Publié par : Memento Mouloud | juin 18, 2010

L’homme blanc va-t-il disparaître ?

Question angoissée, angoissante, calcul démographique en main, génome en série, filiation en batterie, la vague monte, l’homme est-il la sommation de ses ancêtres, l’homme est-il le dépôt de ses racines, un instinct de sang et de mort avec des empilements d’ancêtres qui se dresseraient sur des autels perdus dont on tiendrait le compte sur un visage, faut-il se faire artiste à la manière nazie, purifier le dernier homme, pour en faire un homme supérieur ?

Question raciale ? L’occidental a commencé à rêver des statuaires grecques et à se prétendre supérieur en niant l’évidence des dos courbés des manufactures sataniques de William Blake, les enfants rachitiques, les corps dégingandés, les 1m55 des conscrits français dont la moitié étaient réformés, homoncules bons pour les mines et les hauts fourneaux au regard des squelettes massifs des siècles obscurs des XII-XIIIèmes siècles, l’homme occidental a projeté les dieux du stade en obscurcissant de sa plume les bistrots, les gargotes, les blennorragies, quand Céline vint, il en fut estomaqué.

Question truquée, l’oubli et la mémoire comme les portraits et les galeries, je vois le visage de dégénérés des nobliaux sur un mur de Versailles, les cousinages de Kabylie avec leurs masques à la Goya déambulant dans un village où tous ressemblent à tous, la pureté comme singulière idiotie qui se maintient avec son lot de tarés et de rescapés, ses alliances familiales et son duvet de charia comme l’épluchure de Dieu sur le corps de l’échange, les femmes encore et toujours, réservées, mises à part, dotées et offertes, pâture d’une politique de padrone.

Question de tard-venus, l’Occident n’a jamais aimé la procréation, il tient l’abstinence et le désir comme deux tenseurs sur le flot de son expansion et de ses conquêtes, villa des mystères ou gynécologie, maison de Dieu et couvents, il étouffe dans la langue gréco-latine la patine d’une horreur dont il vient, la matrice hasardeuse des nuits et des jours où pendouille le secret de naissance du mutant, l’avatar peint en blanc dont les questions, les colères, les rudesses, la cruauté, la douleur, la compassion et la souffrance, les plaisirs mêmes, sont teints d’un alcool qui est le masque de son inconstance. Vous les grecs vous êtes des enfants disaient les prêtres de Saïs, les occidentaux le sont restés, fils de leurs temps plus que de leurs pères, toute la narration tient dans cette obscure guerre, les fils et les pères au combat et les femmes comme trophées, le viol des sabines encore et toujours.

Question close, peut-être, l’occidental est le seul qui ait conçu un monde dont les azimuts sont technologiques, un monde qui tient la beauté pour sublime et mélancolique parce que disparaissante, un monde de révolutions silencieuses et moléculaires, un monde où les Immortels de Borges vivent dans les ruines, où Hollywood projette la planète des singes comme un immense retour aux origines. Tout fut retour aux origines quand le père eut disparu. Les Eglises furent des monuments en l’amour du Père et du Fils, lors de la chute on inventa des dogmes à disparition intégrée.

Le libéralisme fut un hymne à la nature, le communisme, un court-circuit vers les premiers temps, le fascisme un darwinisme en uniforme, le reste, l’éternel retour à l’harmonie cosmique, la négation de l’Occident qui n’a jamais cru à l’éternité à l’exception des francs-maçons assez cons pour confondre l’immutabilité des pyramides de Thalès et les ogives des cathédrales, toujours au bord de l’effondrement.

Je suis un occidental leucoderme, d’autres viendront, ils n’auront pas forcément ma blancheur, et alors ?


Responses

  1. … et alors l’homme blanc aura disparu, mais pas l’occidental.

    Ses femmes sont reconnues comme les plus belles du monde, sa diversité d’apparences en une même couleur est unique parmi toutes les autres des hommes, son inventivité et son don de l’abstraction prodigieux, son histoire pluri-millénaire et la somme de ses écrits légués au monde incomparable à toutes les autres couleurs, si on veut s’amuser à ranger les cartes par familles…

    Je préférerais que le blanc survive à l’occident, il en créerai d’autres et garderait la moelle de celui-ci bien au chaud dans ses légendes.

  2. Et quand bien même nous serions les derniers des derniers (des merdes sur terre), cela ne te désole-t-il pas quelque peu de voir ce qu’il est arrivé aux indiens d’Amérique par exemple ?

  3. Mon idée Babouche, c’est que le phénotype leucoderme, l’homme blanc pour aller vite ne disparaîtra pas, cinq siècles d’histoire de l’Amérique latine l’enseignent.

    Ensuite je suis toujours étonné que des types aussi intelligents que Hank ou Loulou pensent que nous serons submergés ou dominés par des hommes dont la vitalité est si basse, dont l’instinct de mort et d’autodestruction est si fort qu’ils ne sont qu’un ensemble vide, des morts-nés, ni musulmans, ni occidentaux, rien d’autres que des zombies consuméristes, tenant l’escalier, fumant des bédeaux et jouant les caïds de voisinage.

    Pour ce qui est du métissage, je ne crois pas qu’il se généralisera ni même qu’il viendra des femmes mais bien des hommes. Car si les hommes occidentaux choisissent comme compagnes des sud-américaines, des africaines ou des asiatiques c’est qu’ils trouvent leurs congénères féminins trop casse-couilles (c’est du moins ce qui ressort des conversations que j’ai avec eux)

    • « Mon idée Babouche, c’est que le phénotype leucoderme, l’homme blanc pour aller vite ne disparaîtra pas, cinq siècles d’histoire de l’Amérique latine l’enseignent. »

      Je ne pense pas non plus qu’il disparaîtra de la face du globe, ceci dit il pourrait très bien devenir minoritaire en Europe occidentale avant de se rabougrir et de ne plus survivre que dans des niches tels des indiens d’Amérique.
      Que reste-t-il des aryens de l’Inde ? Des Francs de Palestine ? Des Galates d’Anatolie ? Des Vandales d’Algérie ? Rien ou presque.
      Que restera-t-il des français, espagnoles, anglais et consorts demain ?
      Impossible à dire.

      « Ensuite je suis toujours étonné que des types aussi intelligents que Hank ou Loulou pensent que nous serons submergés ou dominés par des hommes dont la vitalité est si basse, dont l’instinct de mort et d’autodestruction est si fort qu’ils ne sont qu’un ensemble vide, des morts-nés, ni musulmans, ni occidentaux, rien d’autres que des zombies consuméristes, tenant l’escalier, fumant des bédeaux et jouant les caïds de voisinage. »

      Sans vouloir faire mon Zemmour Rome n’a pas été remplacée par des peuples plus civilisés, unis ou visionnaires que ne l’était le leur, bien au contraire.
      Elle a juste chu, la tête devenue folle et le corps cancéreux.
      Si les germains avaient été nigérians, les italiens seraient café au lait.

  4. Faisant escale dans un environnement, qui s’auto-décrit comme multiculturel, j’ai constaté que beaucoup d’expatriés européens partageaient leurs vies avec des asiatiques (essentiellement thaïlandaises). Sans plus.
    Au cours d’une discussion avec une amie foncièrement nymphomane et aux affirmations toujours définitives, elle m’affirma que ces types manquaient de confiance en eux. J’entends désormais cette phrase comme le parfait contrepoint de votre analyse.

    • J’allais le dire quelque chose dans ce genre là …

  5. Les blanches nymphomanes ou féministes trouvent toujours que les hommes ayant un tropisme pour les étrangères, manquent de confiance en eux.

    La perspective de voir des blancs trouver leur bonheur en dehors de l’archétype féminin occidental imposé par le Système, dont ils devraient être privés, pour des raison de punition métaphysique (couple noir/blanche omniprésent dans la pub et les médias), les rendent folles de rage.

    Aveux d’impuissance et perte de contrôle les renvoient à leur triste solitude.

  6. La femme asiatique est bien éduquée à s’occuper de son mâle. Les pétasses occidentales feraient bien d’en prendre de la graine, si j’ose dire…

  7. Ah, épineuse question, mon cher Mouloud. Seulement il faudrait parler ou écrire, écrire encore, argumenter, délimiter, rogner, revenir en arrière, borner ses constats, en extrapoler largement d’autres, préciser, repréciser, prendre un tas de détours, citer beaucoup, rappeler le contexte, la trame de fond, et caetera. Et c’est long, et fastidieux. Je ne vous cache pas que je pense pas mal à vos critiques à ce sujet. Ça fait quelques mois que j’essaye de me mettre au clavier à ce sujet, mais c’est très, très vaste. Trop vaste.

    Cependant, au débotté, quand vous écrivez « des hommes dont la vitalité est si basse, dont l’instinct de mort et d’autodestruction est si fort qu’ils ne sont qu’un ensemble vide, des morts-nés, ni musulmans, ni occidentaux, rien d’autres que des zombies consuméristes », c’est, pour moi, le portrait de l’occidental moyen que vous faites. C’est mon portrait.

  8. L’homme blanc « Prométhéen », le fer de lance de l’humanité, n’a que faire de la multitude. Depuis le fond des âges il se projette dans l’avenir par son intelligence pendant que d’autres misent inconsciemment sur la prolifération.

    Ce n’est pas un hasard si l’occidental leucoderme devient démographiquement faible, ses avancées scientifiques, notamment en médecine, ont quantitativement plus profité aux autres peuples. Le détournement des valeurs chrétiennes, l’universalisme des droits de l’homme, le commerce, n’ont fait qu’amplifier ce mouvement.

    L’occidental leucoderme sait perforer le temps, sa foi lui permet de projeter, de chercher à se dépasser dans l’effort et la souffrance productive, cela dépasse sa couleur de peau, c’est une sorte de volonté inspirée, un devoir.

  9. Le jour où l’homme blanc aura disparu, l’Occident ne sera
    plus. Nous sommes l’Occident, tous les bronzés présents ne sont que parasites.

  10. Plus que des nègres et des bicots en Europe, ça donnerait quoi d’après vous ?
    Plus que des chinetoques ?

    Relisez Gobineau…

    • Pouvez-vous développer svp ? Je n’ai pas bien compris ou vous vouliez en venir.

  11. Babouche Rome a donné naissance, même dans ses ruines, à une civilisation chrétienne, ce qui n’est pas rien, Rome était bloquée, elle ne pouvait aller au-delà de ce qu’elle était, c’est le christianisme qui a tout a fait imploser

    Hank, votre portrait, j’en doute, le seul apprentissage d’une vraie culture demande une rage de posséder que n’ont pas des gens que tout fatigue avant d’avoir commencé


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