Publié par : Memento Mouloud | septembre 18, 2010

Jacques Rancière ou la gauche délirante : extraits

J’avais proposé, il y a une quinzaine d’années, le terme de racisme froid pour désigner ce processus. Le racisme auquel nous avons aujourd’hui affaire est un racisme à froid, une construction intellectuelle. C’est d’abord une création de l’Etat […] Or nos Etats sont de moins en moins capables de contrecarrer les effets destructeurs de la libre circulation des capitaux pour les communautés dont ils ont la charge. Ils en sont d’autant moins capables qu’ils n’en ont aucunement le désir. Ils se rabattent alors sur ce qui est en leur pouvoir, la circulation des personnes. Ils prennent comme objet spécifique le contrôle de cette autre circulation et comme objectif la sécurité des nationaux menacés par ces migrants, c’est-à-dire plus précisément la production et la gestion du sentiment d’insécurité. C’est ce travail qui devient de plus en plus leur raison d’être et le moyen de leur légitimation.

Légiférer sur l’immigration, cela a d’abord voulu dire créer une catégorie de sous-Français, faire tomber dans la catégorie flottante d’immigrés des gens qui étaient nés sur sol français de parents nés français. Légiférer sur l’immigration clandestine, cela a voulu dire faire tomber dans la catégorie des clandestins des «immigrés»légaux. C’est encore la même logique qui a commandé l’usage récent de la notion de «Français d’origine étrangère». Et c’est cette même logique qui vise aujourd’hui les roms, en créant, contre le principe même de libre circulation dans l’espace européen, une catégorie d’Européens qui ne sont pas vraiment Européens, de même qu’il y a des Français qui ne sont pas vraiment Français [.. ;]

Le racisme d’aujourd’hui est donc d’abord une logique étatique et non une passion populaire. Et cette logique d’Etat est soutenue au premier chef non par on ne sait quels groupes sociaux arriérés mais par une bonne partie de l’élite intellectuelle. Les dernières campagnes racistes ne sont pas du tout le fait de l’extrême-droite dite «populiste». Elles ont été conduites par une intelligentsia qui se revendique comme intelligentsia de gauche, républicaine et laïque. La discrimination n’est plus fondée sur des arguments sur les races supérieures et inférieures. Elle s’argumente au nom de la lutte contre le «communautarisme», de l’universalité de la loi et de l’égalité de tous les citoyens au regard de la loi et de l’égalité des sexes […] De fait, l’argumentation a surtout pour effet de créer l’amalgame requis pour identifier l’indésirable: ainsi l’amalgame entre migrant, immigré, arriéré, islamiste, machiste et terroriste. Le recours à l’universalité est en fait opéré au profit de son contraire: l’établissement d’un pouvoir étatique discrétionnaire de décider qui appartient ou n’appartient pas à la classe de ceux qui ont le droit d’être ici, le pouvoir, en bref, de conférer et de supprimer des identités. Ce pouvoir a son corrélat: le pouvoir d’obliger les individus à être à tout moment identifiables, à se tenir dans un espace de visibilité intégrale au regard de l’Etat. Il vaut la peine, de ce point de vue, de revenir sur la solution trouvée par le gouvernement au problème juridique posé par l’interdiction de la burqa. C’était, on l’a vu, difficile de faire une loi visant spécifiquement quelques centaines de personnes d’une religion déterminée. Le gouvernement a trouvé la solution: une loi portant interdiction en général de couvrir son visage dans l’espace public, une loi qui vise en même temps la femme porteuse du voile intégral et le manifestant porteur d’un masque ou d’un foulard. Le foulard devient ainsi l’emblème commun du musulman arriéré et de l’agitateur terroriste […] Qu’on se souvienne des diatribes furieuses de novembre 2005 contre ces jeunes masqués et encapuchonnés qui agissaient nuitamment. Qu’on se souvienne aussi du point de départ de l’affaire Redeker, le professeur de philosophie menacé par une «fatwa» islamique […]

Je conclus: beaucoup d’énergie a été dépensée contre une certaine figure du racisme –celle qu’a incarnée le Front National– et une certaine idée de ce racisme comme expression des «petits blancs» représentant les couches arriérées de la société. Une bonne part de cette énergie a été récupérée pour construire la légitimité d’une nouvelle forme de racisme: racisme d’Etat et racisme intellectuel «de gauche». Il serait peut-être temps de réorienter la pensée et le combat contre une théorie et une pratique de stigmatisation, de précarisation et d’exclusion qui constituent aujourd’hui un racisme d’en-haut: une logique d’Etat et une passion de l’intelligentsia.


Responses

  1. Rancière n a jamais rien compris à la politique faute d avoir compris le fond de la lutte des classes c est à dire la réalité ouvrière et son exploitation réelle . Tout juste bon à psalmodier les slogans maoistes et à jouer les mouches du coche du PCF.

  2. Le racisme d’en haut ! C’est sublime !

    Faut lui installer le gaz ! Il a trouver comment remettre en selle les stal’s : Auteuil-Neuilly-Passy antre de la bête immonde… Va falloir qu’il explique ça aux maires coco de banlieue !

  3. (pardon le message précédent n’est pas valable comme j’avais oublié le lien ; celui-ci est ok)

    Si ce texte constitue la plateforme dans le cadre de laquelle il a contribué à La parole errante le 11 sept. contre l’exclusion des roms, on peut dire pour y avoir assisté que c’était puissant et convaincant.

    • Comprends pas.

      « Si ce texte constitue la plateforme dans le cadre de laquelle il a contribué à La parole errante le 11 sept. contre l’exclusion des roms… »

      Ce texte est un texte et a un sens par lui-même. Qu’il « constitue une plateforme » ou non (ça veut dire quoi, exactement, en français ?), qu’il ait été prononcé le 11 septembre ou le 28 juin, qu’il ait été prononcé dans une salle de conférences avec des petits fours à la sortie (voire des merguez à l’entrée) ou écrit sur le mur des chiottes, il a le même sens.

      Ce sens est-il vrai, ou « constitue-t-il » un tas de merde fumante ? Là est la question.

      « On peut dire pour y avoir assisté que c’était puissant et convaincant ».

      Autrement dit, il est nécessaire « d’assister » à la péroraison d’un texte pour déterminer sa véracité. Façon de dire que ce qui importe, ce n’est pas le contenu du texte, c’est le talent d’acteur de celui qui le prononce, sa carte d’appartenance au parti Degauche ou l’identité des gens réunis pour l’écouter.
      Tout, sauf le sens du texte lui-même.

      Pas étonnant, dans ces conditions, si on en arrive à des textes de ce type, effectivement délirants.

  4. Délire est le mot qui convient.

    Jacques Rancière, c’est l’anti-racisme d’en haut. Et le résultat, c’est Robin des Bois, l’anti-racisme d’en bas.

    J’ai comme une intuition que l’un et l’autre sont payés par nos impôts. A vérifier, hein. Mais ça ne m’étonnerait pas plus que ça.

  5. Louise, admettons que vous soyez convaincue par le texte et l’homme adepte du maître ignorant qui présentait Bourdieu comme un néo-platonicien ennemi des ouvriers (disons un candidat à une sorte de stalinisme sociologique), vous devez pour ce faire admettre son postulat de départ, la France est un Etat raciste, à partir de là, vous devez non seulement établir un lien d’équivalence entre le régime de Vichy, celui des nazis, celui d’Afrique du Sud du temps de l’apartheid et la République française de 2010, mais aussi produire les textes législatifs et leurs décrets d’application, les modalités et les procédures de ce racisme d’Etat et là vous aurez beau chercher vous ne trouverez rien qui ne soit réfuté et réfutable

    Pour moi tout ce texte repose sur un délire pur, du genre tous les français sont racistes sauf nous les Justes, c’est la continuation de la ligne des porteurs de valises, une ligne apocalyptique, anti-politique, masochiste qui dissimule mal la haine de soi et de son propre pays

  6. @ Robert Marchenoir
    plateforme d’où observer et être observé ) un niveau différent du sol : de réflexion par exemple — pour Rancière lui-même et l’évaluation relative de sa réflexion par rapport aux autres…
    pas une plateforme activiste !
    évidemment…
    il n’y a pas de vérité monsieur sauf à croire en un même dieu. Moi je ne suis pas croyante et je vous laisse bien volontiers ce statut tout juste bon pour déclarer la croisade… je ne suis pas une croisée de Jacques Rancière ni de la bonne théorie exclusive.

    • « Il n’y a pas de vérité monsieur. »

      Ah d’accord, je vois. Nous sommes confrontés à un cas lourd.

      S’il n’y a pas de vérité, pourquoi postez-vous ici pour dire que Rancière vous a convaincue qu’il la détient, cette vérité ?

      S’il n’y a pas de vérité, il me semble que se donner la peine de commenter un point de vue sur le racisme, sur un blog, est de la dernière futilité. S’il n’y a pas de vérité, eh bien on va cultiver son jardin, nourrir ses enfants, admirer le vol des oiseaux, construire un mur, enfin n’importe quoi, sauf aller assister à une conférence de Jacques Rancière et la commenter ensuite sur les blogs.

  7. @ Memento Mouloud

    moi je cherche des voies qui nettoient le terrain des idées acquises (toutes réversibles de toutes façons — le meilleur peut provoquer le pire ; ex : trop de sécurité provoque le danger;-) afin de trouver enfin le moyen de sauver des gens.

  8. et en tous cas il a au contraire démontré devant moi en quoi ce ne sont pas les gens qui sont racistes mais l’idéologie de l’Etat qui l’est — la création des étrangers chaque jour en inventant une nouvelle catégorie dont maintenant naturalisée de premier et de second niveau, et bientôt chacun pour son voisin… pour installer le racisme, idéologie étant une construciton du pouvoir (désolée j’ai des sources dans l’idéologie allemande) prêtée à la population que cette idéologie peu à peu transforme et saisit dans un filet. Voilà ce que j’ai compris sur place.

  9. (pardon pour le doublon — plus développé en second) c’est une fausse manip, comme je n’avais pas observé le résultat d’une fausse manip-

  10. la vérité c’est l’événement lui-même, par exemple l’événement du racisme en France et en Europe aujourd’hui; mais ce n’est pas celle du discours pour le combattre face à celle du discours qui l’a créée (ils sont hélas aussi vrais l’un que l’autre ; si le discours raciste n’était pas vrai on n’aurait pas à le combattre !) Le discours qui explique comment on construit le racisme n’est pas une vérité mais une démonstration qui permet de comprendre comment fonctionne la structure comme une construction et une construction du profil de la population. Rancière a le courage de montrer qu’il n’y a pas de différence dans la construction de l’étrangeté du rom et de la burqa, que la transparence républicaine et la visibilité tu visage sont une construction idéologique qui ne fait pas différence avec la loi répressive par exemple pour livrer son visage aux caméras de la police dans les manifestations, en interdisant le port du masque ou du casque.. C’est la même société qui l’impose aujourd’hui au nom de la loi — et de la loi en cours de changement — et ce n’est pas par hasard. Le comprendre c’est apprendre comment ne pas créer des divisions entre les citoyens afin de parvenir à combattre le néo-fascisme autoritaire inégalitaire et liberticide. Ce n’est pas de l’ordre de la vérité ça, c’est de l’ordre de la survie. Quand Rancière attaque la gauche au sujet de la burqa et de la transparence laïque républicaine, il a raison : ceci fait partie aussi de cela. Le problème n’était pas là mais pour le pouvoir de désigner l’ennemi de l’étranger (à la république) et chaque jour il y aura une nouvelle touche légale étendant à une autre catégorie le profil du citoyen inadéquat, à exclure ou à enfermer.
    Rancière quand il désavoue la démocratie (la majorité écrasant la minorité électorale, sans compter ceux qui n’en font pas partie) c’est parce qu’il explique que ‘idéologie est une production de l’Etat à tous ses niveaux de l’existence de ses institutions. Il sait ce qu’il fait contre l’oppression et ce qui la cautionne tout en croyant la combattre, d’abord il a 70 ans, et il en a vu … dont les changements.

    • Bah oui, c’est clair. Si les gens n’aiment pas les romanichels, c’est à cause d’un complot de l’Etat sarkozyste.

      Ce n’est en aucune manière un sentiment légitime persistant depuis plusieurs siècles, tout à fait indépendant des gouvernements, et découlant tout naturellement du fait que les romanichels, depuis plusieurs siècles, vivent sur le dos de la population en la volant (et en volant aussi ses enfants — voir Victor Hugo, sûrement un horrible fasciste).

      Si les gens trouvent effrayante et insultante la présence de femmes se baladant sous des tentes en pleine rue, ce n’est nullement une réaction spontanée, saine et légitime de leur part.

      Ce n’est nullement dû au rejet d’une coutume barbare, radicalement contraire aux moeurs françaises et chrétiennes.

      Ce n’est nullement dû au fait que se balader en tente islamique dans la rue, c’est accuser toutes les femmes qui n’en portent pas d’être des prostituées, et faire planer sur elles la menace d’être violées par les hommes musulmans. C’est le résultat d’une propagande de l’Etat français.

      Ca tombe sous le sens. D’ailleurs la population n’a pas de cerveau. Elle attend que l’Etat lui dise quoi penser. Que ferait-elle sans l’Etat ? Que ferions-nous sans Jacques Rancière ? Que ferions-nous sans Alain Badiou, et tous ces phares de la pensée que le monde entier nous envie ?

  11. @ Memento Mouloud
    « la haine de soi et de son propre pays ».. j’ai déjà lu ça quelque part… moi je suis fière de ma région et je m’y développe avec ma famille par choix, mais je ne suis pas nationaliste. Je suis fière de nos intellectuels radicaux de nos écrivains et de nos artistes y compris les plus critiques mais je pense qu’il en existe aussi d’excellents dans les autres langues et pays.
    Je pense que le pays est devenu raciste dans le cadre d’une stratégie médiatique en partie aléatoire et en partie volontaire depuis 2002. Je ne pense pas que les gens en eux-mêmes le soient indépendamment de la volonté de l’Etat qu’ils le soient.
    Merci de m’avoir laissé parler. Je vous souhaite une bonne nuit.

  12. Louise, les gens sont devenus racistes dans le cadre d’une stratégie politique visant à affaiblir le RPR, amorcée par les Socialistes en 1984. Elle s’appuyait sur une instrumentalisation des faits divers, afin que les Français de Souche soient systématiquement pris à défaut (justice et éthique) devant un maghrébin délinquant.

    Faisant suite à ce travail de sape, la méthode SOS racisme a permis au FN d’obtenir dès 1984, le plus gros score enregistré au niveau national depuis sa création, et de gagner deux ans plus tard aux proportionnelles, 35 sièges à l’Assemblée Nationale.

    2002 n’est que le résultat incontrôlable de cette politique menée 20 ans plus tôt, mais ce dernier doit être compris comme un vote de désespoir, de résistance ; une catharsis visant à libérer mentalement les Français, des carcans idéologiques qui les emprisonnent.

  13. je ne suis pas d’accord avec cette analyse mais plutôt avec celle-ci :

    PAUL VOISE, POLITIQUE, FAIT DIVERS ET INSÉCURITÉ
    (voir le lien sous ma signature)

  14. Il me semble que vous dîtes plusieurs choses Louise

    Dans la pensée de Rancière, en tout cas dans son texte, il y a une dissociation. D’un côté le registre de l’Innocence (l’immigré, les musulmans, les roms, dans ses autres ouvrages les sans-part), de l’autre celui de la culpabilité (l’Etat, les classes possédantes et plus subtilement ceux qui partagent le festin du fait de leurs droits de propriété, privés ou collectifs). Pour moi c’est une résurgence d’une hérésie classique, c’est du catharisme pur. Sous sa plume, l’Etat incarne la mauvaise Eglise, celle dont les sacrements sont sans valeur et dont les ministres sont corrompus, Eglise dont la destruction doit être menée par une assemblée de purs dont la science des écritures (même si elle se nie comme science) est bien entendu sans tâches. Pourquoi ? Parce que l’Etat comme l’Eglise, comme les droits de propriété, comme les hiérarchies sont fondées sur une limite et que la limite en soi est mauvaise, que le corps est peccamineux parce qu’il tient à ce monde putréfié, et qu’il faut donc se refaire un corps, si possible illimité dans ses attentes et mélanges.

    Dès lors Rancière ne veut même pas entendre parler de la crise de l’ordre public qu’Hannah Arendt pointe des les années 1960, des différences notoires des statuts des étrangers et des naturalisés entre la Troisième République et la nôtre, de la perte de souveraineté d’un Etat qui n’a plus la maîtrise de sa législation, de ses frontières et de sa monnaie, si ce n’est de son territoire, de l’exaspération qui monte entre voisins quand les usages et les normes s’opposent et que les changements s’opèrent en moins de 30 ans.

    Pour ce qui est des législations sur les cagoules et la burqa, je pense aussi qu’il s’agit là d’un symptôme présent dès la loi sur les signes ostentatoires et les arrêtés contre les shorts trop courts ; l’Occident a versé dans l’exhibitionnisme, il en règle donc le déploiement. Evidemment dans un tel contexte la matière législative sera infinie parce que ce que l’on poursuit c’est l’ambiguïté, le secret, l’hypocrisie.

    Pour finir sur Rancière, l’homme habite le VIIème arrondissement, ses manières sont celles assez froides d’un bon bourgeois, il vous a peut être convaincu moi j’y ai vu ce genre d’homme dépourvu d’un corps vivant, qui s’époumone sans regarder l’assistance ni lui prêter attention, le mannequin de cire d’une caricature de prélat d’Université. Ce sont des notations subjectives, j’en conviens

  15. Attendez, si je peux me permettre,où il ne faut pas faire de contresens sur Rancière, c’est qu’il n’est absolument pas dans l’affect ni dans la discrimination morale, mais dans l’objet. Personne n’est innocent aux yeux de Rancière, même pas les victimes, il faut bien le savoir. Car ce n’est pas cela qu’il essaye de discerner. mais le fonctionnement englobant d’un système comme une attaque de l’autonomie du raisonnement, et comment s’en défaire individuellement — qu’il y en a qui considèrent qu’il faudrait changer de lunettes. Qu’il soit riche ou pauvre est un problème qui n’est pas à considérer dans la réflexion qu’il propose, qui est le terrain de la logique, celui accessible à tout le monde. Que l’es riches en fasse une chose et les pauvres une autre ce n’est pas le problème d’un intellectuel comme Rancière qui ne propose ni une doctrine ni une ligne politique. Voilà ce que je voulais dire. Ce n’est pas une personnalité politique ; ce qu’on peut attendre de lui n’est pas ce qu’on pourrait attendre d’une personnalité politique. Lui il joue son rôle de critique et d’appel à analyser la structure qui nous saisit, pour la comprendre. Ne voyez pas plus loin, c’est déjà beaucoup quand nous sommes envahis d’idéologues de toutes tendances qui nous étouffent aujourd’hui. Après, selon qu’on soit pauvre ou riche, chacun en fait ou pas, ou ailleurs, son affaire. Rancière n’est pas un idéologue et encore moins prescriptif. Où vous lui faites des critiques, la gauche lui fait les critiques inverses, et ne l’aime pas parce qu’il la comprend avec et indifféremment de la droite dans la machine à déconstruire. Il s’attaque ben sûr à la question de la post démocratie (quand les pactes symboliques traditionnels sont rompus). C’est tout ce que je défends chez Rancière : la pertinence. Et aussi l’espoir d’une réconciliation civique encore possible ; l’intelligence — pas le savoir, mais l’intelligence elle-même, qui est partagée même parmi les plus pauvres (et de moins ne moins parmi les riches, d’ailleurs;-) Bon je ne discute pas davantage, mais voilà, je suis tombée sur votre site alors que je faisais des requêtes sur google pour trouver ce texte de Rancière que je cherchais partout sans le trouver… C’est dommage qu’il ne soit pas entier, mais c’est déjà bien. Merci. Sinon je ne serais pas venue batailler pour le défendre.

  16. pardon pour les fautes d’orthographe (à me relire)

  17. Sur la post-démocratie d’accord sur la réconciliation civique encore possible je n’y crois pas, il y faut l’idée de République et tous les républicains savent que le conflit au sein d’une communauté politique est à la base d’un monde partagé. Je ne dis pas que Rancière soit candidat au poste de premier ministre dans un gouvernement de gauche mais depuis sa rupture avec les althussériens, en passant par les révoltes logiques, il a toujours tenté de peser sur sur l’évolution de cette entité que Baudrillard appelait la gauche divine. En tout cas merci d’avoir discuté avec nous en toute courtoisie

  18. Mais Rancière a tout de suite rompu avec Althusser, dès sa jeunesse, quand même c’était exceptionnel… et en vérité la gauche divine ne l’a jamais vraiment récupéré… Ah ! Baudrillard !
    Moi je ne crois pas — ou plutôt au pire comme au plus agréable de la même façon possible. Mais disons comme Chabrol avant sa mort que je reste optimiste, c’est à dire que devant un verre de vin à moitié vide je vois un verre à moitié plein:) ça ne change pas grand chose mais enfin ça rend plus joyeux ! Je ne désespère jamais même des pires situations qu’elles ne puissent produire des événements imprévus.
    C’est toujours intéressant de discuter à partir du moment où on ne s’insulte pas. Sincèrement.
    Au revoir !

  19. La porte vous est toujours ouverte Louise, revenez quand vous voudrez

  20. Merci, je garde l’adresse en bookmark.


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