Publié par : Memento Mouloud | février 4, 2014

Ils ont vaincu François Hollande : Farida (Belghoul), Ludovine (Dutheil de la Rochère), Marion (Maréchal-Le Pen) et les autres

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Farida Belghoul

Fille d’un éboueur et d’une femme de ménage dans une fratrie de 5 enfants, elle est encartée au parti communiste quand elle rejoint Convergence 1984, la deuxième marche pour l’égalité et contre le racisme. « Elle est arrivée dans notre collectif après la marche en 1984 – elle n’a eu de cesse de casser ce collectif en nous accusant d’être des intégristes  du repli communautaire – que nous étions pour l’endogamie – que nous voulions un mouvement d’arabes alors qu’elle voulait créer un mouvement antiraciste generaliste ouvert en génereux », raconte un marcheur de 1983, «elle a abandonné ses troupes en ne leur fixant pas de perspectives et s’est consacrée à sa vie personnelle». 

Elle est alors en maîtrise d’économie et a réalisé deux films qu’on imagine subventionnés par le PCF ou une MJC quelconque. A Tolbiac, elle a dirigé durant deux ans le cercle communiste et a ferraillé contre Julien Dray, le trotsko du coin. Elle publie un roman Georgette que réédite Kontre-Kulture, la maison de son ami Soral. Elle se marie, opère un virage vers le soufisme et devient professeur de français et d’histoire-géographie dans un lycée technologique. Elle aurait découvert à cette occasion la misère de l’éducation nationale en banlieue et se désole du niveau des élèves. Farida sort la copie d’un de ses élèves scolarisé, en terminale professionnelle maintenance. C’est la copie d’une dictée. «Et voilà le résultat : »Gavroch rempait a plat ventre, galopé a quatres pâttes, prennait sont paniè au dents, ceux tordair, glissait, ondulait, cerpenté d’un mort à l’otre. »»

En 2007, elle retire ses trois enfants, Meriem, Hussein, et Zine, de l’école publique et leur fait cours dans son pavillon de Bezons (Val-d’Oise) présenté par Libération en 2008, comme un simple F3. Libé la trouve alors, drôle comme tout. C’est de là que naît son projet de cours particuliers pour les enfants perdus, le Reid (pour Remédiation éducative individualisée à domicile). Elle ne trouve pas les financements. On l’avait vu arpenter les bureaux de Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités nouvelles, à la quête de subventions ou de publicité.

«Je ne compte plus sur les financements publics. Je n’y crois plus. Mon dernier recours est de m’adresser à la société civile. Si 25 000 personnes donnent chacune 10 euros pour ce projet, la somme permet de couvrir la totalité des frais de la première année de fonctionnement du Reid. J’ai déjà créé moi-même l’association loi 1901. Tout est prêt : les jeunes candidats au Reid attendent, les instructeurs sont disponibles, le programme est conçu, il ne manque que l’argent. Nous voulons démarrer en septembre 2008. Il y a même un comité d’experts qui se constitue pour suivre ce dispositif. Ce seront des experts qui connaissent le terrain, pas des experts d’en haut qui noieraient le poisson. Des enseignants de lycée professionnel notamment.»

La réalisatrice Samia Chala avait filmé un huis-clos paranoïde voulue par une mère qui craignait que l’école ne transforme ses enfants en « barbares »« Je ne peux pas sauver mes élèves, mais je peux vous sauver vous », répond-elle à sa fille de 14 ans qui lui répète que l’école et ses amis lui manquent. « Méthodes d’apprentissages bidons, programmes bidons. On fabrique des délinquants, demain des barbares », souffle Farida Belghoul. Deux ans plus tard, elle revient en politique, soutenant la candidature de Dominique de Villepin à la présidence. « Elle a essayé de m’enrôler », se souvient Nordine Gasmi, un ancien du Mouvement de l’immigration et des banlieues, ancêtre des Indigènes de la République.

Sur Internet, Farida Belghoul a testé l’impact des vidéos vite montées, vite postées et diffusées sous le label « télé libre ». Depuis plusieurs mois, elle donne libre cours à ses obsessions : la faillite de l’éducation nationale, le parti socialiste « allié aux homosexuels » ou les complots des étudiants juifs de France derrière SOS Racisme. Visiblement la CAF et le salafisme y sont épargnés.  On y apprend que des étudiants juifs ont importé le rap en banlieue « dans une opération de destruction de la jeunesse ».  Doublant Adjani sur sa droite, elle a proposé sur les ondes de Radio camp des saints l’« année de la robe… puisque la théorie du genre veut de manière définitive nous faire porter le pantalon ! ». Farida Belghoul dit sa haine du projet tertio-républicain : « Couper l’école de l’église, de la religion, du ciel, d’une certaine façon. » Marianne a remplacé le Christ dans les salles de classe. Une Marianne qu’en 2013 on a choisi d’incarner en une « Femen hystérique », tandis que le ministère de l’Éducation s’applique à faire des jeunes des « LGBT » (du nom du mouvement Lesbien, Gay, Bi, Trans) en puissance et à mettre à bas l’identité masculine – quitte à pousser les petits garçons à la masturbation puis à la mutilation. Elle a évidemment reçu de la part de Dieudonné, une quenelle d’or.

Mediapart / Le Monde /  Libération / Le Point / BAM

 Ludovine Dutheil de la Rochère, de son nom de jeune fille Ludovine Megret de Serigny d’Etigny, fille d’un cadre bancaire et d’une mère au foyer, ancienne pensionnaire de la maison d’éducation de la Légion d’honneur et mère de quatre enfants. « J’ai grandi entourée d’une vingtaine de cousins germains et de trois frères. Aujourd’hui, deux d’entre eux vivent en Amérique du Sud, nous nous parlons chaque semaine sur Skype. ». Cette ancienne professeurE d’histoire-géographie qui fume comme un pompier en mission se déclare fière d’avoir réussi son capes du premier coup mais botte en touche quand il s’agit d’évoquer le concours d’entrée de l’école des chartes. En 1999, elle est engagée par la revue conservatrice-libérale, Commentaire en tant que secrétaire générale. Elle rejoint, en 2003, l’équipe de com’ de la conférence épiscopale où elle rencontre Frigide Barjot qui a aussi ses entrées. Enfin elle est adlectée au sein de la fondation Jérôme Lejeune, bastion français du national-lapinisme intégral. « Pour moi, l’homme est au cœur de la cité et la cité est au service de l’homme. L’homme est le cœur de tous les sujets. La cité est le fait de vivre ensemble et le fait d’être là pour chacune des personnes. C’est ça qui me “drive”. Quelles que soient les fonctions que j’aie pu occuper, c’est toujours ça qui m’a guidée. »

Tugdual Derville, forrest gump résilient vendéen, père de 6 enfants, diplômé de la petite école des porcs d’Etat (sciences-pipo) et de l’ESSEC, il est le fondateur du site Ecologie humaine avec Pierre-Yves Gomez, économiste et Gilles Hériard Dubreuil, spécialiste du développement durable. La CroixPèlerin et La Vie ont beaucoup relayé le lancement de ce groupe de réflexion. Sur Internet, la « cathosphère » ( l’ensemble des blogs et des sites qui se revendiquent catholiques) s’est aussi intéressée à ce think tank. Deuxième d’une famille de quatre enfants, il ne comprend rien de ce qu’on lui demande à l’école, se croit un cancre. Deux premières, trois terminales, trois baccalauréats de français… « La dyslexie a été une énorme souffrance, relit-il. Le cerveau est vraiment fait différemment, c’est une contrainte de tous les jours, jusqu’à la fin de sa vie. ». En 1994, il dirige l’alliance Vita créée par Christine Boutin dont il est, désormais le délégué général. En 1999, il organise le mouvement anti-pacs avec le succès que l’on sait. Son frère est le directeur spirituel de la prélature de l’Opus Dei dont le bon Tugdual semble appliquer les sages conseils compassionnels néo-franquistes. Aussi, sur les conseils de son père spirituel de 87 ans, cet ­ultra-actif se plonge chaque matin dans son « sanctuaire » intérieur. En outre, il donne des conférences à la fondation Guilé, sise en Suisse. Celle-ci se charge de sensibiliser les acteurs économiques aux grands dangers de notre temps comme la laïcité. Cette fondation a témoigné devant l’OSCE contre la « laïcité à la française » et fait du lobbying intensif pour obtenir des sanctions économiques contre la France. Elle offre, par ailleurs, aux « décideurs » des « conditions  privilégiées d’échanges interdisciplinaires et des parcours d’enrichissement personnel dans des lieux et des moments de qualité ». Il est aussi proche des légionnaires du Christ, une congrégation de prêtres catholiques. Elle forme de très jeunes garçons afin de rejoindre la militia christi des temps modernes. Son fondateur, l’Abbé Marcial Maciel, vénéré comme un Saint vivant par le Pape Jean-Paul II, fut débarqué lorsque les témoignages s’accumulèrent. En effet, l’abbé, sans doute inspiré par le Baphomet des templiers, avait tendance à sodomiser en série quelques jeunes recrues. Scicluna, responsable de l’instruction des crimes sexuels au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi, fut mandaté par son patron, le cardinal Ratzinger pour enquêter. Les témoignages concordent sur le mode opératoire. Prétextant être malade, Maciel s’alitait et faisait appeler un petit séminariste dans sa chambre. Il le forçait à le masturber pour apaiser ses douleurs. Puis il infusait le saint esprit de ses gonades dans le fion de ses victimes. Le prêtre leur faisait jurer de garder le silence, assurant qu’il avait pour cela une permission spéciale du pape. Miséricordieux, il allait jusqu’à donner l’absolution aux garçons qui se sentaient coupables. On apprendra en 2009 que Maciel, par ailleurs toxicomane, avait eu trois enfants de deux femmes différentes. Il y a quelques jours, le 1er mai, le Vatican déclarait que l’homme était un imposteur : « Les comportements très graves et immoraux du père Maciel, confirmés par des témoignages irréfutables, se présentent parfois comme de vrais délits et démontrent une vie sans scrupule ni authentique sentiment religieux. » mais Tugdual connaît bien les mille et un tours du Malin et la sagacité de l’Eglise militante. Sa confiance n’en est qu’accrue.

Béatrice Bourges : Désignée par The Independent comme la femme la plus dangereuse de France, une sorte de nouvelle Jeanne d’Arc selon Shakespeare, elle est l’autricE de l’insignifiant, l’homoparentalité en question, dont elle assure elle-même la promotion. Elle souligne ses racines auvergnates mais est née en Algérie, elle est la fille d’un père ingénieur chez Total et d’une mère graphologue et mène des études de droit, puis entame un 3e cycle à HEC ; de 1988 à 1997, elle collabore avec le RPR Franck Borotra, au Conseil général des Yvelines puis à l’Assemblée nationale. En 2002, elle se présente aux législatives, dans ce même département, sous l’étiquette « divers-droite » et obtient 7,8% des suffrages. Celle qui se décrit volontiers comme « pugnace » récidive en 2012, (7,1%) soutenue, cette fois, par le Parti chrétien démocrate. Intarissable sur la famille, son union, son rôle primordial de cellule de la société, elle est divorcée et remariée. Spécialisée dans le domaine de l’action parallèle, elle vient de créer sa société de coaching et de formation en entreprise, évoquant son expérience en tant que « secrétaire générale d’une association de chefs d’entreprise » pendant dix ans. Elle compose la troisième figure du trio Jean-Claude Martinez, Christine Boutin parti à l’assaut de l’Assemblée soporifique des députés doryphores de Strasbourg où les douze étoiles de la Vierge qui ornent le drapeau de l’UE lui rappelleront la sienne, « j’ai une étoile là-haut, je ne la quitte pas des yeux », lâche-telle en regardant le plafond. Puis, quelques instants plus tard : « Certains vont penser que je suis malade, je le suis peut-être, peu importe ».

Les Veilleurs : Ils sont jeunes et bien élevés du moins selon la norme petite-bourgeoise élargie, mais comme Marie-Capucine ont connu des heures de gardes à vue. Peut-être, à l’instar de Nicolas qui s’est vu affublé de 2 mois ferme de prison, ont-ils assisté, expérience insoutenable, à un rapport anal entre deux transsexuels tandis qu’ils récitaient le Notre Père frappés d’une turgescence désagréable ? On leur a jeté leur plateau-repas au sol, on ne leur a pas dit « bonjour, Monsieur ou Mademoiselle », on leur a distribué un petit coup de matraque et peut-être ont-ils aimé cela (les voies du Malin sont si chamarrées), aussi les Veilleurs sont des martyres de la foi dans un monde de brutes totalitaires socialo-franc-maçonnes. « J’ai l’impression de jouer un rôle pour mon pays. » crie Marie-Capucine. Samuel a été poignardé par des racailles, les réseaux asociaux bruissent de rumeurs de représailles organisées en coulisse par le Béria franco-sioniste-métèque, Manuel Valls. Articulé sur la démonstration publique et commune de leur foi, leur éveil est tissé de paranoïa infantile. Les voici prisonniers politiques quand on les embarque au commissariat pour une garde à vue ou montant des campings pour tous afin de dénoncer les mensonges pour tous car tout est pour tous, chez ces garnements pneumatiques prenant en charge le troupeau des hyliques pervertis par l’athéisme d’Etat et ses écoles marxistes. Madeleine fut encartée à l’UMP dès l’âge de 16 ans mais refuse l’hédonisme et la médiocrité. C’est la génération rebelle selon Valeurs Actuelles, on a juste envie de leur dire, rentrez chez vous dans 20 ans, vous serez notaires, cadres, haut ou bas fonctionnaires voire pharmaciens.

Marion Maréchal (nous voilà)-Le Pen

Arnaud Stephan, pseudo d’un quadragénaire, est plus qu’un simple collaborateur parlementaire : conseiller médias et communication de la députée du Vaucluse, il gère dans l’ombre sa trajectoire politique.  Sous son véritable nom, le consigliere est issu des JAN (les Jeunesses d’action nationaliste, dissidents du FN). Il fut l’homme de confiance de l’ex-conseiller régional d’Ile-de-France Jean-François Touzé, qui a alterné postes de responsabilités au FN et années de dissidence envers Jean-Marie Le Pen.

Pendant vingt ans, il a fréquenté les groupuscules de Touzé : Espace nouveau, Alliance populaire, Parti national républicain (PNR – dont il est secrétaire général et candidat aux législatives en 1997), fusion entre le CNI (Cercle national des indépendants) et le PNR, en 1998, Nouvelle Droite républicaine (NDR) en 2008. Il collabore alors à plusieurs revues, Persiste et signeLe Choc du mois ou encore Patrie liberté. Entre 1991 et 1993, il intègre le directoire du GRECE (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne), où il gère les relations presse et les « initiatives culturelles ».

C’est donc un médiateur culturel.

Comme d’autres membres de l’équipe Maréchal-Le Pen, Arnaud Stephan est arrivé sur la planète Le Pen par l’intermédiaire de Yann, la sœur cadette de Marine. La mère de la députée tient une place importante dans le dispositif. A la tête de la direction nationale des grandes manifestations frontistes, « elle la conseille sur sa façon de faire de la politique, explique Arnaud Stephan. On discute, on prépare des émissions ensemble, parfois à Saint-Cloud, au domicile de sa mère, dans un cadre familier »« Elles sont très proches et très fusionnelles », confirme Maxime Ango-Bonnefon, un mariniste-gollnischiste. « C’est un soutien de vie », tempère Marion Maréchal.

Autre personnage clé dans la construction de son identité politique, son père, Samuel qui fut le président du FNJ dans les années 1990 et l’un des artisans de la stratégie de « dédiabolisation » mégrétiste. « C’est son plus proche conseiller », assure Maxime Ango-Bonnefon. Retiré de la politique, à la tête d’une société de conseil aux entreprises ivoiriennes à Paris et Abidjan, il a « encore quelques réseaux, notamment dans la communication », raconte Rémy Rayé. « Il fait partie de mes exemples politiques, il a marqué les esprits, il a participé à façonner le concept de “ni droite ni gauche” », explique la députée frontiste.

Marion Maréchal s’est aussi entourée, la première année, d’une assistante parlementaire passée par le GUD (Groupe union défense) à Lyon. Victoria Dufour, 23 ans. Son père, Marc Dufour, un ancien des groupes Yann Tran Long, ancienne figure de la FANE et mercenaire à ses heures perdues, figure parmi les militants « très actifs » du noyau d’une trentaine de personnes fédérées à Carpentras, selon les assistants parlementaires de la députée. En juin 2012, il expliquait au Nouvel Observateur avoir « commencé à activer les réseaux » en amont des législatives. C’est lui qui pilote aujourd’hui la logistique de la campagne du suppléant de Marion Maréchal à Carpentras. « On se voit souvent, je le connais bien. Il fait partie du cercle amical de Marion », raconte Rémy Rayé. Sa femme, Antonia Soton, milite elle aussi pour Marion Maréchal. Elle a surtout été citée dans l’affaire Dulcie September, cette représentante du Congrès national africain (ANC) en France, assassinée en 1988. À l’époque compagne de l’ancien chef du GUD et mercenaire Richard Rouget, Soton a expliqué à un journaliste l’avoir aidé à surveiller des militants de l’ANC.

Aujourd’hui, le GUD est toujours présent dans la vie d’Antonia : sur sa page Facebook, où elle affiche l’emblème ; dans les « dîners celtiques » auxquels elle participe ; et à travers les anciens gudards qu’elle fréquente (Frédéric Chatillon, vieil ami de Marine Le Pen ; Marie-Dominique Klein, dont le fils, Édouard Klein, a relancé le GUD en 2010). Elle côtoie parallèlement toute une galaxie catholique traditionaliste, à travers l’institution Saint-Louis, où elle enseigne. Elle conserve des liens étroits avec Yann Tran Long, avec qui elle a créé en 2012 « Veni Sancte Spiritus », une association catholique traditionaliste où l’on retrouve au poste de trésorier Benoît Rigolot, l’expert-comptable qui a contrôlé les comptes du micro-parti de Marine Le Pen.

D’un peu et on se croirait dans le Da Vinci God.

C’est à Lyon, épicentre de la droite catholique identitaire, que l’on trouve les autres « cercles politiques » et « amicaux » de Marion Maréchal nous voilà. À commencer par les dirigeants du FNJ, les Lyonnais Julien Rochedy et Paul-Alexandre Martin. La députée les considère comme « des amis » et a effectué « des déplacements à l’étranger avec eux, car ils aiment entretenir les liens avec les autres partis européens ». Comme en septembre, lorsqu’ils sont reçus par le Vlaams Belang, parti populiste flamand, ou en juin, lorsqu’ils rencontrent en Suède plusieurs homologues européens. C’est aussi à Lyon qu’est installée Janus International, la société qui gère sa communication sur Internet. Derrière cette agence « spécialisée dans l’intelligence économique, la communication de crise et le Web politique », on trouve Olivier Giot-Bordot et Sylvain Roussillon, issus des rangs de l’Action française. Contacté, le premier ne fait pas mystère de sa « formation politique » et estime « avoir cette chance, en tant que maurrassien, d’être indépendant ». Cette « collusion » se serait faite « dans le giron de la Manif pour tous », selon Julien Rochedy.

Car pour acquérir une certaine autonomie par rapport à l’appareil frontiste, Marion Maréchal s’est appuyée sur la nébuleuse des anti-mariage pour tous. Elle-même le reconnaît, « on est assez autonomes, j’ai ma fédération dans le Vaucluse avec Hervé (de Lépinau) ». Jean-Marie Le Pen ? « Je l’appelle peu, je le vois peu. Même Marine Le Pen, je la vois assez peu. » Quant à la demeure familiale, à Montretout, elle n’y « passe quasiment plus. Ce n’est plus un lieu politique comme ça a été le cas avant ». Pour se construire ses propres réseaux, elle a profité du discrédit de Marine Le Pen auprès de la frange catholique de l’extrême droite, agacée par sa « dédiabolisation » et son absence des « manifs pour tous ». « Marion a pris un positionnement très clair, elle était présente à toutes les manifestations contre le mariage homosexuel. Elle séduit cet électorat-là », glisse Maxime Ango-Bonnefon.

Elle est donc allée soutenir Nicolas Bernard-Buss, le martyre anti-mariage pour tous condamné pour rébellion, et plusieurs mouvements spécialisés dans le happening catholique (les Veilleurs, les Sentinelles).

La députée s’exprime dans Présent, quotidien de la droite catholique traditionaliste, elle monte au créneau contre la recherche sur l’embryon et contre l’IVG, qu’elle souhaite « dérembourser » pour « responsabiliser les femmes », et a récemment demandé la suppression d’un article du projet de loi sur l’égalité hommes-femmes visant à protéger les femmes étrangères victimes de violences. En mai, elle s’est rendue au pèlerinage de Chartres où elle a reçu un « accueil sensationnel », selon son entourage. « Elle est bien accueillie par ces manifestants, par le Printemps français, même si la plupart ne sont souvent pas des frontistes, mais plutôt des UMP, des centristes, des militants de l’UNI, des souverainistes tendance Dupont-Aignan ou RPF », raconte Rémy Rayé.

Pour rayonner, le Printemps français est entré en contact avec Marion Maréchal. En août, elle a reçu une invitation pour leur université d’été. À Lyon, c’est l’association « les Enfants des Terreaux », (qui a défilé le 26 janvier avec « Jour de colère ») qui l’a approchée, via Olivier Giot-Bordot. À Paris, la députée frontiste est venue soutenir Béatrice Bourges, la porte-parole du Printemps français, en grève de la faim devant l’Assemblée nationale mais qui ne finira pas comme Bobby Sands. Elle s’est aussi rendue plusieurs fois au Carré parisien, « club d’événements » du 15e arrondissement où se croise le gratin des droites post-pétainistes. Le 15 juillet, elle y intervenait sur l’engagement des jeunes. Le 15 octobre, elle était invitée à la conférence du géopataphysicien Aymeric Chauprade. Ce jour-là, le rallye rassemblait des piliers du Printemps français (comme Frédéric Pichon) mais aussi des gudards (comme Édouard Klein).

Bénéficiant de réseaux solides, notamment au sein du Printemps français, Aymeric le conquérant conseille aussi bien Marine que Marion. « Ils ont une certaine complicité, ils travaillent beaucoup ensemble », confirme Maxime Ango-Bonnefon. « Je lui demande son avis sur certaines questions, comme la situation en Afrique. C’est quelqu’un de reconnu dans son domaine », estime-t-elle.

Dans le Vaucluse, l’assomption de la benjamine inquiète Roger Martin, son adversaire du Front de Gauche en déroute. « Sur les marchés, c’est comme si elle guérissait par l’imposition des mainsIl y a autour d’elle un phénomène médiatique qui va plus loin que Marine Le Pen ou Gilbert Collard. Elle est reçue comme la réincarnation de Jeanne d’Arc. » Cette année, les pompiers de Velleron, qui l’avaient déjà invitée à leur bal, ont posé avec la députée FN sur six des dix clichés de leur calendrier 2014.

A star is born.

Mediapart / BAM


Responses

  1. 6 février 1934 – 6 février 2014 : A bas les voleurs !!
    slogan toujours d’actualité

  2. Sans doute mais le problème c’est d’identifier les voleurs


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