Publié par : Memento Mouloud | novembre 17, 2010

Zemmour en péril, le Dybbuk est dans le pré

Sarkozy, t’es foutu, les jeunes sont dans la rue ! l’entrée fracassante des lycéens et des étudiants dans les défilés, battant le pavé contre la réforme des retraites, n’a pas révolutionné l’art difficile du slogan [Zemmour propose donc la fondation d’une école supérieure du slogan] . Elle n’a pas non plus apaisé les esprits puisque, c’est une habitude désormais, ces jeunes manifestants ont attiré aussitôt, comme les abeilles par le miel, des nuées de casseurs venus de banlieue pour piller et voler [d’ailleurs il est bien connu que les racailles attendent toujours une manifestation pour agir] . Enfin, elle n’a guère éclairci les débats embrumés autour de la question centrale du projet gouvernemental : le report à soixante-deux ans de l’âge de la retraite.

Les représentants officiels du mouvement juvénile, précocement blanchis sous le harnais socialiste, n’ont cessé de répéter l’antienne partageuse selon laquelle un vieux qui part plus tard en retraite, c’est une place de moins pour un jeune pressé d’entrer dans le monde du travail. Si ce faux bon sens était avéré, la France ne serait pas à la fois le pays où le chômage des jeunes est le plus élevé d’Europe et où l’activité des plus de soixante ans est la plus faible ! [ça n’a évidemment aucun rapport, mais Zemmour est à hauteur de slogan, c’est un peu le judoka des lieux communs, le Rico]

Les lois d’airain du système par répartition auraient plutôt dû pousser les jeunes à manifester… en faveur de la réforme. C’est, en effet, leur génération qui sera appelée à financer les retraites des ex baby- boomers, plus nombreux qu’eux. Le maintien de la retraite à soixante ans les aurait même obligés à payer deux fois, puisque l’État aurait été contraint de s’endetter pour financer une part croissante de ses engagements [D’ailleurs le même Etat s’endettera pour pallier à la fois les défauts de paiement à venir des banques et institutions financières puis pour financer le système d’allocation-chômage à moins qu’il ne le supprime évidemment, ce qui serait de nouveau une bonne chose pour les jeunes qui ne financeraient ni retraite, ni chômeurs] .

Mais les nouvelles générations refusent de voir en face cet évident conflit de générations, que leurs aînés avaient justement érigé en arme absolue contre leurs pères [à la place de la lutte des classes, la lutte des âges]. C’est même une des caractéristiques de cette génération que de refuser le conflit, et plus encore avec leurs aînés [il est déjà entré dans une salle de cours Rico, je veux dire une vraie pas une composée de joyeux drilles de Scienes-Po ?] , comme si ces enfants du divorce, souvent élevés par les femmes, sans père ni repères, premières victimes de la baisse du niveau culturel à l’école, n’avaient pas l’énergie vitale ni le bagage culturel pour affronter et « tuer le père », selon une terminologie freudienne très à la mode… dans les années 1960 et 1970 [Et dybbuk pour tuer le père, il faudrait en avoir un donc ils risquent fort de débiner leur mère].

Pourtant, il y aurait de quoi se révolter. On n’ignore plus, depuis les travaux du sociologue Louis Chauvel, que cette jeune génération est la grande victime des « grandes piteuses » des trois dernières décennies [C’est vrai quoi ceux qui sont nés autour de 1968-1978 s’éclatent à donf]. Ils sont touchés par un chômage massif (20% d’entre eux), qui est d’ailleurs une des causes des difficultés financières du système de retraite. Ils subissent un parcours de combattant, ponctué de stages sans fin et de CDD à répétition, pour enfin accéder au graal du CDI, la norme pour leurs aînés [des vrais warriors ces jeunes ce qui est évidemment contradictoire avec l’affirmation précédente sur les enfants du divorce qu’ont rien dans le slip. A moins que Rico ait une autre idée, une idée de derrière comme disait Pascal. Une idée dans le genre, patrons de tous les pays, ne vous inquiétez pas, des enfants sans père développent de telles fêlures qu’ils sont prêts à tous les compromis, toutes les soumissions pour réussir, c’est votre troupeau les gars, tondez-le].

De surcroît, ils ne peuvent plus se loger, premières victimes de la folle hausse de l’immobilier dans les grandes villes [Un : ils en sont réduits à sucer des vieux pour se loger. Deux la hausse des prix de l’immobilier n’est pas due à la spéculation mais aux baby-boomers, un point c’est tout]. Ils sont la génération de la méthode globale, de l’orthographe en ruines, du bac pour tout le monde [D’ailleurs Rico est diplômé c’est tout dire], et du diplôme universitaire transformé en assignat, grande richesse qui permet à beaucoup d’entre eux de s’emparer des emplois sous-qualifiés qu’ils arrachent ainsi aux jeunes non diplômés [C’est pourquoi deux millions de français diplômés occupent des postes à l’étranger dont le tiers sont rémunérés au delà de 75 mille euros par an. Faut croire qu’ailleurs c’est encore pire, où va-t-on ?].

Frustration pour les uns, misère pour les autres [obsédé ou mendiant, tu choisis quoi jeunot ? Je te fourre le fion ou tu crèves, on appelle ça un choix aliénant]. Louis Chauvel a montré que les inégalités de revenus entre générations avaient crû de façon notable en trois décennies : en 1970, la différence de salaire entre un salarié de trente ans et un de cinquante ans était de 1 à 3. Depuis le début des années 2000, cet écart est de 1 à 5 [Ce n’est pas dû à l’ouverture de l’éventail des revenus mais aux baby-boomers, d’ailleurs tout vient de ses enculés de jouisseurs, à part Sarkozy bien sûr].

Tous les pays occidentaux ont connu cet accroissement des inégalités. C’est la conséquence directe de la mondialisation qui a bouleversé les rapports de forces sociaux, favorisant la finance et les élites mondialisées (traders, mais aussi footballeurs, etc.), mais défavorisant les sédentaires (ouvriers, employés, cadres moyens, etc.), mis en concurrence avec des salariés sortant de la misère d’Inde, de Chine, de Turquie, etc. [Outre qu’accuser la mondialisation sans causer de la déréglementation financière ne sert à rien, il faut dire à Rico qu’une ouvrière chinoise est payée 65 dollars par mois, que le réservoir est très grand, 300 à 500 millions de ruraux, c’est le processus de prolétarisation le plus phénoménal et le plus intense jamais connu. Sinon que vient foutre la Turquie dans cette énumération, c’est pour Renault ?]

Mais chez nos voisins, les inégalités ont touché toutes les catégories sociales et toutes les générations. En France, pays obsédé par l’égalité, on a choisi de limiter au maximum le développement des inégalités et de les concentrer sur les jeunes [Rico veut absolument que les vieux fournissent les gros contingents de miséreux comme avant 1975, il croit quoi ce benêt que tous ceux qui sont nés avant 1940 sont pleins aux as ?].

Avec bonne conscience : leurs familles les aident [Merde on croyait que le divorce avait anéanti le sens de la famille]. Parfois, ce sont les jeunes eux-mêmes qui, mus par l’obsession égalitaire de leurs aînés, ont aggravé leur malheur : en refusant le smic-jeunes d’Édouard Balladur, en 1994, et le CPE de Dominique de Villepin, en 2006, les jeunes ont rejeté des outils inventés pour s’adapter à cette déflation salariale causée par la mondialisation [s’adapter c’est-à-dire accepter encore plus de déflation, comme si le problème était celui de la rémunération et non celui de la formation ou de la volonté de maintenir dans l’hexagone une industrie digne de ce nom. Il ne s’est jamais demandé le Rico pourquoi l’Allemagne et l’Italie ont, en règle générale, des PME performantes et pas la France ?].

C’est toute la schizophrénie française : on refuse de remettre en question la mondialisation et le libre-échange, au nom de l’Europe, de l’amitié avec les peuples pauvres, de la culpabilité post-coloniale et d’une mauvaise interprétation des causes de la Seconde Guerre mondiale [Là c’est le grand délire, il pourrait remonter plus loin, jusqu’au sacre de Clovis ou à l’inutile résistance de Vercingétorix ou pourquoi pas à la disparition de l’homme de Néanderthal dans l’Europe de la grande glaciation].

Mais on refuse de renoncer à un modèle social issu du compromis gaullo-communiste de la Libération en 1945, dans un monde qui n’a plus rien à voir avec le nôtre [le modèle en question n’existe plus, mais Rico combat les moulins à vent, c’est son style]. La question des retraites est au coeur de toute cette problématique : c’est la crise de 2008 qui a avancé de vingt ans l’horizon de nos déficits ; ce sont les délocalisations de masse qui causent une désindustrialisation dramatique et aggravent le chômage, réduisent le nombre des cotisants et fragilisent la retraite par répartition ; ce sont les allégements de charges sociales (30milliards d’euros par an), qui creusent nos déficits budgétaires, dont l’accumulation risque de nous faire perdre notre fameux triple A, délivré par les agences de notation, qui nous permet d’emprunter à bas taux ; c’est pour rassurer ces agences que Nicolas Sarkozy met un coup de projecteur sur le recul de l’âge de la retraite [Il ne vient jamais au petit cerveau de Rico un truc pourtant simple. Un, l’Etat français est sans doute endetté mais les dettes en question pèsent sur certains et rapportent à d’autres. Deux : si les agences de notation déclassent la France donc la viabilité ou la liquidité attendue de ses bons du Trésor, c’est l’ensemble des bilans des banques qui va en prendre un coup et pas seulement en France mais dans le monde entier. A côté la crise des sub-primes ressemblera à une promenade de santé].

Les jeunes ont donc bien raison de s’intéresser à cette question des retraites ; mais pas comme ils le font. Plutôt que d’affronter de face les sujets tabous de la guerre des générations et des ravages de la mondialisation, on préfère célébrer le rite d’initiation des jeunes, qui forgeraient leur conscience politique dans la contestation du pouvoir [Ce n’est pas un rite d’initiation, juste une compulsion de répétition qui consiste à ramener l’inconnu au connu donc à se rassurer, disons le miroir des analyses à la Rico Zemmour].

Oubliant que beaucoup de jeunes manifestants sont avant tout motivés par le désir de sécher leur cours [putain c’est hyper-puissant comme analyse, d’ailleurs les lycéens ne sèchent jamais, l’absentéisme usuel n’existe pas]. Oubliant que la plupart des « jeunes » ne sont pas sortis dans la rue. Oubliant qu’il n’y a pas une jeunesse mais plusieurs, que cette génération est plus que jamais tourmentée par des différences et des oppositions sociales, culturelles – ce qui est traditionnel [Quelles oppositions culturelles dans un pays où tout a été nivelé ? Le choix entre deux consoles de jeux ?] – mais aussi ethniques – ce qui est radicalement nouveau [il veut dire raciales mais il est prudent le Rico].

Autrefois, les rites d’initiation étaient la communion religieuse, le baccalauréat, le service militaire [On peut pardonner à Zemmour qui vient directement de son douar algérien de ne rien savoir de l’histoire catholique dans ce pays. Si deux aumôniers ont pu intituler leur livre, France terre de mission, au sortir des années 1930 c’est bien que la communion n’était déjà plus qu’un fait minoritaire dès cette période. Quant au vrai baccalauréat, il concerne toujours un peu plus du tiers des « bacheliers » officiels et la mutation date de la fin des années 1960. Enfin lorsque j’effectuais le service militaire c’était 30 à 40 % d’une classe d’âge qui était exemptée d’office].

On entrait dans la société, le petit devenait homme en intégrant une société sacralisée et institutionnalisée [A chacun son tour de manège, Zemmour observe son songe, le sacral lui s’est retiré du centre de la société depuis le XVIIIème siècle mais ça lui échappe au brave Rico] Avec la grève et la manifestation, le jeune connaît une initiation rituelle dans une contre-société protestataire et festive [D’ailleurs le festivisme ne touche que les jeunes, le festivus du regretté Philippe Muray [dont Zemmour est un parfait prototype lui qui n’a jamais vécu que de piges télévisées et de livres bâclés].

Mai-68 est l’événement fondateur de cette nouvelle religion, dont on doit singer jusqu’à la parodie les « miracles » [Remarque qui relève de l’incantation, qui peut se traduire « lecteurs JE SUIS DE DROITE »]. Depuis quarante ans, les grands prêtres du « mai-soixante-huitardisme » prêchent les nouveaux évangiles égalitaristes et libertaires, aux générations suivantes. Ils ne comptent pas prendre leur retraite [Putain quel final !].

Le Spectacle du Monde

PS : Je sais bien qu’un cinéaste de troisième zone a pu intituler son film, commandé par Arte, le péril jeune mais quand on s’appelle Zemmour on évite de rappeler les grandes heures de l’Occupation avec une exposition qui se voulait l’énumération exhaustive d’un autre péril fantasmatique, à moins que cela aussi ne fasse partie de l’humour zemmourien.


Responses

  1. beau commentaire de texte , je suis admiratif !

  2. Venant de toi je sais que c’est sincère Bob, merci

  3. MM, je vous trouve assez injuste sur le coup avec Rico, et je trouve le procédé consistant à lui prêter des propos qu’il n’écrit pas un peu facile.

    (en revanche, j’admets bien volontiers que certains points de son argumentation sont « fantaisistes » et relèvent clairement de l’obsession zemmourienne).

  4. Nice pic, au passage.
    (il est pas passé loin d’une carrière dans le porno 80’s)

  5. XX, j’ai bien indiqué en gras ce que j’écris, tout le reste est de lui. Je vois bien Zemmour en étalon algérien façon Stallone en début de carrière

  6. Putain, ce nabot laid comme un poux, au sourire niais de premier communiant, c’est lui qui se fait le chantre de la virilité ? Ahah. Au moins Soral la Grosse Bite a la gueule de l’emploi, là c’est « Un eunuque chez les fachos »….. sic

    • On dirait un Nabe semi-mongolien, les rouflaquettes du Sentier en plus…. re-sic

  7. J’adore sa cravate sous pull en V, c’est la classe, non ? On dirait Deschiens fait Sciences-Blaireaux

    • « On dirait Deschiens » — tout court.
      Une carrière s’ouvre pour l’après 2012.

  8. J’ouvre la mélancolie française, p 210, je lis « dans les affaires Thomson, Sanofi, Areva, Sarkozy a pourtant montré qu’il n’était pas totalement dépourvu de réflexes patriotiques ». Rires dans le public

  9. MM, j’avais bien compris le procédé! Je trouvais juste certains de vos commentaires un peu injustes et/ou de mauvaise foi, et voulais souligner que zemmour n’écrit pas que des conneries (oui, bon ok il en dit aussi à la télé, à la radio et dans rustica).

    Si j’ai du courage et un peu de temps, je développerais bien mon point de vue (mais au final je suis en train de me demander si j’ai réellement envie de consacrer une partie de mon après-midi pour cette créature « mongaullo-souverainiste » au physique improbable à mi-chemin entre la musaraigne et le vendeur de jeans de la rue d’aboukir).

  10. Le coup du croisement de la musaraigne et du vendeur de jeans est imparable

  11. Les attaques sur le physique sont là pour prouver votre infériorité tant intellectuel que… Physique.

    Vous êtes des branques, et tout à faire le genre de type que je terrorisé à l’école.

  12. J’ai un doute Nominoe, pour le reste je vois que les fans de Zemmour sont à son image, c’est parfait

  13. Cher Nominoe, ça n’engage que moi mais bon:

    1) J’aime bien Zemmour pour l’œuvre de salubrité publique qu’il remplit à rééduquer les masses télévisuelles. De même que j’apprécie Taddéi ou Finkielkraut dans les débats télévisés (même si je ne possède pas de télévision).

    2) Petit rappel: Zemmour n’est pas Dieu et il n’a pas la science infuse. Il a ses lubies et il lui arrive de dire des conneries comme tout monde. Je me rappelle de l’émission de la semaine dernière où interviewant l’inénarrable Philippe Manœuvre, il confondait Hair (la comédie musicale 70’s) et Air (le groupe français).

    3) Concernant son physique « difficile », il est le premier à en jouer et à s’en moquer (regarder la photo, quoi). De plus, il ne me semble pas que le papier de MM était centré sur le physique de Rico au contraire d’un vulgaire Stéphane Guillon raillant pendant 10 minutes le physique de Sarkozy, Aubry, Boutin, Besson…etc (rayer la mention inutile).

    4) Au lieu de « terrorisé » les autres à l’école, vous auriez peut être dû être plus assidu aux cours de Français.


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