Publié par : Memento Mouloud | juin 2, 2014

Les tournées anti-racailles de Génération Identitaire

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Génération identitaire a lancé depuis mars 2014 des « tournées anti-racaille » dans divers métros, à Lille, Lyon, Paris et Nantes, si possible durant la journée car la rencontre nocturne avec des vrais racailles finirait par déraper. À chaque fois, des dizaines de militants, vêtus de vestes jaunes, slaloment dans le métro pendant une heure ou deux pour le « sécuriser ». Le groupe dit également avoir organisé à Lyon le 12 avril 2014 un stage d’autodéfense pour des jeunes identitaires venant de toute la France. Si le gouvernement avait de la suite dans les idées, il comprendrait que c’est la généralisation de tels stages qui accroîtrait son audience et rendrait parfaitement invisible toute veste jaune. Mais les vestes jaunes et les effets d’annonce priment, alors place aux vestes jaunes.

« Face aux bandes haineuses, les jeunes Français et Françaises sont trop souvent isolés, apeurés, a lancé Aurélien Verhassel, de Génération identitaire Flandre-Artois-Hainaut, sur le site Vice. Parce qu’on ne les a pas préparés, parce qu’on ne leur a pas enseigné la solidarité, parce qu’on ne leur a pas appris à faire face. Nous voulons rompre cet isolement, montrer aux jeunes qu’ils peuvent et doivent se défendre, et faire comprendre à la racaille que la récréation est terminée. » Une autre manière de clamer, les français sont des tafioles, nous sommes les derniers hommes (jaunes), le dernier rempart avant les barbares.

Selon Louise Fessard, journaliste spécialisée dans la para-réalité, « c’est oublier que les forces de l’ordre sont très présentes dans le métro, notamment parisien où la sécurité est assurée à la fois par la brigade des réseaux ferrés de la préfecture de police et le Groupe de protection et de sécurisation des réseaux de la RATP ». Dors citoyen la police et Mediapart veillent sur toi. D’ailleurs qui a déjà traversé la gare du Nord à 23h30 ou pris le train de banlieue, à la même heure, vers les vertes villes du 93 et du val d’Oise se sent parfaitement en sécurité, surtout les femmes seules. « On n’a pas besoin d’une bande de guignols pour sécuriser le réseau de transports publics. Jouer avec les peurs, les fantasmes, c’est le métier de l’extrême droite. L’insécurité, c’est eux, avant tout », a réagi au micro d’Europe 1 l’écologiste Éric Quiquet, devenu le patron du syndicat mixte intermodal régional des transports de Lille. Son vœu le plus cher s’est accompli, il est devenu patron et même premier flic du réseau intermodal du nord corrompu et socialiste. Son truc à lui, c’est le désarmement de l’honnête homme, vivre sur la crainte et l’aveuglement. Il agit donc en auxiliaire avisé du gouvernement et de ses clowns favoris, les droitards visibles.

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Interrogé sur France Inter le 26 mai dernier, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve s’est montré très ferme car Bernard Cazeneuve est d’une fermeté inoxydable dès lors qu’il  ne traite pas des salafistes bleu-blanc-rouge. « En démocratie, le maintien de l’ordre, le rétablissement de l’ordre appartient à ceux qui ont des prérogatives de puissance publique – ce que Max Weber appelait le monopole de la puissance physique légitime (nd BAM : si la citation est exacte, on notera la grande culture des rédacteurs de fiches du ministre de l’Intérieur). Ces groupes d’extrême droite ne sont pas là pour rétablir l’ordre dans le métro, car on n’a nul besoin d’eux pour le faire – nous avons procédé dans les transports en commun à l’arrestation de 66 000 personnes l’an dernier, qui avaient commis des troubles à l’ordre public (…). Ils sont là pour provoquer, ils sont là pour “antagoniser”, ils sont là pour diviser. Ils n’ont pas à faire ce type de patrouilles et à chaque fois que ces provocations auront lieu, toutes les mesures de droit seront prises de manière à ce que ces actes soient réprimés.»

L’apprenti sociologue-ministre, adepte des néologismes et des citations tronquées, annonce 66 mille personnes arrêtées, comme il y a 65 mille prisonniers et que les cellules sont pleines à les vider régulièrement au petit bonheur la chance, qui parmi les 65 mille a reçu plus qu’une réprimande et un stage en dégrisement ?

La Ligue des droits de l’Homme lilloise, qui avait demandé à la préfecture du Nord « d’interdire et de sanctionner » ces tournées mais de protéger les droits de la défense des délinquants surtout récidivistes, s’est vu opposer une fin de non-recevoir. « Le préfet ne peut pas s’opposer à une telle initiative », mais « sera néanmoins très vigilant au respect des dispositions législatives qui encadrent le concours éventuel de tout citoyen à l’interpellation d’auteurs d’infraction » En effet, la loi permet à n’importe quel citoyen d’interpeller une personne en « cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement ». Il doit alors la conduire à l’officier de police judiciaire le plus proche. Mais elle interdit également « toutes les associations ou groupements de fait (…) qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ».

Selon Louise Fessard, « le 10 janvier 1936, la IIIe République, traumatisée par les émeutes du 6 février 1934 qui menèrent des groupes d’anciens combattants et des ligues d’extrême droite devant la Chambre des députés, s’est en effet dotée d’un texte pour neutraliser ces milices » avec cet effet pervers de précipiter la création d’une véritable organisation terroriste d’extrême-droite, la Cagoule. De plus, quel rapport entre les tournées anti-racailles et les émeutes du 6 février qui venaient à la suite d’un harcèlement permanent de la police parisienne par les militants de la droite dite nationale. Sous certaines conditions et après une procédure contradictoire, les milices en question peuvent être dissoutes par décret par le président de la République. C’est ce qui s’est passé pour le Service d’action civique (SAC), dissous en 1982 par François Mitterrand après la tuerie d’Auriol, ou, plus récemment, pour l’Œuvre française, dissoute par François Hollande le 25 juillet 2013 pour les raisons suivantes : la forme et l’organisation militaires du mouvement, le culte qu’elle vouait à la collaboration et au régime de Vichy, ainsi que son idéologie incitant à la haine et à la discrimination envers les étrangers, les juifs et les musulmans. Le Conseil d’État avait confirmé ces motifs le 25 octobre 2013, en rejetant le recours des responsables de ce mouvement d’extrême droite.

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« Comme cette mesure liberticide remet en cause la liberté d’association, le contrôle du Conseil d’État est assez étroit, décrypte un conseiller d’État. On peut comprendre que le ministère de l’intérieur préfère assurer ses arrières. » « Début 2013, quand ils avaient mené des maraudes au profit exclusif des Français de souche, nous avions saisi le Parquet, car il y avait un délit de discrimination caractérisé avec en plus des propos de provocation à la discrimination et à la haine raciale, explique Isabelle Denise, responsable du service juridique de la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Là, avec les tournées “anti-racaille”, il s’agit d’opérations ponctuelles, certes très médiatisées, mais sans dispositif qui s’installe dans la durée et sans discours ouvertement discriminant. »

Mediapart / BAM


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