Publié par : Memento Mouloud | janvier 4, 2011

Maître Jean-Louis Brochen : le mec de Martine (Aubry)

Me Brochen, avocat lillois de 66 ans, est le mari de Martine Aubry depuis mars 2004. Jusque là, il restait très discret vis-à-vis des médias. Avec le feu vert de sa femme, il a donné une interview au site au site Nonfiction.fr, dirigé par un ancien conseiller d’Aubry, Frédéric Martel. C’est la première fois que l’avocat évoque ainsi sa vie privée.

Ayant grandi dans une famille catholique, avec les communions et la confirmation qui vont avec, Jean-Louis Brochen a étudié au lycée de Roubaix puis de Tourcoing, passant ce qu’on appelait encore le « bac philo » en 1964. Entre temps, il obtient une bourse de l’American Field Service, association militant pour la compréhension entre les peuples, qui lui permet de passer une année aux Etats-Unis, dans l’Oklahoma. Il y découvre le Midwest, ses grands espaces, le sens de la liberté, ce côté « don’t-fence-me-in » (ne m’enfermez pas) du « wild west » et des Midwesterners. En même temps, dans la petite ville de Ponca City où il vit, du nom d’une tribu indienne encore nombreuse dans la région, il souffre un peu d’un monde sans art, ni vie culturelle urbaine. Brochen se souvient : « Je me suis retrouvé plongé dans l’Amérique profonde vivant parfois comme un personnage de film de John Ford ».

Pourquoi a-t-il choisi le métier d’avocat ? A la fois par fidélité et par rupture. La tradition familiale bien sûr, son père, le bâtonnier Yves Brochen, étant l’un des avocats réputés de Lille et, à sa mort précoce, en 1971, le fils, Jean-Louis, reprend le cabinet paternel. Par rupture aussi, car le jeune avocat veut s’engager à gauche, militer autant qu’il veut plaider.

Brochen est d’abord et avant tout un spécialiste du droit social et du droit pénal. Avocat de la CFDT, mais aussi des unions locales CGT, de Sud et de Sud-PTT, il défend d’innombrables salariés dans de nombreux conflits individuels ou collectifs du travail (affaires Deffresne, SGTN, Peignage Amédée, VPC…). Il a obtenu il y a plus de vingt ans les premières décisions sanctionnant l’ouverture de commerces le dimanche. Il est intervenu au côté des victimes et des organisations syndicales dans de nombreux accidents du travail et dans la reconnaissance de la faute inexcusable, notamment à Usinor. Il fait condamner lourdement l’entreprise Leroy (spécialisée dans l’ensachage des produits détergents à la base de silice) du Douaisis dans le cadre de la lutte contre la silicose, après la mort foudroyante de plusieurs ouvriers.

Il a défendu aussi bien « Radio Lille 59 », la première radio libre lilloise en 1981, que Raymond Depardon contre l’interdiction de la projection de « N°0« , documentaire sur le lancement du journal Le Matin, au festival de court-métrage de Lille, ou encore la possibilité pour les rappeurs de Sniper de tenir un concert à Lille. Il plaide aussi afin que de jeunes réalisateurs de cinéma roubaisiens Nadia Bouferkas et Mehmet Arikan, puissent projeter le film documentaire Li Fet Met qu’ils avaient réalisé sur la vie des harkis revenus au pays en dépit de l’opposition de mouvements intégristes.

Sa réputation d’avocat des islamistes lui vient des plaidoiries suivantes. En 1993, il défend les 17 lycéennes voilées exclues par le lycée Faidherbe. Plus tard, il représente les musiciens du groupe de rap Sniper (des « voyous qui déshonorent la France », selon Sarkozy) menacés de ne pouvoir donner un concert à Lille. Il sera aussi l’avocat d’un jeune islamiste qui avait participé au braquage en 1996 d’un supermarché par le « gang de Roubaix ». Il défend l’association roubaisienne Rencontre et dialogue, considérée par ses opposants comme « communautariste ».

Il défend aussi des policiers. Brochen figure sur la liste établie par la préfecture du Nord des avocats spécialisés en droit pénal, acceptant d’assurer la défense des fonctionnaires de police victimes de violences dans leur exercice professionnel. Régulièrement, il représente devant les juridictions pénales les agents du commissariat de Roubaix, ce qui ne l’empêche pas de défendre des victimes de violences policières.

Côté politique, Brochen est élu conseiller municipal délégué, puis nommé adjoint à la culture de la mairie de Lille, poste qu’il occupera auprès de Pierre Mauroy de 1995 à 2001. « J’ai été passionné par ce travail culturel à Lille. J’ai participé activement à la nomination de Stuart Seide au théâtre du Nord, j’ai organisé Lille 2000 et notamment la saison africaine et j’ai suivi à ses débuts le dossier de Lille Capitale européenne de la culture ».

C’est aussi lui qui organisera les premières grandes rétrospectives de peintres ou de sculpteurs contemporains au Palais des Beaux Arts de Lille, Ladislas Kijno, Edouard Pignon, à l’Hospice Comtesse, Jean Roulland et Georges Jeanclos, et dans l’Eglise Sainte Marie Madeleine de nombreuses expositions d’artistes du Nord, et de grandes expositions, La Classe Morte de Tadeus Kantor ou une rétrospective du grand peintre et graveur bosniaque Safet Zec ou deux expositions d’art brut de l’atelier de La Pommeraie dans le hall de l’Hôtel de Ville de Lille.

Dès lors, on voit Martine Aubry et Jean-Louis Brochen ensemble constamment dans les musées et les théâtres de la ville, et fréquemment, ils assistent à des spectacles parisiens, que ce soit Les Arts Florissants de William Christie, ou des pièces aux théâtres Nanterre-Amandiers ou de l’Odéon, Martine Aubry ayant plusieurs abonnements personnels à ces théâtres. Le théâtre devient une passion commune et, dès 1996, ils assistent, enchantés, au festival d’Avignon au Pereira prétend d’Antonio Tabucchi mis en scène par Didier Bezace. Ils viennent à Avignon ensemble chaque année.

De son premier mariage, Jean-Louis Brochen a deux enfants. Il est aujourd’hui grand-père et a trois petits-enfants. Sa belle-sœur est la peintre et scénographe Lise-Marie Brochen dont la fille, sa nièce, est la metteuse-en-scène Julie Brochen, aujourd’hui directrice du Théâtre national de Strasbourg.

Rue 89/ Le Post Hagiographe/ Cordicorama


Responses

  1. Que ces gens bouffent à tous les rateliers on le savait déjà , merci !

  2. Aucun rapport Bob, Me Brochen est présenté par le FN et ses satellites comme l’avocat des islamistes, visiblement c’est plus compliqué


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