Publié par : Memento Mouloud | janvier 14, 2014

Alain Badiou et Dieudonné, même combat anti-israélien ?

Ariel Sharon burial

1/ Il n’y a pas de réel retour de l’antisémitisme sinon pour les partisans de la contre-offensive réactionnaire en cours qui vise particulièrement les afro-maghrébins islamisés de France et éventuellement tous les arabes et autres noirs à l’échelle du monde.

2/ le signifiant juif est sacralisé par la fraction SIT (Shoah, Israël, Talmud) de l’axe impérialiste nord-américain quasi-génocidaire.

3/ La sacralisation du mot juif par les délateurs d’extrême-droite pro-impérialistes s’inscrit dans une rhétorique victimaire qui permet aux juifs israéliens de s’excepter du droit international et d’échapper à toute sanction même symbolique.

4/ L’idéologie victimaire est inséparable de la fable de l’élection du peuple juif qui attente à l’égalité de principe entre prédicats

5/ La compassion à l’égard des victimes de l’extermination ne devrait pas s’adresser aux victimes parce qu’elles sont juives sinon cette compassion ne peut que déboucher sur des profits stratégiques ou matériels indus qu’alimentent les escrocs de la Shoah totalement indifférents au sort des victimes en 1944.

6/ L’Etat colonial israélien doit disparaître au même titre que l’Algérie française ou le régime sud-africain d’Apartheid.

7/ Le communautarisme juif excepte les juifs de tout Universel.

8/ L’Etat d’Israël comme Etat juif est un Etat archaïque étranger à la saine démocratie parlementaire

9/ Il faut effacer tous les prédicats à commencer par le mot juif et le remplacer par la liste interminable des noms imprononçables des victimes chantés par Aragon

10/ Il faut bâtir une Palestine démocratique et laïque et trouver un Madiba arabe

11/ L’antisémitisme arabe est condamnable

12/ L’antisémitisme arabe serait alimenté par l’existence d’un Etat juif spoliateur et criminel  

 


Responses

  1. « bâtir une Palestine démocratique »
    Voilà un challenge.
    J’ai arrêté mon abonnement Témoignage Chrétien vers la fin des 70s du fait de leur propagande pour un Etat Laïque judéo-arabe en Palestine.
    Un rêve selon lequel la démocratie dépasse rivalités héritées !

  2. Les 12 propositions sont celles d’Alain Badiou, je le rappelle à toutes fins utiles. Sinon j’ai étudié les textes de la période. Parmi ceux-ci on pouvait distinguer ceux de Pierre-Luc Séguillon, alors journaliste à Témoignage Chrétien. Je vous cite mon analyse de l’époque, c’est un peu long mais vous pouvez lire en diagonale, vous verrez que le discours antisioniste n’a pas varié d’un iota

    « Quant à Pierre-Luc Séguillon, il pousse à la limite les énoncés antisionistes par deux fois. Ainsi le 7 janvier 1971, à la suite des procès de Leningrad qui avaient distribué, dans un premier temps, des peines de mort à l’encontre de citoyens juifs soviétiques, Pierre-Luc Séguillon s’interroge : « Est-il illogique que l’U.R.S.S. surveille étroitement ceux qui soutiennent la politique d’Israël dès lors que Moscou est en état de guerre interposée avec le gouvernement de Tel-Aviv ? Faut-il se scandaliser de ce qu’elle les garde comme otages ? ». Puis il ajoute que les « campagnes anti-religieuses » en U.R.S.S. ne sont pas des persécutions. Sans doute est-il fastidieux de répliquer à un homme qui, si la logique de ses arguments était respectée, soutiendrait l’ouverture de camps de concentration pour arabes aux Etats-Unis. Est-il nécessaire d’indiquer que les fameuses « campagnes anti-religieuses » en U.R.S.S. se sont soldées par la destruction de toutes les institutions juives autonomes dès la fin des années 1920, le massacre de tous les intellectuels yiddishophones de 1948 à 1952 et la persistance d’un antisémitisme institutionnel en U.R.S.S. sous l’ère kroutchévienne et brejnévienne.

    Quant à son article du 4 octobre 1973 qui traite de la fermeture du centre de transit de Shonaü (Autriche), il s’ouvre sur une assertion des plus subtiles selon laquelle, jusqu’à l’attaque de ce centre de transit par un commando palestinien de la « Saïka », les agents israéliens faisaient la « loi dans la capitale autrichienne » et imposaient aux juifs soviétiques qui ne voulaient pas émigrer en Israël « des sévices ou brimades ». Le tout sans l’ombre d’une preuve, sur la base d’un témoignage anonyme et de rumeurs dont on ne sait si elles sont autrichiennes ou inventées par le journaliste. Dans ce cadre, Pierre-Luc Séguillon n’hésite pas à colporter une petite blague autrichienne antisémite : « … une boutade circule, à Vienne, significative : il n’est plus guère de différence entre le gouvernement de Jérusalem et le gouvernement de Vienne, sinon que le premier ne comporte pas de ministres autrichiens, alors que le second compte des ministres israéliens… ».

    Or cette « boutade », à l’heure où un homme d’origine juive, Bruno Kreisky, occupait le poste de chancelier de la République, aurait dû alerter le journaliste de Témoignage Chrétien sur la persistance d’un antisémitisme populaire dans un pays qui vécut dans l’enthousiasme, l’ »Anschluss ». Or Pierre-Luc Séguillon, entièrement guidé par le prisme « antisioniste », préfère y découvrir une manière de sagesse populaire devant les agissements sournois du lobby sioniste. Le même prisme explique qu’un Georges Montaron, le 14 septembre 1972, à l’instar d’un Jean-Marie Domenach, ne perçoit dans la tuerie de Munich qu’une transgression d’ « un spectacle pour riches », « la paix olympique ». Or, qu’une organisation palestinienne ait pris la décision d’enlever des athlètes israéliens à Munich (lieu emblématique et fêté du nazisme au cours de la brève existence du Reich hitlérien), 36 ans après les Jeux Olympiques de Berlin, témoignait de l’incapacité dans laquelle se trouvait le mouvement national palestinien de penser l’histoire juive et le lieu de son désastre.

    Elle augurait mal de l’édification d’une Palestine laïque et démocratique, mais Georges Montaron préférait interpréter le « haut-le-coeur » qui souleva l’opinion française comme un ethnocentrisme de plus, puisque, selon l’interprétation de la Shoah défendue par Témoignage Chrétien, celle-ci était la faute indélébile du capitalisme et de l’Occident (incarné par les Etats-Unis) qui défendaient en Orient l’héritier pervers de l’antisémitisme européen, le sionisme. Ici se dévoile le profond autisme de cette sorte d’ »antisionisme » qui, faute de trouver un écho dans la presse et d’être défendu par des intellectuels de renom en France, préfère interpréter cette indifférence sous la forme du complot sioniste, premier pas vers une logique sectaire à laquelle tente d’échapper l’hebdomadaire par une alliance avec le monde arabe qui lui offre un auditoire. »

    • Vous dégainez plus vite que votre ombre :
      je fais une allusion à l’attitude de tC (en fait P.-L; Séguilon) et hop …
      vous me trouvez vos écrits contemporains. Bravo, l’ami.

  3. Contemporain, René, n’exagérons rien Montaron n’est pas vraiment de ma génération, plutôt de celle de mon grand-père

  4. Pardon. Je suis parti de « cite mon analyse de l’époque » que j’ai transformé en « vos écrits contemporains » Mais en aucune manière, je ne vous situais pas en contemporain de Pierre-Luc Séguillon … et encore moins de feu Montaron !
    On n’a pas le droit de vieillir les jeunes gens malgré leurs talents !
    Amicalement.

  5. Y a t – il vraiment besoin d’ etre chrétin ou muz pour etre anti sioniste ????
    Le sionisme n’est pas une religion !!…et n’est pas sémite .!!!..

  6. Merci pour le talent, René, ce que j’en fais c’est une autre histoire

    Il faut s’entendre sur le mot sioniste Chris. Un sioniste, c’est un juif qui pense que les juifs comme peuple doivent disposer d’un Etat et d’un territoire où ils sont majoritaires afin de servir de refuge ou d’offrir une protection à tous les juifs qui sont en bute aux retours des politiques d’Etat ou de groupes antisémites.

    Chez Dieudonné, le sionisme est équivalent au judaïsme. Pour lui le concept théologique d’élection signifie une volonté juive de dominer le monde, c’est très clair dans cet entretien mis en ligne par Paracelse. Donc Dieudonné est un antisémite puisqu’il croit à un complot juif mondial et au rôle nocif des juifs dès lors qu’ils occupent des positions d’influence parmi les gentils avec lesquels ils seraient en guerre permanente : http://www.culturalgangbang.com/2014/01/dieudonne-nest-pas-un-gourou.html

    Pour Badiou, le concept théologique d’élection est une farce et le sionisme est une entreprise coloniale et impérialiste qu’il faut démanteler afin d’ouvrir la voie à un Etat laïc au Proche-Orient, petite pierre apposée sur la longue route (ou marche) de l’Humanité vers le communisme (donc vers une Humanité débarrassée de l’Etat et des particularismes religieux). En conséquence, Badiou n’est pas antisémite, d’ailleurs il est indifférent à la question juive. Seulement ses propositions à propos d’Israël sont contigües de celles des courants antisémites. Mais être en voisinage avec certaines propositions ne veut pas dire appartenir à ce que Nietzsche appelait la canaille antisémite.

  7. Si vous vous dites Juif par ce que vous possédez, attendez vous à vous perdre vous même.

    • Etrange de définir un juif à partir de l’avoir


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