Publié par : Memento Mouloud | mars 20, 2013

Grigny : une ville à part

Le cas Laïla : esclave domestique

Pendant onze ans, elle a été l’esclave d’une famille marocaine à la Grande Borne, une cité de Grigny, en Essonne. Son histoire terrifiante a pris fin il y a un an. Une information a été ouverte pour «viol avec arme, séquestration, actes de torture et de barbarie». Plus «non-assistance à personne en danger physique et moral» et «non-dénonciation de crime». Les tortionnaires, un couple d’une trentaine d’années, ont été écroués. Laïla est née en octobre 1976, à Douar Ouled, un village du Maroc. Très vite, ses parents l’ont confiée à une tante, qui l’a élevée jusqu’à 9 ans. Puis Laïla est partie en France, avec Hafida, la fille de cette tante, et son mari Abdallah. La femme a aujourd’hui 30 ans, l’homme 31.

En 1985, la famille s’est installée à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), avec Laïla. Pendant un an, tout s’est très bien passé. La petite fille est même retournée au Maroc, pendant les vacances, avec une cousine. Mais à son retour, la famille déménage, elle s’installe à Grigny, et l’enfer commence.

Dès son lever, Laïla doit préparer le petit-déjeuner, pour toute la famille. Elle fait le ménage, la lessive, la cuisine. S’occupe des enfants en bas âge. La mère, Hafida, ne se lève en général que vers 14 heures. Laïla mange dans la cuisine, et seulement les restes. Pendant près de dix ans, elle ne quittera plus le logement.

Elle y est régulièrement battue. A coups de poings sur le visage, le crâne, le ventre. La mère la griffe, aussi, et la traîne par les cheveux.

Le mari, Abdallah, est chauffeur de bus. A la maison, il agrippe parfois l’enfant par les cheveux, et la fait tournoyer dans l’appartement. Puis la lâche. Contre un mur, ou au sol.

Régulièrement, il regarde des vidéos pornos, et demande à la gamine de faire ce qu’elle voit à la télé. Lorsqu’elle refuse, elle est frappée par le père, puis par la mère. Elle expliquera aux enquêteurs que l’homme lui liait des fois les pieds et les mains pour lui imposer des fellations. Et que d’autres fois, elle était sodomisée.

Régulièrement, les parents partent en voyage, et la laissent seule, enfermée dans le HLM. Un jour, ils partent en Belgique. Elle ne sait plus quand: avec la claustration, elle a perdu toute notion du temps. Elle sait seulement qu’elle avait 16 ou 17 ans. Peu après leur départ, le frère d’Abdallah, Jilali, est entré. Il avait les clés du logement. Il s’est jeté sur elle, et l’a caressée. Comme elle se dérobait. il l’a assommée et violée. Elle était vierge. Elle a décidé de s’enfuir.

L’occasion est venue quelques temps après. La famille était sortie sans verrouiller la porte. Laïla est sortie. Elle a rejoint Paris, où elle a rencontré une jeune femme d’origine algérienne, Touria. Une prostituée, qui l’a hébergée quelques mois. Puis qui a essayé de la faire «travailler». Mais Laïla a refusé. Alors, la logeuse a contacté la famille de Grigny, dont l’adresse se trouvait dans les affaires de Laïla. Les parents sont revenus la chercher.

Fuite. Une jeune fille, Houria, avait déjà pris sa place dans la famille. Laïla a reçu une correction, et Houria est partie, chez une soeur d’Hafida. Et le calvaire a repris pour Laïla. Un matin, elle était dans la salle de bains. Le père a ouvert sa porte avec un tournevis. Il est entré, l’a de nouveau violée. Elle a menacé de sauter par la fenêtre s’il recommençait. C’est en septembre 1996 que Laïla a quitté définitivement l’appartement de la Grande Borne. Elle s’est enfuie de nouveau, et a rejoint Paris. Cette fois, dans le métro, elle a rencontré Cherifa, une femme marocaine, qui a amené chez une voisine cette adolescente dont «le visage reflétait la peur». Laïla était alors très maigre. Elle tremblait tout le temps, dévisageait les gens. Elle s’exprimait comme un enfant de 7 ans, en butant sur les mots.

Puis, progressivement, elle s’est confiée, par bribes. La famille a alors alerté une assistante sociale, qui a pris contact avec le Comité contre l’esclavage moderne (1), dont l’avocat a porté plainte.

Un docteur a examiné Laïla, et constaté un «manque de cheveux», un «crâne sensible au toucher», des «traces de coups», et un «tassement des vertèbres». Le couple de tortionnaires a été arrêté le 10 octobre dernier.

«Malheureusement, il n’est pas sûr que cela puisse aboutir devant la justice, explique Dominique Torres, une journaliste de France 2, qui a fondé le Comité de lutte contre l’esclavage. Une partie des faits sont anciens et les preuves sont très difficiles à recueillir. Les policiers ont pourtant fait un travail remarquable et le parquet les a bien relayés. C’est rare. En règle générale, je crois que la justice n’a pas pris la mesure du développement de l’esclavage en France.»

Tout à apprendre. A la Grande Borne, c’est la troisième affaire du même type. En 1995, un couple a été mis en cause, mais protégé par l’immunité diplomatique. La mère était secrétaire d’une assistante sociale d’ambassade.

Aujourd’hui, Laïla vit avec la famille qui l’a recueillie, un couple de musulmans très croyants. L’ambassade du Maroc doit fournir un passeport pour Laïla, puis les parents tenteront d’obtenir des papiers français. Pour l’instant, ils cherchent un nouveau logement. Ils ont déjà trois enfants, qui dorment dans la même chambre.

Laïla prend des cours d’alphabétisation. Jamais scolarisée, elle doit tout apprendre. Lire, écrire, mais aussi déchiffrer l’heure. Et ne plus avoir peur.

Libération 17 octobre 1997

Camille 15 ans

Un cas de tournante raciste documenté est celui qui s’est déroulée à la Grande Borne, à Grigny, dans l’Essonne, où une gamine de 15 ans – blanche – a été violée par dix jeunes. Ceux-ci ont déclaré qu’ils s’en étaient pris à elle parce que « c’était la seule babtou du groupe ». Il s’agit de Camille, une petite blonde sur laquelle Kader, un jeune de la cité jette son dévolu. La gamine repousse les avances de cet individu, qui se venge aussitôt en cambriolant la cave et fracasse la boite aux lettres de sa famille. Enfin, un soir de Janvier 1999, La jeune Camille se promène avec deux amies d’origine africaine lorsqu’elles croisent une bande de garçons, dont le jeune maghrébin. Un des hommes lancent aux Blacks : « Foutez le Camps ! C’est la Blanche qu’on veut ». Camille demande à ses amies de prévenir ses parents ; elles n’en feront rien.

Dès ce moment, elle est traînée dans un local à poubelle. On lui arrache ses vêtements. Kader l’oblige à lui faire une fellation, puis un copain de Kader, Lamine, rejoint le groupe. Le viol collectif commence et les sévices sexuels vont s’enchaîner jusqu’à trois heures du matin, sous les applaudissements des jeunes de la cité. La famille portera plainte… et ce sera elle, bien sur, qui devra quitter le quartier.

Année 1999

L’utopie de la grande-Borne

Au fond du local des boulistes, béret sur la tête et langue bien pendue, un sexagénaire joue aux dominos avec un ami. A côté, sur une autre table, les copains retraités font une partie de rami. Dehors, au milieu des immeubles, c’est la pétanque de 16 heures au soleil. Ambiance formica, verre de thé et franche rigolade : « On n’est pas heureux, là ? » La petite troupe d’anciens acquiesce généreusement. Bienvenue dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny (Essonne).

Bienvenue ? En fin d’après-midi, au même endroit, où à quelques dizaines de mètres, selon les soirs, l’ambiance peut changer radicalement. Des adolescents ou de jeunes adultes enfilent des cagoules ou se dissimulent sous leurs capuches. Puis ils remplissent des chariots Leclerc avec des pierres ou des cocktails Molotov. Et se lancent à l’assaut des policiers en patrouille. Le ministère de l’intérieur parle de véritables « guets-apens ». Convaincus qu’un jour il y aura un mort, les policiers de terrain évoquent, eux, des scènes de « guérilla urbaine ».

Du jour à la nuit. Quantitativement, le noyau dur des émeutiers représente une cinquantaine d' »individus ». A peine plus, si l’on ose dire, que le noyau dur des boulistes. Une goutte d’eau sur les 11 000 habitants du quartier, coincés entre l’autoroute A6, une route nationale et une zone industrielle. Mais un impact social énorme. L’image d’une ville tout entière, l’image d’une jeunesse enragée.

Dans le palmarès informel des cités difficiles, la Grande-Borne est au sommet.« Certainement un des quartiers les plus durs d’Ile-de-France« , note Michel Lernoux, procureur adjoint de la République à Evry. Toujours précurseur dans les violences urbaines, bien plus sensible, en réalité, que Clichy-sous-Bois (Hauts-de-Seine) ou Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), les stars mondiales des french riots. Les premiers coups de feu contre les policiers pendant des émeutes ? A Grigny, lors des violences de l’automne 2005, puis à nouveau en mars 2008. La mode des incendies de bus ? Grande-Borne, octobre 2006. Les « caillassages » de pompiers ? Les mortiers improvisés avec des feux d’artifice ? Les attaques de particuliers sur la nationale ? Les incendies d’école ? De voitures ? La Grande-Borne, encore et toujours.

Le quartier, dont une petite partie se trouve sur le territoire de Viry-Châtillon, était né d’une utopie. Celle de l’architecte Emile Aillaud de créer une cité-dortoir qui devienne une « cité des enfants ». Des immeubles de deux ou trois étages, construits entre 1967 et 1971 pour faire face à la poussée démographique. Des ruelles piétonnières qui serpentent entre les bâtiments colorés. Des places où les anciens prennent le soleil l’après-midi et où les enfants peuvent jouer. Et, au milieu de ce triangle, un immense espace vert – pelouse, pâquerettes, arbres – qui donne un faux air de campus universitaire, en moins bien entretenu.

Les livreurs ne viennent pas – ou alors, avant 10 heures du matin, avant que les « racailles » qui se couchent tard ne commencent à se réveiller. Des médecins refusent les visites. Une partie des commerçants ont baissé le rideau, fatigués de subir des braquages. Des enseignants ont fait grève après plusieurs agressions. Les employeurs mettent de côté les CV où figure l’adresse de la cité. La police, elle, envoie régulièrement un hélicoptère survoler le quartier. Des patrouilles incessantes en journée. Des fouilles de véhicules, des contrôles d’identité innombrables. Des camionnettes de CRS qui tournent au ralenti le soir et qui donnent le sentiment de se trouver dans un territoire occupé.

Quelques dizaines d’adolescents face à l’Etat. Une poignée de jeunes face à 11 000 habitants. Le rapport de forces semble déséquilibré. Et pourtant, ce sont les premiers qui tiennent le territoire, qui imposent leur loi. Les anciens comme les mères de famille peuvent certes circuler en toute tranquillité. Y compris la nuit. Mais à condition de ne pas regarder ce qu’ils ne doivent pas voir  « On est bien ici, mais faut se tenir à sa place », répète le président de l’association des boulistes retraités, dans le quartier depuis 1971. Il refuse que son nom soit publié. On le comprend : derrière le terrain de pétanque, sur les places bétonnées, c’est une autre partie qui se joue, partiellement invisible. Selon la police, la zone est une « plaque tournante » du trafic de stupéfiants, essentiellement du cannabis amené par l’autoroute A6. Un secret de polichinelle dans la cité. « Il y a des centaines de kilos qui transitent par cette place », glisse un commerçant.

La Grande-Borne, c’est finalement l’histoire d’une prise de pouvoir par une poignée de jeunes. Lorsque commence une émeute, une bagarre, lorsque se déroulent des opérations liées aux trafics, les adultes poursuivent leur chemin, comme si de rien n’était. Agnès Daviau, 77 ans, dont trente-six passés à la Grande-Borne, n’a pas peur de vivre au milieu du quartier. La militante, bénévole dans une association de soutien scolaire, réfléchit. Aucune agression subie. Pas de menaces particulières. Mais une obligation de discrétion qu’elle a intégrée dans sa vie quotidienne. « Faut pas prendre la mouche, ici. Un jeune peut te bousculer parce qu’il a un truc dans les oreilles », raconte cette ancienne « travailleuse familiale ». « Quand on leur parle, on met pas de violence dans nos réponses. Quand ils font du bruit à 23 heures, devant nos fenêtres, on est tolérants. »

Sylvie Alipio, 35 ans, six enfants, prend le café chez son amie, Orkia Benaïssa, 39 ans, trois enfants, au milieu de la Grande-Borne. Salon oriental, immense écran plat, appartement briqué. Elles racontent la convivialité et le plaisir d’habiter un« village » qui font oublier la difficulté à boucler les fins de mois avec un RMI. Mais Sylvie Alipio décrit aussi la loi implicite de la cité. Rester discret, laisser faire plutôt que de prendre le risque d’intervenir.

« Quand on habite ici, il ne faut jamais montrer qu’on a peur. Il faut toujours faire comme si c’était normal. Il y a une arme ? C’est normal. Il y a une bagarre ? C’est normal. Il y a une émeute ? C’est normal. » Avec quelques parents d’élèves, les deux mères de famille tentent de faire évoluer cette culture du silence. Courageusement, elles ont organisé une marche contre la violence à l’automne 2007. Mais la reconquête est difficile : « Au fond, les adultes ont peur des enfants. Même des gamins de 10 ans », se désole Sylvie Alipio.

Le problème, c’est qu’à la Grande-Borne, la jeunesse déborde. Avant d’être la ville des émeutes, Grigny est la ville des poussettes. Près de 800 naissances par an, soit un millième du total des naissances en France pour une commune de 25 000 habitants. Le taux de natalité de la ville se situe exactement entre la moyenne française (13 naissances pour 1 000 habitants) et la moyenne du continent africain (38 pour 1 000). Des gamins partout, dans les crèches, les écoles, le collège, au bas des immeubles, dans les halls, sur les places, au gymnase, sur les stades : 28 % de la population ont moins de 14 ans, 23 % ont entre 15 et 29 ans. « On doit être la ville la plus jeune de France », relève Omar Dawson, 29 ans, titulaire d’un DESS en commerce international, créateur de sa PME dans l’audiovisuel.

Grigny sert de porte d’entrée aux migrants qui arrivent en provenance d’Afrique noire, notamment. Des zones rurales à la banlieue parisienne, la secousse est rude. Oreillette Bluetooth qui clignote, pantalon et veste en jean, De-Charles Claude Aka, fils de diplomate ivoirien, a longtemps été éducateur spécialisé dans les rues de Grigny. Il s’occupe aujourd’hui d’une association qui propose des cours d’alphabétisation. De ce poste, il observe, au quotidien, le choc culturel pour les parents et les enfants. « Quand les familles arrivent ici, elles sont sur une conception traditionnelle de l’éducation : elles pensent que tout le monde va être responsable des enfants. Que les voisins, les tantes, les cousins vont surveillerles gamins. »

Au milieu de fratries importantes, notamment lorsqu’il s’agit de familles polygames, ces jeunes finissent par s’élever tout seuls ou entre eux. Dans la rue, pour certains. Dans son F5, au 2e étage, Orkia Benaïssa montre du doigt le bâtiment en face de chez elle. « Un soir, il faisait nuit, il y avait des petits de 8 ans qui jouaient sur le toit. Ils pouvaient tomber et se tuer. Les parents, ils sont où ? » Le résultat est désastreux : une large partie des jeunes quitte le système éducatif sans le moindre diplôme. Donc sans possibilité d’insertion durable.

A la rupture culturelle s’ajoutent la précarité et la pauvreté. Le chômage est deux fois plus élevé à la Grande-Borne que sur le reste du territoire. Les revenus sont inférieurs de moitié à la moyenne nationale. Une situation connue : depuis trente ans, les pouvoirs publics n’ont jamais cessé d’envoyer dans le quartier les familles les plus en difficulté. « On ramène à la Grande-Borne tous ceux dont on veut pas ailleurs. Et on s’étonne que ça n’aille pas bien ! », note le président des boulistes, nostalgique du temps où il y avait encore des « Français » – comprenez des « Blancs » – en nombre. L’Etat a beau avoir la volonté d’investir des centaines de millions d’euros pour la rénovation urbaine, c’est le sentiment d’abandon qui prévaut.

Le Monde, 25 avril 2008

Hélène, médecin à Grigny

Sur son bureau, un épais dossier vert répertorie l’ensemble des vols, des agressions physiques, des effractions commises à son cabinet. Installée en face des tours de Grigny-2, un quartier sensible de l’Essonne, Hélène Bouteloup, médecin généraliste depuis vingt-huit ans, compose entre incivilités et sentiment d’insécurité : « Quand je suis arrivée, le quartier était tranquille. Et puis, il y a une dizaine d’années, les choses ont tourné.  Une fois, un patient est allé chercher un couteau et a éventré tous les fauteuils de la salle d’attente. »

Portes cassées, vitres fissurées, ordinateurs volés à maintes reprises… et ce 5 mai 2006, où elle est physiquement agressée : « Ça faisait quinze jours que deux hommes rôdaient autour de mon cabinet. Ils avaient le visage dissimulé. Je me suis dit que j’étais parano jusqu’au soir où je suis partie plus tôt. A peine avais-je fermé la porte que je me suis retrouvée à terre. Ils m’ont assommée, rouée de coups et traînée jusque dans les escaliers avant de me voler mon ordinateur portable », se souvient la professionnelle de 55 ans.

Ses plaies soignées, Hélène Bouteloup retourne dès le lendemain au boulot au cabinet. « Les médecins sont des proies faciles, mais j’ai toujours refusé de céder à ces prédateurs. Car il y a tous les autres patients qui nous disent Vous n’allez pas partir docteur ? Si tous les médecins du quartier partent, qui fera le travail ? En vingt ans, dans le secteur, nous sommes déjà passés de 17 à 13 médecins alors que le nombre de patients a augmenté de 20 à 25 %… » Avec son mari (et associé), ils n’ont donc jamais pensé déménager, mais ont changé certaines habitudes : « Nous sommes ultra-vigilants. Nous ne faisons plus de visites à domicile le soir et vérifions toujours à droite à gauche avant de fermer notre porte. » A Grigny-2, même SOS Médecins* ne se déplace plus. « Notre profession est désacralisée. Tous les jours des patients nous insultent parce qu’on refuse de leur prescrire tel ou tel médicament », admet celle qui siège aussi au Conseil de l’ordre. Par cette fonction, elle est au fait des problèmes de ses confrères : « Nous avons des signalements de médecins qui indiquent leur peur. La nouveauté est que même les médecins dans des zones dites calmes sont visés. Certains installent des caméras. Mais il ne faut pas sombrer dans la paranoïa. »

* Depuis 1998, en Essonne, SOS Médecins ne se rend plus dans les cités suivantes : Grigny-2, la Grande-Borne (Grigny-Viry), les Tarterêts (Corbeil) et les Pyramides (Evry). D’autres quartiers en Ile-de-France sont aussi concernés.

Le Parisien 11 mai 2010

Une campagne cantonale à Grigny (le parti des grignois vous salue bien)

Une vidéo met le feu à la campagne des cantonales de Grigny, dans l’Essonne. Dans cette petite ville, le maire communiste et conseiller général sortant, Claude Vazquez, est la cible d’un blogueur anonyme, qui se baptise « Le Corbeau » sur son blog, Le Grigny Intox.

Le 23 février, Le Corbeau publie sur ses pages une vidéo. La scène, filmée en caméra cachée, se passe au centre commercial Casino de Grigny 2, selon l’auteur. Un militant Front de gauche en faveur du conseiller général sortant distribue des tracts. Sur sa gauche, un second homme, présenté comme étant également un militant, tient un tract. Il le tend au cameraman et lance : « Si vous en avez marre du communautarisme… » pour « moins de mosquées, moins de Noirs, moins d’Arabes », en désignant le tract de l’élu communiste comme une solution.

Rien n’indique que ce second homme est réellement militant communiste, mais pour Le Corbeau la preuve est faite : « [Vasquez] crache sur les Noirs », « les Antillais et les Tamouls ». Le buzz se répand sur la Toile, la vidéo, titrée « Front national de gauche », compte plus de 35 000 vues selon YouTube. Les dizaines de commentaires sont quasi unanimes pour  dénoncer les propos tenus, mais aucun des commentateurs n’émet un doute sur l’authenticité de la scène. Qui pose pourtant question.

Dans une seconde partie de la vidéo, le militant de l’équipe de campagne du maire de Grigny se prononce sur l’opportunité de construire une mosquée dans la commune. Devant le cameraman et le second militant supposé, qui vient de tenirdes propos racistes, le militant communiste adapte son discours  : « Si cette mosquée est construite, ce n’est pas demain la veille. Je ne sais même pas si cela sera construit sous la mandature de M. Vasquez. » « Ce n’est pas un cadeau fait à la communauté islamiste », poursuit-il, avant d’ajouter : « Le communautarisme, c’est le Parti des Grignois (PDG). »

Le PDG est le premier parti d’opposition municipale. En 2008,  lors des électionsmunicipales, il obtient 26 % des voix. Trois ans plus tard, Kouider Oukbi, candidat PDG, compte bien faire mieux que de la figuration et arracher le canton à l’élu communiste. Il reprend en tête de son blog de campagne la vidéo publiée par Le Corbeau.

Selon le maire de Grigny, l’identité du réalisateur de la vidéo ne fait aucun doute :« C’est le Parti des Grignois », affirme l’édile, convaincu qu’il s’agissait d’une manipulation destinée à le faire passer, ainsi que son parti, pour islamophobe. « Ils ont réussi leur coup avec cette saloperie », dénonce-t-il.

« Nous n’y sommes pour rien », réplique-t-on du côté du Parti des Grignois. « Nous avons découvert cette vidéo sur YouTube et nous l’avons reprise sur notre site de campagne », assure Omar Dawson, porte-parole du parti. La vidéo est toutefois le moteur de la campagne de Kouider Oukbi, qui estime dans un communiqué que« les propos diffamatoires des militants du Front de gauche sont insultants et sont un appel clair à la haine et à la violence raciale ».

« Je suis scandalisé et atterré que les militants de M. Vasquez utilisent des méthodes créant et attisant les différends entre les communautés grignoises, religion contre religion,  au lieu d’unifier nos concitoyens. En même temps, c’est un procédé clientéliste courant chez les partis politiques traditionnels usés par le pouvoir », poursuit le candidat.

Le Monde 11 mars 2011

Cocktail molotov party

Vers 20 heures avant-hier, deux équipes de CRS procèdent à des contrôles au carrefour du Méridien. Ils sont une vingtaine à vérifier les papiers des automobilistes lorsque, d’un seul coup, ils sont la cible de jets de pierres de la part d’une vingtaine de jeunes bonobos. Très vite, la situation s’envenime. Cinq bonobos cagoulés jettent des cocktails Molotov, des bouteilles remplies 

« Cela n’a finalement duré que quelques secondes. Ils ont tout lancé et sont partis », raconte un policier. Très peu de temps mais assez pour blesser cinq fonctionnaires. L’un d’entre eux a été légèrement brûlé au visage et à la nuque en recevant sur lui l’engin enflammé. Heureusement, son uniforme est conçu pour résister aux flammes. « A ce niveau, on peut qualifier cela de tentative d’assassinat », note un fonctionnaire. Un deuxième homme s’est tordu la cheville en évitant les projectiles. Un troisième a été brûlé à la main. Deux ont reçu des pierres.

Le Parisien 3 juin 2011

Les bonobos en action

Des affrontements ont opposé une trentaine de bonobos aux forces de l’ordre, hier soir, dans le quartier réputé sensible de la Grande Borne, à Grigny (Essonne), a-t-on appris aujourd’hui de source policière. Vers 21H30, des jeunes bonobos ont mis le feu à plusieurs conteneurs de poubelles. Ils ont ensuite tenté de bloquer un bus du réseau TICE en jetant des pierres contre les vitres du véhicule.

Plusieurs d’entre eux ont ordonné au chauffeur de s’arrêter et de quitter le bus avec ses passagers, mais celui-ci a poursuivi sa route jusqu’au dépôt. Une seule passagère a été très légèrement blessée par les éclats de verre et conduite à l’hôpital pour examen, a indiqué une source policière. Quelques voitures qui circulaient au même moment ont été visées par des projectiles, sans faire de blessé, a-t-on précisé de même source.

Rapidement, une demi-compagnie de CRS ainsi que les policiers de la BAC départementale et les effectifs locaux sont intervenus. Aux bonobos qui leur lançaient des pierres et des cocktails Molotov, les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de flashball et de gaz lacrymogène qui n’ont fait aucun blessé. Au bout d’une demi-heure, les jeunes se sont dispersés. Il n’y a pas eu d’interpellation, a précisé une source policière.

Le Figaro 14 juin 2011

La cigarette de Grigny

Une information judiciaire pour tentative d’homicide a été ouverte lundi dans le cadre de l’enquête sur l’agression de trois personnes, à Grigny, samedi soir. L’auteur présumé, un homme de 22 ans, a été incarcéré lundi. Samedi, vers 22 heures, cet habitant de Grigny a été arrêté dans le quartier de la Grande-Borne. L’agression serait survenue après une altercation. L’agresseur présumé aurait reçu un coup de poing de l’une des victimes pour lui avoir refusé une cigarette.  En colère, il serait remonté chez lui prendre un couteau puis redescendu les poignarder. Hier, les victimes étaient toujours à l’hôpital, l’une d’elles, grièvement blessée au poumon, a été transférée à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

Le Parisien 20 juillet 2011

Le tir sur CRS, sport homologué

La balle n’a pas pénétré dans le fourgon. Heureusement car six CRS se trouvaient à l’intérieur. Cet après-midi, à 13 heures, dans le quartier sensible de la Grande-Borne, cette cité à cheval entre Grigny et Viry-Châtillon (Essonne), un bonobo encapuchonné a tiré sur un fourgon de CRS. Les policiers étaient en stationnement rue des Enclos, à Grigny, quand le bonobo s’est approché, a tiré à une reprise et a pris immédiatement la fuite.

Le Parisien 10 octobre 2011

Viol d’une femme de 58 ans par des mineurs de 14-15 ans

Nous vous en parlions hier, 2 des 3 bonobos soupçonnés d’avoir cambriolé et violé une femme de 58 ans ce week-end, ont été placés sous mandat de dépôt et mis en examen pour « séquestration et vols avec armes » pour le premier âgé de 14 ans et pour « viol, séquestration et vols avec armes » pour le second âgé se 15 ans.  C’est grâce au téléphone portable dérobé de la victime que les enquêteurs ont pu identifier les suspects. La quinquagénaire, hospitalisée à l’hôpital Edouard Herriot, a regagné son domicile.

Radio espace 26 février 2012

Les journalistes et Grigny, interdiction d’exercer

Une équipe de la rédaction de France 3 Ile-de-France a été agressée mardi matin par des bonobos cagoulées munies de barres de fer dans la cité de La Grande-Borne à Grigny (Essonne), a-t-on appris mardi auprès de la chaîne. L’agression survient après celle d’une autre journaliste dimanche à la cité de La Grande-Borne, travaillant pour RMC. Une journaliste, également en reportage, a été agressée physiquement et son matériel a été volé, a-t-on annoncé à la rédaction de RMC.

Ces agressions se produisent alors que l’Opievoy, bailleur social d’Ile-de-France, a annoncé lundi soir dans un communiqué avoir porté plainte contre X, après l’agression mercredi d’un de ses gardiens en poste dans la cité de La Grande-Borne.

Le parquet d’Evry a précisé qu’une enquête a été confiée au commissariat de Juvisy-sur-Orge (Essonne). Selon le parquet, le gardien, alors qu’il sortait de son local, a été pris à partie par une quinzaine de bonobos, qui l’ont frappé notamment avec une barre de fer. Il s’est vu délivrer une incapacité totale de travail (ITT) de 15 jours. Le quartier de La Grande-Borne compte 3 600 logements sociaux.

Libération 28 février 2012

 

Tamouls et bonobos, autodéfense is back

C’était il y a 2 ans environ, un jeune pondichérien se faisait agresser et voler son iPhone par des jeunes bonobos issus d’un quartier sensible. Suite à cette agression, la victime fera appel à son grand frère qui viendra régler ses comptes avec les agresseurs. Cet événement sera le point de départ d’une « vague de violences » contre la communauté tamoule. Pas une semaine ne passait sans que l’on entende parler de violences faites par des jeunes bonobos envers la communauté tamoule.

Une importante communauté tamoule est présente autour de Grigny (91), ce sont surtout des Tamouls indiens originaires de Pondichéry et de Karikal. Ces derniers sont de plus vus comme étant des personnes « sages » qui ne vont pas répondre aux agressions. En juillet dernier, un Tamoul indien se fera agresser par une dizaine de bonobos à la Gare de Grigny. Ce dernier fera appel à ses connaissances des gangs tamouls pour se venger.

De sources policières, une cinquantaine de Tamouls appartenant aux gangs des Viluthus et des Mukkalas viendront armés de barres de fer et de couteaux à la Gare de Grigny pour en découdre avec les agresseurs présumés. La Gare de Grigny sera en état de siège pendant 2 heures, le temps pour les Viluthus et les Mukkalas de faire « le ménage ». Plusieurs personnes seront gravement blessées de coups de couteaux.

«Depuis ce violent affrontement, les choses se sont calmées, une certaine méfiance règne à l’égard de la communauté tamoule. […]Les cas d’agressions contre les Tamouls ont complètement chuté, nous ne recevons plus qu’une ou deux plaintes tous les 4 à 5 mois», nous raconte un officier de police que nous avons contacté par téléphone.

Considérés comme étant des parasites au sein de la communauté tamoule de France, les gangs tamouls sri-lankais viennent cette fois-ci de prouver qu’ils pouvaient se rendre utiles. L’association de personnes en bandes criminelles est toutefois sévèrement punie par la loi.

Tamilexpress 8 juillet 2012

S’apprivoiser au collège Sonia Delaunay

« Vous n’êtes pas en danger ici ». Goguenard, le principal-adjoint du collège Sonia-Delaunay de Grigny accueille vendredi matin les nouveaux professeurs de cet établissement situé en zone sensible. Cela fait trois quarts d’heure que cet ex-prof d’EPS parcourt l’éventail des conflits – du bavardage à l’agression violente – que ces onze jeunes profs, devront peut-être affronter dans cet établissement situé à mi-chemin entre Grigny 2 et de la Grande-Borne dans l’Essonne, deux cités sensibles.

Dans ce collège les premiers jours de cours ont été remplacés par une « semaine de rentrée citoyenne ». Histoire pour les enseignants et les élèves de « poser les règles du vivre ensemble ».

Le collège, qui scolarise 460 élèves, dont des jeunes du centre-ville, n’est pas à proprement parler un « établissement ghetto ». Il bénéficie de moyens supplémentaires grâce à la labellisation ECLAIR. Mais il traîne une « mauvaise réputation », concède la principale Fabienne Lajaunie qui a eu l’idée de cette « semaine citoyenne ». « On accueille un public fragile, culturellement, économiquement, socialement et comme tous les gens fragiles, ils peuvent basculer dans la violence », détaille ce chef d’établissement de 39 ans.

Au programme de la semaine: des ateliers danse, théâtre, philosophie, l’accueil d’intervenants de la SNCF ou de la mairie, des flash-mobs dans la cour de récréation pour les élèves et pour les enseignants, une visite de Grigny en bus avec une promenade à la Grande Borne, cité régulièrement à la Une des médias mais avant tout lieu de vie de certains élèves.

« S’apprivoiser » « En changeant la rentrée, on veut que l’année scolaire parte avant tout sur des valeurs humaines, affirme Anthony Peter, professeur d’arts plastiques et déjà, à 32 ans, un ancien de Sonia-Delaunay auquel il ne cache pas son attachement après plusieurs semaines. « On cherche à s’apprivoiser et on veut montrer qu’on est là pour eux et qu’en échange aux aussi, doivent être là pour faire leur métier d’élève. »

Ouverts, disponibles mais fermes sur la discipline, les enseignants encadrent des ateliers où sont abordées les préoccupations des jeunes comme le racisme ou la violence et durant lesquels les échanges fusent. Dans un atelier « philo », c’est le thème de la cité qui est ainsi retenu par des élèves de 5e et tout y passe. La cité? « C’est la police », « il y a de la drogue », « il y a des émeutes », « on se connaît tous », « il y a beaucoup d’origines », « la cité, c’est trop cool », etc.

Selon la principale, cette semaine citoyenne doit servir de base à l’année scolaire, notamment pour la communauté éducative: « La bienveillance, c’est le maître mot de l’autorité. »

L’initiative semble plaire aux nouveaux arrivants qui rejoignent une équipe jeune et à l’évidence très soudée. « C’est une très bonne entrée en matière. Ca nous met en condition et nous permet d’exclure les a priori », se félicite Charlotte Defillon, professeur d’espagnol, 27 ans.

« La visite de la cité, ça va m’aider avec les gamins pour comprendre leur quotidien. C’est positif », avance Carole Ouattou, professeur de lettres.

Le Nouvel Observateur 7 septembre 2012

La grande mosquée de Grigny

Grigny est une ville de 25.000 habitants où cohabitent 80 nationalités dont plus d’un tiers sont de confession musulmane. Devant la nécessité de la création d’un lieu de culte à Grigny, l’UMG (association loi 1905) œuvre pour rassembler les musulmans afin de porter ensemble ce projet avec foi et conviction

COÛT estimé du projet : 4.500.000 €
Superficie du terrain : 2400 m²

Construction sur 4 niveaux :
=> Salles de prières hommes/femmes (1800 personnes)
=> Salles d’ablutions + sanitaires
=> Salles de réunions
=> 8 salles de cours
=> Salle de conférence / projection
=> Salle informatique
=> Bibliothèque / médiathèque
=> Garderie, salle de jeu
=> Commerces (restaurants, salon de thé, …)
=> Logements : imams et invités.

 Télécharger le coupon de générosité

La grande mosquée d’Evry-Courcouronnes 17 septembre 2012

Grigny : UPS ne répond plus

Aujourd’hui, le colis d’Hakim contenant sa Freebox va faire un demi-tour, direction l’expéditeur. Un colis que cet habitant du quartier de la Grande-Borne à Grigny n’a jamais reçu. Car Hakim a découvert que le transporteur concerné, UPS, ne couvrait plus sa cité. « Les livraisons sont interrompues suite à des attaques de véhicules et des agressions de chauffeurs », justifie-t-on chez UPS, sans donner plus de précision sur la fréquence et la gravité de ces faits de violence. Cette décision s’applique depuis le début de l’année. La Grande-Borne est aujourd’hui la seule cité d’Ile-de-France à ne plus être desservie par UPS.

Le Parisien 6 novembre 2012

Grigny : la guérilla des bonobos

Un policier âgé de 34 ans a été sérieusement blessé jeudi soir au visage après avoir reçu un projectile lancé par des bonobos à proximité de la cité sensible de Grigny 2 (Essonne).  Vers 20h50, quatre policiers, membres de la compagnie de sécurisation (CS) de l’Essonne basée à Grigny, ont été pris à partie alors qu’ils sécurisaient la gare RER situé au pied de la copropriété de Grigny 2, une cité de la commune nouvellement classée en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Selon le syndicat Alliance, une vingtaine de bonobos auraient lancé des pierres sur les policiers blessant l’un d’eux au visage.

Une enquête a été ouverte, mais aucun des agresseurs n’a pour l’heure été interpellé.

«Les bonobos des quartiers n’hésitent plus à s’en prendre aux forces de l’ordre, déplore le syndicat Unité-SGP 91. Ils n’ont plus peur d’être condamnés et ont un sentiment d’impunité.» Selon le syndicat, «tant qu’il n’y aura pas l’application stricte et nécessaire des lois, ces violences gratuites se reproduiront».

Le Parisien 28 décembre 2012

Les black bonobos automatik : un gang de Grigny

« T’arrête pas au feu de ma ville, mec, si tu tiens à ta vie […]. T’arrête pas au feu, mets pas ton sac sur le siège passager, tu subiras un arraché. Ici, c’est la jungle. » Ce morceau de rap mis en ligne sur Internet par des bonobos de la cité de la Grande-Borne, à cheval entre Grigny et Viry-Châtillon, est aujourd’hui au cœur d’une affaire d’extorsion.

Sept jeunes bonobos, dont des membres de ce groupe de rappeurs baptisé les Blacks Bonobos Automatik, ont été déférés hier devant le parquet d’Evry. Si trois ont été remis en liberté faute de preuve, trois autres ont été placés en détention provisoire tandis qu’un dernier faisait l’objet d’une mesure d’éloignement. Car ils ne se contentaient pas d’écrire les paroles. Ils sont soupçonnés de les avoir mises en application. Une trentaine de faits extrêmement violents commis « en bande organisée de bonobos » depuis l’automne leur sont ainsi reprochés. Ces jeunes bonobos, âgés de 15 à 19 ans, avaient un procédé bien rodé pour dépouiller essentiellement des femmes. Lever du jour ou tombée de la nuit sur la route en ligne droite de la N445, longeant la Grande-Borne. Une femme s’arrête au feu rouge. En quelques secondes, deux ou trois individus surgissent, brisent sa vitre, arrachent son téléphone portable ou son sac à main.

Mais depuis plusieurs semaines, la violence s’était ajoutée aux vols à l’arraché. « Au moins dix des trente faits ont été assortis de violence physique. Des femmes ont été sorties du véhicule, traînées à terre et rouées de coups de pied et poing. Une autre fois, ils s’en sont pris à un ado de 15 ans qui passait à pied. Ils lui ont volé son MP4 en le tabassant ; il n’y avait plus de limite », décrypte un enquêteur. Alertée par la répétition des actes, la sûreté départementale met en place une surveillance accrue. Dimanche dernier, les voleurs à la portière s’en prennent à… une policière en civil qui passe par-là en voiture. Ils lui donnent plusieurs coups puis lui dérobent son téléphone. La victime prévient ses collègues postés non loin. Les deux bonobos, originaires de la cité, sont interpellés.

Mardi, cinq de leurs camarades bonobos étaient à leur tour interpellés. Chez plusieurs d’entre eux, des cartes bancaires, téléphones et MP4 étaient retrouvés. Leurs morceaux où ils chantaient leurs « exploits » font l’objet d’un blog. On y apprend que le groupe s’est monté en 2006. Ils y chantent la confection de bouteille de verre remplie d’essence, les armes de guerre qu’on trouverait dans le quartier et y donnent un message clair : « Ici, quand ça se complique, t’inquiète, on fait parler les douilles. » Depuis les arrestations, aucun vol n’a été commis cette semaine.

Le Parisien 18 janvier 2013

Les invisibles de Grigny

Cela commence dès l’école primaire. A Grigny, 644 enfants n’apparaissent pas dans les chiffres officiels. Cela représente plus de deux groupes scolaires. Si on va plus loin, si on regarde toute la population de la ville, les chiffres sont encore plus mystérieux. Selon l’INSEE, Grigny compte seulement 26.800 habitants. Mais selon le fisc, ils sont 29.393. Et d’après un cabinet indépendant, qui a fait ses propres calculs, ils sont même 30.500. Il y aurait donc près de 4.000 personnes « invisibles », comme les appelle le maire de Grigny, Philippe Rio.

En fait, une partie des habitants ne peut pas apparaître dans les statistiques. Il y a les personnes sans-papiers, d’abord – elles font partie des « invisibles ». Et puis il y a tous lcs habitants qui sont hébergés illégalement. « Libération » prend l’exemple d’une immense copropriété : Grigny 2, une ville dans la ville, un îlot de pauvreté. Pour la statistique, Grigny 2 une zone grise. Selon les estimations, entre 12.000 et 17.000 personnes y vivent. Beaucoup n’ont plus les moyens de payer leurs charges. Des appartements sont squattés. Des marchands de sommeil hébergent parfois cinq familles dans un même logement. Des gens vivent jusque dans les parkings. Impossible de compter tous ces habitants. Derrière cette affaire de chiffres, il y a des vies, des visages que la crise a rendue « invisibles ».

France-Info 6 février 2013

L’attaque du RER D

Samedi, vers 22 heures, entre 20 et 30 jeunes bonobos ont attaqué une rame du RER D stationnée au niveau de la gare de Grigny-Centre, dans l’Essonne. «Cela ressemble à une attaque de diligence de l’époque mo­derne. Mais de cette ampleur, ce n’est pas habituel», a estimé un policier. Après avoir tiré le signal d’alarme, les bonobos, dont le visage était dissimulé, sont passés de wagon en wagon et ont attaqué «le plus de monde possible», aux dires d’un témoin. Ils ont forcé les voyageurs présents à leur remettre portables et argent, a encore expliqué le policier.

«J’étais dans le RER, en direction de Corbeil-Essonnes, et, à Grigny, nous avons entendu beaucoup de bruits et de cris, et nous avons vu des gens courir sur les quais», a déclaré un étudiant de l’université d’Évry présent lors des faits. Au total, une dizaine de personnes ont été agressées. «Moi, j’ai pris un coup de poing et du gaz lacrymogène dans les yeux. Ils ont arraché le sac à main de mon amie et m’ont pris mon argent. C’était rapide, violent, et cela avait l’air très organisé», a-t-il encore indiqué.

À la SNCF, on déclare ne pas connaître encore précisément les circonstances de cette attaque. «Mais les vidéos enregistrées par les caméras de surveillance ont été réquisitionnées par la police ce matin, explique un porte-parole du transporteur. Nous avons immédiatement renforcé les équipes de surveillance générale (Suge) sur la ligne. Seize personnes patrouillent actuellement, et d’autres renforts sont prévus à partir de mardi.» Les agents de la SNCF, qui travaillent en étroite collaboration avec les policiers, ciblent particulièrement les trains de fin de soirée.

En octobre dernier, une bande de bonobos avait ainsi été interpellée à Évry-Courcouronnes pour des faits similaires: ils étaient cette fois-là trois ou quatre seulement.

Le Figaro 19 mars 2013

Pour en savoir plus

émeutes à Grigny

Le compte de la délinquance à Grigny par le républicain de l’essonne

La carte du chômage à Grigny

Grigny selon l’INSEE


Responses

  1. Vous prenez le relai d’Obertone ? Avouez que c’est vous…

  2. C’est amusant je lis votre article et à la toute fin, se trouve le titre « Comment ne pas être fasciste ».

    La France part en vrille, tout le monde connaît les raisons : immigration massive, Babel qui va s’effondrer, absence du politique, prélèvements délirants, ça va mal finir.

  3. Très bon, le plouc…Non, j’ai fait une petite recherche et j’ai offert la moisson aux lecteurs

    Justement Daredevil, à mon petit niveau j’essaie que ça ne finisse pas mal, parce qu’après il sera trop tard pour réfléchir

    • Ca a mal commencé. Ca se passe mal. Comment voudriez-vous que tout cela se finisse autrement que très mal?

      Votre effort est louable. Je crois qu’une immense majorité des gens qui vivent dans ce pays ont sincérement souhaité que les choses se passent pour le mieux.

      Mais à ce stade, aucune idéologie, aucun coeur, aucune âme, ne pourront empêcher ce qui s’annonce.

      • Je ne sais pas Anton, la zone a toujours ressemblé à ça depuis qu’elle est définitivement engluée

  4. Oui, votre démarche est assez étrange…
    Tout cela me paraît bien racialiste…

  5. Bon,va falloir dératiser les environs….
    et après ça, certains s’interrogent sur l’utilité des escadronsses de la mort de la si catholique Amérique latine….
    Ça semble évident, non?
    Allez je Charie,mais avouez qu’une bonne tournée dans un terrain vague devrait modérer certaines vocations au bonobisme….

  6. Aucun rapport, Carine, comme le dit Kobus, ou presque, le bonobisme fait partie du spectre de l’humaine condition. Grigny me fait penser à la deuxième partie du voyage au bout de la nuit ou à l’itinéraire du bonobo anarchiste Ravachol. Grigny c’est une expérience. Qu’est-ce que devient une ville dès lors qu’il n’y a plus de travail, plus de politique, plus de culture mais des subventions, des aides et une économie parallèle en guise de ciment dit social ? La réponse est claire, Grigny. Une municipalité de branquignols archéo-communistes, une petite-bourgeoisie musulmane française qui veut absolument prendre la main en s’adossant si possible à la mosquée bleue (comme le rêve d’Aladin) du coin, des adultes qui reçoivent des crachats mais baissent la tête ou organisent des face à face citoyens, des tamouls qui en viennent à l’autodéfense communautaire en payant des mafieux pour les protéger, des invisibles corvéables, des petits esclaves familiaux, des gens qui veulent fuir et fuient parfois et des bandes de bonobos qui voudraient absolument exister à la face du monde, opérer un court-circuit, trouver le plus vite possible une décharge d’adrénaline, avant de terminer en épaves et en statopathes.

    • Comme disent les portenos( prononcer »portegnos » il n’y’ a pas de tilde sur mon clavier)  »paredon y despues » ( un grand mur, et après….)

  7. C’est complètement dingue. On aimerait pouvoir dire que dans 20 ans on regardera tout ça comme depuis une autre rive en hallucinant sur le niveau abyssal ou des villes comme Grigny étaient tombées. Mais tout laisse à croire qu’on enviera cette époque alors puisque tout devrait aller encore pire. Allô Dieu? Pouvez-vous nous aider s’il vous plaît?
    Chapeau pour le boulot d’archivage. Les faits, rien que les faits…

  8. Le mur d’après, c’est pas mal aussi Kobus

    LD, je crois que c’est sans fin, il y a 20 ans Grigny ressemblait déjà à ça et dans 20 ans ce sera toujours la même chose, c’est ce que j’avais aimé dans le roman de Céline, cette capacité à rendre compte d’un enlisement illimité

  9. Il y a 4 jours les « Anciens » de Grigny ont décidé de prendre la parole face à Tonton Marcel. http://www.youtube.com/watch?v=brdqlTokMTs&list=UUUASiQvaBe2CYpvwYx39_qQ&index=3

  10. Cet « entretien » illustre incroyablement bien ce processus d’enlisement qui semble illimité: au début il y a un groupe de 4 ou 5 types qui se tiennent à peu près bien mais dont le seul blanc est un converti muslim manifeste et bloqué sur « tu vois ce que je veux dire ». Déjà les fondations sont bancales. Puis les nouveaux arrivants se pressent devant la caméra et ça va de pire en pire jusqu’à la dédicace à la mairie de Grigny (gratitude pour subventions versées) jusqu’au feu d’artifice final de jeunes toujours plus nombreux, toujours plus « que noirs » et vociférants qui veuillent grapiller une seconde de passage sur youtube par tous les moyens.

  11. Excellent ton truc Loulou, « tu vois ce que je veux dire » devrait faire une pause côté shit, une sorte de sevrage, quant à l’invasion du champ de la caméra, il anéantit tous leurs efforts pour paraître un peu tenus, le « on les protège » devient « ils nous étouffent » et comme « tu vois ce que je veux dire » a déclaré ses 41 piges on perçoit bien l’échec

  12. pas cher jordan…

    Ron and Hermione seemed a long way away, in a far-off country; he felt as though he had parted from them long ago. There would be no good-byes and no explanations, he was determined of that. This was a journey they could not take together, and the atte…

  13. Moi qui avait vue des appartement pas cher à acheter jamais je ne vais aller dans un enfer pareil


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