Publié par : Memento Mouloud | mars 18, 2015

Semaine du 9 au 15 mars 2015

alfredo

Aide à la fin de vie

Areva, sous-traitance, flexibilité et matériau humain :  le cocktail européen

Petrobras ou l’affairisme progressiste est sans frontières

Tiers-payant : vers une implosion de l’assurance-maladie ?

Les sondages sont truqués, et alors ?

Wolfgang Schäuble : le dernier baroud d’un revanchard

La Grèce au bord du KO : c’est parfait Goldman Sachs avait parié

Qu’est-ce qu’une antiquité ? Un truc qui rapporte, coco

Aide à la fin de vie

chouette 1

« Quand vous êtes handicapé(e) de moins de 60 ans, la solidarité nationale finance à 100 % les aides nécessitées par le handicap, même si c’est 24 heures par jour ; quand vous êtes handicapé(e) de plus de 60 ans, seules quelques heures par jour (trois-quatre environ) sont ainsi financées. Le reste est à charge de la personne ou de sa famille. Et ce reste, si ça passe par des professionnelles déclarées, etc., peut aller jusqu’à plus de 6 000 euros par mois. »

Jérôme Pellissier

Areva, sous-traitance,

flexibilité et matériau humain :  

le cocktail européen

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Areva vient d’annoncer des pertes de 5 milliards d’euros pour 2014 dues en partie au chantier de l’EPR en Finlande. Et, du côté de la France, à Flamanville, dans la Manche, le réacteur en construction s’avère être le plus performant en termes de fraudes à la législation du travail, le plus risqué pour les ouvriers et le plus coûteux. Sur ce chantier pharaonique, ouvert fin 2007, trois principaux acteurs : EDF, le maître d’ouvrage, Areva, concepteur et fournisseur du réacteur, et Bouygues pour le génie civil, c’est-à-dire bétonnage et ferraillage. Initialement estimé à 3,3 milliards d’euros, l’EPR dépasse aujourd’hui les 9 milliards et accuse cinq ans de retard.

En mai 2011, à la suite d’un contrôle portant sur la situation des travailleurs polonais et roumains, l’Autorité de Sûreté Nucléaire découvre que des ouvriers polonais, embauchés par Bouygues via la société irlandaise Atlanco, sont en situation irrégulière : absence de contrat de travail, de couverture sociale. Le procès, ouvert, le mardi 10 mars à Cherbourg, est l’aboutissement de trois années d’enquête dont vingt mois de perquisitions et d’auditions menées par les gendarmes de l’OCLTI (Office centrale de lutte contre le travail illégal), sous la direction d’Éric Bouillard, procureur de la République. Il s’agit là d’une des plus importantes affaires de travail illégal jugées en France.

Ce que risque Bouygues ? Une amende de 225 000 euros mais, aussi, l’éventualité de devoir participer financièrement aux pertes subies par les organismes sociaux. Les premières estimations données par l’Urssaf les évaluent entre 8 à 10 millions d’euros.

Un « travailleur détaché » peut travailler dans un pays membre de l’Union européenne dans le respect du salaire et des conditions de travail du pays d’accueil, tout en restant assuré dans le pays d’établissement de son employeur. La législation européenne permet donc de facto un dumping social puisque les cotisations patronales sont de 38,9 % pour en France, 18,81 % en Pologne, 8,5 % en Irlande et 6,3 % à Chypre. Or, dans le cas du chantier de l’EPR, près de 500 ouvriers, roumains et polonais, n’avaient aucune protection sociale, un grand nombre n’avaient pas de congés payés, certains aucun bulletin de paie et d’autres devaient prendre en charge les frais de logement, de transport voire d’équipement de travail, y compris de protection individuelle.

Les conclusions de l’enquête indiquent que l’un des cadres de Bouygues était particulièrement « préoccupé par la nécessité de disposer toujours en temps réel du personnel qu’il estimait nécessaire ». Pour cela, l’entreprise dispose d’un logiciel de « gestion de main-d’œuvre ». Son principe : calculer les besoins en bras en fonction du tonnage de béton à réaliser. Flux tendu et coulée continu, si un romain ou un polonais finit dans la fosse, on le remplacera par un ukrainien ou un moldave. Les gendarmes de l’OCLTI relèvent le cas d’un ouvrier qui a travaillé un an sans interruption. Il faut croire que le type était résistant comme on dit pour les matériaux.

« Je me suis présenté dans leurs bureaux de Cracovie et j’ai signé le contrat. C’était rapide, ils ne m’ont pas demandé plus…Les paies annoncées étaient très correctes. »  600 euros en Pologne, 1 400 à 1 600 à Flamanville. « Mais au final, ce n’était pas ce qu’on touchait vraiment. ». Diligente, la société Atlanco prélevait les impôts et le nécessaire pour leur couverture médicale, du moins c’est ce qu’elle prétendait et puis le polak est un bon percheron, ça tombe pas malade le polak, c’est résistant.

« J’ai commencé à me poser des questions lorsque j’ai vu des ouvriers blessés devoir se soigner eux-mêmes. Si la blessure n’était pas importante, ils pouvaient reprendre le boulot. Mais l’un d’entre eux a fait une mauvaise chute de deux mètres. On lui a dit qu’il devait rentrer dans son logement et s’il ne pouvait reprendre le chantier, repartir en Pologne. C’est ce qu’il a dû faire. C’était comme s’il était éliminé, en fait. J’ai compris qu’on n’avait aucune couverture médicale. Lorsque je me suis ouvert légèrement la main, j’ai dû prendre en charge tous les frais médicaux. Par chance, je ne me suis arrêté que quelques jours et j’ai pu retourner travailler. »

Le maillon faible mais pour de vrai, un show d’enfer, si ça se trouve on devrait aussi les recruter pour The Voice.

Sur 377 accidents du travail enregistrés sur une année, 112 n’ont pas été déclarés. Ce dispositif de casse avait alarmé les infirmières qui, malgré les pressions exercées, décidèrent de rendre compte de ces refus d’enregistrer les incidents comme autant d’accidents du travail. On a rien sans rien n’est-ce pas, mais ces salopes ne comprennent rien, totalement gangrénées par l’idéologie pédago-marxiste, elles ont pourri les registres d’une encre droits-de-l’hommiste.

« Apparemment on était beaucoup moins cher que d’autres sociétés. C’est la raison pour laquelle Bouygues a continué à travailler avec Atlanco. Le manque de documents, et notre situation, n’a pas posé problème. Et malgré le manque de documents, Bouygues n’a pas arrêté le travail sur le chantier. Le seul jour où Bouygues a eu un problème avec nous sur le chantier, c’est lorsque certains ouvriers polonais ont fait grève pour avoir des précisions sur leurs situations. Mais c’était déjà en mai 2011. Et comme ils ont bloqué l’entrée du chantier et ralenti le travail, cela a posé un problème à Bouygues. »

Le géant du BTP connaissait déjà bien cette agence d’intérim pour avoir travaillé avec elle sur le chantier de l’EPR en Finlande. Les mêmes causes, les mêmes effets. En 2008, un préavis de grève avait été posé sur le site finlandais pour exiger de mettre en règle les 300 ouvriers polonais dépourvus de toute couverture sociale. L’Europe de l’Atlantique à la Carélie, un truc de ouf.

Petrobras ou l’affairisme progressiste est sans frontières

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Deux mois après le début de son second mandat, la popularité de la présidente Dilma Roussef est au plus bas. Quelque 42 % des Brésiliens jugeaient son gouvernement « excellent ou bon »en décembre dernier selon l’institut de sondages Datafolha. Le 8 février, cette proportion tombait à 23 %. Il faut remonter à 1999, alors que le président conservateur Fernando Henrique Cardoso dirigeait le pays, pour retrouver un chiffre aussi bas.

Cela fait un an que le Brésil vit au rythme des révélations déclenchées par une gigantesque enquête policière baptisée « Lava-jato » (littéralement, « Karcher »). Au fil des opérations, la population découvre une surfacturation quasi systématique des dépenses en infrastructures de l’entreprise, bénéficiant aux principales entreprises du secteur du bâtiment. Ces dernières se sont organisées en cartel pour se partager les marchés, faisant enfler la facture et reversant une commission variant de 1 % à 3 % du montant des contrats à une poignée de cadres véreux de l’entreprise.

Une partie de ces fonds détournés – près de 10 milliards de reais soit 3,4 milliards d’euros selon la police – étaient ensuite redistribués aux politiques de sept partis, membres pour la plupart de la coalition au pouvoir. Après avoir fait l’objet de plusieurs fuites, la liste des élus faisant l’objet de poursuites a été rendue publique le 6 mars. Dénoncés par les cadres de l’entreprise ayant accepté de collaborer dans l’enquête en échange d’une réduction de peine, 49 politiques sont ainsi montrés du doigt, dont le président du Parlement Eduardo Cunha et celui du Sénat Renan Calheiros.

Alliées de tous les gouvernements depuis les années 1950, les « sœurs » du bâtiment, comme on les appelle en référence à leur puissance, sont traditionnellement épargnées par la justice, les élus, et la presse, qui leur doit de nombreux encarts publicitaires. Pour la première fois, des corrupteurs sont également interpellés par la police.

L’ampleur du scandale Petrobras se justifie par le poids de la compagnie. Contrôlée par l’État tout en étant cotée à São Paulo et New York suite à son ouverture de capital, c’est la première entreprise d’Amérique latine. Elle représente 10 % du produit intérieur brut (PIB) brésilien, et 15 % du total des investissements du pays. C’est aussi la principale source de subventions de toutes les manifestations culturelles. Ce qui prouve la nature subversive des artistes contemporains.

Les enquêteurs estiment que le procédé de détournement est vieux d’au moins quinze ans, remontant à l’époque du gouvernement conservateur du président Fernando Henrique Cardoso. Son actuel organisateur, Paulo Roberto Costa, l’ex-directeur de l’approvisionnement de l’entreprise pétrolière, a résumé avec cynisme sa banalité : « N’ayez aucune illusion, ce qui s’est passé au sein de Petrobras se passe dans tout le Brésil. Pour les routes, les chemins de fer, les ports, les aéroports, les barrages, dans tout le Brésil, il suffit de se renseigner », ça se passe aussi dans tous les pays, dans le cas de l’industrie financière, c’est même parfaitement légal.

En 2010, Luiz Inacio Lula da Silva a mis fin au régime de concession alors en vigueur faisant de l’État le seul propriétaire du pétrole, et donné à Petrobras un monopole sur la rente pétrolière : l’entreprise doit être associée à hauteur d’au moins 30 % à toutes les exploitations. La loi a également institué une politique de préférence nationale pour les fournisseurs. Le circuit de la corruption est dès lors verrouillé.

La présidente ne contrôle plus rien. L’oligarchie l’a lessivée, elle va achever la baleine avec l’aide de centaines de milliers de gens très chics et d’autres, plus nombreux, qu’elle paiera. Ainsi le député Eduardo Cunha est élu à la tête du Parlement, contre la volonté de la présidente. Cet homme tient l’agenda, la distribution de certaines prébendes et les attributions des commissions parlementaires d’enquête. C’est l’homme fort, son rouleau compresseur va enfoncer l’Eglise catholique dans les méandres du passé, la contre-révolution libérale sera évangélique ou ne sera pas.

Le gouvernement ressemble à un Arlequin de médiocrités. La politique de la ville est confiée à Gilberto Kassab, ex-figure de l’opposition, dont le passage à la tête de la mairie de São Paulo, entre 2006 et 2012 est resté dans la mémoire de la plus grande ville d’Amérique latine comme un désastre. Le ministre des sciences et technologies Aldo Rebelo, ex-communiste, est un forcené du productivisme, le ministère des sports a été confié à George Hilton qui a la faveur des évangélistes. Katia Abreu, principale représentante du complexe agro-industriel brésilien, elle-même grande propriétaire terrienne, a ainsi été promue ministre de l’agriculture. Lors de son discours d’investiture, elle a d’ailleurs martelé qu’il n’était plus question de penser à une réforme agraire puisque le « latifundio n’existait plus au Brésil », on dit grande entreprise d’intérêt national. Reste Joaquim Levy, le ministre des finances, un cadre du secteur bancaire, formé à l’université de Chicago et conseiller économique du PSDB, le principal parti d’opposition. C’est l’Emmanuel Macron du coin, il prêche évidemment l’austérité et la restauration des comptes publics. 40 % du budget fédéral part déjà dans le remboursement de la dette publique et les taux d’intérêt atteignent les 12 %.

C’est toute la stratégie de Lula qui est dans l’impasse : être de gauche ne consiste pas à « réduire » les inégalités ou à adoucir la misère mais à s’attaquer à la structure de répartition des propriétés (publique, commune, privées) et des revenus, le reste ressemble furieusement à un pacte entre une kleptocratie de fonctionnaires, de bureaucrates de partis et de syndicats et de démagogues avec l’oligarchie. Je m’assure une part du magot, je t’assure des profits continus et on distribue les miettes aux petits.

Tiers-payant : vers une implosion de l’assurance-maladie

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L’assurance maladie, seul assureur des soins courants de 15 millions de personnes, est en première ligne. Et le ministère de la santé a décidé de la mettre au pied du mur : une « garantie de paiement » au professionnel de santé qui pratique le tiers payant sera inscrite dans la loi. Si l’assurance maladie ne paie pas en sept jours une feuille de soins électronique télétransmise, elle devra « des pénalités de retard » au professionnel. Jusqu’à quel plafond ?

Ceux qui sont chargés de mettre en musique le tiers payant à la Direction de la sécurité sociale ont sans doute en tête la mésaventure du RSI (l’hommage à Lacan est transparent) : en 2008, l’administration a fusionné les fichiers des Urssaf et du RSI, et les a écrasés, effaçant des données. La Cour des comptes a qualifié l’incident de « catastrophe industrielle ».  Cette mesure allait affecter 1,7 millions de travailleurs indépendants (5,4 en comptant ayant-droits et retraités).

« Les premiers appels de cotisations relevant de l’interlocuteur social unique ont été émis le 17 décembre 2007. Le blocage du logiciel a été constaté dès les premiers jours du mois de janvier 2008 et a duré presque trois semaines, durant lesquelles il n’y avait plus aucune possibilité de gérer les comptes ». « Les professionnels étaient pris de vertige », se souvient Bruno Chrétien, directeur de l’Institut de la protection sociale, « c’était un peu comme dans « Terminator 3 », quand les machines prennent le pouvoir… »

Résultat : appels de cotisations totalement fantaisistes et incohérents (certains n’en recevaient pas, d’autres se voyaient réclamer des sommes erronées, différentes d’un courrier à l’autre, ou indues); envoi d’huissiers ou interdictions bancaires sans réels motifs mettant en péril l’activité des entrepreneurs; difficultés à faire valoir ses droits à la retraite et défaut de calcul de leurs montants (certains retraités se voyant même demander de cotiser encore à… leur retraite de base); apparition de « singletons » ( « des gens qui cotisaient pour la maladie et la CSG, mais pas pour la retraite, ou l’inverse ! », explique un haut fonctionnaire); les affiliés rencontraient encore les pires difficultés à obtenir leur carte Vitale; enfin, et surtout, une impossibilité générale de communiquer avec une institution plongée dans une situation d’autant plus ingérable que les autoentrepreneurs ont rejoint le système en 2009. Pour couronner le tout, « les assurés ne savaient jamais à qui s’adresser »

« Pour obtenir une protection sociale qui fonctionne pour les indépendants, il fallait remettre en route le système de recouvrement des cotisations et donc, faire travailler ensemble les caisses régionales du RSI et les Urssaf. Dès octobre 2011, nous avons créé de petites équipes communes en détachant chacun trois personnes travaillant ensemble sur les problèmes en mode dégradé, manuellement, avec le téléphone, et chacun face à son système informatique. C’est ce qui nous a permis de décoller…Nous avons institutionnalisé cette intégration et commencé à la généraliser en 2013. Des équipes communes RSI-Urssaf devraient couvrir tout le territoire en 2015. »

Derrière cette (auto-)satisfaction administrative, « des gens menacent de se suicider dans nos accueils », témoignent des employés du RSI. Marches, manifestations, « la résistance se durcit et s’organise », souligne Jean-Guilhem Darré, délégué général du SDI. « Sauvons nos entreprises » réclame ainsi un moratoire et une remise à plat du RSI, et des groupements d’indépendants agitent la menace de non-paiement des cotisations maladie et retraite. Le mouvement « Les Libérés » s’attaque de son côté au monopole de la Sécurité sociale en prônant une désaffiliation sauvage (illégale) au profit de systèmes concurrents. Un mécontentement catégoriel qui rappelle le CIDUNATI, l’alliance avec les maos en moins.

Signe d’une fatigue générale, plus du quart des indépendants qui sont passés à une activité salariée ou assimilée au sein de leur entreprise l’ont fait délibérément pour ne plus avoir de contact avec le RSI. Les experts, pourtant, y voient un modèle qui finira par s’imposer dans l’avenir. Preuve que le problème n’est pas Marisol Touraine mais l’expertise, ce nouveau mode d’asservissement qui n’a pas de tête précise et plus d’une main à son service.

Les sondages sont truqués, et alors ?

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Sur les 3 derniers sondages Internet publiés dans la presse Odoxa(1), IFOP(2), CSA(3), on constate que sont interrogées des personnes qui ne sont pas concernées par le scrutin, des personnes qui n’iront pas voter et qui viennent de le dire ou qui se voient proposer des listes qui ne sont pas présentes dans leurs cantons.

Wolfgang Schäuble : le dernier baroud d’un revanchard

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Né en 1942 à Freiburg, Wolfgang Schäuble entre tôt dans la politique. Certainement inspiré par son père Karl Schäuble, député CDU dans le parlement régional du Pays de Bade (1947 – 1952, jusqu`à la fusion avec le Wurttemberg), il s`engage dès 1961 dans la politique et devient membre de la «Junge Union», l`organisation des jeunes conservateurs. Visiblement les crimes de la Wehrmacht ne l’ont pas ému et s’il a fallu qu’il tienne compte du procès de Francfort ce fut a posteriori quand la Shoah est devenue un élément de la religion civile de l’Allemagne unie, avec son corollaire obligé : la condamnation du « totalitarisme ».

Sous Helmut Kohl, Schäuble devient Ministre sans portefeuille (1984 à 1989) et influent chef de la Chancellerie, avant de devenir Ministre de l`Intérieur (1989 à 1991 et 2005 à 2009). C`est lui qui était en charge des négociations du contrat d`annexion avec la RDA.

Le 12 octobre 1990, un malade mental (qui n‘a pas pu être jugé, il a été admis dans un hôpital psychiatrique) tirait sur Schäuble lors d‘un meeting électoral dans sa circonscription à Oppenau. Malgré ses blessures, Schäuble, paraplégique, revenait dans la politique. Successeur désigné de Helmut Kohl dont le règne de 16 ans touchait à sa fin, Schäuble est rattrapé par un scandale de financement de son parti.

Schäuble a dû concéder avoir accepté en 1994, un don de 100 000 DM en numéraires par le commerçant d‘armes Karlheinz Schreiber, une somme qui n‘est jamais apparue dans les rapports financiers de son parti. Pendant longtemps, Schäuble avait nié ce don, avant de tout avouer et de s‘excuser auprès du Bundestag pour avoir «transgressé la loi», chose assez commune pour un juriste. Angela Merkel allait donc prendre « sa » place.

Au niveau de la politique intérieure, Schäuble était toujours considéré comme un «faucon», essayant de faire de l‘Etat allemand une sorte d‘état de sécurité nationale. Au mois d‘octobre 2009, Schäuble il s‘est vu décerner le «Big Brother Award», pour «son obsession de transformer l‘état de droit démocratique en un état de sécurité autoritaire». Poutine doit l’inspirer mais il n’en dit rien.

La Grèce au bord du KO : c’est parfait Goldman Sachs avait parié

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La situation financière de la Grèce est en train de se dégrader à vue d’œil. Il ne s’agit même plus de la question de la solvabilité de l’État grec – à l’exception des Européens qui restent dans le déni, tous jugent l’endettement de la Grèce insoutenable et une restructuration de sa dette inévitable – mais de celle de sa liquidité. À tout moment, tout peut déraper.

L’état budgétaire d’Athènes est connu, au moins dans les grandes lignes. Dès février, le gouvernement a annoncé que les recettes fiscales diminuaient depuis l’annonce des élections, une partie des ménages ayant décidé de ne plus verser impôts et taxes dans l’attente d’une réforme fiscale annoncée. Ce qu’a confirmé le gouvernement vendredi : les rentrées fiscales ont diminué de plus d’un milliard au cours des deux premiers mois.

De la même façon, les Européens savent parfaitement que le gouvernement de droite d’Antonis Samaras a épuisé toutes les réserves budgétaires et les facilités financières du gouvernement avant de quitter le pouvoir, pratiquant une politique de la terre brûlée. Ainsi, alors que le gouvernement grec s’était vu accorder la possibilité de pouvoir émettre 15 milliards d’euros de bons du trésor par la banque centrale européenne, le gouvernement précédent a utilisé toutes ces lignes budgétaires avant de partir, laissant le gouvernement de Syriza sans aucun recours financier.

La BCE lui refuse aujourd’hui d’augmenter ce plafond. Elle a de même coupé la voie du financement par les banques grecques, en leur supprimant les lignes de crédit qu’elle leur accordait depuis 2010. En moins d’une semaine, le gouvernement a émis pour 2 milliards de billets de trésorerie, le seul moyen de financement qui lui est encore ouvert, a différé les paiements de ses fournisseurs et sous-traitants, a approché les filiales grecques des multinationales pour obtenir des crédits à court terme.

Jeudi 12 mars, le parlement a adopté une mesure de dernière extrémité : il a autorisé les fonds de pension et les entités publiques, qui ont des comptes à la banque de Grèce, à investir tout leur argent en obligations d’État. En d’autres termes, l’État fait main basse sur les réserves de la sécurité sociale et des caisses de retraite pour honorer ses échéances.

Sans aide financière quasi immédiate, la Grèce peut se retrouver dans l’incapacité d’honorer une de ses échéances, ce qui la précipiterait en situation de faillite. « La Grèce est confrontée à une crise urgente de liquidité et se dirige vers un défaut partiel. Cela pourrait créer un précédent très dangereux », prévient l’économiste Lena Komileva de l’institut G+Economics. « La combinaison d’un trou de financement grandissant avec des obligations de remboursements croissantes fait que le gouvernement se retrouve sur la corde raide en mars. Et ce sera un plus grand défi encore en juillet et en août (la Grèce doit rembourser alors 6,8 milliards de prêts à la BCE – ndlr) », dit de son côté un ancien fonctionnaire européen au Guardian.

Les premiers jours suivant son élection, le gouvernement d’Alexis Tsipras n’a pas caché qu’il faisait face à une fuite massive de capitaux. Selon les premiers chiffres, 12 milliards d’euros auraient été retirés des banques grecques en l’espace de quelques semaines. On parle désormais de 20 milliards d’euros, soit l’équivalent de 10 % du PIB grec! « Le gouvernement grec devrait imposer rapidement un contrôle des capitaux, s’il veut éviter un effondrement brutal de son système bancaire. C’est la seule façon de s’en sortir, qu’il reste ou non dans l’euro », confie un financier.

« Scénario numéro trois : la catastrophe », avançait une étude de Goldman Sachs, en décembre, juste après l’annonce des élections anticipées en Grèce. Dans ce scénario, la banque imaginait la victoire de Syriza, son arrivée au pouvoir qui se traduisait par une fuite massive de capitaux, suivie d’une nationalisation du système bancaire pour éviter son effondrement et sa sortie brutale de la zone euro. Depuis l’élection de Syriza, les gouvernements européens semblent vouloir suivre avec application ce scénario catastrophe.

Qu’est-ce qu’une antiquité ? Un truc qui rapporte, coco

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Depuis les années 1980-90, outre leur valeur patrimoniale, scientifique et esthétique, les antiquités sont devenues de véritables outils financiers. Ce sont des objets de placement, des valeurs refuges qui participent à une économie toujours à la recherche de nouvelles sources de croissance. Si possible à très court terme. Cela permet à des particuliers, mais aussi des sociétés, de faire de l’optimisation fiscale. Depuis 2008, les prix explosent. En décembre 2010, Sotheby’s à New York a mis en vente le buste d’Antinoüs, le favori d’Hadrien, pour 1,9 million de dollars (voir ici le site antiquités de Sotheby’s). Vingt minutes plus tard, il était adjugé pour 23,8 millions de dollars, une plus-value de 1000 % ! Ce marché est devenu incontrôlable, bien loin des valeurs humanistes dont il se pare.

Nombres d’objets passent de mains en mains. La plupart du temps, ils arrivent dans des lieux de stockage, si possible extra-territoriaux, en suspension des droits de douanes et de la TVA, comme les ports francs. Là, ils peuvent être revendus entre diverses sociétés sans même quitter les dépôts. Leur valeur augmente par ce simple jeu d’écriture et cela permet de les proposer à la vente à des prix déjà très importants.

De pillage endémique, on est aujourd’hui passé à un pillage systématique. La nouveauté de ces printemps arabes qui tournent mal, c’est que ce ne sont plus quelques personnes qui y vont à la pelle-pioche, mais des équipes solidement organisées. Des dizaines d’ouvriers s’attaquent maintenant à des sites archéologiques avec des pelleteuses comme à Apamée et dans la région de Deir ez-Zor à Doura Europos, en Syrie. Entre 2012 et 2014, ces lieux ont été dévastés, criblés de tranchées et de trous. Les images satellitaires nous offrent les vues d’une sorte de Verdun de l’antiquité.

Les images chocs balancées par Daech font monter les valeurs des objets et les filières traditionnelles de pillage continuent à agir. On le sait, du moins pour la Syrie, à partir des informations recueillies par les services de renseignement sur le terrain. Dans la zone de Kobané, entre la frontière sud de la Turquie et la frontière nord de la Syrie, il y a une poignée de personnes qui centralisent puis exfiltrent des antiquités vers la Turquie.

Les objets pillés transitent essentiellement par ce dernier pays. Il y a des informations récurrentes sur le fait que nombre de ces antiquités arrivent ensuite aux Émirats arabes unis. Il y a là-bas des grossistes qui accueillent la marchandise, la stockent et la proposent à la vente. À partir de là, les marchands européens font le shopping et se font livrer les objets en Europe ou en Amérique du Nord.

On a pu démontrer l’existence de cette filière « orientale », mais pour des objets pillés avant les destructions que l’on évoque depuis 2010. Car en général, les antiquités sont proposées à la vente dans un délai de cinq à dix ans. Le système se nourrit des pillages antérieurs. Ce qui est valorisé aujourd’hui, c’est ce qui a été volé dans les années 2000. Ce sont les délais habituels.

Au sein du ministère de la culture syrien, les responsables des fouilles et des musées ont souvent fui à l’étranger. C’est un professeur d’université, Maamoun Abdulkarim, qui, en 2012, a été nommé directeur général des antiquités et des musées de Syrie. Avec des gens de métier, il essaie d’avoir une vision d’ensemble sur ce qui se passe. C’est quelqu’un de très pragmatique et de respectable dans son domaine. Lui et son équipe ont réussi à sécuriser les œuvres de musées, dont certains sont depuis tombés entre les mains de Daech. Les collections ont été déménagées et cachées dans des lieux inconnus.

Mediapart / Les Echos / BAM


Responses

  1. Un hasard avec la situation décrite et le gouffre financier qu’elle a laissé…?
    Je ne pense pas.

    • Areva a surtout démontré son incapacité à organiser et gérer des chantiers complexes. Je n’ai jamais considéré que la femelle blanche prénommée Anne était un génie mais j’attends que les mâles et femelles blancs soient sanctionnés puisque nous allons tous renflouer l’incompétence et la démesure de la filière nucléaire française qui trouve son origine au cœur de l’Etat. Vous verrez, rien ne viendra

      • évidence !
        ce sont de grands commis de l’état
        donc des prébendiers recasés là par…..(restons corrects) et qui se contentent d’émarger
        et tout ce qui de près ou de loin est lié à l’état ou à ses sbires est dans la même cagade
        un hasard?

      • Les banques qui ont précipité le krach de 2008 n’étaient pas exactement des entreprises publiques, Kobus


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