Publié par : bouteillealamer | octobre 11, 2009

Finkielkraut choisit son camp

Alain Finkielkraut compte parmi ces intellectuels pour qui l’inconstance des préceptes philosophiques, plus que de devoir s’adapter aux époques, nécessite avant tout de répondre aux intérêts convergents d’une communauté. En clair, Alain est judéo-centré. Il choisit ses ennemis en fonction des menaces qu’il perçoit autour des juifs.

L’émission de France Inter consacrée au cher Roman Polanski et à son mandat d’arrêt de 1978 désormais relancé par une justice américaine qui a la dent dure pour les fuyards, a donc permis de constater que les facultés d’indignation du philosophe restaient intactes, tant qu’elles pointaient un ennemi présenté comme vil et scélérat, le Goy vindicatif.

Dénie du droit à l’équité verticale

Si Alain Finkielkraut devait incarner une citation, ce serait, sans nul doute, un passage de la Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux : « Il suffit de chanter un chant de paix avec gesticulations et grimaces pour qu’il devienne un chant de peur ».

L’alto finkien, une stridulation douce-amère qui s’offusque du droit inaliénable des Goyim à exiger une justice identique pour tous, revendication qualifiée par l’intéressé de « mauvais visage de la Démocratie » incarnant le populisme. Car pour Alain Finkielraut, c’est toujours l’élite qui est victime du peuple ou le peuple qui prépare en sourdine de nouveaux Auschwitz.

Cette substitution sémantique a été parfaitement analysée par Michéa dans L’Empire du moindre Mal, dont un chapitre décrit le modus operandi des ateliers de propagande aux États-Unis, « […] chargés d’imposer au grand public, à travers le contrôle des médias, l’usage de mots le plus conforme aux besoins des classes dirigeantes ». Le terme démocratie n’est plus applicable au peuple puisque désignant le libéralisme, le terme populiste (et son corollaire d’ambiguïtés) se substituera à démocratie, donc au peuple.

Ce parallèle avec le fascisme classique sert de fil conducteur à Finkielkraut durant toute l’émission ; à plusieurs reprises, il décrit une « France en proie à une véritable fureur de la persécution », une « foule lyncheuse » renvoyant bien évidemment aux HLPSDNH (Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire). Le ressentiment social serait d’ailleurs illégitime, et à aucun moment Alain  Finkielkraut ne cherche à développer les véritables causes qui peuvent inciter les masses à manifester un certain mécontentement. Et nous devinons aisément pourquoi. Pour lui, le droit commun ne semble pas devoir s’appliquer à tous.

Hyper-classe et privilèges

Le pic délirant du personnage est très certainement atteint lors de la description de la jeune victime de 13 ans, qualifiée d’adolescente posant nue pour Vogue et sexuellement active. Il va de soi que l’aspect putassier de la remarque (qui vaut lorsqu’un quidam affirme d’une femme violée qu’elle le méritait puisqu’elle était habillée en jupe) est assez représentatif de cet esprit boiteux qui peut mener au prédateur sexuel décomplexé, préférant s’appuyer sur l’ordre bio-chimique (argument développé par les pédophiles des pays chauds invoquant une puberté démarrant à 9 ans) que sur celui de la loi et de la simple bienséance.

La fille ayant de surcroît retiré sa plainte, après avoir été dédommagée financièrement, aurait été consentante, assimiler cela à de la pédophilie relèverait de l’erreur de jugement : « l’amalgame c’est la figure féroce par excellence » ; citation nous permettant au passage d’apprécier le culot de l’intervenant. Toutes les composantes d’une rhétorique de la mauvaise foi sont donc réunies dans ces affirmations, dynamisée par le principe de l’argent roi qui sélectionne les talents et autorise à causer. Si Polanski a enculé une fille de 13 ans après l’avoir assommé de barbitos, on ne doit en aucune manière observer les faits mais les mesurer à l’aune du grand talent du cinéaste et si on en vient tout de même aux actes, il s’agit de trouver des circonstances atténuantes.

Une autre étrangeté, et non des moindres, consiste à rappeler un certain point du passé de Polanski afin de minimiser la portée de ses actes. »Souvenons-nous de ce qu’il a vécu, il est un enfant du ghetto de Varsovie ». Cette phrase incantatoire est bien sûr à mettre en parallèle avec le cri d’indignation poussé par Finkielkraut lors du développement d’Yves Michaud, également invité, à qui il fut reproché de « parler au nom des victimes ». Cette notion de supra citoyen est proprement débile et induit qu’un rescapé de la Shoah délinquant, peut bénéficier d’un statut juridique d’extra-territorialité dès lors que le populisme menace l’Amérique, les juifs, les talentueux et les riches.

À l’heure où l’empire atlantiste se trouve affaibli, aspiré par sa vacuité, les gesticulations paranoïaques de certains intellectuels français sont là pour rappeler que le pouvoir n’est en rien immuable, et que ne sentant pas leur fin venir, ils se feront les défenseurs d’une caste avant de passer la main.


Responses

  1. J’avoue que les arguments de Finkie laissent songeur. D’abord ce serait l’activité sexuelle constatée et fréquente d’un/une mineure qui définirait la licéité de l’acte sexuel entre un adulte et un/une mineure de moins de 15 ans, ensuite c’est la qualité de rescapé d’un génocide ou d’un massacre de masse qui permettrait d’atténuer la responsabilité pénale d’un individu. La seule chose qui tienne debout dans le fatras du chroniqueur de France-Culture c’est la prescription

  2. la prescription…………
    il est des crimes imprescriptibles
    vous le savez bien
    imprescriptibles de droit et imprescriptibles de fait
    – de droit : les crimes contre l’hu (manité bien sur ! pas l’hu-milité ! celle là on peut lui faire des misères )
    – de fait ….et là vous allez être épatté : l’abus de biens sociaux !
    voui l’abus de bien social est imprescriptible de fait ! ou encore la prescription ne commence à courir QUE lorsque l’instruction est ouverte et pas lorsque le déli est commis
    c’est beau le droit
    dire que mon père et mon fils y consacrent leurs forces vives……..

  3. Oui j’en suis d’accord Kobus, la notion même de crime ou de délit imprescriptible est proprement aberrante en terme de droit. Vous noterez qu’elle est toujours introduite au nom du Bien commun ou de l’Humanité, les bienfaiteurs veillent sur nous et n’empêchent rien, on organise des procès de vieillards, on suspend sur tout homme de pouvoir l’épée de Damoclès de la procédure vicelarde qui vous abat d’un coup devant le Tribunal de l’opinion, en gros on se prend pour Dieu et on en jouit d’avance

  4. celui qui m’a le plus épatté c’est l’abus de bien social
    ou sociaux si il y a de nombreux biens
    enfin , il y a aussi la revanche des aggioteurs filoutés , qui envoie bernie madoff au gnouf pour le restant de ses jours
    question conne
    si un condamné meurt avant la fin de sa peine , son cadavre est inhumé dans l’enceinte de la prison ou alors le rend-t-on à ses proches seulement à l’expiration de sa peine ?
    et s’il y a des mesures de liberté conditionnelle , trimbale-t-on le cercueil d’un coté à l’autre ?
    faudrait se pencher sur la question…

  5. Oui BM était un bon client : un il est juif, deux il a escroqué du beau monde, trois les suicides autour de cette affaire ont été limités au strict minimum, quatre il a pris sur lui toute la responsabilité pénale, cinq il a permis d’éclipser l’irresponsabilité politique de l’équipe Bush déclenchant la tempête en laissant tomber Lehmann Brothers, sans doute pour édifier des défenses en carton autour de Goldmann Sachs
    Pour Papon, je crois qu’on l’a rendu à sa famille avant le moment fatal, pour Mesrine l’exécution et la peine semblent s’être confondus, pour Richard Durn, il aurait sauté mains et pieds entravés d’une lucarne du Quai des Orfèvres, la justice française est impénétrable


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