Publié par : Memento Mouloud | septembre 20, 2010

Androgynes, pervers et vibromasseurs : la nouvelle vague

Des femmes attirées par les gays on dit qu’elles sont frustrées, ou pire encore: qu’incapables de passer aux actes, elles se contentent d’une masturbation visuelle. Au Japon, ironiquement, celles qui se nourrissent d’images homo-érotiques se surnomment fujoshi, «filles pourries».

Dans le Japon actuel, dominé par les impératifs économiques, les mâles sont devenus des salarymen stressés. Et certaines femmes en sont réduites à rêver sur des bishonen (beaux gosses) à travers lesquels elles vivent l’amour, par procuration.

Ces BD, classées au rayon BL (Boy’s Love), sont appelées YAOI, acronyme de l’expression YAma-nashi, Ochi-nashi, Imi-nashi : «Pas d’acmé, pas d’enjeu, pas de sens». Pour rire, certains affirment que Yaoi vient de l’expression YAmete, Oshiri ga Itai («Arrête, j’ai mal au cul»). Le scénario des Yaoi se réduit en effet souvent au minimum: des préliminaires de sexe entre deux hommes… ou plutôt entre deux créatures, si équivoques et ambiguës que les lectrices femmes peuvent facilement s’identifier à elles. Entièrement basé sur l’ambivalence sexuelle, le Yaoi ne met en scène que de beaux hermaphrodites aux sourcils de phalène, qui s’enlacent avec des sourires cruels. Dans le Yaoi, les histoires de coeur sont des histoires de cul et ne s’achèvent jamais par un mariage avec «beaucoup d’enfants». Même si beaucoup de ces BD restent très sages (en apparence), voire pudiques, elles mettent en scène des héros sacrilèges, guidés par leurs seules pulsions. Plus ils ont l’air angéliques d’ailleurs, plus ils sont sado-masos et pervers. Les lectrices adorent!

Les lecteurs et lectrices de Yaoi ne sont pas homosexuel(el)s, mais ils revendiquent le droit de fantasmer sur des corps d’emprunt, qui perturbent la notion de genre. Ils rêvent d’une forme d’amour autre, dont ils ont la nostalgie. D’un amour idéal, basé sur l’égalité des sexes, fait à la fois de sentiments bouleversants et de sexes dégainés… Ils rêvent de pouvoir dire un jour «Encule-moi» comme on dit «Je t’aime».

La nouvelle mode au Japon : un mini-vibro portatif, que l’on recharge en le branchant sur le téléphone portable. Créé sous le nom de Fairy, copié sous d’innombrables appellations, il se vend partout, et notamment à Akihabara, la grand-Mecque des gadgets pointus.

Des réalisateurs de films X japonais créent même une niche de vidéos pour adulte entièrement consacrés au denman zeme, la «torture au vibro». L’actrice, attachée sur une table gynécologique ou fermement maintenue en place par de solides gaillards, se fait littéralement recouvrir de têtes rondes qui la secouent de spasmes: appliquées sur ses seins, son ventre, son clitoris, son anus et toutes les autres zones érogènes possibles, une dizaine –parfois plus– de denman la font se tordre et s’arcbouter de façon spectaculaire. Au cours d’une performance proche de l’épilepsie, elle doit «endurer» une longue succession d’orgasmes qui la laissent anéantie, couverte d’écume et de bave, pantin désarticulé et —on l’espère— bienheureux.

les fabricants de «jouets pour adulte» (otona no omocha) multiplient la création d’accessoires qui s’enfilent sur la tête ronde pour lui donner plus de précision. Il s’orne de doigts et de tentacules trépidants, qui font vibrer jusque l’intérieur du corps comme une enceinte de salle de concert. Le denman est également adapté aux besoins de la sexualité masculine: on peut y enfiler des “attachements” en forme de tunnel étroit et élastique, qui impriment au pénis des mouvements de centrifugeuse. Des fausses mains qui vont et viennent à plusieurs centaines de va-et-vient/seconde. Des fausses bouches suceuses sous amphés. Etc.

Il y a trois ans, Sanae invente le Fairy sans fil, de la taille d’un feutre, qui se recharge sur le mobile ou sur l’ordinateur portable (cable USB). Révolution. Le Fairy fait des miracles. Comparé à la plupart des œufs et des godes vibrants qui bourdonnent grossièrement sur le clitoris, le fairy imprime au centre nerveux du clitoris des impulsions si fortes qu’il en devient, posé trop fermement, un véritable instrument de torture. Il suffit qu’il effleure les muqueuses. Et c’est comme le doigt d’un dieu. 1200 secousses par minute.

Agnès Giard and the « 400 culs »


Responses

  1. Le pouvoir qui ne vit que de la division des peuples l a introduite (sic)entre les vieux et les jeunes ( les retraites) entre les parents et les enfants ( les lois) et entre les sexes ( avec l aide des féministes extrémistes) c est pk on en arrive à l’onanisme comme ultime forme de la sexualité alors que c en est l’adolescence ! Pauvre occident ! C’était mieux dans les ex pays dits socialistes , il fallait vivre à Berlin Est en 1970 dans les cités U est allemandes parole de connaisseur !

  2. On ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. Le libéralisme, ou plutôt les tentatives de libéralisme économique font des dégâts, il faut l’admettre, idem pour la régulation étatique qui entrave les libertés et gaspille les deniers, il y a un coût qu’il faut savoir assumer.
    Tain les cités U de l’Allemagne de l’Est ça c’est vintage.

  3. m’es gourré de post, tant pis.

  4. J’ai pas arrêté de rire pendant les descriptions érotico-techniques. Ça fait du bien.

  5. J’avoue que c’est assez drôle surtout avec les petites mentions sur l’idéal, le doigt de Dieu, la sexualité transgressive du genre, l’espèce de prose hystérique qui traverse le tout

  6. enfin tout ca n’aide pas a savoir qui d’agnes giard ou des japonais est le plus secoué (combat de titans faut dire).

  7. Surtout qu’en lisant Agnès on a toujours l’impression de lire un guide conso qui donnerait « tu sais je suis une fille pourrie », « Ah bon ? » « ouiais et puis je t’aime tu pourrais pas m’enculer ? » « Dans quel ordre ? » « ah mais je te préviens moi c’est jamais sans mon fairy »  » Et Dieu au fait, il a combien de doigts ? », c’est trop palpitant la vie d’Agnès

  8. Elle est bien, l’Agnès;-)

  9. Oui, elle a un petit côté scout toujours

  10. Le blog d’Agnès Giard et celui de Louis-George Tin sont des réservoirs inépuisables de blagues.
    D’ailleurs, je vous recommande la lecture de l’interview d’Anne Kronenberg:

    http://observatoire2.blogs.liberation.fr/normes_sociales/2010/06/entretien-avec-anne-kronenberg-directrice-de-campagne-de-harvey-milk.html#more

    Son ultime phrase est un délice.

  11. Ti, j’ai retenu du happening trois moment forts

    « A titre posthume, Harvey a reçu du président Obama la médaille de la liberté, et il a été inscrit dans le Hall of Fame de la Californie [sorte de mémorial en hommage aux héros de la Californie], et il y a un jour chaque année officiellement consacré à sa mémoire »

    « Parce que je crois que l’homophobie, les préjugés et la haine sont liés à l’ignorance. Nous avons besoin d’expliquer aux jeunes que les lesbiennes, les gays, les bi et les trans’ sont une partie importante de la société […]Nous avons des amis très divers, qui représentent une très grande diversité sexuelle, ethnique, religieuse, culturelle. »

    « Nous réussirons à briser les barrières qui nous tiennent à l’écart et nous marginalisent. Nous sommes tous spéciaux, et chaque être humain devrait être considéré à égalité comme un membre important de notre société. »

  12. Pas plus « communautaire » que les pédales, les lesbiennes, je parle même pas des trav’… ahah… merci pour ces doux passages plein d’onirisme égalitaire.

  13. Nous briserons les chaînes qui nous entravent pour devenir aussi égaux que vous… voir même un peu plus parce que nous continuerons à nous voir comme différents et qui sait peut-être supérieurs parce non entachés des mêmes péchés.

    Cette différence ne se fera pas tant sur l’exaltation du nous que par la dépréciation, la lutte contre vous.

    Etre vous sera le but comme le repoussoir. Si nous devenons comme vous, nous réussissons mais nous mourrons… et vous suivrez. Si nous n’atteignons pas notre objectif alors nous survivrons le temps que vous creviez.

    La place sera libre à qui voudra la prendre.

  14. Chez les queers militants, en effet Ti, on trouve ce genre de raisonnement, nous sommes la nouvelle humanité émancipée, la norme non-dite et qui se prétend hors-norme, celle qui indique que, vous hétéros, êtes des stances patriarcales, machistes et prédatrices qu’il faut détruire au plus vite afin d’accoucher d’un monde de monades libres et ouvertes en interaction dans un univers où le Mal n’existera plus puisque nous le pourchasserons jusqu’au dernier rhizome

  15. « d’accoucher d’un monde de monades libres et ouvertes en interaction  »

    ..d’où sa promotion intense par le néo-capitalisme. La boucle est bouclée.

  16. Le rêve de Hobbes enfin réalisé

  17. Il faut que je me fasse greffer de nouvelles mains, si possibles vibrantes et suceuses.

  18. Tu m’as donné l’envie d’écrire une nouvelle sur le sujet.

  19. Si ça t’inspire n’hésite pas, ça ouvre des perspectives en matière de nouvelles pornographiques, de scènes d’un réalisme cru voire de prose onirique, tu imagines Zone érogène d’Apo Linaire débutant par un j’éventrai sa toison de mes membranes suceuces tandis que crépitait l’asphalte de sa jouissance, seul toi Benoït XVI tu es abolument moderne etc.

  20. Voila qui m’a bien excité de grand matin.

  21. Morning glory Marie-Thérèse


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