Publié par : Memento Mouloud | mars 24, 2015

La grenouille frontiste et le bœuf français

Tant que Jean-Marie Le Pen fut le dirigeant du Front National, il n’y avait pas de variable socio-économique explicative du vote frontiste et la volatilité sociale de son électorat était attestée, néanmoins sa géographie électorale était relativement stable et s’ancrait dans le péri-urbain ou les villes en déshérence avant d’essaimer et de rencontrer de nombreuses zones dépressionnaires.

L’électorat frontiste était comme le vieil aventurier qui avait terminé dans la peau d’un tribun mais ne voyait pas bien comment clore le parcours : bras d’honneur ou disparition ? Anarchisme de droite ou sarkozysme ? Drôle d’endroit pour une disjonction.

Avec Marine Le Pen, avec Marion Maréchal, les choses ont tourné comme elles tournent toujours dans la politique démocratique : strapontins, prébendes et doctrine. Un conglomérat de prêtres, de notables et d’affairistes songent qu’une nouvelle machine est née et qu’elle va disposer de bons fromages. On enfourche donc la Bête à mensonges. Jean-Marie Le Pen l’avait rodée mais avait toujours tenu à jouer les picadors pas très réglos. Avec Marine, on règle la toise, no trespassing, le pouvoir est au bout d’une certaine police des énoncés. Pour le reste, on reprend la formule du chef avec variations.

Marine Le Pen et les frontistes se fondent sur la légitimité du peuple, ce qu’ils nomment le vrai peuple qu’ils opposent aux diplômés et faux français soit de papier, soit atteints de sinistrose, ils s’inscrivent donc dans une forme de populisme hostile aux capacitaires mais ouvert aux talents prétendument naturels qui se mesurent, in fine, par l’argent et le statut. Néanmoins, dans ce genre de populisme, il existe des talents « vrais », « nationaux » et de faux talents dits cosmopolites, juifs ou « communautaires », c’est la grille du frontiste. Le détour par la conjuration y est indispensable.

Dans ce genre de populisme, le frontisme est talonné par l’UMP de Sarkozy qui charge le Medef ou les Pigeons de sortir au moins une provocation par semaine en vue d’un démantèlement des derniers bastions matériels de l’Etat social. Il est toujours possible d’attribuer son dysfonctionnement aux étrangers extra-communautaires voire aux français basanés, cela un électeur de droite pourra en convenir mais aussi un certain nombre d’électeurs de gauche, mais justement cela ne permettra pas de départager le frontiste de ses adversaires.

Il existe, au sein du FN, un noyau dur d’anciens fascistes et de racistes patentés mais ils sont moins nombreux que ceux qui entendent défendre leur territoire ou refusent tout transfert fiscal vers des gens qu’ils perçoivent comme des sangsues, des tocards ou des passagers clandestins. Seulement la défense des entrepreneurs, nom moderne pour patrons ou possédants, est déjà prise en charge par le PS ou l’UMP, dès lors le frontisme n’a plus qu’à défendre le sang grade présumé du péri-urbain et de la ruralité contre les tentacules innombrables de l’administration, de l’UE et des multinationales, une sorte d’hydre imparable que le valeureux paladin de la France éternelle viendra terrasser tel saint Georges le dragon. Le frontisme se présente donc comme un corporatisme de possédants menacés ou qui se perçoivent comme tel, que cette menace vienne des classes dangereuses ou d’un lointain (l’oligarchie mondialisée, syntagme qui en jette) voire d’une conjonction des deux. De plus le Front National incarne la promesse d’une certaine amnistie fiscale et d’un assouplissement de nombres de dispositifs pénaux tels que les radars routiers ou les détecteurs de fumée qui sont les hypostases les plus évidentes du Big Brother qui nous épie.

L’autre partie de l’électorat frontiste comme celui de l’UMP ou du PS a été façonnée par des décennies de télévision de masse et vit dans un monde de synthèse à l’instar du naufragé afro-méditerranéen avec cette différence nette que le massacre menace bien le réfugié syrien, somalien ou tchadien tandis que l’électeur frontiste est une personne qui a cru à la promesse de la prospérité perpétuelle mais vit avec une sorte de Horla menaçant, la trappe à la pauvreté. C’est une énième illustration du théorème de Hume, il est toujours rationnel de privilégier la blessure que j’ai au doigt plutôt que la dévastation lointaine d’un continent. Ce qui a changé c’est la focale de la proximité, tantôt c’est un groupe djihadiste qui mitraille des touristes en direct, d’autres fois c’est un baraquement rom qui s’édifie au bout de la rue ou des voleurs-ferrailleurs qui passent, ou des pick-pockets hilares qui serpentent autour des parvis des centres urbains pétrifiés. La trappe à la pauvreté est comme un mauvais messie, elle s’annonce par les remboursements de crédit, les revenus fluctuants, les variations de l’activité, les contrôles tatillons, les vols, les agressions ou les simples insultes. Dès lors la menace est à double détente, elle vient de partout, elle est indéterminée mais elle possède aussi un visage et, généralement ce visage est plus bronzé que le sien, du moins dans les rangs de l’électorat frontiste. Il a aussi un nom, la fonction publique. Le Tout s’appelle le parasite ou les parasites. Cette double menace a pour moteurs deux affects, l’effroi et la tristesse haineuse. Il réclame donc des protections et quelle meilleure protection que le rassemblement, le rassemblement des semblables. Il réclame aussi un exutoire et quel meilleur exutoire que l’épuration des dissemblables.

Par compulsion, on joue au Loto ou au casino mais sans grande conviction, le royaume de la prospérité, on le sait bien, est au bout d’une voie de hasard, beaucoup seront appelés, peu seront élus. En revanche, on peut toujours se rassembler, les festivistes l’ont prouvé puis ceux qui marchent pour tous, désormais, le parti des honnêtes gens, le parti de la Vraie France. Comme d’habitude, il suffit de ne pas être trop regardant pour se laisser aller à ne plus être soi mais tout le monde. C’est un truc que la gauche a toujours su porter dans la culpabilité, une morale du sacrifice en est le support, elle est immonde comme toutes ces espèces de morale de l’ablation.

Les frontistes gagneraient à promettre toujours plus de spectacles sportifs, de fêtes et de saucissonades à ce public flottant qui se cherche des amuseurs publics. Quand les chefs hurlent à la corruption, le public frontiste pense à des affaires qui vont de la fraude au RSA à des parties fines avec des secrétaires qui ont pris du poids. Les opérations qui portent sur le LIBOR lui échappent quelque peu, tous les leaks quelconques encore plus, ce qui lui troue le cul lui c’est l’affluence devant les restaus du cœur, jusqu’au 21 mars, « il paraît que certains y viennent en merco ». Sans doute, tous les traîne-savates roulent en Volkswagen ou en Audi, c’est connu. C’est même une évidence, c’est ça qui tue la France.

De ce point de vue, un électeur frontiste et un autre de l’UMP ne se différencient pas et nombre d’électeurs de gauche opinent du chef en les écoutant à table entre gens du même monde car le monde frontiste n’est pas un autre monde, c’est bien le même mais comme après deux apéros. Le style frontiste c’est le débraillé débonnaire, sa conséquence, de nouveaux notables matois à front de taureau, de nouveaux flics véreux, de nouveaux hauts fonctionnaires arrogants, de nouveaux doryphores mais « nationaux ». Comme ils sont jeunes, on peut parier qu’ils seront là pour longtemps. On ne voit pas bien comment des gens qui piaillent ostensiblement devant l’occupation de postes électifs échapperaient à cette tendance. S’ils veulent en finir avec la gauche, s’ils exultent devant la corruption socialiste, c’est qu’ils veulent en terminer avec bien des choses dont cette perception qui vient devant certains propos, certains gestes et regards, en finir avec cette honte, ce qu’ils nomment en finir avec le politiquement correct.

On pourrait croire qu’ils visent la seule gauche établie et ce ne serait pas bien grave mais ce qui se nomme ainsi, dans la langue frontiste, c’est tout simplement le souci de soi et la pudeur.

C’est l’hommage du vice triomphant à la vertu fantasmée, celle de l’intellectuel, du révolutionnaire, du militant. La gauche n’a jamais été tout cela parce que la gauche n’a jamais reculé devant le crime de doctrine ou de négligence mais qu’importe ce qu’ils poursuivent c’est un fantôme ou mieux un cadavre. Ils poursuivent l’homme-de-gauche disparu comme s’il était au pouvoir, c’est le syndrome Zemmour, visiblement fâché avec l’arithmétique. Depuis 1945, la gauche a gouverné 20 ans dans ce pays, 20 ans sur 70 mais tout est de sa faute. Et le strabisme s’applique aux différentes catégories de victimes du « système » : les patrons persécutés, les flics fils du voisin, les médecins sanctifiés, les camionneurs valeureux, les taxis en colère, les céréaliers aux fourches dressées, les artisans formidables, les commerçants si durs à la tâche, les théâtreux de boulevard méprisés, les sportifs qui méritent bien ce qu’ils gagnent, les talents qu’on brime, les rentiers qu’on rince, les Jean Sévilla qu’on vilipende,  tous ceux  que le « peuple » a élus champions de la cause des honnêtes gens, ceux qui pensent que tous les autres sont des canailles ou des preneurs de têtes voire des enculeurs de mouches. Disons les trois à la fois. On reconnaît le goût de l’épuration sociale et d’une épuration permanente, on peut déjà en établir les listes.

Les mots précèdent mais les actes suivront. Quand Philippe Sollers évoquait la France moisie, il ne représentait que lui-même, vieil érotomane décati en perte d’audience, quand les frontistes nomment les différentes catégories de la France pourrie, on sait qu’ils attendent des gestes puisque ce qu’ils reprochaient à Sarkozy c’était de s’enliser dans un bavardage inutile. Ces gens croient encore à la magie, à la conjonction des mots et des choses, le magicien a déçu, ils s’en choisissent un autre.

Les plus lucides à droite savent que la droite n’a rien gagné du tout puisqu’elle vit désormais à l’ombre du FN, quant à la gauche établie, elle ne perçoit toujours pas le raz de marée qui la balaiera à la moindre actualisation qui couve sous l’indifférence et le mépris. Il faut rendre un hommage appuyé aux électeurs de gauche, ils ont pris, silencieusement, leur indépendance, ils ne croient plus aux invocations, ils ne cherchent plus les rassemblements massifs dits antifascistes sous la férule d’un autre manieur de mots d’ordre et d’impératifs progressistes à géométrie variable, ils ont commencé à quitter les oripeaux des compagnons de route du post-stalinisme et ils regardent effarés leurs voisins leur parler comme s’ils étaient des millions, comme s’ils n’étaient plus rien que ce million bleu marine qui va les sauver.

Putain, les sauver, comme s’il était possible de sauver qui que ce soit.


Responses

  1. Quelle forme !! Bravo ! Mais pourquoi interdire, par principe, la notion de salut ?

    • Je ne l’écarte pas Porte-Cierge mais sauver un autre humain est de l’ordre de l’impossible, au même titre que la résurrection si vous me suivez, en revanche il est toujours possible de prendre soin de ce qui rend habitable ce monde

  2. ne me dites pas que la ‘tite entreprise du FN vous contrarie plus que les grosses entreprises du caca rente ou des partis dits « républicains »
    expliquez moi ce que signifie le terme « parti républicain » et en quoi le FN ne l’est pas ….en est il l’anthonyme ? un parti royaliste ?

    • C’est un peu comme si vous me demandiez de choisir exclusivement entre Google et le Deep Web, BHL et Onfray, Carrefour et Lidl, Ruquier et Calvi, enfin ce genre de choix aliénants

      • entre bechamèle et onfray , pourriez vous choisir béchamèle?
        carrouf , c’est vraiment un choix?
        et lideule , ça peut être un choix aussi?

      • C’est exactement ce que j’entends par choix aliénants, Kobus, pour résumer à tous les coups je perds

    • On peut résumer ainsi, Kobus, les propositions de la République à ses citoyens :

      1 : Pour le premier tour, comme pour le second tour, si vous ne souhaitez pas voter pour un candidat de la liste qui vous est présentée, vous pouvez rester chez vous. Vous perdrez à la fois votre poids électoral et la possibilité d’exercer votre citoyenneté. Ainsi, vous ne serez pas entendu par la République, car vous avez soit contesté le choix du mode de scrutin qui vous est proposé, soit contesté le règlement électoral.

      2 : Aucune contestation ne sera prise en compte, tant à propos des propositions politiques de fond que du système électoral

      J’ai glané les propositions suivantes :

      Il existe d’autres systèmes de vote, entre autres « par pondération ». Par exemple, les électeurs sont invités à classer les candidatures de 12 à 1, si la liste comprend douze noms. Chaque électeur attribue 12 unités à sa candidature préférée, puis 11 unités à la suivante, jusqu’à la candidature la moins appréciée, qui ne reçoit qu’une unité. Effectivement, de ce fait, chaque électeur pèse le même poids, soit 78 unités.

      L’une des plus simples façons de voter consiste à donner plus de poids à sa candidature préférée (+2), tout en pouvant choisir une deuxième candidature, qui aura moins de poids (+1), et enlever du poids à une troisième candidature (-3). L’avantage de cette pondération est la prise en compte plus complète de la volonté de l’électeur, qui peut donc exprimer sa désapprobation autant que son approbation, et répartir son vote entre plusieurs candidats, au lieu d’un seul. Tout cela en un seul tour.

      On peut donner aux électeurs le pouvoir d’annuler une élection, par exemple si plus de x % d’électeurs ont voté blanc.

      • La republik est bonne fille
        On peut lui pisser dans la bouche et être à la fois à l’avant garde, être ministre du budget et fraudeur fiscal ( fistal ?), quémander des fonds d’une main et agiter les banlieues à la fois
        Mais il est strictement interdit de voter pour la baitimmonde
        Et lorsqu’on est souchard, il est rigoureusement prohibé de s’abstenir de la vénération requise, vivrensemblesque et citoyenne envers la diversitude
        C’est une richesse, as tu pigé, con de français ?
        Tout comme il est déconseillé de tiquer devant les services publics que le mondentier nous envie, l’ecol’ d’administration que le mondentier nous envie et l’educ naze qui performe tant tellement qu’on va cesser d’y enseigner les humanités

        Ça devrait vous dire des choses, croyez pas ?

        Et pas uniquement sur moi, qui ne suis qu’un pauvre type

        Sur vous aussi, qui refusez d’en tirer les conclusions logiques

      • Je pense que vous vous trompez de diagnostic Kobus, je ne crois pas au martyre du pseudo-français de souche, le vivre-ensemble c’est du pipeau à part pour les pauvres, les parisiens et certains résidents des métropoles, la réalité c’est que chacun réside selon ses revenus dans des zones d’homogénéité sociale et même « ethnique » relative ( à part les pauvres, de nouveau et plus on est riche plus l’homogénéité sociale est garantie), je ne sais pas ce que vous entendez par services publics, en revanche ce que je connais des services privés en France est en effet souvent dégueulasse (à moins d’y mettre un bon prix), quant aux humanités, combien de français les connaissent, les pratiquent et les défendent (100, 500 mille, un million au maximum ?), j’en tire la conclusion logique quand il m’arrive de voter ou d’opiner, je choisis le moins nocif, voilà tout.

      • et , en toute logique, le moins nocif ne saurait être ceusses qui nous gouvernent actuellement
        envoyé hier un sms à ma mère ( qui a enseigné les lettres classiques jusqu’à sa retraite ) « ces crapules vont supprimer le latin au collège »
        réponse « ça fait vingt ans que j’ai fait mon deuil des humanités »
        vingt ans ?
        que des humanités?
        parce que pour les sciences, les langues, la logique , c’est un peu pareil non?
        à preuve, on tente de discréditer l’outil de mesure
        comment illustrer ça?
        écheniller les connaissances de la populace?
        évaluer le niveau?
        tenter de rattraper le coup?
        vous souvenez vous des célébrissimes « trois jours » que nous passions , jadis, avant d’aller être sélectionnés pour ensuite donner un an à la nation?
        il y avait une dictée , un bref bilan médical , une épreuve acoustique ( évaluation de l’aptitude à comprendre l’alphabet morse)
        ça triait le vulgum des futurs EOR
        il me revient avoir vu un gus devant moi se tourner et me demander de lui écrire son nom sur la feuille avec sa CNI
        considérez maintenant les intelligences qui nous gouvernent et leur souci quasi avunculaire de l’éducation de TOUS les enfants de vronze…..
        pouvez vous dire que ça a changé en bien?
        lorsque , par exemple, l’épreuve de culture gé de science pipeau est supprimée?
        lorsque le latin au collège est supprimé?
        lorsqu’on brocarde le jockey magyar pour son ignorance ( revendiquée) de la princesse de clèves et lorsqu’on fait bien pire?
        lorsque l’enseignement de l’histoire est sacrifié au bénéfice de celui d’une espèce de gloubi boulga truffé d’approximations et de contre vérités que l’on nomme , au choix, catéchisme républicon, moraline zosiétale ou vivrensemblesque?

        regardez , écoutez autour de vous , allez sur les blogueux et les fora , constatez de vos yeux à quel point on en est rendu …..plus d’orthographe, de ponctuation, de connaissances , de logique…..
        et l’éduc naze est le PREMIER budget de l’état
        on nous le serine à chaque campagne, l’éducation est la priorité des priorités de nos chers ( terme pas univoque, vous m’avez compris) dirigeants

      • Je vous accorde tout Kobus et bien pire sur ce sujet (à ceci près que je ne crois pas du tout que le niveau soit plus mauvais ou ait empiré dans les domaines dits scientifiques) mais cela n’aurait pas été possible sans l’assentiment massif de la population. Cela me fait penser à une remarque de Tocqueville, il expliquait parfaitement qu’une démocratie n’a pas besoin qu’on y enseigne les humanités

      • ha ….
        si la démocrature n’a pas besoin qu’on enseigne les humanités , que voulez vous, on ne peut que s’incliner
        et bien bas encore
        ou se prosterner , c’est selon

        mais de quoi a besoin une démocrature?
        on pourrait commencer par là
        et y aurait des trucs à dire là dessus

        et qu’est ce que le besoin
        on pourrait ,dans certains cas , lui substituer l’absolue obligation
        tenez , ‘xactement comme on oppose l’exception kulturel vronzaise lorsqu’on a cédé sur tout le reste

        reflechissons là dessus

      • Je ne vous dis pas que j’approuve mais je constate. A part les gens d’esprit aristocratique, les défenseurs des libertés individuelles, les communistes sans parti et les archéo-républicains, personne ne défend les humanités

  3. « (à ceci près que je ne crois pas du tout que le niveau soit plus mauvais ou ait empiré dans les domaines dits scientifiques) »

    Je ne suis pas universitaire, mon orthographe le traduit, mais il y a quand même des trucs entendus qui vous font penser le contraire….

    • J’essaie d’être équitable, je ne me souviens pas d’un enseignement scientifique bouleversant quand j’étais élève et je suis même à peu près sûr que la médiocrité générale était la règle, de ce point de vue c’est business as usual.

      • vous venez de prononcer le mot qui résume , qui cristallise tout

        que dis je ?
        pas le mot
        LE MOT !
        business
        business as usual

        un job comme un autre , en somme , enseigner , vendre des nouilles ou taper sur des bidons ( pour faire de la si jolie muzik )
        voilà où en sont rendus les descendants des hussards noirs de la répu…..

        bon, vous me direz que s’enthousiasmer pour l’apprentissage des bases de la physique nioutonienne , ou celles de la géométrie euclidienne , c’est un peu nunuche ( du même niveau que clamer « jésus revient, jésus revient , parmi les siens ») et , pour reprendre votre phrase « celui qui ouvre une école ne propulse pas l’humanité sur un chemin de lumière , de paix et de bonheur , il ouvre une école , ni plus , ni moins »

        vous me direz aussi que les contingences économiques font qu’un boulot de prof des écoles ou des collèges , c’est toujours bon à prendre

        cependant , ce relativisme , cette absence de fierté de ce qu’on est et de ce qu’on fait est la contrepartie quasi obligée de notre civilisation du bonheur obligatoire qui n’intègre plus l’individu dans un tout dont il pourrait tirer fierté ( le menuisier qui vient chez moi passe souvent la main sur cette rampe qu’il a façonné et fixé ….et qui m’empêche de me défenestrer lorsque j’oublie d’allumer , on voit qu’il en tire une certaine fierté ) mais qui le laisse dans sa merde consumériste

        je sais pas si vous me suivez , là…..je me sent confus….

      • Si, si, je vous suis parfaitement Kobus, c’est toute la différence entre un emploi (au gré des opportunités) et un métier (qui exige une discipline et du temps et une certaine fierté de la tâche accomplie). Si vous supprimez le second, vous n’avez plus qu’une toise, l’argent et les ressentiments qui vont avec quand on estime en être privé ou ne pas en avoir assez et j’en passe

      • @ Memento : Tiens, c’est une remarque que je me suis faite avec mon entourage. Pour ce qui est des mathématiques, le niveau en maths a chuté jusqu’en terminale parce que les programmes ont été élimés mais il remonte en flèche après le bac, ce qui explique les médailles Fields en France.
        Ce qui se faisait en 6ème- 5ème a été décalé en 4ème -3ème, ce qui faisait en 4ème etc … et ce jusqu’au bac et après en prépa c’est bachotage et rattrapage pour arriver au niveau.

        A contrario, dans un pays du Maghreb, je ne sais plus lequel des 3, ils en sont restés au programme français hérité de la Colonie et n’ont pas retiré d’heures de maths au fur et à mesure que le temps passait (je crois me souvenir que c’est l’enseignement du français qui en a pâti). Ils n’ont pas non plus décalé les programmes pour appliquer les réformes débiles françaises. Résultat dans les facs, on observe souvent en croisant nos expériences qu’il y a un nombre important de Maghrébins (pas d’Arabes d’ici) qui dominent en maths physique. Observation encore corroborée par Laurent Lafforgue.

        Je dis ça juste pour dire que le niveau scientifique doit encore être de qualité s’il produit des Pierre Gilles de Genne, des Lafforgue.

        PS : Je cherchais le passage sur le niveau des Maghrébins dans le blog de Laurent Lafforgue et à la place, je suis retombé sur ça : http://www.ihes.fr/~lafforgue/dem/courriel.html , ça me casse le moral

      • Merci pour le texte le Laurent Lafforgue, Daredevil, je ne le connaissais que par les extraits qu’en avait donnés Laurent Wetzel dans « ils ont tué l’histoire-géo ». Mon beau-père qui a fait Math-sup à la fin des années 1950, me disait que les notions utilisées en Terminale S, aujourd’hui, n’étaient vues qu’en classe préparatoire de son temps. J’ai la sensation qu’on assiste à un village Potemkine généralisé. Du saupoudrage, du bachotage, des programmes extrêmement ambitieux (du moins c’est le cas pour la Terminale en Histoire) mais une véritable impossibilité pratique de les approfondir si bien que vous vous trouvez à enseigner l’histoire du socialisme en Allemagne sans que les élèves aient réellement étudié la formation de l’empire allemand sinon sous l’angle du mouvement des nationalités (en gros l’histoire de l’Allemagne et des « allemands » commencerait avec la dissolution du saint Empire par Napoléon, c’est un exemple mais il me semble significatif).
        Le problème de l’école gagnerait à être posé non pas sous l’angle de l’échec scolaire (il faudrait alors se demander ce qu’est la réussite scolaire) mais sous celui de la création et de la circulation des savoirs, ça obligerait à décentrer la focale et à ne plus entretenir cette aberration qui consiste à affirmer sans faillir que le destin d’un individu se joue entre 6 et 14-15 ans

  4. On vous suit Kobus, rien de flou.
    La Passion. C’est ce qui est bien manquant mais elle semble réprimée quel que soit le domaine où elle s’exprime; il faut dire qu’elle met les tièdes en lumière, par comparaison…
    La compétition est peut-être une explication.

    • C’est ce qui disait Sade, rien de grand ne s’accomplit sans passion


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