Publié par : Memento Mouloud | juin 19, 2011

La Fistinière ou la maison rurale du fist-fucking est dans le Cher

Ce n’est pas une maison bleue accrochée à une colline. C’est une maison d’hôtes pour passionnés du « fist », cette pratique qui consiste à introduire une main, voire un bras dans un vagin ou un anus. C’est aussi un mythe, une maison qui étonne ou fait rire par son concept. Nous avons voulu rencontrer François, Juan Carlos et Nelly, les penseurs de ce lieu original. Au téléphone, François prévient tout de suite :  « Bon, il y a déjà des journalistes qui sont venus, mais c’était des hommes. Vous, vous êtes des femmes… Ça va donc être compliqué d’assister à une soirée, nous n’avons pas envie de mettre nos clients mal à l’aise. »

Avec Audrey, nous nous sommes donc rendues dans cette maison d’hôtes gays du Cher en pleine journée. Il faisait très beau. Les champs de colza coloraient d’un jaune magnifique le pays. Et puis il y avait des vaches et des moutons.  On arrive à Assigny, village de 174 habitants, où est située la Fistinière. Ici, pas de problème. La maison d’hôtes est très bien acceptée. François nous accueille. Il est imposant, souriant, porte un pantalon en cuir noir et vous regarde de ses yeux bleus aussi limpides que ceux d’un chat. Il explique :  « Le site internet est connu par beaucoup de gens aux alentours, il y a pleins de gens que ça amuse, mais tout le monde se rend compte qu’on est pas des vieux monstres pervers, qu’on est des gens comme tout le monde. »

La maison, qui date du XVIIe siècle, est tout à fait charmante. « Je vous présente Juan Carlos, mon mari », nous dit François avant de nous inviter à nous installer dans le grand salon de la maison. Nelly, sa sœur, s’installe également à leurs côtés. Ils ont ouvert la Fistinière en 2007, et la tiennent depuis tous les trois. On boit du thé, avec quelques meringues à la noix de coco. Commence alors le récit de leur aventure. Leurs parcours sont improbables. De ceux qui troubleraient une conseillère en orientation. Avant de créer la Fistinière, François tenait une boutique de robes de mariées, Juan Carlos faisait des prothèses orthopédiques et Nelly avait une brasserie.

D’origine colombienne, Juan Carlos arrive à Paris en 1984. Il y découvre la pratique du fist : « J’aime bien faire la comparaison avec l’éducation grecque où il y avait l’expérimenté, pour ne pas dire le vieux, qui apprenait au jeune. Dans le fist, c’est souvent ça. On apprend avec quelqu’un qui le pratique déjà. » A la fin des années 1990, il rencontre François. Les deux hommes tombent amoureux et très vite cette pratique occupe une place de choix dans leur vie sexuelle. Une vie sexuelle complètement affranchie de la gêne et des tabous qui y sont liés.

François et Juan Carlos racontent tous les deux avoir un autre mari et ne jamais être jaloux. A l’époque, ils rêvent d’un endroit convivial et hygiénique, dédié à leur activité manuelle favorite avec à disposition tout le matériel nécessaire. Des préservatifs aux gants en latex. Cette idée ne va bientôt plus les lâcher. L’organisation du gite est bien rodée. Les garçons s’occupent de l’accueil des clients et de s’assurer que les soirées se passent bien. :  « Si quelqu’un a un peu trop bu, on le surveille car ça peut vite devenir dangereux. »

A Nelly revient la grande responsabilité de la faire la cuisine :  « Avant de faire un fist, on fait un lavement, donc il faut des aliments faciles à évacuer. Avec les tomates, il faut enlever la peau et les pépins. Il faut toujours des féculents. “ Pendant les soirées du samedi soir, à l’origine, Nelly n’était pas censée pénétrer la ‘chapelle fistine’, située à l’étage, dans le grenier de la maison. Mais un jour, un client le lui a demandé. Après s’être assurés que cela ne posait pas de problème aux autres clients, François et Juan Carlos ont accepté que Nelly vienne assister à leur ‘jeux’ :  ‘J’aime beaucoup fister des garçons. La première fois que je suis montée, François et Juan Carlos étaient un peu gênés, moi pas du tout.’

Juan Carlos réagit :  ‘Je l’ai toujours dit : Nelly c’est un pédé dans un corps de femme. Sexuellement, nos pratiques ne lui ont jamais posé de problèmes. Elle a cette mentalité très ouverte et accepte que la sexualité soit un jeu.’ nFrançois, pour sa part, explique que beaucoup de leurs clients sont bisexuels :  ‘Le fait de prendre du plaisir par le cul avec une femme, ça les excite.’ Le plaisir. Dans l’imaginaire collectif, mettre une main dans un anus, c’est plutôt une pratique violente. François et Juan Carlos pensent tout le contraire. Il faut être très doux, justement pour éviter un accident :  ‘Les intestins c’est très fragile. A l’entrée de l’anus, si on force, il peut y avoir une déchirure, donc une infection. Pour éviter ça, il faut dilater.’

Il raconte le rituel du fist :  ‘Il faut que les ongles soient bien coupés, limés, même si on porte des gants. Il faut utiliser un bon lubrifiant, attendre que les anneaux et le sphincter s’ouvrent successivement. Et puis autour de cet anus, il y a un individu tout de même, il faut être à l’écoute, savoir si ce qu’on lui fait lui plaît et surtout ne jamais forcer.’ François enchérit  ‘On peut y aller doigt par doigt ou assurer la dilatation par massage. Il faut toucher, caresser, voir comment ça s’ouvre et ne jamais brusquer.’

Certains candidats au fist préfèrent une fois sur place ne s’en tenir qu’à un doigt, tandis que d’autres acceptent qu’on les pénètre jusqu’à l’épaule. ‘Qu’il s’agisse d’une pénétration de la main ou d’un bras, pour se faire fister, il faut vraiment le désirer fort, sinon ce n’est tout simplement pas possible.  Au-delà de ce plaisir charnel, ils parlent d’une philosophie de vie, d’un art de vivre :  ‘Ce qui m’a plu dans cette pratique du fist, c’est le respect absolu qu’il y a entre les deux personnes. Le fait d’introduire la main dans les intestins de quelqu’un, c’est une pratique très intime. Plus intime ça n’existe pas. Tout est dans la confiance et le respect.’

Surprise. A la fin de l’entretien Juan Carlos confesse qu’avant de faire des prothèses orthopédiques et de tenir la Fistinière, il a failli devenir prêtre. Il a été séminariste et se dit encore croyant. :  ‘Il y a une grande recherche spirituelle dans cette sexualité. Je trouve de toutes manières que la spiritualité est partout, dans tout ce qu’on fait, on a pas besoin d’être entre les quatre murs d’un séminaire ou d’un couvent pour la vivre. Le message christique c’est l’amour. Aujourd’hui, j’ai l’impression de vivre ma vocation ici.’

Même si Nelly, François et Juan Carlos racontent avoir accueilli des gens du monde entier, la Fistinière ne fait pour l’instant pas de bénéfices. En hiver, ils ont une vingtaine de clients par mois, en été le chiffre s’élève à une centaine de personnes. Les garçons disent tout juste réussir à payer les factures.

Rue 89


Responses

  1. « Et puis autour de cet anus, il y a un individu tout de même »

    Comme quoi le fist-fucking est un humanisme.

    Quand je pense que jadis, pour les ados de ma génération, F.I.S.T (« Federation of InterState-Truckers « ), c’était un film avec Stallone, plus ou moins inspiré par Jimmy Hoffa…

    • Plutôt une religion d’après l’orientation qu’a donné le journaliste à son reportage de l’extrême. « La chapelle fistine »… j’avoue, ça me fait rire.

      Les vétérinaires, ces zoophiles, sont sûrement les pionniers du fist… Le reporter n’a pas traité la question, il a peut-être senti que ce serait remonter trop loin.

  2. Les temps changent

  3. Ma soeur, c’est un pédé dans un corps de femme.
    Entreprise familiale de fist.
    Ouch.

  4. Alice, Karlos, ça ressemble à l’aube d’une nouvelle religion, le fist rapproche les hommes et les femmes, le fist te prouve que notre sexe n’est pas l’essentiel, le fist est un message de paix et de tolérance, le fist pour les féculents, le fist est une chaîne humaine sans fin, le fist et ses agapes, l’eucharistie anale nécessite t-elle une certaine transsubstantiation ? etc.

  5. La Fistinière est un Temple du fist. Pour confirmer le caractère apostolique de la mission de François parmi les hommes, voici son plaidoyer pro domo publié dans Rue 89 :

    « Je suis François, le propriétaire de la Fistinière. Je me permets ce droit de réponse face à tous ces commentaires insultants ne représentant que haine homophobe, incompréhension, intolérance et idées fausses. Je suis stupéfait, à l’heure où médias, films, jeux vidéo ne balancent que des scènes de violences, de guerres, de meurtres, d’attentats, d’agressions, de misère… de constater à quelle point la violence semble banalisée. Tout cela parait normal et n’étonne plus personne. Par contre, on parle de fist-fucking et tout le monde crie au scandale !

    L’intolérance me fait peur parfois, et me rappelle de sombres heures de l’histoire. Je suis certainement un bisounours au pays du fist-fucking, mais j’avais oublié que la haine, la méchanceté et la bêtise existaient encore.

    Vous savez, à la Fistinière, nous n’avons rien inventé. Le fist-fucking existe depuis la nuit des temps (si, si, documentez-vous ! ). Ça ne s’appelait pas comme ça, c’est tout. Nous ne faisons que répondre à une demande.

    Tout le monde, je dis bien tout le monde, a ou aura dans son entourage – homme ou femme, homo ou hétéro – une personne adepte de cette pratique : votre boulanger, le prof de philo de votre aîné, le conseiller d’orientation de votre benjamin, l’éducateur spécialisé de votre enfant, votre notaire et son épouse, votre meilleur ami, votre enfant, même votre mari madame, votre écrivain favori, l’élu de votre commune pour qui vous avez voté, votre cousin gendarme, votre banquier, votre ex, votre collègue de travail, l’ouvrier, l’employé, le président du Lion’s club avec qui vous trinquiez au dernier cocktail….

    Je vous assure, toutes ces personnes existent, fréquentent notre maison, apportent quelque chose de positif à la société et vivent cette sexualité, mais n’en parlent pas de peur du qu’en-dira-t-on. Je comprends tout à fait que l’on n’adhère pas à cette pratique : on ne peut pas tout aimer, moi-même je n’aime pas les cunnilingus, et loin de moi l’idée de vouloir convertir ceux que ça dégoûte. Nous ne voulions choquer personne. Lorsque nous avons accepté l’interview de Renée, nous ne pensions que témoigner qu’il existait dans un petit coin de la France des gens différents, une famille unie (marginale, peut-être), mais une famille à l’aise dans ses baskets, aimée et aimante, respectueuse et respectable, qui vit SAINEMENT, sans tabous sur la sexualité.

    Alors OK, le fist fucking peut paraitre sale, glauque ou immoral à ceux qui n’aiment pas. Pour ceux qui aiment, et ils sont très nombreux, la Fistinière est un lieu unique, ou règne l’amour et le respect, le plaisir et l’humanité, l’humour et l’autodérision, le confort et une hygiène irréprochable. J’ai connu bien des hôtels, soi-disant « comme il faut », où tout était totalement répugnant de saleté. Nous avons voulu que les adeptes de cette pratique aient enfin leur endroit à eux, loin, bien loin, des backrooms sales, des endroits improbables et dangereux. Nos clients sont enchantés par ce lieu que nous leur proposons.

    Je précise aussi que nous ne sommes pas des prostitués, que nous ne pratiquons pas d’inceste : je ne baise pas avec ma sœur, je ne lui cache rien, c’est tout. Nous ne nous adressons qu’à des personnes majeures et concernées, le maître mot de notre maison est le RESPECT de l’individu. Ce reportage ne montre aucune image pornographique. Toutes les monstruosités que s’imaginent les gens à propos de ces pratiques ne sont que le reflet de leur propre perversité. Et puis, vous savez, quand on me demande de parler de ma profession, je peux me vanter de dire que j’apporte juste un endroit où les gens peuvent s’épanouir en vivant sereinement leurs envies. Je ne fais de mal à personne… je rends des gens heureux. Tout le monde peut-il en dire autant ? »

    Question François existe t-il ?

  6. le prof de philo de *votre aîné*,
    le conseiller d’orientation de *votre benjamin*,
    l’éducateur spécialisé de *votre enfant*,
    (..) *votre enfant*,

    J’ai les idées mal placées, ou il y a quelque chose comme un schéma récurrent dans cette énumération ?

  7. Merciful heavens! Ce type veut nous faire croire qu’il est normal d’introduire son poing voire le bras entier dans le fondement de son chum? Et que le voisin pourrait en être? Ste Mireille Dumas priez pour eux! Son style légèrement bateleur-offusqué-de-synthèse me rappelle un certain « rédacteur » du net. C’est vrai que ça sonne faux.

  8. En effet, Mohican, quand on relit la séquence, on se demande s’il ne préconise pas une sorte d’initiation précoce

    J’avoue Alice que j’ai quelque doute sur la véracité de la Fistinière et de son taulier, on est tellement dans le registre cordicolien de la nouvelle religiosité qui en fait des tonnes qu’on en devient sceptique


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