Publié par : Memento Mouloud | octobre 18, 2010

Le projet socialiste pour l’école ou le Kolkhoze éducatif

Trois priorités sont proposées par le Parti socialiste : le primaire, où le PS estime nécessaire de concentrer des moyens pour prévenir l’échec lourd ; les établissements difficiles, où les moyens ne doivent plus être uniformes mais distribués en fonction des besoin des établissements et des projets qu’ils mettent en œuvre ; et la transformation du métier d’enseignant.

Cinq jours d’école. Le texte propose de mieux répartir les heures de cours sur l’année et la journée en raccourcissant les vacances d’été, en organisant une semaine de cinq jours éducatifs comprenant un temps de loisir culturel et incluant les devoirs du soir (l’école comme garderie).

Un collège sans redoublement. Dans le collège rénové, on ne redoublera plus (inutile, il n’y aura plus de savoirs à acquérir), les enseignements seront plus transversaux (fin des disciplines), les parcours individualisés (fin de toute responsabilité de l’élève) et des métiers nouveaux créés pour aider les plus en difficulté (des ignares en pantalon subventionnés enseignent à des ignares en culotte biberonnés), au côté d’enseignants surnuméraires (comme l’Opus Dei ? Fondation d’un ordre militant ?). « Nous proposons la participation d’enseignants du primaire au collège et réciproquement dans le cadre de projets communs », précise aussi le texte (Un pédagogue d’IUFM façon Meirieu de la maternelle au lycée).

Des enseignants revalorisés avec contrepartie. Traditionnel électorat de base du parti, les enseignants se voient proposer une nouvelle définition de leur métier (c’est normal puisqu’ils ne transmettront plus des savoirs). Il s’agit de prendre en compte l’ensemble des tâches qu’ils réalisent et non plus seulement leur nombre d’heures de cours (du branchement de la machine à café à l’usage des photocopieuses en passant par la cantine et les trous divers de leur emploi du temps qu’ils pourraient aussi passer en cuisine ou en tâches ménagères ; les récalcitrants seront affectés aux corvées de chiottes et aux permanences d’action culturelle dans les quartiers). La possibilité d’enseigner deux disciplines en collège est évoquée (même quatre éventuellement). Les enseignants pourraient choisir au cours d’une formation initiale reconstruite (le fameux socle illettré), de s’initier à l’enseignement d’une seconde discipline. Et à la clé de tout cela, il y aurait une revalorisation (car le professeur est cupide, une petite carotte dans le fion c’est toujours mieux qu’un lavement à la hussarde).

Des établissements plus autonomes astreints à plus de mixité. La nouvelle architecture proposée passe par l’octroi de plus d’autonomie pour les établissements (la chefferie sera ainsi respectée, on est socialiste ou on ne l’est pas), la dotation horaire devant laisser une marge de manœuvre aux équipes éducatives pour renforcer leur projet (en gros on vous envoie du Rectorat des enveloppes horaires vides, à vous de les remplir, vu que les enseignements disciplinaires auront disparu). En revanche, les établissements devront panacher le recrutement de leurs élèves (les communautés ne sont pas évoquées mais nous y pensons très fort). « Il faut dépasser la logique strictement territoriale et introduire des critères sociaux et scolaire dans le nouveau dispositif de sectorisation, notamment en créant un indice de mixité sociale », précise le document (encore du boulot en perspective pour une armée de sociologues, de statisticiens et d’administrateurs).

Astreindre l’enseignement privé à des contraintes. « Une juste contrepartie du financement public dans les établissements privés sous contrat impose qu’ils soient soumis aux mêmes objectifs de mixité, et donc qu’ils entrent dans la sectorisation », précise Bruno Julliard. Aujourd’hui, les enseignants du privé sous contrat sont payés par l’Etat, mais les établissements choisissent librement leurs élèves (c’est dégueulasse, il faut en finir avec toutes les libertés dès lors qu’il est question de détruire l’école de fond en comble).

Une seconde chance. Chaque sortant du système éducatif doit partir avec en poche un compte formation individuel à deux étages. Le premier étage étant un complément à sa formation initiale utilisable dans les deux ans après la sortie de la formation, le second serait utilisable tout au long de la vie (projet de vie à l’adresse des adulescents permanents, vive la Maternocratie).

En conclusion, camarade professeur, ne dis plus à ton conseiller, maire, député et sénateur, Monsieur le socialiste, mais crève salope, cela te sera plus utile

 Le Monde et BAM


Responses

  1. J’ajouterais:

    Astreindre l’enseignement privé à des contraintes : Il est injuste que des parents payent une école privée en plus de leurs impôts. Cette dépense sera prise en charge par l’état…
    Le baiser de Judas.

  2. La vérité c’est que l’enseignement privé (en fait catholique) était en faillite dès les années 1945-1948 du fait de la raréfaction des vocations dans les ordres enseignants car s’il y a bien quelque chose que partagent parents laïcards et catholiques c’est de consédérer l’enseignant comme une sorte de domestique à gages (d’où l’insistance peinée de tous devant ces professeurs qui ne sont pas dévoués ou doués ou ceci ou cela comme si les artistes l’étaient tous ou les journalistes pour en rester aux professions délirantes comme les nommait Valéry).

    L’affaire a été réglée sous la IVème République puis par Debré quand il était 1er ministre. Depuis les manifestations de 1984, il est clair que cet enseignement privé n’a plus de confessionnel que le nom et qu’il représente pour nombre de familles, un recours en dernière instance plus qu’un choix a priori.

    On pourrait donc changer la donne, faire en sorte que l’impôt soit le médiateur du choix des parents sous la forme d’une allocation d’études pour chaque enfant, je pense que ce serait la solution la plus « juste » et cela permettrait d’en finir avec le monstre post-soviétique d’une administration de plus d’un million de fonctionnaires

  3. Ah les critiques des anars de droite et des nostal giques du poujadisme ! Ca nous rajeunit pas tout ça et lasse ! Mais faut bien qu’ils se défoulent, ça mange pas de pain !

  4. J’avais oublié Bob qu’en tant que marxiste vous aviez une place réservée de toute éternité à l’avant-garde de la locomotive de l’Histoire

  5. Il me ferait voter Sarkozy ces enculés
    Ce serait intéressant si le homeschooling se développait en France, j’ai beau être dubitatif, mais cela risque de devenir la seule alternative crédible, pour éviter que nos enfants deviennent des zombies.
    Parce que c’est bien de ça dont il est question. Ou alors le former à la maison et l’inciter à foutre le bordel en classe surtout si il est bon. C’est une réalité dont je n’ai pris conscience que trop tard hélas.

  6. Le Homeschooling est de toute façon une nécessité Sweeney, l’école ne peut apprendre qu’à écrire, lire, compter, éventuellement éveiller à travers la parole et l’attitude d’un enseignant ce qui était délà là, évaluer d’un coup d’oeil ce que sont les relations sociales et la distance qui est la nôtre avec le monde, pour le reste c’est un peu alea jacta est

    • ça c’était au temps bénis de baffes dans la gueule et des blouses grises
      maintenant les mouflets ne savent ni plus écrire, lire ou compter
      apprennent le djémbé et l’histoire des « royaumes africains »
      clovis est un nazi et la france une salope, mes petits
      ….
      si après ça vous n’êtes pas un facho mes amis
      c’est que vous déjà un zombie

    • ha ha ha !
      pour le homeschooling on va y revenir et rapidos !
      pour les savoirs de base de l’école , faudrait encore qu’on puisse définir les mots « savoir » « base » « école » et accessoirement « maitres » « discipline » »hierarchie »
      l’école , proie des enseignants , CHOSE des enseignants , n’a servi qu’à rabaisser les enfants de la plèbe
      n’a servi qu’à augmenter le volume de la plèbe sous éduquée
      qui pourtant raque à mort pour que sa marmaille bénéficie de ce sous enseignement
      si mon arrière grand-pa , hussard noir – cons comme ses pieds aux dires de mon père – revenait sur terre , il aurait de quoi faire !
      férule , badine , chicotte , bonnet d’âne
      récitation , que les instits actuels nous présentent comme les béquilles de l’habitude
      esprit logique , enseigné nulle part
      esprit critique , pas d’heures de cours d’esprit critique , tu peut me croire !
      enfin , les miens sont tirés de cette merde ( enfin pas totalement mais en bonne voie )
      c’est la génération suivante qui m’angoisse
      d’un aut’ coté ils feront comme ali
      mais je doute que ce soit mieux

  7. Plus un système fonctionne de traviole, plus ses partisans se croient obligés de pousser la logique jusqu’à l’essoufflement.

    Le communisme fonctionne mal ? Faisons encore plus de communisme.

    L’enseignement de masse égalitariste non plus ? Soyons encore plus égalitaristes.

    Il y a un truc qui m’échappe quand je lis sur Téléram que le système scolaire est encore trop élitiste.

    J’ai comme l’impression que le mensonge est devenu le refuge de la dinguerie idéologiques de certains (profs de gauche en tête).

  8. Jack Lang voulait 80% de bacheliers. Il faut, maintenant, viser 99,9% de bacheliers !!!

    Au fait, vous savez où je peux trouver un plombier… qui ne soit pas polonais ?

    • c’est pas très anglosaxcon ça…..

  9. Mes voisins sont roumains Martine, y a bien un plombier parmi la colonie

    Sidi, je pense la même chose, j’y ajoute juste le libéralisme

  10. @Memento

    Sauf que nous ne vivons pas dans un système libéral.

    Et que le libéralisme est, de toutes façons, une utopie qui ne peut, au mieux, que transpirer sur l’époque, comme jadis le communisme.

    S’il n’y a jamais eu réellement de communisme, selon les dires même des cocos, il y a eu une atmopshère communiste.

    Je ne crois pas qu’il en soit de même pour le libéralisme, sauf si vous me parlez des Etats-Unis.

  11. La mienne y entre Kobus, sueurs froides

    Pour un libéral pur jus, Sidi, nous vivons encore dans le socialisme

    • y’a un texte de ce bolchevik de Gauchet qui explique que sans Etat, pas de marché… mais c’est du Gauchet, hein, du national-socialisme quoi…

    • je compatis mon pauvre ami
      expatriation bientot alors…
      je doute que ce soit mieux ailleurs….

      • ?

      • Bizarre, Kobus, l’expatriation ne me tente plus, ni la lutte armée d’ailleurs…

  12. C’est même évident pour transformer les individus en atomes, il faut nécessairement le Léviathan qui transforme la guerre de tous contre tous en mouvement brownien des petites différences

    • même marx explique très bien comment le mouvement historique du capital détruit le féodalisme et les Ordres pour instaurer le règne de la bourgeoisie

  13. La fameuse accumulation primitive introuvable du capital et la guerre aux chaumières (les enclosures) déjà plus documentée


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