Publié par : Memento Mouloud | janvier 10, 2015

Un matin dans la vie de Chérif K

Comme d’habitude, Chérif se réveilla et fit ses ablutions, c’était l’heure de la prière. Il réveilla Saïd qui dormait encore dans la pièce d’à côté. Amédy était prêt, du moins c’est ce que racontait Hayat. C’était le grand jour, celui où Dieu tient les mécréants sous sa ligne de mire. Il avait bien réfléchi, les égorger un par un prendrait trop de temps et puis le coup des poissons, ça l’avait refroidi question découpe. Ils avaient opté pour l’AK 47 parce que les explosifs, ça n’a pas le même effet du point de vue de la focalisation interne. La caméra Gopro marchait bien, il avait enregistré sa confession, il était en règle avec les siens et envers Allah. Il faut bien mourir un jour, autant éviter d’agoniser en livreur de pizzas. Saïd était d’accord, ils n’étaient pas vraiment le genre à torcher les gosses et à payer les factures et puis le crédit et puis l’assurance, enfin toutes ces conneries. De toute façon, ils ne savaient pas faire, ils n’avaient pas eu de parents, pas de maisons, même pas un pays, juste quelques trucs puisés au hasard. Question cul, c’était moins l’éclat’ que de sentir la décharge d’adrénaline après un shoot. Chérif regardait la photo de Charb, l’enculé allait crever. Il allait le bouffer son charia hebdo, il allait les chier par les trous de nez ses caricatures, il verrait bien ce que c’est que de défier Dieu, ce trou du cul de bourgeois français de mes couilles. Avec lui tous ses petits potes allaient se liquéfier avant d’y passer, le doigt de Dieu n’oublie personne quand il tient la gâchette.

Chérif ajusta ses fringues, il s’était un peu empâté, dix ans de plus et il finirait en salafiste loukoum, putain ce que c’est que de vieillir à coups de kébabs et de séances de muscu’. Il demanda à Saïd de vérifier le lance-roquettes et les grenades et puis l’adresse parce que franchement l’autre négro question repérage, il était pas au top, un vrai boulet ce gars.

Bonne année, Charb, bonne année, fils de pute.

Wallah, le père Noël est en retard. Il repensait aux flics, il s’apprêtait à les enculer au gravier, il les avait roulés dans la farine les limiers de la DGSI. D’ailleurs tous ces connards de français, il les avait manipulés avec ce qu’ils voulaient entendre. Les « je me suis rendu compte », les « j’avais peur », les « aveux », les « j’ai compris ». C’est ça le français. Depuis l’école que ça durait, depuis la zonzon, depuis l’orphelinat. Il sait pas bien le français que nous les arabes on est des chacals. C’est pas bien, peut-être mais qu’est-ce que tu veux devenir quand t’as rien appris dans leur école pourrie avec leurs putes de meufs qui te font des leçons de morale et se font tringler quand leurs enfants dorment, juste à côté.

Les livres, c’est un truc de meuf ou de pédale, un homme vit avec ses couilles et ses armes, son Dieu et son taf, les choses sont simples, pourquoi tout compliquer. C’est Iblis qui les drive.

Toutes des lopesas, des gouines, des enjuivés, tous pédés, dégénérés, à gerber. Je deviendrai quoi dans leur putain de monde, chef du rayon poissonnerie du Carrefour de Reims. La teuf quoi. « T’es sûr d’Amédy » lui avait demandé Saïd. Coulibaly, c’est pas un malin mais bon c’est un brave gars, au fond, au foot comme pour le djihad, on peut compter sur lui. Il embrassa son frère, « allez c’est parti Saïd, on va tous les niquer ».

Putain de ta race, ils s’étaient plantés de porte, allez vite Saïd, laisse la conne, on tue pas les meufs comme ça, tema, tema, la factrice. Chérif l’avait poussée et était tombé nez à nez avec une pouffiasse. Elle ressemblait à une journaliste, pas besoin de lui pointer la kalash sur la tête, elle se serait pissée dessus. Allez, fissa, conduis-nous chez Charlie, bouffonne. Elle avait le code, un larbin était là. « Où c’est la salle de rédaction, où c’est qu’il est Charb », Saïd poussait le gars du canon de son arme, il faisait jour, pas clair mais jour, ils étaient tous là, tous en rond, ils rigolaient les caves. Ils rigoleraient moins dans cinq minutes. Chérif demanda Charb, il s’était levé, une bastos l’avait couché. Les autres furent liquidés, de la même manière, la juive, on la réservait pour la fin avec ses grosses lunettes et ses talons hauts. C’est comme s’il tuait sa prof de français de cinquième, une libération, ça lui enlevait un poids. Il vengeait la Palestine bien sûr mais surtout ces années de merde, toutes ces années à se bouffer des CPE et des profs de français, d’Histoire, de SVT, de ce que tu veux. Mais les voir crever sans se battre, ces cloportes, c’était décourageant. Une sensation de démoustication, un truc à t’enlever la mission sacrée des mains. Comme s’ils n’étaient pas venus pour venger Dieu mais pour tirer la chasse ou nettoyer un hangar au karcher. Une fois la liste terminée, une fois la mission accomplie, en tuer d’autres, ça servait à rien, Chérif avait la nausée. C’était pas le sang, c’était, comment dire, comme étrangler un chaton dans un évier ou le fourrer dans un sac et le jeter dans la rivière. Wallah, il commençait à avoir pitié et puis il vit la journaliste et lui demanda de réciter le Coran comme il aurait demandé à une pute de le sucer, maintenant il fallait sortir de là. Et tout de suite. On devait les attendre, cette fois-ci, ils allaient au fight et c’étaient les flics qui allaient déguster. Chérif se mit alors à sourire et Saïd à hurler, « nous entrerons dans la carrière… » comme dit la chanson.


Responses

  1. J’aime beaucoup votre texte qui reflète ce que je pense.
    Un détail : le journaliste qui leur « a ouvert la porte » a d’abord essayé de les perdre en les conduisant au 3e étage alors que je journal était au 2e. Ce sont des voisins apeurés du mauvais qui leur ont dit de descendre…
    Avec deux Kalachnikov braqué sur elle, je trouve son attitude courageuse.

    Tant que j’y suis : l’abrutie de Hayat est de Villiers-sur-Marne (Haute Noues). Agréable quartier où est située la charmante mosquée el Islah que fréquentait l’ami Michael Dos Santos, le Portugais de Champigny devenu égorgeur professionnel d’otages en Syrie, etc. Et bien évidemment, tout cela n’étant absolument pas lié au grand banditisme (parlons plutôt de trafic de stupéfiants avec le Maroc, le sud de l’Espagne parfois la Hollande).

  2. Cliff, je ne sais pas quelle aurait été mon attitude dans son cas mais ce que je sais c’est que de taper le code d’entrée n’était pas exactement courageux.

    Merci pour les renseignements Cliff, décidément plus je lis, plus je constate que j’ai croisé dans ma vie un nombre d’endroits pourris remarquables où j’ai vu grandir, au fil des années, l’intégrisme à front de taureau. Tenez, visiblement Amédy Ducon et Chérif le boucher stockaient des clichés pédopornographiques sur leurs ordis, Encore une marque de la pureté islamique, j’imagine

  3.  » Comme s’ils n’étaient pas venus pour venger Dieu mais pour tirer la chasse ou nettoyer un hangar au karcher. »

    C’est bien dit et tragiquement vrai.

  4. Crédible.

  5. Merci Constance

    Presque un portrait craché Ag


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