Publié par : Memento Mouloud | juin 8, 2015

Maurice Garçon : un diariste dans la tourmente (1939-1945)

17 mars 1939 « Les politiciens sont abjects. Leurs intérêts électoraux ou d’argent leur font faire des ignominies. Pour les magistrats, c’est autre chose. La décoration ou l’avancement en font des valets. Ils sont lâches, trembleurs et pusillanimes. Ils ont peur de leur ombre dès que se manifeste une intervention un peu puissante. Toutes les palinodies leur sont bonnes lorsqu’il s’agit de flatter le pouvoir. Leur prétendue indépendance dont ils parlent est une plaisanterie. Plus ils gravissent les échelons des honneurs, plus ils sont serviles. »

29 août 1939 « Quel chemin depuis vingt-cinq ans. Quand je pense que je l’ai connu crasseux et les dents sales, plaidant avec moi pour les cheminots révoqués. »

20 mars 1940 «Et si nous voyons revenir Blum, nous vivrons sous le signe du judaïsme le plus sectaire et le plus dévastateur.»

21 mai 1940, dans Paris mal éclairé, il entre dans un café où des exilés se sont assemblés : «Rien que des hommes et des femmes de races diverses. Un vrai carrefour de races. On entend parler toutes les races. On voit des gueules de partout. Une descente de police ferait bien là-dedans. Depuis le Levantin maquereau jusqu’au Juif affairiste d’Europe centrale, c’est un rassemblement dont l’unité vient de ce que chacun de ces gens divers est suspect. Cela pue l’échappé de prison. J’aimerais voir leur casier judiciaire, leurs papiers et savoir leurs histoires […]. Les femmes ne sont pas moins étranges. Depuis la petite poule d’étudiant jusqu’à l’aventurière internationale, c’est un rassemblement malsain. Si nous voulons que la France se sauve, il faut boucler toute cette humanité et l’expulser du territoire au plus tôt.»

été 1940 «De Gaule (je n’ai pas vu son nom écrit, est-ce ainsi qu’il s’écrit ?) a fait aussitôt un discours de dictateur au petit pied. Il enjoint à tout soldat encore en armes de continuer la lutte. Il ordonne à la flotte de mettre le cap sur les bases anglaises. Il commande à tous les Français valides de le rejoindre en Angleterre où l’on va faire une armée […]. Brailler ses décisions dans un haut-parleur est un, faire quelque chose d’utile est une autre chanson.»

26 juillet 1940 : « Ce qui domine dans ce que j’ai vu aujourd’hui, c’est l’antisémitisme. En ce qui touche les juifs, trop de gens sont d’accord pour qu’ils n’y laissent pas quelques plumes. »

Octobre 1940, «on voudrait se divertir, on ne peut pas»

5 octobre 1940 « Les Allemands ont promulgué une abominable ordonnance concernant les juifs. Ils exigent que les commerçants juifs placent sur leur devanture une affiche portant : “Maison juive”. Mais ils vont plus loin encore et obligent les juifs à se faire inscrire sur un registre spécial au commissariat de police. Pourquoi cette liste ? Je présume que c’est en vue de prendre dans quelque temps une mesure plus rigoureuse. Je ne serai pas étonné qu’on les oblige dans quelque temps à porter un insigne distinctif : le brassard jaune. »

19 octobre 1940, il lit avec attention le nouveau statut des Juifs venu de «Pétainville» : «La mesure est peut-être moins brutale que ne l’espéraient les farouches antisémites qui voient là une occasion d’obtenir des places. On n’expulse pas de leurs fonctions ceux qui ont fait l’une des deux guerres.» Il relit le texte et s’aperçoit qu’il s’est trompé : «Tous les magistrats juifs sont mis à la porte.»

25 octobre 1940 Si on n’aime pas les Juifs, c’est parce qu’ils «sont restés juifs et constituent toujours un élément étranger dans le pays. C’est là évidemment une raison sérieuse de les considérer comme un danger. Encore ne faut-il pas l’exagérer trop, il y a des exceptions…Lorsqu’on cherche les raisons qui emportent l’opinion de la plupart des antisémites, on s’aperçoit qu’elles se résument pour une grande partie à la jalousie des médiocres qui ne pardonnent pas aux israélites de réussir mieux qu’eux […]. Ils appartiennent à une race pleine de qualités et dont les individus valent souvent mieux que les nôtres.»

4 janvier 1941 L’auteur de Si Paris m’était conté est «fortement indigné par ce qu’on l’a, dans un journal, traité de juif. Décidément, il faut considérer que ce terme porte aujourd’hui atteinte à la considération. Ce matin, Edouard Bourdet m’a chargé de lancer une assignation pour le même motif». Guitry «m’étale son pedigree catholique. Depuis trois mois, il court les sacristies pour trouver les preuves de son orthodoxie». Il reçoit dans «un vêtement d’intérieur de laine bleue qui tient le milieu entre le costume d’officier retraité et celui de bibliothécaire de province».

A la table de Guitry, il y a «du foie gras au porto, un filet de chevreuil, des petits pois, des fromages nombreux, des poires grosses comme ma tête, un kilo de petits fours. Et puis le café. Et puis les alcools. Peu de vin. Ses démangeaisons doivent l’empêcher de boire». Guitry montre ses tableaux, pérore dans sa bulle molletonnée, puis «son chauffeur me ramène chez moi. Car en ces temps où tout le monde manque de tout, il chauffe son hôtel comme une étuve, il mange comme en temps de paix et il continue à devoir un million au percepteur et a conservé sa voiture automobile. C’est bien Sacha le Magnifique»

9 juillet 1941 « Ce matin, les Allemands ont fait un défilé triomphal de l’Arc de triomphe à la place de la Concorde. Depuis deux jours, ils l’avaient annoncé. J’avais pensé que l’avenue des Champs-Élysées serait déserte. Une fois de plus, je me suis trompé. Les Parisiens sont décidément immondes. Il paraît qu’ils se sont rendus en foule sur le lieu du défilé comme à une revue du 14 juillet. Dès l’aube, les gens stationnaient le long des trottoirs avec des petits bancs. On voulait voir. »

21 octobre 1941 : «Je porte comme un manteau de plomb. Je suis mal à l’aise et me sens atteint par une indéfinissable angoisse. La faute en est à l’affreuse période que nous vivons. Chaque jour, on assiste au resserrement de notre joug. La défaite, il n’y a qu’un an, ne touchait que les âmes, aujourd’hui, elle atteint les corps mêmes.»

10 novembre 1941 « Déjeuner chez le peintre Braque avec Marie Laurencin. Quel changement depuis deux ans que je ne l’avais rencontrée ! Avec ses cheveux gris et sa figure couperosée, elle paraît une femme de ménage. Elle n’a jamais été jolie, aujourd’hui c’est une petite mégère vêtue sans goût, enveloppée dans des chandails et des châles.

Son premier mot à table fut pour raconter le voyage en Allemagne de Marcel Jouhandeau qui revient, paraît-il, enthousiaste, et pour poser cette déclaration :

– Moi, je dois dire que les Allemands me sont très sympathiques !

Pauvre Marie à laquelle manque le bon sens d’Apollinaire qui passait pour un écervelé et qui ne l’était pas. »

14 décembre 1941 « La nouvelle m’anéantit. Ce matin même, à 8 heures, j’étais allé à la Santé et j’avais passé une heure avec Péri dont j’avais accepté d’assurer la défense. Péri avait été député communiste. C’était un doux intellectuel. […] Il était innocent de tout crime. […] J’avais accepté de le défendre parce qu’on m’avait représenté que n’étant point mêlé à la politique, je pouvais le défendre sur le seul terrain de la politique et du droit. Ce matin, nous avions bavardé sans inquiétude. Ne l’ayant jamais beaucoup visité, j’avais voulu faire sa connaissance. À bâtons rompus, nous nous étions peu occupés de son procès, nous avions parlé de littérature. Il était d’esprit séduisant, calme et pondéré. Je lui avais enlevé toute inquiétude, n’en éprouvant pas moi-même pour lui. Deux heures plus tard, on l’a tué. »

Juillet 1942 « On commence à avoir quelques renseignements sur les arrestations en masse auxquelles il a été procédé depuis deux jours. Par pleins camions, on a ramassé pêle-mêle des hommes, des femmes et des enfants…Une grande partie des juifs a été conduite au Vélodrome d’Hiver. Ils sont secourus là et nourris par la Croix-Rouge. La misère y est atroce. Il n’y a pas de cabinets en suffisance. En une journée, l’odeur est devenue atroce. Les malheureux couchent à même le sol. Les malades sont mélangés aux personnes saines. Il y a là des scarlatines et des typhoïdes. On s’attend à une épidémie avant peu…Les journaux n’ont pas osé même parler de la mesure atroce qui a été prise. On ne saura les choses que par tradition orale. Ce retour de la barbarie fait peser sur la ville une tristesse inexprimable. On se raconte les choses à voix basse parce qu’on a peur des mouchards qui foisonnent. »

22 juillet 1942 « Gare d’Austerlitz.

Tandis que je prends le train qui me conduit à Ligugé, j’aperçois sur le quai voisin un convoi composé de wagons à bestiaux. On y fait monter une multitude d’enfants et quelques femmes qui pleurent. Tous portent l’étoile jaune. Où mène-t-on ces juifs misérables ? Il paraît qu’ils sont tous ou presque d’origine étrangère. Misérable troupeau d’émigrés déjà déracinés et qui repart pour un nouvel exode. Les plus petits, qui ne comprennent pas, rient. Les plus grands ont le regard anxieux. Tout est silencieux.

Autour de moi, dans ce train joyeux qui est rempli de gens partant en vacances, on regarde avec curiosité mais personne ne manifeste très nettement son indignation. On sent une réprobation muette seulement. Par ce temps de terreur, il est trop grave de faire connaître ses sentiments s’ils ne sont pas absolument conformistes. »

2 octobre 1942 « Tous ces hommes ont fait leur carrière sous la République, ils se sont fait recommander par des politiciens de gauche, ils n’ont avancé que dans la mesure de leur attachement à un régime dont ils ont vu sans révolte la destruction. Puis ils ont prêté serment de fidélité à la personne de celui qui a été l’auteur du bouleversement qui devait effondrer tout ce à quoi ils étaient censés croire. J’en ai vu beaucoup qui m’ont dit qu’ils n’attachaient pas d’importance à ce serment. Ils sont prêts à servir demain n’importe qui qui prendra le pouvoir. Leur fonction de juge n’est qu’un métier qui rapporte de quoi vivre. Ils sont sans doctrine et n’ont pas conscience que leur premier devoir est de rendre la justice non sur des ordres mais en fonction de leurs scrupules moraux. Voilà pourtant ceux qui sont chargés de prononcer entre le juste et l’injuste et de défendre nos libertés individuelles.

Barthélemy pérora longuement. Ayant fait accepter le début, il n’avait plus à se gêner. Il parla du devoir.

– Vous devez être loyaux envers le régime, même dans vos conversations privées… Le gouvernement ne tolérerait pas…

Cet appel à la servilité et à la délation, au besoin, m’a fait tant rougir pour eux que je n’ai pas voulu en entendre davantage. Je suis parti honteux et confondu. »

22 février 1943 « Décidément, je ne quitte pas la Coupole aujourd’hui. J’ai vu Valéry. Lui aussi me parle des élections. (…) Prenant le contrepied de ce que m’a dit ce matin Benoit, il me déclare que Paul Morand est définitivement coincé.

– Sa femme tient des propos horribles et reçoit la Gestapo !… »

8 mars 1943 « Mes enfants m’ont demandé d’inviter des amis. Je les ai laissés faire et, ce soir, ils dansent dans la partie de l’appartement que j’ai mise à leur disposition. La musique que déverse leur phonographe est affreuse. Ce sont des airs américains, brutalement scandés, et qu’ils accompagnent de coups de talons sur les parquets qui gémissent sourdement. À plusieurs reprises, je suis allé voir la fête. Ils dansent et ne parlent même pas entre eux. Ces jeunes gens dont le sort se joue et qui demain, peut-être, seront déportés me font penser à ces ci-devant qui dansaient au bal des guillotinés.

J’ai bien peur qu’ils soient occupés à nous faire une France pire que celle que ma génération a faite. Ils ne font rien ou presque et ne se préoccupent d’aucun des événements qui bouleversent le monde sous leurs yeux. Je n’en ai, pendant toute cette soirée, pas vu deux se réunir pour parler. Ils sont comme des benêts sautillants et faisant la roue, attendant d’aller au buffet et reprenant leur gymnastique. Aucun ne lit de journaux, ils ne savent des événements que ce qu’ils entendent d’une oreille discrète [sic] dans leurs familles.

C’est grand pitié. Ils n’ont pas encore compris les rigueurs qui se préparent pour eux. La bourgeoisie est bien coupable de ne pas faire à ses petits la vie dure. Ils auront à souffrir. Je crois savoir que tous ne sont pas ainsi. Dans les milieux ouvriers – qu’on désigne maintenant, quand il [sic] a une activité, sous le nom de communiste –, on serre les poings et l’on essaie d’avoir une doctrine.

Est-il tolérable, alors que l’ennemi nous occupe, que notre sort se joue et que les ruines s’accumulent, que toute une jeunesse rigole, parle de marché noir où elle se fournit en cigarettes à 100 francs le paquet, et ne soit agitée que d’un prurit d’amusement ? Le pays est en deuil et ses enfants dansent. On se fout de tout pourvu qu’on mange des aliments de contrebande et qu’on puisse aller au cinéma. Le cabotin qui fait le pitre sur l’écran tient plus de place dans l’esprit de mes enfants que les hommes qui tentent de leur rendre la liberté qu’ils ont perdue et qu’ils ne font rien pour recouvrer. »

11 août 1943 « Personnellement, parce que d’abord j’ai horreur de la peine de mort, je tenterais d’éviter l’irréparable et j’essaierais de condamner seulement à une peine perpétuelle susceptible d’être révisée. Mais est-ce bien la peine utile ? Il est évident qu’on ne peut pas tolérer que les citoyens se fassent justiciers. À quelles erreurs n’irait-on pas ? Les Anglais sont très imprudents, ou plutôt les Français qui sont à Londres. Chaque jour, ils font des appels au meurtre. Souvent, ils sont mal renseignés. J’ai entendu désigner comme traîtres des hommes dont je sais qu’ils ne le sont pas. De Londres, on parle sur des rapports de transfuges. Les histoires se déforment. Il est évident qu’on ne sait là-bas que des demis, des quarts de vérités. Si on les laisse faire, le sang coulera partout, et souvent le sang innocent. On ne peut tolérer cela. En exécutant ceux-ci, on évitera peut-être d’autres crimes. Que doit-on faire ? »

21 décembre 1943 : «J’ai horreur de la pose et de l’orgueil et Montherlant est un solennel orgueilleux pour la statue duquel le plateau du Pamir paraîtrait encore un socle insuffisant. Lorsqu’il vient me voir pour ses affaires, il sue la vanité. C’est un sportif, sec et nerveux, agité, plein de lui-même […] A-t-on idée d’un homme qui, de son vivant, ose faire publier des ouvrages sur lui-même ?»

12 janvier 1944 « Le débarquement, s’il a lieu, causera d’horribles catastrophes. Ce sera un carnage, une destruction de toute la partie du territoire [sic]… À propos du débarquement, il court des bruits divers et tous inquiétants. L’opinion commune la plus répandue est que les Allemands, par crainte de troubles intérieurs, enfermeront dans des camps de concentration tous les hommes de seize à soixante ans. On raconte qu’au Luxembourg, on monte des baraques et qu’on installe des lieux d’aisance. Je ne suis pas encore allé voir. »

20 mars 1944 « Du côté de ceux qui craignent pour l’avenir, la défense est unique. Tous prétendent que s’ils n’avaient pas soutenu Vichy et entretenu des intelligences avec l’ennemi, notre situation eût été pire. C’est la trahison patriotique qu’ils proclament légitime, comme jadis Maurras et ses amis prônaient le faux patriotique au temps de l’affaire Dreyfus »

7 juin 1944 : «De Gaulle fait un discours qui ne signifie rien. Le pauvre homme a une voix déplorable. Il scande les mots en appuyant toujours la syllabe faible. Tout chante faux dans son affaire. Il est ridicule de prétention et de suffisance.»

25 juin 1944 « Je rencontre Carcopino chez le recteur. Il me dit :

– Je suis content de vous voir. Je compte sur vous pour me défendre… bientôt.

Il a accepté pendant quelque temps d’être ministre de l’Instruction publique de Pétain. On le lui reprochera évidemment. De là à lui faire son procès, il y a loin. C’est un brave homme qui a fait de son mieux et qui même a empêché bien des abus. Mais que diable ce normalien historien et savant est-il allé faire dans cette galère ?

Il y eut entre nous un petit silence. A l’heure actuelle, certaines questions demandent qu’on réfléchisse avant de répondre. Il a compris et a marqué mon hésitation. Il a repris :

– Je puis compter sur vous ?

– Vous, oui… Mais vous ne serez pas nombreux à qui je dirai cela. »

3 septembre 1944 :«L’oubli est une des plus précieuses qualités de notre esprit. Sans lui, nous ne vivrions que dans le deuil et la fureur.» Il observe une femme juive qu’il a connue «tremblante et apeurée», «désormais fringante, maquillée, le regard audacieux, la mine insolente…Je ne suis pas antisémite, surtout depuis qu’on persécute ces misérables. Mais tout de même, je crains, si l’on y prend garde, qu’ils reviennent avec des dents bien longues, un appétit féroce et des exigences intolérables. […] La vengeance de ces gens sera terrible et cruelle. Ne serons-nous pas obligés de devenir antisémites ?»

9 novembre 1944 « Je déjeunais aujourd’hui avec une comédienne qui, regardant mélancoliquement le ciel pluvieux, m’a dit :

– On a fusillé Suarez ce matin…

– Oui.

– Il n’a pas eu beau temps ! »

Hiver 1944, Raimu joue le Bourgeois Gentilhomme à la Comédie-Française «comme il jouerait Boubouroche. Or, Monsieur Jourdain n’est pas un personnage de Courteline. C’est un métier de représenter un personnage de Molière ; cela s’apprend et Raimu n’a pas appris. Il lui manque d’avoir des humanités».

9 janvier 1945 « Vu Pierre Benoit à Fresnes. (…) A la vérité, je dois le sortir d’affaire. Il n’a pas fait grand-chose. Son tort est d’avoir voulu toujours jouer au plus fin. Il n’a pas fait de politique, ne s’est mêlé de rien, mais lorsqu’il venait à Paris, il déjeunait avec Brinon, prenait le café avec Abetz, passait une heure chez Monzie et dînait avec des gens du maquis. A force de voir tant de monde, il a fini par se compromettre partout. »

8 mai 1945 «Sa voix est trop désagréable. Depuis quatre ans que je l’entends, je ne puis m’y habituer. Le ton est prétentieux. Il paraît que l’homme ne correspond pas à la voix. Discours sans grande envolée. Puis les sirènes ont mugi. Des gens se sont embrassés. Une cohue s’est ruée sur la chaussée. On rit, on crie. On est content, mais pas très content […]. On n’est pas assez libéré des ennuis pour que la satisfaction soit franche.»

9 mai 1945 «La vraie fête est celle où l’on participe comme acteur et, en réalité, cette foule n’est faite que de spectateurs. Il manque quelque chose.»


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :