Publié par : Memento Mouloud | mars 18, 2015

Le Monde est fou, le Monde est beau (1)

L’HGM : L’Humain Génétiquement Modifié, c’est parti

Le socialisme moderne à l’œuvre ou comment démanteler le droit du travail

 Gérer la folie, un appendice des ressources humaines

L’esclavage en Méditerranée (XVI-XIXèmes siècles) : le prisme français

 

 L’HGM : L’Humain Génétiquement Modifié, c’est parti

Au moment même où un groupe de scientifiques publiait un appel à un moratoire sur les manipulations génétiques de futurs embryons humains, un reportage annonçait qu’un groupe de scientifiques aurait manipulé génétiquement de futurs embryons humains.

La coïncidence n’en est pas une. Les scientifiques pro-moratoire commencent leur lettre parNous croyons que des études seront bientôt publiées, impliquant l’usage d’outils destinés à modifier l’ADN d’embryons humains.Cette lettre est parue le 12 mars dans la revue britanniqueNature. Le 13 mars, le quotidien britannique The Independant publiait un reportage annonçant que des chercheurs de l’École de médecine de l’Université Harvard, à Boston, auraient d’ores et déjà tenté de modifier l’ADN d’ovules humains en utilisant une technique qui pourrait éliminer des maladies héréditaires des générations suivantes. La recherche a été effectuée sur des cellules ovariennes prélevées sur une femme porteuse d’un cancer de l’ovaire héréditaire, dans le but d’évaluer la possibilité de produire des embryons libérés de cette maladie héréditaire.

Les résultats en question n’ont pas encore été publiés, mais le fait que cette recherche soit menée à Harvard, et que «les études» auxquelles fait allusion la lettre, puissent également provenir d’Harvard, n’est pas une coïncidence non plus. Le magazine d’information du Massachusetts Institute of Technology (MIT Technology Reviewpubliait le 5 mars un long reportage sur ces mêmes chercheurs de Harvard et leurs «outils», appelés plus précisément «technologies d’édition du génome» ou CRISPR (pour les intimes: Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats).

CRISPR est testé depuis trois ans sur des porcs et des bovins —et rien n’empêcherait, en théorie, de le tester sur des humains, expliquait Luhan Yang, une postdoctorante de Harvard, d’origine chinoise, gravitant autour du généticienGeorge Church, un des experts mondiaux du génie génétique. Church s’est déjà prononcé en faveur de contrôles stricts sur les chercheurs qui voudraient utiliser CRISPR pour modifier l’ADN des cellules reproductrices humaines.

Le magazine du MIT signale qu’en plus du laboratoire de George Church, au moins un autre à Boston pousse dans cette direction, ainsi qu’une firme de la région, OvaScience, ainsi que des scientifiques en Chine et en Grande-Bretagne. Modifier les gènes d’ovule ou de spermatozoïde humain dans le but d’obtenir un embryon génétiquement modifié conçu par fécondation in vitro, serait illégal en Grande-Bretagne et dans 14 pays européens, mais pas aux États-Unis.

 ASP

 

Le socialisme moderne à l’œuvre

ou comment démanteler le droit du travail

 

Le projet du gouvernement socialiste consiste à donner des garanties à la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME), en leur assurant qu’il n’y aura pas de CHSCT (il a pour mission dans les entreprises de plus de 50 salariés de contribuer à la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs ainsi qu’à l’amélioration des conditions de travail. dans leurs entreprises). Le contexte est le suivant : avec la mise en place d’un délai de quatre mois pour la consultation des instances de représentation du personnel, instaurée par la loi du 14 juin 2013, il ne sert plus à rien de discuter avec la direction : celle-ci attend tranquillement l’écoulement des délais pour que passe ses projets, sans en changer une virgule. De plus avec la réforme Sapin (qui porte assez bien son nom) les inspecteurs du travail ont perdu 20 % de leurs effectifs. Il faut préparer les français à ce gisement d’emplois que sont les petits boulots. Le workin’poor est le pendant du rentier satisfait, le Janus moderne. Le gouvernement envisage la création d’une instance unique qui regrouperait les compétences du CE, des délégués du personnel (DP) et du CHSCT. Le gouvernement garantit uniquement le maintien d’une commission compétente pour les questions d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail pour les entreprises où il y aurait une délégation unique du personnel (DUP), délégation dont le champ serait élargi aux entreprises ayant jusqu’à 300 salariés. Or, en l’état actuel du code du Travail (appelé à un toilettage majeur), les élus du CHSCT sont encore en capacité de démontrer la mauvaise organisation du travail dans l’entreprise. Cela a été le cas à la FNAC, où les enquêtes et expertises des CHSCT ont permis de casser un nouveau plan de réorganisation qui aurait entraîné une dégradation des conditions de travail

 

 Gérer la folie, un appendice des ressources humaines

 

En 2010, la psychiatre Viviane Kovess-Masféty a remis un rapport sur la santé mentale au Premier ministre. Ce document est perclus d’expressions floues comme ’’bien-être’’, ’’réussir sa vie’’ ou ’’troubles existentiels’’. Ses conclusions ? La santé mentale concerne tout le monde. Au système de la psychiatrie (celle de l’asile ou du secteur), il faudrait en substituer un nouveau, qui traiterait de chacun de nous. Le titre du rapport est d’ailleurs très clair : ’’La santé mentale, affaire de tous’’.

Or 30 % des SDF sont psychotiques et 45 % des détenus des prisons françaises devraient être psychiatrisés. Ces gens ont été abandonnés mais ceci est une bonne nouvelle pour le directeur de l’hôpital psychiatrique de Nancy qui annonce fièrement que son ’’établissement accueillait deux mille personnes il y a vingt-cinq ans, quand il n’en compte plus que deux cent aujourd’hui’’, avant de rugir  ’’c’est une très bonne performance’’.

Si on schématise, on peut discerner deux étapes dans le traitement actuel de la folie. La première correspond au temps de la crise, quand le patient ’’pète les plombs’’. La société y répond par des outils de gestion délégués à l’hôpital – médicaments et chambres d’isolement. Pour des raisons budgétaires, cette phase est désormais raccourcie au maximum : il ne faut pas que la personne reste à l’hôpital trop longtemps. Dès qu’elle est calmée, on lui demande donc quel est son ’’projet de sortie’’, on la somme de se réhabiliter.

La deuxième étape relève de la chronicité, du temps long : ce n’est pas parce que vous n’êtes plus en crise que vous n’êtes plus fou. Dans le passé, c’était simple : l’asile gérait aussi bien la crise que l’après-crise. Et quand la psychiatrie de secteur s’est imposée dans les années 1960, cette idée a perduré – notamment avec la ’’continuité des soins’’ dans et hors de l’hôpital. Aujourd’hui, c’est fini. Une fois que le patient est sorti, l’hôpital s’en lave les mains ; il renvoie le patient vers des associations qui gèrent tant bien que mal la chronicité. C’est souvent un cercle sans fin, un ’’tourniquet’’ : les gens entrent et sortent de l’hôpital au gré de leurs crises.

Les gouvernements successifs insistent par exemple pour multiplier les conseils locaux de santé mentale, placés sous l’égide du maire d’une commune et réunissant divers secteurs : policiers, juges, psychiatres, représentants de l’Éducation nationale, etc. Ces conseils sont in fine chargés de gérer la santé mentale. J’ai rencontré l’un de ses animateurs, à Nanterre, et j’ai été frappé par un cas dont il m’a parlé. Il était question d’un type qui posait des problèmes dans son quartier, suscitant des plaintes et des mains courantes. En réponse, le conseil local de santé mentale a créé une cellule chargée de régler la question en douceur, avec un numéro de téléphone à appeler en cas de nouvelles crises. Cela pourrait paraître une bonne solution, évidemment préférable au recours à la camisole de force. Sauf que la question du soin était totalement évacuée. Il s’agissait juste d’empêcher cet homme de perturber davantage la vie de la Cité. Et tant pis s’il restait enfermé dans sa chambre, en souffrance, dans ses délires et sa parano.

L’idée que la folie, et notamment la schizophrénie, serait une question purement biologique s’est progressivement imposée. Elle permet d’innocenter tout le monde et de transférer la culpabilité à des gènes déficients comme à des sortes de diablotins. Guérir, vous n’y pensez pas, ce qu’il faut c’est gérer.

Patrick Coupechoux / BAM

L’esclavage en Méditerranée (XVI-XIXèmes siècles) : le prisme français

Quand j’ai commencé mon doctorat à l’université de Stanford, je me suis intéressée à l’histoire des Morisques – des musulmans convertis au catholicisme en Espagne. En 1610, Henri IV a accordé à 50 000 Morisques expulsés par le royaume espagnol le droit de traverser les Pyrénées pour s’installer en France. Dans la majorité des cas, ce ne fut qu’une étape vers l’Empire ottoman.

C’est en travaillant aux archives de la Chambre de commerce de Marseille que j’ai finalement pris connaissance de ces épisodes d’esclavage en Méditerranée. Un étudiant m’a indiqué qu’il y avait là des documents sur les esclaves musulmans en France et sur les esclaves français en Afrique du Nord. J’ai rapidement compris que les traces de cet esclavage ne se réduisaient pas à quelques mentions éparses et que cette documentation contenait de véritables récits de captivité, où il était notamment question de rachat d’esclaves français retenus au Maghreb. De fait, il s’agit d’un vaste sujet, très peu étudié, surtout à partir du début du XXe siècle.

Malgré le travail de Fernand Braudel, qui a élaboré l’idée d’un ’’espace méditerranéen’’, la France est souvent représentée et étudiée en tant que puissance moderne septentrionale, sans égard pour sa dimension méditerranéenne. Et puis, le fait que d’anciens sujets coloniaux aient pu maintenir des Français en esclavage ne plaisait pas à tout le monde… Par conséquent s’est imposée l’idée selon laquelle les ’’Barbaresques’’ se livraient à des attaques maritimes uniquement contre leurs plus proches voisins européens – Espagnols, Italiens et Portugais.

Il y avait également des corsaires chrétiens – y compris des Français – qui s’en allaient piller les navires et les côtes du Maghreb. Sur les deux rives, on les nommait du terme arabe ’’ra’is’’. Il s’agissait d’un phénomène bilatéral, sinon symétrique. Certains corsaires barbaresques étaient même des Européens convertis à l’islam par intérêt lucratif. Par exemple, Murat Reis, connu pour avoir enlevé 800 personnes à Reykjavik, était à l’origine un Hollandais répondant au nom de Jan Janszoon.

Pour leur part, les corsaires, chrétiens ou musulmans, s’emparaient des navires ennemis afin de prendre possession des cargaisons et des équipages. Les prisonniers étaient vendus comme esclaves ou retenus en captivité pour obtenir des rançons. L’argent de ces dernières a largement irrigué l’économie des villes portuaires du Maghreb, mais aussi celle de ports européens comme Livourne. Quant à la royauté française, elle a mis beaucoup d’énergie à capturer et à acheter des ’’Turcs’’, afin d’en faire des rameurs pour sa flotte de galères royales.

En dépit de la maxime ’’Nul n’est esclave en France’’, les administrateurs et les théologiens se sont ingéniés à justifier l’esclavage des Nord-Africains. Parce que Louis XIV voulait réellement posséder des rameurs turcs – au premier rang desquels les ’’Barbaresques’’. Et surtout parce que la royauté française entendait faire taire les critiques qui lui étaient adressées depuis le XVIe siècle au sujet de ses relations diplomatiques avec l’Empire ottoman. Ces rameurs faisaient ainsi fonction de symbole de sa puissance et de preuve de sa catholicité. Mais en réalité, il y avait aussi des juifs, des chrétiens et surtout des protestants sur les galères du roi de France.

Un certain nombre d’historiens travaillent aujourd’hui sur le commerce des captifs en Méditerranée, à l’image de Wolfgang Kaiser en France. Ils ont notamment montré qu’il existait de nombreux intermédiaires dans ce commerce, souvent des marchands, qui pouvaient par exemple prêter l’argent de la rançon aux détenus. Ou bien acheter un ’’Turc’’ dans le port de Livourne – il s’y tenait un grand marché aux esclaves – pour ensuite l’échanger directement contre un esclave retenu en Afrique du Nord, ou contre un rameur des galères de France. En outre, deux ordres religieux catholiques rédempteurs (les Trinitaires et les Mercédaires) s’étaient spécialisés dans le rachat d’esclaves ; ils étaient motivés par la peur de voir ceux-ci se convertir à l’islam.

L’entraide familiale était aussi très importante. Si l’on ne faisait pas tout pour racheter un parent retenu en captivité, on n’était plus digne d’hériter. Les familles s’endettaient, les épouses missionnaient des notaires, écrivaient des lettres aux institutions régionales, etc. Le code de la famille était même exceptionnellement aménagé pour l’occasion : les femmes pouvaient aliéner leur dot, ou vendre le bien de leur mari ou de leur père pour le sauver. Quand il s’agissait de rétablir l’ordre familial, l’infériorité liée au sexe, notamment juridique, était levée.

A la différence d’autres pays, la France avait dès le Moyen Âge développé des accords avec Alger, grâce à Marseille. Les États existaient bel et bien, mais le sort des captifs n’a pas toujours été leur priorité.

La libération des captifs a progressivement acquis une forte charge symbolique : être capable de libérer ses sujets correspondait à une démonstration publique de puissance. Les processions d’esclaves affranchis à travers la France et la diffusion des récits de captivité – organisée par les Trinitaires et les Mercédaires – ont ainsi pris une importance particulière sous Louis XIV. En plus de libérer, l’État et l’Église avaient aussi à cœur de montrer qu’ils acceptaient de réintégrer un sujet ’’sain’’. Soit un sujet qui n’avait pas été contaminé physiquement par la peste5, moralement par la sodomie, et spirituellement par la conversion – les trois périls barbaresques selon l’imaginaire de l’époque.

Cette ostentation de la réintégration résonne fortement avec cette tendance qu’avait la royauté des années 1680 à vouloir unifier la France catholique contre les protestants. En ce sens, les rachats de captifs étaient également une manière de déterminer qui était français et qui ne l’était pas. À cette époque, la monarchie a ainsi décidé que seuls les catholiques pouvaient être rachetés par l’État. Dès lors, les captifs ont dû adresser leurs lettres directement au roi, plutôt qu’aux familles et institutions de leur ville d’origine. C’était une manière de les pousser à déclarer publiquement leur appartenance religieuse et à faire allégeance au roi.

Les marchands, de même que les communautés françaises libres installées à Alger et à Tunis, s’opposaient d’ailleurs aux efforts militaires du roi (sièges, bombardements d’Alger) pour récupérer les captifs, car ils estimaient que ces actions pénalisaient le commerce et les échanges.

J’ai trouvé dans les registres de la chancellerie de la France à Tunis des procurations de Français convertis à l’islam autorisant leur famille à vendre leurs biens, ou leur accordant une somme d’argent. Alors qu’en théorie ils avaient renoncé à leur patrie d’origine, ils ont pu conserver des liens avec la France. Cette dernière acceptait aussi assez facilement de réintégrer les renégats. On trouve ainsi de nombreuses lettres de captivité adressées au roi indiquant : ’’Je suis devenu musulman en apparence, mais je suis resté chrétien du fond du cœur.’’ Les relations et les appartenances étaient plus fluides et duales que la manière dont on les représente souvent.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les termes esclaves et captifs étaient synonymes en France ; ils désignaient tous deux une capture fondée sur une différence de religion. Les musulmans du Maghreb étaient alors vus comme des ennemis, mais sans être considérés comme culturellement inférieurs aux Européens. Le développement de la traite négrière a ensuite progressivement modifié la manière de concevoir l’esclavage en Méditerranée. L’idée selon laquelle un Blanc ne pouvait plus être esclave s’est développée tout au long du XVIIIe siècle.

Lors de la campagne d’Égypte, Napoléon a fait une halte à Malte, où il a symboliquement libéré les esclaves maghrébins ; dans le même temps, il ré-institutionnalisait l’esclavage à Saint-Domingue. Comme nombre de ses contemporains, il n’était pas totalement opposé à l’esclavage ; seul celui des Blancs lui semblait intolérable. Cet argument de libération, qui ne correspondait pourtant plus à une situation réelle dans les provinces ottomanes du Maghreb, a d’ailleurs servi de prétexte à la conquête de l’Algérie en 1830.

Il faut situer cette conquête dans un temps plus long. J’ai constaté au fil de mes recherches que la question des captifs est revenue dans les esprits avec les guerres d’indépendance de la Grèce (1821-1830) – on prétendait alors que des femmes hellènes avaient été mises en vente sur des marchés aux esclaves par des Turcs. C’est là que la peur a changé de nature en France. Auparavant, la menace de la conversion concernait l’âme des hommes. Mais désormais, c’est le corps des femmes blanches qui était considéré comme exposé au viol et au métissage. Ce type de fantasme s’est mélangé à l’argument de l’abolition de la traite des Blancs, lui-même lié à une volonté affichée de conquête libératoire. Et tout ça a servi de prétexte à la conquête d’Alger. Sauf qu’à l’arrivée de l’armée expéditionnaire, il n’y avait que 120 captifs à Alger (et pas la moindre femme). Dans le même temps, des captifs et captives musulmans étaient encore retenus en Europe méridionale.

Lors de la conquête de la province ottomane d’Alger, la France a élaboré un discours fondé sur l’idée de libération : les Français venaient libérer les Blancs de l’esclavage des Nord-Africains, les Algériens du joug ottoman, les mers de la piraterie, les terres mal cultivées par les Ottomans, le commerce, etc. Sauf que la première justification de cette expédition de conquête – la libération des captifs blancs retenus à Alger – reposait sur une réalité très largement fantasmée.

Gillian Weiss

 


Responses

  1. Il se trouve que je connais de très près l’ un des « inventeurs » du CRISPR ( et ce n’est pas à Harvard), un chercheur « fondamental » et non applicatif.

    Compte tenu des possibilités thérapeutiques offertes, tant en préventif par modification de l’ADN humain, qu’en curatif , et compte tenu également des sommes investies et des profits attendus….la messe est dite….

    • Vous avez raison Hippocrate, nous sommes après la catastrophe, elle suit son cours, c’est tout

      • Il y a apparemment du Nobel dans l’air pour le CRISPR, soit en médecine, soit en chimie….mais ceci n’est qu’un bruit
        D’où, vu l’importance de tous ces enjeux, une certaine « excitation » autour de ce thème

      • Les scientifiques font leur boulot, le problème c’est que tout ceci se résorbe en techniques donc, dans notre société moderne, en dispositifs marchands et au final, le marché fonctionne au fétiche

  2. Attention, attention… Sur les psychos carcéraux.
    Si effectivement vous avez des individus qui relèvent de la pathologie psychiatrique et encore, je m’exprime par empirisme et pas par expertise, on a, dans un premier temps, les psychos qui ne l’étaient pas à l’arrivée.
    Promiscuité, bruit permanent qui trouble le sommeil et qui dérègle le fonctionnement et là je parle en connaissance de cause, toxicomanie palliative qui augmente en fait les précédents dérèglements, sur développement de la survie, donc de l’agressivité, dans un milieu violent dont on ne peut s’extraire, vous obtenez très logiquement des perturbés.
    Je vais être odieux et jusqu’au boutiste, ce n’est pas un problème. En tout cas pas le problème de la société au sens où je l’entends même si le sous dimensionnement de l’outil carcéral est déplorable. C’est à lier avec la gestion jmenfoustiste/comptable de l’ensemble des outils nationaux depuis 30 ans et ce n’est certainement pas ce point en tant que citoyen que j’attends qu’il soit traité en premier.
    Les premiers responsable restent pour moi ceux qui entrent en prison et, à l’époque contemporaine, ils savent très bien pour quoi ils y vont.
    Ensuite vous avez les psychos « utiles », ceux dont le diagnostique permet bien opportunément soit de passer a travers les mailles du filet, soit de refiler la patate chaude a une autre institution et in fine pour tout le monde, de s’en débarrasser en les remettants dans la rue bonne conscience et ordonnance délivrée officiellement.
    Reste la fraction d’ « originels » qui si ils sont atteint de je ne sais quoi, représentent tout de même une menace que le corps médical n’a pas à assumer. D’où l’utilité d’une structure mixte -carcéromédicale ?- mais on retourne au point de l’investissement soulevé plus haut.

    • Je le vois comme ça Ag : la société du bien-être médicalisé, de la désintégration bio-psychique et sous surveillance permanente est faite pour le ¼ de la population qui s’estime le sel de la Terre mais fait dans son pantalon quand elle jette un œil sur l’écran de contrôle ou dans un wagon de RER voire entame une discussion sérieuse avec un « popu », le reste est laissé à la dérive, tout grouillant d’une défaite programmée dans un paysage d’une laideur uniforme. Dans ce magnifique parc à thèmes vous n’avez que quatre possibilités : vous intégrez la petite et grande-bourgeoisie du bien-être planétaire en défendant becs et ongles votre « place » provisoire, vous entrez en dissidence permanente, vous intégrez un groupe de prédateurs armés quelconque, vous végétez dans le ressentiment et le sentiment perpétuel du presque-rien

  3. L’option prédateur armé me plait beaucoup.
    C’est la notion de groupe où çà coince…
    Remarquez, je n’ai aucune inquiétude en cas de basculement, à l’ukrainiene. Ni pour moi, ni pour le 1er groupe évoqué, considéré comme perdu voir comme appât pour faire sortir les prédateurs armés concurrents.
    Les dissidents comme les végétatifs ne sont qu’une seule entité qui s’exprime différement, ils sont sauvables.

    La laideur est manifeste. Urbanistiquement. Vous vous promenez dans une ville de province, Metz, çà vous saute au yeux. Les commerces, familliaux ou privé indépendant disparaissent au profit de chaine ou de filliale de groupe avec leurs mêmes devantures, leurs mêmes logos sortis des mêmes boites de pub avec leurs mêmes caractères fluo vert ou orange quand il s’agit de produit bas de gamme doré ou bleu nuit quand on monte un peu.
    Vous aviez un patrimoine architectural et historique qui, je vais l’avouer, n’est pas rasé, mais supplanté ou masqué par des réalisations « modernes » une ligne de bus (le métis, tant qu’a faire…), georges pompidou II, gouffres financier justifié par « il fallait le faire ! ».
    Je suis intimement persuadé que ces réalisations, maquillées sous un vernis culturel ou artistiques, sont les temples ou les symboles d’une religion qui se découvre de plus en plus.
    Bon puis quand vous voyez les travaux fait par Bouyges, qui s’occupe aussi de l’immobilier des zones réaménagés, zones où le bon maire a trouvé le projet judicieux au point d’y choisir SON appartement, vous avez certains fils qui commencent à se voir également.
    Vous pouvez déambuler pendant trois heures dans l’hyper centre, forcément piéton mais bon, sans voir une patrouille de flic nationaux. La sécurité passive sans doute. Les municipaux sont présents certes mais se cantonnent à de l’affichage rapport à leurs prérogatives et sans être méchant, leurs compétences.
    Et sans avoir changer de catégorie sociale, le nombre de traine latte est impressionnant. Chacun prenant de soin de renforcer la caricature, qui de la petite crevure qui semble vouloir que le terme de bougnoule soit remis au gout du jour vu l’attitude, qui du punk à chien aura son fringue de marque le plus crasseux ou son percing le plus mal placé, qui du clandestin de la corne de l’afrique semblant souhaiter finir en centre de rétention pour ne pas avoir a bosser pour manger ou retourner au pays, tout le monde à son joint et encore j’étais en heures creuses…
    Hé, même les crétins ne restent plus a leurs place et se permettent de la ramener. Le type revient avec son appareil pour lui défectueux car ce con insère les piles AVEC L’EMBALLAGE dans celui-ci et il se permet de râler !!
    L’obscurantisme moderne. Même pas besoin de suivre les thèses sur les chem trail ou d’autres conneries. Vous l’avez devant vous au guichet !
    Sans déconner, meme en cas de naufrage, ces gens n’ont que ce qu’ils méritent.
    J’en viendrait presque à le souhaiter. Une forme de reset ou de nettoyage de printemps.
    Faudrait pas grand chose. Un gros bug, genre un flingage dans une mosquée avec le type qui crierait « je suis charlie » mais au carré.

    • Vous attendez la fin Ag ? La laideur comme vous le dîtes est évidente mais je la crois liée à une profonde bêtise hexagonale. Les français sont persuadés qu’ils sont le pays où la conversation est naturellement fine et intelligente, la gastronomie excellente, le patrimoine architectural sublime, la politique démocratique, une tradition. Bilan ils ont laissé leur langue s’effondrer, la recherche crier misère, la bouffe immonde métastaser en tous lieux (si possible centraux), les zones commerciales s’étendre en une sorte de royaume du clinquant et de la tôle ondulée, les libertés s’effilocher. C’est ainsi, ce peuple doit sortir de son rêve éveillé d’être le plus grand peuple de la terre si bien qu’il oscille entre apathie et collaboration avec le puissant du moment.

  4. Mémento, je vous cite : « Dans ce magnifique parc à thèmes vous n’avez que quatre possibilités… »
    Personnellement, je réduis à deux (comme le pile-face d’Hippocrate) mais en attendant Godot — et surtout en pensant plus à Darwin qu’à Charles (Marx, pas Magne). Sachant qu’après deux, il y a sans doute 3, que 1 et 2 créent en pensant en être les vrais géniteurs, mais en n’imaginant jamais qu’il ne soit pas leur résultante ; sachant que le 3 se fout parfois de leurs mauvais plans tirés sur une improbable comète qu’il ne veut être ou ne sera jamais, du reste.
    Suis-je clair ? (Dites-moi toute la vérité et surtout, n’hésitez pas à m’engueuler)
    Bien à vous.

    • Bonjour Martin-Lothar ( Lothar n’était t’il pas le nom du compagnon africain de Mandrake le Magicien?)

      Le « 3 » est bien connu des psychanalystes à l’ancienne, sous la fonction de « tiers structurant »: être deux , c’est toujours, pour l’inconscient, au moins être trois

      Le femmes connaissent d’instinct le « 3 » sous le nom de « papa »
      ( Pour sourire un peu, je l’espère: contrairement aux protestants pour lesquels la rédemption passe par l’argent, et aux catholiques pour lesquels ils passe par la grâce, celle de la femme passe par le chocolat)

      Les quatre possibilités offertes par Memento me paraissent un excellent éventail de ce que je peux constater, une parfaite taxinomie d’animaux comportementaux, mais également des conflits intraindividuels de nombre d’individus qui ne sont point aveugles; Weber parlait de la « cage de métal », les écolos proposent d’y substituer une cage de bambou bio recyclable; je peine à inventer un qualificatif « percutant » métaphorisant la cage décrite par Memento, tant ses barreaux sont dilués.

      • Hippocrate : pas trop le temps de vous répondre en détail, mais en ce qui concerne mon pseudo, c’est d’emblée une référence aux deux tempêtes (ouragans) de décembre 1999 (quelques heures avant l’an 2000) qui ont ravagé toute l’Europe du Nord au sud en passant par l’ouest et l’est.
        Par ailleurs : Martin => Saint-Martin, légionnaire romain ayant été charitable à Samarobrivum (Amiens, 8-0, Gaule chevelue, sinon Belge)
        Lothar (Lorain, en passant par la Loraine, les Flandres et la Bourgogne) : petit-fils de Charlemagne, spolié de son héritage par ses deux autres cousins (Germains et pas toujours francs)
        Enfin (et notamment, je fais bref, comme disait Pépin) : calembours-joie avec « Martin Luther » qui lui aussi a foutu un sacré bordel en Occident…
        C’est du quantisme tout ça ; pas de l’Histoire ancienne et quand je pense que 3 (futur) n’est pas forcément la somme ou la résultante de 1 (passé) et de 2 (présent), je ne mélange ni les causes, ni les conséquences : je rêve (donc je cherche et enfin je suis)
        Bien à vous

      • On pourrait distinguer une relation ternaire : x représente y pour z et une relation duelle x s’oppose à y, la première (catholique aussi) me paraît assez bien fonder la psychanalyse

    • Vous causez filiation ?

      • Filiation?

        Entre autres; la mise en place d’un couple par une femme ( couple hétérosexuel le plus souvent mais pas seulement) se fait « sous le regard de papa »….

        Le « tiers structurant » apparait dans certains rêves ou « il y a un autre » en arrière fond, non facilement nommable ni acteur, mais témoin à peine discernable, parfois perçu comme un double.

        « x représente y pour z et une relation duelle x s’oppose à y, la première (catholique aussi) me paraît assez bien fonder la psychanalyse ».
        Oui, ça me paraît pas mal;.
        D’ ailleurs, l’on y retrouve l’une des questions princeps (comme dans les sciences de la structure et de la nature); si l’on ne peut que cerner de relations entre les choses, quelles sont les parties les plus pertinentes que nous devons choisir afin d’en délimiter les relations?
        Il y a dans ce choix une grande liberté, mais liberté ne signifie pas arbitraire..

      • ni illimitation puisque toutes les relations ne sont pas vraies, je me trompe ?

  5. « Je le vois comme ça Ag : la société du bien-être médicalisé, de la désintégration bio-psychique et sous surveillance permanente  »

    http://www.atlantico.fr/decryptage/vraie-bombe-reforme-touraine-disparition-secret-medical-frederic-bizard-2045297.html

    Ce qui est décrit dans cet article n’est qu’une partie de la partie émergée de l’Iceberg.
    La prochaine « obligation volontaire » de transférer des données médicales personnelles vers des « clouds », et non pas directement entre professionnels, est plus que dans les tuyaux.

    Qu’en sera t’il du secret médical, ultime bastion de l’intimité, dans le cadre de la nouvelle » loi sur le renseignement »?

  6. « ni illimitation puisque toutes les relations ne sont pas vraies, je me trompe ? »

    « ni illimination », c’est clair, à mes yeux du moins;

    L’illimitation peut cependant être « touchée » dans une perte de maîtrise ( orgasme féminin) ou dans une situation de non savoir ou dans état de grâce créative; mais il s’agit là d’une expérience humaine, « vraie ».

    L’illimitation du délirant, du psychotique, est un « hybris » de toute puissance où tout est, au fond, logique ( comme dans un rêve), mais où c’est l’effondrement psychique , la parcellisation, la rupture définitive des relations entre les parties de l’âme, qui est coûte que coûte combattue: serait ce celà, le « non vrai »?

    • Il me vient une définition du délire : un gouffre qui parle

      • Excellente définition

  7. « Vous attendez la fin Ag ? »

    Purée oui !!! Histoire de vivre vraiment. Attente illusoire malheureusement.

    • Vivre vraiment ou se décider à vraiment vivre, Ag ?


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