Publié par : Memento Mouloud | mai 28, 2014

A propos du meurtre de Dominique Leboucher, égorgé et émasculé

Aux alentours de 8 heures du matin, Jean s’étonne de voir la voiture de Dominique Leboucher, 55 ans, stationnée dans l’allée de sa maison, au bout de Bretteville-le-Rabet (Calvados), commune péri-urbaine de 257 habitants. « Je me suis demandé s’il n’allait pas travailler. Parfois, le vendredi, les gens font ça». En effet, le maire n’a pas rejoint l’agence d’assurances caennaise où il travaillait car les gendarmes l’ont retrouvé, égorgé et émasculé au cutter.

Jérôme Levillain, un électricien de 39 ans, a prévenu les autorités de son geste. Après son crime, l’homme aurait quitté la maison du maire, abandonné les organes génitaux dans un fossé, regagné sa maison à quelques centaines de mètres, avant d’appeler les gendarmes et de se pendre, « non loin de là » assure l’AFP.

Une si paisible commune sans commerces et entourée de champs, un paradis pour classe dite moyenne fuyant l’enfer caennais de la délinquance et de la pression fiscale socialiste si on en juge par la courbe démographique de ces dernières années. Le white flag s’est terminé au cutter et dans le néo-village, bien entendu, on ne comprend pas, comment au détour d’une matinée encore plus désespérante que les autres, on en vient à castrer son voisin de maire. Celui-ci, résidant du village depuis plus de vingt-cinq ans, était marié à une femme connue pour apporter les repas aux personnes âgées. Il était père de deux grands enfants. Il était dégarni, son visage était rond, on le disait jovial. Sur le coup de son décès, on le trouve génial. Il est passé de conseiller municipal à adjoint, puis maire en une quinzaine d’années, un cursus honorum remarquable.

Jérôme Levillain, dans son appel à la gendarmerie, ainsi que dans une lettre laissée à l’attention de ses deux filles de 5 et 10 ans, a expliqué qu’il soupçonnait sa compagne, Valérie, une enseignante en lycée professionnel de 39 ans, conseillère municipale, d’entretenir une relation amoureuse avec l’édile. Il ne supportait plus que sa femme lui échappe, il se disait que son Phallus était en berne, il érotisait donc le seul pouvoir qui lui soit proche, celui de l’édile. Depuis combien de temps, il n’avait plus fait l’amour déjà ? Décidément, on l’empêchait de vivre et ce « on », il fallait bien lui trouver un visage et une Incarnation.

Puisque Jésus a échoué, il fallait revenir au sacrifice, à la religion des origines, à la roue éternelle du sang versé.

Sa femme a été hospitalisée sans que son témoignage puisse faire la lumière sur la réalité des soupçons de son compagnon. Et quand bien même la lumière serait faite, on ne voit pas bien pourquoi son mari aurait complété les aveux de sa femme par le découpage au cutter des attributs virils de son maire et sa propre mise à mort si Jérôme Levillain avait été sain d’esprit. Cet homme n’a pas seulement tué, il laisse seules une compagne et deux enfants en bas âge, il leur dit « je vous emmerde tous, je m’en vais rejoindre le néant, ce monde est un enfer, je ne sais pas l’aimer ni vous aimer ».

A la sortie de la mairie, M. Guesnon, un adjoint, dit ne pas croire à la thèse de l’infidélité du maire. « pour moi c’est un coup de folie » dit-il, au bord des larmes. Albert Gibot, un retraité qui a siégé au conseil municipal pendant 22 ans, affirme que le meurtrier présumé « a pété un fusible parce qu’il ne supportait pas que sa compagne aille le soir aux réunions du conseil où elle venait d’entrer ».

Et si Jérôme avait fait la tournée des conseillers avec son cutter ? Les habitants de Bretteville, jusqu’à hier matin, trouvait Jérôme Levillain dont le nom porte toute une filiation de servitudes, bon voisin, bon compagnon, bon père, comme s’ils pouvaient savoir ce que c’est qu’un bon père et un bon mari mais ces gens savent tout car leur savoir est inné. Jérôme était comme eux, cela suffisait à le savoir homogène à leurs modus vivendi, ils prenaient l’apéro ensemble, ils avaient peut-être partagé un barbecue. Seulement pour Jérôme c’était un memento mori parfait que cette manière de vivre.

« Nos filles jouaient ensemble, jamais on n’aurait pu se douter qu’il en viendrait à ça », commente, avec une finesse psychologique incroyable, une voisine du pavillon propret où lui et sa compagne vivaient depuis une dizaine d’années. Car le meurtrier était propre, ce qui est un comble. A-t-il découpé avec minutie les parties du maire avant de les jeter ? Une autre voisine n’y croit pas plus, le décrivant en « bon vivant » et les bons vivants, disons les Patrick Sébastien ne tuent pas, ne peuvent pas tuer, seuls les arabes, les noirs, les roms, les marginaux, les intellectuels et les mauvais vivants tuent. Il s’agit donc d’un esprit frappeur ou d’un rituel de possession.

La thèse d’une relation amoureuse entre le maire et sa conseillère, nombre des habitants de Bretteville la rejettent. « Je ne vois pas du tout Dominique draguer, ni rien », balaie Albert, un ami du défunt dont on se demande ce qu’il entend par « ni rien ». A croire que Dominique n’avait plus de sexe et que Jérôme a voulu vérifier. A moins que tout ce petit monde pavillonnaire perdu au milieu des champs dans son paradis post-caennais a perdu toute sexuation, déjà parmi les anges de la petite-bourgeoisie méritante. Christine 53 ans, se dit « très surprise » par la nouvelle. « Ils avaient l’air d’un couple uni », dit-elle à propos du maire défunt et de son épouse. Selon elle, le maire, à la tête d’un conseil municipal de 11 membres, était quelqu’un de « normal », asexué quoi, comme le dasein d’Heidegger. « C’était un super mec, et à la mairie, ça marchait très bien, il s’occupait beaucoup de randonnées, de la fête du village, de rallyes. Je suis sur le flanc… » Selon Catherine Denis, procureur de la République de Caen, l’épouse de Dominique Leboucher écartait également cette explication car il est bien connu que l’épouse est toujours la première à savoir qu’on la trompe. De toute manière, cette femme « est sensationnelle », confie M. Gibot, qui se présente comme « un super pote » du défunt maire.

« C’était quelqu’un qui vivait pour les autres, martèle Loïc, lui aussi investi dans le comité des loisirs du village. Un type génial. » Comme si le but n’était pas d’exister à partir de Soi et dans l’ouverture à ce simple mystère qu’est la disposition de la vie. Le 7 juin, il devait recevoir son écharpe de maire. Ce devait être une fête, assortie d’une remise de médailles communales et départementales, qui n’aura probablement pas lieu, ou avec un autre maire, plus tard. « Ma médaille, je vais m’asseoir dessus, clame Albert, 22 ans, à la mairie. Je m’en fiche, je préférerais que Dominique soit encore là… »

Mais, justement Dominique n’est plus là et Jérôme, non plus. Coup de folie ou pas, deux hommes sur 257 ne reviendront pas et il faut compter sur les habitants pour vivre comme s’il ne s’était rien passé et sur les gendarmes pour enquêter sur un meurtre où le meurtrier s’est châtié lui-même, prouvant qu’il avait quelque sens de l’honneur, même perverti.

Le Parisien / BAM / AFP


Responses

  1. Quel article lamentable…. Quel manque de respect pour la victime les familles et les habitants de ce village qui ne méritent en aucun cas que vous leur crachiez votre bile au visage. Ils ne sont pas la cause de votre carrière médiocre. Pour expliquer cela il suffit de relire ce torchon ranci par votre condescendance malsaine.

  2. Quelle pleureuse vous faîtes, julien audes. De plus, auriez-vous l’amabilité de définir les termes lamentables et médiocres, à moins, bien entendu, qu’ils ne vous échappent

    • Étouffez vous dans votre bile. Je n’ai que faire des provocations d’un obscure gratte-papier imbus de sa personne.

  3. poursuivez sur le chemin lumineux ouvert par monsieur Homais, bien à vous


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