Publié par : bouteillealamer | septembre 28, 2009

Niquer la montagne

Les stages d’immersion (pas les pitoyables jeux de rôle d’entreprise basés sur le psycul) ont ceci de remarquable, qu’ils vous plongent au cœur de l’essentiel, un groupe d’hommes équipés du plus simple appareil, face à une nature austère qui ne pliera pas au moindre caprice formulé par le porte parole de son collectif. Ici pas de subventions, pas de militant associatif volant au secours de l’imprudent qui s’écarte des règles de conduite pour le fun, pas de pleureuses psalmodiant les problèmes d’intégration dans la montagne, pas d’autocollants engagés collés sur la banquette arrière d’un sapin, pas de collectif chantant y’en a marre sur un air de Bella Ciao.
Ici il n’y a que du crédible, de l’authentique, de la vraie flotte qui noie votre couchage à 3 heures du matin, et de véritables marches de  30 kilomètres en dénivelés pour vous rappeler que le bus c’est pas si mal si tant est qu’il ne soit assigné au dépôt pour cause de caillassage.
Le partage prend également tout son sens avec un rationnement d’eau de 50 cl pour la journée, le robinet intarissable à subv’ ne semblant guère endémique dans la région, on apprend très vite à gérer nos maigres ressources, sous peine de finir déshydraté, le muscle vaste latéral en feu et la bouche incendiée par la sécheresse.
A un moment, je l’avoue, j’ai voulu niquer la montagne. Le cou lacéré par la sangle du pétard, les pieds démontés par les rangeos et par ces incessant sprints de reco et d’offensive vers un ennemi invisible, j’ai vivement souhaité exprimer mon mécontentement en lui défonçant sa race. Mais tout le monde s’en tapait. alors j’ai repris le boulot avec mon sac de 30 kilos jusqu’à la prochaine embuscade, en récitant la Prière du Para.

Les stages d’immersion (pas les pitoyables jeux de rôle d’entreprise basés sur le psycul) ont ceci de remarquable, qu’ils vous plongent au cœur de l’essentiel : un groupe d’hommes équipés du plus simple appareil, face à une nature austère qui ne pliera pas devant le moindre caprice formulé par le porte parole de son collectif. Ici pas de subventions, pas de militant associatif volant au secours de l’imprudent qui s’écarterait des règles de conduite pour le fun, pas de pleureuses psalmodiant les problèmes d’intégration dans la montagne, pas d’autocollants engagés collés sur la banquette arrière d’un sapin, pas de collectif chantant y’en a marre sur un air de Bella Ciao.

Ici il n’y a que du crédible, de l’authentique, de la vraie flotte qui noie votre couchage à trois heures du matin, et de véritables marches de  30 kilomètres en dénivelés pour vous rappeler que le bus c’est pas si mal si tant est qu’il ne soit assigné au dépôt pour cause de caillassage.

Le partage prend également tout son sens avec un rationnement d’eau de 50 cl pour la journée, le robinet intarissable à subv’ ne semblant guère endémique dans la région, on apprend très vite à gérer ses maigres ressources, sous peine de finir déshydraté, le muscle vaste latéral en feu et la bouche incendiée par la sécheresse.

A un moment, je l’avoue, j’ai voulu niquer la montagne. Le cou lacéré par la sangle du pétard, les pieds démontés par les rangeos et par ces incessant sprints de reco et d’offensives vers un ennemi invisible,  out of breath, j’ai vivement souhaité exprimer mon mécontentement en lui défonçant sa race.

Mais tout le monde s’en tapait.

Alors j’ai repris le boulot avec mon sac de 30 kilos jusqu’à la prochaine embuscade, en récitant la Prière du Para.


Responses

  1. Bon retour dans la civilisation, Alibekov, dans un appareil plus compliqué, j’imagine. Entre nous, je me souviens de mes vertes années militaires quand un jour de terrain, ont débarqué des paras-commandos à face peinte au cirage. On les a déchargé dans un terre-plein en ciment où on avait pausé une sorte de hangar en tôle, c’était près d’une prison. On les a fait sortir un à un puis entrer dans le hangar. Les camions ont bouché les entrées, on entendait juste les cris et les vociférations, ça a duré une nuit, je me demande encore si les gars mimaient ce que les commandos britanniques offrirent en guise de festival aux petits argentins des Malouines après les avoir fait prisonniers

  2. C’était sous le règne de Thatcher non ?
    Vous imaginez ce que les soldats français auraient pu faire subir aux « patriotes ivoiriens » sous la gouvernance de Royal ? 😀

  3. […] est pas descendu au métro Pyrénées. Des homosexuels à poussettes, y en avait pas des masses >>>. […]

  4. Tout à fait Alibekov, je les imagine bien à la chaîne, Blé Goudé en tête et la mère Royal offrant en guise de repentance des livraisons gratuites de vaseline…

  5. Etrange texte Alibékov chez Ilys. Le pauvre Mike Steve Donovan nous explique son racisme en quelques séquences. D’abord, il y a le saucisson et le vin qui ne s’échangent pas avec un musulman. Moi je dirai que certains de mes intimes n’ont pas mon goût pour le picrate et le jambon de Parme et que j’évite de les bizuter quand ils sont à dix contre un. Lui il y voit un refus d’intégration. Après il y a la séquence où il demande son chemin sous une barre d’immeubles quelconque et se fait traiter de bâtard ou je ne sais quoi, on comprend que là il a peur Mike Steve et qu’il devient raciste (il écrit évènements télévisé sans accorder, on sent qu’il est en colère Mike Steve) parce que les échappés de « l’émigration » comme il dit (allez Mike ces types aussi sont nés ici), ces échappés donc sont agressifs et méchants.
    On a donc le mécanisme suivant, je rencontre un groupe d’afro-maghrébins mâles, malpolis et agressifs au pied d’un immeuble, je leur demande mon chemin, ils m’insultent, depuis je suis raciste. Le passage à la race du côté du sujet comme de l’objet de la phobie s’opère autour d’un pivot simple à définir : l’impuissance. Impuissance non seulement à casser la gueule de la bouche à merde qui crache du bâtard comme il respire, mais aussi bien à appréhender un code ou à imposer sa présence comme une valeur. Le racisme reste donc ce qu’il est et d’où qu’il vienne le masque de l’individu concurrentiel confronté à son impuissance momentané à être, à combattre, à exister, à échanger, à s’imposer.

    http://ilikeyourstyle.net/2009/09/30/moi-mike-steve-donovan-bloggeur-sur-ilys-et-coupable-de-racisme/

  6. Moi aussi j’ai été raciste hier, j’ai dit à un noir en infériorité numérique (1 contre 1) « toi tu vas te calmer » alors que je lui bloquai le passage pendant 3 secondes, et qu’il tchipa de colère comme les vieilles africaines.

  7. On appelle ça du savoir-vivre, tiens aujourd’hui même j’ai accompli un acte citoyen, j’ai aidé un vieux chinois à descendre son sac de riz de 50 kilos dans le métro tandis que je refusais un clope à un métis dangereusement épaulé par deux neus-neus zyvas (acte raciste caractérisé)

  8. Memento, tu es fait! Je t’ai reconnu.

    😀

  9. Tiens Millie, puisqu’on en est au stade des enquêtes, hypothèses, disparitions et ré-émergences, avec mise à disposition gratuite de masques et colifichets, j’avais trouvé fantastique la phrase de Rascal à ton propos sur le CGB, sur le miroir déformant qui se fait se prendre etc., j’avais répondu en demandant à Rascal comment un miroir peut se faire se prendre puisqu’il réfléchit. Ma contribution a dû disparaître ou j’ai pas dû appuyer sur la bonne touche ou je suis censuré tellement ces gens sont « libres dans leur tête » comme le chantait la star lacrymale Michel Berger

  10. ha la star lacrymale michel berger……
    assez bien vu ça
    ceci dit être libre dans sa tête implique t il une servitude dans d’autres parties de son corps ?
    ou une liberte égale dans le reste de l’anatomie ?
    et on aimerait bien un autre rorschar (devinette pour névrosé )
    ça permettrait de briller en neuroanatomie

  11. Hé hé … le Poseau Rançant.

    @ Kobus Van Cleef : Cela bien sûr implique une servitude, au moins partielle, ou à défaut temporaire, dans le reste de l’anatomie. Qu’est-ce que vous croyez, rien n’est gratuit en ce bas-monde. 🙂

  12. Sinon… fameux article, Alibekov!

    Toute la puissance de la montagne (comme dit le sage chinois) en concentré. ^^ Vous avez bouffé du lion?

  13. tiens ma dernière conquète de bravitude fut sur un lieu de bravitude précisement .
    sur La Grande Muraille
    grimper sur un lieu élevé est une constante masculine
    le fait d’être debout dréssé voire même turgide
    toussa toussa
    comme il est écrit dans le dico des idées reçues « érection ; s’emploie en parlant des monuments »
    en somme tout l’inconscient collectif (ho le vilain mot !) des peuples est résumé par l’opposition debout/couché sec/humide……
    et oui j’ai relu « le sec et l’humide » de l’excellent littel (ou litell va savoir)
    le sage chinois qui grimpe sur la montagne/ prométhée qui grimpe sur l’olympe pour dérober le feu / walter bonatti et reynold messner qui s’euthanasient sur les grandes jorasses/ l’édile du bled d’à coté qui visse une plaque commémorative en hauteur…..
    valeurs masculines / pleines de testostérone
    peu de monuments prestigieux ressenblent à des fontaines(attention des vraies avec de la mousse des crapauds et des moustiques comme dans ma lointaine enfance )
    si fontaines il y a ce sont des trucs civilisés /béton brut/granit poli /passage hebdomadaire de l’employé municipal qui gratte les algues
    pas le truc vaguement cloaqual et féminin qui insulte le conseil régional
    pas un édile ne votera des fonds pour un truc à ras du sol un peu humide

  14. Bonsoir Millie,

    Merci pour votre remarque. Plusieurs jours de régression mentale au profit de l’automatisme pur, m’ont probablement libéré du poids du mutisme.

    En fait j’ai plutôt bouffé des amibes et des rations de combat حلال (hallal).

  15. Dommage, j’arrive sans doute trop tard pour la discussion avec Memento Mouloud. Rhâââ, j’ai sans nul doute raté quelque chose de très intéressant.

  16. Eisenhower au soldat Oyler, de Wellington, dans le Kansas :

    « Tu sais, Oyler, les Allemands nous mènent une vie d’enfer depuis cinq ans et c’est l’heure de leur rendre la monnaie de leur pièce. »
    A la question de savoir s’il avait peur, Oyler reconnut qu’effectivement il n’était pas rassuré. « Eh bien, tu serais idiot de ne pas avoir peur. Mais je vais te donner un truc : surtout, reste toujours en mouvement. Si tu t’arrêtes, si tu te mets à penser, tu te laisses distraire. Tu perds ta concentration. Tu es fichu. L’idée, l’idée parfaite, c’est de rester en mouvement. »

    (Dans D-Day et la bataille de Normandie, d’Antony Beevor)

  17. Mais non Blueberry,
    il n’est jamais trop tard pour une petite battle ; patientez en faisant rouler le barillet de votre S&W 686, je suis certain que Mouloud va bientôt pointer les pompons tressés de ses babouches fuschias.

    La crevette,
    Les jeunes recrues ou « bleus bites » se voient appliquer sans le savoir les préceptes d’Eisenhower, puisque durant leurs six mois de classes, il ne leur est accordé aucun répit ; un mouvement incessant conditionnant leur manière de faire caca en moins de 25 secondes, et de gober un repas au pas de course.

  18. Petite histoire serbe

    L’action se passe au Kosovo en 1999 durant les festivités de l’Aïd. Des policiers serbes pénètrent dans une maison, fouillent, cherchent, fouinent puis rassemblent toute la famille albanaise dans ce qui leur sert de salon. Ils demandent, « Vous avez procédé au sacrifice ? », on leur répond, « nous sommes trop pauvres pour acheter un mouton ». Ils avisent et repèrent un rejeton un peu gras de la famille affalé sur quelque canapé. Ils disent, l’empoignant par le col du tee-shirt,« celui-ci sera bien assez gras » puis, dans le silence, ils l’égorgent, essuient leurs bottes et repartent. C’était un extrait des contes multiculturels du père Stoikovic

  19. heu………..
    s’il est un peu gras alors ils sont assez riche pour acheter un mouton
    quod era demonstratum


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