Publié par : Memento Mouloud | mars 1, 2013

Lettre ouverte à Stéphane Alliès, Louise Fessard, Jérôme Hourdeaux et Marine Turchi de Mediapart à propos d’un article sur Laurent Obertone

Dans votre article intitulé la France Orange mécanique, le vrai parcours de Laurent Obertone, vous pensez établir l’identité blogueuse de celui-ci et vous l’étayez de certains témoignages et indices. Laurent Obertone serait l’Ubiquiste qui serait Le Pélicastre jouisseur. Puis, à la page 3 de votre papier je lis ceci :

« Juifs, homos, femmes

Car les fidèles du Pélicastre ne se voilent pas la face et parlent ouvertement de « racialisme » voire de « racisme » à propos de leur blogueur préféré. « Ce que je crois des théories racialistes, c’est uniquement ce que j’en ai lu sous la plume de Chute Finale ou du Pélicastre, ainsi que certains textes propagés par Pakounta »indique un blogueur, qui précise avoir acheté « le livre de Pélicastre », sous le titre « Confession d’un racialiste réticent ». Un fan de la première heure dit lui s’être fatigué de « son outrance racialiste obsessionnelle ».

 « Tu devrais monter un front commun avec le Pélicastre : Pour un racisme décomplexé, racisme total ou la mort, ce genre de truc, ça aurait de la gueule »plaisante un blogueur sur un autre blog, « certifié réacosphère », comme l’affiche fièrement son bandeau. « Que reprochez-vous au Pélicastre, par exemple ? Son racisme, ou le fait de l’intellectualiser ? » lui répond son interlocuteur.

L’antisémitisme n’est jamais très loin non plus, quand Laurent Obertone, alias Le Pélicastre, dénonce la trop grande importance médiatique donnée aux agressions contre des juifs. »

Vous réussissez l’exploit de me présenter comme un fidèle du pélicastre que j’ai toujours conchié, comme un raciste alors que ma remarque était ironique et reprenait tout simplement un slogan meurtrier de Céline proféré en 1941. De plus, je ne répondais pas à Calliclès mais à un autre intervenant. Enfin, par votre lien même involontaire avec la dernière phrase citée, vous me mettez dans le panier des antisémites, ce qui est une parfaite infamie.

Je ne vous demande aucune excuse puisque vous en êtes incapable, je vous demande juste de faire votre boulot et de le faire correctement. Je ne suis pas de gauche parce que je ne me reconnais pas dans ce qu’ incarne la gauche aujourd’hui, mais réactionnaire ne veut en aucun cas signifier qu’on est un raciste, un antisémite ou un homophobe comme vous le martelez dans votre article. Si j’avais à me définir je dirai que je suis ce qu’Antoine Compagnon nomme un anti-moderne, à l’instar de Roland Barthes ou de Charles Péguy voire de Thomas Bernhard ou d’Hans-Magnus Enzensberger et quant à connaître ma position exacte sur le racisme, je joins à ce post cet article :

1/ Comme type grégaire, cynique et idéaliste, le raciste ressemble assez aux politiciens, marchands et intellectuels modernes, lui aussi dénonce les idéalisations hypocrites (les droits de l’homme, l’égalité) mais tente tout de même d’en exploiter le filon esthétique (le blanc si possible aryen, c’est tout de même plus beau que le noir, l’arabe, le jaune et le juif, les amis battons nous pour préserver la white supremacy, autre idéalisation). Le raciste est donc la proie d’une double mauvaise conscience, il dénonce un idéal factice pour en proclamer un autre selon l’ordre des faits qui ne le soutiennent qu’à condition d’être aveugle à une bonne part de la réalité. Il dénonce la violence hypocrite de son adversaire mais acquiesce à tous les futurs massacres nécessaires au triomphe de sa race. Comme les gauchistes, c’est un activiste de la destruction du présent et un homme passif face à ce qui adviendra et qui ne peut être que bon et sage ; comme les gauchistes, c’est un idéologue dépositaire du vrai savoir ; comme les gauchistes, sa tâche qui n’est pas soutenue par les masses, est entravée par un vaste complot. Le raciste comme le gauchiste agissent tels le grand Inquisiteur. Comme réalistes, ils abandonnent la dichotomie du bien et du mal, comme utopistes ils la réintroduisent en sous-main et dans l’aveuglement.

2/ Le raciste vole mais ne sait plus marcher, il nage sous l’eau mais ne peut plus respirer dans l’air. Ce qui est chez un homme vraiment grand, destin personnel, cheminements entravés par les objections qu’il s’adresse à lui-même, devient chez le raciste, un style. Quand l’homme créateur juge que les deux plateaux de la balance sont lourdement chargés et qu’il suffit d’un rien pour emporter la décision, le raciste prend feu pour affirmer que l’on ne doit pas toucher aux cheveux d’un blanc sans représailles, mais n’hésitera pas à condamner à mort d’un trait de plume des milliers des siens, en toute indifférence, si on lui en laisse le pouvoir.

3/ Le raciste voudrait supprimer la contrainte morale, disons religieuse, disons même chrétienne qui enserre l’homme blanc, mais biffer cette contrainte et la renvoyer dans les poubelles de l’Histoire c’est se ramollir, or rendre l’homme capable de grandes choses bien qu’il soit un porc est toute la question de la politique. Il n’y a pas de grands ancêtres et de futurs eugéniques, il y a l’homme égal à lui-même, insociable, barbare, sauvage, peureux, grégaire, vaniteux et marchant à l’amour-propre, ingrédients indispensables de sa grandeur possible.

4/ Des écrits racistes, on pourrait dire qu’ils ne contiennent ni assez de raisonnement pour convaincre ni assez d’esprit pour amuser et ce dans le meilleur des cas, les pires usant d’arguments à la fois faux et extravagants. Toute cette littérature témoigne d’une méconnaissance abyssale de la biologie et de la génétique alliée à un verbalisme échevelé qui rend son apport en terme de connaissance, nul. Aussi le raciste qui voudrait passer pour savant (réalisme oblige) n’est jamais qu’un mystificateur. D’un côté, il mettra en exergue les ressemblances les plus superficielles (la couleur de peau comme critère de classement des individus, les résultats aux tests de QI par « races ») et de l’autre, il ignorera les différences fondamentales (la répartition en courbe de gauss des mêmes résultats aux tests de QI parmi les populations de « race blanche », le contraste absolu entre la masse des « blancs » et les créations artistiques ou scientifiques qui sont toujours le fait d’individus, blancs ou non) qu’il qualifiera de détails sans importance. A partir d’un vague air de famille, il en viendra à créer une propriété donc une identité, le caractère prométhéen de la même race blanche ou aryenne.

5/ Le seul intérêt des écrits racistes est de témoigner d’une détresse, d’un sentiment de décadence et de dépossession qui affecte une population mâtinée d’un savoir sommaire appris à l’école pour tous. Leur style énumératif et allusif témoigne d’une écriture hiératique qui force le trait, transformant une impuissance en une épopée grandiose impliquant le Cosmos et le battement secret du cœur de la Terre, comme un devenir apocalyptique, un Armageddon permanent. Le raciste est un symptôme. Notre civilisation a rompu les amarres avec sa propre tradition chrétienne, elle a rendu les hommes plus incertains, plus faibles de volonté, désireux de chercher à tout prix des comparses et des appuis. Il existe un lien entre l’arbitraire grandissant de tout homme d’Etat et son cynisme de commis qui peut se déployer sans heurts et cette déliquescence de la tradition faite instinct qu’engendre l’esprit d’analyse qui est esprit de dissolution et de doute méthodique. Quand la tradition est morte, le « on avance et on voit » de Napoléon devient le principe de toute décision et l’impératif catégorique de Kant se présente comme un doublon délirant du décalogue défunt. Le raciste prétend y substituer l’instinct, l’enracinement séminal, il ne fait que raturer ce qui fut, l’encellulement dans la paroisse et le dominium seigneurial des communautés paysannes d’Europe occidentale, avant que le progrès ne les emporte en un vaste mouvement ininterrompu qui va des enclosures au Titanic. Le raciste témoigne aussi de la panique qui saisit l’homme occidental, dès lors que l’assurance de conduire sa destinée selon la liberté et la raison s’affaisse. Il témoigne pour cette incapacité de ce même Occident à assurer sans heurts le mariage du changement et de la conservation, sans quoi il n’est pas de progrès possible mais une série de ruptures et de chocs qui rendent indiscernables, la sagesse et la bêtise.

Portrait du libéral-racialiste et de son double le libéral-métissolâtre

Les libéraux-racialistes ont ceci de singulier qu’ils se réclament de la droite alors même que tout libéralisme en acte est une forme d’universalisme et que tout racisme est un dépassement de la nation vers un groupe qui lui est toujours supérieur. A leur manière, ils ont accommodé, une valeur de gauche, l’Universalisme, avec une autre, de droite, la Hiérarchie. Dans le processus, ont disparu Dieu et le pays, l’Eglise et la notion de peuple.

Comme libéraux de base, ils tiennent la concurrence comme le seul rapport possible entre individus, celle-ci engendrant la meilleure allocation des facteurs de départ et établissant une hiérarchie des richesses qui reflète celle que la nature a établie entre les agents. Comme racialistes, ils estiment que la nature a créé des races en lutte pour la domination du monde, mais qu’une seule incarne la vraie civilisation, la vraie culture et qu’il est de la plus extrême urgence de la laisser déployer sa volonté et son art de vivre. Que la Nature renvoie dans le cas du libéralisme au livre ouvert de Galilée dont il faudrait déchiffrer le langage et dans celui du racialisme à une conception organique et quelque peu occultiste, n’a aucune importance, tant l’idéologie exclut le principe de non-contradiction.

Comme les résultats du libéralisme ne sont pas exactement ce qu’il attend de la hiérarchie d’origine entre les races, tout libéral-racialiste en vient à chercher les obstacles qui empêchent l’adéquation absolue entre la hiérarchie des individus telle qu’elle résulte du marché et celle que la Nature a instituée d’avance, dans son dessein que le libéral-racialiste a deviné à coups d’intuitions et de savoirs secrets. Dès lors que cette inadéquation passe pour un scandale logique, à ses yeux, tout racialiste neurasthénique est tenté par le décadentisme à la Gobineau, quand c’est un combattant, il va quérir le complot qui se cache derrière ce quiproquo.

L’accusé sera l’Etat, social ou non, car à l’opposé du marché et de la race, l’Etat se présente toujours, sous la plume d’un racialiste, comme un artefact, le monstre froid de Nietzsche lu par le club Mickey des derniers surhommes. On pourra y ajouter l’ONU super-monstre froid cacophonique dont l’artificialité au carré est le parangon de l’anti-Nature ainsi que le spectre du bolchévisme dont Mélenchon ou Besancenot seraient les dernières incarnations. Le libéral-racialiste en frissonne. Tout est renversé, la maternocratie a remplacé le mâle alpha du clan avec toutes ses guenons en attente d’être saillies, les dysgéniques et fonctionnaires tètent des mamelles de la Providence statolâtre et pendant ce temps le membre du Herrenvolk croupit dans le marécage où ses forces s’épaississent. La révolte gronde.

Le libéral-racialiste a ses traîtres préférés : les libéraux-métissolâtres dont l’UMPS de Sarkozy est comme l’incarnation à Gauche toute.

Le libéral-métissolâtre est comme le franc-maçon du XVIIIème, un concentré d’Humanité future. Il ne croit pas à la filiation, encore moins à la Race, chaque homme est une parcelle d’Humanité, à ceci près que certaines parcelles sont plus parfaites que d’autres. La seule méthode pour repérer de tels parfaits est simple : A cinquante ans, ils ont une Rolex au poignet. Le libéral-métissolâtre est son père et sa mère, son fils et parfois sa fille, toujours jeune et entreprenant, curieux et ouvert, le monde est son couvert, partout il s’invite au banquet de la vie. Le libéral-racialiste devine en lui, un ennemi sournois qui renverse les lois du monde en intégrant au sein du peuple-maître, des bronzés et des bridés, sacrifiant pour un plat de lentilles en or massif, le droit d’aînesse de la race supérieure.

Etrangement, libéraux-métissolâtres et libéraux-racialistes ont une même obsession pour le peuple juif. Pour les premiers il est cette entité cosmopolite, ce curieux peuple à la nuque raide qui a bravé toutes les persécutions pour que Yom Kippour soit chômé à Wall-Street. Pour les seconds, les juifs prouvent par leur existence, la vérité vraie de la Race. Ils existent comme Race unie, ils réussissent comme race unie, ils se battent comme une race unie, ils gagnent, comme une race unie. De là qu’indifféremment, un libéral-racialiste soit, tour à tour, philo ou antisémite, prêchant tantôt son admiration pour une sorte de simili-surhomme qui préfigure le vrai ou voyant dans le Juif, le maître de toutes les toiles arachnéennes empêchant l’Aryen de s’établir à sa place, en toute primauté. Car dans ce monde, l’Intelligence, la vraie n’a été donnée qu’aux juifs et aux aryens, les autres servant de comparses.

En tout point, le libéral-racialiste est un indigné, il n’est pas certain que ses colères aient la même ligne de basse que celles de papy Hessel mais il ne s’agit ni du même troupeau, ni des mêmes bergers.


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