Publié par : Memento Mouloud | décembre 27, 2014

Un état de la France et quelques pistes pour 2015

poutine

Quand je serai absolument seul, je chercherai une religion (Thibétaine ou Japonaise), car je méprise trop le Koran, et au moment de la mort, j’abjurerai cette dernière religion pour bien montrer mon dégoût de la sottise universelle.

La France est, depuis la présidence Sarkozy, la meilleure alliée des Etats-Unis, elle peut donc mener des guerres au Mali, sauver ses otages, déployer une poignée d’humanitaires en Guinée ou solliciter l’Algérie afin d’abriter une usine Renault. En résumé, on lui laisse le sale boulot et les chrysanthèmes tandis que Total et Areva se partagent ce qui peut l’être avec l’Ogre chinois.

En Europe, la situation est la suivante. La France s’aligne sur les positions du bloc américano-germano-britannique qui a décidé d’étendre les périphéries du Alles für deutschland sur le Dniepr. Dans cette géographie centrée sur Berlin, l’axe européen se déplace vers le nord-ouest et s’intègre à la sphère de co-prospérité atlantique laissant la France en marge, au sein d’une Méditerranée occidentale émiettée en autant de tourbillons de crise. En effet, la dissociation qui frappe l’ancienne Europe orientale est parallèle à la dislocation des économies de l’Europe méditerranéenne dont les gouvernements sont autant de cliques corrompues alimentant les feux pervers du nationalisme à coups de bouillies « culturelles » où il est question de « tradition » retrouvée et d’identité à ressusciter, une sorte de Nosferatu de grand guignol.

Il est bien évident que la France suit une politique suicidaire dès lors qu’on la considère comme une puissance mais cohérente si le centre régional de ce conglomérat pan-atlantique se situe quelque part entre Francfort et Londres. Poutine est donc l’astre noir dont le rayonnement ultra-violet doit accompagner le ralliement enthousiaste des élites françaises à une politique impériale en déliquescence. Poutine est le dictateur, nous sommes les gentils ou les benêts, selon les dilections.

Néanmoins, le temps où les Etats-Unis figuraient l’hyperpuissance est passé. Ceux-ci ont contribué par leur politique aberrante et unilatérale à éveiller la Chine dont le modèle se passe fort bien de toute bourgeoisie véritable, donc de toute démocratie et une sorte de bloc sunnite plongé dans une spirale de messianisme guerrier et éradicateur dont la finalité est la liquidation des dernières poches chrétiennes et juive dans la région ainsi que la sujétion des différentes milices et puissances chiites. Ce messianisme s’appuie sur l’identité arabo-musulmane et la symbolique racialo-politique du néo-Califat. Visiblement il déborde en Europe.

Le lieu commun d’un Orient compliqué ne résiste pas à l’analyse. Les Etats-Unis sont intervenus en Irak pour démonter l’agencement étatique traditionnel centré sur un pouvoir central arabo-sunnite et lui substituer un Etat confédéral, arabo-chiite d’un côté, kurdo-sunnite de l’autre. Le premier était destiné à couper l’axe irano-syro-libanais, le second à établir la Turquie en puissance régionale. En compensation, les Etats-Unis avaient clairement programmé la destruction du régime syrien au profit d’une hégémonie sunnite sur l’ensemble syro-libanais, ce qu’avait bien saisi le Hezbollah quand leurs artificiers envoyèrent Hariri auprès des 70 vierges du Jardin. Bilan, un Frankenstein est apparu quand le régime d’Assad et ses soutiens ont préféré déclencher une guerre de longue durée plutôt que de laisser les gentils démocrates sunnites s’emparer des leviers de commande, des prébendes et de l’appareil policier.

La politique de la France se révèle, dès lors, désastreuse de bout en bout. Elle a œuvré à la dislocation de la Libye en émirats sunnites qui ont essaimé dans la région sahélienne. Derrière le paravent des visites présidentielles au CRIF, elle a transformé les juifs de France en cibles potentielles, accélérant son antijudaïsme feutré lors de la reconnaissance parlementaire d’un Etat palestinien. Enfin, elle a soutenu les factions sunnites islamistes lors de la guerre civile syrienne après avoir transformé les maronites libanais en dhimmis. Dans tous les cas, elle aura suivi les consignes du grand frère américain.

On ne peut pas attendre d’un pays qui a ruiné sa langue en pratiquant l’auto-colonisation avec entrain de mener une politique rationnelle, encore moins une politique de puissance cohérente. Nos chers dirigeants ni leur peuple de clowns sombres n’ont toujours pas compris ce que signifiait l’érection de mosquées sur le territoire français parce qu’ils sont cons c’est-à-dire partisans du supplément d’âme à l’économie dite de marché. Exactement comme l’église catholique se maintient en tant que pouvoir par le réseau subventionné des écoles confessionnelles et maintient la division du pays en deux cohortes hostiles, la communauté musulmane se forme en France par un réseau de plus de deux mille mosquées qui sont des lieux de pouvoir, donc de conformation, avant d’être des lieux de culte.

Or qui seront les imams, comment seront-ils formés, désignés, comment seront-ils déposés, quels seront les débats au sein de cet islam français, selon quelles modalités se dérouleront-ils, comment seront traités les différends ? Quels islams seront enseignés ? Comment se mènera l’administration de telles mosquées, qui financera les activités, qui assurera la dévolution des biens, comment seront vécues les apostasies, les conversions ? Autant de questions qui restent sans réponse au nom de la pseudo-tradition catholique unitaire du pays ou, version dite républicaine, du droit inconditionnel des minorités à quoi se réduit la démocratie terminale. Seulement dans un pays libre le droit des individus doit avoir la prééminence absolue sur le droit des minorités qui ne devrait être que relatif. Il n’est pas besoin d’être un grand analyste pour constater que le processus contraire l’emporte.

Le grégaire et le mineur ont le vent en poupe.

Qui se décidera à détruire de fonds en comble l’Etat culturel et l’Etat national pour la promotion de l’illettrisme et de l’anglobal ? Qui ouvrira les musées, les bibliothèques, les conservatoires, les écoles jusqu’à minuit ? Qui mettra fin à cet atlantisme de néo-vichyste honteux ? Qui en finira avec l’esprit d’entreprise et sa chevalerie pour chefs de rayon ? Qui voudra se débarrasser du mythe national d’un Etat gallican détenteur de l’intérêt public et de la bonne définition de ce que c’est d’être français ?


Responses

  1. « Quand je serai absolument seul, je chercherai une religion (Thibétaine ou Japonaise), car je méprise trop le Koran, et au moment de la mort, j’abjurerai cette dernière religion pour bien montrer mon dégoût de la sottise universelle. »
    Beaudelaire , I presume.

    Ce qu’il ne présentait peut-être pas ( encore que l’exemple d’une certaine bourgeoisie allemande de son temps aurait pu l’alerter), c’est que l’adoption(!!) d’une religiosité orientaliste ( le bouddhisme me paraît le plus redoutable, car il s’agit d’une psychose « douce » à contours non-violents et maternants..) est déjà le fait explicite ou au mieux encore inconscient de nombre de nos « concitoyens » et d’élites mondiales désabusées ou hystériques; et ils ne sont pas près d’abjurer ceux-ci ( Analogie: évolution supersitieuse de l’Empire Romain à partir du 1er siècle après JC?)

    J’estime, en bon athée non tout à fait standard, que l’Eglise catholique se fourvoie en ne voulant pas mettre en avant et réafirmer officiellement certaines de ses racines occidentales ( que Tertulien, Augustin , Thomas et d’autres n’avaient pas reniées, eux).

    Je relis Pétrone, Boccace, Dante…. et la vie circule là dedans…

    Joyeux Noël à tous, de tout coeur.

  2. Vous présumez parfaitement. Baudelaire avait connaissance de ce mouvement qui allait aboutir, entre autres, à la théosophie et à l’occultisme, il en avait aussi l’expérience puisqu’il précède Céline dans le ralliement à la psychose antisémite qui lui vient du même lieu que le bon Louis-Ferdinand, une certaine configuration qui allie la conscience de la chute irrémédiable des hommes et de leur petitesse d’esprit, une fibre lyrique désenchantée, l’adhésion momentanée au socialisme, la fascination pour la Révolution et l’horreur devant la puissance technique qui est notre hybris destructrice.

    Pour en venir à l’Eglise, elle est homonyme à ce qu’elle fut, elle n’est même plus latine et tous les papes sont des cabotins qui ont transformé le magistère en prêche moralineux. On ne peut rien attendre d’une Institution qui n’a plus le goût de l’Infini et de l’au-delà, c’est-à-dire le cadre de la raison et le regard singulier de l’artiste.

    Parmi vos lectures, faîtes un détour par Lucain, vous verrez que la seconde sophistique est tout sauf le témoignage d’une décadence. Je vous offre cette introduction de la Pharsale : « Je chante les guerres plus que civiles dont la Thessalie fut le théâtre ; le crime prenant force de loi, un peuple puissant tournant ses mains victorieuses contre ses entrailles, deux camps unis par les liens du sang, l’Empire déchiré, toutes les forces du monde ébranlé servant à un crime commun, aigle contre aigle, Romain contre Romain »

    Voici le lien : http://remacle.org/bloodwolf/historiens/lucain/livre1.htm

    Joyeux Noël, Hippocrate, comme disait Pascal, Jésus est avec vous jusqu’à la fin des temps, même s’il se fait discret et porte des lunettes noires


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