Publié par : Memento Mouloud | septembre 3, 2014

Ebola est-il raciste ?

mario balo 7

D’ici le 24 septembre prochain, le nombre de personnes touchées par le virus Ebola en Afrique de l’Ouest pourrait dépasser 10 000, et pourrait atteindre plusieurs centaines de milliers dans les prochains mois, selon une modélisation réalisée par Alessandro Vespignani, professeur de physique à l’université Northeastern, à Boston. Le bilan de l’épidémie est évalué aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à 3 069 cas et 1 552 morts, la mortalité globale de l’infection étant estimée à 52 %. On ne voit jusqu’ici aucun signe de ralentissement de l’épidémie : plus de 40 % des cas actuels sont survenus pendant les trois dernières semaines, la majorité au Libéria. Le physicien souligne que son modèle, qui extrapole les tendances depuis juillet, est basé sur l’hypothèse que les moyens mis en œuvre pour contenir l’épidémie ne sont pas augmentés. « Si l’épidémie au Libéria continue au rythme actuel jusqu’au 1er décembre, le nombre total de cas dépassera 100 000 », confirme l’épidémiologue Christian Althaus, de l’université de Berne, qui a lui aussi modélisé la progression du virus en Afrique de l’Ouest.

La situation reste critique au Libéria, où le nombre de cas a triplé depuis début août, et gravissime en Sierra Leone, où il a été multiplié par 1,6 – alors même que l’on estime que jusqu’à trois cas sur quatre ne sont pas détectés. Par ailleurs, on ne sait pas exactement à combien de personnes en moyenne un sujet infecté transmet le virus.

Le virus a causé une véritable hécatombe parmi le personnel médical : plus de 240 travailleurs sanitaires ont été infectés, dont la moitié sont morts. Symbole de ce lourd tribut payé à l’épidémie, une étude pionnière sur la génétique du virus vient d’être publiée dans Science, alors que 5 de ses 58 co-auteurs sont morts de l’infection à Ebola, avant que l’article ne paraisse. Tous les cinq travaillaient à l’hôpital-mouroir de Kenema, en Sierra Leone, où a été collectée une grande partie des échantillons utilisés pour analyser les gènes du virus.

A partir d’une jeune femme, premier cas de fièvre Ebola identifié en Sierra Leone, on peut retracer la genèse de la propagation. Lorsqu’elle est entrée à l’hôpital, le virus Ebola était déjà présent en Guinée depuis des mois. Des médecins se sont rendus dans le village où habitait la patiente. Ils ont découvert qu’elle avait assisté aux funérailles d’un guérisseur traditionnel, lequel avait soigné des patients de Guinée – le village se trouve près de la frontière entre les deux pays. Les auteurs de l’étude ont retrouvé la trace de 13 autres femmes qui avaient assisté à l’enterrement et ont été infectées. En effet, la transmission du virus se fait facilement par le contact avec du sang, de la sueur, de la salive contaminés. Or les traditions funéraires de la région sont à haut risque. Rémi Barroux, journaliste au Monde, racontait le 1er août que les familles viennent embrasser et toucher le corps. Quand les équipes médicales sont éconduites par les villageois et qu’ils enterrent leurs morts comme ils l’ont toujours fait, la diffusion d’Ebola continue.

Le Monde rapportait des scènes de tension à l’arrivée des soigneurs et des observateurs dans un village de Sierra Leone, où un décès suspect avait été signalé. « Ebola, c’est pas ici, nous on veut rien avoir à faire avec tout ça » avait lancé un homme. L’équipe, composée de membres de Médecins sans frontières (MSF) et de l’OMS, était repartie sans la dépouille. Au Liberia, en août, 17 patients s’étaient échappés d’un centre de soin après l’attaque d’un groupe armé affirmant « ne pas croire » à Ebola, comme ils n’avaient pas cru au Sida mais à la seule efficacité des chargeurs.

L’analyse génétique confirme que ces patientes sont à l’origine de l’épidémie en Sierra Leone. Elle montre aussi que deux souches différentes de virus ont été introduites de Guinée en Sierra Leone à peu près en même temps. Il se peut que le guérisseur ait été infecté par les deux, ou bien qu’une personne présente à ses funérailles ait été infectée indépendamment.

L’étude génétique apporte aussi un éclairage sur l’origine de l’épidémie. Le virus s’est transmis de l’animal à l’homme, en Guinée, probablement une seule fois, avant de se diffuser chez l’homme. Il n’y a sans doute pas eu de transmissions répétées du réservoir animal à notre espèce. Ce réservoir animal n’est pas connu avec certitude, mais l’hypothèse retenue est qu’il s’agit d’une espèce de chauve-souris frugivore.

Les précédentes épidémies de virus Ebola se sont produites en Afrique centrale, et son apparition en Guinée a constitué une surprise. L’analyse des séquences de virus de Sierra Leone conduit à imaginer le scénario fragile du transport du virus, venu d’Afrique centrale par une chauve-souris frugivore, au cours de la dernière décennie. On connaît au moins une espèce de chauve-souris présente dans les deux régions africaines. Il n’y a cependant pas encore de certitude, du fait que l’on n’a pas réussi à isoler le virus sur une chauve-souris, mais seulement à détecter des signes indirects de son passage.

L’analyse réalisée par Stephen Gire et ses collègues montre aussi que le virus a muté au cours du développement de l’épidémie. « C’est la première fois que l’on peut observer l’évolution réelle du virus Ebola chez les humains », dit Sylvain Baize, de l’Institut Pasteur de Lyon, dont l’équipe a séquencé les premiers échantillons de virus de Guinée, en mars dernier. Le taux de mutation du virus est double de ce que l’on a mesuré dans les précédentes épidémies. Cela pourrait permettre au virus de s’adapter pour continuer à se propager. Aussi les résultats d’un autre séquençage prouvent que les épidémies d’Afrique de l’Ouest et de RDC sont indépendantes l’une de l’autre.

Pour les gens d’Afrique de l’ouest, MSF (Morts Sans Frontières) est associé à l’agonie plus qu’aux soins. Subissant jets de cailloux et menacés de coups de bâton, les soigneurs font les frais des rumeurs qui indiquent qu’entre les mains des médecins-succubes, beaucoup d’humains ne s’en sortent pas car le diable et ses esprits sont retors. Dans le monde occidental, les membres de MSF jouent la dramatisation qui s’appuie sur des modélisations qui donnent la catastrophe sanitaire pour certaine mais évitable, le même paradoxe qui régit les guerres mondiales et les « accidents » chimiques ou nucléaires. Cette méfiance envers l’extérieur n’est pas propre à l’Afrique. « Au XIXe siècle, en France, des familles cachaient des malades du choléra pour que les autorités ne viennent pas s’immiscer dans leur foyer » explique à La Croix Patrick Zylberman, professeur d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique. C’était en 1832.

Jeune Afrique a répertorié des décisions prises par des Américains ou des Asiatiques vis-à-vis des Africains zombifiés. Ici, un pub coréen bannit les clients Africains. Ailleurs, les basketteurs américains bien connus pour leur blancheur annulent un déplacement à Dakar. Des employés d’une compagnie d’assurance thaïlandaise ont même vu leur voyage en Afrique du sud annulé, sous prétexte « qu’Ebola se trouve en Afrique ». Pour Jeune Afrique, qui rappelle que l’épidémie ne touche, officiellement, que 4 pays sur 54, les « raccourcis » et la « confusion » alimentent l’inquiétude, au risque de nourrir un racisme pur et dur, on peut d’ailleurs se demander si les virus, eux aussi, ne sont pas racistes. En revanche, Jeune Afrique ne se demande jamais si ce supposé racisme ne relève pas du même processus mimétique de panique qui conduit la Malaysia Airlines à la ruine.

RFI / Mediapart / L’Express / BAM


Responses

  1. Bonjour Memento,
    Comment va ? Bonnes vacances ?
    En tout cas si vous me pardonnez ces familiarités, je suis content de vous relire.

    Je me permet de ramener ma fraise sur le sujet car beaucoup de choses me heurtent où coincent un peu.
    Précisant toutefois que je ne suis pas médecin, juste un consommable qu’on aurait envoyé en combi si quelqu’un trouvait une application utile au genre de fléau que vous évoquez.
    La mortalité annoncé de 50% d’abord.
    En afrique je parle, car les malades au USA en 5 jours ils marchent, donnent des interview font des bisous a la familles, passons… Moi, des docs que j’avais eu, on parlait de plus de 80, 90%. Je sais la médecine n’est pas une science exacte mais la différence est assez importante, surtout vu les moyens, le climat et le contexte.
    La réaction.
    Grippe aviaire, les flics couraient après le moindre cygne qui se posait place d’Italie -véridique-, tout le monde devait se faire vacciner une fois et demi pour écouler les stocks et c’était la fin du monde.
    Résultat : moins de morts que pour une grippe « normale » un hiver a New-york.
    Là, présentement…Ben rien. On annule tardivement quelques vols air-france sous la pression des syndicats ou plus simplement du personnel qui déserte. Et rien. Je veux bien que cela fasse partie d’une stratégie de contrôle anti-panique mais vu la menace, c’est vraiment vraiment rien !
    L’action du virus. Normalement transmissible uniquement par contact, le personnel soignant local tombe comme des mouches ! Je veux bien que l’indolence africaine et le manque de moyens expliquent peut-être un ou deux cas mais les types ont quand même un instinct de survie assez développé. L’acceuil à Atlanta, au CDC, aussi ! Les mecs en combi individuelle climatisée, le plus haut niveau de protection lar-ge-ment dispensable pour le mode de propagation « normal ». La micro-saloperie aurait-elle mutée ou serait-ce autre chose ? Deux épidémies indépendantes. Dans la même région, aux mêmes dates ou presque ? Vraiment pas de bol.
    Je n’arrive pas a déterminer si c’est une brique naturelle de l’effondrement de notre société reçue en plus sur le crane, une construction -forcement- débilo complostiste, le cour naturel de la vie…
    Si kobus de passage pouvait nous éclairer peut-être…

    Sinon. Bien à vous.

    P-S : Vous vous rappelez de notre scato en uniforme ? Rassurez vous, protection confirmée, il va très bien, sans suites pour lui.

  2. Bonjour Ag, et merci pour le rappel des vacances.

    Sur les études épidémiologiques, il me semble qu’ils n’en connaissent pas la morphologie exacte (combien de personnes atteintes, en combien de temps, quel taux de mortalité) donc les pourcentages me paraissent, comme à vous, douteux.

    Ensuite, il me semble que les occidentaux résistent mieux que les africains au virus pour deux raisons : leur résilience est plus forte (facteur sans doute génétique comme pour le sida et épigénétique parce que des générations de mal-nourris et de déracinés n’ont pas la même résistance que des générations bien nourries) et le dispositif médical est complet et réactif, on n’est pas dans la médecine d’urgence.

    Toutefois je vous rejoins, nos informations sont tronquées ne serait-ce que sur le coup de la chauve-souris migratrice

  3. Très intéressant post et commentaires. Merci.

    Je ne suis pas vraiment spécialiste – loin de là- mais en revanche, j’ai appris que le virus ne se transmet pas directement de la chauve-souris à l’homme (les morsures étant plus que très rares).

    En effet les hommes contractent le virus (ou le contracteraient) suite à l’ingestion des animaux de brousse (comme le singe) consistant une bonne part de leur alimentation. Ces animaux étant préalablement infectés par les déjections des chauves-souris sur les fruits, etc… (comme elles vivent en haut des arbres). Ces chauves-souris sont (ou seraient capables) de parcourir des dizaines de kilomètres. Telle est la théorie du passage d’Ebola du Congo à l’Afrique de l’Ouest ! En aucun cas, la chauve-souris ne peut-être un animal migrateur.
    Et question gastronomie, pour avoir fait de l’un de ces spécimens frugivores l’un de mes dîners il y a quelques années, elle ne peut pas nourrir une famille africaine pour un repas.

    Enfin élément non négligeable, ces chauves-souris sont des animaux « préhistoriques » et « porteurs sains » de nombreux virus assez incroyables (elles ont eu le temps depuis cette époque de développer une série d’anticorps fascinants) possèdaent la caractéristique de ne pas développer… de cancer ! A ce titre, de nombreux chercheurs (et donc laboratoires) s’intéressent aux plus haut point à leur métabolisme…

    Ce que j’ai également appris et qui me semble intéressant est que (comme de nombreux virus), personne ne meurt d’Ebola.
    En fait, il faut soigner une classique dysenterie, une forte fièvre, une déshydratation. Les très forts taux de mortalité s’expliquant par une prise en charge tardive, un système hospitalier défaillant, un mauvais état général préalable.
    Il semblerait aussi qu’une personne préalablement infectée et survivante deviendrait un porteur sain ayant développé ses propres anticorps.

    • Bonsoir Cliff,
      Il me semble que si, Ebola est en lui même mortel. La fièvre et donc la déshydratation en sont les conséquences secondaires mais l’action du virus se traduit par, si ma mémoire est bonne, une destruction des muqueuses dans des proportions plus importantes que la dysenterie (d’où la diarrhée..). Donc pétéchies, larmes de sangs et hémorragies internes. Je crois que c’est un peu le risque d’ailleurs de confondre le truc avec une « simple » dysenterie.
      Bien sur vu la charge que se prends l’organisme pour la moindre des saloperie de passage c’est open bar.

      • D’ailleurs Ebola est une fièvre hémorragique qui déclenche (notamment) les diarrhées

  4. Merci Cliff pour vos informations et j’ajouterai que le problème du virus Ebola est moins le virus (dont les taux de mortalité effarants devraient stopper la progression et l’extension faute de candidats à la propagation) que l’état déplorable de l’administration des populations en Afrique de l’ouest après la désagrégation quasi-complète des Etats de la région suite aux ajustements structurels du FMI, à la corruption endémique des gouvernants et aux guerres civiles en chaîne. Je me souviens d’avoir vu et entendu, il y a quelques jours, Jacques Attali sur BFM ou I-TV nous dire que l’Afrique était l’avenir, le continent des espérances, je propose de le parachuter sur Monrovia, seul avec sa bite et son couteau puis de saisir ses impressions.

    • Sa bite et son couteau ?
      Et son pantalon à jambe unique !

  5. Aussi, Kobus

  6. Pour la situation africaine…
    Lors des différentes formations pour évoluer en sac-poubelle amélioré toute saison, les formateurs avaient bien entendus été inondés de questions inquiètes de ceux qui avaient signés pour une semaine de stage au chaud hors boulot habituel, plus près de la maison, qui découvraient un peu le sujet.
    Je me rappelle encore de la réponse rassurante et pleine de confiance :
    « De toute façon, quel que soit le problème NRBC, tant que vous ne voyez pas l’armée prendre la main sur le cours des opérations, c’est bidon comme menace et vous ferez plus de l’esbroufe pour impressionner la population qu’autre chose ».

    Septembre 2014.
    Libéria.
    3 000 soldats, US -!-, déployés.
    Et pour le coup, je ne crois pas que ce soit un prétexte pour planter le drapeau et quelques tentes..

  7. De source sûre, Ag, je vous donne cette petite information. Les voyageurs à destination du Mali sont « contrôlés » lors de leur entrée aéroportuaire à Bamako. En revanche, les voyageurs à destination de la France, ne le sont pas. Conclusion : Ebola c’est un peu comme le nuage de Tchernobyl, il n’existe pas en deça des Pyrénées

    • Ouai c’est çà.
      Le lendemain du sinistre les gendarmeries avaient l’ordre de débrancher le bidule de veille radiologique.
      Défectueux paraissait-il.
      Forcément pour les mesures…

      • Remarquez c’était bien joué, ça leur a évité un procès parallèle à ceux de l’amiante et du sang contaminé

  8. Pour Information: comment fut jugulée l’épidémie en 1976 au Zaïre:

     » Mise en place rapide de mesures de quarantaine avec isolement complet par l’armée zaïroise de la province de Bumba regroupant 275 000 habitants.
    – Coordination des efforts des équipes nationales et de l’aide internationale avec réquisition des professionnels de santé zaïrois pour lutter contre l’épidémie.
    – Fermeture de l’hôpital de Yambuku après que 13 membres du personnel sur 17 aient été contaminés (dont 11 sont morts).
    – Création d’une force d’intervention sanitaire articulée autour d’équipes de 4 personnes (dont un médecin ou une infirmière) destinées à identifier et à isoler les malades dans les villages de la région ; 550 villages furent ainsi visités au moins deux fois en 2 mois, les 55 villages effectivement touchés par l’épidémie étant inspectés trois fois.
    – Précision rapide, avec des moyens limités, du temps médian d’incubation (6 jours après injection, 8 jours après contacts interpersonnels avec des extrêmes allant de 1 à 21 jours) et de la durée maximum de contagiosité permettant d’établir des règles de quarantaine.
    – Opération de communication auprès des populations pour limiter les risques de transmission lors des funérailles traditionnelles et pour faire accepter les nécessités de l’isolement des malades.
    – Utilisation dans la lutte contre la maladie de certaines coutumes locales pour identifier les sujets contacts, ceux-ci étant facilement repérés car les villageois endeuillés se rasaient la tête.  »

    source:Breman J et coll. Ebola then now. N Engl J Med 2014

    Eh oui! Mais dans les lunettes « humanitaires » actuelles, qui oserait ne serait-ce qu’effleurer le concept d’ « isolement complet par l’armée »?

    • Cohérent. C’est toujours la doctrine.
      Remarquez à part çà il n’y a guère que la vitrification.

  9. Merci pour la source, Hippocrate, ce serait, en effet, qualifié d’acte authentiquement faciste

  10. Petit complément: L’article original peut être trouvé sur ce site:

    http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMp1410540

  11. « Both were caused by Zaire ebolavirus 2 and began in rural forest communities, where wild game is hunted for food »

    J’aime beaucoup le wild game

  12. Ptite digression sur le terme « game ».
    Nos amis britanniques ( puis par extension le mode anglophone) emploie le terme « game » dans le sens commun de « jeu », mais également dans le sens de « gibier » ( « wild game », « dangerous game ») comme si le seul véritable « jeu », celui qui vaille la peine, était la chasse ( propédeutique aux arts de la guerre s’il faut en croire Xénophon et d’autres)

  13. l’homme comme prédateur, ou plutôt l’hominisation comme prédation, c’est subtil


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