Publié par : Memento Mouloud | avril 13, 2013

Redoine Faïd, alias Doc, palmarès et quelques voies parallèles

1990 : 1er braquage d’une banque, le Crédit du Nord (Oise). Redouane Faïd a 18 ans. En août, Saddam Hussein ouvre le compte à rebours de sa disparition en envahissant le Koweit.

20 décembre 1995 : Creil. Le soir, cinq malfaiteurs armés, l’un déguisé en Père Noël, les autres masqués à l’effigie de François Mitterrand, Edouard Balladur, Henri Emmanuelli et Michel Rocard, séquestrent le directeur de la succursale BNP du quartier Rouher de Creil, Gérard Hazard, sa compagne et leurs quatre enfants dans leur pavillon du quartier du Moulin. La prise d’otages se prolongera jusqu’au lendemain matin. Tandis que les autres membres de la famille restent enfermés et sous surveillance, Redoine Faid, l’une des deux têtes pensantes de l’organisation comme le révélera l’enquête, qui précise que Jean-Claude Bisel semble diriger cette opération, se fait conduire, sous la menace d’une arme, par le directeur de l’agence jusqu’à la banque et son coffre-fort. Bâillonnant et menottant deux employées, il extorque au responsable la somme de 195 000 francs. A la fin de l’année, l’opération tempête menée par les milices croates épaulées par l’OTAN chasse 200 mille serbes de Krajina.

25 janvier 1996 : Créteil (Val-de-Marne). Prise d’otage du gérant d’une société d’informatique par huit hommes encagoulés. Butin : 4 millions de francs.

18 avril 1996 : Evry (Essonne). Braquage d’une entreprise d’informatique et prise d’otages. Dans le cadre de l’opération intitulée « Raisins de la colère »  lancée par le prix Nobel de la Paix Shimon Peres, l’armée israélienne bombarde un bâtiment des forces de l’ONU dans lequel s’étaient refugiés 800 femmes et enfants, laissant 106 morts et 116 blessés. C’est le début de la fin pour le processus dit de paix initié à Oslo, en 1993.

Automne 1996 : Affaire Davenas, C’est l’histoire d’un magistrat blessé, victime d’un hélicoptère un soir d’automne 1996. Il faisait du trekking dans l’Himalaya lorsque la Justice, pour sauver Xavière Tiberi, a lancé un Ecureuil à ses trousses. Etiqueté depuis étouffeur d’affaires, Laurent Davenas, procureur d’Evry, se débat pour sortir de l’impasse. Mais ses sursauts l’enlisent. Dans un livre écrit pour se dédouaner, il publie des éléments de l’enquête menée contre l’épouse du maire de Paris. Une imprudence qui lui vaut une nouvelle tempête: depuis lundi, soudé derrière Xavière, le RPR fait de Davenas sa cible. Il rétorque: «Vous voyez que je ne suis pas si étouffeur que ça.»

En Essonne, c’est vrai, l’affaire de l’hélicoptère a réveillé en sursaut les dossiers qui sommeillaient. Quelques anciens collaborateurs racontent comment le procureur suivait personnellement les affaires sensibles, référait systématiquement à sa hiérarchie, et lançait des enquêtes préliminaires qui n’en finissaient plus. Un ancien substitut: «Davenas se vit comme un préfet judiciaire. Il représente le bras séculier de l’institution, il mène l’action publique en matière de justice mais minore l’importance de la corruption politique et entretient un rapport ambigu avec les politiques.»

Lorsqu’il arrive dans le département, en 1990, une note des renseignements généraux évoque la corruption qui gangrène le département, et juge le nouveau procureur «très proche» de Xavier Dugoin, président RPR du conseil général. Les deux hommes se tutoient, dînent parfois chez l’élu. Ils ont fait ensemble le Centre des hautes études de l’armement. Le procureur, comme son prédécesseur, utilise une voiture et un chauffeur du conseil général. Il part sur le Mont-Blanc avec Dugoin et des jeunes détenus, aux frais du département. De la voiture, il dit: «Ça me permettait de laisser mon véhicule de fonction à mes substituts.» De l’escapade en montagne: «J’en ai profité pour négocier le financement d’un terrain de foot à Fleury.» Il travaille aussi dans un bureau payé par le conseil général. Mais dans tout cela, il ne voit pas malice. Il garde l’illusion de pouvoir recevoir sans rendre, même avec des hommes politiques.

Le procureur Davenas considère qu’il revient aux élus de faire le ménage chez eux. Lui se garde de favoriser un camp plutôt qu’un autre. Lorsqu’il ouvre une information à droite, il aime en ouvrir une à gauche. Il n’en tire guère de bénéfice. «Les gens de droite le pensent à gauche et ceux de gauche le trouvent suspect», dit un magistrat. Homme de gauche, Davenas veut rester inclassable. Libertaire, il brouille les pistes. Mais reste sensible aux honneurs, respectueux des notables. Amateur des cimes, il trace une voie sinueuse, entre humanisme et déférence. Jeune substitut, Davenas débarque à Mulhouse. Pour fêter l’affectation, il s’offre l’escalade du Koye-Baba, en Afghanistan. «J’y ai croisé Claude Sérillon, qui était journaliste pigiste à Presse-Océan. Plus tard, pour son premier sujet télé, il a fait un reportage sur ma vie de substitut.» Puis il démarre dans la carrière. Les prisons françaises viennent de connaître une série d’émeutes, et la chancellerie envoie ses substituts à l’écoute des détenus. A Mulhouse, l’un d’entre eux raconte à Davenas comment les surveillants usent de nerfs de boeuf pour passer à tabac. Le magistrat débusque les armes sous un meuble, et les consigne dans un rapport. Il raconte volontiers l’épisode. La suite est moins connue mais également intéressante. Le ministère renvoie le rapport à Mulhouse, en demandant que l’on supprime l’histoire des nerfs de boeuf. Le procureur en profite pour sermonner son substitut: «Davenas, un magistrat ne peut pas se conduire comme un éléphant dans un magasin de porcelaines.» Le jeune homme en réfère à son père, lui-même procureur général de Lyon. «Il m’a conseillé de refaire mon rapport mais de conserver une copie de l’original, pour me couvrir.» Le garçon s’exécute.

Il suivra fidèlement les traces de ce père, résistant révoqué par Vichy, magistrat respecté, passionné de montagne. Il veut être «digne d’un père».

L’affaire semblait mal engagée. Quatre redoublements l’aiguillent d’abord vers un apprentissage d’apprenti cuisinier. Il sévit comme gâte-sauce puis reprend ses études, décroche une licence et rejoint l’Ecole de la magistrature. Par la petite porte: il rate le concours et seule une défection lui permet d’échapper à la liste d’attente. Sorti en milieu de rang, il assume l’itinéraire buissonnier. Mais ses collaborateurs décrivent un piètre pénaliste. Davenas compense par son dynamisme, sa roublardise et ses idées.

Sa carrière explose à Paris. Un ancien substitut de son père le fait venir à la 8e section, celle des affaires criminelles puis du terrorisme. Laurent Davenas traite l’enlèvement du baron Empain, de multiples prises d’otages, puis l’attentat de la rue des Rosiers. Il se met à fréquenter assidûment les journalistes. Les mauvaises langues racontent qu’il recherche les micros avant la vérité. «La justice doit expliquer ce qu’elle fait. Elle ne grandit pas bien dans l’ombre», se défend-il. Lorsque sa section récupère le terrorisme, Laurent Davenas vit sa première prise d’otages à l’ambassade d’Irak. «Le lendemain, notera-t-il dans un livre en 1988, la presse ne faisait aucune allusion à ma présence sur les lieux. Cette ignorance, blessure narcissique au demeurant bien ridicule, symbolisait à mes yeux l’absence des magistrats sur la scène médiatique.» A lui seul, il comble bientôt le vide. A chaque attentat, sa tignasse rousse et sa moustache en bataille débarquent sur les écrans. Chaleureux, complice, avec des yeux de cocker mais un regard matois.

En quelques années, il découvre les paillettes, côtoie les stars, frôle les mythes. A la mort de Romy Schneider, il est de permanence. Près du corps de l’actrice, il croise Brialy et Delon, les bras chargés de fleurs. Davenas refuse de faire autopsier le corps. «Sissi ne devait pas embarquer pour son dernier voyage au quai de la Rapée. Je ne pouvais me résoudre à détruire le mythe, à en faire une carcasse, palpée, manipulée, éventrée par les mains d’un expert pathologiste.» Il prendra la même décision pour Dalida, devenue post mortem sa chanteuse préférée. «Je me réveille tous les matins avec elle. Et en montagne, à 7000 mètres, lorsque je souffre d’anoxie, il n’y a qu’elle qui puisse me faire avancer.» Le procureur n’aime pas sévir. «Je n’ai jamais aimé requérir (demander une peine au nom du ministère public).Dans ces moments-là, j’envie la défense. J’imagine que l’on peut ressentir un plaisir presque physique à défendre une personne.» Il s’indigne de «la torture morale de la cour d’assises», parle des prévenus qui attendent des heures, pendant les délibérés, puis s’échauffe: «Merde! Quand l’audience reprend, qu’on leur dise tout de suite s’ils en prennent pour dix ou vingt ans au lieu de commencer par répondre oui ou non à toutes les questions.»

Il se voyait bien prendre la direction de la gendarmerie. Mais une telle promotion aurait semblé récompenser le procureur que l’on était allé chercher jusqu’à l’Himalaya. Sa carrière s’est embourbée. Sa passion pour la montagne l’a perdu. Pas rancunier, il prépare déjà son prochain trekking vers les cimes du Népal.

13 décembre 1996 : Forêt de Compiègne : Un promeneur retrouve le corps lardé de coups de couteau d’Angélique Dumetz. Le meurtrier et violeur est un maçon de 52 ans, José Mendes Furtado, originaire du Cap-Vert, qui s’est donné la mort en se jetant dans un étang entre Chevrières et Longueil-Sainte-Marie. Il l’avait assassinée avec un couteau acquis lors de son service militaire. Le cadavre de son ex-femme avait ensuite été retrouvé calciné dans un buisson à Chevrières.

23 décembre 1996 : Creil. Braquage du magasin le Mutant avec séquestration du patron. Comment des gens peuvent-ils faire leurs courses dans un magasin qui s’appelle le Mutant sans y voir une provocation ?

18 février 1997 : Chantilly. Séquestration d’Yves Platroz et de sa compagne Patricia Brett, bijoutiers. Tandis que deux malfaiteurs ligotent, bâillonnent et séquestrent cette dernière à son domicile, les autres prennent en otage le commerçant, auquel ils ont préalablement subtilisé les clés des deux magasins. Ils l’emmènent dans une camionnette vers celui de Chantilly, tandis que deux complices les suivent à bord d’une voiture. Mais Patricia Brett est entre-temps parvenue à se libérer seule et a prévenu les gendarmes. Ceux-ci prennent en chasse les braqueurs, et des coups de feu sont échangés lors de la course-poursuite. Les ravisseurs réussissent à s’échapper, abandonnant les véhicules et le bijoutier.

13 mars 1997 : A Liancourt, le rapt du couple d’épiciers. Le soir du 13 mars 1997, Djamel Nouasri, gérant d’une supérette à Liancourt, sa femme et leur cousin et employé sont enlevés par quatre hommes encagoulés et armés qui font irruption dans le magasin à l’heure de la fermeture. Leur objectif : extorquer à l’épicier, qu’ils savaient détenteur d’une importante quantité de cannabis, de l’argent et de la drogue. Les malfaiteurs emmènent leurs victimes à Creil dans le bois du Plessis-Pommeraye, près de la base aérienne. Là, ils vont torturer Nouasri, notamment à l’aide d’un chalumeau pour tenter de le faire craquer, tandis que son épouse et son cousin passeront toute la nuit dehors dans le bois sous la surveillance de leurs ravisseurs armés. Nouasri s’étant le lendemain matin acquitté d’une rançon, les otages seront conduits en début d’après-midi à Survilliers où ils seront libérés, fortement choqués. A propos de cette scène échappée de Reservoir dogs, Faïd nie farouchement sa simple présence sur les lieux : « Je n’ai strictement rien à voir avec cette histoire. Ce que vient de raconter monsieur, ce n’est pas ma manière d’agir. La violence gratuite, les coups de crosse, le chalumeau, ce n’est pas moi. Je ne connais pas ce monsieur. Physiquement, je ne l’ai jamais rencontré. Après, j’ai eu vent de ce qui s’est passé. Je sais qui a fait cela, mais je n’y étais pas. »

3 juillet 1997 : Villepinte (Seine-Saint-Denis). Braquage d’un fourgon blindé inspiré officiellement du film Heat. Les huit ou dix braqueurs en combinaisons noires portaient tous « des masques genre masque de gardien de hockey ». « On allait livrer de l’argent frais et en prendre pour le rapporter à notre centre principal. Comme d’habitude, on venait de prévenir le dépôt de Villepinte de notre arrivée, le fourgon était à 500 m à 600 m, quand une voiture nous a doublés. » puis percutés. Pris en tenaille par deux autres voitures d’où surgissent « six ou huit hommes en combinaisons sombres », très lourdement armés. Fusil d’assaut, kalachnikov, uzi ; des armes de guerre plus un petit sac rempli de substance gélatineuse, brandie par l’un des malfaiteurs.

Entre-temps, le directeur du dépôt, qui guettait le fourgon, avait compris ce qui se passait et les policiers de la BAC de Villepinte ralliaient déjà la zone. C’est cette intervention qui mettra fin au braquage, dans le chaos mais, par miracle, sans faire de mort. Lorsque les braqueurs repèrent la voiture de la BAC, l’un d’eux tire immédiatement. Un policier riposte et blesse un gangster à la jambe. Alors le braquage aurait pu tourner au carnage. Mais « ils ont pris leur blessé, laissant par terre pas mal de sacs d’argent, et sont partis à bord de voitures à gyrophare, laissées tout à côté », se souvient parfaitement l’ancien chef de la BAC de Villepinte.

Octobre 1998 : en Suisse. Redouane Faïd prend un policier en otage. Il fuit en Allemagne.

30 décembre 1998 : Paris. Arrestation.

11 septembre 2011 : Des djihadistes offrent en holocauste à leur Dieu sanguinaire plus de trois mille personnes avec comme post-scriptum, vous, les mécréants, n’êtes que des idoles que nous brûlerons ad libitum.

Octobre 2001 : Condamné à vingt ans de réclusion par la cour d’assises de l’Oise. Le camp de Guantanamo rassemble alors entre 700 et 800 présumés djihadistes

Février 2003 : Sa peine est ramenée à douze ans, en appel à Amiens. Milosevic n’est pas encore mort d’un infarctus du myocarde dans sa prison modèle du TPI.

Février 2007 Chantilly.  Vers 22 heures, Jacques Ruffier et son épouse, la cinquantaine, sont chez eux, dans le quartier du Lys, à Lamorlaye. Quand tout à coup des individus font irruption à leur domicile. Les malfaiteurs cagoulés réclament les clés du coffre de la boutique, située rue du Connétable, dans le centre de Chantilly.  Le commerçant aurait tenté de résister. Le commando décide alors d’employer la méthode forte et ligote le couple. Ils réussissent à s’emparer des clés et abandonnent leurs victimes dans la maison pour filer vers Chantilly. Par chance, Jacques et Anne Ruffier parviennent à se libérer de leurs liens et alertent les gendarmes. Il faut tout juste dix minutes pour rallier Lamorlaye à Chantilly en pleine nuit, le trajet passe même devant la gendarmerie. Mais les cambrioleurs pensent que dès à présent plus aucun obstacle ne peut les empêcher de commettre leur forfait. Seulement, ils ne parviendront jamais à s’introduire dans le magasin. Elu en mai, Sarkozy invitera Kadhafi à venir planter ses tentes face au Palais de l’Elysée.

2009 : libération conditionnelle. Faïd a visiblement de la ressource et des appuis qui lui ont permis de dénicher un boulot dans une boîte d’intérim et de sortir après dix ans et trois mois de prison.

20 mai 2010 : entre 9h30 et 10h30, un commando lourdement armé, repéré par la police alors qu’il circulait sur l’A4, avait tiré au fusil-mitrailleur sur des automobilistes et des policiers lancés à ses trousses. A la sortie de l’A4 à Villiers-sur-Marne, des policiers municipaux avaient été pris pour cible. Atteinte par trois balles, la policière municipale Aurélie Fouquet, 26 ans, a succombé à ses blessures.  Cinq autres personnes avaient été blessées, parmi lesquelles une automobiliste grièvement touchée au poumon. La police avait privilégié la thèse d’un commando de braqueurs issus du grand banditisme.

Juin 2011 : arrestation et incarcération pour non-respect des mesures de liberté conditionnelles. On le disait en Israël, pays où il s’était adroitement replié lors d’une première cavale, prompt à porter la kippa et à apprendre l’hébreu. Autodidacte du braquage, il avait vite appris, peaufinant son savoir technique auprès d’un ancien militaire israélien. Et s’était rapidement hissé dans le petit cercle des braqueurs de fourgons blindés, l’aristocratie du crime organisé. Faïd n’avait même pas 25 ans et les as de la PJ sont longtemps passés à côté de lui sans le voir. A l’heure de le coincer la première fois, l’un d’eux lui avait dit : « Vous avez tapé trop haut, toi et les amis. Redescendez sur terre. Vous êtes des malades ». Le 22 juillet, Anders Behring Breivik chantonne sur une île en tirant sur des post-adolescents désarmés. Fatigué, il appelle la police norvégienne qui mettra un certain temps avant de réagir, croyant à un canular.

12 février 2013 : L’agence BNP de Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis) a été la cible d’un braquage à la voiture bélier, ce mardi matin. Vers 9 h 30 des malfaiteurs ont foncé sur l’agence, située avenue du Maréchal-Foch, profitant, semble-t-il de la présence d’un employé qui rechargeait les distributeurs. La porte du local a résisté. Les malfaiteurs sont repartis, abandonnant la voiture sur place. Sans butin et sans faire de blessé.

13 avril 2013 Doc s’évade à l’explosif de la prison de Sequedin. Officiellement, on ne compte aucune complicité parmi le personnel.

« A Creil, il y a eu un avant et un après Redoine Faïd », explique cet ancien commissaire de la PJ creilloise. A la fin des années 1990, « nous avions été surpris par l’audace de son groupe » et de celui qui « bluffait tout le monde ». Même si beaucoup en ont rêvé dans le Bassin creillois, personne ne lui a succédé. « Dans les quartiers, il reste une figure emblématique et exerce toujours une fascination chez certains jeunes. Au même titre qu’un Zidane. Il est resté une star. »

Redoine Faïd se qualifie lui-même de braqueur autodidacte. « Il ne doit rien à son environnement proche car il n’y a pas de milieu creillois charpenté », explique le commissaire. Faïd est sorti du rang grâce à sa personnalité : « C’était quelqu’un de hors normes, très charismatique. » Le flic avait été stupéfait par l’ingéniosité du truand, mais il garde sa distance critique. « Il est excessivement manipulateur. Il a dû anticiper tout ce qui s’est passé dernièrement, préparer sa nouvelle cavale. Il avait suffisamment de ressort. » 

Un an plus tard, le grand public le découvre grâce à un livre d’entretiens avec le journaliste Jérôme Pierrat. « Braqueur, des cités au grand banditisme » (éd. La Manufacture de livres) Sollicité par plusieurs médias, l’homme, devenu cadre dans le BTP, explique a qui veut l’entendre que ses vieux démons sont derrière lui. Il est même  au coeur d’une émission de Canal + diffusée le 3 janvier 2011 et consacrée aux caïds des cités versant dans le grand banditisme. L’ancien patron de la PJ garde en tête ce reportage où, filmé au pied de la Très Grande Bibliothèque à Paris, « on le voit décrypter pour le journaliste son attaque du fourgon blindé de Villepinte (Seine-Saint-Denis). C’était assez étonnant ».

En plus d’être très clairement dans le viseur de la justice pour la fusillade de l’A4, dont le procès n’a pas encore eu lieu, l’homme est également soupçonné d’être impliqué dans un autre braquage entre Arras et Lens en mars 2011 où les malfaiteurs avaient emporté 2 millions d’euros.

Le Parisien / Marianne / Libération / BAM


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