Publié par : Memento Mouloud | octobre 14, 2014

Le libéral du mois : Robert Rivaton dit Bob l’éponge

bob rivaton

Les Français ont une vision étonnamment claire de l’économie pour un peuple dont on décrète un peu vite qu’il n’y comprend rien (car les français sont formidables). Six Français sur dix estiment qu’il faut limiter au maximum le rôle de l’État dans l’économie pour relancer la croissance (car les français s’y connaissent en théorie du minimax). Le redressement national (saveur pétainiste) aura pour seuls champions nos entreprises (fabliau version XXIème siècle). Pour libérer ces dernières (des pesanteurs de la lutte des classes, même morte), la première étape est d’indiquer clairement le chemin d’une libéralisation de l’économie avec la suppression des monopoles protégés par les murailles des réglementations et protections administratives en tout genre (en résumé tout le pouvoir aux patrons et cap sur une nation d’esclaves narcissiques).

Tout d’abord le marché du travail, lieu de blocages injustes entre salariés protégés et salariés précaires (ce qui est injuste c’est la protection des salariés) et à partir duquel une rigidité paralysante contamine l’ensemble de la sphère productive (vocabulaire épidémiologique). Il s’agit d’ailleurs du principal frein pour les investisseurs étrangers (synonyme de philanthrope), un quart d’entre eux le citant spontanément d’après le World Economic Forum (que les français qui s’y connaissent en économie fréquentent souvent). Mais d’autres secteurs sont concernés : banque, formation professionnelle, assurance, transport, santé, éducation, métiers de la justice, services, livres…

La liste est infinie (tant manque la pensée, le marché est infiniment universel ou universellement illimité, on peut y ajouter la conception, le contrat de couple, etc.) tant l’État a réussi à s’immiscer dans chacun des secteurs économiques (l’Etat s’immisce, c’est un peu comme l’amant dans le placard). L’aventure Free a eu des effets positifs mais la levée de boucliers qui a suivi montre la force et la capacité d’influence des rentiers de tout poil (car les actionnaires et le PDG de Free ne sont pas des rentiers). La libéralisation c’est aussi autoriser la respiration (métaphore des fonctions organiques), supprimer les réglementations qui nourrissent un autre Léviathan (ça fait biblique), le monopole de la production de la norme, l’État bien évidemment (passons aux bureaucraties de modèle européen, un rhizome administratif contre l’Etat jouisseur). La taxation devrait être également repensée pour tendre vers une plus grande neutralité. Ainsi, dans le secteur immobilier la récente augmentation des droits de mutation réduit la fluidité normale du marché alors que l’augmentation des taxes sur la propriété la renforcerait (abolissons les impôts sur les transactions et les patrimoines). Quel est l’intérêt de surtaxer les entreprises (pourquoi sur ?), leur cassant les jambes (l’Etat c’est la racaille), pour ensuite leur donner des béquilles via des allègements de charge ? Si ce n’est celui d’assurer la viabilité du rôle de l’État qui prélève au passage des frais d’intermédiation élevés (l’Etat-voleur contre les chevaliers d’entreprise).

La règle de bon sens (ça évite le syntagme sens commun) est de supprimer tous les plafonds qui constituent autant d’entraves superfétatoires à la croissance normale de l’économie (c’est vrai quoi le renard libre dans le poulailler libre, y’a que ça de vrai), qu’ils se trouvent dans les seuils de dix, vingt et cinquante salariés pour les entreprises dont il a été montré à quel point ils étaient destructeurs d’emplois ou que ce soit le plafond des dispositifs de réduction de l’impôt sur la fortune en cas d’investissement dans le capital de PME, alors que chaque euro investi à travers ceux-ci a un effet multiplicateur trois ou quatre fois supérieur que s’il était collecté sous forme d’impôt (c’est affirmé noir sur blanc dans les cours de première année de sciences-po)). Gardons à l’esprit que le marché, l’innovation, la compétition, telle l’eau qui emporte les barrages (car l’économie c’est naturel-hydraulique), finissent toujours par dépasser les barrières dressées face à eux (le marché c’est  Katrina fondant sur la Nouvelle Orléans), qu’elles soient le fait de l’État ou d’autres acteurs privés.

Cette première étape est celle de la réforme hors coût, qui se fera par la simplification des multiples lois et réglementations. Elle générera des effets économiques rapides et puissants permettant ensuite de passer à la réforme coût impliquant des changements de nature budgétaire (vous pouvez dormir tranquille, je continue).

Ce libéralisme n’est pas un pas vers l’austérité, il en est au contraire son pendant puisqu’il réduit le budget de contrôle de l’État sur la sphère économique en suscitant un immense appel d’air en faveur de la création d’entreprise (de la richesse partout et pour tous, amen). Il ne réduit pas le ratio d’endettement par la baisse du numérateur, mais par les perspectives de hausse forte du dénominateur, à savoir la richesse créée (petit rappel d’arithmétique). Parce que le long terme (6 mois, 3 ans) entre en jeu dans les anticipations des entrepreneurs, cette position doit garantir une stabilité juridique intangible (d’ici là on aura privatisé la gendarmerie, c’est plus sûr en cas de « dysfonctionnement »).

La seconde étape pour assurer la pérennité de ce mouvement dans la durée est de repenser le rôle de l’État et des organismes publics. Les entreprises françaises, asphyxiées par quinze années de surimposition, ne sont plus capables de rivaliser avec leurs concurrentes internationales (tout commence en 1999). L’investissement est notre planche de salut (vocabulaire religieux)– au moins autant que la baisse du coût du travail sur laquelle l’attention des hommes et femmes politiques est concentrée depuis qu’ils ont compris que la France n’était plus compétitive (c’est quoi un pays compétitif ?) – mais il ne viendra que de la baisse de la charge fiscale et réglementaire sur les entreprises. Si cette démarche est enfin lancée, notre attractivité auprès des investisseurs internationaux remontera en flèche. Cette baisse de l’imposition trouve son corollaire dans une baisse drastique des dépenses publiques. Il ne s’agit pas de raboter un peu partout mais bien de refonder l’État en le rendant plus efficient là où existent des gisements de productivité, de se retirer des secteurs dans lesquels son efficacité (qui la mesure ? sur quels critères ?) n’est pas supérieure de manière avérée à celle de l’initiative privée (et le contraire ?) – quitte à réaliser in concreto la comparaison dans des zones tests –, et de se concentrer là où il a une vraie légitimité. Ne nous y trompons pas, la France n’est pas faite pour un État réduit, la majesté de notre pays (Louis XIV is back) a été élevée par et pour l’État. Mais ce même État s’est noyé dans des missions dans lesquelles il a perdu de vue son rôle premier qui était de fournir un cadre positif pour l’expression des mérites des uns et des autres, ce même État s’est autonomisé des principes républicains qui fondaient le pacte social l’unissant aux citoyens au profit d’un fonctionnement autarcique dans son propre intérêt (l’Etat-gangster contre les gentils).

La coproduction de services publics, qui rencontre une attente forte de citoyens de plus en plus autonomes, offre une occasion exceptionnelle de réaliser cette réforme. Pour refaire l’intérêt général, il faut défaire la bureaucratie et lui insuffler des méthodes de management modernes issues du monde de l’entreprise (qui fonctionnent magnifiquement partout où elles sont appliquées). À cet égard, le signal introduit par la suppression de la prime de fonction et de résultat par la ministre de la Réforme de l’État et de la Fonction publique, au motif qu’elle aboutissait à individualisation accrue au détriment du travail collectif, est plutôt une régression. La hausse des impôts des particuliers, sans parler de celle des entreprises, n’est plus une alternative envisageable. L’austérité ne l’est pas plus. Elle a été possible et culturellement acceptable en Irlande, en Espagne ou en Grèce où une partie non négligeable de la population avait connu des temps de frugalité avant les décollages économiques respectifs des années 1980, 1990 et 2000.

Dans ces pays-là, où la croissance de la classe moyenne avait été trop rapide (il faut calmer les anciens pauvres, ils jouissent trop, retour au pétainisme transcendantal), il a été tolérable d’accepter que le mouvement de hausse soit interrompu par une période de réduction drastique des richesses (euphémisme pour désastre en chaîne et chômage de masse) mais ce n’est pas envisageable dans les pays où la classe moyenne est depuis longtemps installée dans son confort (on ne sacrifiera qu’un tiers des français, promis). L’Italie en est un parfait exemple.

Aussi la solution libérale est-elle la seule porte de sortie vers un avenir prospère. Dans le cas contraire, la tentation individualiste ne cessera pas, en dépit de la tentative de contrôle croissant de l’État. Que les pleutres se rassurent (Moi Rivaton, je suis courageux, bande de pédés), les temps des révoltes violentes sont bien loin, la révolution a été tuée le jour où la banque a fait le premier crédit à un ouvrier (1968 c’est loin les gars, 1944 encore plus), une immense majorité des gens ont plus à gagner dans la conservation de leurs biens que ne saurait leur offrir une quelconque révolution (enfin une phrase juste, le libéralisme c’est la conservation illimitée des patrimoines et le maintien des hiérarchies, tout doit changer pour que rien ne change dans la structure, les noms valsent, les positions se maintiennent). Mais une économie parallèle, faite de débrouille, de travail au noir, d’échanges informels (l’économie des 6-T, on se demande bien si Rivaton n’a pas les foies quand il les parcourt) verra alors le jour alors même qu’actuellement la France est l’un des pays qui sont le moins touchés par ce type d’économie souterraine du fait de l’efficacité de l’appareil fiscal de l’État (il doit parler d’un autre pays, non ?).


Responses

  1. Robert Rivaton. Cet individu est un véritable monstre. Il a osé dire à la télévision (On n’est pas couché sur France 2) que les suicidés d’Orange ne sont qu’une simple statistique et que cela devait arriver pour que les choses aillent mieux. C’est abominable, lamentable, pathétique. Ces gens ne pensent qu’à se faire du fric, du fric et encore du fric. Ils sont pire que le Front National si un jour ils venaient à être au pouvoir. C’est de la pourriture intellectuel qu’il faut éradiquer le plus rapidement possible. Ces gens qui vivent dans l’opulence et dans le luxe sont très loin des réalités de ce pays. Ils souhaitent que tout le monde ait du travail dans ce pays, non pour des raisons sociales mais pour des raisons économiques, pour que eux puissent gagner encore plus d’argent. Si on les laisse continuer, et en particulier cet exécrable Robert Rivaton et leur descendants sont bien capable de rétablir l’esclavage un jour dans ce pays. Voilà, pourquoi ils doivent être éliminés au plus vite.

    • Rivaton déploie une morale de type consequantialiste. Selon le bonhomme un calcul d’utilité collective permet de déterminer le poids d’une vie. Cette morale est connue c’est celle de la défunte URSS soit une absence complète de morale au nom de l’horizon final de béatitude concurrentielle et de progrès des richesses (moyennant 70 % d’existences soldées ou placées en déchetteries)

  2. Bonjour Memento…

    …et le dénommé Rivaton n’a pas l’immense culture d’un Jeremy Bentham ou d’un John Stuart Mill ( avec lesquels, je pense, de nourrissantes controverses et « disputatio » auraient pu se développer ) , ce qui rend précisément ce genre d’individu, par expérience, inaccessible, parvenant à s’enfuir en permanence…

    • Sans même évoquer Tocqueville ou Pareto voire Montesquieu, ce genre de bouffon qui prend la suite des Attali, Ferry, etc. se paie en monnaie de singe, comme auraient dit les Marx Brothers


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