Publié par : bouteillealamer | mars 31, 2010

Ma copine gauchiste [1]

kinopoisk.ru

J’avais au lycée une camarade gauchiste toute vêtue de noir, et disposant d’un sacré beau petit fion. Son physique et son potentiel intellectuel malléable avait attiré l’attention d’un travailleur social de 14 ans son aîné, disposé à présenter cette recrue potentielle au secrétaire trotskiste d’un Comité d’Entreprise d’une régie de transport bien connue.

Nous nous entendions bien malgré mes idées « bizarres », et passions souvent nos heures de pause à refaire le monde à côté de la machine à café. Sa rencontre avec Eddy avait été déterminante pour elle ; décidée à intégrer une formation d’Art du Cirque et du Spectacle Vivant, son avenir oscillerait entre l’engagement de terrain et la représentation scénique pour les enfants.

Eddy s’occupait de débiles, mais finit par les délaisser pour disposer du temps nécessaire à l’orientation de sa nouvelle petite conquête, mais surtout à l’usage de son cul. Ce qui, après tout est bien normal. Je finis un jour par le rencontrer devant l’école, une veste à manches relevées sur un t-shirt pourvu d’une étoile rouge, il se présenta en ces termes : « Salut, Julie m’a beaucoup parlé de toi ». Car ma copine tout de noir vêtu et au cul fatal s’appelait Julie.

La Révolution avait donc deux prénoms, Eddy et Julie. Elle avait aussi un cul à tomber par terre. Ce qui m’empêchait de la mépriser, totalement.

Nous passâmes l’après midi dans un troquet tenu par des Kabyles. Eddy plaça discrètement L’Os de Dionysos de Christian Laborde à côté de son panaché en feignant un air naturel, visiblement, il voulait m’impressionner. Je lui ai juste demandé si lui aussi s’était branlé de bonne heure et creusait des trous dans les orifices de Gaïa pour y déposer son sperme. Il n’a pas répondu. Les heures défilaient, Eddy ne s’arrêtait plus, il citait à la chaîne devant le regard chaviré de Julie, des aphorismes de Fernand Deligny, un « pédagogue moderne », une « référence » dans le milieu éducatif. Il trouvait Marc Blondel « efficace » et pourvu d’un sens « humain » de la négociation, c’était pendant les grèves de 1995. Eddy avait le temps, les trains étaient comme suspendus dans la neige et le froid.

Nous quittâmes le bar PMU à 16 heures, Eddy enlaça Julie et déplaça sa mèche châtain claire avant de l’embrasser, lui susurra au moment de la quitter, des mots tendres les yeux mi-clos.  Nous prîmes le même chemin pour rejoindre le RER, il me dit en route « tu sais qu’elle est très mature Julie pour son âge « .


Responses

  1. J’enleverai le « e » à « noire » et le mettrai à « un » (camarade)…

  2. Merci pour vos corrections bénévoles qdqffd, n’hésitez pas à revenir à l’occasion !

  3. Au lycée en 95 comme moi ? merde, vu votre style, je vous donnais dix à vingt ans de plus …

  4. L’Os de Dionysos, il avait lu le début Eddy, « Longtemps je me suis branlé de bonne heure… », ça l’avait tétanisé l’histoire du gland planté dans la terre meuble

    Non Ritchie, vous vous trompez, Alibekov est juste le dernier des Highlanders


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