Publié par : bouteillealamer | octobre 23, 2009

L’Enfant Roi

Poème envoyé par un talentueux lecteur :

L’arrogance des Grands
Ne sied pas aux petits
Et nul n’est si petit
Qu’un Grand trop arrogant

Le Peuple Souverain
Des centres commerciaux
Doit aimer le purin
Pour vanter ses chevaux

Le dernier de la liste
Est un nain ventriloque
Qui monte sur la piste
En ajustant son froc

Sa tête, plus opaque
Qu’un compte au Bahamas
Est carrée comme un bac
A vaisselle. Hélas !

L’Idiot de l’Elysée
Se rêve en empereur
D’un monde médusé
Par son génie d’acteur :

Il trépigne, il s’épanche
Il surprend son public
En usant sur les planches
La troupe politique

Et fait pleurer de rire
Les Maîtres de la Terre
Qui savent applaudir
Un bouffon qui les sert.

Il se vautre au Caucase
Il divise l’Europe
Devant Chine, il s’écrase
Pendant que France écope

Il a pour le pouvoir
Ce goût immodéré
Des simplets trop fêtards
Pour tenir la soirée

Il braille tout le temps
Fulmine après son rot
Postillonne en hurlant
La main tâtant le pot

Le roi est à Neuilly
Et dispense ses grâces
Avec la fantaisie
D’un bambin dans la chiasse

Les médias le dorlotent
La police le berce
L’armée est en compote
Bercy talque ses fesses

Les députés se couchent
Devant ce fat morveux
En reniflant ses couches
Louant ce cul merdeux

La République est morte
Après que la Vertu
Devant l’Egout avorte
De son divin Brutus

Et du bouillon infect
Du Vice et des luxures
Surgit l’étron adepte
Du culte des ordures


Responses

  1. Tel qu’en Lui-même enfin le présent le trouve,
    L’histrion suscite avec un vit menu
    Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
    Que la peur triomphait dans une voix de louve

    Eux, comme un vil sursaut d’hydre attendant jadis l’ange
    Donner un sens informe aux mots de la tribu,
    Proclamèrent très bas la machination de plus
    Dans le flot sans honneur de quelque gris mélange.

    Du sol et de la nue hostiles, ô fiefs !
    Si notre idée ne sculpte un écran sans relief
    Dont la tombe éblouissante s’orne

    Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
    Que ce granit du moins montre à jamais sa corne
    Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

  2. Beau poème, Memento.

  3. Mallarmé revisité la crevette


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