Publié par : Memento Mouloud | juillet 2, 2015

Mare Nostrum (1) : 12 figures et mouvements

Tunisie : une police en panne

Soudain Fès un bloc de haine

TuNur ou comment transformer le soleil en parts de marché

Daech c’est aussi l’Italie

La mer des naufragés

Daech contre les sorcières

Le marché Halal et la France

Erdogan, mailleur en chef

Femmes de ménage au Liban

Le Sinaï en charpie

Engie, filiale de GDF-Suez, un crime « environnemental » ?

Privatisation de l’aéroport de Toulouse, l’actionnaire chinois est en cavale

Ghanem ben Saad al-Saad, un homme de l’ombre

Tunisie : une police en panne

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Le premier attentat à Sousse date de 1987, et l’avant-dernier du 22 octobre 2013. Il semble qu’assoupies les forces de l’ordre aient mis plus de trente minutes pour arriver sur les lieux du massacre et tuer Seifeddine Rezgui. De quoi laisser le temps aux smartphones de filmer la séquence. Comment expliquer un tel dysfonctionnement ? La brigade spéciale qui aurait dû intervenir, c’est la BNIR (pour Brigade nationale d’intervention rapide), à laquelle se substitue la BAT (Brigade antiterroriste, l’équivalent du RAID en France) en cas de prise d’otages. Une fois sur place, en cas de complications, la BNIR peut faire appel à la BAT, en poste à Tunis dans la garnison de Bouchoucha.

Sousse, est une place forte de l’économie et du tourisme en Tunisie, il était donc plus qu’improbable que les hommes de la BNIR ne parviennent pas sur les lieux de la tuerie après le premier appel. Mais cette improbabilité, comme d’autres a volé en éclats devant la réalité. Or, selon le porte-parole du ministère de l’intérieur, Mohamed Ali Aroui, la direction de l’hôtel Riu Impérial Marhaba et les agents de sécurité avaient bel et bien alerté les forces de l’ordre dès le début du carnage. Rien n’y a fait, il a donc fallu que la directrice de l’Impérial Marhaba appelle elle-même le ministre de l’intérieur, pour que celui-ci engage l’opération.

Quant aux deux gendarmes de la garde nationale maritime présents sur la plage dès les premières secondes de l’attentat, ils étaient dépourvus de munitions. A croire que le daechite en tenue de touriste avait les coudées franches pour jouer les Breivik basanés.

Plusieurs cadres du ministère sollicités ont une explication : le limogeage en mars 2015 de Imed Ghodhbani, jusque-là directeur général de la sûreté nationale, accusé d’être trop proche du parti Ennahda. Selon ces mêmes sources, ce limogeage s’est accompagné de la suppression pure et simple de ce poste à la direction générale de la sûreté nationale, la direction de la police étant assurée par le secrétaire d’État aux affaires sécuritaires, Rafik Chelly, nommé en février 2015. Aussi, l’autorité de Rafik Chelly s’impose déjà au directeur général de la garde nationale, ainsi qu’au directeur de l’office de la protection civile. Son inefficacité de même.

L’enseignement principal de l’attaque du Bardo puis de celle de Sousse est le suivant : le ministère de l’intérieur tunisien a, une nouvelle fois, fait preuve d’une grande déficience. En proie depuis la révolution à quantité de luttes internes et de dysfonctionnements, ce ministère est devenu l’un des maillons faibles de l’État tunisien, à moins que l’évidence du chaos ne soit un appel à un maître à venir.

Mediapart/ BAM

Soudain Fès un bloc de haine

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Un homme habillé en blanc tente de se réfugier dans un taxi. Mais la victime, présentée comme homosexuelle est rattrapée par une dizaine d’hommes avant d’être poussée au sol et rouée de coups. La scène filmée se déroule la nuit dans la ville de Fès au centre du Maroc. Elle a été diffusée par le site Goud mardi. «La façon dont il est habillé (il porte ce qui ressemble à une robe blanche) et sa façon de marcher ont déplu à de jeunes passants», explique ce média. Après une quarantaine de secondes, l’homme se relève, vêtements déchirés, s’enfuit et cherche à trouver refuge dans un commerce. Un policier apparaît alors et se voit «contraint de brandir son arme pour repousser la foule», rapporte encore Goud. Le site explique aussi que certaines personnes qui regardaient l’agression appelaient «au meurtre du « juif » (et de) « l’homosexuel »».

Paris-Match

TuNur ou comment transformer le soleil en parts de marché

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TuNur, un des projets actuels de centrales solaires envisage de produire dans le désert tunisien autant d’énergie renouvelable que deux centrales nucléaires et de l’acheminer, grâce à des lignes haute-tension de 1000 km, vers les réseaux européens, alimentant ainsi plus de 2 millions de foyers. Il prévoit d’utiliser l’énergie solaire concentrée (ESC) au lieu des panneaux solaires photovoltaïques (PV). « L’ESC est produite avec des matériaux comme l’acier et verre. Les coûts diminuent rapidement en fonction de la quantité. Il n’est donc pas surprenant que la baisse du prix de cette énergie soit plus rapide que celle des panneaux solaires photovoltaïques, pourtant de plus grande hauteur. Même si leur prix a baissé de moitié au cours des cinq années, les panneaux sont plus complexes à fabriquer et ont besoin d’alliages de métaux rares. »

D’ici à 2018, le projet devrait pouvoir produire 2,5 GW d’électricité en utilisant une surface de 100 kmde désert située au sud-ouest de la Tunisie. Il est prévu une perte en ligne d’environ 3% liée au transport de l’électricité vers l’Italie via le câble sous-marin.

Rappelons que la production française d’électricité dépasse les 500 TW.h (1 TW.h = 1 milliard de kW.h).

« Concrètement, des milliers de miroirs réfléchiront les rayons du soleil vers un récepteur central placé au sommet d’une tour. Cela dans le but de chauffer des sels fondus (sels en phase liquide) et produire une vapeur qui actionnera des turbines. Une autre innovation importante du projet consiste en la capacité de stockage. En chauffant les sels pendant le jour et en libérant la chaleur emmagasinée pendant la nuit, ce qui permettra de produire une énergie fiable et renouvelable. »

Bien entendu, le stockage de l’électricité, la durée de vie des panneaux, la gestion du parc et celle des déchets ne sont pas abordés.

« D’un coût total de 10 milliards d’euros, le projet Tunur est un partenariat entre le développeur d’énergie solaire britannique Nur Energie et des investisseurs tunisiens, maltais et britanniques, notamment Low Carbon, une société basée à Londres. Il serait épaulé par de nouveaux facteurs majeurs : l’amélioration du rapport coût-efficacité des câbles sous-marins de transport d’électricité, la baisse du coût des technologies de production d’électricité solaire, le plan climat de l’Union européenne (ou paquet climat-énergie), et enfin le changement de politique énergétique tunisienne qui tend vers la libéralisation du marché. »

Le précédent marocain patronné par la banque mondiale est visiblement passé sous silence.

Le projet espère obtenir, de la part du gouvernement britannique, la garantie d’un prix minimum 20% moins cher que celui de l’éolien offshore, ce qui implique un marché administré. Un récent communiqué de la Commission européenne informe : « Dans le cadre d’une revitalisation de sa diplomatie en matière énergétique et climatique, l’Union européenne utilisera tous les instruments de sa politique extérieure pour établir des partenariats énergétiques stratégiques avec des pays producteurs et des pays ou régions de transit qui gagnent en importance. » De plus le plan d’action UE/Tunisie engage l’Union européenne à ouvrir progressivement son marché aux acteurs de la production d’énergie tunisiens. De plus, le Parlement européen appelle à investir une partie des 80 milliards d’euros dédiés à la recherche et le développement (dont 60% sont affectés au développement durable) chez ses voisins des régions méridionales et orientales.

Riccardo Fabiani, conseiller principal pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Eurasia Group, est optimiste : « Il existe des risques, mais ils sont nettement plus faibles que dans le reste de la région. Pour la première fois depuis longtemps, nous voyons un pays arabe qui peut introduire des reformes propres à améliorer la transparence et transformer positivement son climat d’investissement. »

Rue 89 / BAM

Daech c’est aussi l’Italie

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Dix personnes de plusieurs nationalités soupçonnées d’apporter un soutien à l’Etat islamique ont été arrêtées mercredi 1er juillet dans le cadre d’une opération menée en Italie et en Albanie, a annoncé la police italienne. Les dix personnes, quatre Italiens, cinq Albanais et un Canadien, ont été interpellées dans trois villes italiennes Milan, Bergame et Grosseto en Toscane, et dans un lieu non précisé en Albanie. Certaines des personnes arrêtées sont soupçonnées d’avoir aidé des islamistes italiens à se rendre en Syrie pour y combattre aux côtés de l’Etat islamique. L’enquête a démarré quand la police a découvert qu’une Italienne convertie à l’islam était partie pour la Syrie en compagnie de son mari pour rejoindre l’Etat islamique. Par ailleurs, la police a annoncé l’arrestation à Rome de deux Nord-Africains soupçonnés de gérer un site internet islamiste incitant à la préparation d’attentats en Italie et dans les pays du Maghreb.

Reuters

La mer des naufragés

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Cent trente-sept mille réfugiés et migrants ont atteint l’Europe par la mer au cours du premier semestre, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2014, selon un nouveau rapport publié mercredi par les services du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Un tiers des 137.000 hommes femmes et enfants arrivés par mer en Italie ou en Grèce, soit près de 44.000 personnes, venaient de Syrie. Les deuxième et troisième pays fournissant les contingents les plus importants de migrants ont été l’Érythrée (12%) et l’Afghanistan (11%). La ventilation des 44 % restant n’est pas précisée. Le nombre de morts au cours de la traversée est également en hausse : 479 réfugiés et migrants se sont noyés ou sont portés disparus sur la période janvier-mars, contre 15 sur les trois premiers mois de 2014. Après une nouvelle forte hausse en avril, le nombre de morts ou disparus a eu tendance à baisser en mai et juin.

Le trajet emprunté par les réfugiés s’est modifié en 2015. Alors qu’en 2014, c’était l’Italie qui accueillait l’essentiel des réfugiés et migrants – plus de trois quarts d’entre eux en 2014 -, la Grèce est désormais le premier pays concerné par ces arrivées. Sur les six premiers mois de 2015, 67.500 personnes sont arrivées en Italie, contre 68.000 sur les îles grecques, plus de la moitié venant de Syrie. Une fois arrivés en Grèce, réfugiés et migrants poursuivent leur voyage vers la Hongrie en passant par les ex-républiques yougoslaves de Macédoine et de Serbie.

Depuis le début du mois de juin, un millier de personnes entrent chaque jour dans l’ouest des Balkans, contre 200 il y a simplement quelques semaines, souligne le rapport.

Pays de transit, la Macédoine est incapable de faire face à l’afflux de réfugiés. Au poste de douane établi sur l’autoroute, un responsable de la police confirme qu’il n’existe pas d’accord officiel entre la Macédoine et la Serbie sur le sort de ces migrants. Depuis dimanche, les policiers des deux pays ont passé une entente informelle de laissez-passer pour peu que les migrants contournent le bâtiment des douanes. Tous les dangers ne sont pas écartés pour autant : des bandes de brigands continuent d’attaquer les migrants dans les villages macédoniens proches de la frontière. « Nous marchons en groupes et nous sommes armés », lâche un homme, en montrant quelques couteaux. Toute la journée, des groupes avancent sur les chemins qui conduisent à Presevo, la première ville serbe, située à une dizaine de kilomètres de la frontière. S’ils demandent l’asile sur le territoire serbe, ils obtiendront un laissez-passer de 72 heures, leur permettant théoriquement de rejoindre les centres d’accueil du pays. En réalité, avec ce certificat, ils pourront emprunter le train qui remonte vers Belgrade. Ensuite, la frontière hongroise n’est plus qu’à 200 kilomètres, autant dire à portée de la main quand on vient de Homs ou de Raqqah.

Sami tient un café dans lequel sont attablés une dizaine de migrants. « C’est incompréhensible, des femmes, des enfants dans les rues. Que fait l’État, que fait l’Europe ?..L’autre soir, une forte pluie s’est abattue sur la ville, j’ai fait dormir des dizaines de gens dans mon café. Nous tentons de les aider, mais ils sont des milliers, nous sommes dépassés. » Les passeurs rôdent à deux pas de la police. Mardi soir, des taxis de Belgrade proposaient de conduire les migrants jusqu’à la capitale serbe, pour 300 euros par personne.

A Budapest, le gouvernement du premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé la construction d’un grillage haut de quatre mètres et long de 175 kilomètres. Des unités mixtes serbo-hongroises ont déjà commencé à patrouiller le long de la frontière. Mardi, le ministre de l’intérieur serbe a déclaré que le problème n’était pas du côté de la Hongrie, mais de celui de la Macédoine, « incapable de contrôler sa frontière ». Si le blocage de la route devient effectif, la Serbie pourrait rapatrier vers le sud les migrants qui attendent de passer en Hongrie. Des dizaines de milliers de personnes pourraient rapidement être confinées autour de la frontière macédo-serbe.

Alors que l’Italie appelle depuis des mois les États membres à soutenir son pays en première ligne dans l’accueil des migrants, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a fustigé le manque d’ambition de l’accord trouvé. « Si vous pensez que l’Europe n’est qu’une affaire de budgets, ce n’est pas l’Europe que nous avions imaginée en 1957 à Rome… Ou vous êtes solidaires, ou vous ne nous faites pas perdre notre temps. (…) Si vous voulez une base volontaire, si c’est ça votre idée de l’Europe, alors gardez-la pour vous. Nous nous débrouillerons seuls ».

Reuters/ Mediapart

Daech contre les sorcières

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Le groupe État islamique (EI) a franchi un nouveau cap dans la régression mentale en décapitant en Syrie deux femmes accusées de sorcellerie. Lors d’une perquisition dans la maison des suppliciées, les jihadistes auraient trouvé des amulettes et un papier écrit cousu dans un tissu.

Depuis la proclamation de son « califat » sur les territoires syrien et irakien sous son contrôle, l’EI a ainsi exécuté plus de 3.000 personnes en Syrie, dont 1.800 civils parmi lesquels 74 enfants. Dans un autre secteur de Deir Ezzor, à Mayadeen, l’EI a suspendu cinq personnes, les bras en croix, à un grillage à l’extérieur du poste de la police religieuse, avec à côté l’inscription « non-respect du jeûne (du ramadan) sans justification religieuse »

Reuters/BAM

Le marché Halal et la France

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La croissance du marché halal est l’un des phénomènes économiques marquants de ce début de siècle, au point qu’un des plus gros cabinets de conseil mondiaux, A.T. Kearney, a déclaré qu’aucun investisseur ou banquier ne devrait se permettre de l’ignorer. Le «  business  » du halal ne concerne plus uniquement les aliments, mais inclut désormais les produits cosmétiques, ménagers, médicaux, les services, le tourisme ou le secteur financier, dans un marché estimé à 2 300 milliards de dollars en 2013 et qui intéresse des multinationales comme Nestlé, Tesco ou Carrefour. L’estimation marchande des multinationales suppose donc qu’il n’y aura aucune laïcisation des sociétés musulmanes. A croire que la société multiculturelle c’est bon pour le seul Occident.

Au moins cinq initiatives de régulation internationale existent pour faire émerger un standard, sinon à l’échelon mondial, du moins à celui des grandes zones d’échanges économiques. Et parmi elles, celle du Comité européen de normalisation (CEN) qui se réunissait à Cordoue des 28 et 29 avril 2015 pour sa troisième session plénière.

Quelques jours avant cette réunion, des membres de la commission V06A «  Denrées alimentaires halal  » de l’Association française de normalisation (Afnor) représentant la France au CEN, annonçaient par un communiqué leur intention de geler leur participation. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), les mosquées de Lyon et d’Évry, des certificateurs (Halal Service, AVS), deux associations de consommateurs musulmans (l’Association de sensibilisation, d’information et de défense du consommateur musulman Asidcom et l’Union française des consommateurs musulmans UFCM), et un commerçant (Sirat), estimaient que ce projet allait «  à l’encontre des règles et des prescriptions de la religion musulmane  », que les représentants religieux n’avaient qu’un rôle secondaire. Ce qui dénotait une «  volonté de ces organismes de normalisation de spolier les musulmans d’une question qui est essentiellement religieuse  ». Ils exigeaient que la commission Afnor «  Denrées alimentaires halal  » soit placée sous l’autorité des institutions religieuses musulmanes.

L’Orient XXI/BAM

Erdogan, mailleur en chef

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L’AKP a mis la ville d’Istanbul en coupe réglée. En effet, Erdogan souhaite en faire une ville au cœur de la mondialisation. Un rêve en toc de nouveau riche à la sauce néo-ottomane. En mai 2013 a été lancée la construction d’un troisième pont, le plus haut du monde. Situé au nord du détroit du Bosphore, au débouché de la mer Noire et reliant les rives européenne et asiatique, il s’accompagnera d’une nouvelle autoroute de plus de 260 kilomètres. Un troisième aéroport, avec une capacité de 150 millions de passagers est également en cours de réalisation. Ces deux projets néo-staliniens engendreront la destruction d’une grande partie de la forêt du nord d’Istanbul. En février 2015, le gouvernement a également annoncé la construction d’un troisième tunnel routier et ferroviaire sous le détroit du Bosphore. Un premier tunnel ferroviaire, le Marmaray, a été inauguré en 2013 et un autre, autoroutier, en cours de percement, devrait être opérationnel en 2016. Enfin Erdogan souhaite percer un canal parallèle au détroit du Bosphore. D’une cinquantaine de kilomètres de long et reliant la mer Noire à la mer de Marmara, il devrait désengorger le trafic sur le Bosphore, l’un des plus denses au monde, il ne fera qu’ajouter à la densité actuelle. Tous ces projets sont à l’image du palais présidentiel de plus d’un millier de pièces inauguré en octobre dernier. Ils sont le mausolée de la merdonité en marche (forcée).

Pendant près d’une décennie, la croissance n’a cessé d’augmenter, atteignant jusqu’à 9,2 % en 2010. Elle est fondée en partie sur l’essor du secteur de la construction et les grands projets urbains, devenus la marque de fabrique de l’AKP. En dix ans, le nombre de personnes travaillant dans ce secteur a plus que doublé, passant d’un million en 2004 à plus de deux millions en 2014. Depuis 2010 et la fin de la période spéculative, la croissance est en baisse, elle est passée de 4 % en 2013 à 2,9 % en 2014. Le chômage est en hausse (11 % en février) et l’inflation élevée (8 % en 2014).

Les grands projets urbains s’accompagnent de projets immobiliers (complexes résidentiels, gated communities, tours de bureaux, hôtels, centres commerciaux…) qui prennent souvent la forme de partenariats public-privé, une véritable aubaine pour les entrepreneurs proches de l’AKP.

Avec la construction du troisième pont, de la nouvelle autoroute et du troisième aéroport, les terrains situés au nord d’Istanbul ont pris de la valeur, attirant de grands groupes bien souvent «  dirigés par des proches du parti au pouvoir, voire directement reliés aux membres du gouvernement  ». On peut citer le groupe Çalık impliqué dans différents projets de rénovation urbaine à Istanbul et dirigé de 2007 à 2014 par Berat Albayrak, le gendre du président Erdogan.

On peut aussi mentionner le groupe Cengiz İnşaat, membre du consortium (Cengiz-Kolin-Limak-Mapa-Kalyon) qui a remporté l’appel d’offre pour la construction du troisième aéroport. En près de dix ans, le groupe a gagné 28 appels d’offres publics d’une valeur totale de près de 100 milliards de lires turques (environ 34 milliards d’euros). Mehmet Cengiz, le président de Cengiz İnşaat est réputé proche de l’AKP et du président turc. Il serait, avec le fils d’Erdogan, Necmettin Bilal Erdogan, l’un des dirigeants d’une fondation de charité à l’université Recep Tayyip Erdogan de la ville de Rize, au bord de la mer Noire.

Corrompu et faux derche moralineux, le portrait est complet.

L’Orient XXI/BAM

Femmes de ménage au Liban

WDR Fernsehen DIE STORY,

Des femmes privées de protection sociale se réveillent dans les maisons libanaises, sans qu’on sache comment elles vont. Silencieuses et travailleuses, à longueur de journée elles lavent, sèchent, repassent, cuisinent, pressent, cisèlent, hachent, épongent, gardent les enfants et répondent «  ça va  » parce qu’elles n’ont pas d’autre réponse à donner, qu’on ignore tout de leur passé et de leur histoire, de leurs enfants qu’elles ont abandonnés au pays pour venir travailler au Liban. Elles sont un peu plus de deux cent mille, d’origine diverse : Philippines, Sri Lanka, Cameroun, Éthiopie, Népal.

Les suicides se multiplient. Les ambassades des pays fournisseurs de main d’œuvre ne soutiennent pas leurs ressortissantes. Certaines femmes sont privées de nourriture, battues, agressées sexuellement pendant des mois par leur patron. Une jeune femme sauvée par l’association Kafa a ainsi été exploitée sexuellement par sa patronne qui l’a vendue à plusieurs hommes. Certaines se font traiter injustement de voleuses pour éviter à la fin du contrat de payer à l’employée le billet d’avion de son retour. Et quand elles souffrent de problèmes de santé graves, elles ne peuvent bénéficier d’aucun soin.

De toutes les histoires recensées et subies, c’est la xénophobie qui fait le plus souffrir. Certaines femmes subissent des humiliations totalement gratuites, une surcharge de travail parfois inutile et épuisante. Privées d’intimité, il arrive qu’elles n’aient pas de chambre à elles  ; elles couchent alors dans la cuisine, le séjour, sur des lits pliants ou dans des balcons minuscules transformés en «  chambres de bonne  ». Les toilettes sont le seul lieu où il existe une porte qu’elles peuvent fermer.

«  Vous savez pourquoi j’évite d’aller dans des cafés  ?  », me dit-elle à la fin de l’entretien. «  Quand j’entends “hiye chou badda”, c’est-à-dire “qu’est-ce qu’elle veut commander  ?”, ça m’énerve  ! Le reste je m’en fous, on peut me cracher dessus dans la rue. Je lave à l’eau et ça part. Mais quand on parle de moi à la troisième personne, ça m’énerve  ! Je ne peux plus entendre ce mot de “hiye”.

L’argument qui revient souvent quand on interroge les familles qui défendent à leur employée de sortir seule est la peur «  qu’elle se lie à des hommes et qu’elle ramène des maladies  ». Autre interdit : l’accès aux piscines et aux plages privées, de peur qu’elles ne «  salissent l’eau  ».

L’Orient XXI

Le Sinaï en charpie

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« Pour avoir mal évalué la portée de l’événement révolutionnaire et simplement pris en considération le manque d’unité des courants de l’opposition, les Frères optent pour une alliance avec les forces contre-révolutionnaires : les militaires, les services de police, la nébuleuse salafiste, et les réseaux de l’ancien PND. » (Égypte, révolution et contre-révolution, p.113) En ce printemps 2012, le candidat des Frères musulmans a gagné la présidentielle mais il donne très vite l’impression de renier ses engagements et de s’appliquer surtout à détenir les diverses clefs du pouvoir. La présidence de Morsi sera, selon l’expression de Hamit Bozarslan, auteur de l’avant-propos de l’ouvrage : « tentée par un despotisme sans en avoir les moyens. » Si bien que la population lui devient rapidement hostile et les deux appareils d’ordre, jadis en concurrence, la police et l’armée, sentant le vent de l’opinion lâcheront à leur tour le gouvernement en place. Un an après son élection et suite à une irrépressible mobilisation populaire qui atteint une importance sans précédent, Morsi est renversé par les militaires. Des millions d’Égyptiens, parmi lesquelles on compte également les salafistes, issus d’un autre courant islamique très puissant (et qui avaient soutenu les Frères notamment lors de la rédaction d’une nouvelle constitution), ont réclamé la chute du régime de Morsi.

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a lancé mercredi une série d’attaques sans précédent contre l’armée dans le Sinaï en Egypte, faisant des dizaines de morts, un nouveau coup dur pour le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi. Après cette vague d’attentats coordonnés, des affrontements ont éclaté entre soldats et assaillants, tandis que des chasseurs F-16 de l’armée ont bombardé les positions de l’EI. Les jihadistes se sont finalement retirés, après près de huit heures de combat.

Au moins 70 soldats et civils ont été tués dans les combats, selon des responsables de la santé et de la sécurité. L’une des attaques, menée avec une voiture piégée contre un check-point au sud de Cheikh Zouweid, près d’Al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï, a coûté la vie à 15 soldats. Avant de se retirer, les jihadistes ont miné les abords d’un commissariat de Cheikh Zouweid pour empêcher l’arrivée de renforts, prenant position sur les toits des immeubles alentours pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes, selon un colonel de police.

Après une précédente attaque spectaculaire en octobre 2014, l’armée a réagi en détruisant des centaines d’habitations près de la frontière avec Gaza, afin de créer une zone tampon. Des milliers d’habitants ont été chassés ; un couvre-feu instauré, le téléphone coupé. Et la zone est interdite aux médias. Une répression intensive sans aucun effet sur le groupe armé, qui a fait allégeance au groupe Etat islamique en novembre 2014. Il a alors pris le nom de « Province du Sinaï », et importé les méthodes de Daech: démonstrations de force pour intimider la population, exécutions filmées des « traîtres ». « Il y a le 101 et le 102. Et nous, nous sommes coincés entre les deux », raconte au journal égyptien Mada Masr, un habitant d’Al-Arish. Le 101, c’est la brigade 101 de l’armée, installée dans la ville depuis les années 1980. Quant au 102, c’est le surnom donné par les habitants au groupe djihadiste. »

Les précédentes attaques du groupe armé, en février 2015 semblaient « indiquer qu’il dispose d’informateurs capables de communiquer les moindres mouvements de l’armée », avançait alors Le Monde. Leur précision semblait confirmer la présence d’anciens officiers de l’armée ayant fait défection, déjà avérée dans l’attaque de Karm Al-Kawadis, le 24 octobre. »

Ces pertes sont parmi les plus lourdes subies par l’armée dans le Sinaï, bastion du groupe Ansar Beït al-Maqdess, la branche de l’EI dans cette région, où elle a multiplié les attentats contre les forces de l’ordre depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013. Au Caire, un haut responsable des Frères musulmans, Nasser al-Houfi, et huit membres de la confrérie islamiste dont est issu M. Morsi ont été tués mercredi dans un raid policier, selon des responsables de la police et un avocat de l’organisation.

« Cette période de violences qui traverse le pays depuis 2011 est loin d’être terminée. Aucune des demandes révolutionnaires n’a été concrétisée. Au contraire, en face, l’État se montre chaque jour plus féroce à l’égard des opposants et un peu plus injuste à l’égard des citoyens. Les Égyptiens vont redescendre dans la rue. Mais, cette fois, ce sont les classes les plus populaires de la société qui seront là. Ce soulèvement sera bien plus violent que tout ce que nous avons déjà vu en Égypte. Et il risque de durer. »

AFP/ L’Express/ Jean-Claude Leroy

Engie, filiale de GDF-Suez, un crime « environnemental » ?

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C’est une première judiciaire en Europe et, sans doute, dans le monde : la justice italienne suspecte 86 personnes d’avoir causé un « désastre environnemental »en participant au fonctionnement de la centrale à charbon de Vado Ligure, au nord de l’Italie, non loin de Gênes, opérée par Tirreno Power, filiale à 50 % d’Engie (ex-GDF-Suez). Parmi elles, quatre dirigeants du groupe français sont directement mis en cause : le vice-président senior en charge de la production du gaz pour la France et l’Europe du Sud, son directeur des ventes d’énergie pour l’Italie, ainsi que le président et le directeur général de GDF-Suez Energia Italia, filiale à 100 % d’Engie.

Le parquet de Savone les suspecte d’avoir, comme les autres administrateurs et dirigeants de Tirreno Power, contribué à la mort de 427 à 657 personnes entre 2000 et 2007 par maladies cardiovasculaires et respiratoires, en raison des émissions de la centrale. Entre 2005 et 2010, de 298 à 433 enfants ont déclenché des maladies respiratoires imputables à la centrale, et entre 2 161 et 2 223 adultes ont développé des pathologies cardiovasculaires et respiratoires, selon la note du procureur, rendue publique mi-juin.

Une carte des expositions à la pollution a d’abord été réalisée, selon une double méthodologie : un modèle mathématique de la dispersion des émissions de dioxyde de soufre (SO2), dues exclusivement à la centrale ; des relevés de bioaccumulation sur les lichens (très sensibles à la pollution atmosphérique) de marqueurs spécifiques au charbon lorsqu’ils sont présents simultanément (arsenic, plomb, sélénium, cadmium et antimoine). Une étude épidémiologique a ensuite été conduite sur plus de 156 000 personnes vivant dans 23 communes alentour. Elle démontre un lien de cause à effet statistique et proportionnel à l’exposition à la pollution.

Le charbon représente environ 15% du parc de production d’électricité d’Engie dans le monde. Début juin, dix jours après sa mise en cause par un rapport des Amis de la terre et d’Oxfam pour la quantité astronomique de CO2qu’émettent ses centrales à charbon dans le monde, le groupe a renoncé  à la centrale de Thabametsi en Afrique du Sud, l’un des plus gros projets en cours dans ce pays très dépendant du charbon. « Nous développons les renouvelables en priorité mais je ne peux pas vous dire aujourd’hui que nous avons décidé de ne plus faire de charbon », ajoute aujourd’hui la direction de sa communication.

Mediapart

Privatisation de l’aéroport de Toulouse, l’actionnaire chinois est en cavale

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Le principal dirigeant chinois, Poon Ho Man, auquel a été cédé par l’État français la gestion de l’aéroport de Toulouse-Blagnac a disparu depuis plus d’un mois, et son nom aurait été cité dans une enquête pour corruption. C’est une dépêche Reuters, passée totalement inaperçue en France, qui a levé le lièvre. Diffusée par le bureau de Hong Kong de l’agence de presse, lundi 22 juin à 11 h 14.

Publiée au Journal officiel le 17 avril dernier, la cession pour 308 millions d’euros des 49,9 % du capital de l’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) s’est en effet effectuée au profit de cette société Casil Europe, dont Poon Ho Man est le directeur général. Immatriculée en France, cette société Casil Europe détenue par Shandong High Speed Group et le fonds d’investissement Friedman Pacific Asset Management.

Or cette dernière société s’imbriquait dans un groupe très opaque, détenu par cet oligarque chinois dénommé Poon Ho Man et son épouse Christina, et dont la holding de tête se dénomme Capella Capital Limited, une holding immatriculée aux îles Vierges britanniques. Cette holding de tête a pour filiale à 100 % une société dénommée Friedmann Pacific Investiment Holdings Limited, dont le pays d’immatriculation est inconnu : cette dernière société aurait elle-même une filiale dénommée Friedmann Pacific Asset Management Limited, immatriculée également aux îles Vierges britanniques.

Pour cette acquisition, le groupe chinois s’était allié à un groupe canadien, SNC-Lavalin Inc, dont on a tôt fait de savoir ce qu’il faut en penser. Il suffit d’aller sur le site internet de la Banque mondiale pour y apprendre que la banque lui a imposé la plus grave sanction jamais prononcée dans l’histoire de l’institution pour des faits graves de corruption.

Lors de l’officialisation du projet de cession, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron avait assuré à de nombreuses reprises qu’il ne s’agissait « pas d’une privatisation », faisant valoir que l’État gardait 10 % du capital de l’aéroport et que, en alliance avec les collectivités publiques (Région, département et ville de Toulouse), les actionnaires publics garderaient le contrôle de 51 % du capital. Or, le ministre de l’économie avait, en secret, donné son accord pour que l’État signe avec l’investisseur chinois un pacte d’actionnaires offrant à ce dernier tous pouvoirs au sein de l’entreprise et lui assurant un contrôle majoritaire.

Mediapart

Ghanem ben Saad al-Saad, un homme de l’ombre

qatari_diar

Inconnu du grand public, Ghanem ben Saad al-Saad proche de l’ancien émir Hamad al-Thani est le patron et fondateur de Ghanin Bin Saad Al Saad & Sons Group (GSSG), un conglomérat présent notamment dans le BTP, l’aéronautique, le pétrole et la finance. Il a été le propriétaire du mythique hôtel Carlton de Cannes entre 2012 et 2014. Al-Saad a surtout été, entre 2005 et 2012, le premier directeur général de Qatari Diar, la filiale du fonds souverain de l’émirat spécialisée dans l’immobilier, chargée d’investir la bagatelle de 60 milliards de dollars. Sous son règne, Qatari Diar a racheté de prestigieuses propriétés (hôtel Royal Monceau, centre de conférences Kléber à Paris, etc.) et des participations minoritaires dans des fleurons du CAC40, comme Vinci et Veolia.

C’était avant que les policiers de l’Office central anticorruption (OCLCIFF) de Nanterre ne découvrent sa conception très particulière du bénévolat. Lors de l’achat par Qatari Diar de 5 % de Veolia en 2010, le fonds souverain dirigé par al-Saad a versé, via un tortueux montage financier, 182 millions d’euros de commissions occultes à trois sociétés offshore. Si les deux premiers bénéficiaires restent pour l’heure inconnus, le troisième, qui a touché 45 millions d’euros via une coquille singapourienne, est un employé d’al-Saad.

Ghanem ben Saad al-Saad a été discrètement débarqué en 2012 de la direction du fonds souverain, apparemment pour des raisons politiques. Comme d’autres proches de l’ancien premier ministre Hamad ben Jassem, dit « HBJ », il semble avoir été victime d’une purge visant à préparer l’arrivée au pouvoir du prince Tamim al-Thani, grand ennemi de HBJ, qui a accédé au trône en 2013 à la suite de l’abdication de son père, Hamad ben Khalifa al-Thani.

Peu après le départ d’al-Saad, la nouvelle direction de Qatari Diar a lancé une série d’audits, comme l’a révélé Intelligence Online. Une source proche des fonds souverains du Qatar a indiqué à Mediapart que ces enquêtes internes ont permis d’identifier plusieurs dossiers très problématiques, dont celui de l’entrée de Qatari Diar au capital de Veolia. Les auditeurs semblent avoir découvert l’ampleur des commissions versées par le fonds et des rétrocommissions touchées par Ghanem ben Saad al-Saad. Toujours selon cette source au fait du dossier, Qatari Diar aurait proposé à l’ancien patron de régler l’affaire à l’amiable et de ne rien ébruiter, à condition qu’il rembourse une partie des sommes litigieuses. « Il a rendu beaucoup d’argent », affirme notre interlocuteur. D’où le fait qu’aucune enquête n’a été ouverte dans l’Émirat.

Le 5 juin dernier, le parquet fédéral suisse a annoncé avoir saisi des documents portant sur l’organisation à Doha du match amical entre le Brésil et l’Argentine, le 17 novembre 2010, deux semaines avant le vote qui a attribué la compétition à l’Émirat. Or, l’entreprise qui a financé et sponsorisé ce match n’est autre que GSSG, le conglomérat de Ghanem ben Saad al-Saad. C’est ce qu’a révélé fin avril The Ugly Game(Simon & Schuster, avril 2015), un livre enquête sur l’attribution de la Coupe du monde 2022 écrit par Heidi Blake et Jonathan Calvert, journalistes du Sunday Times, qui se sont procuré des centaines de documents confidentiels internes à la Fifa. Selon le Guardian, le groupe d’al-Saad a payé 8,6 millions de dollars pour le match, dont 2 millions ont atterri sur les comptes d’une société singapourienne, et 3,5 millions dans les caisses d’agents et d’intermédiaires des fédérations argentine et brésilienne. Histoire de cimenter encore un peu plus l’amitié, al-Saad a également injecté 10 millions de dollars dans un fonds d’investissement chargé d’organiser les matchs de gala de la sélection brésilienne.

L’affaire a rebondi à la mi-juin, dans le cadre de l’enquête pour blanchiment et fraude fiscale menée au Brésil au sujet de Ricardo Teixeira, ancien président de la fédération brésilienne de foot et ancien membre du comité exécutif de la Fifa, qui a voté pour le Qatar juste après le match amical de 2010 à Doha. Il a dû démissionner en 2012 après avoir été éclaboussé par plusieurs affaires de corruption. Ricardo Teixeira avait un compte à la sulfureuse banque Pasche de Monaco, une ancienne filiale du Crédit mutuel visée par une enquête judiciaire pour « blanchiment » sur le Rocher. Dans un enregistrement de mars 2013, le patron de la banque Pasche évoquait le dignitaire du foot brésilien en ces termes : « Évidemment, il est connu, mondialement connu. Alors on a un risque de réputation. On sait qu’il a reçu de l’argent pour faire des faveurs, mais ce n’est pas politique. […] On a décidé ensemble, on le prend parce qu’il nous a rapporté 30 millions d’euros. Ce n’est pas rien. »

En outre les juges brésiliens viennent d’obtenir des documents montrant que Teixeira disposait de 22 millions de dollars sur un compte secret ouvert dans une banque monégasque. Selon les quotidiens Estadao de Sao Paulo et The Sunday Times, ce compte a été alimenté par « des sociétés qataries qui ont bénéficié de chantiers d’infrastructures liées à l’organisation de la coupe du monde ». On ignore à ce stade si le groupe de Ghanem ben Saad al-Saad en fait partie.

Mediapart


Responses

  1. Le derche contre les sorcières, ça envoie du bois!
    Aussi con que les puritains amerloques ( ou riputains ou ripoutins ) !
    Vous me direz qu’il y a des liens….
    Mais le riputain amerlot est objet de détestation universelle
    Au lieu que le djiadiste moyen est adulé par une bonne partie des banlieues européennes
    Ha ,penser à ces émois juvéniles qui s’agitent sous les tchadors bricolés de bric et de broc , ces strings en surchauffe sous le tissu noir du cercueil portable….
    Ça me collerait une Gaule d’enfer si j’en étais encore capable
    On dira jamais assez l’importance de la frustration sexuelle volontaire dans toutes les idéologies mortifères
    Nul doute que le ouaque barreur moyen, rentrant du combat ,ayant survécu aux balles, aux éclats, aux mines,à la chiasse( bouffe daubee ,eau stagnante) ,aux poux ,à la trouille, nul doute donc que ce mec,de retour au foyer ,n’envisage pas un ‘tit acompte sur les 70 pucelles promises….
    Et nul doute que sa fatma, choisie par son supérieur rachitique ( sur internet, directement débarquée de sa banlieue, tourcoing ou gueurnoble) soit pas partante pour un tour à la cosaque !

    • Qui tournera ou écrira les sorcières de raqqah iront au paradis ou Ali et les 70 outrages ?

      • « On ira tous au pa-radis
        qu’on soit bénis qu’on soit maudits…. »
        Je ferais bien un bout du script de « Ali et les 70 outrages » mais j’ai peur de manquer d’inspiration au delà des dix premiers
        Un peu comme les libelles qui visaient la royauté en 1789 ,ils étaient faiblards sur les détails
        Ça se cantonnait rapidement à « la reine foire sur le roi ,alors que mesmer la fout debout »
        Parfois c’était « debout, le pied sur un tabouret »
        Un historien tel que vous devrait pouvoir en retrouver traces ,mais je doute que ça nous éclaire pour l’avenir
        Comme disait Arthaud ( Antonín pas Nathalie) « là où ça sent l’homme, ça sent la merde « 

      • …Tandis que Cagliostro lui branle le cul (ça rappelle Sade, une sorte de litanie mécanique) mais en effet, les traces de ce type de littérature sont innombrables, le seul motif c’est la reine qui fout toutes les femmes du royaume tandis que les hommes la foutent à leur tour, une préfiguration de l’égalité républicaine ?

        ça sent la merde, Freud aurait rajouté donc l’argent

      • Ha….si ça sent le pognon, c’est respectable
        Respectable, un mot qu’on a tenté de servir à toutes les sauces surtout les plus indigestes
        Ça dérive du mot respect qui lui ,se mérite et ne saurait s’accompagner de l’injonction qu’on requiert d’habitude ( ce contresens ! respectez la joie ,pleurait marie Georges buffet ,lorsque, lors d’un match de foutebaule, les ‘tits beurs avaient sifflé les bleus ….comme l’avait écrit Murray, on respecte ses parents, on se respecte ,mais la joie? peut on respecter ce qu’on nous intime de faire ? bref )

      • Le mot vient du latin en tout cas, « action de regarder en arrière » et déjà il alterne entre la considération et l’égard, donc étymologiquement le mot alterne entre deux sens : celui de s’intéresser à quelque chose, celui de ne pas porter atteinte à quelque chose ou quelqu’un, dans le sens présent, respecte-moi veut dire « j’suis le boss et tu dois l’admettre »

      • Pour Cagliostro, c’est un acteur italien dont le nom m’échappe qui le joue le mieux dans « la nuit de Varennes » (1980?1985?)
        Sublime Anna Schigula ,pour les autres….aucun ne se bouscule à mon esprit

      • La comtesse Sophie de la Borde, tout un programme, mais je me souviens de Mastroianni en Casanova sur le déclin mais de Cagliostro point, Kobus

      • tiens, tiens là aussi ça sent la merde : http://www.liberation.fr/cahier-ete-2015/2015/08/11/au-travail-la-grosse-omission_1362061#link_time=1439367654

      • Je renvoie à la phrase d’Hippocrate, chacals, hyènes, désormais vautours, bactéries browniennes et quelques animaux coprophages en prime (financiers, assureurs, etc.)

  2. tiens , il semblerait que l’une des photos qui illustre l’article soit tirée de « les diables » de ken russel
    avec vanessa redgrave
    qui pourrait fort bien donner ses traits à une justine vieillissante des « infortunes de la vertu » qui tournerait en circuit fermé
    une justine avec 40 balais au compteur , la tête qu’elle avait dans « blow up »

    • Avis aux amateurs donc


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