Publié par : Memento Mouloud | avril 26, 2013

Guerre et théorie du drone

Les drones auraient causé 4500 morts, parmi lesquels des centaines de femmes, d’enfants et de civils. Selon le Bureau for Investigative Journalism, une association journalistique basée à Londres, c’est en effet le nombre de victimes qu’aurait entraînées la guerre des drones menée par le président des États-Unis Barack Obama contre Al-Qaida et consorts. La façon dont Obama justifie ce genre de pratiques à coup de notes juridiques secrètes diffère à peine du traitement de la torture sous le gouvernement de George W. Bush.

« La délocalisation des équipages hors de leur cockpit a permis une profonde réorganisation du travail, et c’est en réalité cela, au-delà des prouesses technologiques de la machine, qui assure, par effet de démultiplication socialisée des pupilles humaines la “veille géospatiale constante” du regard institutionnel. »

Selon Brandon Bryant, le bunker du Nevada qui sert de centre opérationnel « est très sombre, la seule lumière vient des écrans, il y a en a 7 en face du pilote et 7 en face de l’opérateur des capteurs. (..) J’étais l’opérateur des capteurs. En bref, nous sommes le soutien du « pilote », pour tout ce qu’il fait, tout ce que le drone fait, je contrôle aussi la caméra du drone et je tire le rayon laser pour que le pilote puisse tirer le missile. » Mais Bryan a aussi une mission de prévention, « Quand le convoi rentre à la base, vous scannez la route (depuis le drone) pour être sûr qu’ils ne vont pas être victime d’un guet-apens, ou alors, comme en Irak, on scannait la route du convoi pour repérer des endroits où des explosifs pouvaient être enterrés ou bien les risques de guet-apens. Ils mettent le feu à un pneu, ils le placent sur la route pour rendre l’asphalte plus mou, et ils le retirent après, ça leur permet  d’enfoncer les explosifs dans l’asphalte, de les couvrir, et la différence de température entre le métal frais et l’asphalte chaud créé une forme d’œil sur la route (…) On a vu la marque mais on ne pouvait rien faire, on ne pouvait pas avertir le convoi, leur radio était brouillée. Le premier véhicule est passé dessus et il ne s’est rien passé et on se préparait à reprendre le scan (de la route) quand  le deuxième véhicule est passé dessus et a explosé. C’était ma première mission, vous réalisez que ce n’est pas un jeu, c’est la vraie vie, et que ce que nous faisons, ça va affecter de vraies personnes. Ça m’a changé. (…) J’ai travaillé plus dur pour devenir le meilleur, je n’étais pas le meilleur, mais tout près. C’est comme être un détective, pour comprendre les habitudes quotidiennes, il faut surveiller pendant des jours, des semaines, des mois, et vous connaissez leur vie quotidienne, leur café préféré, comment ils vivent avec leur famille, ou c’est quelqu’un qui va enterrer des explosifs, ou aller à un endroit qui a été frappé et revenir armé, on les voit vivre avec leurs mômes, et pour eux, qui qu’il soit, c’est leur père. (…) » 

Le drone Predator possède une kill zone de 15 mètres, ce qui signifie que tous ceux qui se trouvent dans un rayon de 15 mètres autour du point d’impact, même s’ils ne sont pas la cible désignée, mourront avec elle. En comparaison, le rayon létal d’une grenade est de 3 mètres. « On se demande dans quel monde de fiction tuer un individu avec un missile antichar qui annihile tout être vivant se trouvant dans un rayon de 15 mètres et blesse tous les autres dans un rayon de 20 peut être réputé “plus précis” ». Le drone est aussi soumis aux effets de data overload, cette surcharge de données qui finit par les rendre difficilement exploitables, puisque, durant la seule année 2009, les drones américains ont engendré l’équivalent de 24 années d’enregistrements vidéo. Néanmoins, les logiciels adéquats devront guider un œil humain défectueux pour lui substituer cet œil absolu qui observe le monde comme une caméra cachée observe une famille de suricates dans le désert du Kalahari.

Brandon Bryant se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10 000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, “marque” le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact.

“Les secondes s’écoulent au ralenti”, se souvient Brandon aujourd’hui. Enregistrées au moyen d’une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes.

Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent.

Brandon voit une lueur sur l’écran – l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu.

“On vient de tuer le gamin ?” demande-t-il à son collègue assis à côté.
“Je crois que c’était un gamin”, lui répond le pilote.
“C’était un gamin ?” continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran.

C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : “Non, c’était un chien.” Ils se repassent l’enregistrement une nouvelle fois. Un chien sur deux jambes ?

Outre les frappes de personnalités inscrites sur une kill list approuvée en personne, et oralement, par le président des États-Unis, la majorité des cas où les drones opèrent sont constitués par des « frappes de signatures » :« Signatures pris ici au sens de traces, d’indices ou de caractéristiques définitionnelles. Celles-ci sont dirigées sur des individus dont l’identité demeure inconnue, mais dont le comportement laisse supposer, signale ou signe une appartenance à une “organisation terroriste… on frappe alors en ce cas sans connaître précisément l’identité des individus ciblés, sur cette seule base que leurs agissements, vus du ciel, dérogent à des normes et des habitudes que les États-Unis associent à un comportement suspect ». Et l’on cible plutôt des téléphones que des noms, « alors même qu’un nombre croissant de numéros de téléphone de civils non combattants se met à apparaître sur la carte du réseau des insurgés…tout le problème – problème épistémologique, problème politique – réside dans cette capacité revendiquée de convertir adéquatement une image construite par compilation d’indices probables en statut de cible légitime ». Une frappe américaine décima ainsi, le 17 mars 2011, au Pakistan, un groupe d’hommes dont le regroupement « correspondait à la matrice prédéfinie pour un soupçon de comportement terroriste », alors qu’il s’agissait d’une assemblée traditionnelle, une jirga, convoquée pour résoudre un différend dans la communauté locale.

À l’heure où le drone est devenu l’un des emblèmes de la présidence Obama, « l’instrument de sa doctrine antiterroriste officieuse », consistant à « tuer plutôt que capturer », en prétendant remplacer la « torture et Guantanamo » par« l’assassinat ciblé et le drone Predator », cette arme prolonge et radicalise les procédés déjà existants de guerre à distance. « Mais par-là, c’est la notion même de “guerre” qui entre en crise. (…) Si la “guerre des drones” n’est plus exactement la guerre, à quel “état de violence” correspond-elle ? »

Élaborés pendant la guerre du Viêtnam, puis délaissés à la fin des années 1970, les drones ont poursuivi leur développement en Israël, avant de faire retour vers les États-Unis. Jusqu’au début des années 2000, ils n’étaient que des engins de renseignement, surveillance et reconnaissance. La métamorphose s’est opérée entre la guerre au Kosovo et celle d’Afghanistan. Au Kosovo, le Predator, mis au point par la firme General Atomics, se bornait à filmer et à illuminer des cibles au laser, afin de les désigner aux frappes des avions F16.

C’est à partir du moment où la caméra se dote d’un missile que le drone permet, selon les termes d’un officier de l’Air Force de « projeter du pouvoir sans projeter de vulnérabilité ». Mais, alors « contrairement à la définition classique de Clausewitz, cette guerre n’est plus pensée, en sa structure fondamentale, comme un duel. Le paradigme n’est pas celui de deux lutteurs qui se feraient face, mais autre chose : un chasseur qui s’avance et une proie qui fuit ou qui se cache. Ce qui se dessine, c’est un pouvoir invasif se fondant moins sur une notion de droit de conquête que de droit de poursuite. ». Ce qui se dessine surtout dans le village global c’est une série illimitée d’opérations de police permise par l’œil absolu qui couvre la totalité du globe alors que la guerre clausewitzienne était, asymptotiquement, destructrice des deux camps et illimitée puisque deux volontés s’y faisaient face.

Cette forme de police militaire « représente le triomphe, à la fois pratique et doctrinal, de l’antiterrorisme sur la contre-insurrection. Dans cette logique, le décompte des morts, la liste des trophées de chasse se substitue à l’évaluation stratégique des effets politiques de la violence armée. Les succès se font statistiques. Leur évaluation se déconnecte de leurs effets réels sur le terrain ».

« Les drones survolent les populations du nord-ouest (du Pakistan) vingt-quatre heures sur vingt-quatre, frappent des véhicules, des maisons et des espaces publics sans sommation. Leur présence terrorise les hommes, femmes et enfants, créant un traumatisme psychologique. Les habitants doivent vivre dans la crainte permanente de pouvoir être frappés à tout moment par un bombardement meurtrier, sachant qu’ils n’ont aucun moyen de s’en protéger », peut-on lire dans le rapport d’un groupe d’experts américains.

David Kilcullen, ancien conseiller du général Petraeus, éminent expert de la doctrine contre-insurrectionnelle, exigea en 2009 un moratoire sur les frappes de drone parce qu’il jugeait ces opérations dangereusement contre-productives pour les intérêts américains.

La différence est que « là où le paradigme de la guerre contre-insurrectionnelle considère les insurgés comme étant les représentants de revendications plus profondes au sein d’une société », dont il faut s’efforcer de saisir la raison d’être, le second, « en les étiquetant comme “terroristes”, les conçoit avant tout comme des “individus aberrants”, des personnalités dangereuses, si ce n’est comme de simples fous, ou de pures incarnations du mal. »

La prophétie de Carl Schmitt est accomplie. Dans un ordre global dont le droit est international, celui qui enfreint les règles édictées n’est pas un ennemi politique mais, au mieux, un simple criminel, au pire un ennemi du genre humain.

La nouvelle stratégie militaro-policière a accru le poids de la guerre à haute intensité de capital : rupture définitive avec le modèle national de la conscription, recours croissant à des firmes privées, développement d’armes perfectionnées de guerre à distance mais elle s’appuie aussi sur cette libération des flux de main d’œuvre qui permet de recruter à l’échelle du globe des mercenaires à bas prix ou une sorte de bourgeoise de compétences qui vend son savoir-faire au plus offrant.

Le débat sur la liquidation de citoyens américains par des drones fut lancé par l’exécution du prédicateur musulman controversé Anwar Al-Awlaki, tué en 2011 au Yémen lors d’une attaque. Né à San Diego, il bénéficiait donc de la nationalité américaine. Il serait impliqué dans plusieurs attaques terroristes. Une fusillade sur la base militaire de Ford Hood au Texas en 2009 – où le psychologue militaire Nidal Malik Hasan a tué treize personnes, lors de l’attentat manqué du jeune Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab – celui-là même qui a tenté de faire sauter un avion américain avec une bombe dans son slip- , mais aussi lors d’un attentat manqué à la voiture piégée à New York en 2010.

Mais au-delà du cas d’un citoyen américain retournant ses armes contre son pays et se conduisant, dès lors, comme un traître, le président des Etats-Unis pourrait en théorie ordonner des attaques de drones sur le territoire américain dans des circonstances exceptionnelles comparables au 11-Septembre, selon une lettre du ministre de la Justice, Eric Holder, rendue publique mardi par un sénateur. « La question que vous avez posée est entièrement hypothétique, ne se produira très probablement pas, et c’est une question à laquelle j’espère qu’aucun président ne sera confronté. Il est possible, je suppose, d’imaginer une circonstance extraordinaire dans laquelle il serait nécessaire et approprié, dans le respect de la Constitution et du droit américain, que le président autorise l’armée à utiliser la force létale à l’intérieur du territoire des Etats-Unis », poursuit-il.

« Le refus du ministre de la Justice d’exclure la possibilité de frappes par drones sur des citoyens américains sur le territoire américain est plus qu’effrayante –c’est un affront aux droits constitutionnels de tous les Américains », a réagi Rand Paul, républicain et défenseur passionné des libertés individuelles au Sénat. Mais d’autres élus ont estimé que le ministre était dans son rôle en laissant de la flexibilité au commandant en chef en cas d’attaques soudaines sur le pays. « Après les attaques du 11-Septembre, il y a eu un débat sur le fait d’abattre ou non un avion s’il était dirigé contre un grand bâtiment où beaucoup de gens seraient tués », a rappelé Dianne Feinstein, présidente démocrate de la commission du Renseignement du Sénat. « Si la guerre est déclarée contre les Etats-Unis, (…) il faut une réponse immédiate, et c’est ce que la lettre du ministre de la Justice essaie de dire », a-t-elle dit à des journalistes.

À ce jour, il semble que l’armée française ne possède que des drones de surveillance. Mais le mois dernier, Dassault Aviation a présenté le Neuron (qu’il faut parait-il écrire nEUROn), un drone de combat de 10 mètres de long et de 12.50 mètres d’envergure issu d’une coopération européenne dans l’industrie de défense. D’ici deux ans, nos militaires seront donc équipés de ces engins. Comment les utiliserons-nous, alors que la France est le pays d’Europe le plus engagé à l’étranger ?  Lors de la campagne de Libye, le général Vincent Tesnière a insisté surle rôle déterminant des drones américains« Si on avait eu 30 ou 40 drones armés, on aurait fait ce qu’il y avait à faire », a-t-il déclaré. On dit d’ailleurs que c’est un drone américain qui aurait repéré Kadhafi lors de sa cavale.

Un samedi 23 février 2013, une série de combats opposait des touaregs alliés aux forces françaises et un groupe armé dans le nord du Mali tandis que la traque des djihadistes se poursuivait dans le massif des Ifoghas, avec l’appui des drones « Predators« .

Les troupes françaises, maliennes et africaines bénéficiaient donc sur le champ de bataille du soutien de drones américains car les Etats-Unis avaient déployé plusieurs de ces engins au Niger voisin, sur une base de Niamey, d’où ils décollaient pour effectuer des vols de reconnaissance sur le Nord malien. Ces drones étaient censés ne pas faire usage des missiles dont ils sont équipés, mais auraient été, exclusivement, utilisés pour espionner les combattants islamistes au Mali. Au total, une centaine de militaires américains furent déployés au Niger pour l’intervention de ces drones.

Tandis que la France préparait ses emplètes en Predators du côté de Washington, les forces françaises découvraient à Tombouctou le manuel Al-Qaidien de lutte contre les drones en 22 rubriques : Le manuel d’Al-Qaida contre les drones

Le Vif / Huffington Post /Mediapart /Atlantico / Courrier International/ G.Moréas/ Le Monde / Grégoire Chamayou / BAM / Rue 89

Grégoire Chamayou : extrait de la théorie du drone

 

 


Responses

  1. C’est le genre de choses qu’on imaginait dans les bouquins de science fiction ou d’anticipation. Maintenant c’est vrai.

  2. Vous avez raison Paul-Emic, nous n’avons plus qu’à relire Philip K Dick d’urgence, on verra si les androïdes rêvent de moutons électriques ou si nos souvenirs sont à vendre

  3. On présente les fantassins comme des tueurs sanguinaires, ils ont été doublés depuis longtemps par les aviateurs. Avec les drones, ils ont encore augmenté la distance entre le pilote et sa cible. Histoire que le gars se pose moins de questions sur la légitimité de son acte?

  4. Le bouquin de Grégoire Chamayou qui s’inscrit à la gauche de l’arc idéologique est intéressant à cet égard puisqu’il en vient à classer la guerre contre-insurrectionnelle dans une sorte de typologie des guerres humanistes, en opposition à ce que j’appellerais les guerres douhettistes (bombardements et pilonnages par l’aviation, les missiles balistiques ou les drones) qui sont toutes terroristes et qu’on ne peut classer dans les guerres asymétriques à moins de considérer qu’entre un guépard et un singe perdu dans la savane le combat soit asymétrique. D’ailleurs les américains qui ont le sens des noms (nommez la première bombe A, necessary Evil, était très pertinent) ont nommé leur drone, Predator, c’est tout dire.

    Sinon je ne pense pas que la morale du fantassin soit en jeu, c’est vraiment le lien entre l’œil absolu et l’arme létale qui nous transforment tous, d’abord en suspect potentiel puis en objet d’observation enfin en cible.

    PS : J’aime bien votre site, notamment votre article sur la droite réactionnaire

    • Merci! pour le drone, vous avez peut-être raison, dans la mesure où le pilote voit sa cible dans le détail. Ce qui n’était pas le cas pour le pilote du bombardier. Mais le pilote du drone rentre à la maison le soir, embrasse les enfants et s’ouvre une bière. La guerre devient plus distante, immatérielle.

  5. Il y a aussi pour un témoignage de pilote de drone, l’ouvrage de Matt Martin.

    Le drone tel qu’il est décrit dans ce texte, est assez fascinant. Il est le versant moderne et aérien du sous-marin des deux conflits mondiaux. Il se base ou se basera sur des traitement de données relativement similaires à ce qui existe avec les caméras de sécurité. Il ignore les frontières et les pays.

  6. « Mais le pilote du drone rentre à la maison le soir, embrasse les enfants et s’ouvre une bière. La guerre devient plus distante, immatérielle. »
    Il me semble que la guerre, n’importe quel genre de guerre engendre une sorte de partition chez le combattant ou même le tueur de masse façon membre des bataillons de police qui épaulaient les einsatzgruppen à l’arrière du théâtre d’opération. Les mondes semblent se dissocier, c’est dans l’après-coup que la lézarde qui s’est opérée peut devenir une béance qui risque d’emporter celui qui la porte quels que soient les actes qu’il a commis

    Je n’avais pas pensé à cette analogie avec les sous-marins Xavier, pourtant c’est exactement cela. Le drone est une sorte de référence virtuelle qui peut s’actualiser à n’importe quel moment, seulement, il ne fait plus surface, il troue l’espace (presque la main de Dieu sortant des nuages). Ne reste plus qu’à l’orchestrer en comédie ; qui va nous tourner une opération jupons ?

  7. La description de la Libye m’évoque des scènes de Babylon Babies, le livre non abouti de Dantec, pas la bouse de Kassovitz. Il anticipait un mélange surréaliste de tribus restés au Moyen Age avec des technologies de guerre de pointe (des drones d’ailleurs je crois).

  8. Vous avez déjà ça dans Dune mais il est vrai qu’en tant que schizo assermenté, Dantec a eu des intuitions fulgurantes au milieu d’un flux sémiotique ininterrompu et, parfois, vide de signification et de sens

  9. Oui, le sous-marin, et le Hellfire n’a rien à envier en termes de délicatesse, à la torpille. Et visiblement, des Lusitanias se préparent.

    Développons un peu et tentons d’être à la hauteur du blog.
    Le drone n’est pas le premier item de la guerre à distance déshumanisée. L’artillerie, à partir du moment où elle a commencé à tirer dissimulée, ajustant ses tirs à l’aveugle, confiante en les les ordres d’un observateur, est à mon avis la première du genre.
    Le drone, observateur de comportements anormaux, s’inscrit dans une négation du corps et une humanité de l’écran.
    – Le médecin ne palpe plus, il observe via des sondes ou de l’imagerie.
    – Le sang est d’ailleurs pensé d’office, a minima, comme étant contaminé (SIDA…)
    – A l’écran, les seuls corps nus exhibés et qui se touchent sont ceux des catcheurs ou des pornstars, tellement irréels et plastifiés qu’ils porteraient une armure, cela reviendrait au même.
    – L’on érige des murs, de-ci de-là, bardés de caméras de sécurité.
    – Le JTAC qui commande la frappe aérienne voit ce que voit la plateforme aérienne, il voit en imagerie thermique des « Pax », des pixels blancs sur fond gris, qu’il va anéantir en commandant la frappe.
    – Même topo pour le pilote du drone.
    Certes, le close combat existe toujours, mais l’idéal du drone terrestre assumant sa part du travail est là.

    My 2 cents sur le sujet, histoire d’alimenter la réflexion.

  10. En juin 2010, 108 drones de ces types effectuent en permanence 42 patrouilles aériennes au-dessus des zones de conflit en Afghanistan et Irak. À la fin de l’année 2010, ils en feront 50 et 65 en 2013. Avec 3 drones pour chaque patrouille, un qui survole la zone en altitude, un qui s’en approche et un qui doit rentrer à la base pour entretien.

  11. Le FBI a lancé mardi un appel à témoins, après qu’un pilote d’avion de ligne eut affirmé avoir aperçu lundi un drone près de l’aéroport new-yorkais John F. Kennedy. Outre le FBI, l’agence fédérale de l’aviation américaine a ouvert une enquête. Ce pilote, de la compagnie aérienne Alitalia, a affirmé qu’il avait vu le drone « alors qu’il approchait de l’aéroport John F. Kennedy vers 13 h 15 » lundi, « à une altitude d’environ 450 mètres », a précisé la FAA dans un communiqué envoyé à l’AFP. Le FBI a précisé de son côté qu’il cherchait à « identifier et localiser l’appareil et son opérateur ». « L’appareil sans pilote a été décrit comme noir, et pas plus grand qu’un mètre, avec quatre hélices », a précisé un porte-parole. Le drone se trouvait « à environ 6 à 8 km au sud-est de l’aéroport », selon le pilote.

  12. En résumé Xavier nous vivons sous le regard permanent de la technoscience qui a remplacé celui de Dieu, on peut en conclure que la mésalliance est à l’ordre du jour

    Deane, il n’y a plus qu’à attendre les batailles de drones


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