Publié par : Memento Mouloud | juillet 6, 2015

Goodbye Yanis (Varoufakis)

husbands

Yanis Varoufakis ne ressemblait pas à un politocard quelconque aussi on lui reprochait de ne pas se plier aux règles de Bruxelles, à la manière d’un Charlus égaré dans le salon de la Verdurin. Ses faux airs de John Cassavetes n’ont pas trouvé en Tsipras un Ben Gazzara, aussi on ne jouait pas Husbands face à la troïka et sa démission est moins une surprise qu’une conséquence logique des effets de l’ordre européen.

Il écrivait « Le problème avec la théorie des jeux est qu’elle présume que les motivations des joueurs vont de soi. Au poker ou au black-jack cette supposition ne pose aucun problème. Mais dans les délibérations actuelles entre nos partenaires européens et le nouveau gouvernement de la Grèce, ce dont il s’agit est de changer les motivations des uns et des autres. De faire naître un nouvel état d’esprit qui soit capable de transcender les divisions nationales, d’abattre la distinction entre créancier et débiteur au profit d’une vision pan-européenne, de placer le bien commun européen au-dessus des considérations dogmatiques de la politique politicienne, toxiques si on ne leur tient pas la bride »

Or l’Union Européenne, ses thuriféraires le répètent à satiété, joue sa crédibilité sur le cas grec, de la même manière que les Etats-Unis jouaient celle de la théorie des dominos sur le Vietnam, avec les résultats que l’on sait. Varoufakis ne voulait pas croire que la crédibilité européenne s’accommode de 20 à 40 % de chômeurs et d’une paupérisation radicale des petites-bourgeoisies diplômées et des classes populaires. Il n’avait pas su que les eurocrates sont à la fois obsessionnels et pervers. Quand la promesse s’effondre, ils sont comme le grand Inquisiteur, ils défendent la machinerie avec la cruauté qui sied à son maintien.

« Nous sommes déterminés à entrer en conflit avec les puissants intérêts particuliers afin de permettre à la Grèce de redémarrer et de gagner la confiance de nos partenaires. Nous sommes également déterminés à ne pas nous laisser traiter comme une colonie fiscale à laquelle certains peuvent imposer comme bon leur semble toutes les souffrances qu’ils jugent nécessaires. Le principe qui demande l’imposition de l’austérité la plus sévère à l’économie la plus déprimée serait ridicule s’il n’était la cause d’autant de souffrance inutile. »

Cette phrase est contradictoire parce qu’elle emprunte ses ressorts à la théorie de l’agir communicationnel d’Habermas selon lequel il est toujours possible d’aboutir à un consensus entre gens raisonnables, disons un optimum localisé. Or si la Grèce lutte contre des intérêts puissants, ces mêmes intérêts ont opté depuis plusieurs décennies pour l’austérité, du moins pour l’austérité réservée à certaines classes comme on disait chez les marxistes et les wébériens. Aussi il existe des gens austérisables et d’autres qui ne le sont pas. NKM veut bien partager un clope avec des clochards devant les caméras et pour un temps très limité, il n’en reste pas moins qu’elle ne voit aucun inconvénient à réduire les pensions déhiscentes de la plupart des retraités grecs s’il faut sauver les excédents budgétaires. Elle veut bien paraître dépouillée de ses attributs statutaires le temps d’un cliché mais pas de ses droits absolus de créancière. La sainteté en mode cordicole est comme le reste de la litanie, un amas de paradoxes illimités et bouffons.

Varoufakis voulait couper le robinet des prêts « tant que nous n’aurons pas un plan crédible pour faire repartir l’économie afin de rembourser ces prêts, aider la classe moyenne à se relever et régler cette effroyable crise humanitaire. Finis les programmes de « réformes » qui visent les retraités pauvres et les pharmacies familiales tout en laissant intacte la corruption à grande échelle. »

La question était crédible pour qui puisque les intérêts dominants, ceux qui comptent sont formés de coalitions qui réunissent parmi d’autres rhizomes mondiaux les riches retraités, les pharmacies en réseaux et les adeptes de l’optimisation fiscale ou autre. Quand les règles sont devenues telles que la décision pour mettre en route un projet est passée de 2 à 7 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE (dixit les Echos), la corruption n’est même plus une option, c’est une nécessité car le temps c’est de l’incertitude.

Il affirmait que sa « principale influence est Emmanuel Kant, le philosophe allemand qui nous a enseigné que les hommes rationnels et libres échappent à l’emprise de l’opportunisme en faisant ce qui est juste. »

Varoufakis voulait opposer une morale déontologique à une morale conséquentialiste, les deux ayant pour angles morts les circonstances et les coutumes, langues et questions héritées, mais le problème essentiel est que la morale kantienne est dépourvue d’une définition substantielle du Bien, elle promet un avenir radieux sous le soleil quelque peu paranoïaque de l’impératif catégorique mais ne produit que des règles. Schäuble aussi pourrait citer Kant puisque toute règle est impersonnelle et que l’équilibre budgétaire peut bien y figurer.

La stratégie de Varoufakis était erronée. Il entendait aboutir à une stratégie coopérative alors même que les eurocrates demandaient à la Grèce d’obéir aux saintes règles de l’Empire du Bien. Dans ce cadre soit la Grèce avait la possibilité de changer les règles de l’intérieur et il lui fallait des alliés soit elle devait quitter le cénacle et claquer la porte. Elle n’a toujours pas résolu le dilemme.


Responses

  1. Peut être reviendrais je plus longtemps sur ce très bon billet ( mais la chaleur m’incite à un otium bienvenu)

    J’en ressors, par la petite loupe, tout le problème de la « motivation des joueurs »: aucune théorie d’optimisation, de recherche d’extremum, n’est fausse si, et seulement si la totalité des contraintes est connue avec exactitude; en d’autres termes, le formalisme lagrangien ou hamiltonien n’est vrai que que si on ne s’est pas loupé sur le bilan des énergies en jeu, sans en omettre aucune.

    Ou encore: sacant que les motivations humaines sont majoritairement inconscientes et archaïques, que l’impératif catégorique kantien est en réalité le surmoi, hors d’un conditionnement strict des individus ( des non divisibles, ou encore atomes), aucune théorie « optimale », de type pensée d’ingénieur, ne peut marcher.; il est donc fatal que les conditionneurs soient à la fois pervers et obsessionnels.
    L’homme « kantien » est en réalité très conditionné, le citoyen de base de la République de Platon également, à mon avis

    Ou encore:
    Aristote avait tort de prendre les effets ( la forme) pour la cause.
    Leibniz également..

    A Kant, je préfère de loin, par exemple, Marc Aurèle et Epicure.

    Ouf….un ouzo SVP

    • Léo Strauss avait résumé la République de Platon par une formule, one man, one job, chez Kant c’est one man, comme vous le dîtes le conditionnement est complet. En conclusion une République parfaite ne marche qu’avec des automates programmés, c’était l’utopie communiste, c’est aussi celle des néo-libéralismes (à cette différence près qu’elle n’entend pas changer la nature humaine mais la contraindre par les règles du marché et la production d’émergences où l’on rejoint les fadaises de l’ordre par le chaos et de l’auto-organisation). De ce point de vue l’Europe est totalement schizoïde, elle entend abolir les nations et les Etats en saturant l’existence de règles édictées par une administration indolore parce qu’elle se confondrait avec la vie.

      Sinon, savourez bien votre ouzo, à la fraîche, bien entendu

  2. « à cette différence près qu’elle n’entend pas changer la nature humaine »
    J’ajouterais volontiers une nuance.
    Il me semble bien y avoir , dans les néo-libéralismes, une intention de changer la nature humaine à travers un discours de propagande sur la nature humaine; « ils » sont assez forts en séméiologie, et des néologismes ou même des termes classsiques sont « utilitarisés » ( ex: sciences cognitives, numérique, apprenant…), c’est à dire subtilement ( ou non) déportés de leur sens.
    C’est bien ce qu’il faut faire lorsque l’on veut se débarrasser d’une population ( fut ce un population de mots): la déporter, ou encore la diluer, jusqu’ à ce qu’elle disparaisse.

    Le psychanalyste Lucien Israël avait fort pertinemment fait remarquer que la dilution de la sémiologie ( psychiatrique classique) au sein d’un DSM « athéorique » avait pour but de faire disparaître des pathologies entières solidement référencées par la vieille clinique; il s’agissait surtout, selon lui, de faire disparaître la notion même de névrose ( consubstantielle à la condition humaine et à son tragique, précisément)

    Un deuxième ouzo…, donc… bien ou pas mérité..

    • Pour illustrer votre propos, j’ai entendu ce matin sur France-Culture un néo-humaniste user du syntagme de déportation volontaire pour évoquer la colonisation grecque voire phénicienne des littoraux méditerranéens dans l’Antiquité, aussi on pourrait, je crois, évoquer une sorte de sémiopraxie à l’œuvre dans le néo-libéralisme, sémiopraxie qui sert à guider les atomes apeurés et consuméristes (les dividuels) dans le grand bain brownien du marché mais aussi à effacer toute trace véridique (à commencer par la langue) de l’ancien passé humain. C’est la grande intuition de Muray d’avoir saisi cette entrée en fanfare dans la post-Histoire

      Attaquons le troisième ouzo

      • Moi ,c’est le premier cognac
        Y a pas d’ouzo à la maison

      • C’est votre côté british, Kobus, « serveur, un brandy ! »

      • c’est mon coté vronzais
        j’eusse pu ,comme le journalisse alcoolo du camp des saints, tendre mon verre et dire , platement « juliénas »
        mais le juliénas , hein , vous m’avez compris

      • Tout à fait, Kobus, je vous conseille cet entretien avec le socialiste Pierre Arditi. A la question combien possédez-vous de bouteilles ? Sans doute plus de 15 mille et tout est l’avenant : http://www.lemonde.fr/vins/article/2015/06/12/pierre-arditi-quand-on-boit-du-vin-on-goute-le-monde_4653265_3527806.html

  3. En tout cas, tout ça me plait bien moi. Les développements vont être sympa.

    • Un peu de bordel, c’est toujours un souffle de vie qui se faufile

      • J’ai apprécié cette comédie grotesque
        J’ai suivi ça en ricanant, comme un sadique, un fou éperdu de schadenfreunde
        Pour une fois que des politrouk sont mis devant le mur de leurs contradictions…
        Molleglande va implorer Merkel ( qui a un nom de chirurgien des os et des articulations) ,Draghi va mettre de l’huile dans les rouages ,Varouflakis va revenir pour donner des conseils occultes au nouveau miniss’ des finances grec ,nos petits enfants paieront l’addition
        Tout bien

      • Très franchement Kobus, le collapsus des banques en 2008, nous le payons, et au présent, d’autres en profitent mais ils sont moins nombreux. Ce que j’attends avec impatience ce sont deux choses, l’Eurogroupe négociant face à Beppe Grillo ou Pablo Iglesias ou la France quittant la zone euro après une implosion du dispositif politique actuel, Chypre était le véritable météore de ce processus de déconstruction de l’Europe, il ne fait que commencer et je pense que nos petits enfants s’en porteront mieux

  4. Pour reprendre, surtout quand le bordel touche le camp d’en face.

    Je ne crois pas qu’ils l’avaient vu venir celle-ci.
    On peut imaginer un gigantesque théatre pour leurrer les gens et mettre in fine des mesures plus contraignantes pour l’ensemble de la zone, sur l’air du plus jamais çà, c’est parce que l’on à pas été assez loin, pas assez centralisé mais là…c’est chiadé.
    Maintenant, j’ai l’impression de voir des fourmis s’agiter après avoir reçu un coup de savate dans le nid. Bien qu’au téléphone je me suis amusé à suivre l’autre triste sire de la fondation schuman chez calvi bouffer son chapeau sur ses prédictions sur le référendum puis expliquer que la suite ce n’était pas possible car… ce n’était pas prévu, ce n’était pas écrit.
    Bon, admettons, le type est peut-être du genre organisé, il aime avoir une liste, que les choses soient posées, bref constructiviste.
    Mais là !
    Ca se passe sous ses yeux et ils persistent : non, non, ils vont revenir et ils vont payer. Que la population le demande, l’assume et s’en réjouit ne leur provoque rien… C’est religieux. Façon Mandarom.
    Complètement déconnecté.
    Puis de bien appuyer que les fournisseurs de l’Etat Hellénique n’étaient plus payés que par lettre de créance et que çe n’était pas viable, que ce n’était pas crédible etc. L’idée de mettre un montant, un drapeau, une jolie image, deux trois sécurités sur ces lettres et appeler çà, je ne sais pas moi…, Drachme n’avait l’air d’être du domaine concevable. Etrange.
    Après nous avoir bassiné que c’était grave, que c’était une question de rigueur budgétaire, de péril commun pour les finances européennes ben non, non plus.
    En fait vu le budget global, çà passe facile.
    On se demande pourquoi on s’en faisait avant !!
    Et du coup : AUCUN risque de contagion. Aucun.
    Parce que les portugais ou les espagnols vont bien le prendre la blagounette.
    D’ailleurs… j’entends rire les allemands d’ici…
    Ah tiens non ça vient de plus loin vers l’est, du coté de Moscou.

    • Le coup de Poutine, c’était aussi très fort. Poutine c’était le nouvel Hitler, d’abord il allait avaler l’Ukraine, puis les pays baltes, enfin la Pologne. Mais comme avec ce genre de nationalisme (c’est la guerre), on ne sait jamais, le gars aurait pu pousser ses cosaques et ses bikers sur Paris. Si on repasse la bobine, on voit que l’Allemagne a poussé à la partition de la Yougoslavie où la Russie fut humiliée. Bilan : les deux petits filleuls slovène et croate sont dans l’UE, la Serbie attendra 2075 après l’indépendance de la Voïvodine et du sandjak. Puis l’Allemagne a transformé l’Europe médiane en hinterland, n’a pas vraiment demandé à son cher allié français ce qu’il pensait de l’abandon en rase campagne de la filière nucléaire, de son rôle de relais pour l’espionnage américain, de sa politique de désinflation compétitive et de la réorientation de l’appareil productif vers l’Europe médiane. Bilan, une déflation générale en Europe et une émigration massive vers l’ouest à comparer avec les entrées de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal où les flux migratoires après 1980 étaient résiduels.

      Englué dans le vertige du succès, comme disait le camarade Staline, le club des otanesques (principalement Etats-Unis et Allemagne pour le coup) tente un débordement par le Caucase, Poutine se fâche et envoie ses chars sur Tbilissi. Première débandade mais les germano-américains n’ont pas dit leur dernier mot. Persuadés que les russes ont fait un carton sur leur gouvernement, les polonais jouent les supplétifs (ils torturaient aussi gratos pour la CIA, ça doit être la nouvelle Europe fraternelle). Cette fois-ci l’objectif est plus vaste, abattre le gouvernement pro-russe ukrainien à travers une « révolution » monocolore. En gros et comme en Tunisie, persuader les forces de répression (les corps habillés comme on dit en Afrique francophone) de laisser béton leurs commanditaires et d’en changer. L’opération semble réussir comme par magie.

      C’est l’euphorie, Poutine est en rade à Sotchi. Mais l’ancien du KGB n’est pas DSK. Il prépare la riposte. La Crimée est annexée, des milices pro-russes sont formées et appuyées par des contingents de l’armée, des armes sont livrées avant que le gouvernement de Kiev soit épaulé par l’OTAN. L’armée ukrainienne démontre, à chaque confrontation, sa nullité tactique, c’est ce moment que choisit la propagande otano-européenne pour tracer le portrait de Poutine en Hitler, alors que ses objectifs sont clairement limités. Les forces dites anonymes du marché attaquent le rouble, le prix du pétrole s’effondre, la capacité russe de mettre sur pied une armée rénovée est clairement entravée, les Etats-Unis annoncent qu’ils vont déployer des « conseillers » sur une ligne qui va de Tallinn à Marioupol (de fait Kaliningrad est encerclée mais ça a du échapper aux commentateurs), on ne sait jamais. Désormais c’est la Grèce qui est dans le collimateur : trois pays orthodoxes (Serbie, Russie, Grèce) sont donc dans le viseur, on me dira que c’est pure coïncidence.

  5. Oh oui, oui. A en croire la presse, la Russie à envahie l’ukraine une bonne centaine de fois. La furtivité poussée à l’extrème. Pas de traces, pas de corps avec des plaques russes, pas de blindés, rien.
    Que celle-ci ait eu une part active (intelligence, déception, logistique), c’est évident mais qu’elle agisse en tant que telle je n’y crois pas. Qu’elle encourage et laisse s’exprimer les bonnes volontés, oui tout a fait.

    « la capacité russe de mettre sur pied une armée rénovée est clairement entravée, »
    Pas grave, c’est fait. Dans la tradition russe il n’y a pas de rupture technologique franche, visible avec un nouveau machin flambant neuf exhibé non stop (mais ne fonctionnant pas), mais c’est fait. L’entrainement à repris, le matériel à été rationalisé et modernisé, le volume est toujours « significatif », les avantages technologiques de l’occident sont annulés, le moral est regagné et surtout, l’armée est intégrée psychologiquement à la population. Ils font corps.
    Si le défilé de civils à la fin de la cérémonie de la victoire de la grande guerre patriotique (qui a été doucement passé sous silence ici…) ne suffit pas, la consultation des infos russes montre que l’emphase est poussée sur la chose militaire. Familiarisation dans les écoles, encore hier exhibition de blindés dans un festival de rock je ne sais plus où…
    C’est pas une démonstration de haka le 14 juillet ou un reportage bidon Tf1 de séance de tir sans casque… C’est permanent et ça s’exprime autrement que par des passages en voitures de loc’ devant les synagogues.
    Je ne suis pas acheteur du concept fumeux de résilience mais là si je devais parier, je mettrais plus mes pièces du coté de la moskva, je sais pas pourquoi…

    La grille de lecture est éminemment religieuse. La religion ne serait pas aussi important, on ne ferait pas autant d’effort pour la gommer.

    Sinon Arditi n’a jamais déçu mes espoirs en sa capacité à afficher sa connerie et sa suffisance de parasite subventionné. Une fois de plus…

    • Je ne définirai pas Arditi comme un parasite, c’est un bon acteur mais comme le disait Brassens à propos des jolies filles on ne demande pas aux acteurs d’avoir inventé la poudre.

      En ce qui concerne la Russie, je crois que le problème de Poutine et de l’Etat russe c’est qu’ils sont incapables d’offrir à leur population les fruits empoisonnés et les jouissances de la société consumériste, ils en offrent donc un ersatz dans le domaine où ils sont encore dans la course, celui de l’exhibition de la guerre.

      Seulement si on se place du côté français, soit on ne change rien à rien et nos alliances américano-germano-britanniques restent intactes (c’est le choix d’à peu près tous les politocards français) soit on change de partenaires (c’est je pense les lignes disparates qui apparaissent au sein du frontisme, chez Chevènement ou Mélenchon), soit on engage une révolution immédiate (là ne figure aucune tête de gondole et les troupes sont maigres). De ce point de vue les réflexions d’Emmanuel Macron (le moins con des socialistes français de gouvernement il faut en convenir) à propos de la Grèce sont exactes : le consensus atlantiste court des écologistes jusqu’à l’UMP. De plus on peut ajouter à ce constat que Juppé est le plus populaire des présidentiables français (avec DSK) : CQFD rien ne changera

  6. Bonjour A.g.
    A propos de la grille « religieuse », et pour rire un peu, voici un entrefilet pêché au hasard du Net
    http://fr.sputniknews.com/opinion/20150619/1016617974.html

    • Le salut par les cosaques, c’est le serpent de mer de l’âme européenne

    • Bonsoir Hippocrate,
      Je vous remercie. Je suis sputnik mais j’avais loupé celle-ci. J’aime bien car c’est Russe. Sans rire, c’est brut, solide, mal fini, efficace, curieux et pragmatique. Les infos relayées par sputnik on toutes une base réelle, une déclaration, une donnée technique mais on voit clairement la volonté d’influence, l’absence de nuance. Le message porte tout de même, je ne dis pas car la logique est souvent plus respectée. Je ne crois pas que ce soit pas par pure stratégie de communication.

  7. « le consensus atlantiste court des écologistes jusqu’à l’UMP »

    Consensus effectivement total, avec transposition de toutes les fadaises US dans l’enseignement; la réforme des collèges n’est pas qu’une réforme  » gauchisante- égalitariste », mais surtout une réforme « américaine

    En voici une autre illustration pour le futur proche:

    http://www.lemonde.fr/bac-lycee/article/2015/06/25/bientot-une-option-benevolat-au-baccalaureat_4662160_4401499.html

    • Transposons :

      « Instaurer une note de sodomie au baccalauréat, aux côtés du français, des mathématiques et des autres matières traditionnelles, c’est l’une des 25 mesures préconisées par le rapport « Reconnaître, valoriser, encourager la créativité des jeunes », remis, au beau milieu du bac 2015, au ministre de la ville, de la jeunesse et des sports.

      Le rapport avait été commandé en décembre au laboratoire d’idées Néo-France, dirigé par le mage Jean Spinani-Erryf. Dans la lettre de mission, le ministre soulignait l’abstentionnisme « préoccupant » des jeunes. Il demandait un état des lieux sur leur « engagement » et des « outils opérationnels » pour l’améliorer.

      Comment motiver un élève à s’engager sur la voie de la sodomie, une initiative qui, par définition, ne lui apportera pas d’argent, du moins pas immédiatement ? En lui promettant ce dont il a impérativement besoin et ne coûte rien à la collectivité, soit des points à ses examens et un peu de plaisir propose le rapport. Concrètement, il s’agirait d’« une option soumise à l’évaluation des enseignants » et comptant pour l’obtention du brevet des collèges, du CAP, du BEP ou du baccalauréat. Idem pour les étudiants : faire de la sodomie participative donnerait lieu à l’octroi de crédits ECTS, nécessaires à l’obtention d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

      Si la carotte (si j’ose dire) en forme de quelques points potentiels ne suffit pas, des outils plus directifs sont également prévus. Le rapport propose donc de « généraliser le godemiché scolaire » dès la seconde, avec un élève prenant « sous son aile » un élève d’une classe inférieure pour l’aider à trouver son onde portante. Des points supplémentaires seraient accordés aux tuteurs dans le cadre du contrôle continu.

      « L’école reste très fortement coupée des autres sphères de la vie juvénile », estiment les auteurs. Pour tisser des liens entre les établissements scolaires, le monde associatif et les jeunes générations, il est proposé d’instaurer des journées portes ouvertes dans les collèges et les lycées.

      Afin d’instaurer le débat, le rapport suggère que les lycées, sanctuaires de l’éducation nationale, s’ouvrent aux responsables politiques, afin de faire connaître leurs missions, le fonctionnement des institutions et d’ouvrir le débat avec les jeunes. « De telles expériences pourraient contribuer à déconstruire nombre de préjugés», estime le rapporteur.
      S’il est prévu de discuter sodomie dans les lycées, il est en revanche préconisé de ne pas l’appliquer en ce qui concerne la représentation lycéenne. Le désintérêt des lycéens pour la sexualité de groupe est illustré par le peu d’engouement que suscite le conseil des délégués pour la sodomie lycéenne (CSL), le lieu où les lycéens sont associés aux décisions de la communauté sexuelle, pointe le rapport. « Les conseils des délégués ne sont pas systématiquement mis en place ou n’ont pas toujours les moyens de fonctionner », souligne le rapport. Seuls les élèves « sodomiquement actifs » candidatent, regrette le rapporteur, et les élus ne sont « pas représentatifs ». En guise de solution, il est suggéré de remplacer l’élection par un « tirage au sort » qui contraindrait les lycéens désignés à participer activement au conseil des délégués. »

  8. « Nous fûmes les Guépards, les Lions ; ceux qui nous remplaceront seront les petits chacals, les hyènes »
    (Don Fabrizio, prince de Salina, dans « le Guépard »)

    Les oligarchies européennes ?
    Les chacals et les hyènes, ces « petit tas d’astuce, de vêtements mal coupés, d’or et d’ignorance » gouvernent ce qui fut, peut-être, autrefois, une certaine idée de la civilisation européenne

    « Les Athéniens ne sont esclaves ni sujets de personne » (Eschyle)

    La Grèce, hélas, s’est prosternée devant les nouveaux Xerxès.

    Tsipras, au contraire de Varoufakis, n’a pu aller à l’encontre de la logique bourgeoise, et montrer jusqu’où sa condition d’ Aristos lui permettait d’aller, là où aucun usurier ne pourra jamais le suivre.

    Il a manqué l’occasion d’indiquer aux oligarques, aux « salauds » au sens sartrien, que, s’il sont dorénavant les maîtres, il ne seront jamais nobles pour autant.


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