Publié par : Memento Mouloud | avril 28, 2014

La semaine du 21 au 27 avril 2014

APTOPIX MIDEAST ISRAEL PALESTINIANS FATAH HAMAS

 

Le temps des faussaires

La grande migration est pour demain

L’Algérie, un pays de trabendistes

Nathalie (Bouvet) et les socialos gardois

Bernard Cazeneuve est un con, la preuve par Eric Duval

La cible Alstom et la décadence française

L’UE contre Israël ou l’antisémitisme antiraciste et humanitaire

la mutation scolastique

Le temps des faussaires

 

 

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En janvier 2014, une jeune biologiste japonaise, Haruko Obokata publiait une expérience qui consistait à rendre des cellules ordinaires équivalentes à des cellules d’embryon grâce à un traitement aussi simple que brutal : elle les plongeait dans un bain d’acide. Ainsi stressées, les cellules devenaient « pluripotentes », c’est-à-dire capables de se transformer en presque n’importe quel type de cellule de l’organisme.

On pensait qu’un tel résultat nécessitait le recours à des techniques de biologie moléculaire comme le clonage, l’utilisation de cellules souches embryonnaires ou le transfert de gènes. La découverte des cellules d’Obokata, appelées STAP (stimulus triggered acquired pluripotency), rendait enfin efficient, pour les labos et l’industrie pharmaceutique, le projet d’une médecine « régénératrice » destinée à perpétuer dans l’éternité du bain d’acide des générations de lyriques de presque immortels, une Rolex au poignet. La découverte sensationnelle est en train de tourner au scandale national, compte tenu de l’enjeu scientifique et du prestige de l’institut Riken, l’organisme de recherche japonais où travaille Obokata. Un rapport divulgué le 1er avril par une commission d’enquête de l’institut vient de conclure que la biologiste s’était rendue coupable de falsification et de fabrication de données.

Le rapport n’a été publié qu’en japonais, mais ses conclusions sont détaillées dans la revue Science et dans Nature. L’un des deux articles qu’elle a publiés le 29 janvier, avec sept co-auteurs, dans la très réputée revue Nature, contient des images trafiquées. Une photo de gel a été obtenue en « fusionnant » deux clichés distincts. Et deux autres images ont été dupliquées d’après la thèse d’Obokata, publiée en 2011. Sans utiliser le terme de fraude, le rapport accuse Haruko Obokata de « mauvaise conduite scientifique ». Le président du Riken, Ryoji Noyori, s’est déclaré favorable au retrait des deux articles de Nature, si les fautes relevées par la commission sont confirmées.

Une autre affaire concerne un essai clinique, réalisé par une équipe de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, qui a fait en décembre 2011 l’objet d’une publication remarquée dans l’un des plus prestigieux journaux médicaux internationaux, le New England Journal of Medicine (NEJM). Cet article était signé de neuf auteurs, dont le professeur Patrice Cacoub et le docteur David Saadoun, du service de médecine interne de la Pitié-Salpêtrière, et le professeur David Klatzmann, co-découvreur du virus du sida et chef du service de biothérapies du même hôpital. L’essai clinique, appelé Vascu-IL2, était soutenu par l’ANRS (Agence nationale de la recherche sur le sida et les hépatites). Il démontrait l’intérêt de l’interleukine-2 (IL-2), molécule utilisée pour soigner certains cancers, dans le traitement de patients infectés par le virus de l’hépatite C et souffrant d’une vascularite, maladie auto-immune induite par le virus. Selon les auteurs, le traitement se révélait d’une efficacité remarquable, puisqu’il entraînait « l’amélioration de l’état clinique de 8 des 10 patients ». Dans la foulée, Patrice Cacoub et David Klatzmann ont participé au lancement d’une start-up dont ils sont actionnaires, Iltoo Pharma, destinée à développer les applications thérapeutiques de l’interleukine-2. Et Klatzmann a dirigé un nouvel essai, cette fois sur le diabète, tandis que d’autres sont en cours ou en projet. Peu après la publication, plusieurs médecins-chercheurs ont contesté – en coulisse –  la validité de l’essai Vascu-IL2, jugeant que l’article devrait être retiré. L’ANRS et le NEJMont été contactés et ont reçu des messages signalant des discordances entre les données publiées dans l’article et les observations faites pendant l’essai.

En octobre 2012 et février 2014, un groupe de correspondants anonymes a adressé au NEJM des courriels dont voici un extrait : « Nous avons été alertés par des collègues s’occupant de la surveillance biologique des patients inclus dans l’étude et par des étudiants et des praticiens impliqués dans la surveillance clinique des patientsIls nous ont indiqué que les données publiées ne correspondaient pas aux vraies données biologiques et cliniques. Nous avons passé en revue les dossiers cliniques des patients… et sommes parvenus à la conclusion que des discordances apparaissent pour tous les patients entre (ces dossiers) et les résultats biologiques et/ou cliniques… La prise en compte des résultats cliniques réels mettrait en péril la conclusion entière de l’article car certains patients ont vu leur pathologie flamber tandis que pour la plupart d’entre eux, aucune amélioration n’a été réellement observée. Nous insistons sur le fait que la présence de purpura au début de l’essai, qui est le principal symptôme clinique censé disparaître sous IL-2, a été fabriquée chez la plupart des patients. »

Comment l’audit a-t-il résolu la contradiction entre les documents médicaux et les données cliniques rapportées dans l’étude ? Le docteur Jean-Michel Andrieu, responsable de l’audit, a répondu à nos sollicitations en invoquant une clause de confidentialité. Le professeur Jean Chambaz, président de l’université Pierre et Marie Curie, n’a pas non plus de réponse : « Après concertation avec Jean-François Delfraissy, directeur de l’ANRS,  j’ai saisi mon délégué à l’intégrité scientifique, dit-il. Il a mené une investigation en toute indépendance, sans aucune interférence de ma part, en s’entourant des experts de son choix. Je n’ai pas eu connaissance de l’identité de ces experts ni des éléments demandés au cours de l’investigation. À défaut d’éléments nouveaux, je ne peux rien faire de plus. » Le rédacteur en chef du NEJM, Jeffrey Drazen, affirme dans un mail du 28 mars : « Nous avons été alertés de la possibilité que les données dans la publication originale n’aient pas été correctement rapportées. Nous avons alors… demandé aux institutions sponsors des auteurs, l’ANRS et l’université Pierre et Marie Curie, de mener des investigations. Nous avons reçu des assurances du Dr Delfraissy de l’ANRS et du Dr Chambaz de l’UPMC que les symptômes cliniques observés pendant l’étude avaient été décrits honnêtement et correctement. Ils ont reconnu qu’il y avait des erreurs dans certaines données qui devaient être corrigées et notre correction a été basée sur leur examen. »

La grande migration est pour demain

 

 

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Dans les lieux en sursis de l’Océan indien ou Pacifique, les départs sont massifs : près de 3 000 Tuvaluans, soit le quart de la population, vivent et travaillent à Auckland en Nouvelle-Zélande ; en Micronésie, le taux net de migration (différence entre immigrants et émigrants) est négatif (-2 %), de même qu’aux Maldives (-1,3 %), où la production d’eau douce par désalinisation est tout juste suffisante pour la population.

Selon les travaux de l’Internal displacement monitoring center (IDMC) et du Norwegian refugee council, entre 16,7 et 42,3 millions de personnes ont été déplacées chaque année de 2008 à 2012 par des désastres naturels (sans compter les migrations à la suite de changements lents de l’environnement), principalement en Asie.

L’Algérie, un pays de trabendistes

 

 

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Il ne souhaite pas communiquer son véritable prénom, nous l’appellerons donc Djamel. Pour le reste, sa boutique est ouverte à tout le monde, en plein centre-ville, à deux minutes de la rue Didouche Mourad dans le marché couvert Clauzel, l’un des plus fréquentés d’Alger. Officiellement, il vend des vêtements. Mais ce n’est pas cela qui le fait vivre. « Les trois quarts de mes revenus viennent du change », affirme Djamel, qui refuse de révéler le montant de sa commission quotidienne. Chaque jour, des dizaines de clients défilent dans son échoppe, munis de devises étrangères et souhaitant se procurer des dinars algériens, officiellement inconvertibles. Il les reçoit, et dispose de suffisamment de petites coupures pour changer plusieurs milliers d’euros d’un seul coup. Quatre « amis » l’entourent, autant pour assurer sa sécurité que pour transférer régulièrement les fonds récupérés vers un intermédiaire moins visible, situé à proximité.

Mi-avril, le taux en banque affiché à l’aéroport ou appliqué lors des retraits était de 110 dinars pour 1 euro. Il est de 154 dinars pour 1 euro à Clauzel, comme au square Port-Saïd, à deux pas du théâtre national, où les « changeurs » sont postés à même la rue. « Et c’est là le vrai taux, au prix du marché, affirme Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la banque d’Algérie de 1989-1992. Le reste, les banques, on oublie. »

Dans les années 1980, les Algériens détenaient 30 milliards d’euros à l’étranger. Les estimations transmises par les économistes se situent aujourd’hui autour des 100 milliards (devises, appartements, etc.). Un flux rentre, celui des émigrés. Un autre sort, celui des petits commerçants que le système bancaire algérien fait fuir par sa complexité, et celui des capitaux. C’est ce jeu d’entrée et de sortie qui crée l’équilibre et fixe le taux de change du dinar algérien. « Le système bancaire public algérien ne cherche pas à gagner de l’argent, explique Abderrahmane Hadj Nacer. Vous avez en face un secteur privé, constitué principalement de banques françaises qui ont été favorisées en conseil des ministres. On a cassé même des banques publiques pour donner un coup de pouce à la Société générale. Et l’on a interdit au secteur privé algérien de devenir banquier. »

Dans le même temps, du marché Clauzel au square Port-Saïd, tous les jeunes Algériens qui ont chaque jour dans leurs poches plusieurs milliers d’euros de devises exercent leur activité sous la protection de policiers, qui patrouillent à quelques mètres d’eux. Une manière de pousser les Algériens à fuir les banques pour s’adresser à ces jeunes. Un effet d’entonnoir qui pousse une société tout entière dans l’illégalité et la précarité de l’informel. D’autant que le système de change à Port-Saïd ou Clauzel est sûr et fiable, quand la plupart des receleurs reçoivent tous les deux jours la cotation exacte sur leur téléphone portable.

Le 2 avril 2010, une enquête publiée par le quotidien algérien francophone El Watanracontait comment le change se faisait en direct entre le square Port-Saïd et… Dubaï, pour permettre aux Algériens de convertir en toute illégalité leurs dinars en devises, puis transférer, toujours de manière illégale, ces devises à l’étranger : « Mon agent au square (Port-Saïd) reçoit le client, explique Hichem, un trafiquant de devises cité dans l’enquête d’El WatanEn temps réel, après un appel téléphonique, je donne l’équivalent en dirhams à son représentant à Dubaï. »

Fin 2013, l’ONS publiait une étude montrant que 43 % des salariés algériens n’étaient pas affiliés à la sécurité sociale. « L’informel, c’est 40 à 60 % de l’économie de ce pays,estime Abderrahmane Hadj Nacer. Mais pourquoi un État fabrique-t-il et/ou laisse-t-il s’installer autant d’informel ? Pourquoi surtout pousse-t-il les Algériens, par une législation complexe, à se diriger vers l’informel  ?» Pour l’ancien gouverneur, l’explication n’est ni bureaucratique ni technique : « Deux logiques économiques s’opposent dans le monde, explique-t-il. Le dollar internationaliste avec la finance et les oligarques ; et celle de l’euro ou du yuan, la territorialisation des intérêts et la primauté de la régulation. Les barons de l’informel et les chefs de clans, les nouveaux riches en Algérie n’ayant pas de légitimité populaire, institutionnelle ou même liée à l’origine des ressources, s’achètent une autre légitimité internationale avec le rêve d’être admis dans l’oligarchie mondiale, avec en outre la précarisation d’une grande partie de la population poussée à la mobilité géographique et sociale. En Algérie, il y a encore une autre logique qui se superpose et renforce celle de ces barons : depuis vingt-cinq ans, le pouvoir n’est plus un pouvoir formel, il prend de plus en plus de liberté avec le droit, et il a donc besoin de fabriquer une classe sociale qui le soutienne en permanence. »

Ce soutien, l’État va notamment le chercher chez les jeunes, quand les trois quarts des 38,7 millions d’Algériens avaient moins de 40 ans au 1er janvier 2014. Trafic de camions, de Clio et Seat blanches très en vogue… L’argent de l’Ansej (Ansej pour mieux vous corrompre) nourrit tous les trafics, y compris celui des passeurs qui revendent le matériel acquis via l’Ansej pour acheter des barques et les revendre ensuite aux candidats à l’exil.  L’Ansej coûte, chaque année, 20 à 30 milliards d’euros à l’État algérien, selon une enquête du journal El Watan parue en 2011, et les estimations d’économistes algériens. « L’État s’en fiche, affirme Mohammed.Une personne me disait : “Je prends deux camions grâce aux fonds de l’Ansej, je les revends, et avec ça je pars à l’étranger.” Et c’est ce qu’il a fait ! Et il y a encore pire que ça : certains achètent des machines industrielles, vont voir des revendeurs de produits d’occasion, et leur disent : “La facture est à 30 000 euros ? Mets-la à 100 000, et on partage.” » « C’est toujours pareil, juge Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la banque d’Algérie, de retour dans son pays où il peine aujourd’hui à relancer ses activités après avoir monté son entreprise de consulting en France. Avec l’Ansej, on a d’abord fait des taux bas, puis nuls, puis on annonce qu’il n’y a plus besoin de rembourser. De même, cela fait 50 ans que les agriculteurs ne remboursent pas leurs prêts, et dieu sait pourtant que l’on produit de moins en moins. Au final, on a une large partie de la population qui se retrouve corrompue, clientélisée, et qui ne sait pas bosser. Qu’ont-ils fait de ce pays… »

Pour importer « si vous avez accès à la prébende, pas besoin des banques, explique Abderrahmane Hadj Nacer. Sinon, si vous voulez acheter par exemple des voitures contre une base 100, on vous oblige à déposer en banque 110 en dinars, pour se couvrir de la fluctuation de la monnaie. La banque, qui a beaucoup d’argent, ne va pas vous aider à importer, c’est le contraire, c’est vous qui déposez de l’argent. Non seulement la banque ne vous prête pas, mais elle vous prélève le même type de commission qui si elle vous prêtait de l’argent. Puis, comme il s’agit d’un crédit documentaire, d’autres commissions se greffent dessus. Bref, vous vous retrouvez avec un surcoût de 4 %, en ayant déjà mobilisé à l’avance 110 %. Ce système a été mis en place au profit des banques françaises, une manière de les encourager. Encore une fois, c’est la logique de reconnaissance permanente par l’étranger. Avec la légitimité étrangère, on peut mépriser le peuple, en l’occurrence le petit entrepreneur ».

Dans le même temps, en dehors de toute légalité et grâce au trafic de devises et à l’informel, le coût de l’importation est réduit de près d’un tiers pour les importateurs algériens, puisqu’au lieu de payer 154 dinars pour un euro, l’importateur paie 110 dinars ! Le pouvoir algérien accroît ainsi le pouvoir d’achat de ses clients, c’est-à-dire les citoyens algériens, mais aussi les importateurs qui s’octroient le monopole sur des secteurs de l’économie entièrement dépendants des importations (blé, véhicules, essence raffinée…). Fort de ces avantages comparatifs décisifs – jeu sur le dinar, sur les droits de douanes, accords avec l’Union européenne qui les exonèrent de taxes pour un certain nombre d’importations –, les importateurs algériens peuvent acquérir un volume de marchandises dont la quantité dépasse les besoin de l’Algérie, pour les revendre ensuite sur les marchés des pays voisins et régner sur un espace économique qui s’étend de la Libye jusqu’à l’Afrique équatoriale.

« Pourquoi les gens ont-ils senti le danger du quatrième mandat (de Bouteflika) ? interroge l’économiste Abderrahmane Hadj Nacer. Parce qu’il représente la prise du pouvoir de l’argent sale, de l’informel, de ceux qui ne paient pas d’impôts… Je ne veux nommer personne, parce que c’est le piège : Bouteflika, toute sa clique, ça n’est pas l’essentiel. Benflis, cela ne changerait rien au système. Avant, le pouvoir était concentré dans les mains des militaires, quelques hauts fonctionnaires, et puis de vieux politiques. Aujourd’hui, il y a les puissances de l’argent. Et les puissances de l’argent qui décident, ce n’est pas Issad Rebrab (industriel algérien, huitième fortune d’Afrique) qui a au moins le mérite de laisser apparaître une partie de sa fortune et de créer des emplois. Ce sont des gens qui ont amassé des richesses colossales, dont on ne sait pas d’où elles viennent. Comment se sont-ils retrouvés députés, ou sénateurs pour certains ?  Au final, ce n’est pas un mariage, mais la mainmise de l’argent sur l’exécutif et législatif. Et aujourd’hui, les dirigeants n’ont plus de technocrates qui leur permettent de faire face aux besoins d’évolution. »

Nathalie (Bouvet) et les socialos gardois

 

 

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Chaîne d’irresponsabilités. Ce vendredi, au tribunal correctionnel de Nîmes, s’ouvre un procès qui en dit long sur l’état interne du PS et de sa fédération du Gard. Au cœur d’une affaire de détournements de fonds, une employée du PS local, Nathalie Bouvet, est jugée pour avoir capté cinq ans durant, entre 2007 et 2012, près de 380 000 euros dans l’indifférence générale (377 838,35 euros exactement), malgré les déficits chroniques enregistrés par sa fédération. Renvoyée devant le tribunal pour « abus de confiance » et « faux et usage de faux », la salariée, qui reconnaît les faits, jure que ses malversations ont uniquement alimenté le train de vie de son couple (voyages en Tunisie ou Sénégal, taxis, bijoux, etc.).

Embauchée en 2006 pour assurer la “compta” (650 euros à temps partiel au départ, puis 1 300 à temps plein), la militante tient la trésorerie, signe les chèques, passe les commandes. En 2007, elle se met à fabriquer des fausses factures en reproduisant les en-têtes des fournisseurs habituels (Dactylo Buro, Copie Service, Holiday Inn, etc). Les montages sont grossiers : factures en noir et blanc quand les originaux sont en couleurs, logos déformés, TVA oubliée, chiffres trop ronds pour être honnêtes. Mais les chèques du PS partent alimenter son compte bancaire « avec des pointes atteignant 15 000 euros » par mois, selon les policiers. En 2011, 39 % du budget de la fédération y passent, 36 % en 2012. Au fil de leur enquête, les policiers de Montpellier ont même découvert qu’elle avait déjà détourné des fonds quand elle travaillait à la jeune chambre économique d’Alès, avant de trouver un règlement à l’amiable.

Dans le Gard, les manettes ont longtemps été aux mains des « frêchistes » (proches de l’ancien maire de Montpellier et président de région Georges Frêche, rangés localement derrière le président du conseil général du Gard, Damien Allary), tous exclus du PS lors des régionales de 2010, puis réintégrés en 2011-2012. La fédération, cependant, n’a jamais été mise sous tutelle par les instances nationales, à l’inverse de sa voisine de l’Hérault, plus directement sous l’emprise de Georges Frêche et de son lieutenant Robert Navarro (aujourd’hui mis en examen pour « abus de confiance » au détriment du PS, dans l’affaire dite « des pizzas »).

Bernard Cazeneuve est un con, la preuve par Eric Duval

 

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Le 20 juin 2012, le futur ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, alors ministre des affaires européennes, s’est fait discrètement remettre dans son bureau du Quai d’Orsay l’insigne de l’Ordre royal du Cambodge par un ancien commandant khmer rouge, Y Chhean, connu pour avoir dirigé la garde personnelle de Pol Pot, avant de devenir le gouverneur de Païlin, province de l’ouest du pays, zone refuge des Khmers rouges.

Le ministre français avait officiellement invité l’ancien militaire cambodgien en tant que maire de Cherbourg, à l’instigation d’un puissant promoteur immobilier français, Éric Duval, patron de la Compagnie financière des Alizées (CFA) et de la financière Duval, 75e fortune hexagonale, qui payait par ailleurs une partie des frais. Éric Duval qui est aussi « Grand Prieur » au sein de « l’ordre Saint-Jean de Jérusalem », un faux ordre de Malte basé à Sao Tomé, recevait en juin 2012 la même décoration cambodgienne que le ministre. Cela n’empêche pas le promoteur de remettre la Grand Croix de l’ordre œcuménique de Malte au président du Burkina Fasso Blaise Compaoré en 2010, ni de circuler avec un passeport diplomatique estampillé Knights of Malta (chevaliers de Malte).

Le « Grand Maître » Emilio Lobera Martinez  est poursuivi depuis cinq ans en Espagne pour avoir mis son agence de voyage au service du réseau de corruption de l’ex-maire de La Muela (Aragon). Non grata en France, l’ordre Saint-Jean de Jérusalem se réunit tous les ans à Huesca en Espagne, pour adouber ses nouveaux chevaliers. En juin 2011, Éric Duval a ainsi offert une cape rouge à croix blanche au ministre cambodgien de la justice, Ang Vong Vathana, avant d’intégrer l’année suivante le gouverneur de Païlin, Y Chhean, après sa visite à Cherbourg.

Grâce à un accord passé avec Sao Tomé, l’Ordre autoproclamé de Saint-Jean dispose « d’un siège d’État », et d’un micro-territoire, « Fort Sébastien ». Il a ainsi obtenu la possibilité d’ouvrir une ambassade au Mali.

Éric Duval a rencontré Bernard Cazeneuve « il y a plus de dix ans » en réalisant « une grosse opération dans le cœur de la ville de Cherbourg », le centre commercial les Eleis, inauguré par l’ancien maire devenu ministre du budget en septembre 2013. « Quand j’ai dit à Cazeneuve que je faisais des opérations au Cambodge, il m’a dit “c’est vachement bien”, commente Éric Duval. On voulait organiser un jumelage avec Païlin. Nous, on ne va pas aider le gouverneur. Il faut arrêter de rattacher le gouverneur à ses anciennes activités. Il y en a des milliers qui ont fait des conneries au Cambodge. »

« On ne m’a jamais dit « vous allez recevoir l’ancien garde du corps de Pol Pot », réagit Bernard Cazeneuve. Si la chose avait été portée à ma connaissance, je ne l’aurais pas reçu. Il m’a remis une décoration que je n’ai pas demandée. » Il suffit pourtant de taper Païlin et Y Chhean sur un moteur de recherche pour voir apparaître des articles qui mentionnent, le richissime et sulfureux gouverneur, ex-commandant khmer rouge, ou son esclandre en 2008 lors du déplacement du tribunal jugeant les dirigeants khmers rouges à Païlin. « Les alertes, nous les avons reçues après », certifie M. Cazeneuve. L’ex-maire de Cherbourg assure aussi qu’il ignorait tout des fonctions de Duval au sein de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Après avoir fait adouber le ministre de la justice cambodgien, Ang Vong Vathana, Éric Duval a proposé à sa femme une participation dans Fide Rice impex co, une usine décortiqueuse de riz fondée à Batabang au nord de Phnom Penh. « C’est une petite participation vraiment symbolique », confirme M. Duval : 15 %. Dans Fide Rice impex co, Duval a intégré aussi l’un des hauts fonctionnaires travaillant auprès d’Ang Vong Vathana, M. Samphy Phov, directeur général au sein du ministère de la justice (General department of Research and judicial development), venu lui aussi à Huesca endosser la cape rouge. « Il a quinze pour cent, reconnaît M. Duval. Mais son départ a été acté. » La femme de Samphy Phov est aussi actionnaire d’une société de stations-service reprise par Duval, Makara Petromarts and services.

Le promoteur français espère aussi obtenir la nationalité cambodgienne, et l’un de ses représentants les plus actifs sur place, fonctionnaire au ministère de l’intérieur, Yim Seap, obtient la signature de son ministre. Entre autres formalités, Seap a aussi ouvert un compte bancaire à la Canadia Bank pour la principale entreprise de Duval au Cambodge, la Cambodian commercial Agriculture Investment (CCAI). Il a été l’interprète de Y Chhean et de Jean-Claude Magalhaes, l’adjoint de Bernard Cazeneuve, lors de sa visite à Païlin, en janvier 2012

La cible Alstom et la décadence française

 

 

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A quelques heures d’un conseil d’administration qui devait entériner la cession de la branche énergie d’Alstom à son concurrent américain, General Electric (GE), pour quelque 12,7 milliards de dollars (autour de 10 milliards d’euros), Siemens a fait une contre-proposition. Selon Le Figaro, le groupe allemand a proposé d’ouvrir des négociations en vue de procéder à des échanges d’actifs entre les deux groupes. Il reprendrait les activités d’énergie d’Alstom : turbines, centrales à charbon et au gaz, hydro-électricité, énergies renouvelables, réseaux. La branche  représente environ 70 % du groupe et est convoitée aussi par GE. En contrepartie, Siemens apporterait à Alstom une partie de son activité ferroviaire, afin de conforter le dernier métier du groupe (TGV, trains, tramways, métro). Une soulte devrait être aussi versée à Alstom afin de compenser le déséquilibre dans les échanges d’actifs.

La réaction rapide de Siemens face à la proposition de GE en dit long sur les enjeux qui entourent Alstom. Le groupe allemand ne peut pas laisser son concurrent américain prendre une avance qui serait irrattrapable sur son propre marché, l’Europe, dans un secteur aussi stratégique que l’énergie. Ayant ses propres difficultés, il offre donc à son concurrent français une sorte de paix des braves après des années de combat. Sa lettre d’intention , toutefois, laisse dubitatif : dans le grand échange d’actifs proposé, Siemens offre, en échange de la reprise de toute l’activité énergie d’Alstom,  son activité de train à grande vitesse (ICE), distancée technologiquement par le TGV  et aux perspectives commerciales brouillées mais entend conserver les activités de tram et de métro, qui sont sur des marchés porteurs. Ce n’est pas exactement l’alliance du siècle, de la grande entente industrielle européenne, que certains font miroiter. Alstom, qui n’a jamais caché sa colère vis-à-vis de Siemens, avait jusqu’alors exclu tout accord avec lui. Un rapprochement entre les activités énergie des deux groupes serait très coûteux socialement et industriellement, tant les doublons sont fréquents.

« Le gouvernement est tétanisé. Après PSA, après Lafarge, après Publicis, la perte d’Alstom est pour eux une catastrophe absolue. La droite ne va pas manquer de les accuser d’avoir perdu un bijou de famille, sauvé il y a dix ans par Nicolas Sarkozy. Dans les faits, il n’y est pour rien. Il hérite d’une situation difficile. Il n’a aucun moyen et il n’est même pas actionnaire. Tout ce qui peut lui être reproché est de n’avoir rien vu venir »

C’est une dépêche de l’agence Bloomberg dévoilant, mercredi 23 avril, les vues de GE sur Alstom qui a sonné l’alerte au gouvernement. La surprise était d’autant plus grande que Patrick Kron, lors de sa dernière discussion avec le ministre du redressement productif il y a un mois, n’avait rien dit de ses difficultés et ne s’était pas ouvert de ses projets. Pourtant, cela faisait plusieurs semaines que des rumeurs alarmantes circulaient sur la situation du groupe. Tous parlaient de son besoin urgent de capitaux et de l’impossibilité de son principal actionnaire, Bouygues (qui détient 29 % du capital), de suivre, au moment où il est lui-même aux prises à de grandes difficultés avec le téléphone. Alors qu’il y a encore deux mois, le groupe Bouygues semblait exclure la vente de cette participation, il dit maintenant que celle-ci n’est plus prioritaire et peut être cédée. Le groupe a besoin des millions d’Alstom pour soutenir la guerre engagée dans les télécoms. En effet, pour l’emporter sur Bouygues, Numericable a dû relever son offre et trouver de nouveaux financements, la reprise de SFR, filiale Vivendi, étant essentiellement financée par de la dette. Deutsche Bank et Goldman Sachs, qui figurent parmi les chefs de file du pool bancaire de l’offre de Numericable – et qui sont par ailleurs banques conseils de Vivendi sans que cela semble soulever un problème de conflit d’intérêts – ont accepté de l’aider à dégager les moyens nécessaires. De 11,5 milliards d’euros en numéraire, l’offre de rachat de SFR a été portée à 13,5 milliards. Une compensation éventuelle de 750 millions d’euros est prévue, sous réserve de la bonne réalisation de l’opération et des synergies dégagées. En contrepartie d’une partie supérieure en cash, la participation de Vivendi dans le nouvel ensemble est appelée à baisser, tombant de 32 % à 20 %. L’ensemble de l’offre est valorisé à 17 milliards d’euros. « Il y avait une volonté de Vivendi de rester actionnaire de l’ensemble afin de bénéficier de l’upgrade (hausse du cours) à venir », explique la porte-parole de Numericable. Dans un échange précédent, celle-ci expliquait que« les administrateurs de Vivendi entendaient attendre afin de tirer une meilleure partie de l’inévitable consolidation à venir, Bouygues Telecom ne pouvant à terme qu’être éliminé ». On ne peut parler plus clairement.

Les moyens mobilisés par Martin Bouygues ces dernières semaines, l’alliance surprenante qu’il avait acceptée de passer avec Xavier Niel, le patron de Free, jusqu’alors son pire ennemi, prouvent effectivement que le groupe est dos au mur. Depuis l’arrivée de Free sur le marché du téléphone mobile, grâce à l’obtention d’une quatrième licence, Bouyges Telecom perd de l’argent. Les ressources du groupe sont largement sollicitées pour aider la filiale de téléphone mobile à continuer la bataille. De plus, les accords de mutualisation des réseaux que la filiale de Bouygues avait passés avec SFR risquent de tomber à l’eau, comme son accord avec Numericable dans le câble. Toute la stratégie de Bouygues pour faire face à la guerre des prix sur le marché du mobile se retrouve en échec. Le rachat de SFR par Numericable va durcir la situation. Numéro deux dans le câble, Numericable va se retrouver avec le deuxième réseau de téléphonie mobile. Selon les calculs, il sera d’une taille presque équivalente à celle d’Orange. Bouygues Telecom, lui, va se retrouver bon dernier, sans réseau fixe. Dès lors, les spéculations sur un rapprochement entre Free (qui n’a pas de réseau mobile suffisant) et Bouygues Telecom vont repartir de plus belle. Un scénario qu’avait dessiné Xavier Niel quand il avait débarqué sur le marché du mobile avec des offres à 2 et 20 euros.

Le président d’Alstom, Patrick Kron, avait avoué ses difficultés dès l’automne 2013. En novembre, au moment de la publication de ses résultats semestriels – Alstom a un exercice décalé, allant du 1er mars à fin février –, le groupe affichait une chute de 22 % de son chiffre d’affaires semestriel, à 9,3 milliards d’euros. Ses dettes avaient augmenté en un an, passant de 2,8 à 3,2 milliards d’euros. Surtout, le groupe avait un « free cash-flow » négatif de 511 millions d’euros. Dans sa lettre aux actionnaires, Patrick Kron annonçait un nouveau plan d’économies et de réduction de coût et des cessions d’actifs pour 1 à 2 milliards d’euros. Il disait aussi espérer une accalmie sur le marché européen de l’énergie, totalement déprimé, où plus aucun grand contrat et projet ne se signait.

Totalement désarticulé par la politique énergétique européenne qui n’a eu comme seul objectif qu’une libéralisation sans guide du marché (teintée de soutien aux énergies renouvelables pour se donner bonne conscience), le marché de l’énergie en Europe souffre désormais d’une absence de ligne, d’un sous-investissement chronique dans les capacités de production comme dans les réseaux, tout en offrant une électricité de plus en plus chère.

La récession qui touche la zone européenne depuis cinq ans a fini d’assombrir le tableau. Pour la première fois depuis des décennies, la consommation d’électricité baisse, non pas en raison des économies d’énergie mais en raison de la chute de l’activité économique. Les résultats des principaux producteurs d’électricité européens cette année portent la marque de cet effondrement. Tous – l’italien Enel, l’allemand RWE, le français GDF Suez par exemple – ont annoncé des milliards de dépréciations d’actifs. Tous ont décidé de fermer ou de geler des capacités de production, notamment des centrales à gaz. Tous ont renoncé à leurs projets d’investissement.

Comment imaginer que les fournisseurs d’équipements se portent bien quand leurs clients vont mal ? La révolution de palais chez Siemens, concurrent d’Alstom, qui a conduit au renversement de Peter Löscher en juillet 2013, tout comme le voyage éclair de son successeur, Joe Kaeser, se précipitant à Moscou – un de ses principaux clients dans la branche énergie –, au moment où les États-Unis et l’Europe mettent en place les premières sanctions contre la Russie pour son rôle en Ukraine, pour assurer le gouvernement russe de son amitié, démontrent les difficultés rencontrées par tous.

Plus petit, moins bien assuré technologiquement, Alstom subit de plein fouet ce renversement du marché. Depuis plus d’un an, ses seuls contrats en Europe sont liés à de la maintenance et à l’amélioration des équipements que le groupe avait installés. Et encore, tous ces contrats ont été passés à prix cassés, car la guerre des prix naturellement fait des ravages. L’Europe ne représente plus que 35 % de son chiffre d’affaires contre plus de 40 % auparavant.

Ayant des liens historiques avec la Chine depuis le milieu des années 1970, le groupe a créé une joint-venture pour fabriquer là-bas turbines et centrales à charbon. Mais en Chine aussi, l’heure n’est plus à l’expansion à tout crin. Les grands projets d’équipements sont abandonnés, alors que le gouvernement chinois resserre le crédit, pour tenter de juguler la gigantesque bulle financière qui s’est formée depuis 2009.

« D’une certaine façon, Alstom ne s’est jamais remis de sa faillite de 2003 », dit un connaisseur du dossier. Cette faillite avait été provoquée par un péché originel : les conditions de sa séparation du groupe Alcatel en 1999. Les actionnaires principaux – Alcatel et le britannique GEC – avaient alors exigé un dividende exceptionnel de 5 milliards d’euros au moment de la séparation. Ils laissaient un groupe sous-capitalisé, avec des problèmes techniques, juridiques et financiers énormes, liés au rachat des turbines à gaz d’ABB, après avoir pompé toute sa trésorerie.

Nicolas Sarkozy, alors ministre des finances, avait pris le costume de Batman pour sauver in extremis Alstom de la faillite, alors que toutes les banques lui avaient retiré leur soutien. L’État était entré au capital à hauteur de 31 %, en lui apportant 2,8 milliards d’euros. Le redressement avait été spectaculaire. En 2006, l’État sortait du capital du groupe en revendant sa participation au groupe Bouygues avec une plus-value de 1,26 milliard d’euros. Nicolas Sarkozy était présenté en sauveur industriel de la France.

Mais cette sortie n’était accompagnée d’aucune augmentation de capital. L’État a pris sa plus-value sans se soucier du reste. La structure financière d’Alstom était toujours aussi fragile : à peine 4,5 milliards d’euros, nettement insuffisants pour les métiers du groupe. Selon différentes évaluations, le groupe en l’état actuel aurait besoin de 3 à 4 milliards d’euros, soit à peu près autant que ses fonds propres.

La seule mention d’un éventuel rapprochement entre Areva et Alstom relança une guerre à mort entre les ennemis jurés d’hier. Pendant des mois, la presse tint la chronique des attaques et des ripostes, de la propagande et des coups bas, menés par Anne Lauvergeon et Patrick Kron. Pendant cette guerre ouverte entre les deux dirigeants, l’État fut aux abris, incapable de trancher franchement. Ce n’est qu’en 2010 que Nicolas Sarkozy finit par écarter le projet de rapprochement entre Areva et Alstom. Entre-temps, Bouygues et Alstom, de toute façon, avaient changé d’avis : compte tenu des difficultés que rencontrait le groupe nucléaire sur l’EPR, sans compter le reste, ils ne voulaient pas rentrer au capital d’un groupe où régnait l’obscurité comptable. Ils ne savaient où ils mettraient les pieds. « Areva est en faillite, même si on ne le dit pas. Mener un rapprochement avec Alstom obligerait à faire la vérité des comptes, sur l’EPR, sur Uramin. Il faudrait renflouer Areva avant de renflouer Alstom. Au moment où l’État cherche 50 milliards d’euros d’économie, il n’a pas les moyens d’apporter 4 milliards », dit un banquier.

Durant toute cette bataille, Patrick Kron avait bien eu des propositions de la part des constructeurs d’énergie japonais. Alors en grandes difficultés, Hitachi et Mitsubishi sont à la recherche d’alliés dans la fabrication d’équipements électriques et de centrales. Alstom, le plus petit des constructeurs, est naturellement approché. « Patrick Kron a-t-il surestimé les difficultés des Japonais ? N’a-t-il pas cru à ce rapprochement ? Je ne connais pas toutes les données du dossier. Mais avec le recul, on se demande s’il n’a pas laissé passer la chance du groupe. Il a sans doute pensé qu’il avait le temps. Mais il ne l’avait pas. L’accélération est impressionnante », relève le même connaisseur du dossier.

C’est donc vers GE, l’autre prétendant évident, que s’est tourné Patrick Kron. Le conglomérat américain, qui a longtemps succombé aux charmes de la finance, est redevenu depuis quelque temps de plus en plus agressif dans les activités industrielles, alors que les États-Unis ont décidé de réinvestir l’industrie trop longtemps oubliée. Porté par un savoir-faire industriel et technologique réel, s’appuyant sur une force de frappe financière démesurée, aidé par les centaines de milliards de dollars que la Réserve fédérale a distribuées gratuitement aux banques, dont la sienne, soutenu par un dollar qui ne cesse de chuter, discrètement relayé par des pouvoirs publics américains qui n’ont jamais oublié de mettre leur diplomatie à son service, GE semble tout-puissant. Depuis quelque temps, il se montre très attentif au marché français. Mais selon des observateurs, il n’est plus dans le même esprit de coopération que celui qui avait prévalu il y a des années pour la construction du moteur d’avion CFM 56 avec la Snecma (Safran aujourd’hui). Il est dans une logique de conquête. En 2012, il a ainsi raflé sans ménagement l’équipement aéronautique de l’italien Avio face à son partenaire Safran. Ses millions ont fait la différence. « GE a de l’argent. Il est parti à la chasse aux acquisitions. Il profite de l’effondrement industriel, économique, diplomatique français pour faire son marché », dit un observateur, qui redoute la suite : les rachats sur les équipementiers automobiles, d’aéronautique et de défense, d’énergie en France.

Les quelques connaisseurs du dossier ne se font guère d’illusion pour la suite, quel que soit le repreneur de la branche énergie d’Alstom. Ce ne sont pas tellement les technologies ou le savoir-faire du groupe français qui les intéressent, même s’il a des avancées réelles dans certains domaines comme les centrales à charbon. L’un comme l’autre sont là pour prendre des parts de marché, pour rafler son portefeuille de clients – la maintenance des équipements installés se fait sur des dizaines d’années et assure à l’installateur un chiffre d’affaires récurrent. Dans une offre comme dans l’autre, les centres de décision, de recherche, les usines sont sur la ligne rouge du sacrifice, au nom des synergies et de la rentabilité.

On se demande une fois de plus où sont les 1 500 milliards d’épargne des Français gérés par les banques ? Ils ne sont censés être ni dans les emprunts d’État – plus de 75 % de la dette française est aux mains d’étrangers, enfin surtout des filiales des banques françaises établies dans des paradis fiscaux –, ni dans les actions des entreprises du Cac 40, dépendant officiellement à plus de 50 % des investisseurs étrangers.

L’UE contre Israël ou l’antisémitisme antiraciste et humanitaire

santa klaus

Ce qui a changé en ce début d’année 2014, c’est la nature et la portée de la menace à laquelle Israël doit désormais faire face. Début janvier, alors qu’entrent en vigueur les nouvelles directives de l’Union européenne interdisant toute subvention de l’UE à une entreprise ou association israélienne implantée dans les Territoires palestiniens occupés, plusieurs responsables politiques israéliens le clament haut et fort : le boycott constitue désormais une menace à prendre très au sérieux. « Si les négociations avec les Palestiniens échouent et que le boycott européen intervient, même partiellement, l’économie israélienne en pâtira et tout Israélien sera directement affecté, d’un point de vue économique », expliquait, le 31 janvier 2014, le ministre des finances israélien, Yair Lapid, du parti centriste Yesh Atid (« Il y a un avenir »). Le même jour, Lapid a révélé le contenu d’une étude réalisée par son ministère en 2013. En cas de sanctions économiques de la part de l’Union européenne, les exportations annuelles d’Israël vers l’UE diminueraient de 20 % en un an. Une perte nette de 4,2 milliards d’euros pour l’économie israélienne.

À l’initiative de ce mouvement international de boycott des produits israéliens, « BDS » est désormais sous les feux de la rampe. Comment ce mouvement se structure-t-il ? Représente-t-il une menace réelle capable, comme l’affirment ses partisans, de contraindre à terme Israël à évacuer les Territoires occupés ? Initiative de militants associatifs palestiniens auteurs d’un appel rendu public le 9 juillet 2005, l’objectif de BDS est de dénoncer la responsabilité selon eux du gouvernement israélien dans la dégradation de la situation au Proche-Orient et de pousser à une campagne internationale de boycott contre l’État d’Israël. Signé par 170 associations et organisations de Gaza, de Cisjordanie, d’Israël, et des camps de réfugiés, cet appel est lancé un an jour pour jour après l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) demandant la destruction du mur construit par Israël le long de la ligne verte pour séparer la Cisjordanie de son territoire.

Outre la décision de la CIJ, l’autre facteur qui explique alors la naissance de BDS est inter-palestinien, après le double échec de la stratégie négociée via le processus d’Oslo, et celle de la lutte armée, qui a abouti en 2003 à la quasi-paralysie du mouvement national palestinien. BDS se conçoit dès l’origine comme totalement autonome de l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas. La plupart des personnalités à l’initiative de BDS ont fait leurs armes dans les années 1980 pendant la première intifada, avant d’être marginalisées sur la scène politique suite aux accords d’Oslo, et de s’estimer flouées par le monopole sur les responsabilités exercées par la direction historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Principale ambiguïté de cet appel de BDS, qui a longtemps occupé les débats autour de la campagne dans les médias internationaux : pourquoi faire l’amalgame entre le boycott d’Israël et celui des produits issus des Territoires palestiniens, dont l’occupation fait l’objet de plusieurs résolutions des Nations unies demandant à Israël de s’en retirer ? « Il y a un débat à l’intérieur du mouvement BDS sur le type de boycott à mettre en place, explique Julien Salingue, chercheur spécialiste du mouvement national palestinien, co-directeur de l’ouvrage Israël, un État d’apartheid ?, paru en 2013 à L’Harmattan et membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), signataire de l’appel BDS. En France notamment, l’interrogation portait sur le fait de simplement appeler à boycotter les produits des colonies, ou l’ensemble des produits israéliens. La réponse des animateurs palestiniens de la campagne BDS est de dire : « Il n’y a pas de séparation structurelle entre l’économie des colonies et l’économie israélienne. Les deux sont totalement imbriquées, et ce n’est pas l’occupation qu’il faut boycotter, c’est Israël. » Au final, c’est Israël qui règle le problème, si je puis dire, puisque le gouvernement lui-même refuse de faire la distinction entre les produits des colonies et ceux fabriqués en Israël. S’il refuse cette traçabilité, comment le mouvement BDS pourrait-il faire la différence ? »

Début janvier, l’annonce a fait sensation aux Pays-Bas : le fonds d’investissement PGGM, qui pèse 150 milliards d’euros (ce qui fait de lui un fonds intermédiaire dans la hiérarchie des fonds), a annoncé sa décision de ne plus investir dans cinq banques israéliennes impliquées dans la colonisation de la Cisjordanie (Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank, Mizrahi Tefahot Bank). « L’implication (de ces banques) dans le financement des implantations israéliennes dans les territoires occupés palestiniens était pour nous un problème, puisque ces implantations sont considérées comme illégales au regard du droit humanitaire international. De plus, poursuit le communiqué, les observateurs internationaux ont indiqué que ces implantations constituaient un obstacle important à une solution de paix (à deux États) pour le conflit israélo-palestinien. »

La version du collectif BDS d’Amsterdam est tout autre : « Je crois que PGGM ne veut surtout pas être associé au terme “boycott”, qui leur semble déplaisant, comme à beaucoup de gens aux Pays-Bas, nous explique Sonja Zimmermann, qui coordonne les activités de BDS aux Pays-Bas. La formule “Boycott Israël” était très impopulaire lorsque nous avons commencé la campagne aux Pays-Bas. Ici, c’est très vite associé avec le fait de boycotter des magasins juifs, comme lors de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons dû faire œuvre de pédagogie car c’est toujours très sensible. »        

Le lobbying de BDS envers PGGM remonte à plusieurs années. En 2011, quand le tribunal Russel pour la Palestine est créé à Londres, Hans Alders, du fonds de pension PFZW (dont la structure PGGM gère le portefeuille), est invité par BDS dans le cadre de sa campagne « sur la complicité des entreprises internationales avec l’occupation israélienne des Territoires ».« Avant même la mise en place du tribunal, de nombreuses organisations néerlandaises avaient écrit au fonds, se souvient Soja Zimmermann. J’étais moi-même directement impliquée dans ces démarches, en tant que coordonnatrice de la campagne BDS à l’époque, et dès 2009, nous leur avions explicitement demandé de se désinvestir de ces banques. » La décision de PGGM n’est pas une initiative isolée aux Pays-Bas. Fin décembre 2013 notamment, l’entreprise Vitens, fournisseur d’eau potable aux Pays-Bas, a annoncé sa volonté de mettre fin à son accord de coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.

L’Allemagne elle-même a annoncé sa décision de cesser de financer les entreprises de high-tech qui traiteraient avec des entreprises implantées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie. En mars 2014, c’est finalement l’« affaire Sodastream », du nom d’une entreprise israélienne spécialisée dans la fabrication d’appareils de gazéification de boissons, qui a porté la question du boycott sur le devant de la scène mondiale. Ayant suscité une vive controverse, l’actrice américaine Scarlett Johansson préfère quitter sa mission d’ambassadrice de l’ONG Oxfam plutôt que de renoncer à son contrat publicitaire avec la compagnie Sodastream, dont l’usine est située en Cisjordanie. Pour sa défense, l’actrice explique notamment que l’illégalité de l’occupation de la Cisjordanie par Israël et les résolutions des Nations unies ne lui paraissent pas pertinentes, de même que, selon elle, la fermeture de l’usine ne saurait constituer « une solution pour les travailleurs palestiniens » qui y sont employés.

« Vous voudriez qu’elles vous donnent accès à leurs données, pour pouvoir protester ensuite auprès du gouvernement qui, par ses choix politiques, les empêche de gagner de l’argent, estime Shir Hever, économiste israélien, membre de « Boycott from within » en Israël, un groupe associé à BDS… La réalité, c’est que les entreprises préfèrent cacher le fait qu’elles perdent de l’argent. Un ami qui travaille dans une entreprise high-tech m’avait confié en 2010 qu’ils avaient perdu ainsi un contrat de 8 millions de dollars, avant de me demander de ne rien en dire. Les entreprises pensent encore que le meilleur moyen de lutter contre BDS, c’est de nier son existence. En ce sens, elles sont complices du gouvernement. »

Après l’invasion de Gaza en janvier 2009, l’organisation représentant l’ensemble du secteur industriel israélien, Manufacturers Association of Israel, avait demandé, selon Shir Hever, aux compagnies israéliennes exportatrices si elles avaient été affectées par le boycott, et dans quelles proportions. Parmi elles, 21 % répondaient « oui », et estimaient leurs pertes à 10 % de leurs exportations. « Le sondage n’a pas été rendu public, explique l’économiste israélien. En faisant une projection, vous pouvez facilement estimer que 2 % des exportations ont été perdus cette année-là. 2 %, c’est énorme, car cela suffit à ce que l’économie israélienne ressente les effets de ce boycott. De même, lorsque les artistes ont commencé à boycotter Israël, les producteurs ont demandé une cession extraordinaire en 2011 à la Knesset (Parlement israélien), au cours de laquelle ils ont mentionné le chiffre de 10 millions de dollars de pertes. Pour un secteur d’activité, c’est significatif. »

À l’origine de la plupart des poursuites françaises contre les militants BDS, la « circulaire Alliot-Marie » (du nom de la ministre de la justice alors en poste) diffusée le 12 février 2010, et par laquelle le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression « ferme et cohérente » des actions de boycott, la chancellerie considérant tout appel au boycott des produits d’un pays comme une « provocation publique à la discrimination envers une nation ».

Depuis l’arrivée de Christiane Taubira au poste de garde des Sceaux en 2012, les condamnations n’ont pas cessé. À la suite de deux actions dans des magasins Carrefour en septembre 2009 et mai 2010, douze militants de BDS ont notamment été poursuivis pour  incitation à la discrimination et à la haine raciale, à la suite de plaintes de la chambre de commerce France-Israël, l’Alliance France-Israël, le Bureau de vigilance contre l’antisémitisme, Avocats sans frontières et la Licra. Ces militants ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Mulhouse le 17 novembre 2011. Une décision dont le parquet général a fait appel. Les douze militants BDS ont finalement été condamnés le 27 novembre 2013 par la cour d’appel à 1000 euros d’amende avec sursis, mais également à verser 120 euros par personne de droit fixe de procédure et 28 000 euros de dommages et intérêts et de frais de justice, à répartir entre les différentes organisations plaignantes.

 


Responses

  1. Memento Mouloud, vous êtes donc toujours vivant.
    Laissez-moi quelque temps pour lire et éventuellement commenter.

  2. Il faut savoir donner du temps au temps comme disait la momie

  3. Aahhhhhh ! Ahah !! 🙂
    Ca va mieux ?

    Content de vous relire.

  4. Une sorte de submersion professionnelle mais le ressac est en vue, malgré tout je change de formule, on verra bien, heureux de vous savoir présent, comme dirait le pseudo-routard de Pékin-express, l’aventure continue et j’attends vos logos

    • Oui.
      Ben c’était sensible.
      Remarquez, quand on sait avec qui on travaille, pour qui et avec quoi, notez que je n’écrit pas « pour combien » au vu des accomplissements structurellement limités, les miens y compris par rapport aux salaires délirants, il est normal d’avoir une surchauffe de temps en temps.
      Ceux qui en sont épargnés sont soit des aveugles soit les complices de l’arnaque généralisée. De moins en moins rampante d’ailleurs.

  5. C’est bonneteau à ciel ouvert et les barons sont à l’affiche, il suffit de lire le parcours de Jouyet, celui de Bernard Arnault ou la réussite fulgurante du mandrill Xavier Niel (je reste dans le cadre hexagonal) pour savoir où on patauge. Quant à l’affaire du viol au 36 du Quai après le scato du Ministère de l’Intérieur et les commissaires décapités façon Neyret sous Sarkozy, ça commence à faire un sacré portrait de famille sachant que deux de la maison ont occupé la fonction exécutive

  6. Oui, oui, il faut de plus en plus assurer ses arrières et sortir couvert.
    Il semble toutefois également de plus en plus difficile, y compris pour les génies cités, en fait simples parasites, de continuer à maintenir l’illusion. C’est plus la passivité des joueurs émasculé et peut être leur espoir de récolter des miettes de plus en plus maigres qui leur permet de continuer.
    Vous connaissez encore des particuliers qui « jouent en bourse », comme disons, fin des années 1990 ?
    Moi pas. Ceux qui continuent de se faire tondre, après une analyse via BFM et Capital, n’ont que ce qu’ils méritent.
    C’est plus compliqué dans le domaine politique, les anciens(+45, 50 ans sont piégés mentalement et accrochent au théatre), les jeunes (-30, 35 ans, en gros ceux qui ne sont pas installés) sont complètement cordicolisés. Les soirées où les regards sont plus sur l’écran facebook du portable que dans l’échange verbal qui est censé justifier la réunion amicale, commencent a rendre physique l’expression de ma misanthropie.

    Je vais prendre la suite dans le désordre :
    « sachant que deux de la maison ont occupé la fonction exécutive »
    Oui aussi. Ca devient un peu le passage obligé, le plantage de drapeaux ou l’intronisation. La façade médiatique de l’état profond, notion récemment découverte qui colle parfaitement à la situation contemporaine.
    On serait soralien on dirait les juifs à Bercy, les franc-mac à beauvau. L’embêtant c’est que çà colle a l’observation. C’est un peu effrayant, rapport au soralisme…
    « le scato du Ministère de l’Intérieur »
    Moui, m’est avis que les penchants du monsieur n’ont du gêner qu’après un impair interne vu le service à vocation protocolaire plus que sécuritaire. J’ai connu c’est « particulier ». C’est soit un tremplin soit un placard. Les deux fonctions s’inversant avec le temps, paradoxalement.
    « les commissaires décapités façon Neyret »
    Disons que les mecs ont étés un peu loin dans l’encule généralisée. On en parle peu mais c’est le coté émergé du… problême, on va dire comme çà, des statistiques reconnues comme officiellement manipulées. C’est que, quand même !, les primes de résultats y étaient liées, puisque calculées sur ces mêmes statistiques. A 25 000 € par an, par têtes, parfois les mêmes sur toute la période évoquée, çà commence à faire effectivement un peu plus que onze denier, même avec l’inflation.
    Ca provoque des vocations créatives.
    Bon, le nain voyait les gens comme des consommables, en témoigne les sanctions qui ont plu sous son règne comme jamais, d’où l’aspect brutal.
    La dure réalité du fusible.

    « …au 36 du Quai »
    L’organisation interne,le domaine d’activité,le rythme, la cooptation, les médias et la fiction conditionnent les mecs à se prendre pour des cadors.
    Donc vous avez des pseudos-omnipotents.
    Des anecdotes détruisant cela, par filiation, expériences personnelles ou rapports fiables, je pourrais en saturer votre disque dur. Et comme ils préemptent les bonnes affaires sans même un coup de fil de reconnaissance, aigri, je ne m’intéresse plus au sujet donc c’est dire ce que vous pourriez trouver chez un repenti.
    Pas des clowns comme http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Marchal, ou http://www.romainpuertolas.com/ mais par exemple un mutant démissionnaire que je n’ai vu qu’une fois. Pas le nom malheureusement, entre aperçu chez calvi, l’air de se demander ce qu’il foutait là expliquant que ce qui se faisait actuellement n’était pas, en soi, de la police.
    Il avait et à toujours fondamentalement raison.

    « Quant à l’affaire du viol… »
    Alors, rien que pour la capacité à « s’occuper »dans un local de police proche, je prends ce terme car dans ce type d’affaire je prends des gants, d’une nana, qui plus est bourrée, rencontrée dans les néo-rades hype TRES bien connus de mes années rock-stars, : les deux couillons n’ont AUCUNE clémence ou magnanimité à recevoir.
    Faut vraiment être le dernier des cons.
    Déjà, on va être franc, entre collègue, même sous la pulsion irrépressible c’est pas la meilleure des options. Au mieux, mais vraiment au mieux le simple embarras d’une potentielle découverte par un collègue réglo, l’ours associal qui passe par hasard, ca va tout juste limiter aux mieux la diffusion aux seules 25-30 personnes fiables du batiment, qui s’en foutent passé l’anecdote.
    Et c’est déjà pas le top.
    Avec une extérieure, inconnue, étrangère et bourrée dans ce coin précis car on parle pas de la fourrière de La Courneuve: c’est les enmerdes exponentiels assurés.
    Dont acte.

    « ça commence à faire un sacré portrait de famille »

    Et à vu de nez, çà va pas s’arranger.

  7. Très bien vu Ag la remarque sur les particuliers qui jouent en bourse la version nineties de Jean Carmet dans le sucre, comme lui ils se sont vautrés, j’en ai connus au moins trois qui y ont perdu une partie de leur prime de départ (conséquente). BFMTV ou Patronat TV, rien qu’à entendre cette conne parfaite de Ruth Elkrief, ça donne de l’urticaire. La dernière fois elle pérorait façon, « quoi 50 milliards d’économies c’est que dalle, vous avez vu les espingouins, les métèques grecs, les maçons portugais et les ploucs irlandais l’avoine qu’ils ont reçue, on doit aller plus loin », ce qui voulait dire que la petite bonniche du capital indiquait que plonger la tête d’un peuple sous l’eau et la maintenir juste le temps qu’il ne clamse pas c’est une politique décente, celle de Valls.

    Un soralien conséquent devrait se demander pourquoi la plupart des juifs médiatiques d’aujourd’hui sont soit médiocres soit nuls, réponse dans Debord, parce qu’ils sont remplaçables et qu’ils le savent (la diversité sert à ça, au chantage pour les postes à pourvoir). D’ailleurs vous me confirmez la chose pour la gestion des personnels du ministère

    Pour le scato, vous ne pensez pas à une dénonce venue des milieux pédaleux de l’ultra-droite ?

    Dans l’affaire du viol, je me suis dis improbable, les types sont tout de même pas aussi cons et bourrins que disons un certain nombre de flics d’un commissariat de Saint-Denis, et ben je me dis que si après réflexion

  8. Oui, elle fait le boulot. Je crois que son tonton rabbin est bien placé de l’autre coté de l’atlantique donc elle suit la ligne, la brave petite. Pour ne pas voir que le pays est géré par des traitres, il n’y a pas d’autres mots, il faut vraiment mentalement être une autruche, un débile ou un dévot. C’est pas possible autrement. Pas à un seul moment sur Alstom, vous n’avez la suggestion que peut-être l’entreprise reste sous pavillon français. Pas un. Ca sera soit américain, soit allemand mais le reste n’existe pas. La maintenance d’un porte-avion ou d’un SNLE peut très bien être sous traitée n’est-ce-pas ?
    Ce qui serait drole c’est que les russes mettent un lingot sur la table, pour voir… Je n’ai malheureusement pas déterminé ce que peut être le soralisme. Je sais qu’il y a des bouts de mercantilisme dedans, beaucoup d’égo, le reste je sais pas.

    Oui, comme pour maintenant le redécoupage des régions. Qui suivent les réorganisations des institutions régaliennes.Après l’armée la police, la santé l’assèchement des places touche juste une autre strate, les politiques.
    En effet, la diversité est le concept qui permet de toucher les organisations non géographiques. Avec le même type de notion intangible, indéfinissable et donc arbitraire que l’est le « discernement » dans la gestion disciplinaire des administrations. Bon cela dit, quand vous avez conscience que vous n’êtes qu’un numéro, vous devenez plus efficace car vous comprenez qu’il suffit de charger la barque de n’importe quel numéro ou d’augmenter le crédit d’un autre pour qu’il soit laché. Passons…

    Sincèrement je l’ignore. Pour que çà fuite oui, c’est volontaire. D’où ? Il faut recadrer aussi. Le mec, brigadier-chef, dans un service de pot-de-fleur, ce n’est pas non plus LE CHEF DU PROTOCOLE. C’est typique de ces services ou les gars insistent sur la fonction ou la dénomination du poste plus que sur leurs échelons hiérarchiques réels. Je le sais j’en joue parfois aussi en fonction des circonstances. D’accord il est là depuis mathusalem, il connait le fonctionnement, les codes, les personnes, il a quelque oreilles, on lui en doit certainement quelques une et ses déviances ont peut-être plu à une huile passée mais c’est peut-être tout simplement un stagiaire au courant lésé sur le prévisionnel de congé ou une secrétaire publiquement rigide qui l’a reconnu sur les vidéos payantes à la maison qui l’ont plombé. Les décorations ne valent, malheureusement pour celles valides, pas grand choses.
    De l’eau jusqu’au genou pour empêcher un clodo ou mieux, un noir, de tomber dans la rivière : gagné.
    Un bras comme un poulet grillé après avoir sauté de balcon en balcon pour chercher des mômes dans les flammes : un échelon supplémentaire.
    Passez au palais de justice, vous verrez plein d’huissier avec des plastrons pour avoir ouvert des portes ou déplacer des dossiers de quelques mêtres.
    Difficile aussi de conserver en tête de gondole quelqu’un qui se faire pipi dessus, même si c’est un pigiste qui sort l’info… Comme dans ces trucs vous pouvez être viré car vous êtes en photo dans le journal a coté de la mauvaise personne les probabilités sont infinies.

    Ah sisisisi !! Hautement probable même. La réaction chez nous n’a pas été la stupéfaction. Loin de là. Unanimisme hilare. Malgré le sujet, j’entends. Encore que la femme retrouvée dans une descente de parking la tête explosée qui me dit qu’elle s’est faite violé par trois mecs qui l’ont choppé au passage, je la crois sur parole. Ici, c’est juste possible.

    • Tiens, vu sur BFM, ils arrivent à passer la promo du film sur halimi en reportage avec le telex qui annonce 16 000 maisons dans les nouvelles colonies israéliennes.
      Ils
      n’ont
      honte
      de
      rien.

  9. Ag

    Quand on jette un rapide coup d’œil sur la biographie de Ruth Elkrief, on voit très bien qu’elle appartient à cette entité spécifiquement marocaine des juifs du Roi (du Maroc) comme il y avait des juifs de Cour dans le saint Empire romain germanique, autant dire qu’elle n’est pas spécialement préposée à la subversion sous quelque forme que ce soit. Au sein de sa famille élargie on trouve, en effet une lignée de juifs d’études dont l’avant-dernier avatar a terminé grand rabbin (j’imagine sépharade de Jérusalem), mais le plus intéressant c’est son alliance matrimoniale avec Claude Czechovski qui dirige la branche française de Computer Services Corporation basée en Virginie. On a là la parfaite famille intégrée dans la sphère de coprospérité atlantique et qui la désire avec impatience.

    Sur Alstom, le plus intéressant c’est le patron de General Electric, Jeff Immelt, admirateur déclaré de Reagan mais principal conseiller aux affaires économiques de Santo Obama, vous comprenez, dès lors, derrière le rideau des clowneries à la Montebourg, que la France ne veut plus rien dire, elle est une simple province de l’Empire. Si elle était autre chose, elle aurait déployé des troupes et du matériel à la frontière ukrainienne

    Merci pour un aperçu des dessous des rouages de la maison Poulaga comme on disait


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