Publié par : bouteillealamer | septembre 30, 2012

Si j’aurai su j’aurai pas vu

J’ai regardé la Guerre des Boutons (la version 2011), avec cette appréhension du condamné qui se voit proposer un verre d’alcool et une dernière cigarette avant sa mise à mort.

Il en est des exécutions capitales, comme des films sur la France d’hier : un avant gout d’espoir avant la décollation.

Louis Pergaud avait publié son roman en 1912, à l’heure du service de 3 ans, mais ce contexte historique ne représente aucun espèce d’intérêt pour le réalisateur Yann Samuell, qui lui préfère la France vichyste ; beaucoup plus en phase avec l’image du français sale gueule, qu’il est aujourd’hui convenu d’afficher de Tel Aviv à Marrakech.

On peut dire qu’il est servi, le cochon de Français, avec béret ajusté sur ses grandes oreilles et sa chemise jaunie au col et aux aisselles. Portrait officiel du maréchal dans la classe et hymne entonné par des élèves obéissants. L’instituteur n’est pas dupe ; lorsqu’un enfant lui demande pourquoi la chanson n’est reprise que le lundi (graine de collabo), il lui répond qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses. L’humour est du côté des récalcitrants, le courage aussi. Ils n’ont pas de grandes oreilles ni de trucs jaunis. Le résistant sourit, même sous la torture. Quand un groupe de pécores vinassés cause de la guerre et des Juifs, son sang ne fait qu’un tour à l’instit’,  il rue dans les brancards maréchalistes. Même pas peur de la Milice ! Un voisin impressionné par tant de courage, lui demande d’ailleurs s’il « en est » ( comprendre « de gauche » et non pas franc-maçon).

Tout le reste n’est que succession de clichés  : la fillette juive réfugiée en zone libre, et instruisant le cancre avec Plutarque car le juif sait ses classiques et le franchouille la Terre qui ment. Le juif donne la leçon d’émancipation. L’ignare va gagner face aux Velrans, Petit Gibus boit en compagnie d’un demeuré, nostalgique de la coloniale, le démonstrateur du musée, mélange improbable de Maurras et du baron Von Gloeden décoré de la francisque, reluque, avec volupté, les maigres guiboles de son docile public d’abrutis.

Il aurait été trop simple de produire un remake du film de 1962, aussi il fallait que cette histoire de rivalité d’enfants serve de trame à un sujet bien supérieur en dignité, ou les héros ne sont plus Lebrac et de l’Aztec des Gués, mais Che Guevarra et Simone Veil ou un accouplement des deux.

Le cinéma contemporain semble marquer l’impossibilité de traiter la France d’avant autrement que par le prisme de la perfidie et de la laideur. Et quand la France profonde est évoquée dans ce qui sert de patrimoine culturel en réfection permanente, il convient de la remodeler selon les normes voulues par les vigilants. Un rappel à l’ordre qui place le Big Bang en 1943, afin de faire comprendre à ce cochon de français d’antan qu’il n’est que souillure en voie de nettoyage.


Responses

  1. J’ai regardé sa notice chez Wikipedia, le type est français de France, avec 4 films à son actif depuis 2003

    Je te donne les extraits des synopsis de ses œuvres :

    Jeux d’enfants (2003) : Julien, 8 ans, est confronté au cancer de sa mère, tandis que Sophie doit affronter la xénophobie des autres écoliers. Très vite ils deviennent inséparables et s’inventent un jeu : « cap ou pas cap? » (capable, pas capable?). C’est à celui qui, mis au défi par l’autre, fera les pires bêtises, au grand désespoir des adultes.

    Arrivés à l’âge des études, ils continuent à se lancer des défis de plus en plus cruels et même parfois pervers. Mais le jeu prend des dimensions extrêmes. Aucun des deux ne veut rompre la spirale, même si cela met en question son avenir, de peur de passer pour un lâche. Sophie finit par s’agacer de l’immaturité de Julien, pour qui tout est prétexte au jeu. Elle essaie de lui faire prendre conscience que leur amitié s’est muée en amour réciproque, sans succès. Après de nombreuses péripéties ponctuées de blessures mutuelles et de longues périodes de froid, ils se mettent au défi de ne plus se voir pendant dix ans.

    Julien s’est résigné à devenir adulte. Il gagne bien sa vie, a une femme et deux enfants ; faute de mieux, son « bonheur fade » lui convient, mais il reste hanté par Sophie. De son côté, cette dernière vit en couple avec un joueur professionnel de football riche et célèbre. Le jour d’anniversaire de leur séparation, ils se revoient. Ils ne se quitteront plus

    My Sassy Girl, 2008, est un film américain de Yann Samuell, remake du film sud-coréen du même nom. Un soir, Charlie Bellow (Jesse Bradford), rencontre dans le métro new-yorkais Jordan Roark (Elisha Cuthbert), ivre morte. Il décide de la ramener dans sa chambre d’étudiant, et va s’occuper d’elle. Jordan est belle, profite de la vie, et entraîne Charlie dans ses folles nuits, bien qu’il essaye de se concentrer sur ses études. Commence alors pour ces deux personnes une relation intense, faite de défis, de moments à la fois romantiques et ridicules, et de séparations brusques. Charlie et Jordan sont-ils faits pour être ensemble ?

    L’âge de raison, 2010, Le jour de ses 40 ans Margaret (Sophie Marceau), femme d’affaires accomplie, reçoit un colis contenant des lettres, écrites par elle-même lorsqu’elle avait 7 ans, adressées à la future-femme qu’elle deviendrait à 40 ans. C’est l’occasion pour Margaret de faire un bilan sur sa vie, par rapport à ses ambitions de petite fille…

    Pour son CV complet, http://www.imdb.com/name/nm1367933/

  2. il faut bien comprendre que , d’une part le pauvre bougre n’a pas d’autres horizons de pensée que la culpabilité et la laideur frankaouaise enseignée depuis des lustres par l’éduc naze et que surtout , surtout , même s’il savait que la vronze , ce n’est pas que la laideur enseignée et martellée par nos maîtres , nos maîtres à penser et à dépenser ( lacanien toujours!) , il ne pourrait pas faire de film , de livre , de disque, sans ce couplet indispensable, obligé , réglementaire

    pas con, le mec !

    il serait illico blaqueboulé de la tête aux pieds, ostracisé , par ses pairs , et surtout , plus rien , pour le coup il serait intermitteux du spectacle

    obligé de retourner bosser à la mine , le mec !
    aux champs , comme le sous préfet !
    ou alors ramasser les poubelles , balayer les rues…ce qui, convenez en ou pas , est une drôle de tuile lorsqu’on se veut dérangeant et critique de notre ordre patriarcal !

  3. Je ne peux vous donner tort, Kobus. En 1986, Gérard Blain, ancienne égérie masculine de la nouvelle vague, tourne Pierre et Djemila dont le scénario est signé, entre autres par Michel Marmin qui officie dans les rangs de la Nouvelle Droite. Il est sélectionné pour le festival de Cannes. Une campagne menée par le magazine mitterrandolâtre Globe va le transformer en film fasciste si bien que Gérard Blain passera pour un nazi masqué et continuera à tourner mais dans l’ombre.


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