Publié par : Memento Mouloud | juin 17, 2015

Sur une intuition d’Emmanuel Todd : « je suis Charlie » comme religion

Je suis Charlie a commencé comme un phénomène religieux. Des cierges qu’on allume en groupe compact, des fleurs qu’on dépose, une formule qui trouve sa converse, des blasphémateurs qui signent je suis Charlie Martel ou je suis Charlie Coulibaly comme on aurait dit je suis Brian. Un phénomène épidémique, un rite de consolation. Lorsque ma fille était plus petite, je me souviens de deux de ses livres, la tétine de Nina et les poupées-tracas de Billy se bile. Deux objets transactionnels, les zélotes de l’Eglise charlienne avaient le leur : un stylo. Les prêtres vinrent. D’abord les fondateurs de la secte, « tout est pardonné », Mahomet devient Jésus. Puis le grand pontife à la tête de la procession, c’était l’esprit du 11 janvier, on applaudissait les forces de l’ordre, des CRS pleuraient. Religion lacrymale du « tous ensemble, peuple souffrant ». Le siècle sera spirituel donc faux derche, donc menteur, donc fat et meurtrier. L’esprit se sera transformé en sursaut républicain, Emmanuel Todd savait bien qu’en dénonçant la supercherie, il allait détourner sur sa personne et dans le domaine de l’opinion une certaine haine propre à la nouvelle religion prônée par Daniel Schneidermann sur les ondes de France-Culture. Il y aurait un avant et un après Charlie. D’ailleurs il ne cause plus à ceux qui ne croient pas que l’histoire soit cassée en deux. Il ne parle plus au vetus Israël. La religion charlienne emprunte la forme chrétienne, mais primitive, celle d’une assemblée en expansion qui trouve sur son chemin des frictions qu’elle prend pour autant de spectres ennemis. Emmanuel Todd frappe où la blessure est ouverte, la religion de compassion cache une haine sourde et tue, Nietzsche aurait dit un ressentiment fondé sur la peur. Il pense que les catholiques zombies en sont les porteurs. Il désigne donc un ensemble, il oublie l’essentiel. Il y a bien ressentiment et peur car sans cela il n’y aurait pas de consentement à la surveillance de masse selon l’esprit du 11 janvier. Les individus d’un peuple libre ne vont pas porter leur courrier à la police pour savoir s’il est conforme au sursaut républicain.


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