Publié par : Memento Mouloud | avril 29, 2011

Les dessous de la révolution égyptienne : le viol de Laura Logan, place Tahrir

Couvrir un événement historique, au risque de sa vie. Une réalité vécue au Caire par Lara Logan, journaliste de CBS News au Caire. Chef des correspondants régionaux de la chaîne américaine depuis quatre ans, ce grand reporter s’était engagé à suivre la révolution égyptienne. Elle qui, native d’Afrique du sud, a grandi dans le spectre des révoltes qui agitaient son continent. Mais les manifestants pro et anti-Moubarak se sont barricadés dans une animosité envers les journalistes place Tahrir. Seize heures durant, Lara Logan et son équipe seront détenus par les renseignements militaires égyptiens début février, soupçonnés d’être «des espions israéliens». Témoignant avoir été «très intimidée» sur le blog politique du magazine «Esquire», la jeune femme décide de poursuivre ses investigations, déterminée à couvrir la révolte sans céder aux pressions politiques.

Le 11 février, après plus de quinze jours de sanglants affrontements entre manifestants et les forces de l’ordre, l’Egypte est en liesse. Le président Hosni Moubarak a quitté le pouvoir, au terme de 29 années de règne. La place de la Libération exulte. La nuit, les klaxons retentissent dans le Caire, tout comme les cris de joie de la foule. Parmi elle, Lara Logan. La journaliste fixe ces instants d’histoire avec son cameraman pour son émission d’information «60 Minutes». Mais la cohue va l’éloigner quelques instants du reste de son équipe de tournage. Quelques instants de trop.

 «Elle s’est retrouvée, avec son équipe et leurs gardes de sécurité, encerclée par des éléments dangereux pendant les célébrations, explique un communiqué publié par la chaîne CBS mardi soir. Il s’agissait d’une bande de plus de 200 personnes survoltée jusqu’à la frénésie.» La jeune femme peine à retrouver ses collaborateurs. Et est rapidement repérée par un groupe de manifestants. «Elle a subi une agression sexuelle brutale et prolongée avant d’être secourue.» Auparavant, son garde du corps s’était éclipsé. Deux à trois cents hommes l’auraient violée avec leurs mains après l’avoir battue et déclaré leur désir de la dénuder. Selon le New York Post, le viol collectif eut lieu sous les cris stridents de « Juive, juive, juive ». Le cauchemar aurait duré 25 longues minutes, ses vêtements étaient en loques. « Ils jouissaient de ma souffrance et de ma douleur » a-t-elle déclaré. L’intervention d’une vingtaine de femmes et de soldats égyptiens mirent un terme à cette mise à mort lente sur la place de la liberté tant célébrée par les médias internationaux. Quelques heures plus tard, Lara Logan était rapatriée aux Etats-Unis. Elle est depuis en convalescence à l’hôpital.

Paris-Match/ New York Times/ El Pais/New YorkPost


Responses

  1. « les dessous » LOL c est bcp dire et trop en même tps

  2. Merci pour Sisters of Mercy
    Autrement, toujours concernant la partie « musicale » de la question, je crois me souvenir que c’est Oum Kalsoum qui chantait au Caire en 1967 ou 1973, « égorge, égorge » à propos des Juifs.

    Quant au reste, il y aurait beaucoup à dire et pour résumer, il suffit juste d’avoir vu comment travaillent les équipes « des grands medias ». Méconnaissance totale du terrain, aucune relation personnelle locale en dehors des expats ou du personnel de l’ambassade, recrutement local des personnels de sécurité (fixeur, garde du corps, etc.) et de contact (traducteur, chauffeur), voitures provocantes (les mêmes que 4×4 des ONG d’ailleurs) et idéologie soit neuneu soixante-huitarde (les bons contre les méchants, faut pas croire tout ce qu’on dit) soit militaro-trouillarde (on tourne depuis le haut d’un char puis on descend). Ajoutez-y un bon grain de folie (on allume les lumières et on tourne) sur une place surchauffée…

    Plusieurs soirs avant l’agression, j’ai eu l’occasion de voir (donc de regarder en diagonale), les interventions de cette femme, cela frisait le grand n’importe quoi. Une femme, occidentale, blonde, de surcroit relativement jolie (qui ne dit rien sauf « y’a du monde », « ils sont déterminés », « liberté ») au milieu d’une foule « arabe » prêt à exploser. De la pure bêtise !
    Je suis triste d’une chose (en dehors de ce qu’il lui est arrivé bien sûr) : c’est la totale méconnaissance des représentations. Les occidentaux n’arrivent pas à se mettre en tête que dans une large partie du monde (qui commence d’ailleurs de l’autre côté de la Méditerranée), ils ne sont qu’une cible détestée et enviée à la fois dont les moeurs et le mode de vie attirent mais aussi révulsent. Alors quand les choses s’accélèrent, la couleur de la peau a toujours un prix ; en dollar (comme les pékins de France 3 en Afghanistan) ou symbolique. Pour une femme et aussi parce que la misère et la frustration sexuelle sont l’apanage de 90 % de la planète , ce sera toujours, toujours symbolique (comme pour l’équipe de France 2 à Jolo).

  3. Je vous rejoins Cliff mais je vais développer (pour faire plaisir à Bob aussi). Sur toutes les femmes présentes sur la place, les égyptiens n’ont pas choisi de mettre à mort, selon un rituel sordide et cruel, n’importe quelle femme, mais elle justement : américaine, blonde, occidentale, habillée du nom juif pour mieux l’immoler.

    De plus, je constate que la nouvelle était connue le 11 février au soir au moment où toutes les télés occidentales étaient présentes pour fêter la chute de Moubarak. Elle a mis deux mois pour franchir le mur du silence parce qu’il fallait se réjouir en fanfare de la fin d’un dictateur que les égyptiens ont toujours dépeint comme un fantoche de l’Occident plutôt que de se poser la moindre question sur leur incapacité à vivre libres. L’idéologie cordicole-festiviste et ses tenants sont si certains de leur fait qu’ils en viendront à maquiller toute réalité plutôt que de l’affronter et cette vérité crève les yeux : la haine ethno-raciale pour l’occidental parmi la tourbe urbaine égyptienne et ailleurs dans le monde arabo-musulman. Aussi, les pleurnicheries sur l’insupportable spoliation des palestiniens n’ont jamais masqué que la volonté d’en finir dans le sang avec les juifs d’Israël. Seulement Tsahal s’interpose encore et toujours et les arabes voudraient bien exercer leur droit au judéocide opposable. C’est l’essentiel de leur revendication.

    En appendice, vous noterez que les suisses sont accusés de tous les crimes lorsqu’ils votent une mesure afin de limiter la hauteur des minarets alors qu’un viol collectif avec intention de tuer commis par des égyptiens 25 minutes durant sur une place en fête est toujours présenté comme un incident regrettable. C’et à ce genre de choses qu’on voit la posture suicidaire de tout festiviste

  4. Intention de tuer, j’en doute, il leur aurait suffit de quelques minutes à peine pour ça, or son supplice en aurait durer 25, c’est pas très cohérent. Mais effectivement, c’est du grand n’importe quoi, d’aller s’exposer comme ça, juste pour la gloriole (et le salaire mirobolant qui va avec), dans des pays très moyennement civilisés et au bord de la rupture totale…

    En plus elle aurait déclaré vouloir continuer son métier comme avant, pour pas être « victimisée »: ça me rappelle Rambo 4, quand Rambo tue les pirates qui voulait capturer la blondasse (en mission évangélique vers la Birmanie, il en faut…), et Rambo explique qu’il les a tués parce que sinon il l’aurait « violée 50 fois puis décapitée », et que donc il préfère rebrousser chemin, et là la blonde se lève et fait: « Ah mais non, c’est dommage, on est si près du but! » <:/


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