Publié par : Memento Mouloud | juin 6, 2010

Carla Bruni, Emmanuel Ratier et les autres, portrait avec retouches

J’ai trouvé un portrait de la première dame de France signé Emmanuel Ratier, digne héritier d’un autre pamphlétaire antisémite, Henry Coston auprès de qui Alain de Benoist fit ses classes. Ce qui nous réunit, Carla, Alain, Henry et moi c’est d’être nés en décembre, ce qui me sépare d’Henry et d’Emmanuel c’est leur obsession du complot qui voudrait que les juifs soient surpuissants, ils en épèlent la liste, ils sont les seuls qui donnent quelques informations sur la tribu parce que depuis les unes de Je suis Partout, à part le Crapouillot, on titre bien sur Israël mais jamais sur les juifs suivant l’adage dérivé de Jean-Paul Sartre selon lequel l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un crime si bien qu’afficher le nom juif à la une, sans guillemets, ce serait comme opérer un outing, le refoulé vichyssois, l’irréparable, toutes les cymbales et les tambours couvrant des larmes de cristal.

Comme le disait Péguy, les juifs de France ou d’ailleurs ont une politique, rarement une mystique, même cynisme d’épicier, mêmes rituels de faux derches, mêmes façades rutilantes, les juifs puissants vivent des rentes des juifs mystiques qu’ils méprisent, accablent et renvoient à l’oubli, ils ont leur grande figure du moment qui sont les tigres de pixel d’aujourd’hui, rien de grave, tout passe de toute façon.

Il a donc fallu que Ratier plonge dans la judéité de Carla, manque de peau, la Bruni eut un géniteur qui n’est pas exactement son paternel légal, la loi du sang a merdé quelque part, son portrait est intéressant en ce qu’il peint une reine des Bobos, pas plus potiche qu’une pimbêche peinturlurée de Saint-Germain, pas plus aigrie qu’une quarantenaire délurée qui envisage de recourir aux amours exotiques et tarifés à l’abri de ses comptes en banque, off-shore ou non, pas moins talentueuses que les suce-boules de la qualité France qui ont transformé ce pays en un immense dépotoir de formes provinciales et pourrissantes, de Julie Lescaut à la composition de l’équipe de France de foot. C’est la Reine méritée des français, une Agnès Sorel qu’on n’assassinera jamais, si elle disait comme Arletty, devant une commission d’épuration, « mon cœur est français mais mon cul est international », on la regarderait du coin de l’œil, en se disant qu’elle tient un nouveau rôle dans la série femme diaphane bien dans sa peau qui voudrait bien sidérer mais ne fait que passer, French Darling au chevet du SIDA, ses cheveux flottent au vent, sur un sourire qui n’aura jamais la tristesse perverse d’une Marylin fonçant droit vers la mort pour quelques sunlights.

Carla vient d’une famille piémontaise d’industriels et d’artistes, Ratier s’étonne qu’elle se soit convertie au moment où Primo Levi était déporté à Auschwitz, c’est un dubitatif Emmanuel, il trouve louche qu’on sauve sa peau contre un baptême, en revanche il ne dit rien sur les liens entre milieux d’affaires italien et suisse dans ce triangle industriel appartenant pour moitié à des magnats helvètes.

Comme beaucoup de filles de son temps et de sa classe, Carla a vécu dans l’air raréfié des protections loin de l’automne chaud, des attentats et de la guerre civile qu’on appelle je ne sais pourquoi les années de plomb. Alors que l’amnistie attend toujours les combattants rouges et noirs qui ont refusé de jouer les dissociés ou les repentis, les Bruni-Tedeschi ont connu l’amnistie de toute Histoire, leur monde a commencé flower-power, loin des avant-gardes et des P 38.

Top-Model, en cure de destruction de la féminité historique qui faisait dire à une actrice italienne des années 1950 qu’elle n’avait pas d’amant américain parce qu’elle refusait de coucher avec des enfants, Carla collectionne les célébrités, le genre Mick Jagger milord rebelle pour l’éternité. On lui prête des coucheries avec l’avocat sur roulettes Klarsfeld ou l’homme du responsable mais pas coupable, Laurent Fabius, l’ancienne coqueluche des françaises qui le trouvaient très sexy du temps où il était un jeune premier ministre. Carla est comme les françaises, elle a des goûts simples et changeants, souvent femme varie comme dit la chanson.

Très proche de la gauche Marrakech qui mélange avec allégresse pédés loufoques et littéromanes Nouvel-Obs, elle en revient avec Enthoven fils, elle lui dédie une chanson où elle se parfume à Raphaël, elle s’éveille maman, la vita nuova. Justine Lévy en pétard l’accuse de bouffer des corn-flakes, de boire du Coca, de fumer des bédeaux et d’être d’un narcissisme à toute épreuve, elle fait de ces découvertes la fille BHL. Elle ajoutera very classe « Elle chie dans un ventilateur pour voir l’effet que ça fait. ». Elle a vraiment la haine Justine.

Le reste relève de la légende, l’amour de Carla et de Niko, la virée Disney, Séguéla qui tient la chandelle, les vidéos qu’on se matte en commun le soir quand le président quitte ses chaussures, les prises levrette supra-urgentes avant de saluer Queen Elisabeth, le conformisme du non-conformisme, la spécialité du jour.

Ce qui m’intrigue c’est sa déclaration de 2003, « « Le paradis, ce serait un cuisinier français, un policier anglais, un manager allemand et un amant italien. L’enfer, ce serait un cuisinier anglais, un policier allemand, un manager italien et un amant français. », un message codé ?


Responses

  1. Moi aussi , je suis né en Décembre, le jour d’ Austerlitz.

    Pour mes géniteurs , plus tard Trafalgar quand je leurs fis vivre souvent Waterloo.

  2. Terrible, grandpas, moi je partage avec Musset et de Benoist la même date de naissance, l’année en moins, of course

  3. Cela aurait pu être pire, partagé la date de naissance de Chirac.

  4. J’ai rarement vu un article aussi mal écrit et peu intéressant.
    Si vous lisiez la lettre d’Emmanuel Ratier, vous verriez qu’il n’y a pas plus informant et plus objectif. Ratier ne donne que des faits, les rares jugements de valeur qu’on trouve dans ses textes sont clairs et choisis en connaissance de cause. Vous, par contre, vous mélangez allègrement les deux.
    En plus, vous choisissez un ennemi contre l’autre. « Les juifs plutôt que les arabes », « les juifs victimes des méchants zantisémites nazis », avec l’équation débile « Ratier = Coston = Hitler ». Bravo. Votre propos est un pur produit de la pensée unique et de la rébellitude réaco-crétine. Quand je vois des textes comme les vôtres, de la bien-pensance à la sauce droitarde, j’ai envie de devenir pro-palestinien. Pourtant ce n’est pas faute d’antipathie pour les protagonistes d’un conflit qui n’est pas le nôtre.

    Je ne vous salue pas.

  5. Je disais : « Quand je vois des textes comme les vôtres, de la bien-pensance à la sauce droitarde, j’ai envie de devenir pro-palestinien. »

    J’ajouterais que je ressens la même chose en lisant les tartines d’un Soral ou le dogmatisme assommant des « antisionistes » : en les lisant, j’ai envie de devenir pro-sioniste… Là, c’est pareil. La structure est la même. Comme eux vous raisonnez par émotions et par étiquettes (c’est-à-dire sans arguments), si encore on peut parler de raisonnement dans le cafouillis publié ici.

    (Bien sûr, j’imagine que ce commentaire ne sera pas publié, pas plus que celui du dessus… les monothéistes n’aiment que la monopensée, n’est-ce pas ?)

  6. Reinretnal, la distinction entre établissement des faits et jugements de valeur vous ne savez ni d’où il vient ni pourquoi elle ne tient pas, idem pour le sionisme, Soral et le reste. Si vous étiez moins benêt, vous auriez lu les dynasties bourgeoises d’Emmanuel Beau de Loménie et vous auriez fait la différence entre un historien et un obsédé des fiches cartonnées et des listes de juifs masqués ou non qui auraient pris les leviers de ce vieil Etat gallo-romain pour causer comme Xavier Vallat. Tout l’article de Ratier tourne autour de cette idée que le couple Sarkozy/Bruni est l’aboutissement d’un processus qui a conduit à la dévolution de la souveraineté française entre les mains des juifs, une sorte de corollaire au protocole des sages de Sion. Cela relève des obsessions pas de l’interprétation historique. Les lois antiracistes auront donc abouti à ceci : que les antisémites soient hypocrites par structure et se présentent comme des positivistes à la Seignobos et que les juifs nient qu’ils exercent une influence autre qu’individuelle

  7. Je n’ai lu qu’une seule fois la lettre d’Emmanuel Ratier et c’était il y a déjà belle lurette. ça m’avait rebuté d’instinct, je ne peux plus dire pourquoi aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque, ça m’avait passé l’envie de continuer.


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