Publié par : Memento Mouloud | janvier 17, 2015

Caricatures de Mahomet : la capitulation de Mulhouse (Alsace)

« J’ai pris la décision de suspendre cet enseignant pour le protéger, pour protéger la communauté éducative et le site. Mon rôle a été de ramener la sérénité dans l’école », explique le recteur Jacques-Pierre Gougeon qui a décidé, lundi, de suspendre à titre conservatoire un professeur d’arts plastiques du collège François-Villon de Mulhouse. L’enseignant exerce depuis une dizaine d’années dans cet établissement situé en zone d’éducation prioritaire (ZEP) qui n’existe plus.

Nous sommes en Alsace où le délit de blasphème est toujours inscrit dans le code pénal.

Le lendemain du massacre des journalistes désarmés de Charlie Hebdo par deux combattants franco-djihadistes, le professeur serait arrivé très énervé dans une classe de quatrième en jetant son sac à terre. Puis il aurait commencé son cours en projetant des caricatures de Mahomet, en demandant à ses élèves de les regarder. Un collégien lui aurait alors répondu que cela le gênait alors que les morts de Charlie-Hebdo, il  s’en battait un peu les c…

Les versions divergent ensuite sur les propos exacts qui ont été échangés et la manière de les dire. Selon le recteur, le professeur se serait emporté en lançant « Ici, dans mon cours, c’est moi le chef. Tu regardes… Si tu veux m’assassiner avec une kalachnikov, tu peux toujours le faire ». Les élèves auraient pleuré, terrassé par une violence verbale et symbolique insoutenable. Seule certitude, des propos virulents ont été rapportés par les élèves qui se prénomment tous François et Victor à leurs parents, tous agnostiques, on l’imagine. La situation a commencé à se tendre vendredi, après la prière, avec une menace de manifestation qu’on imagine unitaire, résonnant de manière particulière avec l’attaque du consulat français de Karachi ou les émeutes anti-françaises du Niger.

L’enseignant a été entendu et condamné par la principale du collège, Patricia Essner, qui a relaté cet entretien dans un rapport écrit digne de feu le KGB. Le professeur aurait expliqué avoir parlé sous le coup de l’émotion. La pression s’est encore faite plus forte lundi. Des parents d’élèves (toujours agnostiques) sont venus se plaindre auprès de la principale (une autre résistante) qui a pris une mesure d’éloignement contre le professeur coupable de blasphème islamophobe. De son côté, le recteur a décidé l’ouverture d’une procédure disciplinaire pour faute professionnelle grave. L’enseignant a été suspendu à titre conservatoire pour la période maximale de quatre mois. On ne connaît pas l’avis, courageux il va sans dire, de la ministrEsse des droits du genre à être enseigné à l’école publique.

Outre les propos que le professeur aurait tenus devant ses élèves, le recteur affirme que les dessins de presse ont été présentés « sans préparation pédagogique », il voulait dire psychologique, le musulman devant être préparé à rencontrer, traumatisme terrible, des énoncés étrangers à la charia dans une école française. Ce qu’Élisabeth Jacquet, secrétaire générale adjointe du syndicat Snes-Fsu 67, qui accompagne l’enseignant, conteste.

Le professeur sera entendu prochainement par le directeur des ressources humaines du rectorat, dans le cadre de l’enquête administrative pour délit de blasphème. Le dossier contient une vingtaine de lettres concomitantes d’élèves écrites conjointement par l’imam et des parents d’élèves relatant, en toute objectivité islamique, les faits. « Ces témoignages d’élèves vont dans le même sens… On ne peut ignorer ces faits, car s’ils sont avérés, ils sont graves », prévient Patricia Essner qui confond faits et témoignages, pétition de principe et réalité, avant d’expliquer que l’objectif de la procédure « est d’éviter les menaces de troubles à l’ordre public » qui viennent, on s’en doute, d’un enseignant en colère qui croyait vivre dans un pays laïc et uni dans la résistance au terrorisme et au chantage.

L’enseignant mis en cause est « très bien noté. C’est un professeur très engagé et très actif au sein de son établissement », souligne le rectorat qui tient à préciser que des centaines d’enseignants en Alsace ont présenté des caricatures (du pape) à leurs élèves (musulmans) dans le cadre de cours, de débats « qui se sont très bien passés ».

En attendant, l’enseignant en arts plastiques (discipline proprement hostile à l’Islam) prépare sa défense avec le soutien du Snes-FSU qui considère que ce professeur « a été sacrifié pour calmer le jeu. Même si au final rien n’est retenu contre lui, il restera un dommage. Un mauvais signal a été envoyé aux enseignants. Le recteur a dégainé trop vite ».

DNA / BAM


Responses

  1. Bientôt un attentat, « capitaliste rouge » celui-ci, contre « Fluide glacial »?

    http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/01/19/la-une-de-fluide-glacial-irrite-le-global-times_4558670_3236.html

  2. « Il est plus difficile pour les musulmans de changer leur foi que pour l’Europe d’ajuster sa conception de la liberté d’expression. Si les Français considèrent qu’un tel ajustement serait pour eux déchoir, alors leur quête de liberté d’expression s’apparente à une religion », ajoute le quotidien chinois.

    En résumé, le quotidien chinois explique à ses lecteurs que tous les musulmans sont des terroristes en puissance. Il paraît qu’ils aspirent à l’hégémonie planétaire ? On va regretter anglais et américains dans ce cas

  3. Que c’est triste d’en arriver là….
    Ayant travaillé dans ce collège, passant bientôt en rep+. Je peux vous dire qu’il faut s’armer de courage et ce dès la sixième pour y enseigner.
    Les élèves alimentés par leurs parents, développent le syndrome de l’enfant roi. Ces mêmes parents que l’on voit peu, ou pas, quand leurs enfants manquent les cours, « bleuttent », sont insolents, violents, voire menaçants envers leurs professeurs, sont montés au créneau sur ce sujet.
    Ce professeur aurait dû faire ce que je conseille aux prochains. Enregistrer vocalement les cours dits « à risque », comme preuve, car en cas d’incident personne ne les soutiendra. N’oubliez pas, les enseignants ont toujours tort dans notre société…..

  4. Sacrifier le maillon faible, c’est un peu la politique de l’Institution, Karima. C’est étrange, vous ne trouvez pas que l’éducation nationale soit le seul ministère qui ne protège pas ceux pour lesquels il existe, les enseignants. A mon avis, c’est délibéré


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