Publié par : Memento Mouloud | mai 22, 2014

Le Monde moderne va mal finir mais il aime ça (1) : les socialistes et la politique sociétale en panne provisoire

Au début de l’année, l’ex-ministre Dominique Bertinotti, chargée de la famille dans le gouvernement Ayrault, entendait encore dessiner « une politique familiale de gauche ». Les sujets jugés les plus clivants, à commencer par ceux qui peuvent concerner les familles homoparentales (1% des familles), ont été mis de côté. Des questions sociétales aussi diverses que l’usage massif mais libéré des drogues, le délit d’’islamophobie ou le droit de vote des seuls étrangers restent hors des radars. Lors de sa conférence de presse du 14 janvier 2014, François Hollande n’a cité qu’une seule réforme de société : une révision, modeste, de la loi Léonetti sur le recours à l’euthanasie. Elle ne sera adoptée qu’en cas de « consensus » sur la mise à mort techno-familiale des résidus humains.

Le contenu de la nouvelle loi sur la néo-famille : scission en chaîne de l’autorité parentale conjointe, encouragement à recourir à la médiation para-étatique en cas de conflit, double déterritorialisation des enfants chez les deux parents après une séparation, création d’un« mandat d’éducation quotidienne » pour sécuriser en partie le statut du beau-parent, etc. Elle provoque de franches oppositions. De la part d’associations masculinistes, qui jugent les droits des pères insuffisamment reconnus. De féministes ou du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, inquiets de ce qu’une nouvelle obligation de demander l’autorisation de l’ancien conjoint en cas de déménagement ne fasse l’impasse sur les violences faites aux femmes car le rapport entre le déménagement et les violences est établi scientifiquement par le Haut Comité pour l’abolition de toutes les violences masculines.

Fin 2013, l’ancienne ministre de la famille Dominique Bertinotti avait commandé quatre rapports. Celui de la sociologue Irène Théry, longtemps resté au placard, proposait d’étendre la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de femmes, de permettre aux milliers enfants nés grâce à l’insémination artificielle ou sous X d’avoir accès à leurs origines gaméto-humaines, de donner un vrai statut aux compagnes lesbiennes des mères d’enfants nés de PMA ou encore un état civil aux enfants nés de la location d’utérus de mères porteuses à l’étranger et si possible en Inde où le low cost sécurisé est important. Mais La nouvelle secrétaire d’État à la famille, Laurence Rossignol, a estimé que « le droit des familles est colonisé par la PMA » et éventuellement par les associations petites et grandes bourgeoises homosexuelles. Elle a rejeté un amendement écolo-progressiste qui proposait d’éviter un refus d’adoption d’enfant né à l’étranger d’une PMA pour « fraude »comme vient de le juger en première instance un tribunal de Versailles. En clair, mardi 29 avril, le tribunal de grande instance (TGI) de Versailles a refusé l’adoption d’un enfant par la femme de sa mère biologique parce qu’il avait été conçu en Belgique par le biais d’une PMA (procréation médicalement assistée). Mécontentes de cet acte qui les classe parmi les sujets astreints à la loi commune, des militantes féministes radicales ont récemment “zappé” la nouvelle secrétaire d’État en l’aspergeant de faux sperme. Elles menacent de passer à des jets en continu de vrai sperme si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Des militants radicaux homosexuels ont d’ores et déjà commencé à fournir la matière première.

Depuis la débâcle aux municipales, le duo Hollande-Valls estime que la seule priorité doit être la destruction de ce qui reste de classe ouvrière et de petite-bourgeoisie dans ce pays, le reste étant inaudible tant qu’il n’y aura pas de résultats tangibles sur le front de l’asservissement de masse au marché mondial. Ils plaident pour une politique-vaseline-de droite progressiste mieux expliquée, mieux mise en scène, ce qui exclut les débats pouvant “brouiller” le message essentiel : sacrifiez-vous à la loi d’airain. Des préoccupations qui font écho à celles d’une partie des édiles socialistes, persuadés qu’arriver aux municipales avec pour seul bilan de deux ans de gauche au pouvoir le mariage pour les couples de même sexe les a desservis. « Le mariage pour tous nous a coûté des prébendes »avait lâché Patrick Mennucci, défait avec fracas à Marseille, au lendemain de son échec.

L’ancienne ministre, qui se verrait bien au poste de Défenseur des droits, vacant depuis la mort de l’ancien partouzeur toulousain Dominique Baudis, se garde de toute critique vis-à-vis de l’exécutif. Mais elle affirme aussi « n’avoir pas à rougir de (s)on bilan », dit « ne pas tolérer la non-reconnaissance du travail de destruction accompli, et sa cohérence ».

« Il y a une vraie crainte du pouvoir, pas illégitime, de voir la France se fracturer encore davantage avec des questions de société, admet le député PS Bernard Roman. Mais en même temps, un certain nombre de ces sujets sont identitaires à gauche. Nous ne pouvons pas laisser les thèses du renfermement l’emporter. » « Il y a des étrangers dans les comités d’entreprises, dans les conseils de résidents, et personne ne trouve rien à y redire… Le droit de vote permettra enfin à des millions de gens de trouver leur place dans la société française, parce que leurs parents auront enfin leur place », défend Bernard Roman alors que plus personne n’a de place assurée nulle part car être sans patrie est notre destin à tous.

Erwann Binet, socialiste illettré, a « lancé une réflexion sur l’islamophobie. Il va falloir s’occuper du racisme quotidien pour appartenance à une religion… Et neuf fois sur dix, cela concerne la religion musulmane. Il est peut-être temps de retirer le voile pudique jeté sur ces violences incroyables, en pénalisant davantage les discriminations clairement motivées par l’appartenance à une religion », plaide Binet l’éclairé, qui cite l’exemple d’une femme voilée interdite d’entrer dans un bowling de sa circonscription. Le groupe socialiste a par ailleurs lancé, en toute discrétion, un groupe de travail sur le changement d’état civil des personnes transgenres, qui reste un véritable casse-tête juridique. « La France a un retard énorme sur ce sujet et sur celui des femmes voilées au bowling et en danse contemporaine», estime Erwann Binet. Au Sénat, l’écologiste juive anti-sioniste Esther Benbassa planche elle aussi sur un texte qui pourrait aussi concerner les palestiniens car tout se tient et Tout est dans Tout. Au Sénat, Michèle Meunier, de son côté, prépare un rapport sur « la protection de l’enfance » qui pourrait préfigurer une réforme de l’adoption, hypothétique deuxième étage d’une loi swiftienne de lutte contre le chômage.

Mediapart/BAM


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