Publié par : Memento Mouloud | juin 16, 2015

Waterloo : l’autre 18 juin

Le 18 juin, sera fêté le bicentenaire de Waterloo dont les britanniques ont fait une station. Pourtant Napoléon aura mené 60 batailles et en aura perdu trois. Or ce dont on se souvient, c’est de la défaite, si bien que le fil hasardeux de l’Histoire est vu comme une nécessité.  Entre 1801 et 1815, le royaume britannique aura dépensé pour sa victoire 14 milliards de francs-or pour maintenir la coalition à flot dont six pour la seule Navy chargée d’imposer l’imperium sur la mer, première déterritorialisation de la puissance. La France napoléonienne aura versé un lourd tribut, 10 milliards auxquels s’ajoutent 900 mille conscrits tués dont tous n’étaient pas français. En 1816, l’endettement par tête était, en Angleterre, 26 fois supérieur à celui des français mais ces derniers avaient adopté le malthusianisme tandis que les premiers avaient ouvert les vannes de l’émigration et de la destruction de la vieille Angleterre. Dans les faits, les usuriers avaient gagné, ils pouvaient devenir lords. Les luddites auront mené ce dernier combat contre le Moloch de la prolétarisation, mais les choses étaient engagées de manière inexorable et Ricardo n’avait rien vu. Le machinisme était l’avenir et le mort comme allait l’écrire Karl Marx allait saisir le vif et l’éponger.

Le duc de Wellington qui pensait que Napoléon valait 40 mille soldats et lui-même 80 mille, de son vrai nom Arthur Wellesley, était la grande figure du temps. Il avait combattu les généraux français dans la péninsule ibérique, c’était son titre de gloire posthume car s’il fut premier ministre, entre 1828 et 1830 puis ministre, sa vie est toute entière concentrée dans la défaite de l’usurpateur. Wellington, tel un Pétain des guerres révolutionnaires, avait choisi la défense à tout prix. Il ne lançait une offensive qu’à raison d’une écrasante supériorité numérique et fuyait au moindre danger laissant les guérilleros ibériques cloués aux branches. On aurait pu le surnommer le lapin de Torres Vedras ou le feu follet madrilène mais l’honneur est de peu de prix pour qui emporte la mise de la Guerre. D’ailleurs, il fut élu au Parlement après ses campagnes en Inde où il consolida les concussionnaires de l’East India Company. Sorte de Burke en uniforme, il s’occupa à détruire le mouvement chartiste comme s’il s’agissait d’un spectre jacobin importé.


Responses

  1. Napoléon n’a perdu que 3 batailles, dites-vous.
    En fait, seule la dernière compte.
    Et rassurons nous (je suis un inconditionnel de l’Empereur) si Grouchy était arrivé plus tôt et que la bataille fut gagnée, la suivante aurait été fatale !
    Etant gamin, je connaissais toute les batailles et rêvais qu’en me réveillant l’Histoire allait coller à mes rêves.

    Comme Zemmour, j’ai rêvé de la grandeur de la France.
    Maintenant que je suis toujours jeune (mais depuis longtemps), je vois bien que le rêve d’enfant est interdit : on est foutus !

    Salut l’ami.

    • Je dirais comme Hugo décrivant la charge de la cavalerie mais aussi le champ de bataille couvert de cadavres dans les Misérables, mais bon je vous laisse Zemmour si vraiment vous le quiffez. Sinon je me pose une question, quand on est stratège, on ne combat pas pour la gloriole ou par vanité ou du moins on marie la vanité et l’entendement. Si Napoléon était persuadé de sa défaite à Waterloo, c’est une faute que d’y avoir entraîné les soldats. Et plus qu’une faute, une marque de bêtise. Sinon, il visait un objectif (défaire la coalition) et il ne pouvait être vaincu si facilement, il préservait les chances de la France. A mon avis, la faute ne vient pas de lui mais des Bourbons puis des Orléans. Les premiers sont revenus et ont accepté (eux et les notables qui les soutenaient) une France diminuée alors que 900 mille de ses fils avaient péri sur les champs de bataille. C’est une ignominie qu’ils ont fait endosser à Napoléon. Louis-Philippe a poursuivi la conquête de l’Algérie plutôt que d’annexer la Belgique (donc Anvers) et secourir les polonais insurgés, c’est une lâcheté.

      • « Si Napoléon était persuadé de sa défaite à Waterloo, …
        Sinon, il visait un objectif (défaire la coalition) et il ne pouvait être vaincu si facilement.
        La faute ne vient pas de lui mais des Bourbons puis des Orléans. »

        Je n’ai rien compris !
        Pouvez-vous m’éclairer ?

      • Bien sûr René. Napoléon est allé à Waterloo avec l’idée de gagner ce qui aurait eu pour conséquence de rompre la coalition entre l’Angleterre, la Prusse, l’Autriche et la Russie. Il se trouve qu’il a perdu. La thèse de Zemmour c’est de prétendre que cette défaite transformait irrémédiablement la France en puissance malheureuse, je n’en crois rien


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