Publié par : Memento Mouloud | octobre 2, 2013

Samia Ghali ou le socialisme marseillais

Pantalon bleu roi, pull pailleté, hauts talons, Samia Ghali envoie quelques baisers, complimente une mamie sur sa tenue et décoche un regard enamouré à Maurice, 85 ans. Certains se flattent d’avoir vu grandir cette brune piquante de 45 ans. Dans la salle, ils sont 320 attablés, à attendre le méchoui offert par la mairie du 15e- 16e. C’est le banquet des aînés, organisé deux fois par an, dans une propriété de l’arrière-pays. Samia Ghali jubile. Sa popularité auprès des petits Blancs l’apaise. « Alors, ils ne voteront jamais pour une Arabe? » lance-t-elle comme un défi. Élue au premier tour des dernières municipales dans son secteur, elle est arrivée en tête dans tous les bureaux de vote. Là où la gauche n’avait jamais gagné, là où le discours du Front national séduit.

À l’âge de 6 mois, elle est hospitalisée en urgence. Les médecins diagnostiquent un cas de malnutrition sévère. Sa mère, mariée très jeune à un cousin noceur et buveur, n’a pas d’argent pour la nourrir. Pendant deux ans, les services sociaux l’envoient à Briançon pour soigner son asthme. Le père repart vivre dans les Aurès, elle ne le reverra jamais. Après son passage par une famille qu’elle dit chaleureuse et des bandes qu’elle prétend décimées par la drogue, elle rencontre, à 16 ans, Patrick Mennucci, son premier mentor, aujourd’hui adversaire redoutable dans la course à la mairie de Marseille. « Un ami », corrige Samia Ghali. Ensemble, ils vont conquérir les fiefs communistes. À l’ancienne. Samia Ghali se met dans le sillage de Guy Hermier, le dandy rouge du PCF, qui meurt en 2001. En 2008, Jean- Noël Guérini, patron du PS local, négocie avec le PC et la mairie revient à Samia Ghali.

Samia Ghali est devenue la nouvelle coqueluche des médias parisiens après son appel, en septembre 2012, à faire intervenir l’armée dans les quartiers nord pour éradiquer le commerce de la drogue. Depuis sa maison du Roucas-Blanc, la sénatrice et maire des 15e et 16e arrondissements aurait un joli point de vue sur les opérations. Quelques jours après sa déclaration, elle refuse de condamner les habitants qui ont expulsé par eux-mêmes des Roms de leur quartier. Après avoir demandé aux paras de venir régler les soucis de la Casbah de Marseille, voilà Samia Ghali, sénatrice socialiste, en train de justifier une quasi-ratonnade mais multi-ethnique, nuance. Les Dupont Lajoie ont pris un coup d’UV et un shoot de mélanine.

En toute logique, Samia Ghali s’est lancée dans la course à la primaire socialiste qui se tiendra les 13 et 20 octobre et à l’issue de laquelle sera désigné le candidat du PS à la mairie de Marseille. Dans les quartiers nord, la sénatrice socialiste Samia Ghali, qui est aussi maire des 15eet 16e arrondissements, est surtout connue pour avoir fait couvrir de pelouse synthétique plusieurs des terrains en terre où les gamins s’écorchaient les genoux. Vice-présidente du conseil régional déléguée aux sports, à la jeunesse et à la vie associative de 2004 à 2010, elle était alors à la tête d’un budget de 28 millions d’euros. Une somme considérable qui lui a permis de « travailler » son implantation.

Dans son livre Marseille, ma ville (Les Arènes, mars 2013), le journaliste Xavier Monnier a reproché à« l’ardente pourfendeuse du clientélisme » d’avoir« déversé 872 000 euros de subventions en six ans dans les caisses d’une association tenue par son cousin Abdelhafid Bahou ». En fait, ce sont 960 000 euros qui ont été versés entre 2004 et 2010 par la région à l’association Omnisport Hermitage Campagne Levêque (15e) présidée par ledit cousin. Les années précédentes, l’association recevait au grand maximum 4 000 euros par an. Sur cette somme, près de 450 000 euros ont été dépensés pour refaire des pelouses, les clôtures, les vestiaires, et aménager un local de musculation.

Selon la Chambre Régionale des Comptes, la pratique des dossiers « signalés », qui permettait à certains élus régionaux de court-circuiter l’instruction normale des dossiers associatifs, a été maintenue dans le domaine de la culture et du sport après l’affaire Sylvie Andrieux. Ex-vice-présidente du conseil régional déléguée à la politique de la ville, Sylvie Andrieux a été condamnée le 22 mai 2013 par le tribunal correctionnel de Marseille pour « détournement de fonds publics ». La députéE PS, qui a fait appel, est accusée avec 21 autres personnes d’avoir détourné 716 000 euros de subventions publiques, via des associations fictives basées dans les quartiers nord de Marseille.

Abdelhafid Bahou est pour sa part furieux. Il montre deux carrés de pelouse tailladés selon lui après la parution du livre de Xavier Monnier. « Les gens ont cru qu’on avait plein d’argent, peste Abdelhafid Bahou. On a 300 jeunes licenciés, 8 salariés, dont des contrats aidés, on a un vrai rôle social. Quand nos subventions baissent, les gamins vont guetter pour le deal. Et je n’ai pas mis la clef sous la porte en 2010 quand Samia Ghali est partie de la région ! ». Ancien toxicomane, l’homme dit lutter contre les réseaux de deal à Campagne Levêque. Il agite un devis de pelouse, puis refuse qu’on en fasse une copie. Abdelhafid Bahou, qui tient depuis 2003 un magasin d’équipement sportif, reconnaît y avoir fourni son club grâce aux subventions régionales. « Mais c’était à prix coûtant et, depuis l’an dernier, j’ai arrêté car on m’a dit que ce n’était pas légal. » En 2005, ce sont pas moins de 78 000 euros de subventions qui ont été versés au club par la région pour l’achat d’équipements sportifs.

Sa garde à vue du 7 février dernier dans l’affaire Calisson, un coup de filet lié à un système de racket d’établissements d’Aix-en-Provence ? « Je n’avais rien à voir dans cette affaire, j’ai fait trois jours de garde à vue parce que j’avais été en contact téléphonique avec un des mecs qui m’avait proposé de racheter un resto à Aix », répond Abdelhafid Bahou. Son audition le 24 septembre par des gendarmes de la section de recherche de Marseille, venus le chercher à « vingt avec la BAC » ? Pure formalité à l’entendre : « Ils voulaient m’entendre pour une histoire de carte bancaire volée qui aurait été utilisée dans mon magasin, je suis ressorti au bout de 4 heures. » Il s’étonne de l’« acharnement » des médias : « Quand vous naissez dans les quartiers nord, vous ne grandissez pas avec des futurs énarques et des médecins, souligne-t-il. Campagne Levêque a vu passer les plus grands truands, le gang de ceux qui ont fait le hold-up de la Caisse d’épargne, celui de Francis le Belge… Vous voulez connaître qui ? ». Pour plus de sûreté, un droit inaliénable depuis 1789, son coffre du Crédit du Nord a été vidé.

Abdelhafid Bahou n’est pas le seul à avoir bénéficié de l’ascension de Samia Ghali, passée du conseil d’arrondissement en 1995, à la région en 2004, puis à la tête de la mairie de secteur des 15e et 16e et à la vice-présidence de la communauté urbaine en 2008. Ainsi La sénatrice Samia Ghali est l’épouse de Franck Dumontel, qui fut directeur de cabinet de Michel Vauzelle à la région, puis d’Eugène Caselli, 67 ans, à la communauté urbaine dont la nièce est documentaliste à la direction de la communication. Frankie fut débarqué, en décembre 2010, de son poste à la suite de la publication d’une écoute téléphonique où Alexandre Guérini le présentait comme « un mec extraordinairement intelligent et très efficace, heu, qui est actuellement le directeur de cabinet de Caselli, que Jean-Noël a mis pour être son directeur de cabinet, en vérité c’est lui le patron, heu, c’est Franck qui est le vrai patron de la Communauté urbaine de Marseille et qui est notre, heu, notre ami intime quoi… ».

« Quand son compagnon était directeur de cabinet d’Eugène Caselli, Samia Ghali a fait rentrer du monde, principalement des 15e et 16e arrondissements, au service nettoiement à MPM, comme le faisait auparavant Bruno Gilles (sénateur et maire de secteur UMP, ndlr) à Marseille depuis 1997 », affirme Roger Aymard, secrétaire général adjoint de la SDU 13-FSU, syndicat qui lutte contre la mainmise de Force ouvrière (FO) sur les collectivités locales marseillaises. Une vieille combine qui date de la guerre froide mais sans l’excuse de la lutte contre le communisme. Les trotskos et les gaullistes ont aussi besoin de permanents.

Franck Dumontel conseille aujourd’hui la campagne de Samia la flamboyante pour la primaire. Il est aussi patron d’une société de conseil aux collectivités locales, qui, le 27 décembre 2012, a remporté un marché public lancé par la communauté d’agglomération d’Aubagne et du pays de l’Étoile. Six mois plus tard, lors du conseil municipal du 28 juin 2013, Daniel Fontaine, le maire d’Aubagne (PCF) et vice-président de la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile, annonce que la sénatrice s’apprête à puiser 20 000 euros dans sa réserve parlementaire pour la future pelouse synthétique du stade d’Aubagne. Chaque année, députés et sénateurs distribuent en effet, hors de tout contrôle, plus de 150 millions d’euros aux collectivités locales et aux associations de leur choix.

Bien entendu,  la société de Franck Dumontel, 3C2A, était la seule à candidater pour ce marché public. Il s’agissait de faire l’interface entre les entreprises et les fonctionnaires sur le chantier du siège de la communauté d’agglomération, en pleine réhabilitation. Montant de ce marché à bons de commandes : entre 20 000 et 90 000 euros sur deux ans, juste en dessous du seuil légal de publication au Bulletin officiel des annonces de marchés publics (Boamp).

Les adversaires de Samia la dévouée lui prêtent plusieurs recrutements de cousins ou neveux, comme chauffeurs dans des collectivités publiques ou comme responsables d’associations subventionnées. Elle précise que son demi-frère, Karim Tabti, a fait partie, en 1999, de la grosse vague de recrutement en contrat aidé au conseil général alors qu’elle y travaillait au service emploi.  Mon frère a été embauché comme CES dans le cadre des 1 000 contrats aidés, il est toujours à 1 200 euros », proteste Samia Ghali. Sa femme Fouzia Tabti est gardienne dans un espace senior du 15e arrondissement dépendant du conseil général. Le couple s’y est vu attribuer un logement de fonction en novembre 2010. Une autre cousine, Zohra Bahou, travaille comme chargée de mission à la région Paca. Elle affirme, par ailleurs, que son cousin, Azzedine Bahou, archidiplômé, n’a pas eu besoin d’elle pour creuser son trou au service promotion économique de la communauté urbaine où il est devenu chef de projets relation Euro Méditerranée à Marseille Provence métropole, lorsque la communauté urbaine est passée à gauche.

Son association, Algérie innovation, qui a également bénéficié de subventions régionales (82 000 euros dès l’année de sa création en 2007, dont 26 000 euros de subvention d’investissement), vient d’être épinglée par le rapport de la chambre régionale des comptes sur la région Paca. « Les factures justifiant la subvention d’investissement concernaient des travaux au domicile du président (une villa sur le technopole de Château Gombert, ndlr), où l’association a son siège », indique la CRC. Quant à la subvention de fonctionnement, le compte-rendu d’activité de l’association« ne rend compte d’aucune action spécifique ».

Vice-présidente de la région Paca pendant l’affaire Andrieux, puis vice-présidente de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) au moment de l’affaire Guérini, Samia Ghali n’a jamais été inquiétée dans les diverses enquêtes judiciaires visant le PS des Bouches-du-Rhône. Tout juste son nom a-t-il été mentionné au détour d’un interrogatoire, par Rolland Balalas l’ancien assistant parlementaire de la députée PS Sylvie Andrieux : « Elle a son propre circuit. » Le juge d’instruction en charge du dossier en est resté là.

Marseille, « c’est la Tunisie sous Ben Ali. Emploi, logement, subventions, tout est contrôlé par les élus. Mais attention ! Si tu discutes avec l’un, tu ne peux pas parler avec un autre, sinon on te coupe les subventions pour ton association, ou bien on te refuse des projets. Soit tu te soumets, soit on essaie de te casser. Voilà la réalité. Ils n’essaient pas de développer les quartiers, mais seulement de gagner des voix ou de les acheter.

La tirade part en rafale. Je l’alimente en munitions. Députée socialiste des quartiers nord, Sylvie Andrieux a été mise en examen pour détournement de fonds publics. Citée dans l’affaire, Samia Ghali, elle, n’a pas été inquiétée. Une autre procédure vise le terrain de jeu de Samia Ghali et Henri Jibrayel. L’alerte a été donnée par les services du conseil régional, devenus méfiants. Des associations fictives détourneraient des subventions publiques. Relents de corruption, de clientélisme, d’achat de voix. Deux mille dossiers de la région et du département ont été signalés aux services de police, qui doivent les dépiauter.

Après les élections de 2007 et 2008, leurs larbins nous ont proposé de nous rémunérer avec l’argent public en créant une association, racontent Riri, Fifi et Loulou, qui m’assurent qu’ils seraient prêts à en témoigner devant la justice. Mais nous en avions déjà une, réelle celle-là, pour les gamins des quartiers. On les emmenait faire du kayak ou du VTT. On ne voulait pas manger l’argent des enfants, on voulait les sortir d’ici.

Les élus, de leur côté, en sont déjà sortis. Henri Jibrayel habite au sud. Sylvie Andrieux possède un  » cabanon  » dans l’anse de Malmousque – en fait, une maison de plusieurs étages en contrebas de l’hôtel 4 étoiles du Petit Nice. Quant à la villa dénichée par Samia Ghali deux ans après son élection, entre Perrier, Vauban et le Roucas-Blanc, elle est lovée au creux des collines huppées. Le vendeur lui a même fait une fleur : un prêt à taux zéro sur 350 000 euros. La sénatrice maire dispose également d’un appartement.

L’ensemble du patrimoine immobilier du couple Ghali-Dumontel est valorisé à 1,7 million d’euros. Les souvenirs de campagne s’égrènent. Riri se souvient de cet ami d’enfance envoyé par un parlementaire afin de lui mettre la pression physiquement. Après lui avoir envoyé ce messager, le parlementaire lui a donné rendez-vous. L’entretien s’est résumé à une tape sur l’épaule et à un avertissement.  » Tu l’as, ta subvention. Mais ne te manque pas ! Il faut que tu me rapportes des voix.  » C’est ce qu’a dit cet élu de la République à Riri, écoeuré par ces manoeuvres devenues banales.

Ce n’est pas le projet que tu portes qui est décisif, ce sont les voix que tu peux leur ramener. Si je peux lui vendre cent voix, alors j’aurai mes sous, me traduit-il. Promise avant le scrutin, la manne censée assurer le fonctionnement de son association sera débloquée une fois le candidat élu. Ils se détestent tous, ils craignent pour leur gamelle. Alors ils veulent l’assurance que tu es exclusif ; que si tu tapes à leur porte, tu ne vas pas taper à une autre. »

JDD / L’Express / Mediapart/ Xavier Monnier / BAM


Responses

  1. « Sylvie Andrieux possède un  » cabanon  » dans l’anse de Malmousque – en fait, une maison de plusieurs étages en contrebas de l’hôtel 4 étoiles du Petit Nice »

    Faux: une petite villa a un étage, de style petit loft , en surplomb, dans l’anse de Maldormé.

    Un détail où le diable pourrait se nicher: quitte à paraître pinailleur, cette inexactitude journalistique porte ombrage à la crédibilité du reste de l’article…….

  2. Vous avez raison Hippocrate, il faut être précis. L’information est tirée de l’ouvrage de Xavier Monnier qui la tient de la personne qu’il questionne. Néanmoins, vous aurez plus de précisions ici : http://canardemarseille.canalblog.com/archives/2013/04/15/26932739.html

  3. la France de demain … on y est !

  4. Memento, ne voyez aucun esprit de basse polémique ni de quelconque défense de qui que ce soit dans ce que vais dire, mais il se trouve que la maison dont dispose SA dans le 7e arrondissement, m’est connue via les hasards de la vie; j’y ai été plusieurs fois invité, il y a belle, belle, belle, lurette , par les précédents propriétaires.
    Ces inexactitudes ont tendance à me gêner; il n’est nul besoin d’en rajouter , de « fabriquer » une réalité à l’encontre d’un classe politico mafieuse marseillaise passée à la chronicité; la réalité vraie dépasse cette fiction, d’ailleurs.
    Je remarque que Marseille, historiquement, a toujours été une ville de purs négociants, sans une élite « patricienne » véritable qu’il est toujours utile pour le peuple de chercher à imiter; c’est pourquoi les « élites politiques » marseillaises sont fondamentalement constituées de parvenu(e)s, extrèmement vulgaires .
    NB: je ne suis ni marseillais ni habitant de Marseille

  5. Paul-Emic, c’est plutôt la continuité dans la bonne ville

    Je ne vous vois pas en avocat de Sylvie Andrieux, Hippocrate et j’apprécie votre intervention. A Marseille, le toc, le faux-semblant, la rumeur tiennent lieu de vérité. Je me souviens de paysages à couper le souffle et d’un patriciat au milieu d’une ville à l’abandon avec des petits tapins maghrébins qui venaient draguer le client sur le vieux port, tendance blond perroxydé. Marseille ne se conçoit pas sans Aix et sans l’héritage compradore des commerces avec le Levant puis les colonies. La bourgeoisie locale y est d’une suffisance rare. Contrairement à Paris, on ne vient pas à Marseille pour voir périr ses illusions mais parce qu’on est pauvre et qu’on y échoue. Une ville sous la coupe de gangsters un siècle durant c’est tout de même assez rare, ça suppose que les choix locaux se résument à attendre que vous tapiez dans l’oeil d’un notable ou à prendre la mitraillette. Autant partir

  6. Sur ce coup, on peut dire que vous avez eu le nez creux.

  7. En toute modestie, j’ai souvent le nez creux


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :