Publié par : Memento Mouloud | septembre 27, 2011

Derrière le mariage d’Arnaud (Lagardère) et Jade (Forêt) : un oligarque à la dérive

Arnaud Lagardère est bondissant, souriant, bien mis, le cheveu en brosse, le regard pétillant, le bronzage impeccable. Nous sommes en 2003. Il fait dix ans de moins que ses bientôt 42 ans, «le clone de Jean-Luc Lagardère au même âge», selon un proche. Mais là où le père carburait à l’eau plate et l’armement, Arnaud Lagardère, lui, c’est Coca Light et médias.

La boisson à bulles allégée, le fils unique de Jean-Luc Lagardère y a pris goût aux Etats-Unis où il est expédié en 1994, après un DEA d’économie et quelques années d’apprentissage au sein du groupe. Là, au fin fond du Connecticut, il fait ses classes de patron en dirigeant Grolier, filiale multimédia américaine de Lagardère. L’héritier a emmené sa jeune femme, Manuela, une élégante blonde aux allures hitchcockiennes rencontrée sur les pistes de Courchevel, et leurs deux garçons. Dans cette Amérique qui connaît la croissance, il découvre qu’on peut travailler sans cravate et en pantalon jaune, sans être « déguisé en pingouin ». Il court les salons de l’audiovisuel et du multimédia accroc aux mirage de la netéconomie. En 1998, il faut bien revenir. A son retour, il s’installe dans le bureau de son père, au 4, rue de Presbourg ¬ siège du groupe, à deux pas de l’Arc de Triomphe ¬ où trônent des casques de football américain, vestiges de son exil.

C’est là qu’il est intronisé pour de bon cogérant du groupe. En 2000, il prend la tête du pôle médias. C’est alors Philippe Camus, autre cogérant du groupe, qui se charge de l’aéronautique. En 1999, Arnaud Lagardère commet une première gaffe en évoquant devant un parterre d’analystes financiers la possibilité de se désengager de ces activités pour mieux se concentrer sur les médias.

Flash-Back : En 1975, Jean-Luc Lagardère divorce de Corinne Levasseur, la mère d’Arnaud. Il a 14 ans et restera avec son père. Sa mère, il ne la reverra que des années plus tard, à la naissance de ses deux fils Alexandre et Emery. « J’ai décidé d’épouser la cause de mon père quand j’avais 12 ou 13 ans. C’est lui qui m’a formé. Mon idole, c’est lui. » déclarera le fils. En 1981, sur une nationale du Calvados qui devait le mener pour la soirée à Deauville, la Matra Bagheera d’Arnaud qu’il conduit sans ceinture percute une estafette. Un traumatisme crânien, de multiples fractures aux jambes, une hémorragie interne et une rate éclatée le laissent plusieurs jours dans le coma. Le père qui négocie alors pied à pied contre la nationalisation de son groupe avec Jean Peyrelevade, le conseiller économique du premier ministre socialiste Pierre Mauroy, confie son fils aux plus grands professeurs. Et dès ses longs mois de rééducation achevés, à Garches, il l’enjoint de reprendre le sport. Rien ne doit détourner Arnaud de sa mission : poursuivre, à la tête de ce groupe l’oeuvre qu’il a bâtie. «Lui, c’est moi, et moi, c’est lui», aime t-il se répéter. Son échec au concours d’entrée d’HEC n’est plus qu’une péripétie. Lorsqu’il atteint ses 25 ans, Philippe Camus éduque sans barguigner le jeune héritier.

Il n’est donc pas étonnant de le voir appliquer les méthodes de son père : déléguer à des collaborateurs de confiance, écouter les avis, bombarder de questions, prendre une décision et s’assurer qu’elle est appliquée. Pour cela, le fils a tout d’abord dû créer sa propre équipe. Le père s’appuyait sur Philippe Camus (le financier), Noël Forgeard (l’opérationnel) et Jean-Louis Gergorin (le stratège). Le fils s’est entouré de Dominique D’Hinnin aux finances, de Frédérique Bredin à la stratégie et de Jean-Luc Allavena pour l’opérationnel. Si les trois premiers ont permis au père de devenir l’actionnaire de référence d’EADS, le groupe européen d’aéronautique et de défense, les trois petits nouveaux ont pour mission de faire de Lagardère un acteur de référence dans le monde des médias.

La complicité entre Arnaud et Dominique, inspecteur des finances, s’est nouée lors de leurs années américaines. Le jeune financier s’occupait en effet des finances de Grolier. Frédérique Bredin, elle, travaillait sur les questions culturelles à l’Assemblée nationale : l’ex-députée et maire socialiste de Fécamp (76), proche de Laurent Fabius, avait alors croisé Arnaud à plusieurs reprises après son retour en France, en 1998. Décidée à quitter la vie politique, c’est elle qui lui a téléphoné et, en lui développant différentes idées, l’a convaincu de l’embaucher en 2000. La même année, Arnaud rencontrait Jean-Luc Allavena, qui à l’époque dirigeait une filiale de Pechiney. C’est François-Henri Pinault qui a organisé la rencontre à la faveur d’un dîner.

Rue de Presbourg, où est installée la maison Lagardère, Arnaud peut compter sur les conseils des derniers grognards du père : Jean-Pierre Joulin, le communicant, ex-Europe 1 proche de Dominique de Villepin, le ministre des Affaires étrangères, Thierry Funck-Brentano, l’inamovible directeur des ressources humaines, et Pierre Leroy, le secrétaire général du groupe, aux nombreuses amitiés maçonniques.

Dans le monde des affaires, le jeune quadra compte sur son ami Thierry Breton, alors n° 1 de France Télécom. Les deux dirigeants se sont connus aux Etats-Unis quand Breton, alors patron de Thomson Multimédia, se rendait souvent outre-Atlantique pour superviser ses activités américaines. Arnaud apprécie également Martin Bouygues, qu’il a connu enfant, leurs deux familles dînant régulièrement ensemble. Il est aussi proche d’Henri de Castries (Axa), avec qui il partage les mêmes idées sur le monde des entreprises. Dans le monde politique, il est le petit frère de Nicolas Sarkozy et l’ami d’Alain Juppé. Il a d’ailleurs embauché comme conseillère la femme du maire de Bordeaux.

En 1999, le groupe Lagardère se relance dans la télévision, regroupe les chaînes thématiques dont il a pris le contrôle (MCM, Canal J, Muzzik…). L’héritier a le vent en poupe : en 2000, c’est l’idylle avec Canal +, alors superstar du PAF, via une prise de participation dans CanalSatellite. But de la manoeuvre : lancer de nouvelles chaînes à partir des magazines d’Hachette. On annonce la naissance prochaine de Elle TV, Cars and Drivers TV.

Au moment de son entrée dans CanalSatellite, Arnaud Lagardère confiait à Libération son désir profond : «Arriver à être un groupe qui a une influence sur les modes de consommation mondiale. Avoir la même aura qu’un Disney ».

Retour sur un couronnement. Mars 2003, le comité exécutif du groupe Lagardère se retrouve comme à l’habitude au rez-de-chaussée du siège, rue de Presbourg, cette allée qui forme un cercle d’hôtels particuliers autour de la place de l’Etoile. Mais l’assemblée est en deuil. Le vendredi précédent, Jean-Luc Lagardère est mort des suites inattendues d’une opération bénigne de la hanche à la clinique du sport. Il y a là, dans la salle du conseil, une dizaine d’hommes en noir, les barons du groupe, et une seule femme, Frédérique Bredin. Une assemblée d’énarques, d’X-Mines et de normaliens qui ont accompagné Jean-Luc Lagardère depuis parfois plus de vingt ans. Arnaud, 42 ans, s’est assis à la place de son père. Le secrétaire général du groupe, Pierre Leroy, lui a révélé quelques jours plus tôt que « Jean-Luc » avait laissé dans son coffre deux lettres à ouvrir en cas de décès. L’une fixe les dispositions à prendre afin d’assurer « le même train de vie » à sa femme Bethy. ll décachette l’autre devant le « comex » abasourdi. De sa longue écriture déliée, Jean-Luc Lagardère a réglé sur une page les modalités de la gouvernance de son entreprise dans l’hypothèse, à laquelle il n’a pourtant jamais voulu croire, où il disparaîtrait. « A ma mort, je souhaite que… » Le nom d’Arnaud arrive immédiatement dans la lecture du « testament » : Jean-Luc Lagardère n’a jamais envisagé de succession autre que dynastique. Mais il désigne comme cogérants Philippe Camus, normalien, agrégé de sciences physiques, coprésident exécutif d’EADS et grand connaisseur des arcanes financiers du groupe Lagardère et son plus grand rival, le polytechnicien Noël Forgeard, PDG d’Airbus. « Je vais réfléchir, lâche Arnaud en levant la séance. Je vous en reparlerai. »

Quelques jours plus tôt, alors que Jean-Luc Lagardère était plongé à l’hôpital Lariboisière dans un coma sans espoir de rémission, Nicolas Sarkozy a appelé Lagardère junior. Celui qui n’est encore que ministre de l’intérieur suit à la loupe le groupe de médias français et les premiers pas d' »Arnaud », cet « Américain » sportif et beau parleur qui, par certains côtés, lui ressemble. Grand ami de Jean-Luc et Bethy Lagardère, qui ont organisé pour ses 48 ans un bel anniversaire dans leur hôtel particulier de la rue Barbey-de-Jouy, il a compris la charge qui attend l’héritier. « Tu es le fils de Jean-Luc, lâche Sarkozy avec autorité. Le meilleur service à lui rendre c’est de prendre en main le groupe. Tu dois le faire vite et fort. » Arnaud se le tient pour dit.

Arnaud Lagardère est soumis à une première épreuve lorsque l’Autorité des marchés financiers met en cause l’ensemble de l’état-major d’EADS pour avoir vendu des actions de l’entreprise alors que leur cours était au plus haut, à l’exception notable du Président d’EADS Louis Gallois. En effet, entre novembre 2005 et mars 2006, ceux-ci ont revendu des milliers d’actions, juste avant la chute du cours. Le 13 juin 2006, Airbus annonçe d’énormes retards dans les livraisons de l’A380. Dès le lendemain, l’action du groupe plonge de 27 %.

Or le rapport de l’AMF jette un regard cru sur le rôle de Thierry Breton, qui avait succédé à Nicolas Sarkozy à Bercy. Le rapport de l’AMF affirme notamment qu’en juin 2005, le directeur financier d’EADS avait indiqué aux administrateurs que l’augmentation des frais de recherche et de développement de l’A380 et l’A350 pourrait faire perdre de 3 à 5 euros au titre. Ce n’est que par la suite que les dirigeants ont commencé à céder leurs actions à bon prix. Les profits de ces opérations ont pu atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Les soupçons de délits d’initiés ne touchent d’ailleurs pas que les actionnaires français. Le parquet de Munich enquête aussi sur d’éventuelles manipulations boursières au sein du groupe franco-allemand. Une plainte contre des salariés d’EADS est déposée en juillet par la BaFin, la police allemande des bourses. Lagardère qui a empoché 600 millions d’euros lors de la vente de sa participation « n’a pas commis de délit d’initié» déclare au Journal du dimanche son président. Entretemps on apprend que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s’était portée acquéreur d’une partie des actions de Lagardère et que la société, propriété de l’État, avait ainsi perdu 200 millions d’euros. Or l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée sous Jacques Chirac est alors directeur de la Caisse des dépôts. Les grands corps de l’Etat et l’héritier jouent donc la même partition malgré les dénégations d’usage.

L’extrait de la note interne à Bercy résume l’attitude générale : « Nous avons conclu après cette réunion qu’EADS allait traverser une zone de turbulences et qu’en conséquence, il était opportun pour l’Etat de profiter de la valorisation du titre de l’époque qui n’intégrait que les nouvelles positives de l’exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l’Etat. »

On notera que la note de l’AMF ne fait que confirmer ce qui se disait depuis fort longtemps dans l’entourage de Sarkozy. Ce n’est pas pour rien que le président a semblé prendre ses distances avec celui qui l’appelle « son frère », notamment après que ce dernier a été entendu le 28 mai, 9 heures durant, par les fins limiers de l’AMF. Quand à Thierry Breton, considéré par Sarkozy depuis le départ comme un pion de Chirac, on comprend que sa seule solution professionnelle ait été de retourner travailler dans le secteur privé. Même si l’affaire ébranle, un temps, l’élite politique et économique française, il n’a jamais été question de scénarios à l’américaine.

Contrairement aux États-Unis où il peut entraîner de longues peines de prison, le délit d’initié est rarement prouvé en France. Les condamnations demeurent donc exceptionnelles, et les peines ne dépassent pas deux ans d’emprisonnement quand l’affaire n’est pas tout simplement oubliée.

Néanmoins, Le groupe Lagardère reste un pôle important de l’édition française (Hachette, Grasset, Hazan, Fayard, Hatier, etc.), des médias (Europe 1, RFM, Gulli, MCM, Doctissimo, Fluctuat, etc.), ou encore de la distribution (Virgin Megastore, Relay). Dernièrement, Arnaud Lagardère déclare se porter acquéreur du groupe Amaury, en précisant qu’il retirerait ses billes si la famille ne souhaitait pas vendre. Amaury préférant en garder le contrôle, il s’agit donc de procéder à une cession de 25% des parts du groupe, estimées à 87 millions. Résultat : la famille Amaury doit financer le retrait de son actionnaire et décide de vendre le Parisien / Aujourd’hui en France. Il s’agit d’une stratégie de retrait progressif des médias dans lesquels le groupe Lagardère est engagé : en premier lieu, du Monde, ses parts ayant été plus ou moins liquidées suite au rachat du quotidien par le trio « BNP » mais aussi de Presstalis, la principale société de distribution de presse en France qui, au bord du gouffre cette année, fut sauvée in extremis par l’État et Lagardère, qui a décidé, en même temps qu’il renflouait la société, de vendre ses parts. De plus, il semble que le groupe souhaite également se désengager de Elle Internationale et de Hachette Filipacchi Media US, les deux filiales internationales qui gèrent la publication de ses titres phares à l’étranger. Si Lagardère délaisse ainsi une partie de ce qui constitue son empire actuel, c’est pour mieux se tourner vers le sport, à travers sa filiale Lagardère Unlimited nouvellement créée en mai.

Trois cents cadres du groupe Lagardère sont convoqués un 11 janvier 2011 pour un de ces grands raouts un peu clinquants et très corporate qu’affectionne l’un des leaders mondiaux des médias. Avant le champagne et les petits fours, un discours d’Arnaud Lagardère a été prévu. Mais c’est un spectacle improvisé sur la scène qui retient l’attention. Une sorte d’avatar d’Arnaud Lagardère, juvénile et rieur, saute sur les planches comme un animateur de show télévisé. Désinvolte, chewing-gum aux lèvres, le sosie du patron distribue dans un franglais éprouvant bons et mauvais points aux départements et filiales du groupe – 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 28 000 salariés. Nicolas Canteloup, l’humoriste vedette d’Europe 1, la radio maison, a discrètement demandé à « Arnaud » l’autorisation de se livrer à l’exercice. Dans la salle, le « Top 300 » du groupe retient ses rires, gêné. Le clone paraît si ressemblant.

Certains parrains de la finance n’hésitent plus à le dire « en faillite personnelle » depuis qu’il a accru sa part au capital de son groupe en rachetant, au prix fort, des actions maison dont la crise financière a divisé la valeur par trois. Gérant en commandite, il est en principe indéboulonnable. Mais cet été, l’investisseur franco-américain Guy Wyser-Pratte, qui avait le 27 avril 2010 contesté ce statut protégeant son pouvoir, a saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il continue de fustiger l’immaturité de celui qu’il appelle « le petit garçon » et l’accuse de ne « s’intéresser qu’au sport ». Au sein même du CAC 40, on doute de son envie de présider à partir du 31 mai prochain le groupe de défense EADS, où il est si peu présent.

Au sein du groupe, ses absences, trop fréquentes, agacent. Au printemps, les photographes l’ont repéré, quinze jours durant, dans les tribunes de Roland-Garros en compagnie de sa nouvelle compagne, Jade Foret, un mannequin de lingerie belge qui partage sa vie. Mais les invités VIP du groupe se sont plaints qu’il n’ait jamais pris le temps de venir les saluer aux tables qui sont louées à grands frais, chaque année, par l’entreprise. En juillet, une maladroite petite vidéo l’immortalisant avec la jeune femme a cette fois consterné ses proches : le dauphin au milieu de peluches, paraissait sourire sur commande, passif et obéissant, dans une mise en scène vulgaire et décalée.

A l’Elysée, on l’a bien compris. Nicolas Sarkozy, celui-là même qu’Arnaud Lagardère désigna un jour comme son « frère », et qu’il hébergea parfois chez lui, villa Montmorency, lors de ses déboires conjugaux en 2007, ne cache plus devant ses proches sa « perplexité ». « Je suis un héritier, donc je suis un con. C’est ainsi qu’on voit les héritiers dans ce pays… « , a-t-il confié un jour à l’un de ses biographes, Thierry Gadault. Il ajoute aujourd’hui sans abandonner son sourire : « L’establishment français a toujours été jaloux des groupes familiaux. Mais Jean-Luc pensait que les cooptations dans les conseils d’administration sont aussi, en réalité, une forme d’héritage. »

A eux cinq, les « commandités », Arnaud Lagardère lui-même, Dominique D’Hinnin, Thierry Funck-Brentano, Pierre Leroy et Philippe Camus, se partagent 13 millions d’euros annuels, sans ¬compter les retraites chapeau. Question salaires, Arnaud Lagardère se montre d’ailleurs plus généreux que son père. De plus en plus, le jeune patron paraît s’isoler parmi ses courtisans dont les cadres tiennent la chronique des grâces et des disgrâces. Directeur de la stratégie et du développement, Arnaud Molinié, longtemps favori, a été remplacé par Ramzi Khiroun, venu d’EuroRSCG. Le nouveau patron l’a fait porte-parole du groupe et membre du comité exécutif, et ne s’en sépare plus depuis qu’il l’a aidé l’an passé à contrer le raid du financier Guy Wyser-Pratte. Et épaulé, en 2009, alors qu’Arnaud Lagardère était entendu comme témoin dans l’enquête sur les délits d’initiés d’EADS – allant repérer dans une voiture à vitres fumées le parking de la brigade financière pour préparer le moment venu une sortie discrète.

C’est désormais Marie Burguburu, le conseil de Khiroun, qui dispense ses recommandations pour la presse, menaçant – loin des traditions maison – de l’attaquer lorsqu’elle pointe trop sévèrement les erreurs d’Arnaud. « Jamais Jean-Luc n’aurait fait ça », soupirent ceux qui l’ont connu. Répétée sous le manteau, la formule est devenue dans le groupe une grinçante antienne. « Jamais Jean-Luc », bourreau de travail, n’aurait passé une semaine dans les gradins pour voir l’ami tennisman Richard Gasquet, un temps promu escort boy de l’héritier, jouer le Masters de Shanghaï. « Je n’ai jamais été au Siècle, répond poliment le fils dans un sourire plein de mépris pour ce club de la nomenklatura française. Si j’estimais que cela était utile au groupe, je le ferai, mais je ne crois pas que ce soit le cas. »

Arnaud Lagardère, patron d’un groupe de 27.000 salariés qui pèse aujourd’hui 3,6 milliards d’euros en Bourse, a demandé la main de Jade Forêt, qu’il avait rencontrée au début de l’année, en juillet dernier lors de vacances en Espagne, selon le quotidien populaire flamand. Celle-ci a répondu « oui ». Il a 50 ans, elle en a 21, il double donc quasiment la différence d’âge qu’avait instauré son père avec sa dernière compagne. Il avait dit « j’en ai vu d’autres et, à tout prendre, je préfère qu’on m’attribue une fausse aventure avec Richard Gasquet qu’une fausse liaison avec Sophie Marceau. Dans ce dernier cas, j’aurais plus de mal à m’en dépatouiller avec mon épouse… ». Désormais il est libre comme une peluche dorée prenant ses conseils chez les amis de DSK. Arnaud devrait se méfier.

Libé/ L’Expansion/ Marianne/ Le Devoir/ Le Monde/ L’Express/ Têtu


Responses

  1. Vraiment intéressant.
    Que deviendrais-je sans vous ?

  2. Merci pour l’ironie, René

  3. Exagération dans l’expression, certes; mais pas du tout ironique.
    J’ai tout oublié de la vie sentimentale de Arnaud Lagardère. Mais c’était intéressant. « Si Jade ne vient pas à Lagardère, Lagardère viendra à Jade ».
    Ils sont vraiment gonflés ces types (DSK et autres).
    J’ai vu à la TV, il y a quelque temps une gamine en mini-jupe gravir les marches de l’Elysée, à la suite du ministre de l’Economie tout souriant.
    Dans une telle situation j’aurais été gêné; lui apparemment pas, ce qui prouve que nos élites sont réellement de nature supérieure. Hollande sur son scooter, DSK courant à poil derrière Nafissatou; vraiment forts ces gus !

  4. Très juste René, déjà Serge Moscovici comme Eric Besson avaient des compagnes (publiques) qui venaient de dépasser la vingtaine quand ils en affichaient plus de 50 au compteur, ils n’avaient jamais entendu parler de la femme et du pantin, ils trouvaient que c’était un signe extérieur de virilité et de jeunesse, ils disaient dans les magazines que c’était l’amour, voilà où ils en sont en matière de transparence. DSK avait tout de même la décence de se cacher avant que le rideau ne se déchire sur une fellation de trop (d’après le film d’Abel Ferrara, il s’agirait d’une branlette matinale, « comme j’en ai l’habitude » fait dire à DSK-Depardieu le metteur en scène)


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :