Publié par : Memento Mouloud | décembre 5, 2014

Le dernier de Gaulle

Par sa grand-mère maternelle, de Gaulle descendait d’un membre du clan des Mac Cartan, engagé dans la brigade qui vint épauler Louis XIV avant que la bataille de Culloden vint éteindre, définitivement, la puissance des Highlanders et la légitimité des Stuart. Il se disait de sang irlandais et d’esprit catholique, il était le dernier de l’Internationale blanche, le dernier qui en avait le souvenir. Contrairement à d’autres, il avait su l’impasse de l’alliance avec les fascismes et il l’avait su du même point que Churchill, celui de l’honneur et de l’efficacité. Il s’était rallié à la démocratie en poursuivant la politique du chien crevé au fil de l’eau qui faisait le monde Atlantique, un monde de démocraties sous protection américaine. Il savait que cette politique réduisait la France à un rôle d’appoint. Comme il ne pouvait plus composer de tragédie, il s’essayait à la comédie héroïque. Même ce genre- là ne convenait plus à la France, il avait donc misé sur le roman mais l’intrigue en était prosaïque. Se battre pour que tous les français aient un frigidaire et le président sa bombe atomique n’était pas franchement épique. Même Malraux avait fini par s’en apercevoir dans une énième volute d’opium.

Sur une stèle irlandaise, il est écrit « en ce moment grave de ma longue vie, j’ai trouvé ici ce que je cherchais : être en face de moi-même ». Preuve que l’idée certaine de la France l’avait tiré d’un face à face et d’une obscurité qui lui répugnaient. Il n’avait pas appris à mourir, mais à fuir dans la grandiloquence et l’action, il avait écrit cette fuite, il l’avait titrée Mémoires. Elles ne disaient rien de lui.

Le 8 juin 1970, il déjeunait avec un autre membre éminent de le défunte Internationale blanche, Francisco Franco. Il avait été le premier à lui écrire après sa démission, il lui rendait donc la politesse. Comme de Gaulle avait baissé le pouce lorsque Mauriac lui demandait la grâce de Brasillach, de Gaulle avait refusé de visiter l’Alcazar de Tolède, parce que cela lui rappelait par trop la mise en bière fasciste d’une partie des élites françaises.


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