Publié par : Memento Mouloud | décembre 13, 2018

L’affaire Fethi Benslama

Mediapart titre sous la plume de Lénaïg Brédoux, « Violences sexuelles. Un ponte de la psychanalyse visé par une enquête ». Or quand on lit le papier en question, il est question de doctorantes dont on change les noms qui prétendent que Fethi Benslama leur aurait refusé un poste après qu’elles auraient décliné des services sexuels attendus par le ponte en question. Il est aussi question de colères, d’une atmosphère de terreur, d’insultes, d’enquête administrative et de plaintes sous anonymat. Comme nous ne vivons pas sous le régime de Ben Ali, je me demande simplement comment Fethi Benslama s’y prendrait pour faire régner la terreur et si c’est le cas ce que cela impliquerait pour les institutions universitaires qui sont, à la fois, des nids de vipères et des essaims de faux-culs, des thiases de suffisants et des corybantes du dieu Plutus tel que le dessinait Baudelaire.

En rejoignant l’amicale des contempteurs de la psychanalyse Mediapart ne fait pas dans la dentelle. Le journal s’immisce dans une querelle qui oppose entre eux les psychanalystes autour de la question de la déradicalisation. Gérard Pommier estime qu’on ne peut pas plus déradicaliser un islamiste aujourd’hui qu’un nazi en 1938 et que, de fait, Benslama prostitue la psychanalyse à la déraison d’État. A contrario, Benslama y voit une expérience institutionnelle et clinique mais aussi un combat qui le place dans le viseur des djihadistes de tous horizons. Mediapart donne des armes à ceux qui attendent de son départ à la retraite, la chute de la maison Benslama pour se partager les dépouilles du département de psychanalyse de Paris VII. Parallèlement, la revue donne des gages aux forcenés de la destruction de la psychanalyse au profit des cognitivistes, des imposteurs de la génétique, des docimologistes et des psychiatres qui affirment eux-mêmes que leurs médicaments miracles ne produisent des effets que sur le tiers de leurs patients. Enfin, la revue établit sans le vouloir j’imagine, un parallèle entre Tarik ‘Ithyphallus » Ramadan et Fethi Benslama qui servira à tous les racistes d’argument pour l’éternel topos de l’arabe fourbe, fielleux et obsédé.

On appelle ça un tir groupé. Bravo Lénaïg.

Publié par : Memento Mouloud | décembre 13, 2018

Gérald Bronner analyse l’incendie du Mac Donald de Frontignan

Comment expliquez-vous que très rapidement après l’attentat survenu sur le Mac Donald de Frontignan des théories complotistes aient commencé à circuler sur Internet ?

Le terrorisme, comme son nom l’indique, crée de grandes émotions collectives. Il peut provoquer la montée de la popularité d’un chef de gouvernement, dans un moment d’unité nationale. Il peut aussi entraîner des conflits armés, la guerre. Mais la terreur que suscite ce type d’attaque profite aussi à un discours typique du conspirationnisme : à qui profite le crime ? La violence politique est un carburant qui enflamme l’imaginaire complotiste.

L’attaque du Mac Donald de Frontignan survient dans un moment de tension en France à la suite de la mobilisation des « gilets jaunes ». Ce contexte est-il favorable à la propagation de théories complotistes ?

Le mouvement des « gilets jaunes », outre qu’il est constitué de bourrins et d’illettrés et parce qu’il a pris forme en ligne, est fortement imprégné de la culture arachnéenne propre à Internet : les fausses informations et la viralité, deux choses qui profitent à la propagation de théories conspirationnistes, au bitcoin et au porno. C’est d’ailleurs le cas de différentes figures du mouvement qui ont colporté des théories du complot pornographiques tout de suite après l’attentat de Frontignan, ce qui est problématique. Il faut laisser Jacquie et Michel tranquilles. Il existe un désir phallo-centrique de certains « gilets jaunes » de croire qu’il y aurait la main du gouvernement et de José Bovin derrière les événements funestes que vient de connaître Frontignan. L’objectif serait de faire diversion et d’étouffer le mouvement des « gilets jaunes ». C’est un classique du conspirationnisme.

On se met donc en tête de trouver et de pointer la moindre anomalie. Par exemple, on remarque que l’annonce de la préfecture concernant l’incendie s’est faite avant que les terroristes pyromanes n’aient commencé à mettre le feu en chantant, sur un air aviné du Johnny. Ce qui est en effet étrange. Mais les choses sont plus simples, la confusion vient du fait que certains comptes Twitter sont réglés sur de mauvais fuseaux horaires surtout au cap d’Agde, ils ont donc pu donner l’impression de relayer un communiqué avant que les faits ne se produisent. Dans de tels moments, le travail en essaim des internautes conspirationnistes permet de former un millefeuille argumentatif. Le fameux effet blaireaux. Chacun va rapporter une petite anomalie et l’accumulation de bizarreries va former une construction que certains neu-neux vont trouver convaincantes.

Que faire pour enrayer la propagation de ces idées qui empoisonnent le débat public ?

Prendre des mesures légales est impossible, car cela reviendrait à restreindre dangereusement la liberté d’expression des sous-doués. Il faut plutôt inciter à rectifier. Chacun doit s’interroger sur ce qu’il a envie de croire, sur sa tendance à privilégier une interprétation, à tirer des conclusions de façon précipitée. Tout cela est révélateur de nos préjugés. Je le dis on ne peut pas accuser Jacquie et Michel d’avoir organisé cet incendie après une partouze avec José Bovin et un certain Dany. En l’occurrence, il est tentant pour certains « gilets jaunes » de croire que le gouvernement souhaite les empêcher de dévorer un Big quelque chose, peut-être un Royal Cheese. Je le répète, il ne s’agit pas de dire que les « gilets jaunes » sont plus crédules que les autres, bien qu’ils soient plus cons, c’est simplement qu’ils se trouvent dans une situation où ils sont plus susceptibles de croire qu’il y a un complot car leur QI est inférieur à celui de Castaner ou Griveaux pour donner un exemple. Une expertise cognitiviste devrait confirmer que Fly Rider et Eric Drouet sont des morons.

Le pacte de Marrakech, un texte de l’ONU sur l’immigration approuvé le 10 décembre, fait lui aussi l’objet de plusieurs théories du complot. Qu’est-ce qui explique qu’il fasse l’objet de tels fantasmes ?

L’immigration est une question qui a été instrumentalisée par la droite radicale-populiste Au sein de ce courant d’opinion, les esprits conspirationnistes interprètent ce pacte selon une mythologie désormais bien connue, le « grand remplacement » car il est bien connu que le tissu vivant de la France est toujours le même, surtout en Seine Saint-Denis. L’adoption de cet accord apporterait la preuve que la substitution des Blancs d’Occident par une main-d’œuvre immigrée docile est bien en cours, conformément à un plan secret. Les Nations unies serviraient ici les intérêts d’un capitalisme dévoyé, des juifs, des illuminatis…D’ailleurs l’INSEE est infiltré par des analystes de la droite populiste-radicale et affirment que les femmes immigrées ont un taux de fécondité supérieur aux autres femmes de l’hexagone. De même certains journaux qui décrètent qu’un camionneur polonais a écrasé un gilet jaune après qu’un camionneur espagnol avait tiré sur d’autres gilets jaunes à Béziers. Ils mettent de l’huile sur le feu du flash-ball. Aussi, il ne faut pas tout mélanger, sinon c’est le grand emmêlement.

Il se trouve par ailleurs que l’extrême droite est présente au sein des « gilets jaunes ». Selon un récent sondage Elabe, sur les 20 % de Français qui se définissent « gilets jaunes », on retrouve 42 % d’électeurs de Marine Le Pen lors du premier tour de la dernière présidentielle. Ce qui fait moins de 10 % de gilets jaunes frontistes, ce qui est énormément conspirationniste. Vous imaginez un frontiste infiltré sur tous les ronds-points de France, la peste brune est en marche surtout qu’elle se colore de rouge. Ainsi, on entend des représentants de La France insoumise tenir des propos ambigus sur l’immigration et le capitalisme. C’est notamment le cas du chef de file du mouvement, Jean-Luc Mélenchon, qui déclarait en août : « Nous disons : honte à ceux qui organisent l’immigration par les traités de libre-échange et qui l’utilisent ensuite pour faire pression sur les salariés. » alors qu’il est bien connu que la main d’oeuvre sans-papiers voire est-européenne est traitée avec équité par ses employeurs français républicains. Ce genre de propos est responsable de l’ignoble crime de Frontignan, c’est une évidence.

Publié par : Memento Mouloud | décembre 13, 2018

Tuerie de Strasbourg : complot or not complot ?

Il est admis par ceux qui pensent bien et qui pensent dans le cadre du désordre établi que le complot n’existe pas. Il est admis par nombre d’historiens et de journalistes qu’il existe mais qu’il échappe le plus souvent à ses concepteurs et se heurte à des contre-complots si bien qu’il est toujours difficile d’en suivre les méandres mais toujours possible d’en établir l’existence.

Lorsque un ancien copain de parrain marseillais et un fonctionnaire des services de renseignement occupent les postes de ministre de l’Intérieur, quand un nombre important de types aux fonctions sécuritaires floues gravitent autour de la Présidence, quand on édicte une loi sur le secret des affaires qui éradique toute possibilité d’enquêter sur les firmes transnationales et les grandes fortunes, quand l’état d’urgence n’est plus un « tabou », on ne peut, en toute décence, écarter la piste du complot et ce d’autant plus que cette tuerie débute par un double mensonge proféré par M. Nuñez.

« La motivation terroriste [de l’assassin] n’est pas encore établie », a précisé M. Nuñez, sur France Inter. « Rien ne permettait de signaler dans sa vie courante un risque de passage à l’acte », a-t-il ajouté.

Le premier mensonge tombe de lui-même puisque selon le procureur, des témoins ont entendu [le tueur] crier « Allah Akbar », cri de ralliement des djihadistes. Le taxi qui l’a conduit indique qu’il voulait s’en prendre à des mécréants. Le second mensonge est tout aussi absurde : la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a précisé sur Public Sénat mercredi qu’il avait « effectué en France deux peines de prison de deux ans chacune, qu’il avait purgées »« Il est sorti de prison il y a trois ans, de sa dernière condamnation ». Il a également été condamné à « deux ans et trois mois de prison en 2016 pour cambriolages » en Allemagne, a précisé à un porte-parole du ministère de l’intérieur de la région de Bade-Wurtemberg, où l’intéressé avait sévi. Il a purgé un peu plus d’un an de prison en Allemagne avant d’être expulsé en France. Une fiche « S » (pour « sûreté de l’Etat ») fut émise en mai 2016 à son encontre ce qui a donné lieu, depuis lors, à de multiples surveillances sur la personne de l’assassin et celle de son environnement proche, sans qu’aucun signe avant-coureur de passage à l’acte ne soit détecté.

Or cette dernière mention entre en contradiction avec l’affirmation suivante : En lien avec les gendarmes et dans le cadre du groupe d’évaluation départemental (GED) de la radicalisation, piloté par le préfet du Bas-Rhin, tous les éléments en possession des services de renseignement avaient néanmoins été partagés depuis cet automne en vue de faire aboutir la procédure judiciaire de droit commun qui le visait. 

Première question, que fait en liberté un homme aux 27 condamnations dont la radicalisation daterait de 2013 et qui présente un profil violent. Est-il une chèvre ? Une balance ? Un indicateur ?

Faute d’y voir clair son parcours est le suivant :

A 10 ans, il est déjà hors des clous. Comme l’a indiqué le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz, il cumulait, à la veille de sa tuerie, 67 antécédents judiciaires, dont 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse. Un casier surtout chargé d’outrages, de vols, ou de destructions qui l’amènent à enchaîner les séjours en détention.

Il est né à Strasbourg au sein d’une fratrie marocaine de six frères et sœurs, ainsi que six autres demi-frères et demi-sœurs, soit douze enfants au total. Une famille à problèmes, avec un noyau dur de quatre frères multirécidivistes eux aussi, à propos de laquelle une plaisanterie un peu aigre circule, depuis longtemps, entre avocats pénalistes strasbourgeois : « Les C, tu ne les as pas encore défendus ? Ne t’inquiète pas, cela viendra un jour ! » Il arrête l’école à 16 ans, puis navigue entre chômage, voyage, et délinquance, selon un jugement de 2016 du tribunal de Singen (Bade-Wurtemberg), en Allemagne.

En 2008, lors de son premier séjour français en prison, les surveillants retrouvent une affiche de Ben Laden dans sa cellule. Il n’a que 19 ans. Lors de son second séjour au milieu des années 2010, son prosélytisme est encore plus assumé. Il lui arrive de tenir des propos ouvertement véhéments à l’encontre d’autres détenus moins pratiquants que lui.

En 2012, il est arrêté après avoir pénétré dans un cabinet dentaire à Mayence. A l’intérieur, il a dérobé un coffre-fort contenant la caisse. La valeur du vol est estimée à 1 467 euros en argent liquide, 192 euros en timbres et 6 572 euros en or dentaire. En 2013, il est à nouveau condamné à un an et six mois de réclusion criminelle, à Bâle, pour des cambriolages. Des larcins sans envergure où il se fait prendre à chaque fois.

En 2015, à sa sortie de prison, c’est sur la base des informations transmises par l’administration pénitentiaire qu’il change de catégorie. En janvier 2016, il est inscrit au FSPRT. Puis il fait l’objet d’une fiche « S », en mai 2016, qui permet de suivre ses déplacements. Depuis lors, il est sous surveillance. Tout le panel des techniques disponibles est utilisé à son encontre (surveillances physiques, techniques – téléphonie, sonore, vidéo –, etc.) Même chose pour son environnement proche.  Néanmoins, en janvier 2016, à Engen, il force une pharmacie à coup de tournevis. A l’intérieur, il dérobe trois caisses pour un total de 315 euros avant d’être identifié par la vidéosurveillance.

Depuis cet automne, son suivi s’était accentué. Faute de pouvoir l’épingler administrativement (sous la forme d’une assignation à résidence, par exemple) ou judiciairement (pour apologie du terrorisme), le groupe d’évaluation départemental (GED) de la radicalisation du Bas-Rhin, piloté par le préfet, s’était mis en tête de tenter de l’entraver autrement. Tous les éléments en possession des services sont alors partagés en vue de faire aboutir une procédure judiciaire de droit commun depuis le mois d’août pour des faits de tentative d’homicide sur fond d’affaire d’extorsion. Un banal règlement de compte entre voyous qui aurait dégénéré, le 21 août, jour de l’Aïd.

Lui et ses comparses sont connus depuis des années pour leurs propos outranciers lors de diverses interpellations ou des rendez-vous aux caisses d’allocations familiales. L’un d’entre eux avait encore fait l’objet d’un contrôle pour défaut de permis de conduire qui avait mal tourné, quelques jours avant la tuerie du 11 décembre. 

Quelle que soit la réponse sur le statut exact du bonhomme, l’assassin appartient à un réseau européen islamo-racailleux puisqu’il a été condamné en France, en Suisse, en Allemagne et qu’il disposait, dans son domicile d’une grenade défensive, d’une arme 22 LR chargée, de munitions, de quatre couteaux dont deux de chasse, selon les précisions du procureur Rémy Heitz. A cet arsenal, s’ajoute l’arme à feu et le couteau avec lesquels il a accompli son rite de sacrifice au dieu carnassier qu’il vénère. De plus, l’homme a quitté en taxi, peu après 20h00, le centre de Strasbourg après qu’il avait échangé des coups de feu avec une patrouille de militaires et s’est fait déposer dans le quartier de Neudorf dix minutes plus tard où il échangeait de nouveaux coups de feu avec une patrouille de police. Au minimum, des complices le cachent, au pire, l’acte n’est pas improvisé et Neudorf sert de base de repli à une action planifiée. A proprement parler, une conjuration. Dans tous les cas, ce que révèle cette cavale c’est l’emprise des groupes islamo-racailleux sur des quartiers où ils naviguent comme des requins dans l’eau puisqu’on voit mal un homme ordinaire s’opposer à des groupes dont il sait parfaitement qu’ils peuvent l’égorger à tout moment. Et si ce n’est pas lui, ce sera ses enfants ou sa femme.

Enfin, les conditions mêmes qui ont conduit à la tuerie révèlent un certain dysfonctionnement des services de sécurité. En effet, Le 11 décembre au matin, le jeune homme devait faire l’objet d’une interpellation dans le cadre d’une affaire de tentative d’homicide. Tout le reste de son équipe ayant été arrêtée – soit cinq personnes – mais pas lui, car il était absent de son domicile. Ce furent les gendarmes qui effectuèrent l’intervention « en lien avec le renseignement territorial et la DGSI », selon une source proche de l’enquête. Peu de détails ont filtré sur le résultat de cette perquisition. On pourrait ajouter que peu de détails ont filtré sur ce modus operandi où personne ne se serait demandé si l’homme en question était bien dans son appartement. De la perquisition, les enquêteurs concluent que lui et ses complices allaient se lancer dans le home-jacking.

La thèse du complot ne tient donc pas dans une mésinterprétation des fuseaux horaires mais dans les conditions mêmes de la surveillance puis de la tentative d’arrestation de l’assassin. L’islamo-racailleux dont il est question n’est pas Jason Bourne et n’a pas été conditionné par la célèbre hypno-thérapeute gilet jaune, Jacqueline ou une unité 131 de la DGSI. La thèse du complot ne se défend qu’à la condition suivante : l’interpellation a été déclenchée alors que certains, au sein du gouvernement, savaient que l’assassin n’était pas dans son appartement et escomptaient donc qu’il passerait à l’acte pour que l’actualité ne soit plus centrée sur les gilets jaunes et/ou que l’État d’urgence soit proclamé.

Cette thèse me paraît faible et peu vraisemblable. Elle a sa place dans un scénario hollywoodien quelque peu dystopique mais comporte un nombre si incalculable d’hypothèses adjacentes qu’elle n’emporte pas la conviction.

En revanche, celle d’une sous-estimation de l’existence et de l’emprise de réseaux européens islamo-racailleux sur certains quartiers, sous-estimation couplée à un dysfonctionnement à éclairer me paraît rendre compte de l’ensemble de la chaîne des événements qui aboutirent à une énième tuerie au nom d’un dieu qui ressemble de plus en plus à une idole aztèque.

Sources : Le Monde / Reuters / Mediapart

Au printemps 2018, la direction générale des services, la direction des affaires financières et les agents comptables de l’université Paul-Valéry de Montpellier en bons paillassons universitaires exécutent une « demande de la présidence » : embaucher une société de sécurité alors qu’une autre est déjà sous contrat. Kader Rahmouni, un ancien garde du corps d’Emmanuel Macron aurait permis à une de ses connaissances d’obtenir un contrat de plus de 260 000 euros, sans appel d’offres ni mise en concurrence. Le premier devis de la société a été transmis à l’université par l’intermédiaire d’une représentante locale de La République en marche (LREM), parti de la société civile qui a le sens des affaires.

L’entreprise APS Sud se substituant à Prosegur commence sa mission sur le campus de l’université Paul-Valéry le 13 avril alors qu’ un groupe de guévaristes-lafarguistes venait d’ attaquer dans une perspective festive la salle des serveurs de l’université afin d’empêcher la tenue des examens en ligne car la sélection c’est l’abjection. Un premier foco était ouvert. Coût : cent mille euros de dégâts. Une paille dans la Révolution.

« Un jour, ACI [une autre entreprise locale ] m’a appelé pour me dire qu’il y avait des besoins à la faculté de Montpellier », explique Moustapha Bouzbiba, le patron d’APS, Ce beau jour ou était-ce une nuit, Moustapha appelle Kader et lui explique qu’il doit extirper un groupe de guévaristes dont la tête de file est un chien. Kader ne comprend pas tout de suite. « Sur le Coran de la Mecque… » lui assène Moustapha. Et la discussion s’engage, mallettes en main.

Pour comprendre qui est  Bouzbiba, il est nécessaire de rappeler qu’il fut chargé de l’accueil – lors de plusieurs événements du candidat Macron, à Paris ou à Lyon. Une hôtesse mais en plus musclé. Des fois, il lui tenait la porte, d’autres fois, lui ajustait ses cravates ou lui apportait un café. « On a pris un minibus entre copains pour des meetings. Je l’avais déjà fait pour Sarkozy ou Hollande, je suis apolitique ». Il veut dire par là que son seul parti, c’est le pognon. Un parti neutre, international, sans préjugés, le parti de Sinbad. On se demande donc comment Moustapha l’apolitique a pu contacter Kader l’apolitique qui connaissait Alexandre l’apolitique.

Intégré au dispositif de sécurité du candidat, Kader Rahmouni est en compagnie d’Alexandre Benalla, lors du déplacement du candidat En Marche! sur le site de l’usine Whirpool, en Picardie. Il trouve les ouvrières chaudasses, son patron, illettrées. On le voit aussi contenir la foule qui cherche à serrer la main de l’idole en fer-blanc lors du meeting de la porte de Versailles, le 10 décembre 2017. À ses côtés, Alexandre Benalla et Vincent Crase, le mystérieux « Rachid le borgne » de la cellule parallèle de l’Elysée.

« En étant présent sur les meetings de Macron, Kader a pu taper dans l’œil des gens d’En Marche! dans l’Hérault », explique Moustapha qui tente une explication ou lance une piste. En effet, M. Rahmouni a travaillé pour la députée LREM de la 3ecirconscription de l’Hérault Coralie Dubost qui a peur des chasseurs. En mai 2018, lors de la visite à Montpellier de l’éphémère et très flat tax ministre des sports de l’époque Laura Flessel, Kader est présent, équipé d’une oreillette, sans que sa fonction soit déterminée. Il passait par là, il attendait les résultats du tiercé. Seul Dieu le sait…

« Quand on veut un contrat, on envoie sa plaquette de présentation mais on cherche aussi des relais », explique l’anthropologue et homme d’affaires Moustapha. Il organise un rendez-vous avec Rahmouni à l’Odysseum, dans le courant du mois d’avril. Tous deux se postent avec des lunettes noires près du bassin aux requins pour parler spécifiquement des besoins de l’université. « On a pris un café, et Kader m’a dit : “Moi, il y a quelqu’un que je connais et qui peut aider, il a beaucoup lu Gérard Genette” », se souvient vaguement Moustapha qui lui préfère et de loin Marc Fumaroli.

Le premier devis d’APS Sud aurait été transmis à la direction de l’université par Charlyne Péculier, représentante locale de LREM, référente pour la région Occitanie des Jeunes avec Macron, qui se présente aussi comme une collaboratrice de la députée Dubost et qui fut frappée « par la désinformation » lors d’une AG » d’une « minorité qui bloque l’ensemble de l’université ».  Quant au président de l’université, Patrick Gilli, il affirme qu’APS Sud a été « sélectionnée » pour ses compétences et parce qu’elle était en capacité de répondre « aux besoins de renforts exceptionnels ». On ne sait donc pas qui fut la plaquette et qui le relais mais comme le disait Charlyne, « La réforme est passée, il n’y aura pas de recul». Idem pour le contrat.

Kader Rahmouni est le « chef de site » d’APS Sud. C’est lui qui coordonne, en lien avec la présidence de l’université, les équipes de sécurité, dont un maître-chien qui surnomme affectueusement son partenaire canin Gary Prado. Au bout d’une première journée de présence de l’équipe de Kader Rahmouni, un responsable de la sécurité de la fac alerte directement le président de l’université au sujet de cette société « que vous avez pris en renfort », s’inquiète de son manque de professionnalisme et de son attitude qui pourrait être assimilée par des grévistes à de la provocation. Encore un type qui ne comprend rien à la méthode Benalla.

Quatre jours plus tard, un étudiant, une enseignante et une syndicaliste « sont venus pointer du doigt les violences policières dont ils ont fait l’objet samedi dernier lors de la manifestation interluttes sectionnaires. Mais aussi interpeller l’opinion sur la présence d’agents de sécurité qui seraient, selon eux, envoyés par le président de l’université, Patrick Gilli : “Ils sont avec des chiens et déjà plusieurs altercations ont eu lieu avec des étudiants guévaristes-lafarguistes, des personnels LGBT et d’autres animaux dont un lapin” »rapporte Le Midi-Libre.

Facturée 17 300 euros, la mission d’APS, du 13 au 17 avril, a été la première d’une longue série. L’entreprise aurait touché plus de 260 000 euros depuis qu’elle a été recrutée par l’université Paul-Valéry : autour de 230 000 euros au printemps 2018, mais aussi 30 000 euros pour les quelques jours de mobilisation sociale depuis la rentrée, Ainsi l‘entreprise de sécurité fut mobilisée le 9 octobre lorsque l’université installait, face aux appels à la grève, un dispositif pour « filtrer et empêcher les indésirables de pénétrer dans l’enceinte » « Un montant que l’université n’a voulu ni confirmer, ni commenter » affirme Mediapart qui s’étonne qu’une prestation soit facturée alors que les gilets jaunes occupent gratos des ronds-points et des péages.

M. Bouzbiba répond, comme atteint par la lassitude : « Moi, j’ai payé mes salariés. J’ai tout facturé. Tout est clair, mes mecs, ils pointaient. Si je n’avais pas travaillé sur ce site, j’aurais pu plier la boutique. Je suis chef d’une petite entreprise, la plupart des mecs qui bossent avec moi, ils ne bosseraient pas sinon. L’argent est rentré, et il est ressorti. J’ai fait vivre du monde. »

Selon les statuts de Paul-Valéry, le président n’a une délégation de signature que pour les prestations inférieures à 40 000 euros. Ce seuil passe à 500 000 euros pour les dépenses relevant des marchés publics. Après plusieurs jours de discussion, les services finissent par trouver une solution évitant de passer par l’approbation du conseil d’administration de la fac : le président n’a qu’à déclarer que l’université était en « situation d’urgence impérieuse » (en lien avec le saccage guévaro-lafarguiste de la salle des serveurs) lorsqu’elle a fait appel à la société de sécurité, ce qui la dispense de tout appel d’offres. Or le contrat léonin qui lie l’université et Prosegur prévoit que les prestations complémentaires au marché doivent lui revenir. Le 8 juin, soit près de deux mois après le début de l’intervention d’APS Sud dans l’université, la directrice générale des services, Nathalie Vincent, transmet un certificat administratif au président de l’université. Le texte stipule « sur la tête de sa mère » que le prestataire habituel, Proségur n’a pas pu fournir de services complémentaires en avril 2018 bien que Proségur organise la sécurité des aéroports, convoie des fonds, supervise des systèmes de télésurveillance et emploie quelque 5 500 collaborateurs dans 27 villes en France.

Une généralisation inquiétante selon le Snesup-FSU. Dans un communiqué de presse, le 11 mai dernier, le syndicat des enseignants du supérieur avait déploré le fait que les présidents d’université « font de plus en plus appel à des sociétés privées de sécurité qui accomplissent sous leur autorité des tâches de maintien de l’ordre, dont certaines sont susceptibles de constituer des entorses à la loi : contrôles d’identité, filtrage des étudiants, déblocages de bâtiments, interdiction d’accès aux examens… ». Le Snesup rappelait alors que, selon les termes de l’article L613-2 du code de la sécurité intérieure, il « est interdit aux agents des sociétés privées de surveillance et de gardiennage de s’immiscer, à quelque moment et sous quelque forme que ce soit, dans le déroulement d’un conflit du travail ou d’événements s’y rapportant » mais visiblement permis aux guévaristes-lafarguistes d’orchestrer des mouvements qui auront abouti à un total de 300 mille euros de dégâts pour la seule Université Paul-Valéry. Mais il est bien connu que la Révolution n’est pas bégueule, elle laisse les épiceries en gérance à ceux qui savent les tenir et puis quitte à faire un sale boulot, autant le faire salement. 

Sources Mediapart / Midi Libre / Le Figaro

Publié par : Memento Mouloud | décembre 10, 2018

Le meurtre d’Eva Bourseau ou la belle, le chinois et les deux baltringues

A première vue, le meurtre d’Eva Bourseau est tiré d’une chronique de Philippe Muray révisée par Houellebecq. On y trouve deux jeunes lycéens promis selon les chroniqueurs à un avenir brillant de scientifiques talentueux, une jeune femme légère ou libre selon le point de vue, un orphelin vietnamien et adopté qui joue le rôle du parrain. Tous ne sont pas bourgeois mais tous sont en rupture d’études, ils sont dans l’entre-deux, entre chien et loup goûtant à tout, traversés de visions, « J’ai vu ses yeux bleus magnifiques fumer, se décomposer. Ils sortaient de son crâne, de son ventre. » Il venait de l’achever à coups de pieds de biche, l’autre l’avait assassinée, brisant son poing américain. Eva finira dans une malle en plastique, décomposée à l’acide, des insectes autour d’elle car l’un des assassins avait de « bonnes notions en chimie ». De nouveau, les chroniqueurs rationalisent ce qui est un crime à peine gratuit. Une dette de 750 euros, un vol de mille. C’est le mobile présumé. C’est un mobile qui ne tient pas debout, pas plus que la consommation de drogues n’est un facteur qui explique le crime.

Le duo meurtrier est bancal. Un fils d’ouvriers, un fils de petits-bourgeois ou de bourgeois. L’un vient d’une famille inculte, peut-être croyante, l’autre d’une famille qui le choie. A l’arrivée, le pied de biche et le poing américain, l’acide, Breaking Bad comme mode opératoire. On les dit brillants, ils sont aussi bêtes que les tueurs tirés des opus des frères Coen. A revenir sur les lieux. A ne pas faire de bruit. A se munir d’une casquette. A accuser « le chinois », on perçoit la litanie des crétins. Ils ont beau poursuivre leurs études en prison, la marque est indélébile et elle rime avec débile pour l’éternité.

«Vous verrez. Un jour, vous me verrez à la télévision. Je serai célèbre.» disait Eva. En effet, elle l’est devenue. Ses photos passent et repassent sur la planche à sérigraphier des continuateurs de Warhol. De tous les étudiants présents à des titres divers sur la scène du crime, c’était bien la seule à chercher, se chercher, sans doute, mais chercher. Elle est morte d’une dette, pas d’un sniff de trop, ni d’une overdose. Elle ne s’est pas défaite sur un trip lézardé dont le feulement crisse et cloue sur les rouages synaptiques le clair-obscur d’un paysage de foire avec la grand-roue qui dévisse sur une foule sombre. Elle est morte sous les coups de deux crétins, brillants selon les chroniqueurs. Un des deux meurtriers « fait partie de l’équipe qui remporte, en avril 2013, le deuxième prix d’un concours pour un projet expérimental en sciences de l’ingénieur…C’est dire le décalage entre ces personnalités et l’atrocité du crime », disent Me Pierre Alfort, Pierre Le Bonjour et Alexandre Martin, avocats, fins moralistes et histrions du barreau 

« Entendues à leur tour par le SRPJ de Toulouse, Anaïs, Hélène, Marie et Marion, quatre amies d’Eva, expliquaient avoir pris leurs distances : Eva se drogue trop, fait trop la fête. Les amies dressent la liste impressionnante de produits, fumés, sniffés ou avalés, qui remplissent son quotidien : cannabisMDMAkétamine, mescaline, LSD, speed, champignons et, depuis le mois de juin, cocaïne. A Anaïs, Eva avoue même avoir essayé l’héroïne. « Elle vendait également des drogues et m’a dit être devenue à une certaine époque une sorte de parrain local. Mais elle affirmait qu’elle avait arrêté car elle avait eu des problèmes. Le 25 juillet dernier, elle m’a confié qu’elle était dans la merde, qu’on lui devait 5 000 euros. » ». « A Hélène, Eva raconte avoir commencé à se piquer. Elle lui parle aussi de ce Guillaume, « le Chinois », son fournisseur. A Marie, Eva envoie un texto le 26 juillet, la veille de sa disparition, où elle évoque un nouveau venu : « J’ai de sales histoires avec Taha qui me font bader. » Marion, témoin de visites d’acheteurs rue Merly, se souvient d’autres propos d’Eva : « J’achète en général pour 2 000 euros et je revends, après avoir prélevé pour ma consommation perso. » »

Avec de telles amies, il est évident que personne n’aurait besoin d’ennemis déclarés. Le procès n’est plus celui des meurtriers mais celui de la drogue ou de la fête ou des musulmans. On n’attend plus que #me too pour poser sa candidature au débat de société car « Ils fréquentent alors les mêmes soirées underground, où se mêlent drogues de synthèse et relations sexuelles libres », raconte un proche de l’affaire. Et l’on se demande ce qui sera au menu : l’underground, la liberté sexuelle, les drogues ? Ne manque même pas le dark web où se « fournit » le Dr Fu Manchu de la bande.

On pourrait aussi inclure le procès des récits de presse à l’image de celui du Parisien dans les premiers temps de l’affaire « Le 18 juillet, la jeune fille achète 100 cachets d’ecstasy au « Chinois ». Montant de la facture, alors impayée : 750 €. Selon le récit de Taha aux enquêteurs, cette dette constitue le point de départ du drame. « Il a expliqué qu’une dizaine de jours avant le crime, Guillaume lui avait demandé de récupérer cet argent de la manière qu’il souhaitait. Pour Taha, cela voulait dire : tue-la s’il le faut », note cette même source. Eva sait qu’elle est menacée : la veille du meurtre, l’étudiante confie à une amie qu’elle est « dans la merde » parce qu’elle « doit de l’argent à quelqu’un ». Comme on le constate la fréquentation des séries de saison 1 à 10 ne mène pas qu’à la philosophie

Le procès durera dix jours. 52 témoins, 19 experts, une myriade de clowns du barreau et de chats mitrés en guise de juges, il y aura les photos d’Eva, les deux meurtriers et l’ombre du « chinois », le procès de la drogue et celui des soirées. De ce climat il est toujours possible que s’échappe du réel mais il se tiendra derrière les silhouettes du pied de biche et de la bassine en plastic, derrière les mots chiffonnés du meurtrier aussi « J’ai vu ses yeux bleus magnifiques fumer, se décomposer. Ils sortaient de son crâne, de son ventre. ».

Sources Paris-Match/Slate / Le Parisien / La Dépêche

Publié par : Memento Mouloud | décembre 10, 2018

Le Pacte de Marrakech dans le texte

L’axiome

1/ « Nous sommes tous des pays d’origine »

C’est l’axiome de départ. Il n’y a pas d’immigration mais seulement des émigrations, le monde est donc pris dans une grande migration, une sorte de mise en mouvement brownien sorte de chaudron fumant et de forge de l’Humanité à venir. D’ailleurs « une gestion intégrée et efficace des frontières » doit voir le jour, ce qui en clair, délimite un espace qui n’est plus soumis aux seuls droits nationaux ou régionaux (façon espace Schengen). Il existe tout de même une sorte d’exception à cet axiome : « les obstacles particuliers auxquels font face les pays africains et les pays les moins avancés »

Le Topos

2/ « Nous reconnaissons qu’à l’heure de la mondialisation, les migrations sont facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable. »

Première affirmation sans aucune preuve mais première affirmation tout de même. : Les migrations sont un bien en soi. Si les signataires du document sont conséquents, cela ne veut dire qu’une chose : il est nécessaire, impératif, préférable (selon les cas) de les faciliter.

Aussi

3/ Ces migrations doivent être « sûres, ordonnées et régulières ». Elles ont un caractère global et positif qu’il faut faciliter « le tout en réduisant l’incidence et les répercussions négatives de la migration irrégulière ». Le corollaire mineur de cette politique consiste à  « lutter…contre les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays ».

Deuxième affirmation : les Etats signataires s’engagent à organiser ces migrations qui seraient dues à « problèmes structurels » non-identifiés mais contre lesquels il faudrait lutter avec des moyens tout aussi non-identifiés. Il s’en suit que la seule affirmation effective est la première, elle a pour conséquence un tri entre réguliers et irréguliers dont les modalités et les principes sont ébauchés : « nous nous engageons à faire en sorte que nos ressortissants soient accueillis et réadmis comme il se doit » et à « faire une place à la biométrie dans les registres de l’état civil ». Un fichier biométrique de l’Humanité entière suivra donc le séquençage du génome. Sans doute un nouveau bond en avant dans l’histoire des libertés humaines.

Les modalités

« Le présent Pacte mondial établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant (…) et respecte la souveraineté des États. »  néanmoins « nous nous engageons à ménager des options et des filières de migration régulière pour faciliter la mobilité de la main-d’œuvre. » Le pacte promeut des accords « de libre circulation »« de libéralisation des régimes de visas » ou « de validité des visas pour plusieurs pays », une plus grande « flexibilité », des « programmes de migration temporaire, saisonnière, circulaire ». En concertation, « avec le secteur privé » et « en fonction de la demande sur le marché du travail » et « en tenant compte des différences entre les capacités et le niveau de développement de chaque pays, ainsi que des politiques et priorités nationales. » 

Il s’en suit que le régime du contrat se substitue à celui des lois en vigueur dans les espaces nationaux. La mention de la souveraineté des Etats est donc une sorte de trait Potemkine, un simple paravent ou un pavillon de complaisance. Les grands ordonnateurs des migrations seront les firmes transnationales et les réseaux territoriaux d’entreprises, le migrant n’étant plus qu’une sorte de capital humain mobile, mercenaire fluide et itinérant opérant sur le grand marché mondial des opportunités. Le document exhorte les Etats à « protéger tous les travailleurs migrants de toute forme d’exploitation et de maltraitance ». Prière de ne pas rire.

La dislocation des nations et des individus au profit des « communautés »

Pour favoriser des « sociétés inclusives », les signataires sont invités au « respect mutuel des cultures, des traditions et des coutumes » y compris celles des « communautés d’accueil ». Ainsi sont promus les « festivals gastronomiques » et les « séances de réseautage » parmi les vecteurs d’« intégration »

Je passe sur l’usage des néologismes. Il est à noter que l’inclusion est un impératif des « sociétés », ensemble indéfini et non des entreprises, ensemble tout à fait limité et donc dénombrable. Que cette société est conçue de manière ethno-racialiste comme un agrégat de communautés coutumières ou culturelles donc un ensemble du dividuels semblables agrégés en un bloc étanche en fonction de la religion ou de traits épars hérités. A cet agrégat de tribus on promet une société festiviste où il fera bon s’éclater en partageant un couscous et des sodas bios sur fond de musiques ethniques allant de Pascal Obispo à Olèlè Moliba Makasi.

La Novlangue

Le « Pacte de Marrakech » encourage l’accueil, dans la mesure du possible, de migrants contraints de quitter leur pays « en raison d’une catastrophe naturelle soudaine ou d’autres situations précaires »« pour des motifs humanitaires » ou même « par compassion »

Le dernier terme relève de la morale et de la religion non du droit, autant dire qu’ici est instauré le règne des Tartuffes. Pour le reste, on voit mal dans quel autre cadre que celui d’un partage asymétrique des richesses et des patrimoines ou d’une situation de menace de mort collective imminente orchestrée par un Etat ou une milice il y aurait fuite d’une population dans un pays voisin et encore plus dans un pays ultra-marin ou distant de plusieurs milliers de kilomètres.

Publié par : Memento Mouloud | décembre 10, 2018

Un hymne gilet jaune by Trust

Publié par : Memento Mouloud | décembre 9, 2018

1095 : La Croisade

En 1095, à Clermont, le pape Urbain II lance un appel à la Croisade. Le nom passé à la postérité n’existe pas encore mais les pèlerins affluent, près de cent mille selon certains dont de nombreux chevaliers sortis tout droit des institutions de paix. Tout le rêve impérial des papes est là. Conquérir, au nom du Christ, la monarchie universelle, en attendant la Parousie et les signes des derniers temps. La donation de Constantin, réactivée, ne suffit plus. La protection des empereurs, non plus. Cette fois-ci, le pape réclame le trône de Byzance. En attendant, il humilie le petit roiticule saint et germanique et lui intente un procès en Investiture qui prétend débusquer les simoniaques et les nicolaïtes sous la haute protection du très bouffi, très saint, très chaste et n’en doutons pas très pédophilesque ordre de Cluny, bientôt suivi de son frère très maigre, comme il y a des jours de Carême, comme il y a des jours sans viande, comme il y a des jours sans pain, le très émacié cénacle cistercien, premier surgeon de cet esprit puritain qui est un esprit contempteur et un esprit de lucre mais magnifié par la parole de feu et le silence de pierre. Un orgueil pétri de versets.

Jérusalem n’est pas n’importe quelle terre mais Saint-Jacques, non plus, et les deux itinéraires croisent la France géographique. Détruire ou du moins entamer la puissance musulmane, vécue et pensée comme un furoncle païen, est à l’ordre du jour. Les géants monstrueux des chansons de geste, notamment celui du cycle de Guillaume, Corsolt, signalent cette trouée dans la Providence, l’idole mahométane et ses atours de chair, des carpocrates déguisés en hommes de dieux ou des lucifériens brillant de l’éclat sinistre de la révolte contre le Livre, le seul et unique, la Vulgate latine. Ici ou là, on massacre des juifs, on accomplit le rite purificateur entamé par la réforme grégorienne. Qui veut faire l’ange fait la bête dit Pascal et aux angelots du sacerdoce répondent les détrousseurs de synagogues et les calculateurs du Vatican et d’ailleurs.

La querelle des Investitures se serait achevé sur une victoire du pape. Peut-être, mais dans les faits, l’Église est une matrice aristocratique faite de prébendes et de fonctions princières pour ceux qui n’auront pas trouvé de place sur cette Terre d’Europe, pour ceux en souffrance de fiefs, jeunots éternels déboutés, la turgescence en berne sur une enluminure de canso ou de roman courtois, puînés sans terre et cadets à l’abandon. Tous trouveront dans l’Église de quoi défouler une tension sexuelle et une frustration de tous les instants. Tout leur est barré, les femmes, la puissance, l’honneur, la joie de combattre, les chevauchées. Les angelots ithyphalliques cornaqués par la très sainte mère l’Église condamneront donc la chevalerie parfumée, les joutes, les tournois, la science trop gaie, la courtoisie. Ils voudront des chevaliers puants sous un haubert de sueur, ils voudront ce que ne seront jamais les Templiers dont les statuts seront traduits en français sous le haut patronage de deux cavaliers sodomites chevauchant à la lumière tombante de la lune. Hugo en fit un poème des Contemplations et même deux, appelant le double de son moi lyrique, Hermann, quand il se nommait Hugues de Payns.

Les adorateurs du Baphomet, moines-soldats perclus de défaites, battus dès les premiers jours, accomplissant le martyre dans le défi au destin, la lance à la main, ces adorateurs-là inventent sans règle de saint Benoît et dans l’ignorance de l’acédie la première banque universelle avec succursales et jeux d’écriture. Leur eucharistie vaut toutes les hosties consacrées par des pantins de pourpre, gros chats mitrés ravaudant ce qui deviendra le Décret de Gratien, de synodes en conciles et de conclaves en chapitres de cathédrale. Des biens nourris au service de Dieu, les parfaits cathares n’auront qu’à se montrer pour que l’édifice se lézarde et réclame le concours des gibiers de tournois en quête de fiefs.

La Croisade est un immense mouvement qui emporte Jérusalem et Saragosse, pousse ses cavaliers sur la plaine germano-polonaise et son débouché russe, jette ses desperados à l’assaut de l’Islande, du Groënland, de Terre-Neuve et réveille chez Nur-al-Din le souffle du djihad. Il n’est pas seulement affaire de vassaux et de suzerains. Des paysans s’implantent autour de Jérusalem, ils renouvellent l’industrie sucrière et la viticulture, les arts d’habiter et de vivre dont certains sont empruntés sur place. Les bains islamiques ressemblent en tout aux bains chrétiens. Pourtant il n’y a pas symbiose et la violence se niche partout. Blessures à la tête et au thorax, les cadavres des rares cimetières de civils fouillés attestent d’une colonisation brûlante et les têtes chrétiennes et latines fichées sur les lances des combattants turcophones répondent aux bains de sang des chroniqueurs arabes. Le sang a beau sécher sur les rives méditerranéennes, il coagule en portraits loufoques où la terre sacrée comme on commence à l’écrire avec des tremblements, n’est qu’une terre convoitée qui attend de retourner dans le cocon de l’oubli, dans ce vieux nom romain de Palestine qui avait suivi la grande braderie de la Judée après qu’Hadrien l’avait réduite à un tas de cendres fumantes. Comtés d’Edesse et de Tripoli, Principauté d’Antioche, Royaume de Jérusalem, la rose des vents des dispositifs éphémères, rejoint la gloire de Godefroi de Bouillon, lointain descendant de Charlemagne qui n’avait pas voulu être un nouveau Saül. Sorti de sa chanson de geste, Godefroi figure parmi les neuf preux dont les noms sont inconnus. Perdu pour la Cause après un an de bons et loyaux services, Godefroi a évité ces stratégies qui se calculent en millénaires et ces enjeux à prétention spirituelle où le monarque tout de blanc vêtu, le monsieur tout blanc des contes pour adultes, hurle qu’il est le pontifex et le princeps tout à la fois mais entend, voit et modèle son cri suspendu sur la toile du peintre, aplat de pinceaux sur le mur du temps.

Publié par : Memento Mouloud | décembre 9, 2018

Samedi 8 décembre : dialogue entre deux badauds

9h25

– Salut, ils en sont déjà à 300 interpellations

– Hier, j’étais rue Mouffetard. Le patron chypriote du resto qui tapine pour un sicilien avait déjà reçu les consignes de la préfecture.

10h20

– Je viens d’atterrir. Saint-Lazare, Madeleine, Pyramides, Bastille, tout est fermé, on dirait une oraison funèbre…

-343 interpellations, ils confisquent le matos de certains journalistes indépendants. Les manifestants hurlent, sur les Champs « BFM enculés » et adressent au CRS des attentionnés « chiens de Macron ». Dubosc fils de pute serait bienvenu aussi mais c’est anecdotique.

– Toutes les enseignes sont fermées

11h52

– Blindés devant les galeries Lafayette d’Opéra. Cela est encore bon enfant, ça scande « la police avec nous »

-Ambiance état de siège avant la tornade, on dirait un film de Costa Gravats. Blindés sur les Champs. 514 interpellations, près de 300 gardes à vue.

-Tous les magasins, toutes les boutiques fermés jusqu’à Madeleine. Il y a un max de monde, je me dirige vers la rue Royale.

-Quelques tensions autour de l’Opéra. La tactique est simple. Saucissonner les cortèges et établir à chaque fois une nasse jusqu’à ce qu’un incident éclate puis partir à la pêche aux « casseurs ».

– Devant le faubourg Saint-Honoré, beaucoup de forces de l’ordre. Grilles de protection, toutes en hauteur. Les gilets affluent, tentent de rejoindre les Champs par Malesherbes. J’ai vu des panneaux RIC

12h57

– Avenue Friedland. Même bordel. Lacrymo. Slogans essentiellement anti-macron, anti-finance aussi. Les voltigeurs sont là. Enfin les gars de la BAC, façon circassiens.

13h28

– Ils envoient des chiens et tabassent à terre. Beaucoup de gaz. Beaucoup de racailleux de banlieues cette fois-ci. Ça casse.

-Sur les Champs, un photographe visé à hauteur de tête par un flash-ball.

– Ici aussi. Des douilles en plastic ricochent autour de moi

-T’es protégé ?

-Par mon manteau. Gros mouvement de foule. Un type me dit que ça chauffe aux Champs. Beaucoup de camions de pompiers. Squares fermés. Cafés aussi. Les gens pissent dans les rues. La classe. Paris sous l’urine, un zeste de Bandas. Je vois un gros incendie. Des gars pillent un magasin de fringues qui servent de combustile à un barrage en flammes.

– Affrontements à hauteur de Bonne-Nouvelle

-Des renforts de gendarmerie remontent vers Etoile.

14h23

– Je descends Haussmann à pied. Un désert de bagnoles.

– Attaque du Drugstore, putain les islamo-racailles sont en forme.

-Depuis la place du Pérou, j’entends le vacarme qui vient de Friedland…Explosions de grenades, la foule qui hurle, sonnerie de corps de chasse, où sont les sangliers…Les Champs servent d’aimant à racailleux aussi sûr que 2 et 2 font 4. J’imagine que ces poufs débarquent pour les emplettes. Encore des renforts vers les Champs, par Friedland

14h46

– Des groupes de bonobos débarquent depuis Saint-Lazare et remontent direct sur les Champs via Haussmann. Tous les CRS se dirigent au même endroit

-Les CRS ont décroché de Bastille et remontent sur Répu.

-Toutes les stations sont fermées. Tout à l’heure en tête de cortège, à Friedland, j’ai un groupe de manifestants pacifiques totalement débordés puis absorbés par la rage des groupes virulents. Les coups de matraque télescopiques ont mis fin à cette idée de faire passer les CRS du côté des gilets.

-La chambre de commerce et d’industrie est prise pour cible. Blindés et chars sur le vieux Port. Ambiance Philippe Muray lors de la marche pour le climat (et pourquoi pas pour la pluie au Niger, le beau temps chez les Inuits et la fin des orages en Corse?). Nombreux blessés à Toulouse.

15h19

– Après suivront la marche contre les violences faites aux femmes, et plus «#Me too, la marche contre le coït première étape du viol

-Officiellement il y a 89 mille flics pour 31 mille manifestants selon le Ministère. La semaine dernière, il y eut, sur Paris, de 9 à 18 h exactement 5500 manifestants. Castagnette est décidément un Goebbels en discount.

-Les boutiques sont ouvertes, rue des Italiens. Des touristes présents. Mais c’est assez penaud, vide.

– Les islamoracailles n’ont pas l’adresse ? Infos du Parisien : une faucille et un marteau saisis. Un velib incendié. Panique à la Mairie.

– Je suis à la Bourse. Aucun gilet. J’entends les hélicos et les sirènes. Rue Vivienne, les numismates sont fermés. Saut un change-or qui joue les Nicolas Flamel. Aucun bistrot, aucune brasserie mais un tabac ouvert. Je vais pouvoir cloper. A République, c’est la bouffonnerie habituelle. Un groupuscule togolais exhibe une pancarte antédiluvienne « L’Afrique soumise aux racistes ». Si les Champs sont l’aimant à racailles, Répu, c’est vraiment l’aimant à cons, comme d’hab. Sud et CGT, le club des déchus de la gauche. Vieilles tatas festives avec djembés et stands équitables.

-Léninisme farcesque, la courroie de transmission du néant

-Les flics leur disent de reculer, ils reculent. La banderole est à l’image de leur puissance : ZAD PARTY. Putain, les baltringues.

-Pendant ce temps, les racailleux font du shopping. Bd Haussmann, un témoin voit voler des sacs en croco. 615 interpellations sur la capitale, toujours 31 mille gilets jaunes dans l’hexagone. Ils ont flambé une voiture diplomatique. 2500 gilets jaunes à Montauban selon la Dépêche, 500 à Clermont l’Hérault selon Midi Libre, mais 31 mille en France. Ça castagne à Toulouseuuuh, mais sans mémés. Mille interpellations dans le pays. Libérez nos camarades !

-Répu, c’est la manif filmée par Amélie Poulain

16h53

– Des caisses circulent à Bastille totalement défigurée par les excavations d’Hidalgo. Même le MK2 est ouvert…Mais c’est Paris of the dead, une sorte d’Agen sur Seine. Saint-Paul, des renforts foncent vers l’Hôtel de Ville

-Ils ont coffré Julien Coupat car « du matériel aurait été retrouvé dans son coffre ». Je pense des lunettes noires, une casquette et une tenaille. Sans doute un livre. L’Apocalypse peut-être. Cinq mille arrestations-contrôles sur les routes de France. Sans les petits espions fixes que sont les radars, ce serait impossible mais bon, l’épicentre de l’émeute parisienne serait la Madeleine. Un tibia arraché au flash-ball. Trente blessés à l’hôpital Bichat. Les stands du marché de Noël fermés à Toulouse. Putain le crime.

-Grosse réserve de flics du côté de l’hôtel de Ville

-Une Porsche brûlée place Saint-Augustin. Comme le dit Dubosc, trop de hargne, trop de haine. J’suis plus Gilet jaune.

-Les CRS poussent, insultent une femme. Il y aurait le feu, un mouvement de panique se dessine.

Un incendie faubourg Saint-Denis

-Deux feux, rue du Renard

-Un magasin de golf pillé sur les Champs, de même qu’à Saint-Etienne. Barricades à Bordeaux. Une sorte de fronde gentille.

– Des sirènes partout. Dans la rue, c’est calme, des panneaux de chantier sont entassés. Du côté de la rue Saint-Denis, des bacs à fleurs sont renversés, des poubelles brûlées, j’observe des impacts de pavés sur les vitrines mais aucune n’est brisée.

– Sur les sites protéiformes de la Propagandastaffel, c’est le péan de la victoire, néanmoins la résidence secondaire du sieur de Rugy a été taguée. Il sera difficile d’affréter dix gardes du corps par représentant d’En marche.

– BonneNouvelle. Une vitrine de fringues éventrée mais les sex-shops sont intacts. Une espagnole me demande « que es esta revolucion ». Des slogans d’extrême-gauche sur les murs. « Non au caviar, vive les Grecs ».

Tentative de pillage du Go Sport de Répu

-Tiens-moins informé si les islamo-chimpanzés engagent un pillage de librairies ou d’un consulat émirati

-S’ils tombent sur une édition rare d’Al Ghazali, tu peux toujours l’échanger contre un coupon pour rencontrer Stéphane Plaza ou une place au sein de la tribune VIP du Bobigny-Auberviliers, avec en special guest M-Bappe.

Allez j’arrête sur une joyeuse Hanouka Manu

Publié par : Memento Mouloud | décembre 6, 2018

Le 1er décembre d’Edouard Philippe et du président Macron

macron et le gilet jaune argentin

Le Premier ministre, qui a eu 48 ans mercredi dernier, a fêté son anniversaire le soir du samedi 1er décembre avec une trentaine de proches, dont plusieurs membres du gouvernement. Cette fête entre amis a eu lieu à son domicile privé, dans le nord du 9e arrondissement de Paris, entre place Clichy et Pigalle. Pas si loin des Grands Boulevards. « Cette soirée était prévue de longue date et tout était organisé non pas à Matignon mais chez lui, par son épouse », insiste un des participants, qui assure aussi que le Premier ministre, « compte tenu des événements, n’est resté qu’une heure. Il est arrivé vers 22h30 et il est reparti ensuite, après avoir embrassé tout le monde ». Un autre invité raconte : « Anniversaire loupé, Edouard était au boulot jusqu’à 22 heures 30 et il arrivé tard quand plusieurs convives étaient déjà partis. Darmanin et Lecornu partaient justement à ce moment-là ». De fait, le chef du gouvernement n’est pas resté longtemps. Vers 23h30, il s’est rendu à la préfecture de police de Paris afin de rendre hommage aux forces de l’ordre. Les chaînes d’information en continu ont retransmis son allocution à partir de 23h51.

macron argentin 2

Pendant ce temps, Macron était à Buenos Aires où sa majesté est si importante qu’elle ne fut reçue par personne à sa descente d’avion. En bon touriste culturel, il prit, selon les sources, un repas ou un simple café à l’Ateneo Gran Spendid, librairie mirifique que les colonels ne transformèrent pas en centre de tortures du temps du Redressement National. Puis le président prit la pose auprès de fans variés, comme il le fit en Guyane, à ceci près qu’il évita les jeunes supporters au torse nu. A la sortie, il fut acclamé par une foule enamourée donnant à ses domestiques les nombreux livres ainsi que le portrait de Sara Facio qu’il venait d’acheter, pourboires compris, avec ses revenus modestes de premier magistrat français. La visite avait été préparée de longue date car le président « rock-star » n’était pas réellement préoccupé par les ronds-points bloqués qu’une troupe de bouseux occupait depuis le 17 novembre. Suivit la visite à la fondation Jorge Luis Borges où el presidente lança sur Instagram cette réflexion judicieuse à propos de l’ancien bibliothécaire argentin : « il fut le sas d’entrée de la fiction à travers l’imaginaire sud-américain ». A sa décharge, le brillant et fringant homme de l’année des cours euro-américaines ne connaissait de la littérature argentine que le nom du très illisible Julio Cortazar. Car le très estimé Emmanuel est sans doute champion du monde du Trivial Poursuit des conversations mondaines dont il manie les poncifs avec délicatesse, tact et humour. Très éprouvé par son emploi du temps serré, il fit un petit tour sur la plaza de mayo et du côté de la cathédrale avant de rejoindre la Casa Rosada où l’attendait son collègue ultra-libéral Mauricio Macri, sorte d’homonyme ou d’avatar latino passé par la case du FMI. Mis en train, épris de viande argentine, il se rendit au restaurant Cabaña Las Lilas où le chef, Juan Ignacio Caverzaschi lui offrit des couteaux traditionnels. Ce fut, selon les chroniqueurs locaux, un repas normal pour cinquante personnes pris dans le salon VIP et la terrasse adjacente. Boeuf et pommes de terre. Du vin, une tarte tatin avec de la glace. La cocaïne n’est pas signalée. Selon Clarin, il passa quarante minutes avec des curieux car si le président ne parle pas aux salauds de pauvres hexagonaux il a toujours du temps pour les flatteurs.

macron argentin 1

C’est là son côté corbeau.

Source Marianne / Clarin

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