Publié par : Memento Mouloud | juin 2, 2014

Petite histoire des droitards (3) : la défense de l’Occident

Elle commence en Indochine  sur un mode mineur parce que colonial mais se transforme très rapidement en un combat entre conceptions du monde. Face aux insurgés vietnamiens nationalistes et communistes, français et américains qui financent cette lointaine expédition menée par des soldats professionnels, des simili-mercenaires et des troupes locales, ne peuvent plus s’en tenir à la seule défense de l’Union Française. Français et américains défendent un modèle de développement et un ensemble, le monde libre. Ce monde libre qui montre la voie à ce qu’Alfred Sauvy dénomme le Tiers-Monde a pour noyau l’Occident. Or qu’est-ce que l’Occident sinon un mot-valise, un maître-mot qui peut masquer et valider n’importe quelle marchandise ?

L’occidental est aussi bien l’homme blanc dominateur que le démocrate pacifiste, le pilote de bombardier que le médecin adepte du planning familial et de l’avortement, le planificateur de la future révolution verte que le manieur de gégène, le petit expatrié vivant en parasite administratif que l’intendant aux méthodes expéditives, l’enseignant de brousse et la figure du progrès. Il a pour converse, le cadre communiste qui a vaincu le nazisme qui n’est plus l’Occident mais l’est tout de même. Le communiste, lui, ne l’est plus du tout, Staline n’a pas eu le temps de régler définitivement le problème juif en territoire soviétique juste celui de monter un procès contre les sionistes. Car l’Occident c’est aussi le sionisme, le sionisme et le nazisme, en fait tout et n’importe quoi parce que l’Occident est un mot fantoche.

Les officiers français vont alors valider une certaine manière de traiter le corps de l’insurgé ennemi, par la torture, et les paroles de la population sujette, par la contrainte. On va appeler cela la guerre psychologique ou la contre-insurrection. L’insurgé avait une doctrine, militaro-communiste et un objectif, la victoire. L’Occident n’a pas d’objectif explicite. George Kennan adopte le containment pour ne pas dire que ce monde est indépassable, qu’il est la fin de toute Histoire et que Dieu y a apposé son souffle. « In God we trust » disent désormais les billets. La forme-marchandise est le seul avenir du monde, celui de l’homme-objet, l’homme-consommateur, l’homme-statistique, l’homme-observé.

Seulement, les hommes aiment les habits d’antan. Les officiers de la coloniale se griment en dernier homme (véritable), en chevalier (de retour). Même s’ils n’ont pas lu Evola, ils semblent marcher au milieu des ruines. Ils appellent donc des alliés, les corps sains d’une société sans tête. Ainsi naît alors que l’armée française fonce vers la défaite en Indochine, Jeune Nation.

Commençons par le premier acte, la chute du camp retranché de Dien Bien Phû.

Après la destruction de la base Viet-Minh de Lang-Son, le général Navarre, pressé par les américains qui financent la guerre, décide de créer une base en pays thaï. Ce sera Dien-Bien-Phû. L’opération est baptisée Castor. Du 19 au 22 novembre 1953, six bataillons sont largués sur la position et y ouvrent un aérodrome protégé par des bataillons d’infanterie et des batteries de 105 mm. On récupère les débris de la garnison de Lai Châu et on mène des combats en forêt. Le 15 février 1954, le commandement prend la décision de limiter les sorties. Pourtant le lieutenant-colonel Guibaud indique à Navarre que la concentration d’artillerie vietminh autour du camp rend la position intenable. Le Viet-Minh investit le terrain. Ils sont 55 000 « bôdoi » (combattants) et surtout 260 000 civils, pieds nus pour la plupart. L’utilisation de 21 000 bicyclettes est déterminante pour l’acheminement des armes et des vivres. Les français sont 11 mille, ils atteindront les 16 mille soldats après les parachutages. Le 16 février, la base est encerclée. Le 13 mars, Giap fait donner l’artillerie.

Les premiers blessés arrivent dans l’antenne chirurgicale installée près du poste de commandement, le soir on comptera 250 blessés dont 50 sur le terre-plain. Le point d’appui Béatrice, au nord-ouest, est pris pour cible et tombe, le 14 à 2 heures du matin. Le bataillon de la 13ème demi-brigade de la légion a été anéanti en 5 heures. Il est impossible d’utiliser la piste de l’aérodrome et le ravitaillement doit passer par des parachutages mais le général Navarre s’entête. Cinq mille hommes dont 700 volontaires vont être largués sur la zone. Le 14 mars, Gabrielle, défendue par les tirailleurs algériens, à l’extrémité nord-ouest du camp est attaquée, la position tombe le lendemain. Giap commet l’erreur de ne pas foncer sur le centre du camp, ce qui offre un répit. Deux cents nouveaux blessés s’entassent. Giap masse sa DCA sur les deux points conquis.

Le 16, Bigeard est sur place avec un bataillon mais l’âme, le cerveau qui incarne la résistance française à la pression des fantassins communistes c’est le lieutenant-colonel Pierre Langlais qui commande les trois bataillons de paras sur place. Le 17, un obus détruit la salle de radiologie puis celle des abdomens. Le 18, c’est le centre de triage des blessés qui est pris pour cible. Le 20, on évacue 132 blessés, le 27 mars, la situation sera telle qu’on ne peut plus poser un avion. La base est coupée du monde. Les chirurgiens en viennent à sacrifier les blessés les plus graves mais la moitié des opérés de l’abdomen survivront. Le 30, le Viet-Minh lance son offensive sur Dominique et Eliane, à l’est, et sur Huguette, à l’ouest. Tout le monde s’active, les prisonniers vietminhs, les prostituées devenues infirmières, les soldats de toutes origines qui contiennent encore l’assaut emmenés par les lieutenants de la Malène, Filaudeau ou Luciani. Brunbrouck fait tirer ses canons à l’horizontale, les vietminhs sont hachés. On lui donne l’ordre de laisser ses canons, il s’en fout, il se battra jusqu’au dernier obus. Il mourra, le dos défoncé par un obus de 105 mm. L’aviation réussit à larguer 94 tonnes de matériel médical. Après une contre-offensive française qui repousse les troupes de Giap, la chute du camp est inévitable. Le 1er mai, on combat dans la boue et la merde, les blessés sont éparpillés, les morts s’entassent. Un soldat vietminh témoigne, « je parle français. J’entends parfois des soldats adverses crier avant de mourir. Des frères d’armes illettrés me demandent : “Que dit-il ?” “Il appelle sa maman…Mourants, mercenaires ou colonialistes, ils sont comme nous, des jeunes hommes qui n’ont pas encore de femme et qui invoquent leur maman avant de s’éteindre. »

Le 7, les vietminhs ont été si étrillés, 8 mille morts et 20 mille blessés, qu’ils ne plantent pas leur drapeau sur le poste de commandement du faible de Castries. L’image a été montée après la guerre pour le documentaire du réalisateur soviétique Roman Karmen. Les photos prises lors du tournage ont été diffusées ensuite dans le monde entier. Se substituant à la réalité, cette scène devient le symbole de la victoire vietminh et des pays opprimés, contre le colonisateur. Les officiers prisonniers sont conduits vers le camp n°1 à 600 km des lieux du combat. La marche forcée et les conditions plus que rustiques du camp tueront 1/5ème des prisonniers français, perte « limitée » par la présence des médecins militaires. Aussi sur un total de 11 721 prisonniers, seuls 3290 reviendront vivants, soit un taux de perte de 72 %.

Dans le camp 113, moins hype, les prisonniers ont eux-mêmes débroussaillé le plateau et établit des constructions en bambou. Les cabanes, les bats-flancs surgissent sur fond de disette, de béribéri, de dysenterie et d’oedèmes, mortels dès lors que le poumon est touché. On va chercher le riz à la rivière, 25 kilomètres dans la journée et tout autour la jungle veille. 300 grammes de riz par jour, on boit de la goyave bouillie. Des gens tombent chaque jour, un, deux, trois, quatre, les cadavres se ramassent à la pelle. Un français est parmi les vietminhs. C’est un communiste, il s’appelle Georges Boudarel, il est chargé de l’éducation politique des soldats colonialistes. Quand on demandait à Boudarel la raison de la mortalité effarante qui régnait dans les camps vietminhs, il répondait par les conditions sanitaires et climatiques. Une réponse typique de bourreau sadique-kantien. Surtout ne pas flancher devant la mort des ennemis. Faire preuve de self-control, la Révolution n’est pas un dîner de gala. Marcel Cheignon, un ancien prisonnier, dira  « Boudarel c’est une mouche ». Les anciens prisonniers français sont polis, c’est la civilité qui veut ça. Dans son autobiographie, Boudarel évoque l’affaire du vol d’un œuf par un prisonnier. Il explique que les « dirigeants de la cellule menaçaient de couper le ravitaillement du convoi », ce qui revient à dire qu’une sentence de mort pesait sur les prisonniers. Mais, comme Boudarel est bon prince, il décida de demander à l’équipe de prisonniers de désigner le coupable qui fut renvoyé au camp. Il s’en serait sorti. Les frères Dardenne ne filmeront pas ce scénario.

Cet homme érudit, suffisant, psycho-rigide et cassant aurait conclu son séjour vietnamien par ses termes : « concernant les vietnamiens et leur lutte, je suis totalement d’accord avec eux. Mais pour le reste, au nom de l’organisation et de l’esprit de système, je pense que l’on a joué avec moi et cela ne se fera plus ».

En ce qui concerne Jeune Nation, l’histoire commence ainsi : En 1943, Pierre Sidos avait rejoint, à l’âge de 16 ans, le mouvement franciste, témoignant d’un attachement certain au nouvel ordre européen sous hégémonie allemande. Son père, François, héros de la grande guerre, ancien membre des jeunesses patriotes et ami de Pierre Taittinger, colonel, puis inspecteur général adjoint au maintien de l’ordre sous l’autorité de Joseph Darnand, avait combattu aux côtés des allemands afin de retarder l’avance des colonnes américaines qui rejoignaient la frontière du Rhin. Appointé par les services anti-maçonniques de l’amiral Platon, François Sidos était possédé par cette passion de l’intrigue et celle des listes à établir en vue d’identifier les ennemis supposés de la France. Aussi son autre fils, Jacques, fut accusé d’avoir combattu les maquis de Poitou-Charentes. Néanmoins, la phratrie Sidos est moins limpide qu’on ne l’imagine puisqu’un autre frère, François, avait rejoint les forces navales françaises libres en 1942 et débarqué en Provence an août 1944. Quant à l’aîné, il était mort durant les combats de mai-juin 1940 tandis qu’Henri, qui avait rejoint le corps des parachutistes, mourra en Algérie, en mars 1957. Quant à la seule fille Sidos, on ne trouve rien à en dire. La seule conclusion qu’on puisse tirer de ce portrait de famille bourgeoise c’est l’attachement à la politique, au signifiant France, à la guerre, qu’elle soit civile ou non.

Le 28 mars 1946, le père Sidos après un jugement lapidaire fut condamné à mort et fusillé tandis que Jacques écopait de 10 ans de travaux forcés et que Pierre était expédié au camp de rétention du Struthof où il rejoignit deux mille jeunes en instance de rééducation politique. La famille Sidos, à l’exception de François II, ingénieur commercial aux charbonnages de Haïphong, avait perdu tous ses biens, confisqués en vertu de la loi sur l’indignité nationale. Puis les deux lois d’amnistie de 1951 et 1953 les réintégrèrent dans le giron commun où ils se firent une spécialité de se déclarer les véritables martyrs des années sombres.

Outre ses amis Pierre Louis, engagé à 20 ans dans la Waffen-SS et André Cantelaube, ancien franciste, Pierre Sidos rencontre dans le camp du Struthof un militant autonomiste breton, Marcel Bibé qui l’aurait initié aux arcanes de la Croix celtique. Plus tard, on trouvera dans le bulletin de Jeune Nation, la présentation suivante de ce logo, « nos ancêtres celtes donnèrent du soleil, symbole de la vie universelle, une représentation schématique reproduite sur les casques, les monnaies, les enseignes et dans la décoration en général. Sous diverses formes, l’image de la course solaire est donc notre emblème national le plus ancien ».

Lorsqu’il sort de cet antre, en août 1948, il prend contact avec son frère François et s’engage dans le travail du cuir auprès des tanneries Sueur de Bagneux.  Lui-même s’installe rue Saint-Martin, à Paris. Il fréquente le salon de Jeanne Pajot qui accepte de financer la première plaquette de Jeune Nation. Lancé en octobre 1949, le mouvement est enregistré en préfecture, le 28 mars 1950. Sa ligne est celle de la défense de l’Empire combinée à l’héritage maurrassien et bonapartiste.

De fait, on retrouve des membres de Jeune Nation lors des conférences de Nation et Progrès, dont le principal animateur fut Charles de Jonquières qui se prenait pour une sorte de Rivarol racialiste, et à l’occasion des élections législatives de juin 1951, où certains se présentent sur les listes UNIR (Unité Nationale et des Indépendants Républicains). Toujours passionné par la confection de listes de patronymes, Pierre Sidos publia dans son bulletin d’informations, Peuple de France et d’outre-mer, sous le titre « Quand Israël est roi…de France », une liste des titulaires des principaux départements ministériels et services officiels dont le nom sonnait quelque peu « youpin » : Mayer, Bloch, Kahn, Hirsch, Ben Kaled et d’autres, eurent donc droit à une publicité gratuite à propos de la conjuration juive.

Mais le véritable tremplin du mouvement fut la lutte anticommuniste et la déconfiture de l’armée française en Indochine. En effet, le mouvement recruta ses troupes parmi les soldats perdus radicalisés qui avaient rejoint le groupement pour la défense de l’Union Française (GSUF) ou l’Association des amis des combattants d’Extrême-Orient. Ainsi, le 4 avril 1954, des militants de Jeune Nation, infiltrés parmi des anciens combattants en tenue, giflent publiquement, sous l’arc de triomphe, le président du conseil Joseph Laniel et son ministre de la Défense, René Pleven, tandis que le 8-9 octobre, une camionnette de livraison de l’Humanité fut interceptée de manière assez musclée puisque son chauffeur, Georges Goulley, mourra des suites de ses blessures. Action qui conduisit Jacques Sidos devant le juge. Alors que le mouvement connaît un net déclin puisqu’il passe, selon les RG, de 4 à 500 militants en 1954 à une cinquantaine en 1955, un premier congrès a lieu, le 11 novembre 1955. Le Congrès charge alors Dominique Venner, officier volontaire en Algérie, de monter un camp-école.

L’intervention soviétique en Hongrie va permettre un premier renouveau puisque Dominique Venner réussit à galvaniser des milliers de personnes parties à l’assaut du siège du PCF, qui fut mis à sac, tandis que celui de l’Humanité résistait à l’attaque. On comptait quatre morts et un nombre indéterminé de blessés. L’année suivante ce fut la fête de l’Huma qui fut prise pour cible. Dans le même temps, Dominique Venner développe les réseaux de Jeune Nation en Afrique du Nord recrutant parmi les milieux étudiants et militaires. Comprenant parfaitement le double-jeu anglo-américain à propos de l’Algérie, les troupes de Jeune Nation provoquent, en novembre 1957, des heurts violents aux alentours de l’ambassade américaine. L’impact est tel que le New York Herald titre, « émeutes devant l’ambassade des Etats-Unis ». Si les banderoles proclament qu’il faut défendre l’armée française partout où elle se bat, Jeune Nation, comme les gaullistes, les poujadistes et l’ensemble des « nationaux » visent la chute du régime parlementaire, ce « système » honni.

Seulement dans cette course au pouvoir les plus réalistes ne sont pas ceux qu’on croit. Paul Sérant, lucide, écrit, en 1958, « le fascisme français appartient au domaine des rêves. La première raison c’est qu’il n’est pas de fascisme sans chef. De plus, le fascisme suppose un climat nationaliste qui correspond mal à celui de l’après-guerre ». Or, en décembre 1956, Charles de Gaulle, qui n’était pas fasciste, déclarait au correspondant du New York Times : « il faut que s’installe d’abord un certain chaos. Ce régime a été fait contre moi. Il ne peut donc appeler de Gaulle pour se sauver. De Gaulle n’est pas disposé à sauver ce régime », ajoutant « on ne peut pas faire de coup d’Etat si l’opinion publique ne le demande pas ». Aussi, on allait se servir, entre autres, des militants de Jeune Nation pour porter de Gaulle au pouvoir parce Pierre Sidos n’était pas un chef et que le nationalisme d’ancien style avait péri avec Vichy. De nombreuses personnalités adhèrent alors : François Duprat, Amaury de Chaunac-Lanzac, alias François d’Orcival, Robert Martel, Jean-Jacques Susini, Philippe Sauvagnac, Jean-Luc Cazettes, Jean-Charles Marchiani.

Dissous, par le dernier gouvernement de la IVème République, Jeune Nation est sur la sellette. Aussi, Pierre Sidos obtient un rendez-vous avec Yves Guéna, directeur de cabinet de Michel Debré, alors ministre de la Justice. On lui prodigue quelques assurances. Néanmoins, afin de perpétuer le mouvement, une Société de presse et d’éditions de la croix celtique est créée et reçoit les conseils avisés de Noël Jacquemard, un professionnel. Le « Conductoire » de Jeune Nation décide donc de lancer un journal portant le nom du mouvement, désormais interdit. Henry Coston propose alors au périodique une aide matérielle ainsi que les bonnes feuilles de son best-seller, les financiers qui mènent le monde. Jacques Ploncard d’Assac, réfugié au Portugal et ancien du service des sociétés secrètes fait de même. On trouve aussi, parmi les soutiens du journal, un homme assez singulier, le franc-maçon Jean-André Faucher. Celui-ci est en contact avec la maison Albertini, mais aussi avec Jean Baylot qui dirige l’aile droite du parti radical et fut l’adversaire implacable du PCF et de François Mitterrand qu’il tenta de compromettre lors de l’affaire des fuites, en 1954. Or Faucher est apparenté au mythe errant.

Hostile au pouvoir gaulliste, Jeune Nation se transforme, brièvement, en parti nationaliste. Mais le gouvernement rend coup pour coup. En une année, on compte 450 interpellations, 76 inculpations, 180 perquisitions et 15 arrestations. Néanmoins, on poursuit, sans la connaître, la stratégie évoliste d’alliance avec les corps « sains » de l’Etat et de la société : étudiants activistes, militants nationalistes, membres présents ou passés des régiments d’élite, corps des officiers, anciens épurés. Parallèlement, la ligne qui vise à combattre le parti communiste se poursuit puisqu’une enquête sur l’assassinat par six militants d’un ouvrier tunisien près de Marseille aboutit au démantèlement d’une cellule responsable d’une série d’attentats contre les permanences communistes de la ville et de sa banlieue. Jeune Nation rassemble alors près de 4 mille militants actifs à Paris, Lyon, Marseille et Alger.

Après la journée des barricades de janvier 1960, où les militants nationalistes algérois sont en pointe, l’ensemble du staff de Jeune Nation plonge dans la clandestinité laissant aux « jeunes » le soin d’émerger publiquement, en avril de la même année, sous l’appellation de Fédération des Etudiants Nationalistes (FEN). Dès lors, Pierre Sidos, bien qu’actif dans les rangs de l’OAS-métropole, va perdre la position centrale qu’il avait occupée pour voir passer les trains de la mutation en cours des droites radicales. Il se survit dans l’œuvre Française et son périodique le Soleil, abonné aux bons de caisse des régimes arabes et à la lutte contre le « sionisme ». Comme le disait un ancien militant de l’œuvre Française : « Pierre Sidos voit arriver des jeunes prolos hyper-racistes, qui veulent bouffer du négro. Il leur explique que l’ennemi n’est pas le balayeur noir du coin de la rue mais tout ce qui nuit à la nation française. Il leur fait lire les 200 familles de Coston. Les prolos comprennent vite. Ils commencent à manger du sioniste […] Pierre Sidos est un brave exalté national-catholique, à la mode franquiste, très respectueux des formes et pas révolutionnaire du tout […] Il mène un mouvement bien traditionnel, avec insignes émaillés, brochures luxueuses et chant officiel […] Tout ce qui l’intéresse, c’est son mouvement, sa collection de croix de fer allemandes et que son fils soit reçu à Saint-Cyr », un boutiquier en somme.


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