Publié par : Memento Mouloud | octobre 12, 2010

Blocage au Lycée Voltaire (Paris 20ème) : paroles, chorégraphie et musique de la contestation

Il est 7 heures. Il fait froid et il fait encore nuit devant le lycée Voltaire, dans le 20e arrondissement parisien. Une trentaine de lycéens, levés à l’aube, parcourent les rues aux alentours pour en ramener poubelles et barrières. «On est beaucoup plus nombreux que la dernière fois, se réjouit Clémence, élève en seconde et déléguée UNL, le premier syndicat lycéen. Le 23 septembre, on n’était que dix à cette heure-là».

La veille, réunis en assemblée générale, les lycéens ont voté pour le blocage reconductible de leur établissement, à 90 voix contre 30. Or l’établissement compte 1300 élèves dont 900 lycéens «Moi je n’étais pas pour le blocage, mais puisque la majorité l’a voté, je veux faire en sorte que ça se passe bien», affirme George, délégué UNL lui aussi.

A 7h30, les provisions sont faites, les lycéens déboulent devant l’entrée principale et amassent leurs munitions devant les hautes portes. «Laissez une entrée pour les collégiens, s’il vous plaît», tente de négocier Annie Toulzat, la proviseure. «Je regrette cette forme d’action, très anti-démocratique et très pénalisante pour nos élèves, qu’on a du mal à récupérer après». «On est le deuxième lycée bloqueur après Montaigne», dit fièrement Clémence. Dans la capitale, l’UNL recense mardi matin une trentaine de lycées bloqués, sur un total de 102.

Tandis que le tas grossit devant les portes, un employé de BTP déboule pour reprendre ses barrières. «On en a besoin pour la sécurité des piétons. S’il y a un accident, la mairie va nous tomber dessus», gronde-t-il. «Mais monsieur, on fait ça pour vous!», rétorque Clémence. Deux militants du Mouvement des jeunes socialistes tractent dans la petite foule — une centaine maintenant. «On est là pour donner une grille d’analyse, pour renverser l’image du lycéen qui ne sait pas pourquoi il manifeste», indique l’un d’eux. En guise d’argumentaire, les jeunes chantent des slogans devant le lycée: «Et on veut quoi ? Des retraites ! Comment ? à taux plein. Quand ça? à 60 ans».

«C’est une espèce de ras-le-bol général, appuie Marianne Cabaret, professeur d’histoire-géo. La terminale littéraire n’a pas de prof de philo depuis un mois et demi». Dans l’immédiat, les lycéens veulent tenir le blocage jusqu’à midi et, «après avoir rangé», espère George, ils partiront rejoindre le cortège. Et peut-être, essaieront de tenir jusqu’à samedi, nouvelle journée de mobilisation.

«C’est possible, dans certains endroits, indique Quentin Delorme, du bureau national de l’UNL, venu soutenir les troupes voltairiennes. Ça dépendra de la mobilisation globale, s’il y a beaucoup de jeunes dans les cortèges. Un mouvement lycéen, ce sont des manifs à répétition et des blocages. On verra si les autres secteurs partent». Le collectif «la retraite, une affaire de jeunes!» doit également tenir une assemblée générale ce mardi soir à 19 heures, pour discuter des suites du mouvement.

Libération


Responses

  1. Allez les gars ne baissez pas les bras , vous sauverez des travailleurs usés par le travail et vous aurez une chance de trouver un emploi….

    • Étant ancienne élève du lycée Voltaire, j’ai connu les blocages de la réforme du bac, puis ceux du CPE, pendant PLUS D’UN MOIS ET DEMI alors que je devais préparer mon bac.

      Sur Libé, on peut lire concernant un article sur Voltaire, une élève de seconde qui avoue ceci : « Je ne vais pas vous mentir. On fait ça pour louper les cours. »

      Nan. Sans blague.

      Et les politiques parlementaires socialistes prennent ces « manifs lycéennes » (si c’est bien le cas) comme opportunité pour grossir les rangs des mécontents/manifestants.

      A 15-16 piges, on est con comme un poireau.
      Alors comprendre la politique à cet âge là…
      Autant dire mission impossible.

      Autre citation de ce même article de Libé : «C’est toujours d’eux que ça part. Ils font ça pour l’ambiance. J’ai fait pareil. Puis en première tu réfléchis, et en terminale tu bosses», philosophe Lamine, élève de terminale.
      En parlant des merdeux de seconde.

      Alors oui, oulalah, c’est trop cool d’avoir pas cours et de bloquer son lycée, quelle montée d’adrénaline!

      Je vous rappelle juste qu’il y a des classes prépas dans l’établissement que vous bloquez, laissez-les bosser en paix! Tentez déjà de passer votre bac avant de faire chier le monde (ah bah non, c’est vrai, le bac maintenant, il est donné…).

      Honte à vous.

      Adultes, vous? Sûrement pas. Quand on a un minimum de responsabilités, on ouvre ses bouquins, et on BOSSE.

      Juste pour un rappel : nous entrons de plus en plus tard dans la vie active, la retraite à 60 ans, c’est pour ceux qui commencent à 60-40 = 20 ans.
      Qui rentre encore sur le marché du travail à 20 ans de nos jours? Plus personne, surtout pas en tout cas des futurs étudiants sortant d’un lycée général comme le vôtre.
      L’âge moyen de situation stable professionnelle se situe plutôt vers 28 ans.

      Sur ce, je vous conseille fortement d’aller travailler vos cours tranquillement, il va bien falloir vu que vous sortirez de Voltaire (j’en ai fait l’expérience, vous aurez intérêt à vous accrocher).

      R.

      • Les chemins de traverse, c’est pas toujours mauvais Cara ça donne une certaine perspective et puis comme disait Rimbaud on n’est pas sérieux quand on a 17 ans ou 16 ou 15 ou 14, on prend les campanules pour les fleurs de la passion, on s’agite, on virevolte, vous croyez vraiment que les savoirs coulent à flot de cours en cours, que c’est tous les jours et toutes les heures Socrate qui va pérorer, interroger, ligoter les neurones sur l’appareil de sa dialectique. Je préfère mille fois le petit connard d’aujourd’hui qui va se découvrir petit connard et ne va plus cesser de chercher, tellement il aura honte de cette connerie, aux très sérieux comme il en existe des centaines de milliers qui attendent la fin des études pour remiser les livres dans la cave et se gaver des mille friandises à décérébrer

  2. Votre patron sera bon avec vous, en cours de stage il vous payera le kebab sauce blanche et le coca qui va avec, vous verrez vous ne serez pas obligé de le sucer longuement pour obtenir un CDD renouvelable.

  3. J’ai 50 ans et je rêve. C’est le monde à l’envers !

    Aujourd’hui, les élèves révolutionnaires se plaignent de l’absence d’un prof.

    Putain, à mon époque, dans les années 70 et 80, quand un prof était absent, c’était la joie, c’était la danse irokwa, dans la cour de récréation, autour du Totem.

    Le fallot de droite un peu K-to qui auraient eu l’audace de se plaindre de l’absence d’un prof, les gauchistes des jeunesses communistes l’auraient attaché au Totem ; et ce, avec l’approbation générale. On aurait tous crié : Vive la Liberté ! Abat les fallots ! Abat les Fachos !

    Aujourd’hui, c’est le contraire. Ce sont les élèves gauchistes qui se plaignent du trop d’élèves dans une classe, alors qu’ils ne sont que 25, au maximum. Les mecs de droite un peu K-to, comme d’habitude, se doivent de fermer leur gueule, mais pas pour les mêmes raisons. Ils hallucinent.

    Nous, dans mon lycée technique, nous étions toujours à 35 ou 40 par classe, minimum. Il y avait déjà des Arabes et des Noirs qui n’en avaient rien à foutre des saucisses de porc et de l’esclavage.

    On ne s’en portait pas plus mal. On rigolait bien. Tous ensemble, le casque gaulois sur la tête, on crachait sur les vieux cons de 50 ou 60 ans, généralement de droite et K-to.

    Pourtant, en 1979, la crise avait déjà commencé. Le chômage et l’incertitude sur l’avenir existaient déjà. De plus, contrairement à aujourd’hui, l’inflation était galopante.

    Néanmoins, on passait notre temps à refaire le monde, avec pour objectif de l’aimer et de le découvrir ; si possible, en stop, à vélo, à mobylette, ou en vieille 2CV.

    Aujourd’hui, les révolutionnaires de gauche ne rêvent que du « Club-Med » de Dakar et de billets d’avion « Easy-Jet ». A longueur de journée, ils ne parlent que de pognon et d’emprunts à la banque ; et ce, pour s’acheter un appartement sur 40 ans ou une Clio neuve sur six ans.

    Ils ne parlent que de mariage et du comment ils vont faire pour payer le loyer, l’écran plat, les pizzas du soir et les couches pour bébé.

    A 18 ans, ils pensent déjà à leur retraite.

    A 18 ans, ce sont déjà… des vieux cons !!!

    • Oh pour les 25 par classe c’est vrai dans le public, chez les « privilégiés du privé » dont j’étais c’était entre 38 en seconde et 32 en Terminale …

      • Pas forcément, j’ai fait du collège privé à 30 par classe, puis Voltaire (public!) justement à 35-37 par classe en seconde, c’est ardu.

  4. Idem Martine, à l’exception des arabes et des noirs, j’étais en filière générale il faut dire, ils étaient en filière professionnelle, un bâtiment nous séparait

  5. C’est la faute du lobby vieux.

  6. Pour la séparation ?

  7. Vous etes ridicule les francais, en Afrique y en a qui tueraient pour etre a vos places mais non vous faites des blocus comme des petits gamin qui chiale pour 5 ans de retraite.

    • Salut Abou,

      C’est ce que nous nous évertuons à dire à ces petits gauchistes, mais ils nous traitent ipso facto de fascistes, vous voyez ou se situe notre problème ?

      Au fait, vous écrivez d’où ? d’Abidjan ?

      • D’autant qu’ils sont marrants les petits gauchistes, infoutus de comprendre qu’ils n’auront jamais de retraite si les caisses continuent à se vider à cette vitesse …

    • Exact. Ils ne se rendent même pas compte quelle chance ils ont d’avoir l’école gratuite en France.
      Si on pouvait faire un échange petits-merdeux-gauchos/élèves-étrangers-friands-de-savoir, franchement je suis pour.

  8. A l’époque j’étais tellement con que je croyait que la révolution passerait par le punk rock et frimait en gueulant no future , j’ai stoppé au bepc et le monde du travail m’a remis les idées en place .

    • révolution et « no future » ? c’est pas un peu contradictoire, ducon ?
      allez, retourne éponger les chiottes esclave.
      une deux une deux

    • N’empêche qu’avec un BEPC tu fais moins de fautes d’orthographe que bien des lycéens de nos jours, voire de « faqueux ».

      • il faut envoyer les étudiants aux champs

  9. Comme quoi j’était con ,mon lycée était un collège .

  10. Que des types de 15-20 ans lèvent l’étendard de la retraite à 60 ans prouve simplement qu’ils ne voient aucun inconvénient à obtenir n’importe quel job qui leur assurera un minimum de confort, de loisirs et d’accès aux jouissances consuméristes, visiblement Abou il n’y aucune différence sur ce plan entre un africain métropolitain qui piaffe d’impatience et un lycéen français à la moue boudeuse qui participe à un empilement de poubelles devant son établissement.
    Pour moi le problème est ailleurs, dans les années 1960, de Gaulle utilisait dans ses discours un lexique de 4000 mots, Sarkozy, 400, ¼ des ouvriers lisaient plus de 25 livres par an, on est donc passé d’une rhétorique d’homo-sapiens à celle qui pourrait être comprise par un caniche doué, j’appelle ça une involution.
    La « réforme » de Luc Châtel a supprimé, dans l’indifférence générale ou presque (quelques murmures d’indignation feinte) 100 heures de cours de français et d’Histoire-Géographie dans les lycées, a considéré qu’un élève de Terminale scientifique n’en avait d’ailleurs pas besoin et qu’il n’était pas urgent d’assurer le minimum de sécurité et de civilité dans les établissements scolaires. Or les lycéens sont entrés en cours en toute quiétude, leur ignorance satisfaite en bandoulière ils ne se sont levés que devant le énième sauvetage du régime par répartition (dont la seule condition de pérennité est la baisse drastique du chômage) parce qu’ ils pensent accomplir une bonne action qui consisterait à sauver papa et maman des griffes des méchants corrompus que sont les membres de l’UMP, c’est donc la résurgence de la génération moraline, celle qui s’exprime avec 300 mots et des slogans.

  11. C’est la fête, c’est la grève, sortez les barbecues, les banderolles, les djembés et les tracts, on va choquer le bourgeois: « Sarkozy si tu savait…ta réformeu, ta réformeu, Sarkozy si tu savait.. ta réforme où on s’la met.  »

    Ce sont les bénéficiaires de régimes spéciaux et les jeunes fumistes encadrés par les syndicats qui constituent la piétaille gréviste, ces militants de l’égalité sont évidemment les moins concernés et les plus privilègiés mais cependant les plus agités.

  12. conneries tout ça
    pas un salarié du privé qui fait grève…
    et les réacs qui font leur show réchauffé sur les « syndicats » comme si y’avait encore un danger pour le capital de ce côté là
    tartuffes

  13. D’ailleurs le « capital » en est à inventer des ennemis imaginaires c’est dire s’il vit dans la nostalgie

  14. En fait, je pense que les lycéens essayent de sauver la retraite… de leurs parents ; et ce , pour pouvoir continuer leur vie de Tanguy secretstorisé, chez papa- maman, au frais de papa-maman.

    Memento, tu est malheureusement tellement dans le vrai. A l’époque, dans un lycée technique, j’avais 40 heures de cour par semaine et on se plaignait qu’on était en train de nous préparer (le mot « formater » n’existait pas encore) pour les horaires de la vie active. Le vrai BAC de l’époque s’obtenait avec un minimum de 12 sur 20.

    Apostat, faute avouée, faute pardonnée.
    La propre mère de Marx n’aurai-elle pas déclaré à son fils, sur son lit de mort : « Ah mon fils, toi qui a passé ta vie à parler du travail, qu’est-ce que j’aurais aimé que tu travailles… »

    Titus, « No Pasaran ! »

    Abou et Ali, effectivement, si tous les crétins de France, y compris les crétins Noirs et Arabes, allaient voir la misère internationale, à pied, à vélo, à mobylette ou en 2CV, en rentrant, il ferait comme moi ; ils lècheraient les trottoirs de Paris ou Lyon,… crottes de chiens comprises.

    • Marine : « En fait, je pense que les lycéens essayent de sauver la retraite… de leurs parents ; et ce , pour pouvoir continuer leur vie de Tanguy secretstorisé, chez papa- maman, au frais de papa-maman. »

      C’est pas faux.

      Leur retraite à eux / à moi, elle viendra dans 50 ans à peu près.

      Alors que ce soit maintenant ou plus tard (car de toute manière, si ce n’était pas pour cette année, ça aurait été une autre, mais de toute façon elle aurait été réalisée et votée), ça ne changera absolument rien pour eux / pour moi.

  15. Martine, Don Quichotte n’a servi à rien, il a démantelé les romans de chevalerie (fatras dont l’enfance s’amuse disait Montaigne) et ils recommencent à chaque génération, celle-ci imagine moins sauver la retraite de ses géniteurs que sauver le monde de sa corruption en résistant au fascisme sarkozyste, à mon époque c’était le spectre de la réforme libéralo-pétainiste de Devaquet, on fait du sur-place

  16. Memento, tu connais l’adresse d’une bonne armurerie ?

    Toi, tu l’as dit quelque part, mon prof d’Histoire/Géo aussi, en 1980 : tant que le chômage ne se résorbe pas, le pire est à craindre.

    Du coup, deux solutions avec un flingue : ma tempe… ou le mec en face.

  17. Comme disait Barril, tu le regardes dans les yeux et tu lui tires dans le ventre, pour l’armurerie demande à Ali

  18. Je cite : les lycéens ont voté pour le blocage reconductible de leur établissement, à 90 voix contre 30. Or l’établissement compte 1300 élèves dont 900 lycéens «Moi je n’étais pas pour le blocage, mais puisque la majorité l’a voté, je veux faire en sorte que ça se passe bien»

    Si je comprends bien, pour certains, 90 sur 900 c’est la majorité !!!
    Je vois surtout que sur 900 lycéens, il y en a 780 qui ne participent pas à ces mascarades gauchistes pompeusement baptisées « assemblées générales » et qui n’ont donc pas le début d’un semblant de légitimité pour imposer quoi que ce soit à leurs camarades.

  19. ouh, la démocrachie n’est pas respéctée, c’est mal.

  20. Remarquez ils participent à des mascarades pédagogiques, toujours l’impératif de la participation

  21. combien de « gauchistes » dans ces mouvements ? mais le « gauchisme » est mort en 1972. le gauchisme n’existe pas, le droitisme non plus, il n’existe plus rien que des cadavres, des zombis, des ectoplasmes. et le réac-à-la-mie-de-pain joue au facho qui honni la raclure gauchisse, tandis que le degauche-à-la-noix fantasme son facho-nazi à chaque coin de rue. ridicule spectacle fantasmatique, mais qui plait tellement. on s’excite comme des boeufs sur du néant, et on a l’impression d’avoir terrassé l’ennemi.
    aux débiles de « gauche », je leur souhaite de vivre réellement 10 minutes sous le nazisme pour voir ce que c’est vraiment, et aux crétins de « droite », de se taper 1917 ou la révolution chinoise pour se rendre un peu compte.
    en attendant, je vais lire mon profil de baudelaire.

  22. Vous datez la mort du gauchisme de celle de Pierre Overney ?


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