Publié par : Memento Mouloud | septembre 4, 2014

Merci pour la sangria

German Chancellor Angela Merkel and French President Francois Hollande

François Hollande comme tous les dirigeants contemporains a recours à une politique de l’image, sa singularité, toutefois, tient en ce qu’elle évacue toute dimension glamour, qu’elle apparie l’envie et le dégoût et qu’elle ne cesse de s’effondrer sur elle-même comme un film raté, une nuit américaine dont on ne trouverait ni le chef-op, ni les maquilleuses, ni le story-board, ni les assistants, ni les principaux acteurs, ni les figurants et jusqu’au réalisateur dont on chercherait en vain la signature au générique.

En premier lieu, le visage de François Hollande est d’une inexpressivité rare. On me dira que c’est là le trait des stars, évacuer tout référent, être un signe absolument vide offert en tout à tous, arpenter la scène du monde en fétiche. Néanmoins, une telle qualité n’est possible que dans les teintes ambigües où les pôles masculin/féminin s’échangent, cas du glamour, là où les signes de la féminité sont hystérisés, cas des travelos, lorsqu’un être feint la disponibilité, cas du sex-symbol, voire lorsque les marques de l’envie dévoilent en chacun le point où la morale est désarmée, où le désir d’être un autre est à ce point à nu, que la honte s’efface derrière l’admiration du surhomme de pixels et de celluloïd.

Ces quatre cas ordonnent une disposition psychotique où l’être aimé des foules poursuit la perfection de son image publique, ne cesse de la reproduire et de la varier, dans sa propre déchéance intermittente, à la fois obscène et corporelle (cas de Marilyn) ou dans une attention hygiéniste de tous les instants (cas d’Obama ou de Berlusconi).

Hollande échappe à cette disposition mais son corps ne cesse d’encaisser, il gonfle, un mimétisme mitterrandien compulsif gangrène ses conférences de presse, il lui arrive de chercher l’issue, mais rien ne l’atteint vraiment. La névrose du président en fait un personnage paradoxal, tant la droite peine à convaincre l’opinion qu’elle tient là un danger car ce pantin lui ressemble, c’est le visage de la démocratie. Jamais un président n’a été autant méprisé alors qu’il était si peu maître de ses faits et gestes. La droite n’a toujours pas compris qu’on ne cogne pas sur un être déphasé, on l’ignore en pointant son impuissance.

Une sorte de comique involontaire et acide parcourt son quinquennat si bien que le dégoût dont il est le bénéficiaire est un peu celui qu’on attribuerait à une doublure qu’on aurait propulsé sur les tréteaux en vue d’anéantir la carrière d’un metteur en scène ou de ruiner un directeur de théâtre, à ceci près que la pièce en question est réelle et qu’elle porte sur le devenir de la France et des français qui semblent assister au naufrage de très loin, comme s’ils observaient, avec un mélange de pitié et de condescendance, la faillite d’un voisin dont les huissiers s’apprêtent à saisir les meubles.

Bien sûr certains profiteront de la vente aux enchères mais ce que les français ont du mal à comprendre, tant une sorte d’incrédulité baigne ce règne soporifique, c’est que ce sont leurs effets qu’on expose. Comme le dit Barbara dans sa chanson, « ce que vous vendez là c’est mon passé à moi »

Hollande a voulu jouer Monsieur propre, il a emprunté l’ombre de Mister Chance, il s’est donc voulu un petit-fils spectral, celui du fantôme de l’homme de gauche. Autant dire un courant d’air. La nuit des LGBT était moins la célébration des ami€s que celle de sa réussite, de son Nirvana enfin atteint. Il avait sa peine de mort à lui, il était entré dans l’Histoire. « Regardez-moi jouir de la victoire » semblait dire, l’homme qui voulait être gentil.

Pendant ce temps, le président cocufiant et quasiment humilié par Madame Trierweiler, eut à cœur de multiplier les péans de victoire, avec Julie Gayet En guest star dans la salle des pas perdus des cours de justice. Avec Manu, il semblait dire « il fait envie, la France suit, la France bouge, enrichissez-vous mes frères c’est la loi et les prophètes, il n’y en a pas d’autres ». Des échos vinrent tout de même lui dire que si.

Ce furent donc les aplatissements devant l’oncle Sam, « moi aussi je suis atlantiste les gars », Morelle à l’Elysée, « je suis  de gauche vous savez », Montebourg viré, « je vomis en couleur comme vous », Jouyet comme secrétaire général, « un vrai Juillet celui-là, normal pour un corrézien adoptif ».

Son Travaillez plus pour payer plus d’impôts, fut le Yes we can du président Hollande. Une formule vide comme toutes les formules, un leitmotiv assaisonné d’emprunts à Jaurès ou Blum, d’images du candidat juché sur un balcon ou une estrade s’adressant au populo, le grand soir de ceux qui se lèvent au petit matin, antithèse des gitans que le ministre de l’Intérieur se promettait de classer à part de l’humanité étiquetée sur un code-barre.

Le président de l’honnêteté eut à cœur de pérorer à propos des salauds, une sorte de fable qui dessinait en creux les poteaux d’exécration où se fichaient les têtes de nœud du frontisme revanchard et de la droite néo-chiraquienne corrompue. Avec Cahuzac et les autres ou les cirages de Monsieur Morelle et les transfuges de la haute banque, l’édifice n’est même plus branlant, il implose, comme ces cités en rénovation où les locataires assistent, interdits, à la destruction de leurs anciennes tours, comme si ce monde n’était plus capable que d’amnésies et de mises en bière, alternant la page blanche et le Musée.

Hollande s’est voulu le président de l’énarchie et de la noblesse d’Etat, partant du principe que celui qui ne réussit pas le concours de sciences-po n’existe pas. Sa stratégie d’ouverture au patronat n’était qu’une autre manière d’exalter sa hardiesse, son art de la persuasion, son culot, sa séduction, une manière de réaffirmer sa virilité mise à mal par le rôle ingrat qu’il avait endossé. Il fallait donc un autre publicitaire pour défaire le philtre qui tenait penaud, le Merlin de Tulle avec sa fée Najat sortant toutes perles dehors d’un car de tourisme, le sourire aux lèvres. Il fallait dire à tous, c’est le sens de sa modestie, qu’il appartenait bien au sel de la Terre, au peuple élu des gagneurs, il fallait que tous sachent qu’il était un homme, un vrai, un conquérant. Car dans tout homme, un imbécile sommeille, comme dans toute femme,  une conne est toujours prête à servir son homme jusqu’à l’abnégation.

Il suffit de parcourir le livre consacré par la pauvre Trierweiler à son amant. Pas une seule fois, celle-ci ne nous parle de détails concrets, de vraies séances de travail, de la tambouille des réunions et des échanges avec tel ou tel parterre, de l’hygiène de vie du président, de ses lieux préférés, des intérieurs qui sont les siens, de son entourage, de la fréquence délirante de ses déplacements, de la manière dont il tient le coup.

Trierweiler applique ce qui réussit, cracher sur la supposée élite du point de vue du valet ou de la courtisane congédiés à ceci près que, dans une démocratie, tous ont une âme de valet et de courtisan. Elle met son public de classe moyenne mal dégrossi dans la poche, elle l’entend rire satisfait de son bon sens. En conclusion, elle éprouve le ravissement d’une distinction paradoxale, haïr l’homme avec qui elle a vécu pour se trouver belle dans le miroir de la répudiation publique. De la reine à la pouffiasse il n’y a jamais qu’un pas à franchir. Cela nous ne le savons depuis Blanche-Neige. Ce que nous apprend Trierweiler, c’est que la conne sommeillant en elle a voulu percer le mystère Hollande et celui de la bêtise démocratique, ce vieux mythe qui veut que derrière la façade de l’homme public, de l’homme au travail, il y ait toute la complexité d’une personnalité fascinante et bien sûr une petite faiblesse attendrissante aux prises avec la volonté du peuple. Or au mieux, il n’y a qu’un autre masque, au pire, le vide sidéral où s’épuisent tous les signes. Le masculin lui échappe parce que le Phallus dressé, c’est toute une vérité, à la fois cruelle, sauvage et nécessaire, elle anéantit toute psychologie.

Et Hollande alors ?  Il continue d’errer sur l’écran sans bien voir qu’assis sur un trône, il ressemble encore à un égaré, que ses blagues éculées, son insignifiance bonhomme, sa démarche composent le portrait du parfait pigeon, si un jour les français se décident à régler leur compte au « système » autrement qu’en déposant des bulletins de vote inutiles et en marchant dans les rues en entonnant le tous ensemble.


Responses

  1. Heureux de vous voir en forme !

  2. Il faut se maintenir, je vous conseille une lecture des petits poèmes en prose de Baudelaire, vous verrez, c’est tonique

  3. Excellent portrait.
    Une remarque me vient à l’esprit : Mocron est la dernière réussite de notre sélection par l’énarchie !
    J’apprends qu’il a épousé le professeur de son adolescence qui a 20 ans de plus que lui (36+20=56). J’avoue avoir un faible pour les belles dames de 56 ans … mais j’en ai 15 de plus !
    Un jeune garçon amoureux de son prof, c’est fréquent.
    Mais en arriver à l’hymen, cela me semble assez étrange !

  4. Grandiose !!!!!!…vous me manquiez !!!!
     » parfait pigeon  » et  » belle dans le miroir de la répudiation publique  » …faudrait les encadrer !!!

  5. René,

    Manu a dit qu’il n’avait pas le temps pour écrire des livres de philosophie ou vivre en philosophe, n’est pas Socrate ou Platon qui veut ; alors que banquier d’affaires, quelques relations suffisent. Je ne m’étonne pas qu’il ait choisi une autre maman pour le conduire par la main au milieu de la forêt obscure. A moins, autre hypothèse, que son goût des femmes mûres rejoigne celui de Baudelaire dont la dilection incestueuse envers une mère qui s’était marié avec un homme qui aurait pu être largement son père allait jusqu’à lui fixer des rendez-vous au milieu du Louvre, en lui disant, c’est le seul lieu décent pour une femme honnête, un peu comme s’il causait à une maîtresse.

    Pour le lieutenant Péguy mort à la tête de ses troupes et pour les 1,5 millions qui sont tombés pour la France, je me réfère toujours à Bernanos, les hommes politiques français sont incapables de gagner la paix (et depuis toutes les guerres) mais imbattables pour sacrifier leur peuple et la France sur l’autel de leurs ambitions minables.

    Merci Chris

  6. Tenez René, je vous offre un rajout sur Manu :

    Il s’est marié en 2013 avec Brigitte Trogneux (Brigitte Auzière selon le Nouvel Obs dont le rédacteur doit penser qu’une fois mariée on garde éternellement le nom de son mari, même après le divorce et éventuellement post-mortem), issue d’une grande famille de chocolatiers d’Amiens. Le mariage se déroula au Touquet, en présence notamment de l’ancien Premier ministre Michel Rocard rapporte La Voix du Nord. « Il habite une villa dans l’avenue Saint-Jean avec sa femme. Il vient se ressourcer au Touquet tous les week-ends. D’ailleurs, c’est là qu’il vote » raconte le conseil municipal Jacques Coyot. Une épouse de vingt ans son aînée qui a eu trois enfants, issus d’une union précédente et qui sont devenus parents. Il l’a rencontré alors qu’elle était sa professeure de français en première et en est tombé éperdument amoureux. Elle enseigne désormais dans «une institution religieuse réputée de la capitale», rapporte «L’Express».

    Sinon, il a échoué au concours d’entrée de l’ENS et goûtait Machiavel et Hegel ce qui ne détonne pas chez un ancien des jésuites.

    Pour le reste il faut se reporter au n°346 de Faits et Documents avec son mélange inextricable de vrais et de fausses informations au milieu d’une vision antisémite du monde

    • Juste un mot à propos de
      « alors qu’elle était sa professeure de français ».
      Elle était son professeur de français me semble clair !
      Jugez-moi arriéré ou réactionnaire, mais un professeur professe et cela quelque soit son sexe.
      Cette décision de féminiser les professions m’irrite (excepté là où la tradition l’impose -j’ai eu ce débat avec Chris-).

      • J’ai reproduit la novlangue journaleuse, René, cette novlangue ne connaît pas le générique grammatical

    • trogneux, fatche de , ce nom !
      je sais qu’on n’épouse pas une femme pour son blaze , mais là ….

      • J’ai sursauté aussi, Kobus

  7. J’efface tout Irena, ça pourrait s’appeler la conscience dans le Mal selon le mot de Baudelaire un autre anti, comme vous dîtes. Il a une excellente définition de Satan « Mais qu’est-ce, au fond, que Satan sinon le symbole des enfants désobéissants et boudeurs…qui font le mal dans le cadre du bien pour affirmer leur singularité et la faire consacrer »

  8. Merci beaucoup d’avoir tout supprimé, Memento.

    Satan ? Je suis Satan pour avoir aimé des salauds ? Et en avoir été maltraitée ? Allons bon !

    Vous tondez les femmes qui ont eu commerce avec l’ennemi, à présent ?

    L’amour est enfant de Bohème, vous savez… Je ne veux faire de mal à personne, cependant. Mais, en mon plus précieux secret, je sais que je n’aurai jamais honte de ce que me dicte mon coeur. Le coeur n’est pas chose dont on doive avoir honte, non.

    Les gens qui ne suivent plus leur coeur par esprit de pureté (ou bien plutôt par puritanisme) sont des gens qui finissent par n’en avoir plus.

    Quand j’ai aimé, ç’a toujours été sincère. Et c’est pourquoi j’appelle l’amour : ce qui est écrit dans les étoiles. C’est le chemin que le coeur commande de suivre, si l’on désire lui faire son bien. On ne vit pas que de nourritures terrestres… peu importent au final les souffrances tant que le coeur bat.

    C’est pour cela que vous vous épouvantez ? Qu’y pouvais-je si mes salauds étaient en partie XXXXXX et obsédés par leur XXXXXXX ?

  9. Si encore ç’avaient été des repris de justice, des assassins, je ne dis pas… C’est malsain de s’amouracher de personnes que l’on sait criminelles, parce qu’on éprouve un attrait malsain pour la criminalité. Mais dans mon cas ce n’était pas ça… c’étaient juste des séducteurs retors, qui m’ont piégée…des garçons brillants aussi, surtout pour le second… je suis attirée par l’intelligence… j’ai simplement cru que ce brillant était fait de quelque chose de véritablement précieux… J’ai cru en eux, j’ai cru en leurs mystères, je me suis laissée éblouir, j’aié été prête à les racheter quand ils me le demandaient, car je pardonne facilement quand on joue avec ma personne… c’est ma seule faute !

  10. Connaissez-vous le Cantique des Cantiques ? Il y est question (entre autre) d’un type qui passe par la fenêtre pour rejoindre sa bien-aimée. Ce type, il paraît que c’est le Seigneur. Ce n’est pas moi qui le dis, notez-bien. ‘Pas ma faute si notre religion est ainsi faite.

    La religion d’amour, ce n’est pas quelque chose de simple, convenez-en. Il faut avoir des couilles pour la vivre. C’est à nos risques et périls. Mais ceux qui le font ne regrettent rien [non, rien de rien ! ♪], parce qu’ils savent qu’ils n’y a rien de meilleur sur terre que de servir un tel Dieu.

  11. Attention, autocitation (extrait de « C’est l’histoire d’un mec.. etc ») :

    « Elle aurait voulu conclure en disant que tout cela démontrait qu’à l’origine de la recherche du mal en amour, contrairement à ce que croyaient les puritains, il n’y avait non pas l’amour du mal, mais l’amour du bien. Elle aurait voulu faire comprendre cela au monde : que l’amour n’était rien d’autre qu’une quête du sublime, et que le sublime ne pouvait passer que par la conversion du mal en bien, ce pourquoi cette quête nécessitait un passage dangereux, le passage à travers le mal, qui était un peu comme l’épreuve du feu de l’amour, d’à travers laquelle on ne ressortait jamais que cramé ou grandi. Elle aurait voulu tenir un puritain, là, devant elle, en avoir un à sa portée, pour lui expliquer que le mal en tant que tel n’avait jamais eu et n’aurait jamais aucun attrait intrinsèque, et qu’il était donc inutile et malsain de se focaliser sur lui comme sur une entité distincte, possédant sa puissance propre, alors qu’en vérité il tirait toute sa puissance du bien. Mais elle ne put pas faire cela.  »

    Qui parle ainsi ? C’est le Diable ?

    Non, la personne qui parle ainsi donne la définition-même de ce que serait un monothéisme dont le Dieu unique serait bon.

    Qui prend cette personne pour le Diable ? – Le puritain, de rabbin ou l’ayatollah. Pourquoi ? Parce qu’ils sont des avatars actuel de ces fameux « Pharisiens » et autres prêtres qui dans le Nouveau Testament on condamné Jésus (en l’accusant justement d’être le Diable).

    Est-ce un blasphème de se prendre pour Jésus ? Non, pas dans la religions chrétienne puisque Jésus a dit aux chrétiens de l’imiter en tout.

    Pourquoi la jeune fille de mon histoire s’en prend-elle aux prêtres et à ceux qui ont des mentalités de prêtres ? Elle s’en prend à eux dans l’exacte mesure où ils s’en prennent à elle. Tous autant qu’ils sont. Continuellement. De son point de vue, comme ils veulent tous lui jeter des pierres, ils sont tous au même niveau. Pourtant elle n’est pas impie.

    C’est parce qu’elle est croyante, et qu’elle a suivi son chemin de croyante, qu’elle a été amenée à les rencontrer. En sorte qu’elle les voit comme des émissaires du Divin, des gens qui ont quelque chose à lui apprendre.

    CQFD

  12. Cela, je ne vous demande pas de le supprimer (après, vous êtes libre de faire ce que vous voulez chez vous), car je n’ai pas lieu d’en avoir honte.

  13. Vos propos trahissent la force du Phallus puisque vous associez les couilles et l’amour, quant à se prendre pour Jésus, c’est se portraiturer en fondateur de religion (toujours nouvelle of course). Je ne dis pas que vous êtes Satan, Satan est un pauvre type qui ne jouit que de la souffrance des hommes et s’enfle à partir de leur bêtise, Satan c’est une fonction que le premier venu peut accomplir, il suffit de se laisser aller

  14. J’associe les couilles à l’amour ?!

    Mais vous délirez complètement, mon pauvre ami ! On peut dire que vous me faites un procès avec des preuves vraiment minable, là. Vous avez dû aller les chercher dans le cahier d’écolier d’un cancre, c’est pas possible !

    C’est quoi ces jeux stupides avec les mots ?

    J’ai dit : les couilles, pour dire : le courage.

    Vous avez quelque chose contre le courage ?

    Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage. Là on me condamne parce que j’ai dit « un gros mot ». Que c’est petit ! Que c’est maigre…

    Oui, il est possible que j’associe l’amour au courage. Vous n’aimez pas que j’emploie le mot couille parce que je suis censée me conduire comme une jeune femme bien comme il faut. Eh bien j’emploierai le mot courage, et il aura le même sens.

    On ne peut pas pousser la mauvaise foi plus loin que vous ne faites !

    S’accrocher à des jeux de mots minables et des équations hâtives au lieu d’entendre ce que les interlocuteurs leur disent, et refuser de donner aux mots des autres le sens qu’ils leur attribuent, voilà ce qu’il reste aux gens de mauvaise foi.

    ***

    « quant à se prendre pour Jésus, c’est se portraiturer en fondateur de religion (toujours nouvelle of course) »

    Non absolument pas ! Il s’agit simplement d’être chrétien. Dans la chrétienté il y a des saints. Et le croyant de base lui-même est supposé imiter Jésus. Car il a dit : « Soyez-donc parfaits, comme votre Père Céleste est parfait » – J’ai cité récemment le passage de l’Evangile selon Saint Mathieu sur mon blog. Ne me lisez-vous donc plus ?

    Vous manquez de culture catholique, là. Ou bien vous faites comme si vous n’en aviez jamais reçu. Ce qui est un mensonge.

    ***

    « Vos propos trahissent la force du phallus »

    Réponse pathétique, ridicule… et même abjecte quand on sait à quoi elle se rapporte. Je suis sciée. Et plus déçue que jamais.

  15. Junger sur la « Sangria » [passage également lisible dans un billet récent sur mon blog] :

    « Le monde est ainsi fait que toujours les préjugés, les passions exigent à nouveau leur tribut de sang, et il faut savoir que rien n’y mettra jamais fin. Les arguments changent, mais la bêtise maintient éternellement son tribunal. On est mené au supplice pour avoir méprisé les dieux, puis pour avoir refusé d’admettre un dogme, puis enfin pour avoir péché contre une théorie. Il n’y a pas de grand mot ni de noble pensée au nom desquels le sang n’ait déjà coulé. L’attitude socratique, c’est de connaître la nullité du jugement, et de le savoir nul en un sens trop élevé pour que puissent l’atteindre le pour et le contre des hommes. La vraie sentence est rendue depuis toujours : elle vise à l’exaltation de la victime. Si donc certains Grecs modernes demandent une révision du procès, ils ne font qu’ajouter, aux innombrables notes utiles dont sont encombrées les marges de l’histoire universelle, une note de plus, et ceci à une époque où le sang des innocents coule à flots. Ce procès est éternel, et les cuistres qui s’en firent les juges se rencontrent de nos jours à, tous les coins de rue, dans tous les parlements.

    Que l’on puisse y changer quoi que ce soit, cette idée a, de tout temps, permis de distinguer les cervelles creuses. La grandeur humaine doit être sans cesse reconquise. Elle triomphe lorsqu’elle repousse l’assaut de l’abjection dans le cœur de chaque homme. C’est là que se trouve la vraie substance de l’histoire — dans la rencontre de l’homme avec lui-même, c’est-à-dire avec sa puissance divine. Il faut le savoir, lorsqu’on veut enseigner l’histoire. Socrate appelait ce lieu de l’être intime où une voix, plus lointaine déjà que toutes paroles, le conseillait et le guidait, son daimonion. On pourrait aussi le qualifier de forêt. »

  16. Je vous cite Irena, vous avez affirmé, pour aimer il faut avoir des couilles.

    Pour Jésus, je maintiens, un catholique sait qu’en dehors de Jésus et Marie, nous sommes tous soumis au péché originel, l’homme est un bouffon, parfois splendide mais un bouffon, il n’y a que les bouddhistes et les ésotériques pour penser qu’ils finiront en hommes-dieux

    • Il ya très peu de choses, disons de paroles de « sagesse » que j’ai tirées de l’ancien et du nouveau testament; décidemment, les textes grecs me fascinent beaucoup plus.
      A ce grand catholique et néanmoins ami, j’ai confié un jour:
       » ça tient en moins de 20 lettres »
      Il m’a répondu ( il avait tout compris, quel plaisir !..)
       » tant que ça? »

      Parmi ces paroles il y a la réponse de Dieu à Moïse qui lui demande qui il est.
      La réponse de Dieu( 2 variantes)
      variante 1 :  » je suis qui je suis »
      variante 2:  » je suis ce que je suis »

      • Pierre Hadot y revient dans le voile d’Isis.

  17. Pour les couilles, j’ai répondu. Vous êtes psy ou puritain évangéliste pour ne pas pouvoir entendre une expression imagée un peu gauloise sans voir des images pornographiques partout au premier degré ? La méthode du premier degré (du pied-de-la-lettre) systématique est mauvaise, pour la simple et bonne raison que sous prétexte de faire le contraire, en réalité elle ne mène qu’à des déceptions abyssales, et pour cela elle est coupable de dés-enchanter le monde. Le premier degré regarde le doigt de celui qui montre la lune.

    « Pour Jésus, je maintiens, un catholique sait qu’en dehors de Jésus et Marie, nous sommes tous soumis au péché originel, l’homme est un bouffon, parfois splendide mais un bouffon, il n’y a que les bouddhistes et les ésotériques pour penser qu’ils finiront en hommes-dieux »

    Ceci est une caricature de la religion chrétienne par ses ennemis. Je n’ai rien d’autre à dire. Je ne sais pas, lisez la légende dorée de Jacques de Voragine, Michelet, Bernanos… votre conception de ce qu’est être chrétien est totalement dénuée de poésie et de transcendance, elle est manichéenne et stupide. Si la chrétienté devait s’être toujours limitée à une telle vision, au-pied-de-la-lettre, aussi stérile qu’un texte juridique, elle n’aurait jamais eu de saints, n’aurait rien produit, n’aurait donné aucun des fruits qu’on lui sait. La loi selon les chrétiens, est une chose qu’on retrouve à la fin des fins, une chose à côté de laquelle on vit en bonne intelligence, une chose que l’on connait intimement, comme un musicien connait son tempo, comme on suit un thème autour duquel on brode tout un monde harmonique, mais chez les chrétiens on ne vit pas dedans la loi.
    Il n’y a pas suffisamment de place, à l’intérieur d’un livre, pour vivre. On vit dessus, autour, on le continue, on l’annote, on l’évoque, on s’y rapporte, à ce livre, mais on ne s’enferme pas dedans non. C’est notre façon à nous de célébrer Dieu : nous travaillons pour lui, nous mettons des richesses incommensurables à ses pieds, mais nous ne nous laissons pas étouffer et affamer par lui, parce que ça ne serait pas lui rendre hommage. Cela plutôt lui ferait honte de nous avoir transmis sa loi. La Loi doit éclairer la vie et la servir, au moins autant que la vie humaine doit servir la loi. Croyez-vous qu’un Dieu grand, noble et généreux puisse désirer régner sur un peuple de serviteurs, et conférer à ses adeptes un esprit servile ? – qui dit esprit servile, dit bassesse, le Dieu-qui-est-bon ne nous demande pas d’être bas.

    Vous dites : « Jésus n’a pas été soumis au Péché Originel »
    Comment pouvez-vous affirmer cela, en tant qu’il a été dit qu’il s’était par ailleurs incarné dans un homme – un homme à part entière, s’entend – c’est-à-dire un homme capable de passion. Un homme capable d’éprouver des sentiments, de la passion – et par extension de l’amour – connait intimement les 7 péchés capitaux. Comment en serait-il autrement ? « Vous êtes le sel de la terre! » – a-t-il été dit. Qui n’a jamais goûté à aucun des péchés capitaux ne sait pas ce que c’est que d’être humain. Si Dieu, dit-on, s’est à un moment donné de l’histoire, incarné, il ne l’a pas fait afin de rester pur, immaculé, immatériel, comme il était déjà quand il flottait dans l’éther, mais afin , en quelque sorte, de « prouver » la possibilité d’une transcendance ici-bas, la possibilité d’une transmutation du « mal » (du matériel) en « bien » (en idéal).

    On ne peut être chrétien si l’on n’est pas mu par ailleurs par ces passions, ces péchés divers, qu’il s’agit de juguler ou de transmuter – c’est-à-dire de mettre au service de ce qui est bel et bon. Quel grand saint n’a-t-il pas commencé par être un grand pécheur ? Et ne faut-il pas avoir du « tempérament » (de la fierté) pour décider, quand on est une femme, qu’on va épouser Dieu ?

    L’orgueil est péché, bien sûr. Mais l’orgueil de vouloir plaire à Dieu – et à lui-seul – cesse par-là même d’être de l’orgueil, puisqu’il en vient à servir une cause si noble, si idéale, si peu matérialiste, qu’il en perd tout ce qui le rendait jusque-là fruste et bas. En effet, ce qu’il y a de mal à être orgueilleux, c’est qu’on ne s’attache, constamment qu’à se servir soi-même, et qu’on soit incapable de servir autre chose que ses propres appétits. Celui qui a l’orgueil de servir de grandes et justes causes à ses risques et périls, sort du cadre ordinaire – pécheur – de l’orgueil. Il « place » si bien son orgueil, qu’il n’en a plus.

    Le Bien, dans un homme, ne développerait jamais aucune puissance, ne serait jamais « armé », il resterait à jamais « sans dents », faible et pitoyable, et il ferait par-là-même honte au Dieu-qui-n’est-que-bonté, s’il n’était pas voué par ailleurs à se nourrir de tout le mal potentiel qui a été infusé dans l’homme à sa naissance, c’est-à-dire à devenir une sorte de super-prédateur universel, un super-prédateur comme doit être l’homme : moral, responsable et conscient.

    « l’homme est un bouffon, parfois splendide mais un bouffon »

    Dans ce cas, Jésus, qui est homme, et se fit appeler lui-même « Le Fils de l’Homme » (sic. vérifiez), est un bouffon fils de bouffon.

  18. Quant à cette expression de « couilles », je ne sais ce que vous essayez de lui faire dire ou prouver. Vraiment, je déteste cette façon de faire : me chercher des poux ailleurs que dans ce que je veux dire, mais dans ce que supposément mon discours dirait, que je ne saurais pas et ne voudrais pas, en faisant dire à mes mots qui sont pourtant des mots qui ont un sens assumé et intelligent, autre chose, des choses abjectes, des choses en relation avec les freuderie sexuelles, des choses cachées. Qu’est-ce que c’est traître de fouiller ainsi dans les culottes de la philosophie !

    Il fut un temps où une femme pouvait dire « je suis un bon garçon » pour dire : « je suis bonne camarade, nous pouvons parler », sans que pour autant ne naissent autour d’elle des images de transsexuels.

    Les femmes féminines aiment les hommes, Mémento. Par extension cela veut dire qu’elles peuvent très bien aimer aussi la virilité en elle-même, pour elle-même, et les valeurs viriles, par amour de l’homme, sans fausses pudeurs ni ménagements. Toutes les femmes ne recherchent pas dans l’homme des qualités féminines, vous savez ! C’est paradoxal, mais c’est la vie, et plus encore, c’est-là le sens de la vie.

    C’est la guerre des sexes qui affaiblit paradoxalement l’homme et la femme, puisqu’ils sont voués à s’aimer, dans leur féminité et leur virilité-propre ! La guerre des sexes ne passera donc pas par moi.

    Les Goncourt on écrit qu’ils n’avaient connu que trois femmes d’esprit et que toutes trois aimaient l’homme, aimaient manger, avaient de la poitrine. Une femme d’esprit est toujours un peu « bon-enfant », car une femme d’esprit est civilisée, elle refuse d’être face aux hommes toujours considérée comme LE prédateur, elle refuse d’être traitée seulement comme une bête.

    Je ne suis pas une bête, je suis gauloise, j’aime à « gauloiser », j’aime à camarader, je n’ai pas peur des hommes, je suis humaine. Voilà ce que l’emploi d’un vocabulaire de salle de garde, chez moi, veut dire.

    Les femmes, encore une fois, ne doivent pas chercher à devenir des hommes au sens où les hommes portent pantalon et portent barbe, mais simplement elles doivent vouloir devenir des hommes exactement dans la même mesure où les hommes eux-mêmes ne naissent pas Hommes (au sens supérieur, idéal, du terme), mais le deviennent. A force de courage, de justice, de maintien.

    Je suis féminine, Mémento. J’aime être une femme qui aime les hommes. Car j’aime l’amour. C’est tout et débrouillez-vous avec ça.

    • tudieu , quelle déclaration !
      « j’aime être une femm’ qui aime les hommes »
      je serais pas jeune grand père, je crois que….
      non, oubliez tout ça


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