Publié par : Memento Mouloud | décembre 14, 2012

Ryan Lanza et Andrew Kehoe : portrait croisé de 2 tueurs américains d’enfants

Ryan Lanza serait donc le meurtrier de l’école maternelle Sandy Hook, sise dans la ville de Newtown, Etat du Connecticut. Il aurait assassiné ses deux parents et un nombre indéterminé d’adultes et d’enfants dont le directeur de l’école. Sur les images, on voit les grands arbres nus de l’hiver qui bordent la route. Une forêt boréale dans une saison où la neige et la mort se confondent car si nous n’avions, nous occidentaux, jamais éprouvé l’expérience de l’hiver, la mort nous aurait été inaccessible. Ryan Lanza est cette sorte de prêtre pervers  qui vient mettre à mort, en bordure de forêt, non seulement ses parents et des enfants à portée de viseur, mais le dieu Hiver. Il annonce donc, lui, le tueur d’enfants, des temps d’obscurité, un désastre.

Il n’est pas le premier à endosser ce rôle dans l’Histoire américaine. On n’a pas attendu la télévision, la National Rifle et les meurtriers en série pour tuer des enfants par dizaines. Une certaine Amérique porte, dans ses flancs, une sauvagerie qu’elle qualifie de païenne parce que son christianisme évangélique est indissociable d’une fascination infantile pour le Mal.

Andrew Kehoe, un agriculteur du Michigan, dont la ferme fut saisie par une banque, un jour de 1927, avait fait sauter l’école de la ville de Bath, à la dynamite avant de lancer une voiture piégée sur les survivants. On releva 38 cadavres d’écoliers sur les 45 personnes assassinées et la cinquantaine de blessées. Il était persuadé que ce n’était pas le saint Marché qui l’avait trahi mais la hausse des impôts locaux qui servaient à financer l’agrandissement de l’école. Il n’en avait rien à foutre de l’école. Andrew, c’était déjà une sorte de libertarien.

Il avait pris soin d’acheter de petites quantités d’explosifs et des câbles pour les relier, puis un mécanisme de mise à feu. Il s’était fait élire trésorier du district scolaire puis appariteur. Andrew était un homme organisé, le travail ne lui faisait pas peur. Ryan Lanza était le fils de sa mère, une institutrice, il savait bien qu’il passerait les portiques de protection. Le travail, l’avenir, il n’y croyait pas alors qu’Andrew Kehoe n’y croyait plus. Ces hommes ont en commun d’avoir abandonné la foi et de ne voir dans cet abandon qu’un appel à la destruction, un retour du chaos.

Comme Ryan Lanza avait initié son massacre par le meurtre de son père, Andrew Kehoe commença par assassiner son épouse et fit sauter sa ferme tandis que Ryan Lanza laisse intact son appartement. Il agit comme une bombe à neutrons, il attend post-mortem la focale de l’objectif et le cadrage fixe avec les volutes de commentaires et cette pornographie qui consiste à passer en boucles le témoignage d’une enfant de cinq ans, face caméra et assaillie par les micros.

Comme Ryan Lanza, Andrew Kehoe tua le directeur et se tua lui-même. Mais il avait choisi le printemps et non l’hiver pour son forfait, l’appel de la vie et non son repli. Il ne supportait même plus le piaillement des oiseaux. Quand leur voiture s’est approchée du lieu de leur attentat, on peut être sûr d’une chose, ils ne regrettaient rien. C’était même le seul jour de leur vie, qu’ils ne voulaient pas regretter. Ils mouraient en salauds, avec la conscience du devoir accompli, celui de l’Office des ténèbres comme l’appelait Camilo José Cela.


Responses

  1. il semblerait que le roi des cons ( puisque c’est ainsi qu’avait qualifié charlie hebdo, le préz des zétats zunis en parlant de bush père , donc ça doit être pareil pour son lointain successeur) a pleuré en direct à la tévé ( quel malheur d’être débarrassé de cette merde! j’aurais pu – presque voir des larmes sincères, pas motivées par le souvenir de la choa ou de la traite des noirs….non, je déconne….quel bonheur de ne plus avoir cette machine à décerveller) en annonçant le deuil national…
    et pourquoi pas après tout?

    mais qu’on me permette de dire que ça a beaucoup plus de poids lorsqu’il s’agit d’écoliers américains ( quoique sûrement métis eux aussi, à l’image de leur président) et qu’on peut mettre en accusation la nra et les républicains que lorsqu’on fait péter une bombe au cul du monde, au pakistan, dans une école de fille , ou lorsque israël déverse des tonnes de bombes du haut du ciel sur gaza, ou lorsque obama fait la même chose au yemen ou lorsque l’asl fait pareil chez les alaouites

    là, mon garçû , silence radio

  2. Bernanos disait qu’on n’éprouve de la compassion qu’envers des égaux. Et le traitement des victimes est en effet un bon baromètre de ce que nos zélites considèrent comme des pareils. Et encore, je ne me souviens pas d’une soirée spéciale quand Breivik a assassiné des dizaines de jeunes norvégiens. Remarquez que les mêmes font une propagande intense envers l’accueil de populations qui les indiffèrent quand elles sont déchiquetées par des bombes à fragmentation dans un village lointain ou qu’un commando apparaît dans leur cuisine après avoir défoncé le mur d’enceinte à la dynamite puis interrogé le père de famille ou les frères de manière très musclée devant leurs femmes, sœurs ou enfants. Parfois un instant d’apitoiement apparaît devant le dénuement absolu d’une ville ravagée par un tremblement de terre, on pleure alors d’être si généreux comme si on sauvait des chiens errants aux yeux apitoyés. Les philosophes du XVIIIème siècle avaient bien posé le problème d’une pseudo-morale cosmopolite : pourquoi une éraflure nous importe plus que la disparition d’un pays lointain ? Hume aurait répondu, parce que la fiction nécessaire pour que nous éprouvions une certaine sympathie pour notre prochain décroît avec la distance, non seulement géographique mais affective. L’être humain est animé par la partialité et la contigüité, le terreau de toute véritable morale grégaire s’inscrit donc dans ce substrat, le reste ne vise qu’à culpabiliser inutilement, donc à imposer un pouvoir pastoral

    • j’aime bien cette image du commando qui fait irruption dans la cuisine après avoir pété le mur du fond à la dynamite
      yasmina khadra ( vous voyez, de la littérature même pas de hall de gare) a parlé dans un de ses pavetons de ce qu’il a vu , lorsque le gi a jeté son père au sol, oui le narrateur a vu l’interdit , l’impossible, la verge du père, molle et flasque , à travers l’échancrure de la djellaba ( ou du pyjama ou de la robe de chambre)
      on comprend que ça l’ai poussé ( le narrateur , pas khadra , hein) à s’engager dans le djihad

  3. Vous pouvez ajouter cette politique systématique des types de Tsahal durant la dernière intervention massive à Gaza (plomb farci ou durci, j’sais plus) qui consistait à chier dans les appartements des palestiniens après avoir détruit plancher, plafond et murs auxiliaires façon Brazil

    • détruire plafonds , planchers et murs non porteurs, c’est ce que font les seïdes du fisc totalitaire et socialiste lorsqu’ils rentrent dans une entreprise pour vérifier ses comptes

      pour ce qui est de chier partout, ce sont leurs patrons qui s’en chargent

      exemple 1 ; « môssieur mittal n’est pas le bienvenu en afrance »
      exemple 2 ; « ce que fait môssieur depardieu est assez minable »
      exemple 3 ; « môssieur peugeot et sa famille ont merdé, ont été des nullards sur le plan industriel et sur celui de la prospective et en plus ont été coupables de dissimulation »

      saurez vous , aimable lecteur , à qui appartiennent ces phrases ?

  4. Les exemples 1 et 3 n’ont pas grand rapport avec le 2. Dans les exemples 1 et 3, on joue les gros bras gauchos, côté scène publique, avant de tailler des pipes aux mêmes Mittal et Peugeot côté couloir. Dans le cas numéro 2, on se lâche enfin parce qu’on vise un artiste

    • enfin, artiste….

      dans le monde actuel, nous sommes tous artistes , car nous le voulons tous

      muray ( désolé de m’y référer trop souvent) disait que c’était la primauté du choix sur le don « je suis tartiste comptant pour rien et que je la vaux bien et d’ailleurs c’est mon choix »
      changeons « artiste » par « foutebauleur » ou « chanteuse de variété » ( révélée par la starac) ou par « sociologue » ou « psychologue amateur » et invoquons « un rêve qu’on ne peut briser  »

      non, ce qui est visé c’est un artiste mais pas n’importe lequel , un artiste qui a soutenu l’ignoble sarkozy et ça, ça change tout

      que le mec soit issu du peuple ,qu’il se soit fait tout seul ( débutant à 14 ans comme ouvrier imprimeur , ou manar sur les chantiers ) , qu’il ai vendu des kilomètres de pellicule, qu’il ai fait cracher les gens au bassinet pour le téléthon, le génothon, les enfoirés , qu’il ai décroché un ou des oscars , peu importe

      il a soutenu sarko et ça, ça ne se pardonne pas

      à ma connaissance , noha , auteuil et béard ( pas guy , sa fille, emmanuelle , la tout belle , qui a hurlé , trépigné , qui s’est accrochée avec les crs en 96 , envoyés à l’église st bernard pour virer les sanpapié , souvenez vous) ces trois là sont bien domiciliés fiscalement hors de france

      et beaucoup d’autres , soutiens de la gauche et du peuple

      aucun d’entre eux n’a soutenu sarko , ils ont donc quitus pour ne pas payer leurs impôts en afrance et ne pas être injuriés par le gouvernement

  5. Jean-Marc Ayrault a bâti toute son image sur la simplicité, sur le « je suis comme vous », une version austère du quidam. Disons, Jospin mais sans la dépression, le calvinisme et Sylviane Agacinski. Donc Jean-Marc passe des vacances en France et se déplace en camping-car. La vérité c’est que Jean-Marc a été précédemment professeur d’allemand (4 ans à plein temps) puis très vite apparatchik, donc J-M aime, adore, raffole du pouvoir dans la version purement vichyste du je suis au service du peuple.

    Pour ce qui est de Depardieu, il se rattache par certains côtés à la vieille figure désormais moribonde de l’artiste (je ne cause pas des intermittents), il ne dit pas je suis au service du public, j’aime tous les frankaouis, je suis comme vous, Depardieu, ce n’est ni Djamel ni Omar Sy ou Noah, donc il indispose profondément un cul-béni vichysto-socialiste comme Ayrault, ce n’est pas une simple rixe électorale. Et entre nous, je préfère entendre Depardieu lire un extrait des confessions de saint Augustin que tout le chœur du gouvernement psalmodier l’évangile cordicole

    • ouiche, les austères qui se marrent, de nos jours se marrent un peu moins

      ils préfèrent aboyer

      qu’on me cite un socialope qui n’a pas aboyé lors de la mise à mort de gégé ….

      et , ‘ffectivement, l’attrait des ors et des fastes républicains est , paraît il, le primum movens de tout politicard

      je me souviens qu’en 2002 , francis mer , très éphémère miniss de l’économie , avait fait une sortie de route assez remarquée

      explication ; il n’était pas du sérail, donc , pas de légitimité à occuper les ors ci devant royaux , et depuis , dieu merci , républicains
      il avait commis un petit opuscule qui n’eut qu’un succès d’estime ( alors que la moindre glaire d’un sous ministricule est vantée à longueur de journal tévé et d’émission – pas séminale ! qu’allez vous chercher!- littéraire )pour expliquer tout ça , je l’ai lu et, à ma grande honte, je l’ai perdu

      • ha erreur, mon pseudo c’est kobus, vous savez, lollandais cevenol

  6. Remarquez Madelin qui a un parcours accidenté a accompli un ministériat de l’économie d’une brièveté remarquable, c’était aussi sous Chirac


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