Publié par : bouteillealamer | septembre 9, 2009

Chic des civilisations

cpf


Responses

  1. Je reviens de chez le coiffeur. Salon tout ce qu’il y a d’ordinaire dans le chic banlieusard, pétasses manucurées de tous âges se prenant pour des Jeff Koons du dégradé, dondons emperruquées à la triglycéride, pucelles moites attenantes aux shampoings, morveux qui piaffent, mères aimantées aux portables, miroirs de lupanars et odeurs spermicides de produits ménagers avec olfaction agressive dans le genre pêche concentrée. Je lui dis « court » genre légionnaire en goguette, sec et un peu directif, je souris, là je perçois une lueur dans son regard d’épagneul mouillé qui s’arrondit en un sourire décoré aux couronnes et pivots qu’on devine d’une blancheur immaculante. Elle me parle de ses vacances, de ses enfants, de sa cinquantaine tordue dans le ratage de l’ennui, je la laisse dévaler la pente douce avec plein feu sur la grippe qui vient et le soleil qu’on reverra plus. Et puis tout d’un coup, elle se met à chantonner du Mylène Farmer en dandinant son popotin comme un valseur en furie, j’ai cru au retour de l’Exorciste tellement ça m’a paru étrange cette femme empêtrée de cellulites et qui tentait, comme on s’accroche à un esquif dans le naufrage, de gagner la terre ferme de ses 15 ans.

  2. Voyez également mon quotidien Mouloud, ce spécimen pris en photo et vraisemblablement arrivé du village depuis peu, en est un exemple assez éloquent.

    Ce garçon en voie de lumpen-prolérarisation constitue l’armée de clandos travailleurs squattant le foyer africain qui jouxte mon lieu de travail : gamelles en zinc chargées de riz gras, coiffeurs à la sauvette, thé noir servi dans la rue à 17 heures, et éboueurs maliens se faisant sucer pour 5 Euros entre les les poussettes garées des portes cochères, de cette ville en rénovation.

    Je travaille dans le Tiers-monde, pas celui que j’ai laissé il y a 16 mois en quittant l’Afrique, mais celui de la périphérie de Paris, avec son cortège d’obscures trafics, dont le secteur du bâtiment semble s’accommoder avec délectation.

  3. @ ami mouloud
    mon dernier raclage de scalp , c’est au bout du continent que ça s’est fait , à shangaï en fait
    j’ai rien pigé à ce qu’a dit la coiffeuse , elle a rien pigé à ce que j’ai dit , de toutes façon c’était la coupe légion , sans fioritures .
    dans notre vieille europe , lorsque je demande à ma coiffeuse (j’ai horreur des coiffeurs homme , qui tentent de vous apprendre la vie à l’aune de leur risible existence ) de racler encore plus le scalp , c’est un concert de dénégations , ça se fait pas , j’aurais l’air d’un échappé d’emmaüs (déjà que je suis fringué comme un clodo) ou de biribi (c’est un peu ça ,non?)
    enfin , j’ai pas d’aussi jolis ticheurtes que le modèle d’alibekov
    mais je peut faire toujours pire

  4. Alibekov, dernièrement dévalant un trottoir, un type un peu empoté me regarde fixement genre « t’as uve ki je suis ? » alors j’ai regardé, sur son tee-shirt fond noir couche culotte je lis « musulman jusqu’à la mort », ça serpentait sur son bide naissant d’accroc au kebab, il avait plus qu’à réciter la shahada en ouïgour avec sauce blanche pour les condiments.

    Ami Kobus, même aversion pour les coiffeurs hommes, soit tantouzes ayant râté le concours de fleuriste, soit échappé d’une cave vinicole avec philosofaille de teneur de zinc. Sinon je confirme l’espèce de cri primal qui saisit nos coiffeuses quand on branle du chef en éructant « plus court », ça me rappelle toujours saint Pierre qui sur la fin chassait à coups de fouet les matronnes blablatant sous sa fenêtre.

  5. Mon mari a trouvé aussi un t-shirt chic!

    http://oralaboraetlege.blogspot.com/2009/09/apres-prendre-un-bon-cafe-shabiller.html

    Pour les coupes de cheveux, il reste la tondeuse, au moins pour les enfants-masculins dans une famille.

  6. Bonjour la Crevette.

    Votre mari a un goût indéniable, quant à la coupe tondeuse, elle illustre assez bien le self-made-cut dont je suis déjà partisan depuis de nombreuses années, ne serait-ce que pour m’épargner les postures mondaines de coiffeuses fringuées en Pimkie.


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