez, Renaud Camus ou Wallerand de Saint Just.

Ainsi, on insiste sur le passage de Macron auprès de la banque Rothschild, si bien que si Macron n’est pas juif lui-même, il est tout de même enjuivé, membre de ce club mondialiste qui prend de biais et comme par derrière la fédération chrétienne des pays civilisés pour la désarticuler, la détruire et l’offrir à l’assaut final des puissances barbares, asiatiques  et musulmanes, les africains comptant pour rien.

A cette manigance du ghetto, cette cinquième colonne de la Finance internationale s’adjoint le projet Eurabia ou le grand remplacement, cette submersion des peuples autochtones européens dont le point final se traduirait par leur disparition dans le métissage généralisé ou le grand massacre des derniers mohicans comme en témoigneraient les attentats en Europe. Or une telle apocalypse ne peut se produire sans un intense travail de décervelage culturel, une sorte de conquête gramciste des esprits.

Or le parti organique du grand projet subversif du complot qui promeut le mariage homosexuel, la présence afro-musulmane en Europe, le multiculturalisme et autres cavaliers de l’orage en cours se recrute parmi une horde d’intellectuels sans patrie, déracinés, hors-sol, subventionnés par l’Europe ou l’administration, une merdiacratie de journalopes et de pseudo-intellectuels dont le but serait l’effacement de la civilisation occidentale chrétienne dont les anti-corps seraient en perdition ou tenteraient de se recomposer sur des forums 18-25 ans de jeux en ligne tissés de bras d’honneur à tout ce qui est défini comme correct dans les manuels d’éducation morale et civique.

Cette rhétorique de la droite d’opposition aura bien sûr des variantes. On insistera un peu plus ici sur le totalitarisme islamique, là sur le complot du ghetto, ailleurs sur la dette publique abyssale, plus loin sur la théorie dite du genre, quelque part sur le socialisme d’État et son armée d’assistés, on se battra sur des nuances et des détails, on invitera le colonialisme à la fête et l’inégalité des races, l’ethno-différentialisme et le dernier guerrier prométhéen d’Hyperborée, l’entrepreneur en projets riscophiles et son ennemi le syndicalisme CGT à moustaches mais la matrice restera en place : Le Grand Ghetto, les intellectuels critiques et la Taverne des Barbares menacent, la civilisation occidentale est à l’agonie, debout les morts et show no mercy.

Publié par : Memento Mouloud | mai 18, 2017

Le gouvernement supranational de Monsieur Macron

J’entends, à la radio, qu’on se félicite du fait que Messieurs Philippe et Le Maire parlent allemand comme s’il s’agissait d’un atout et non d’un signe évident de faiblesse, s’il y avait encore, en France, un personnel politique pour lequel la France a des intérêts mais, visiblement, le pays légal défend d’autres intérêts que ceux de la France mais il les défend avec des suffrages français.

C’est le paradoxe usuel, les français votent comme des veaux et leurs élites administratives, politiques, culturelles agissent comme fondés de pouvoir de la mondialisation en cours. La France n’est même plus une puissance moyenne, elle est membre d’un cartel dont les têtes pensantes sont à Bruxelles, à Berlin et à Francfort si bien qu’aucun ministre allemand un tant soit peu important ne parle français, mais russe ou anglais. La nationalité d’origine a peu d’importance, ce qui importe c’est d’être en marche tandis que les retraités grecs voient pour la 16ème fois en peu d’années leur pension baisser. A ce rythme, il n’y aura plus de retraités grecs à pension mais des retraités à mouroirs, c’est plus simple. Pendant ce temps plus de 400 mille grecs ont quitté leur pays car la mobilité est la solution et même la seule à la crise. Comme le disent tous les libéraux, faut se bouger, alors bourgeons.

A ce premier élément de dénationalisation du gouvernement Macron, à cette première apatridie, on pourrait ajouter d’autres synecdoques et symboles. Madame Goulard, européiste convaincue, fédéraliste en diable, est désormais ministre de la défense comme au bon vieux temps de la CED défunte. La ministre du Travail vient du groupe Danone et de Business France, la société qui organise une soirée à 400 mille euros à Las Vegas pour l’ami Macron, le Ministre de l’Education Nationale voudrait créer une pépinière de managers en guise de chefs d’établissement et pourquoi pas organiser une bourse des cancres comme il existe une Bourse des produits polluants, Madme Nyssen qui n’a jamais découvert, comme éditrice, un seul auteur français qui tienne la plume est nommée ministre de la culture, Madame Sarnez eurobéate est ministre plénipotentiaire de la commission de Bruxelles à Paris, comme il y avait des fonctionnaires de l’ERP en poste au ministère des Finances dans l’après-guerre. La démission nationale et permanente est tellement ancrée qu’il n’est même plus nécessaire d’accueillir, à Bercy, une troïka quelconque, les fonctionnaires français s’en chargent et plus les fonctionnaires sont hauts plus ils sont volontaires. Enfin, les vacances de monsieur Hulot seront prorogées en ministère d’État en vue du sauvetage de la planète et du maintien de la destruction en cours des terroirs, des cours d’eau, des paysages, des villes, des usages, des pensées, tout ce qui peut se définir comme le geste d’habiter la Terre, en homme, en poète, en français.

Du socialisme, le gouvernement Macron retiendra la vieille coterie trois points, compas et équerre avec le septuagénaire Collomb et le catholicisme de la canonnière avec Le Drian. On y ajoutera tout l’arsenal des assistances administratives, des perfusions sous cloche, des allocations pour les plus faibles. Les bénéficiaires en seront reconnaissants, leur statut d’impuissants d’État sera sanctuarisé, on dira c’est du social, vous ne le voyez pas ?

Publié par : Memento Mouloud | mai 15, 2017

Macron ou le parti des porcs vivants

Il manquait au parti des porcs vivants un chef, il est enfin trouvé. En même temps que le prince et ses sbires fluidifieront les conditions d’existence à coups de CDD et de CDI éternellement renouvelables, d’indemnisations plafonnées, de licenciements pour raisons inintelligibles et d’auto-entrepreneuriat dissonant, ils intensifieront la lutte contre les discriminations car il n’y a pas de distinction qui tienne dans le nouveau monde des porcs vivants. La lutte contre l’homophobie sera la croisade à mener, en compagnie du combat contre les ghettos et de la guerre à la haine car la seule haine qu’ils auront est destinée aux méchants frontistes et derrière les frontistes au populo, au petit peuple qui devrait sans doute fêter à coups de casseroles et de cornemuses la destruction de plus d’1,6 million d’emplois depuis 2008. Le tissu économique français est malade et l’épargne française s’investit dans la rente ou sur d’autres territoires mais les français, du moins les petits français, les français de la défaite, les français grincheux, les français inutiles, les français de la mélancolie, ceux de l’abstention, de Mélenchon, de Le Pen, du vote blanc, ces français du refus, ces mauvais français devraient embrasser la mondialisation et dire merci au chef du parti des porcs vivants qui nomme premier ministre un membre du directoriat d’Areva .

Chacun est pris dans la roue de l’ infortune comme un hamster qui ne cesse de tourner dans sa petite cage électrifiée. Il faudra de la décharge et de la secousse, du choc et des ordonnances pour produire comme un courant continu le mouvement, le flux, le swap, la France de demain et celle d’après-tantôt qui s’échangera sur la Bourse européenne des nations défuntes, des classes vaincues et des peuples retraités. Le vieux fascisme marinien ou mariniste est terrassé.

Le parti des porcs vivants l’a vaincu.

Il tient son programme bien serré, de la modernité toujours et encore, la mise en accusation permanente du passé et l’apologie des éternels jeunes et bronzés, le culte du pragmatisme c’est-à-dire de l’absence totale et complète de valeurs sinon financières, un syncrétisme technophile qui tient la spiritualité pour un sous-produit du réseau, la fabrique du consensus contre les extrêmes et les fous, l’exploitation forcené du mythe du roi découronné et son corollaire, la dystopie portative, le privilège d’être dans le pulse et le mood, l’humiliation permanente devant l’étranger qui réussit et toutes ces terres de promesses de richesses infinies et de flux arrimés, une vie transformée en une intégrale de projets si bien que chacun est une tête de réseau à venir, un mailleur du tonnerre, la mutation de la partition du sexe en un sexe indéterminé lui-même branché sur des prothèses toujours nouvelles, un populisme sondagier, une novlangue adaptée et crachée par tous les supports disponibles, c’est là le rêve du parti des porcs vivants, son programme et ses lendemains oublieux d’eux-mêmes.

Publié par : Memento Mouloud | mai 10, 2017

La fin d’un intermittent de la politique : « Manu » Valls

Le point commun entre Cambadélis et Valls : ils n’ont pas de légitimité universitaire, n’ayant fait que de maigres études. Ils n’ont pas de légitimité professionnelle puisque leur ascension, c’est d’abord à d’obscures et dérisoires manigances dans les coulisses du Parti socialiste qu’ils la doivent. C’est Manuel Valls qui a personnellement insisté pour que Le Guen entre au gouvernement, lequel Le Guen a tout fait pour que son vieil ami Cambadélis décroche le poste de premier secrétaire du PS. 

La scène se passe au beau milieu du mois d’août 1980 au siège du bureau national de l’UNEF. Les locaux sont déserts, comme de coutume en cette période de l’année. Un lycéen sonne à la porte et dit au responsable de l’UNEF qu’il est venu pour adhérer, en prévision de son inscription à l’université à l’automne. De mémoire de syndicaliste étudiant, il n’était jamais arrivé auparavant qu’au creux de l’été un lycéen fasse spontanément une telle démarche ; ce n’est vraisemblablement jamais arrivé depuis. Cet être psychorigide ne pouvait être que Manuel Valls. Il se dit rocardien, on le croit infiltré.

À l’époque, la direction de l’OCI (trotskyste-lambertiste) a dépêché comme « sous-marins » certains de ses militants dans de nombreuses organisations rivales. Il y a eu ainsi des trotskistes infiltrés à la direction de l’UNEF rivale – dite UNEF-Renouveau –, dont Paul Robel ; il y en a eu d’autres dans le COSEF, le syndicat étudiant socialiste, parmi lesquels Jean-Marie Grosz ou Carlos Pieroni ; il y en a eu en pagaille dans les rangs du Parti socialiste, jusqu’au sommet, dont Lionel Jospin. Quoi qu’il en soit, il existe déjà à l’époque un noyau d’étudiants rocardiens qui a opéré le mouvement vers l’UNEF, et qui a participé au congrès de réunification de Nanterre au mois de mai précédent. Ils sont peu nombreux, sans doute guère plus d’une dizaine au plan national. Mais l’OCI, qui a besoin de montrer que ce congrès de l’UNEF est un événement historique pour la vie universitaire, les a accueillis à bras ouverts. En outre, comme les fausses cartes circulent à foison (il y a plus d’adhérents à l’UNEF à Strasbourg que d’étudiants inscrits à l’université !), l’OCI déroule le tapis rouge à ces jeunes rocardiens qui donnent du crédit au mouvement de réunification.

D’âpres négociations se déroulent dans les cafés voisins du bureau national de l’UNEF, situé rue de Hanovre (dans des locaux qui appartiennent à la confédération FO), à deux pas de l’Opéra, entre la direction du syndicat étudiant et ce courant des étudiants rocardiens, dont les deux chefs de file sont Stéphane Fouks (futur dirigeant de l’agence de communication Euro-RSCG, rebaptisée Havas) et Alain Bauer (futur grand maître de la principale loge maçonnique, le Grand Orient de France). De ce noyau d’étudiants rocardiens, c’est Stéphane Fouks le plus âgé et celui qui a le plus d’expérience politique. Fils d’un ancien résistant juif communiste, qui a été dans les maquis du Jura puis a rompu avec le PCF après la guerre pour basculer vers le mendésisme, il a adhéré au Parti socialiste à l’âge de quinze ans, en 1975, alors qu’il était encore lycéen. Il militait au sein de la section socialiste de Charenton-le-Pont, où il a fait la connaissance de l’une des figures de proue du rocardisme, Yves Colmou. Devenu étudiant, il a adhéré à un petit syndicat, le Mas, où se côtoyaient des rocardiens et des militants de la Ligue communiste révolutionnaire.

La première section d’accueil de Manu est celle de Paris-I ; il rejoint le comité directeur quand Fouks lui cède sa place. Il y bascule si vite qu’il néglige ses études. « Sa présence est notée pour la première fois en 1980 en DEUG de droit première année et pour la dernière fois en 1987 ». Il obtiendra, avec peine, une licence d’Histoire. Apparatchik dans l’âme, Manu devient l’attaché parlementaire du député Robert Chapuis, un ancien du PSU. On ne sait si son poste était fictif.  Lorsque Rocard accède à Matignon, il hésite sur la conduite à tenir vis-à-vis du trio Valls-Fouks-Bauer. Mais après quelque temps de réflexion, il lâche à plusieurs de ses proches, lors d’une réunion : « Écoutez camarades ! On ne peut pas les laisser en liberté ; il faut en prendre un… » Cependant, Michel Rocard est tout à fait opposé à ce que Manuel Valls entre à son cabinet. Pour une raison de fond : le Premier ministre ne veut pas d’un collaborateur qui n’ait pas de métier. Pour des raisons inconnues, Manu parvient à forcer la porte, en défendant sa candidature auprès du directeur de cabinet, Jean-Paul Huchon, qui finit par l’imposer.

Manuel Valls devient alors l’un des adjoints de Guy Carcassonne, qui au cabinet de Michel Rocard s’occupe des relations avec le Parlement. Valls a en charge les relations avec l’Assemblée nationale tandis qu’une autre militante, Catherine Le Galliot, s’occupe du Sénat.  Devant l’impérétie de sa créature, Jean-Paul Huchon est contraint de trouver une nouvelle affectation pour son Ganymède : il sera chargé au sein du cabinet de suivre les questions liées à la jeunesse et à la vie étudiante.

Mais Manu garde son lien organique avec la MNEF de Spithakis et sa conception baroque des subventions et de l’usage des biens sociaux. De cette période souterraine, une lettre surgit.

« Cette fameuse lettre, parfaitement authentifiée, en date du 21 décembre 1990, à en-tête du Premier ministre, est donc signée de Manuel Valls, alors chargé de mission de Michel Rocard à Matignon et chef de file des jeunes rocardiens. Dans ce courrier adressé au “Président et Cher Ami” de la MNEF, Dominique Levêque, il regrette amèrement qu’“un des points dont nous avions convenu n’ait pas été mis à l’ordre du jour. […] Emmanuel Couet, vice- président de l’UNEF-ID, n’est pas rentré au conseil d’administration” de la mutuelle. En conséquence, Manuel Valls présente sa démission de ce conseil et annonce une éventuelle mesure de représailles. “Je me réserve […] la possibilité de réunir d’autres administrateurs afin d’étudier en commun leur propre retrait de cette instance.” En clair, si son exigence n’est pas satisfaite, Manuel Valls menace de faire partir tous les rocardiens de la MNEF, avant de conclure : “Je suis sûr que tu trouveras, en accord avec Olivier Spithakis [n.d.l.r. : le directeur général et véritable patron], les moyens de résoudre ce que je veux considérer comme un incident.” »

Le Parisien poursuit : « Mais la lettre de Manuel Valls recèle une autre étrangeté. “Depuis des années, écrit-il en préambule au président de la MNEF, nos relations sont basées sur la confiance et le respect des dispositions arrêtées en commun avec moi-même et Alain Bauer.” Ce dernier, qui fut comme Manuel Valls rocardien avant de devenir jospiniste, a toujours entretenu des liens étroits avec la MNEF, au point d’être nommé par Spithakis, au milieu des années quatre-vingt-dix, à la direction d’une filiale. Souvent cité dans les affaires de la mutuelle sans jamais avoir été inquiété, Bauer a été élu, en fin de semaine dernière, à la tête du Grand Orient, la première organisation maçonnique. Quelles étaient donc les mystérieuses dispositions arrêtées entre Manuel Valls, Alain Bauer et l’équipe d’Olivier Spithakis ? Si le nouveau grand maître du Grand Orient était, hier, injoignable, l’actuel porte-parole de Lionel Jospin a accepté de commenter cette lettre dont il nous a d’abord affirmé de ne pas se souvenir. » 

Avec le recul, le document revêt une grande importance car il vient confirmer la proximité qu’entretiennent ceux que François Hollande promeut au lendemain de la débâcle des municipales de 2014. La génération MNEF a pris le pouvoir.

Administrateur de la MNEF pendant de longues années, Valls a aussi été le témoin de la tumultueuse vie interne de la mutuelle, même s’il n’a jamais voulu s’exprimer là-dessus. La « dérive affairiste », mise au jour par la justice, il en a donc été au moins le témoin. Que sait-il ? Qu’a-t-il vu ou entendu ? On se perd en conjectures. A-t-il été un administrateur incompétent et aveugle, qui n’a rien su de ces dérives pourtant connues de tous ? Au contraire, s’il a eu connaissance de ces dérives, pourquoi n’en a-t-il jamais parlé ?

Cette proximité avec la direction de la MNEF, on en trouve trace dans un article du Monde, daté du 2 mars 2006. Le quotidien rend compte du procès des emplois fictifs de la MNEF, qui a débuté la veille, et donne la parole à l’un des prévenus, Olivier Spithakis. Là encore, le patron de la MNEF vient confirmer que Manuel Valls fait bien partie de la galaxie des jeunes socialistes qui a gravité autour de la mutuelle étudiante. « Des personnes ont été rémunérées en toute légalité, comme les députés de Paris Cambadélis et Le Guen, d’autres ont siégé bénévolement à la MNEF, tels le député (PS) Julien Dray et les ex-rocardiens Manuel Valls, député et ex-porte-parole de M. Jospin à Matignon, Stéphane Fouks, coprésident d’Euro-RSCG France, ou Alain Bauer [grand maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003]. Elles étaient des actionnaires idéologiques de la MNEF. Moi, j’étais là pour garder la maison. » (…)

Après environ dix-sept années pendant lesquelles il vivote dans les coulisses du Parti socialiste, n’obtenant qu’un mandat de seconde zone, celui de membre du Conseil régional d’Île-de-France, il profite enfin d’un marchepied inespéré pour sortir de l’ombre. Au lendemain des élections législatives de 1997, qui suivent la dissolution prononcée par Jacques Chirac, Lionel Jospin s’installe à Matignon. Manuel Valls insiste pour entrer à son cabinet. Dans un seul souci : obtenir une circonscription et une légitimité grâce au suffrage universel. Problème : comment fait-on pour devenir conseiller du Premier ministre lorsque l’on ne dispose pas de la légitimité technicienne d’un haut fonctionnaire, ni de la légitimité de l’expérience ?

Valls trouve la parade : c’est le poste de conseiller à la communication qu’il brigue avec insistance auprès de Lionel Jospin. Dans les faits, il n’a pas plus de légitimité en ce domaine, mais son ami Stéphane Fouks l’incite vivement dans cette voie. Jacques Séguéla accepte même d’intervenir auprès du Premier ministre pour le convaincre que c’est le bon choix. Après plusieurs jours d’hésitation, Jospin finit par accepter.

Même s’il n’a pas accès à Lionel Jospin, qui préfère le tenir à distance, Stéphane Fouks passe sans cesse rue de Varenne et, du secrétariat du service de presse, adresse aux PDG avec lesquels il a des rendez-vous des fax à en-tête de Matignon, dans le genre : « Pardon ! J’aurai un peu de retard, je suis en réunion avec le Premier ministre. » C’est le moment où il prend une importance croissante au sein d’Euro-RSCG et dans les milieux de la communication d’influence. Ayant désormais l’ascendant sur Jacques Séguéla, en grande partie grâce à ce GIE qu’il forme avec son correspondant et ami de Matignon. La bataille de communication qu’il conduira pour aider la BNP à réussir son OPA sur Paribas, en 1999, finira peu après à l’installer comme un personnage incontournable du microcosme du capitalisme parisien. À l’époque, c’est d’Aquilino Morelle que Manuel Valls est le plus proche. Tous deux font équipe et cherchent à gagner de l’influence en reprochant régulièrement à Lionel Jospin d’être trop dans la main des «technos» de son cabinet, emmené par Olivier Schrameck. Valls appuie aussi les propositions sulfureuses du ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn. C’est en somme la constitution d’un étrange GIE, qui va perdurer les années suivantes. Valls et Fouks s’appuient mutuellement dans leurs entreprises ; le même Valls envoie de son côté des signes de sympathie à Dominique Strauss-Kahn, dont les principaux soutiens au sein du parti sont Jean-Christophe Cambadélis et Jean-Marie Le Guen, épaulé pour sa communication par Stéphane Fouks. 

Fouks va de proche en proche offrir un refuge dans son agence à certains des amis du groupe informel : à Aquilino Morelle, et à quelques autres. De son côté, Anne Hommel, l’assistante de Cambadélis, qui a fait ses classes à l’OCI, va passer elle aussi par Euro-RSCG, avant de devenir la chargée de communication de Dominique Strauss-Kahn. C’est elle qui se distinguera plus tard dans les turbulences de l’affaire Cahuzac en lâchant : « La vérité, ce n’est pas mon sujet ! »

Fort de ces années à Matignon, Manu peut ainsi devenir le maire d’Évry en 2001, et être enfin élu député de l’Essonne en 2002. Incapable de réunir les parrainages en nombre suffisant pour se présenter a la primaire socialiste, pour la présidentielle de 2012, Valls reçoit l’aide discrète de Hollande, qui demande à des élus proches d’apporter leur soutien au maire d’Évry pour contrebalancer l’influence d’Arnaud Montebourg.

Laurent Mauduit / BAM

Publié par : Memento Mouloud | mai 9, 2017

Pic Saint Loup

C’était dimanche, c’était avant la victoire de Macron et avant la défaite de Le Pen, c’était avant l’écran blanc de l’Histoire, on efface et on efface encore comme si ne s’inscrivait plus qu’une page blanche. Des centaines, des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants partaient pour l’ascension. Ils étaient en shorts, elles étaient en shorts, certains s’arrêtaient pour des selfies, d’autres suffoquaient, les souffles étaient coupés à mesure de l’ascension. Des gars couraient, cabris virevoltants, impeccables machines, un portable avec appli sur le bras. Ils avaient laissé sur le parking leurs caisses ou des bus affrétés pour les plus vieux, venus en groupes comme ils vont en groupes voter Fillon. Ils ont vraiment de la chance, ils ne mourront pas seuls, ils pourront encore, un dernier coup, recomposer une famille, lancer un projet car la vie, comme le disent tous les agents immobiliers, c’est un projet. Moyennant en quoi on récupère une belle propriété et on la scinde en quatre ou huit, on tranche en salamis l’héritage de mémé et on crie vive la France, « on est chez nous ! ». Près de la croix, des planeurs sifflaient, petits rapaces de métal égarés sur la crête. Un groupe cuvait un mauvais rosé, des racailleuses tâchaient d’être discrètes, à l’écart, toutes en jogging, hallal, très Kitty, on entendait juste, parfois, un « ta race », mais tassé, presque susurré. Des mamans avaient perdu leur enfant, Valentin, Antoine, Paul, que des garçons en fuite, pourchassés par leurs mamans en panique. Sur le carrefour, une petite appelait son frère, un groupe de vieux baroudeurs n’écoutait même pas, le groupe hurlait, il existait, il exultait, la jeunesse est un état d’esprit, voir Cohn-Bendit et BHL. Je me demande bien ce que devient DSK, sera-t-il conseiller spécial du Bonaparte de chez Closer, comme Attali, à quoi ressemblera un courtier en chairs à contrat debout sur le perron de l’Elysée ? Lorsque nous descendîmes, les filles me regardaient. On entendait de la musique ou plutôt une mélopée, Jul, Pokora, Black M, une ritournelle de variété, des gamines dansaient au milieu des voitures. Attablées, deux femmes d’un quintal chacune, sanglées dans une sorte de robe de chambre ou de tissus de rideau, façon Tati, pas chers et au kilos. Elles écumaient de sueur, elles mangeaient ou plutôt, elles mâchonnaient. Elles étaient aussi la France, c’est à dire une beauferie française, une franchouillardise qui ne sait même plus qu’elle est ridicule ou vulgaire comme un string sur un burkini. L’intégration progressait, les traîtres étaient musulmans, ils remplaçaient avantageusement les miliciens d’antan et même les barbudos de 1959, les beaufs de Cabu traînaient en djellabas et en hidjabs, Renaud Camus devait défaillir quelque part, parce que le grand remplacement avait eu lieu, il avait tort. C’était le grand surplace, plutôt le grand glissement, le grand enfoncement, le grand naufrage qui s’accomplissait, mais au ralenti. Pendant ce temps, le CAC 40 fêtait le champion du jour, son courtier, son commis comme disait Kurtz dans Apocalypse now.

Publié par : Memento Mouloud | mai 6, 2017

Marine et son peuple

Marine rit de son rire fasciste, de son rictus persifleur, Marine découvre ses atours, le jeune homme la fixe, filé de mépris, arrogant, désarçonné, il se demande si elle boit, si elle ne serait pas épileptique. Marine a menti, elle ment, elle mentira, pas grave, les autres aussi mentent, pas grave la vérité n’existe plus, il ne reste que la châtelaine qui prend dans ses bras une ouvrière qui rosit et qui n’aime pas le jeune homme trop propre, trop altier, le jeune homme qui parle si bien et ne fait rien pour eux, le jeune homme de chez Rothschild, de chez l’ENA, de chez Ricoeur, le jeune homme qui lit, qui lisse. Le jeune homme dont on peut dire il est le plus intelligent mais il ne fera rien pour nous. En effet, le monde ne fait jamais rien pour nous. Marine cajole, Marine nous aidera, Marine nous aime, nous aimera, le monde est méchant, le monde ne nous aime pas, le monde nous renvoie à la casse, le monde est plein de mauvaises gens, le monde est plein de riches et de basanés, le monde n’est ni tout blanc, ni tout gentil, le monde est comme le cirque de Ruquier et l’ouvrière ne sera même pas là pour la claque. L’ouvrière a Marine, elle n’a plus les morts derrière elle et l’ange qui balaie de ses ailes les drapeaux rouges et noirs de la Révolution engloutie, de la Révolution sanglante, de la Révolution fière et vociférante, de la Révolution et son fusil mâché, de la Révolution qui tient l’usine sous séquestre et renvoie le patron à ses écus, l’ouvrière a Marine et pour le jeune homme, ce sera un trou, ce sera les œufs et la farine, ce sera la haine indifférente et impuissante, ce sera un pet de l’esprit. L’ouvrière conservera son selfie, elle le tiendra dans la salle à manger, elle se regardera dans les bras de la châtelaine et elle pleurera.

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