Publié par : Ivan Kruger | mars 27, 2013

Frigide (Barjot) et son Basile (de Koch) : A droite toute, en sortant du club VIP

La famille de Frigide est cabossée. Des notables lyonnais, un père industriel dans le textile synthétique, une mère cantatrice. Elle est la première des deux enfants, conçue avant même les fiançailles du couple que l’on marie en vitesse. A 11 ans, Virginie Merle est anorexique et terrifiée par cette chose qu’elle ne peut confier, en pleurs, qu’à un prêtre : ses parents se séparent. « Ma blessure à moi c’est leur divorce. Toute ma motivation vient de là. Son éducation, elle la doit aux sœurs de Lyon.  » Jacques Merle, son père, est pour Le Pen « un gros donateur fier de le recevoir dans son château de Rillieux-la-Pape » quand il descend à Lyon. Alors, oui, elle a croisé le caudillo du FN.

Comme lors de cette virée à Paris, dans la Jaguar de papa. « C’était jubilatoire : je venais de quitter mes copains de gauche de Sciences-Po et je me retrouvais avec Le Pen chantant des chansons paillardes. Un fêtard, Le Pen, qui aimait les femmes, les chiens, les copains, les chasseurs. Il n’y a pas mort d’homme. » La déconne, comme l’absolution, lave de tout. Ce n’est pas l’avis de certains copains « juifs et de gauche » qui boycottent ses noces, où le chef de l’extrême-droite est l’invité d’honneur de Jacques Merle avant de se décommander. Ce mariage, en 1994, est un autre grand écart. Alors que l’abbé Gonzalve de Linares (un rapport avec Dupont, le disparu le plus célèbre de France ?), après une messe en latin, dénonce dans son sermon la dissolution des moeurs, les mariés entendent derrière eux les bancs de l’église se vider : leurs copains de la télé, de la nuit et de ses excès ne sont pas venus pour prendre une leçon de morale.

C’est Bruno Tellenne, alias Basile de Koch, son vénéré époux, son « Dieu », écrit-elle, qui a choisi ce prêtre qui les met à genoux et fait fuir leurs amis. Sa mère, Annick, est, par ailleurs animatrice sur la chaîne confessionnelle KTO10. Esprit brillant et angoissé, le roi Basile, ancien assistant parlementaire, fut la plume de politiques et notamment de Charles Pasqua mais aussi de la bonne Simone Weil. Basile de Koch,  mondain tout terrain, est chroniqueur clubbing à l’hebdomadaire Voici dans la rubrique La nuit, c’est tous les jours. Il tient une chronique sur la télévision dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles et collabore régulièrement au site Causeur.fr, propriété de l’ancien d’Ordre Nouveau et ancien directeur du magazine Minute, Gérald Penciolelli.

Basile s’assume de droite mais attaque ceux qui évoquent son appartenance passée au GUD.  Jean-Yves Camus et Stéphane François, spécialistes de ces mouvements, ne trouvent effectivement nulle trace de lui parmi les militants de l’organisation étudiante d’extrême droite. « Son nom n’apparaît jamais », affirment-ils. Le nom de Bruno Tellenne figure bel et bien, néanmoins, parmi les auteurs d’un livre paru en 1985 et signé du Club de l’Horloge, cercle de réflexion politique marqué à droite. L’ouvrage, « la Préférence nationale, réponse à l’immigration », est publié par Albin Michel sous la direction de Jean-Yves Le Gallou, membre du Front national. Le soir des législatives de 1986, quand Jean-Marie Le Pen célèbre à l’espace Baltard l’entrée de ses trente-cinq députés au Palais-Bourbon, Lorrain de Saint-Affrique, alors conseiller en communication du FN, se souvient « très bien que Basile de Koch figurait aux premiers rangs du meeting ».

Après avoir travaillé pour Charles Pasqua, il fut « recasé » au Conseil général de l’Essonne dans un emploi fictif pour lequel il fut condamné à neuf mois de prison, en compagnie de Xavière Tiberi, la reine des rapports fantômes.

Les penchants pour l’alcool du couple sont connus, en revanche nombre d’homosexuels noctambules (un pléonasme parisien) le tiennent pour un bi, un chasseur de nuit, ramenant ses conquêtes masculines au domicile conjugal, un très beau duplex sis 51, Rue de la Fédération, dans le XV eme arrondissement de Paris. Il s’agirait d’un HLM de la Ville de Paris que le couple aurait obtenu du temps où leurs amitiés étaient nombreuses à l’Hôtel de Ville. On ne prête qu’aux riches

Frigide a un talent de communicante, qu’elle a exercé pour polir l’image du RPR. Puis pour Jalons. Menée par les frères Tellenne – Karl Zéro et Basile de Koch -, cette bande de dandys nihilistes excelle dans les pastiches de journaux. Au plus fort, ils écoulent jusqu’à 100.000 exemplaires de « l’Aberration » (pour « Libération »). Virginie y engloutira, dit-elle, sa fortune. Elle adore leur humour au quinzième degré. Même quand « le président » Basile de Koch l’adoube en la surnommant Frigide Barjot, elle finit, après une bonne cuite, par accepter ce pseudo. Le compagnon de soûlerie, ce soir-là, s’appelle Désiré G., alias Gauthier Guillet, ex-dirigeant du GUD, futur élu FN et lieutenant de Bruno Mégret à Vitrolles, mais à cette heure représentant pour la blague du courant « nazisme & dialogue » de Jalons

Vingt-cinq ans plus tard, même les plus hauts évêques de France l’appellent « chère Frigide ». Mais que savent-ils du personnage ? Par quel mystère l’Eglise catholique s’est-elle ralliée à son panache rose ?

Dans sa paroisse Saint-Léon, réputée conservatrice, Frigide a éveillé les marmots à la foi et animé un « chapelet des enfants » chaque jeudi soir en souvenir d’un petit mort d’une leucémie. Si elle prend un temps conseil auprès de Mgr Rey, évêque de Fréjus Toulon à l’extrême droite du Père, qui fin janvier célébrait la messe commémorant « l’assassinat » de Louis XVI, sa capuche fuchsia effraie moins que les processions en robe de bure des ultras de Civitas, dont l’Eglise veut à tout prix se démarquer. Leur patron, Alain Escada, s’en étrangle : « Ils voulaient cacher le fait que ce sont des cathos qui se mobilisent. Mais ces gens descendent dans la rue parce que, dans leur paroisse, on le leur a demandé. » du Banana »

La nuit, la fervente paroissienne se mue en une drôle de catholique qui chante « Fais-moi l’amour avec deux doigts parce qu’avec trois ça rentre pas », a table ouverte dans les boîtes de nuit, y traîne parfois ses clients (comme Charles Pasqua lors de l’élargissement de l’Union européenne en 2004) ou ses enfants (pour un après-midi au Banana Café, entourés de drag-queens siliconées).

« On était les rois du Banana, je ne comprends pas leur violence », dit-elle, blessée par le rejet de ceux qui ont pris ombrage de se voir utilisés comme preuve de sa non-homophobie. « Si elle n’était pas homophobe, elle ne combattrait pas ce projet », estime le patron du café. Elle peut bien se dire « fille à pédés », ses anciens camarades sont fâchés. Comme Jean-Luc Romero, dont elle célébra pourtant le faux mariage lors d’une soirée organisée dans une discothèque de la capitale. « Mais on en a fait mille fois des faux mariages de gays, c’est amusant, on avait uni Eric Morena pour le magazine « Gai Pied » ! » Mariages parodiques, d’accord, mariages officiels, non. « Oh mon bateau ! » comme chantait Morena, ça tangue.

 Elle a beau assurer qu’être croyant « c’est marcher sur deux jambes, la vérité et la charité », et que depuis sa « révélation » elle n’a plus peur de rien, on devine une faille à ciel ouvert. Elle raconte sans qu’on le lui demande avoir failli épouser un homo : « J’ai vécu le fait de ne pas être désirée par un homme. Or je ne suis une femme que si un homme bande pour moi. »

Dans son entourage, Laurence Tcheng, celle-là même qui explique dans les réunions publiques, hors médias, que les homosexuels sont comme des enfants dont elle serait la cheftaine scout virtuelle. Ou encore le pédaleux antimariage pour tous Xavier Bongibault, ex de l’UNI et de l’UMP, auteur de la hasardeuse comparaison entre Hollande et Hitler. On peut aussi apercevoir, dans la petite cuisine, à côté de la cage à lapins, Albéric Dumont, dit Albéric Ier, proche des identitaires. Ou encore Tugdual Derville, le cauteleux successeur à la tête de l’Alliance Vita, une association antiavortement, de l’ex-députée chrétienne et rescapée des gaz lacrymogènes Christine Boutin.  Manque Goldofaf. « Je suis pro-vie et pro-manif pour la vie », clamait d’ailleurs Frigide Barjot en janvier 2012, devant la caméra de « Nouvelles de France », un portail « libéral- conservateur ». Dans ses « Confessions d’une catho branchée », elle expliquait déjà que, si sa fille tombait enceinte ado, et même en cas de viol, elle ferait tout pour garder l’enfant. Elle qui fut mère avec difficulté ne goûte guère la procréation médicalement assistée. « On a dû me déboucher les trompes. Le médecin m’a dit de retrouver mon mari dans les deux heures et ça a marché. Je serais peut-être allée jusqu’à la fécondation in vitro, mais pas au-delà. » Un don de sperme anonyme, hors de question. L’idée de ce géniteur inconnu qui essaime à tout-va lui fait une sainte horreur. Et ne parlons pas de la gestation pour autrui. « C’est simple : mon maître à penser, c’est Sylviane Agacinski, la femme de Lionel Jospin. » Frigide n’a rien contre l’homoparentalité, tant que papa et maman sont bien identifiés.

Nouvels Obs / Le Parisien / BAM

 

 


Responses

  1. In vino veritas ?

  2. I think so, en même temps, pour défoncer les socialistes en plein vol sans trop passer par la case les intégristes sont parmi nous, ce couple-là s’imposait


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