Publié par : Memento Mouloud | juin 21, 2011

Le raciste est-il con ?

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Comme type grégaire, cynique et idéaliste, le raciste ressemble assez aux politiciens, marchands et intellectuels modernes, lui aussi dénonce les idéalisations hypocrites (les droits de l’homme, l’égalité) mais tente tout de même d’en exploiter le filon esthétique (le blanc si possible aryen, c’est tout de même plus beau que le noir, l’arabe, le jaune et le juif, « les amis battons nous pour préserver la white supremacy », autre idéalisation). Le raciste est donc la proie d’une double mauvaise conscience, il dénonce un idéal factice pour en proclamer un autre selon l’ordre des faits qui ne le soutiennent qu’à condition d’être aveugle à une bonne part de la réalité. Il dénonce la violence hypocrite de son adversaire mais acquiesce à tous les futurs massacres nécessaires au triomphe de sa race. Comme les progressistes (à distinguer du révolutionnaire), c’est un activiste de la destruction du présent et un homme passif face à ce qui adviendra et qui ne peut être que bon et sage ; comme les progressistes, c’est un idéologue dépositaire du vrai savoir ; comme les progressistes, sa tâche qui n’est pas soutenue par les masses, est entravée par un vaste complot. Le raciste comme le progressiste agissent tels le grand Inquisiteur. Comme réalistes, ils abandonnent la dichotomie du bien et du mal, comme utopistes ils la réintroduisent en sous-main et dans l’aveuglement.

Le raciste vole mais ne sait plus marcher, il nage sous l’eau mais ne peut plus respirer dans l’air. Ce qui est chez un homme vraiment grand, destin personnel, cheminements entravés par les objections qu’il s’adresse à lui-même, devient chez le raciste, un style. Quand l’homme créateur juge que les deux plateaux de la balance sont lourdement chargés et qu’il suffit d’un rien pour emporter la décision, le raciste prend feu pour affirmer que l’on ne doit pas toucher aux cheveux d’un blanc sans représailles, mais n’hésitera pas à condamner à mort d’un trait de plume des milliers des siens, en toute indifférence, si on lui en laisse le pouvoir.

Le raciste voudrait supprimer la contrainte morale, disons religieuse, disons même chrétienne qui enserre l’homme blanc, mais biffer cette contrainte et la renvoyer dans les poubelles de l’Histoire c’est se ramollir, or rendre l’homme capable de grandes choses bien qu’il soit un porc est toute la question de la politique. Il n’y a pas de grands ancêtres et de futurs eugéniques, il y a l’homme égal à lui-même, insociable, barbare, sauvage, peureux, grégaire, vaniteux et marchant à l’amour-propre, ingrédients indispensables de sa grandeur possible qui commence par la maxime « aime ton prochain comme toi-même ».

Des écrits racistes, on pourrait dire qu’ils ne contiennent ni assez de raisonnement pour convaincre ni assez d’esprit pour amuser et ce dans le meilleur des cas, les pires usant d’arguments à la fois faux et extravagants. Toute cette littérature témoigne d’une méconnaissance abyssale de la biologie et de la génétique alliée à un verbalisme échevelé qui rend son apport en terme de connaissance, nul. Aussi le raciste qui voudrait passer pour savant (réalisme oblige) n’est jamais qu’un mystificateur. D’un côté, il mettra en exergue les ressemblances les plus superficielles (la couleur de peau comme critère de classement des individus, les résultats aux tests de QI par « races ») et de l’autre, il ignorera les différences fondamentales (la répartition en courbe de gauss des mêmes résultats aux tests de QI parmi les populations de « race blanche », le contraste absolu entre la masse des « blancs » et les créations artistiques ou scientifiques qui sont toujours le fait d’individus, blancs ou non) qu’il qualifiera de détails sans importance. A partir d’un vague air de famille, il en viendra à créer une propriété donc une identité. Il affirmera donc le caractère prométhéen de la race blanche ou aryenne et se dispensera de tout effort et de toute fidélité.

Le seul intérêt des écrits racistes est de témoigner d’une détresse, d’un sentiment de décadence et de dépossession qui affecte une population mâtinée d’un savoir sommaire appris à l’école pour tous. Leur style énumératif et allusif témoigne d’une écriture hiératique qui force le trait, transformant une impuissance en une épopée grandiose impliquant le Cosmos et le battement secret du cœur de la Terre, comme un devenir apocalyptique, un Armageddon permanent. Le raciste est un symptôme. Notre civilisation a rompu les amarres avec sa propre tradition chrétienne, elle a rendu les hommes plus incertains, plus faibles de volonté, désireux de chercher à tout prix des comparses et des appuis. Il existe un lien entre l’arbitraire grandissant de tout homme d’Etat et son cynisme de commis qui peut se déployer sans heurts et cette déliquescence de la tradition faite instinct qu’engendre l’esprit d’analyse qui est esprit de dissolution et de doute méthodique. Quand la tradition est morte, le « on avance et on voit » de Napoléon devient le principe de toute décision et l’impératif catégorique de Kant se présente comme un doublon délirant du décalogue défunt. Le raciste prétend y substituer l’instinct, l’enracinement séminal, il ne fait que raturer ce qui fut, l’encellulement dans la paroisse et le dominium seigneurial des communautés paysannes d’Europe occidentale, avant que le progrès ne les emporte en un vaste mouvement ininterrompu qui va des enclosures au Titanic. Le raciste témoigne aussi de la panique qui saisit l’homme occidental, dès lors que l’assurance de conduire sa destinée selon la liberté et la raison s’affaisse. Il témoigne pour cette incapacité de ce même Occident à assurer sans heurts le mariage du changement et de la conservation, sans quoi il n’est pas de progrès possible mais une série de ruptures et de chocs qui rendent indiscernables, la sagesse et la bêtise.


Responses

  1. on fait le malin , le moraliste revenu de tout, on brasse du vague ( c est moins risqué), du général et de la nature humaine ( Y a de quoi rigoler !) par dessus le marché ! Derrida ,Althusser, Bachelard , Sartre , revenez ! Ils pataugent dans la semoule ! Le meilleur pour la fin : la courbe de Gauss convoquée pour faire scientifique , c est le bouquet !

  2. Tu devrais monter un Front Commun avec le Pélicastre : Pour un racisme décomplexé, Racisme total ou la mort, ce genre de truc, ça aurait de la gueule

  3. Peut-on vous contacter par mail, Memento ?

  4. Pas de problème Faciste fun : pkk-world@hotmail.com

  5. Vous faîtes le Socrate, Mouloud…

    Socrate a peut-être raison, c’est ce qu’on s’évertue à nous faire gober, mais à la fin c’est lui qui meurt.

  6. Très bon texte, je l’ai dégusté.

    « Le seul intérêt des écrits racistes est de témoigner d’une détresse, d’un sentiment de décadence et de dépossession »

    Vous avez tout dit. Derrière les intentions morales se cache toujours la volonté de puissance, comme disait le moustachu syphilitique éconduit par Lou. La vie est une lutte, un rapport de force d’individus ou de masses. Le raciste est un être inquiet qui éprouve en lui-même le sentiment de la dégénérescence et combat en position foetale. L’ « Allogène » considéré comme infra-humanité veut (en ayant conscience ou pas) la domination en faisant flancher le maître d’hier, par l’intimidation et la menace du nombre. rien de nouveau sous le soleil. Plus le maître flanche, plus l’esclave s’enhardit.

    Le racisme, au sens ou il représente une défiance hystérique envers une menace faisant craindre (à raison ou pas) la fin et la perte de soi est éternel. La modernité y a accolé le clinquant scientifique voilà tout.

    • La Foire aux vanités, version Bobo Black from New-York :

  7. Je retiendrai quelques mots : l’homme égal à lui – meme , barbare , sauvage , grégaire …
    Du moins sommes – nous bien d’ accord sur un point fondamental !

    Le probleme ne serait – il pas que nombre de personnes condondent ce mot « racisme « , effectivement très galvaudé , avec le mot  » campanilisme « ….

  8. Embryo psychogénèse du sentiment racialiste:

  9. Que reprochez-vous au Pélicastre, par exemple ? Son racisme, ou le fait de l’intellectualiser ?

  10. Soyez tous rassuré(e)s ( !!) , sisters and brothers; bientôt, grâce à l’ Empire du Bien, les termes mêmes de raciste ou de non raciste ou d’antiraciste ou de crypto etc; n’auront même plus de représentation verbale sur le net,( et, partant, plus de représentation mentale).

    Cf: article 18 de la Loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique :
    « Dans les conditions prévues par décret en Conseil d’Etat, des mesures restreignant, au cas par cas, le libre exercice de leur activité par les personnes mentionnées aux articles 14 et 16 peuvent être prises par l’autorité administrative lorsqu’il est porté atteinte ou qu’il existe un risque sérieux et grave d’atteinte au maintien de l’ordre et de la sécurité publics, à la protection des mineurs, à la protection de la santé publique, à la préservation des intérêts de la défense nationale ou à la protection des personnes physiques qui sont des consommateurs ou des investisseurs autres que les investisseurs appartenant à un cercle restreint définis à l’article L. 411-2 du code monétaire et financier. »

  11. Calliclès, j’ai déjà du mal à me prendre pour Memento Mouloud alors Socrate, fouiii, donc je vous répondrais par l’illustre Juan Gabin :

    Luca, je dirais que le racisme est une sorte de formation dérivée, quand les homo sapiens sapiens, nos ancêtres, ont liquidé l’homme de néandertal en Europe, ils n’ont pas rédigé un traité, de même quand les maoris ont annihilé les mororis sur l’île Chatham ou les britanniques faisant la chasse aux aborigènes. Pour parler comme le moustachu, le sentiment d’égalité ou de justice (donc de pseudo-supériorité et d’injustice) ne naît qu’entre groupes de force plus ou moins égale. Quand la dissymétrie est trop importante, il y a fort à parier que l’extermination est la règle donc le non-rapport. J’en conclus que le racisme scientifique ou non est un enfant de la démocratie, il faut absolument se prouver qu’on est supérieur mais on ne le fait pas sur le mode individuel mais grégaire. « Mon groupe est plus grand/beau/intelligent que le tien, donc la place que j’occupe n’est pas la bonne, c’est injuste, il faut faire quelque chose ». Comme notre monde est moderne, comme il se prétend scientifique, comme il est plein de sentiment philanthropique, il faut alors absolument prouver et se prouver que le groupe adverse est monstrueux et compact et si on en a la possibilité, déléguer à n’importe quelle machine pénalo-bureaucratique le soin de régler le problème. Aujourd’hui les antiracistes ont la main en Occident, ils peuvent très bien la perdre mais la modalité restera la même, on continuera à traiter son adversaire en ennemi du genre humain

    Chris, en effet, je crois qu’on confond assez souvent le racisme avec le sentiment d’appartenance. Le problème de l’antiracisme c’est qu’il criminalise tout sentiment d’appartenance autre que celui qui consiste à appartenir à l’Humanité (c’est-à-dire comme l’a bien vu Joseph de Maistre à une entité qui n’existe pas sinon dans l’ordre suprasensible, autant dire dans les nuées).

    Nous vivons des temps de liberté absolue, Hippocrate

    • « J’en conclus que le racisme scientifique ou non est un enfant de la démocratie, il faut absolument se prouver qu’on est supérieur mais on ne le fait pas sur le mode individuel mais grégaire. »

      Je suis parfaitement d’accord sur ce point. Racisme et démocratie sont intimement liés.

      Seulement, le racisme à l’égard des Noirs par exemple précède de beaucoup la démocratie ou la modernité. On trouve des passages hostiles aux Noirs, considérés explicitement comme êtres inférieurs, proches de l’animal, à toutes époques et en divers endroits. En Europe nous connaissons déjà, mais le Juif Maïmonide ou l’Arabe Ibn Khaldoun tenaient le même propos : Noir = singe = sous-homme. Ils devaient avoir quelques raisons de le penser 🙂

      Mais bon, comme disait Coluche : quoi qu’il en soit, « il y a quand même moins de racistes que d’étrangers en France »…

  12. Dans le mépris des noirs, deux choses ont joué :

    A partir du XVIIème siècle, donc de l’invention moderne du concept générique d’Humanité, il n’y a plus qu’une sorte d’esclaves, les noirs. De plus, les divers peuples noirs découverts dans le Pacifique en sus de ceux d’Afrique centrale confirmaient les préjugés à propos de ces noirs tout en bas de l’échelle de la civilisation (puisque chasseurs-cueilleurs, « animistes », etc.). Seulement quand les européens se sont heurtés aux armées des zoulous et des ashantis ou aux maoris, ils ne les ont pas disqualifiés en les traitant de sauvages mais de barbares (esclavagistes dans le cas des ashantis) ce qui indiquait un progrès dans la considération. Aujourd’hui, les réflexions nouvelles autour des noirs témoignent d’un seul phénomène : l’essor démographique des populations noires et leur dispersion dans tout le monde atlantique et Pacifique, phénomène absolument nouveau à cette échelle. A partir de là, le racisme n’est plus tenable publiquement, il se réfugie dans des blogs suprématistes ou on s’échange rancoeurs et argumentaires en attendant le grand soir qui ne viendra jamais

    • Memento,

      La seule victoire d’une armée zoulou sur une force européenne fut la bataille d’Isandhlwana qui opposa 25000 guerriers zoulous à 1500 soldats britanniques si cette dernière fut anéantie , les zoulous perdirent 1000 hommes et 2000 furent blessés ce qui revient à dire mort car les zoulous ne disposaient d’un service médicale comme c’était le cas pour les armées européennes.

      Les armées zoulous comme beaucoup d’autres forces africaines ou arabes vivaient pour leur subsistance sur le paysan conquis en cas de terre brûlée, c’est la famine.

      D’autres armées africaines ont vaincu des armées européennes en Ethiopie et lors de la guerre du Rif , le plus souvent par incompétence des officiers enfin il ne faut oublier que les armées occidentales agissaient loin de leurs bases.

      Le même cas se présente pour les Amériques et les Conquistadors.

      Les guerriers non européens ne sont pas moins courageux mais la logistique ne suit pas, trouvez moi le cas d’une force non occidental ayant une victoire loin de ses bases.

      • Al Qaida,
        Date : le 11 septembre.
        Caractéristiques : Loin de ses bases.
        Une logistique de feu : 4 Boeings, 2 tours de 110 étages + un bâtiment de 47 étages + quelques millions de m3 de débris au Pentagone + un petit trou de golf de 12 m de diamètre en Pennsylvanie.
        Bilan : 2 976 morts à 19 !
        6 000 blessés à 0

  13. Pour rester dans le sujet, je ne résiste pas au plaisir :

    • Ooooooh yes. 😀 Un document qui démontre largement la supériorité des Noirs dans le domaine de la chorégraphie.

  14. Luca, vous vous dédoublez ? Bon pour supertimor, je pense que ce clip est imbattable

  15. Non, juste une faute d’orthographe sur le premier commentaire (que vous pouvez supprimer).

  16. Hmmmmm… de Maistre …pas exactement mon chouchou ! …l’ humanité est une cour des Miracles de féroces individus …mais les  » maitres de sagesse « , bien que  » raisonneurs « , n’ ont rien à leur envier !
    Recalé , de Maistre !…trop facile de s’en tirer comme ça !

  17. @ missy.propaganda,

    Mauvais exemple, je parles d’ action de guerre et non d’acte de terrorisme en temps de paix ce qui est le cas dans l’acte que vous citez.

  18. Juste un peu d’humour camarade.
    Et puis, plus sérieusement, s’il on croit à la version officielle, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un conflit dit « de basse intensité ». Et que la réaction américaine fut de déclarer et de conduire une guerre contre un gouvernement et un Etat souverain, à savoir l’Afghanistan.

    M’enfin et juste pour le plaisir de vous contredire, il me semble que la bonne branlée, administrée par les forces japonaises aux forces tsaristes en 1905 est une vraie défaite d’une force occidentale (donc blanche si je comprends bien) sur son propre territoire. Les Japonais étant à plus de 1500 km de leur ile.

    • Tsushima (parfois orthographié Tsoushima) , c’est de cette bataille navale dont vous parlez, exact mais les forces japonaises ont ici adopté les armes de l’ Occident et les ont même dépassé, il y eut la prise Singapour en 41, Midway mais toujours en utilisant les moyens d’une armée européenne.

      Pour Port-Arthur, les russes étaient encore plus loin de leur bases ce qui n empêcha les forces soviétiques en 45 d’écraser les forces nippones en Mandchourie.

    • La flotte qui fut anéantie dans le détroit de Tsushima (parfois orthographié Tsoushima) avait parcouru la moitié de la terre, elle venait de la Baltique, cette épopée est toujours célébrée par l’ actuelle marine russe et pour votre information , les japonais disposaient avec leur colonie coréenne d’une base solide pour leurs troupes terrestres.

      L’ armée japonaise de ce début du XX éme siècle ne ressemblait plus aux samouraïs de l’ Edo (江戸時代, Edo jidai?) ou période Tokugawa par la prise du pouvoir par l’empereur Meiji.

  19. Se défouler n’est pas condamnable en soi. Cela peut même être nécessaire. Mais à condition de pouvoir ensuite passer à autre chose. De passer du défouloir à la catharsis.
    Je ne les condamne pas, parce que j’en suis passé par là. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est ce qui m’importe.

    Il y avait eu un débat similaire je crois chez Stag récemment si je me souviens bien.

    • C’est vrai, Sweeney Todd, je confirme que vous êtes un gros con, mais quand même un gros con intelligent.

      Sinon, billet sympa MM à mon point de vue.

  20. Petite remarque clinico- anthropologique

    L’examen des images postées par SPQR fait écho à une théorie que j’ai fini par adopter ( ou est ce elle qui m’a adopté?) il y a déjà pas mal d’années:
     » la race, c’est la mère »

    Est ce la mère « biologique », au sens génétique du terme ? Pas nécessairement ( nombre d’enfants ont été précocément élevés par des « nourrices »..)
    Mais en tout cas, c’est bien celle qui berce, caresse, lave, excite tous les sens, calme, nourrit d’aliments et d’émotions, et finit par fournir les bases de la vision du féminin, puis du monde, au bébé fille comme garçon.
    Il pourrait se trouver, là, une explication à l’éternel conflit idéologique entre les tenants du « biologique-génétique » et leurs adversaires: de fait la race est bien « biologique » dans la mesure où la mère agit avant tout par son corps sur le corps du nourisson: la transmission de base, « l’hérédité » dans toute l’acception du terme, est donc bien d’essence biologique ( corps à corps) ou du moins obligatoirement vécue et intégrée à vie comme telle ( sinon, pourquoi les termes de « mère patrie », « identité « charnelle » etc. pour ne citer qu’eux).

    Il me semble d’ailleurs que la tradition juive ( la mère a le monope de la transmission de la judaïté) ne fait que traduire ( tradition=traduction) ce fait universel ( y compris chez nombre de primates)

    • « Mais en tout cas, c’est bien celle qui berce, caresse, lave, excite tous les sens, calme, nourrit d’aliments et d’émotions, et finit par fournir les bases de la vision du féminin »

      Il faut vous mettre à la page mon cher. Ca fait longtemps déjà que tout ceci n’est plus l’apanage des femmes seules. Les hommes modernes sont des femmes comme les autres, des deuxièmes mères aussi efficaces et délicats que les premières, si ce n’est plus…

      C’est Vincent Cespédes qui doit jubiler -dans son froc.

      • « La race, c’est la mère ». Est-ce à dire que et « l’anti-race, c’est la deuxième mère » ? Maurras aurait disséqué l’époque au scalpel, aux-petits-poils-du-cul. Encore un qui est né trop tôt.

      • @Luca Roccibene
        Ne prenez pas des « stéréotypes publicitaires » boboïsants nordico-luthériens pour une réalité susceptible d’une quelconque généralisation ( ou alors, pas avant quelques 2 à 3 millénaires).
        La réalité, c’est que jamais un homme ne parviendra à considérer, au plus profond , qu’un enfant est un morceau détaché de lui-même ( ce qui est apparemment d’une beaucoup
        plus grande facilité chez les femmes).

        Mais je sais bien, par expérience, que le fait d’évoquer « la race c’est la mère » entraîne toujours, toujours et toujours, des réactions de « dérivation » de type « sociétal », comme s’il y avait un déni de ce qui crève les yeux ( le thème chrétien de « la vierge et l’enfant » est en réalité universel)

      • Pour répondre à votre deuxième post:
        non, l’antirace n’est pas la deuxième mère ( laquelle, d’ailleurs?)
        L’antirace, c’est le déni, rendu obligatoire, et qui se fait passer pour l’Eros

  21. En quoi est-ce que je ne pourrais pas considérer un enfant comme « un morceau détaché de moi-même » ? C’est de la discrimination gratuite ça. On me juge a-priori et j’aime pas ça. Si la nature avait une identité je la poursuivrais en justice et la ferais raquer des dommages intérêt monstres. On ne commande à la nature qu’en lui obéissant : meilleur que Super TImor, y’a le Bacon vert !

  22. @Luca Riccobene
    …..en quoi ne pourriez vous pas etc.?
    Tout simplement parce que votre « corps – psyché » n’est fait ni pour porter et mettre au monde un enfant, ni même surtout pour fantasmer de pouvoir le faire: il y a bien une zone, peut être grise mais séparant néanmoins deux territoires distincts, où il ya quelque chose de l’autre sexe qui reste inconnaissable.

    Je n’y met aucune connotation morale ni n’en déduit ( que Zeus, Dyonisos et Aphrodite m’en préservent!) aucun fantasme de législation, mais les faits sont les faits.

  23. « que Zeus, Dyonisos et Aphrodite m’en préservent! »

    Un païen grec, je rêve pas ? Waoaw, ça envoie du bois ! Vous portez des sandales et un himation? La barbe bien taillée ? Vous reléguez votre femme dans le gynécée et aimez vous faire des jeunots de temps en temps ? En gros, vous êtes un grec antique-moderne. Un musulman quoi…

    La Guerre de Troie n’aura pas lieu !

    J’ai eux amours,
    Mon pays et Paris,
    Comme Hélène !
    Suffira de l’embobiner un peu la vilaine…

    • Apparemment Luca, vous m’avez pris comme « tête de turc  » ou mini puching ball virtuel; je ne prendrai donc plus la peine de vous répondre
       » Vale »

      • Un Grec à tête de Turc, avouez on ne connaît pas si comme moi on n’a jamais été à Chypre. Je m’excuse si je vous ai heurté, ‘habitude les mini pushing ball sont plus patients.

         » Vale (tudo) « 

  24. La Mère est un gros morceau, certes, mais ce n’est pas l’unique géant psychique auquel l’individu doive faire face. Vous prêtez à la mère, il me semble, une toute puissance assez étrange. Je veux bien vous suivre sur l’empreinte laissée par la présence et les soins maternels, dans la mémoire du corps, dans l’inconscient, les deux mêlés, etc. Mais je n’ai toujours pas accepté la théorie (le dogme) de l’inconscient qui tirerait au final toutes les ficelles d’un individu (son caractère, ses opinions, sa façon de s’habiller…). J’ai peut-être tort, au moins sur le sujet de l’influence secrète de la mamma!

    • @ Alice
      L’autre « géant psychique » sont, évidemment, les pulsions ( Eros et Thanatos, faim, soif) que l’on peut également dénommer « programmations phylogénétiques ».

      Ce « géant », inné, hérité de l’évolution donc adaptatif, constitue évidemment LA base : la force de « l’inconscient biologique inné » est la force de survie et de vie par excellence; sa modulation post naissance varie selon les espèces animales et là, chez pas mal de mammifères, les premiers contacts avec la « mama » apparaissent très déterminants pour la suite.

      Chez l’humain, le seul primate à énoncer des lois contredisant ses tendances naturelles et à forger des cultes, le seul primate aussi conquérant, improvisateur, centrifuge( ne pas s’y tromper: le primate humain n’est social que par nécessité, pas par goût)
      , le seul aussi à rester aussi longtemps faible et dépendant,
      l’empreinte précoce ( si le terme de « toute puissance vous gène) est
      surdéterminante et passe par les sens.

      • Le terme de toute-puissance ne me gêne pas, je l’utilisais sans connotation spirituelle, « surdéterminant » est encore mieux, très explicite. Merci pour ces explications. Si je comprends bien votre vision de l’homme est solidement liée à l’animal, son « cousin. » Je pensais naïvement que vous auriez cité le Père parmi les autres géants psy (chiques, chanalytiques). Père qui chez les animaux n’a grosso modo qu’un rôle de géniteur, et qui devient donc quantité négligeable dans le cours de la vie.

        Même si l’on admet que l’homme n’est finalement qu’un animal, ce n’est quand même pas un animal comme les autres, il s’agite, crée des civilisations, des concepts, agit sur son milieu naturel (en le détruisant, notamment), ce qui n’est pas le cas de nos cousins sans Histoires. A partir de là j’imagine qu’on peut inclure le Père parmi les piliers la psyché humaine. Et ce, même si la société n’existe que par nécessité. Je trouve d’ailleurs que c’est une nécessité bien impérieuse (dans le domaine naturel).

  25. Chris, je faisais allusion à cette phrase où il dit qu’il a rencontré des français, des russes, des anglais mais jamais un homme. Il voulait dire par là qu’un homme dépouillé de toutes ses coordonnées et codes anthropologiques n’existe nulle part, ça fait partie de l’homme d’investir avec passion les signes mais aucun signe ne sera univoque, c’est une autre manière de tenir la métaphore de Babel

    Grandpas, sur les zoulous, le fait de vivre sur l’habitant est commun à toutes les armées avant l’industrialisation. Donc si vous voulez dire que l’industrialisation a bouleversé l’art de la guerre, on est d’accord. C’est la leçon qu’avait tiré Staline de la 1ère guerre mondiale. Sans l’édification d’une industrie conséquente, l’URSS serait détruite en cas de conflit. C’est la raison essentielle de sa férocité dans l’application des plans quinquennaux.

    Je vous rejoins, Missy, n’importe quel moudjahidin afghan armé de son Coran et de ses pavots a maîtrisé les missiles sol-air et n’importe quel guinéen dont le père était chasseur-cueillir dès qu’il a été formé correctement a su piloter un avion. Les compétences des hommes sont les mêmes, ce sont les performances qui permettent de distinguer les individus, pas vraiment leur couleur de peau.

    Sweeney, je ne condamne personne (je ne suis pas anti-raciste pour cette raison assez simple que je ne place jamais personne au ban de l’Humanité sous quelque prétexte que ce soit), je dis juste que le racisme est au mieux un esthétisme, au pire un enfant du ressentiment et une aporie stérile

    Dartagnan con intelligent, ça s’autodétruit comme formule, non ?

    Hippocrate, la race, c’est la mère, je dirais plutôt que c’est le déni de la sexualité et du désir, on veut une origine propre mais voilà nous sortons des cuisses de nos mères et des ébats de celle-ci avec notre père, nous avons commencé dans la nuit, les bruits et les étreintes, pas dans l’Immaculée conception du Premier homme parfait qui n’aurait fait que dégénérer.

    Luca, entre un père et une mère, dans les faits, c’est la deuxième qui se lève la nuit quand elle entend son enfant, assez rarement le premier

    En effet, Alice, le Père n’a chez aucun primate, le rôle qui est le sien chez les hommes. Quant à causer des grands-parents, ils n’existent pas chez les mêmes primates, leur cycle de vie s’éteint avec leur progéniture et non la progéniture de leur progéniture, ce qui implique que la mémoire comme nous l’entendons est un mécanisme inconnu parmi les animaux

    • Memento,

      Bien avant la révolution industrielle, les armées européennes avaient des compagnies comme le train des équipages pour assurer le ravitaillement en vivres et munitions.

      Les princes d’ Occident aimaient leur confort , les suisse s’emparèrent de grande richesse aprés la bataille de Grandson .

      Par contre une force de cavalerie servant comme éclaireurs (hussards) ne peut s’alourdir et vit donc sur les territoires quelle traverse.

      L’armée romaine partait avec armes et bagages en campagne, les légionnaires portaient un impressionnant équipement( (jusqu’à 40 kilogrammes) durant ses marches à la différence des impies zoulous.

    • @memento
      « la race, c’est la mère, je dirais plutôt que c’est le déni de la sexualité et du désir, on veut une origine propre mais voilà nous sortons des cuisses de nos mères et des ébats de celle-ci avec notre père, nous avons commencé dans la nuit, les bruits et les étreintes, pas dans l’Immaculée conception du Premier homme parfait qui n’aurait fait que dégénérer »

      Précisément, ce que vous décrivez est typiquement le « refoulement » du premier amour: le premier Amour, finalement, c’est Jocaste ( qui me paraît une « héroïne » au même niveau qu’Antigone)

      La notion d’Immaculée conception est purement chrétienne, et étrangère aux sphères culturelles ( au sens large) anciennes et/ ou extraeuropéennes : les grandes divinités féminines sont en fait de sacrées « teufeuses- baiseuses-amoureuses » ( ex: Isis).

      Pour faire bref « l’Immaculée conception » est un mythe d’ homosexuel refoulé et ‘l’arbre de la connaissance  » c’est justement la vision de la scène primitive( celle des ébats entre maman et papa.); le « refoulement » , c’est  » A et E chassés du paradis » ( A et E peuvent représenter père/fils comme mère/ fille; ce mythe est polysémique)
      [Avatar actuel: la « gaïa » des écolos et autres paranoïdes est une version de « l’immaculée conception », avec une grande ancêtre qui est Cybèle , qui exigeait de la part de ses adorateurs masculins le sacrifice de leurs parties génitales…..voyez ce qui nous attend!]

      Je penche quant à moi pour la base « désir de la Mère » ( dans les deux sens d’ailleurs), « matrice » de tous les désirs ultérieurs ( pour fille comme pour garçon), de ce qui deviendra sentiment « racialiste » ( retrouver à tout prix ce premier Amour) ou « antiracialiste » ( prohibition à tout prix de ce désir): à noter qu’il n’ ya pas de symétrie entre désir et antidésir: la cause initiale, c’est le désir initial.

      En fait, j’aurais pu écrire:  » la race c’est Jocaste »

      • Je crois Hippocrate que vous êtes profondément anti-chrétien et ce n’est pas mon cas, comme vous le savez. L’immaculée conception est un dogme qui pose problème, y compris à l’Eglise qui l’a adopté. Mais son sens est pourtant très clair et il dit le contraire de ce que vous affirmez. C’est justement parce que nous ne sommes pas les enfants des grandes déesses baiseuses qui se la donnent mais bien de femmes et d’hommes ce qu’il y a de plus charnels, que le dogme de l’Immaculée conception se rapporte au seul Christ et que Marie n’est pas la sainte patronne des mamans mais l’exception à la condition humaine. L’Eglise nous dit, « les gars, ça fait mal à la vanité qui vous sert de figure mais vous n’êtes pas des dieux, juste des pécheurs et des fils et filles de pécheurs et de pécheresses jusqu’à la fin des temps ». C’est le titre d’Eustache qui résume ce point de vue : non pas la Vierge et la putain, ou la sainte et la putain ou l’abstinente et la putain, ou la brave femme et la putain, mais la maman et la putain

  26. Avant la révolution industrielle et la bureaucratisation du monde, même les effectifs des compagnies n’étaient pas clairement recensés, la guerre était un art d’acquisition comme disaient les grecs, on y trouvait du butin et une certaine impunité. Quand le XVIIIème siècle a mis cet art, en ordre, dans le seul cadre européen, ses concepteurs en sont venus sous le choc de la révolution à définir l’art de la guerre comme l’art d’anéantir l’armée adverse. Je crois que nous retournons, avec une puissance de destruction sans commune mesure, à un art de la guerre qui ressemble plus à celui de Jacques Callot qu’à celui de la première guerre mondiale, désormais les principales victimes sont, de nouveau, civiles

  27. @ memento
    Je crois Hippocrate que vous êtes profondément anti-chrétien  »
    C’est exact, mais sachez que je n’avais nul but ( conscient) de provoquer un chrétien.

    D’ailleurs, pour en avoir longuement discuté avec des « grands érudits » catholiques ( si, si, des vrais, avec robe et tout, pur hasard des rencontres de la vie) autour du plafond de la sixtine, de peintures de Rafaelo ( c’était dans les musées du vatican), ainsi que dans un bon resto romain, il apparait que les grands papes et les grands princes de la renaissance ( de même que ces érudits) étaient tout à fait conscients, baignés comme ils l’étaient de culture « classique », que l’art et la culture savantes ne pouvait pas faire l’impasse sur les héritages grecs et romains, y compris dans le domaine de ce que nous appelerions maintenant les pulsions humaines.
    Ces érudits, d’ailleurs, étaient tout à fait distincts des « communiquants », nettement moins profonds ( les propagandistes en quelque sorte).

    • Vous êtes anti-chrétien ? Ok, mais vous êtes quoi alors ? Un athée ? Ne me dites pas « païen »…

  28. Aucun problème Hippocrate, je distingue parfaitement un bourrin d’un honnête homme. Pour les papes de la Renaissance (dans la périodisation que propose Peter Burke, en gros 1370-1620) c’est dans leur entourage qu’est sorti tout l’attirail de la modernité intellectuelle. En ce qui concerne l’appartenance au christianisme, c’est toujours compliqué parce que si on n’est ni crétin progressiste, ni commando anti-IVG avec un gros balais dans le fion et une dégaine de scout en souffrance, ni échoué du Tiers-monde, on voit bien que l’Eglise n’ouvre ses bras à personne, c’est une Institution qui se survit par le seul signe qui lui reste, les télé-apparitions du pape, on est comme l’athée revenu de toutes les Unions rationalistes de l’Univers, solitaire dans sa démarche et c’est tant mieux

  29. En relisant l’article ceci dit, j’ai repensé à l’évolution du Pélicastre. Avant j’adorais ses articles, celui écrit sur la gay-pride en 2009 était excellentissime, l’un des meilleurs que j’ai trouvé. Il avait des tendances, mais aussi ce côté détaché, journalistique, un certain sens de la formule qui rendait la lecture toujours fraîche et agréable.

    Mais bon maintenant… j’ai arrêté, les délires monomaniaques sont insupportables

  30. Je ne le lis que rarement, j’y trouve toujours le même canevas mais je veux bien admettre qu’il y ait eu du talent.

  31. […] un racisme décomplexé, racisme total ou la mort, ce genre de truc, ça aurait de la gueule », plaisante un blogueur sur un autre blog, « certifié réacosphère », comme l’affiche fièrement son […]

  32. […] un racisme décomplexé, racisme total ou la mort, ce genre de truc, ça aurait de la gueule », plaisante un blogueur sur un autre blog, « certifié réacosphère », comme l’affiche fièrement son […]

  33. Vraiment un excellent fil de commentaires, avec Luca Riccobene en guest-star. ^^ Merci aux gauchistes de nous le remémorer. 🙂

  34. Luca était tonitruant, n’est-ce pas ? Vous avez un autre fil sur la racaille parade où un gaucho intervient en nous invectivant, façon vous êtes des racistes. Je lui réponds, notre problème ce ne sont pas que les délinquants soient noirs ou jaunes, juste qu’ils agissent en toute impunité. Réponse, vous avez trop de haine les gars

  35. […] racisme total ou la mort, ce genre de truc, ça aurait de la gueule », plaisante un blogueur sur un autre blog, « certifié […]


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